Crise éruptive du Sinabung (Indonésie) // Eruptive crisis at Sinabung (Indonesia)

Le Sinabung (Indonésie) a connu une crise éruptive à 23h42 UTC le 1er mars 2021. Le panache de cendres est monté à 5 km (12 km selon certaines sources, mais 5 km semble être la réalité) L’événement s’est accompagné de écoulements pyroclastiques atteignant 5 km sur le versant ESE du volcan. La couleur de l’alerte aérienne est momentanément passée au Rouge, avant de revenir à l’Orange. C’est la première éruption majeure du Sinabung depuis août 2020.

Source: médias d’information indonésiens.

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Sinabung (Indonesia) went through an eruptive crisis at 23:42 UTC on March 1st, 2021. The ash plume went up to 5 km (12 km according to some sources, but 5 km seems to be the real thing)The event was accompanied by pyroclastic flows up to 5 km on the ESE slope of the volcano. The aviation colour code was momentarily raised to Red, then lowered to Orange. This was the volcano’s first major eruption since August 2020.

Source : Indonesian news media.

Source : The Jakarta Post

La grande casse de l’Antarctique // The great breakup of Antarctica

Un iceberg de la taille des agglomérations de Paris ou Londres est en train de se détacher du continent antarctique, non loin d’une station de recherches du British Antarctic Survey (BAS) qui redoute depuis longtemps des événements de cette nature dans la région. L’iceberg géant présente une superficie de près de 1 270 kilomètres carré. Il s’est détaché du reste de la banquise le 26 février 2021. Un survol effectué le 16 février avait permis d’observer une immense crevasse au cœur de la plateforme glaciaire de Brunt.

https://youtu.be/QZ1URCgIxUM

Aucune vie humaine n’est menacée, puisque les 12 personnes qui travaillaient jusqu’ici dans la station Halley VI, située à moins de 20 kilomètres de la zone de rupture, ont été évacuées mi-février.

Cela faisait plusieurs années que le BAS s’attendait à voir un iceberg se détacher de la plateforme glaciaire de Brunt. Les réseaux GPS avaient montré des fragilités dans la zone. Les données, traitées par l’université de Cambridge, ont permis de donner l’alerte de l’événement le 26 février sans que personne ne soit sur place.

En 2017 déjà, le BAS avait décidé de réduire la présence dans cette station construite en 2012 et de la déplacer de quelques kilomètres sur des skis, craignant qu’elle ne se retrouve sur un iceberg à la dérive, à la suite de la fonte de la glace.

Source : BAS

Plusieurs scénarios sont désormais possibles pour les mois à venir. Il se peut que le nouvel iceberg s’éloigne. Il se peut aussi qu’il s’échoue et reste à proximité de sa ligne de rupture.

Ce détachement d’un iceberg d’une plateforme glaciaire appartient au processus de « vêlage » que l’on observe régulièrement là où des glaciers finissent leur course dans la mer.

La question qui va inévitablement se poser est de savoir si le réchauffement climatique est la cause première de l’événement. Comme je viens de l’écrire, les vêlages glaciaires sont monnaie courante en Antarctique mais ils s’accélèrent avec le réchauffement de la planète. En Antarctique, on a découvert que les plateformes glaciaires et les glaciers étaient rongés par en dessous car la température de l’Océan Austral est en hausse.

La fonte des six plus grands glaciers de l’Ouest Antarctique contribue déjà à la montée des océans. Ils contiennent suffisamment d’eau pour faire monter le niveau des océans de 1,20 mètre et ils fondent plus vite que ne le prévoyaient la plupart des scientifiques.

Le glacier Thwaites, le plus massif de l’Antarctique occidental, présente une largeur de 120 kilomètres. Une modélisation informatique a montré que la désintégration de ce glacier a déjà commencé. Il va probablement disparaître d’ici quelques siècles, faisant monter le niveau des océans de près de 60 centimètres. En janvier 2019, on a découvert sous le glacier une cavité géante représentant en taille les deux tiers de l’île de Manhattan ! Le problème, c’est que si l’un des 6 glaciers côtiers de l’Antarctique occidental disparaît, il est fort probable que les autres feront de même, étant donné que les systèmes glaciaires de l’Ouest Antarctique sont interconnectés.

