Groenland : Nouvelle accélération du glacier Petermann // Greenland : The Permann Glacier is again accelerating

Dans une note mise en ligne le 18 avril 2017, j’attirais l’attention sur le comportement du glacier Petermann au Groenland. A cette époque, les scientifiques avaient décelé sur les images satellitaires une nouvelle fracture dans la plateforme glaciaire, avec le risque d’une une rupture spectaculaire dans les années à venir.

Le glacier Petermann, situé à 80 degrés de latitude nord, constitue l’une des principales portes par lesquelles la calotte glaciaire du Groenland s’écoule dans la mer. En 2010 et 2012, la plateforme flottante du glacier a déjà laissé s’échapper des morceaux extrêmement importants. Ainsi, un iceberg produit en 2010 avait une superficie de 251 km2. Un autre en 2012 présentait une surface de 147 km². Cette fracturation à répétition de la plateforme est un gros problème parce que le glacier Petermann  retient une partie de la banquise du Groenland qui, si elle devait prendre le chemin de la mer, ferait monter son niveau d’une trentaine de centimètres.
Une étude récente effectuée par des glaciologues allemands et publiée en janvier 2019 dans le Journal of Geophysical Research révèle que la vitesse d’écoulement du glacier Petermann s’est accrue de 10 % par rapport à l’hiver 2011 et de nouvelles fractures sont apparues 12 km en amont du front glaciaire, indiquant la formation possible d’un nouvel iceberg. Les images satellite montrent que le glacier s’écoulait à une vitesse de 1135 mètres par an en 2016, phénomène que les chercheurs expliquent comme une conséquence du vêlage de 2012. La perte de glace a réduit la longueur de langue et a donc amoindri les frottements de la masse glaciaire contre les parois du fjord qui freinent  son écoulement. Le détachement d’un autre iceberg pourrait accélérer encore la vitesse du glacier.

Les glaciologues ne peuvent pas dire à la seule observation des données satellitaires si l’accélération découlement du glacier Petermann est causée par le réchauffement de l’atmosphère ou de l’eau de mer au Groenland. Néanmoins, les scientifiques expliquent que l’accélération du glacier Petermann est un signal important. Contrairement aux glaciers du sud-est et du sud-ouest du Groenland, ceux du nord de l’île étaient restés relativement stables jusqu’à présent; mais la situation semble avoir changé. Depuis 2002, la banquise et les glaciers du Groenland ont perdu en moyenne 286 milliards de tonnes de glace par an. Cette perte de masse est due avant tout à l’accélération de la fonte de surface en été. Le vêlage des icebergs a également augmenté. Les glaciers du Groenland perdent maintenant un quart de glace de plus sous forme d’événements de vêlage que pendant 1960-1990 qui sert de période de référence. Les causes potentielles incluent des courants océaniques plus chauds qui font fondre les langues glaciaires par en dessous, et les eaux de fonte qui s’infiltrent dans les fissures et les crevasses jusqu’à atteindre le soubassement des glaciers où elles jouent le rôle de lubrifiant et provoquent une accélération de l’écoulement de la glace. L’augmentation globale annuelle du niveau de la mer est d’environ 3,3 millimètres ; la perte de glace au Groenland y contribue actuellement pour environ 0,7 millimètre.

Voici une animation du vêlage du glacier en 2012 : https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/transcoded/b/b2/Wild_Arctic_Summer.ogv/Wild_Arctic_Summer.ogv.480p.webm

Source : Presse scientifique.

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In a post released on April 18th, 2017, I drew attention to the behaviour of the Petermann Glacier in Greenland. At that time, scientists had detected on satellite images a new crack in the floating ice shelf with the risk of a spectacular break in the coming years.
The Petermann Glacier, located in the high Arctic at 80 degrees North latitude, is one of the most important outlets through which the Greenland icecap flows into the sea. In 2010 and 2012, the glacier’s floating platform has already released extremely large pieces. For example, an iceberg produced in 2010 had an area of ​​251 km2. Another in 2012 had an area of ​​147 km². This repetitive breaking of the platform is a big problem because the Petermann glacier retains part of the Greenland ice sheet which, if it were to flow into the sea, would raise its level by about thirty centimetres.
A recent study conducted by German glaciologists and published in January 2019 in the Journal of Geophysical Research reveals that the flow rate of the Petermann glacier has increased by 10% compared to winter 2011 and new fractures have appeared. 12 kilometres upstream of the ice front, indicating the possible formation of a new iceberg. Satellite imagery shows that the glacier was flowing at a speed of 1135 metrs per year in 2016, a phenomenon that the researchers explain as a consequence of the calving in 2012. The loss of ice has reduced the length of the ice tongue and thus also reduced the friction of the glacial mass against the walls of the fjord which slow down its flow. The detachment of another iceberg could further accelerate the speed of the glacier.

The question of whether these changes are due to the warming atmosphere over Greenland, or to warmer seawater, is not an aspect that glaciologists could investigate using the satellite data.  Nevertheless, the experts consider the acceleration of Petermann Glacier to be an important signal. Unlike the glaciers in southeast and southwest Greenland, those in the island’s northern reaches had remained largely stable; but the situation now appears to have changed. Since 2002, the Greenland Ice Sheet and the island’s glaciers have lost an average of 286 billion tonnes of ice per year. This loss of mass is above all due to intensified surface melting in the summer. Iceberg calving has also increased: Greenland’s glaciers are now losing a fourth more ice in the form of calving events than in the comparison period (1960 to 1990). Potential causes include warmer ocean currents, which melt the glaciers’ floating tongues from below; and meltwater, which percolate into cracks and crevasses until it reaches the glacier bed, where it acts like a lubricant, causing ice flows to accelerate. The total annual global sea-level rise is about 3.3 millimetres, of which the loss of ice on Greenland is currently contributing about 0.7 millimetres.

Here is a timelapse video of the glacier in 2012 : https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/transcoded/b/b2/Wild_Arctic_Summer.ogv/Wild_Arctic_Summer.ogv.480p.webm

Source: Scientific press.

Source: NASA

Islande, terre des touristes imbéciles // Iceland, the land of stupid tourists

Avec l’afflux massif de touristes étrangers, l’Islande est en train de devenir le pays des imbéciles. Avec un comportement semblable à celui d’autres personnes qui se sont déjà mises en danger et sont parfois décédées, un touriste s’est sérieusement mis en difficulté la semaine dernière sur Diamond Beach, près du Jökulsárlón, après s’être retrouvé coincé sur un iceberg au milieu de fortes vagues. Le touriste était monté sur l’iceberg pour que ses compagnons de voyage puissent le prendre en photo. Il a finalement réussi se sortir de cette situation périlleuse mais c’était un jeu dangereux car les vagues étaient vraiment fortes. Si l’homme était tombé à l’eau, personne n’aurait pu l’aider, car un sauveteur se serait trouvé dans la même situation. De plus, si le touriste était tombé dans l’eau très froide, il aurait pu être heurtéé par un iceberg car les blocs de glace sont sans cesse en mouvement.
Ce genre de comportement irresponsable est devenu quasiment quotidien sur Diamond Beach et sur le Jökulsárlón. Les agences de voyages envoient des touristes à travers l’Islande pour toutes sortes d’excursions, même parfois dans des conditions que les gens ne maîtrisent pas et ces touristes ne se rendent souvent pas compte qu’ils se mettent en danger. Un guide local raconte qu’il a vu un enfant se faire surprendre par les vagues sur Diamond Beach. Les vagues peuvent y être très dangereuses, même si elles le sont moins que celles de Reynisfjara où plusieurs personnes se sont noyées et sont décédées après avoir été emportées par les forts courants.
Source: Iceland Monitor.

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With the afflux of foreign tourists, Iceland is becoming the land of stupidity. With a behaviour similar to that of previous visitors who put themselves at risk and sometimes died, a tourist got into deep trouble last week at  the Diamond Beach near Jökulsárlón glacial lagoon when he became stranded on an iceberg amidst strong waves.  The tourist got onto the iceberg so that his companions could take photos of him. He finally managed to scramble out of the iceberg. It was a dangerous game because there were really strong waves. Had the man fallen in the water, nobody could have helped him as a rescuer would have got into the same trouble. Moreover, if the tourist had fallen into the freezing cold sea, he could have been hit by an iceberg as they are constantly on the move.