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An iceberg the size of Paris or Greater London is brealing away from the Antarctic continent, not far from a research station of the British Antarctic Survey (BAS) which has long feared similar events in the region. The giant iceberg covers an area of ​​nearly 1,270 square kilometres. It broke away from the rest of the ice sheet on February 26th, 2021. An overflight on February 16th revealed a huge fissure in the heart of the Brunt Ice Shelf. https://youtu.be/QZ1URCgIxUM

No human life is threatened, since the 12 people who worked so far in the Halley VI station, located less than 20 kilometres from the rupture zone, were evacuated in mid-February. BAS had expected an iceberg to break off from the Brunt Ice Shelf for several years. The GPS networks had shown weaknesses in the area. The data, processed by the University of Cambridge, made it possible to raise the alert for the event on February 26th without anyone being on site.

Already in 2017, the BAS had decided to reduce the presence in this station built in 2012 and to move it a few kilometres on skis, fearing that it would end up on a drifting iceberg, following the melting of the ice.

Several scenarios are now possible for the coming months. The new iceberg may move away. It could also run aground and stay close to its breaking line. This detachment of an iceberg from an ice shelf is part of the “calving” process that is regularly observed where glaciers end their course in the sea.

The question that will inevitably arise is whether global warming is the root cause of the event. As I just wrote, glacial calving is frequent in Antarctica, but it is accelerating with global warming. In Antarctica, ice shelves and glaciers are eaten away from below as the temperature of the Southern Ocean rises. The melting of the six largest glaciers in West Antarctica is already contributing to the rise of the oceans. They contain enough water to cause ocean levels to rise four feet and they are melting faster than most scientists expected. The Thwaites Glacier, the most massive in West Antarctica, is 120 kilometers wide. Computer modeling has shown that the disintegration of this glacier has already started. It will probably disappear within a few centuries, raising the level of the oceans by almost two feet. In January 2019, a giant cavity was discovered under the glacier, representing two-thirds of Manhattan Island in size! The problem is, if one of West Antarctica’s 6 coastal glaciers disappears, it is very likely that the others will too, given that the ice systems of West Antarctica are interconnected.

Plateforme de Brunt avec les 2 lignes de rupture (Chasm 1 and 2) [Source : BAS]

Source : Wikipedia

Accélération de la fonte glaciaire en Antarctique // Glacier melting in Antarctica is speeding up

Comme je l’ai déjà écrit, les glaciers de l’Antarctique vêlent de plus en plus vite à cause d’une eau de mer de plus en plus chaude. Les scientifiques viennent de passer au crible les glaciers qui finissent leur course dans l’océan sur un tronçon de côte de 1000 km dans la région de Getz qui comprend 14 glaciers. Leur fonte est impressionnante : depuis 1994, ils ont perdu 315 gigatonnes de glace.

Si on se place dans le contexte de la contribution du continent antarctique à l’élévation globale du niveau des océans au cours de la même période, on remarque que la région de Getz représente un peu plus de 10% – soit un peu moins d’un millimètre – de l’élévation totale.

Dans leur étude, publiée dans la revue Nature Communications, les chercheurs expliquent qu’ils ont examiné 30 années de données radar satellitaires sur les variations de vitesse et d’épaisseur de la glace. À cette analyse, ils ont ajouté des informations sur les propriétés de l’océan au large de la région de Getz, ainsi que les résultats d’un modèle qui met le climat local en contexte au cours de la période.

Les résultats révèlent une tendance de fonte linéaire sans la moindre ambiguïté. En moyenne, la vitesse des 14 glaciers de la région a augmenté de près de 25% entre 1994 et 2018. La vitesse de trois glaciers centraux a même augmenté de plus de 40%. En 2018, une portion de glace avançait  à une vitesse annuelle supérieure de 391 m à 1994. Cela représente une augmentation de 59% en seulement 30 ans.

La cause probable de cette accélération est l’eau océanique relativement chaude qui pénètre sous la zone de flottaison des glaciers et la fait fondre par en dessous. Les scientifiques savaient déjà que les eaux océaniques plus chaudes érodent de nombreux glaciers de l’Antarctique occidental. Les dernières observations démontrent l’impact sur la région de Getz.