This kind of reckless behaviour has become almost a daily occurrence on the Diamond beach and at Jökulsárlón. Travel agencies send tourists out to the countryside to all kinds of trips, even self drive trips into conditions they are unfamiliar with and people often do not realize they are putting themselves at risk. A local guide spotted a child on the beach which got wet when waves hit it. The waves at the beach can be really dangerous although they are not quite as dangerous as those of Reynisfjara beach where several people drowned and died after being swept away by the strong currents.

Source: Iceland Monitor.

Voici l’une des photos qui accompagnent l’article de l’Iceland Monitor sur son site web.

 

Antarctique: D’autres icebergs tabulaires // Antarctica: More tabular icebergs

Le 24 octobre 2018, j’ai mis en ligne une note à propos d’un «bel iceberg tabulaire» – appelé Tabular A – observé et photographié lors d’un survol pendant l’Opération IceBridge au-dessus de la Péninsule Antarctique septentrionale le 16 octobre.
En réalité, il n’y avait pas un, mais plusieurs icebergs tabulaires dans la zone où la photo a été prise, comme on peut le voir sur la photo ci-dessous.
Un autre iceberg relativement rectangulaire – baptisé Tabular B – est visible à proximité du premier iceberg, derrière le moteur de l’avion. On distingue au loin l’immense iceberg tabulaire A68 qui présente une taille proche de celle de l’Etat du Delaware, et qui s’est détaché de la banquise Larsen C en juillet 2017. Les icebergs tabulaires A et B, ainsi qu’un certain nombre d’autres icebergs similaires dans la région, se sont détachés de la banquise au cours d’un même événement de rupture. .
Comme je l’ai déjà dit, des icebergs tabulaires se détachent régulièrement de la banquise. Sur la photo, leurs parois remarquablement droites et leurs angles vifs montrent qu’ils se sont détachés récemment de la banquise car l’action du vent et des vagues n’a pas encore eu le temps d’adoucir les angles.
Le vol IceBridge a décollé de Punta Arenas, dans le sud du Chili. Il fait partie d’une mission de la NASA programmée du 10 octobre au 18 novembre 2018.
Source: NASA.

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On October 24th, 2018, I edited a post about “a nice tabular iceberg” – called tabular A – that was observed and photographed during an Operation IceBridge flight over the northern Antarctic Peninsula on October 16th.

Actually, there was not one, but several tabular icebergs in the area where the photo was taken, as can be seen in the photo below.

Another relatively rectangular iceberg – called Tabular B – is visible near the first berg, behind the plane’s outboard engine. The huge, tabular iceberg A68 is visible in the distance. A68, which is about the size of the state of Delaware, calved off the Larsen C ice shelf in July of 2017. Tabular A and Tabular B, along with a number of other similar sheet-cake bergs in the area, are products of that same breakup. .

As I put it before, tabular icebergs crack off the edges of ice shelves. The bergs with strikingly straight edges and sharp corners are relatively fresh, as the erosional action of wind and waves hasn’t yet had time to smooth these features down

The IceBridge flight originated from Punta Arenas, in southern Chile. It was part of a NASA mission scheduled to run from October 10th to November 18th, 2018.

Source: NASA.

Crédit photo: NASA

Des icebergs pour lutter contre la pénurie d’eau // Icebergs to fight against water shortage

Avec le changement climatique, un problème majeur sur Terre dans les prochaines décennies sera probablement le manque d’eau. Les pays situés dans les régions les plus sèches de la planète seront les premiers à en souffrir. L’Afrique du Sud en fait partie et les autorités tentent de trouver des solutions. L’un des projets consisterait à remorquer un iceberg depuis l’Antarctique jusqu’au Cap pour fournir de l’eau douce à la ville qui est sous la menace d’une pénurie d’eau. En 2017, Le Cap était sur le point de fermer tous ses robinets et d’obliger la population à faire la queue pour obtenir des rations d’eau à des bornes fontaines publiques.
L’idée de remorquer un iceberg de 90 à 100 millions de tonnes depuis l’Antarctique n’est pas nouvelle. L’idée a déjà été proposée par l’Arabie Saoudite il y a quelques années, mais le projet a finalement été abandonné parce qu’il était trop coûteux et comportait trop de difficultés techniques.

Le projet consiste à envelopper l’iceberg dans une jupe textile isolante pour stopper la fonte de la glace et d’utiliser un supertanker et deux remorqueurs pour le tirer sur 1900 kilomètres vers Le Cap en utilisant les courants océaniques. L’iceberg, soigneusement sélectionné par des drones et des radiographies, aurait une longueur d’environ 800 mètres, une largeur de 500 mètres et une épaisseur de 250 mètres, avec une structure tabulaire.
L’eau provenant de la fonte de la glace pourrait être recueillie chaque jour en utilisant des canaux de collecte tandis qu’une machine dotée d’une fraise broierait la glace. Ce système produirait 150 millions de litres d’eau utilisable chaque jour pendant un an.
On estime qu’il faudrait débourser 100 millions de dollars pour transporter un iceberg depuis l’Antarctique, voyage qui pourrait prendre jusqu’à trois mois, sans oublier 50 à 60 millions de dollars pour récolter l’eau de fonte pendant un an.
Pour faire face à la sécheresse, Le Cap a déjà pris des mesures allant de la construction d’usines de dessalement d’eau de mer à la publication d’instructions strictes demandant à la population de n’utiliser les toilettes que lorsque cela est nécessaire.

On ne sait pas si les autorités du Cap seront séduites par le projet d’iceberg antarctique. Un problème sera de savoir comment transférer l’eau de l’iceberg vers le réseau de distribution de la ville. On ne sait pas non plus si, une fois arrivé au cap, l’iceberg sera toujours en mesure de produire les volumes d’eau espérés. Les scientifiques indiquent qu’il pourrait perdre près de 30% de sa masse lors de son voyage vers le nord.
De nombreux scientifiques sont persuadés que le projet est fou. C’est l’opinion d’un glaciologue norvégien qui a travaillé en Arabie Saoudite sur le projet similaire mentionné précédemment.
Le projet sud-africain impliquant le remorquage d’un iceberg n’a jamais été réalisé et on ne sait pas s’il résisterait aux courants océaniques. On ne sait pas non plus si le bloc de glace ne se  fracturera pas au cours du voyage. Selon ses initiateurs, c’est certes un projet à haut risque, mais qui peut, au bout du compte, présenter de sérieux avantages.
Source: Presse internationale.

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With climate change, a major problem on Earth in the next decades will probably be the lack of water. Countries located in the driest parts of the world will be the first to suffer from this problem. South Africa is one of them and authorities are trying to find solutions. One of the projects would consist in towing an iceberg from Antarctica to Cape Town to supply fresh water to the city which is under the threat of a shortage of water. In 2018, Cape Town was very close to shutting off all its taps and forcing residents to queue for water rations at public standpipes.  .

The idea of towing a a 90-100 million-ton iceberg from Antarctica is not new. It was already imagines by Saudi Arabia a few years ago, but the project was finally abandoned because it was too costly and involves too many technical difficulties. It would consist in wrapping the iceberg in a textile insulation skirt to stop its melting and using a supertanker and two tugboats to drag it 1,900 kilometres towards Cape Town using prevailing ocean currents. The iceberg, carefully selected by drones and radiography scans, would be about 800 metres long, 500 metres wide and up to 250 metres thick, with a flat surface.

Melted water could be gathered each day using collection channels while a milling machine would create ice slurry. This system would produce 150 million litres of usable water every day for a year.

It has been estimated it would cost 100 million dollars to haul an iceberg on a journey that could take up to three months, and another 50-60 million dollars to harvest the water for one year as it melts.

To tackle the drought, Cape Town has already taken measures ranging from building seawater desalination plants to issuing strict instructions to only flush toilets when necessary. However, whether Cape Town authorities will be persuaded to embrace the iceberg project is unclear. One problem would be how to channel the water from the iceberg into the city’s distribution system. Another problem is that there is no guarantee that by the time the iceberg is hauled to Cape Town, it will still be able to produce the promised volumes of water. Scientists say it is likely to shrink by almost 30 per cent on its journey northwards.

Many experts are convinced the project is crazy. This is the opinion of a Norwegian glaciologist who worked on the Arabian project I mentioned above.

Such a project involving the towing of an iceberg has never been done before and it is unknown if it would withstand ocean currents or simply fracture in transit. According to its initiators, it is a high risk project, but also one which may have a very high reward at the end.

Source : Presse internationale.