Grâce à la nouvelle étude, les scientifiques ont maintenant des données sur toutes les marges des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique. Ils sont en mesure de cartographier desévolutions très détaillées et très localisées.

Source: La BBC.

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As I put it before, glaciers in Antarctica are calving faster and faster as they are being melted by warmer seawater. Scientists have just taken a detailed look at the ice streams flowing into the ocean along a 1,000km-stretch of the Getz region which incorporates 14 glaciers. Their melting is impressive. Since 1994, they have lost 315 gigatonnes of ice.

In the context of the Antarctic continent’s contribution to global sea-level rise over the same period, Getz accounts for just over 10% – a little under a millimetre – of the total  rise.

In their study, published in the journal Nature Communications, the researchers explain that they examined two and a half decades of satellite radar data on ice velocity and thickness. To this analysis, they added information about ocean properties immediately offshore of Getz – along with the outputs of a model that put the local climate in context over the period. The findings reveal an unambiguous linear trend.

On average, the speed of all 14 glaciers in the region increased by almost a quarter between 1994 and 2018, with the velocity of three central glaciers increasing by more than 40%.

One particular ice stream was found to be flowing 391m/year faster in 2018 than it was in 1994 – a 59% increase in just two and a half decades.

The probable cause is the relatively warm deep ocean water which is getting under the glaciers’ floating fronts and melting them from below. The scientists already knew that warmer ocean waters are eroding many of West Antarctica’s glaciers. The latest observations demonstrate the impact this is having on the Getz region.

Thanks to the new study, scientists have observations now around the whole margins of the Greenland and Antarctic ice sheets. They are able to map really detailed, localised patterns of change.

Source : The BBC.

Carte montrant la vitesse de progression des glaciers dans la région de Getz. Plus c’est rouge, plus la progression du glacier et sa fonte sont rapides. (Source : Université de Leeds)

Belle photo de l’Öræfajökull (Islande) // Nice photo of Öræfajökull (Iceland)

On peut voir sur le site web Iceland Monitor une superbe photo satellitaire de l’Öræfajökull qui, comme son nom l’indique se cache sous la glace dans la partie méridionale du Vatnajökull. Le cliché a été réalisé le 22 février 2021 par le satellite Landsat-8 alors que le ciel était parfaitement dégagé.

On discerne la forme ovale du cratère sous la glace. Il mesure 3 x 4 km de diamètre. Le volcan présente un diamètre de 20 km. Sa partie la plus haute, Hvannadalshnúkur, est également le point culminant d’Islande à 2 110 m.

L’Öræfajökull est un stratovolcan dont les éruptions se sont accompagnées de jökulhlaups. Elles ne sont pas fréquentes; deux d’entre elles seulement se sont produites au cours des 1 100 dernières années, en 1362 et en 1727. L’éruption de 1362 a été particulièrement explosive et a produit 10 km3 de tephra. Les jökulhlaups et les coulées pyroclastiques ont tout détruit dans un rayon de 20 km du volcan qui a aussi produit d’énormes nuages de cendres qui se sont déposées jusqu’au Groenland, en Norvège et en Irlande.

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On the Iceland Monitor website one can see a superb satellite photo of Öræfajökull which, as its name suggests, hides under the ice in the southern part of Vatnajökull. The snapshot was taken on February 22nd, 2021 by the Landsat-8 satellite when the sky was perfectly clear.

The oval shape of the crater is clearly visible under the ice. It measures 3×4 km in diameter. The volcano is covered in ice and measures 20 km in diameter. The mountain’s highest peak is also Iceland’s highest, Hvannadalshnúkur, at 2,110 m.

Öræfajökull is a stratovolcano whose eruptions have been accompanied by jökulhlaups. Its eruptions are not frequent ; only two of them have occurred during the past 1,100 years, in 1362 and in 1727.The 1362 eruption was highly explosive and produced 10km3 of tephra. The jökulhlaups and pyroclastic flows caused total devastation within a 20-km radius of the volcano which produced huge ash clouds. The ash was deposited as far away as Greenland, Norway and Ireland.