Exemple d’iceberg tabulaire (Crédit photo: Wikipedia)

Images de l’iceberg géant en Antarctique // Images of the giant iceberg in Antarctica

Tout le monde se rappelle qu’en juillet 2017 l’un des plus grands icebergs jamais observés, d’une taille équivalente au département de la Lozère en France, s’est détaché de la plate-forme glaciaire Larsen C dans le nord-ouest de l’Antarctique.
L’événement, qui a eu lieu pendant la nuit de l’hiver antarctique, a été détecté à l’aide d’instruments satellitaires capables de percer l’obscurité. À l’aube du printemps austral, les scientifiques peuvent maintenant voir le nouvel iceberg à la lumière du jour.
La première photo satellite prise de jour a été diffusée par la NASA le 11 septembre, grâce au Spectroradiomètre d’imagerie – ou MODIS – embarqué sur le satellite Terra. Peu de temps après, d’autres satellites de la NASA, y compris le Landsat 8, ont obtenu de nouvelles images publiées par la NASA le 30 septembre.
Les nouvelles images montrent que l’iceberg s’est divisé en morceaux plus petits et révèlent qu’il a commencé à s’éloigner de la plate-forme glaciaire qui l’a vu naître, poussé par les vents du large. Bien que le vêlage des icebergs proprement dit soit un événement essentiellement naturel, il menace néanmoins d’accélérer la fonte de la glace dans la région, provoquée par le réchauffement climatique.

https://earthobservatory.nasa.gov/IOTD/view.php?id=91052

A l’origine, l’iceberg, connu sous le nom de A-68A, avait une superficie d’environ 5 700 kilomètres carrés. À la fin du mois de juillet, il a perdu plusieurs morceaux en se déplaçant lentement dans la mer. L’un de ces morceaux est maintenant connu sous le nom de A-68B, selon le National Ice Center qui suit les déplacements des gros icebergs car ils représentent un danger pour les navires. (voir la photo ci-dessous)
Les scientifiques expliquent que de nouvelles fractures sont apparues sur la plate-forme Larsen C, ce qui pourrait annoncer de nouveaux vêlages dans les mois à venir. Celui de l’iceberg A-68A menace d’accélérer la fonte de la glace dans la région en affaiblissant la plate-forme et les glaciers derrière elle.

Comme je l’ai déjà mentionné, la fonte et la rupture de la plate-forme glaciaire n’affectent pas directement le niveau global des océans car la glace flottait déjà avant le vêlage. Cependant, lorsque des plates-formes comme Larsen C fondent, elles ne retiennent plus les glaciers terrestres derrière elles. Ils peuvent avancer plus rapidement dans la mer, ce qui contribue à faire monter le niveau des océans.

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Everybody can remember that in July 2017 one of the largest icebergs ever recorded — measuring in at about the size of Lozère in France broke off the Larsen C Ice Shelf in northwest Antarctica.

The event, which took place during the darkness of the Antarctic winter, was detected using satellite instruments that could pierce the darkness to sense the ice below. As the austral spring dawns, scientists are now able to see the new iceberg during the daytime.

The first daytime satellite photo to be released by NASA came on September 11th , via the Moderate Resolution Imaging Spectroradiometer, or MODIS on NASA’s Terra satellite. Soon after, other NASA satellites, including Landsat 8, captured detailed images that NASA published on September 30th.

The new data shows how the massive iceberg has split into smaller pieces and reveals that it has begun to push away from the ice shelf that birthed it, thanks to offshore winds.  While the iceberg calving event itself is likely mostly natural, it nevertheless threatens to speed up the already quickening pace of ice melt in the region due in large part to global warming.

https://earthobservatory.nasa.gov/IOTD/view.php?id=91052

In its original shape, the iceberg was about 5,700 square kilometres in area. In late July, the main iceberg, known as A-68A, lost several chunks of ice as it began to slowly drift out to sea. One of those large chunks is now known as A-68B, according to the National Ice Center, which tracks large icebergs because they pose a danger to ships. (see photo below)

Scientists reveal that new cracks are developing on the Larsen C ice shelf, potentially signalling additional breakup events in the coming months to years.

The calving of the A-68A iceberg threatens to speed up the already quickening pace of ice melt in the region by leaving the ice shelf and the glaciers behind it in a weakened state, with new cracks that may develop additional icebergs in the future.

As I put it before, the melting of the ice shelf does not affect global sea levels directly, since the ice was already floating before the calving event. However, when ice shelves like Larsen C melt, they can free up the ice of land-based glaciers behind them to flow faster into the sea, which does raise sea levels.

Image acquise le 16 septembre 2017 par le satellite Landsat 8 (Crédit photo: NASA)

Un nouvel iceberg s’est détaché de l’Antarctique // A new iceberg broke off Antarctica

Les médias ne se sont guère attardés sur l’événement, mais un impressionnant iceberg s’est détaché du Glacier de l’Ile du Pin (Pine Island Glacier) en Antarctique le samedi 23 septembre 2017.
Le National Ice Center aux États-Unis a estimé la superficie de l’iceberg à 184 kilomètres carrés, soit environ trois fois la taille de Manhattan. Il se trouve maintenant dans la Mer d’Amundsen et continuera sa course dans Pine Island Bay. L’iceberg montre des signes de fracturation, ce qui signifie que des morceaux de glace plus petits vont probablement se détacher de la masse principale. Le National Ice Center pense que l’iceberg ne devrait pas poser de problèmes aux navires dans la région.
Selon le Goddard Space Flight Center de la NASA, le vêlage de cet iceberg fait partie d’un processus naturel, mais la fréquence du phénomène est inquiétante. Des forces telles que le vent, les marées, les courants et les collisions avec d’autres icebergs peuvent faire apparaître des fractures dans la glace. Par ailleurs, l’eau plus chaude qui se déplace sous les glaciers fait que la glace s’amincit, ce qui accélère probablement la fracturation. Le fait que les vêlages soient de plus en plus fréquents n’est pas de bon augure car rien n’indique que la tendance soit en passe de s’inverser. Cela signifie que l’on va assister à d’autres pertes de glace en Antarctique et donc une probable augmentation du niveau de la mer.
Le Pine Island Glacier fait partie de l’Antarctique de l’Ouest qui perd déjà 45 milliards de tonnes de glace chaque année, phénomène qui contribue à l’élévation du niveau des océans. Le glacier est connu pour être celui qui avance le plus vite en Antarctique.

La naissance du nouvel iceberg intervient deux mois après qu’un autre morceau de glace de 5,700 kilomètres carrés se soit détaché de l’Antarctique au mois de juillet. De la taille du département français de la Lozère, l’iceberg était l’un des plus grands jamais enregistrés. En 2014, un iceberg de 660 kilomètres carrés avait également rompu ses liens avec l’Antarctique.
Source: USA Today

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The media did not talk a lot about the event, but a massive iceberg broke off Antarctica’s Pine Glacier on Saturday September 23rd 2017.

The U.S. National Ice Center measured the iceberg at 184 square kilometress, about three times the size of Manhattan. It is now in the Amundsen Sea but will eventually drift into Pine Island Bay. The iceberg shows signs of fracturing, meaning smaller pieces of ice may break off. The Ice Center said it is not expected to cause any shipping hazards.

According to NASA’s Goddard Space Flight Center, the break is part of a natural process, but the frequency of the breaks is concerning. Forces such as wind, tides, currents and even collisions with other icebergs can create rifts in the ice. Warm water moving underneath the glaciers causes the ice to thin and perhaps accelerates the rifts. The fact that the calving events have got more frequent is not a good sign, and there is no indication that the trend is reversing. The continuation means further ice losses to Antarctica and possible rising sea levels as a result.

The glacier is a part of West Antarctica that already loses 45 billion tons of ice annually, contributing to sea level rises.  Pine Island Glacier is known to be the fastest-melting glacier in Antarctica. The break comes two months after a 5,700 square-kilometre piece of ice detached from Antarctica in July. At nearly the size of Delaware, the iceberg was one of the largest ever recorded. In 2014, a 660-square-kilometre iceberg also calved from Antarctica.

Source : USA Today

 Localisation du glacier de Pine Island (Source : NOAA)

 

 

La fonte inquiétante du Groenland // Greenland’s alarming melting

Dans une note publiée le 18 avril 2017, j’ai attiré l’attention sur la fracturation du glacier Petermann au Groenland.
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2017/04/18/nouvelle-fracturation-du-glacier-petermann-groenland-new-fissure-detected-in-petermann-glacier-greenland/

Ces dernières semaines, les médias ont donné la priorité au vêlage de la plate-forme glaciaire Larsen C en Antarctique. Pourtant, la fracturation qui s’est produite au Groenland est certainement plus inquiétante et peut avoir des conséquences plus importantes.
L’iceberg qui s’est détaché dans l’Arctique la semaine dernière pose problème car, contrairement à son homologue antarctique, il pourrait contribuer faire monter le niveau de la mer. Il s’est détaché de la plate-forme glaciaire sur laquelle s’appuie le glacier Petermann au moment où les températures sont à leur maximum dans l’Arctique.

Le mouvement du glacier Petermann s’est accéléré au cours des dernières années, en faisant se déverser de la glace terrestre dans l’océan à un rythme plus rapide, et en attirant plus de glace depuis le centre du Groenland.
Le dernier iceberg arctique n’est pas particulièrement impressionnant, mais sa séparation du glacier pourrait conduire à une expansion des grandes fractures en amont dans la banquise, ce qui pourrait provoquer une rupture plus rapide. Ce qui inquiète le plus les chercheurs, c’est une fracture au centre de la plate-forme glaciaire. C’est un endroit inhabituel pour la formation des fractures et cette dernière pourrait se connecter à d’autres qui se forment sur les côtés.
Avec le détachement de l’iceberg, la plate-forme glaciaire montre une morphologie jamais observée au cours des 150 années de suivi du glacier Petermann. Elle a déjà perdu de gros morceaux en 2010 et 2012, avec des icebergs qui faisaient plusieurs fois la taille de l’île de Manhattan.
Les glaciers terrestres au Groenland contribuent à l’élévation du niveau de la mer et on s’attend à ce qu’ils perdent de plus en plus de leur masse dans le futur. Le glacier Petermann représente près de 10% de la couche de glace du Groenland; à lui seul, il pourrait faire monter le niveau de la mer de 30 centimètres.
Au fur et à mesure que Petermann reculera, il attirera de la glace en provenance du centre du Groenland, ce qui aura un effet direct sur la hausse du niveau de la mer. Les chercheurs ont prévenu que ce niveau pourrait augmenter de 90 centimètres d’ici la fin du siècle, et une désintégration plus rapide des glaciers de l’Arctique rendrait la situation encore plus inquiétante. Une étude publiée début 2017 dans la revue Nature a montré que la vitesse de fonte au Groenland s’est multipliée par cinq au cours des 25 dernières années.
Source: Scientific American.

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In a note released on 18 April 2017, I drew attention to the fracturing of the Petermann Glacier in Greenland.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2017/04/18/nouvelle-fracturation-du-glacier-petermann-groenland-new-fissure-detected-in-petermann-glacier-greenland/

In recent weeks, the media gave priority to the calving of the Larsen C ice shelf in Antarctica. However, the fracturing in Greenland is certainly more worrisome and may have bigger consequences.

The chunk of ice, which broke free in the Arctic last week, is a problem as it might contribute to raising sea level, contrary to the huge iceberg in Antarctica.  It came off the ice shelf that buttresses the Petermann Glacier at the height of seasonal warming in the Arctic region.

Movement of the Petermann Glacier has sped up in recent years, dumping land-based ice into the ocean at a faster rate and drawing more ice down from the centre of Greenland.

The latest iceberg is not particularly dramatic, but it could lead to an expansion of major cracks upstream in the ice shelf, causing it to break up more quickly. Most troubling to researchers is a crack at the center of the shelf. It is an unusual place for cracks to form, and it could connect to separate cracks forming at the sides.

The loss of the iceberg brings the shelf to a state not observed in the 150 years of tracking the Petermann Glacier. The ice shelf bracing the glacier lost major pieces in 2010 and 2012. Both those icebergs were the size of several Manhattans.

Land-based glaciers in Greenland are a primary contributor to global sea-level rise, and they are expected to increasingly lose their mass in the future. Petermann accounts for almost 10 percent of the Greenland ice sheet; it alone could raise sea levels by 30 centimetres.

As Petermann retreats, it will draw down ice from the center of Greenland, all of which will have a direct effect on sea-level increase. Researchers have cautioned that sea levels could rise by 90 centimetres at the end of the century, but a more rapid disintegration of Arctic glaciers would make that number larger. A study published earlier this year in Nature showed that the rate of melting in Greenland has increased fivefold in the last 25 years.

Source: Scientific American.

Image satellite du glacier Petermann (Source: NASA)

Photo: C. Grandpey