L’océan attaque Miami Beach // The ocean erodes Miami Beach

Le président Trump a déclaré un jour que le changement climatique était un canular, mais il semble que ce ne soit pas une blague en Floride. En lisant la presse locale et nationale, on apprend que des dizaines de camions ont commencé à déverser des centaines de milliers de tonnes de sable sur Miami Beach dans le cadre des mesures prises par le gouvernement américain pour protéger les destinations touristiques de Floride contre les effets du changement climatique.

L’élévation du niveau de la mer entraîne une accélération de l’érosion de la célèbre plage. Cela vient s’ajouter aux tempêtes côtières et surtout aux ouragans.
En janvier, l’Army Corps of Engineers a commencé une opération d’un coût de 16 millions de dollars consistant à déverser 233 000 mètres cubes de sable sur des zones de Miami Beach qui ont subi une forte érosion en juin dernier. Le projet était initialement conçu pour réparer les dégâts causés par l’ouragan Irma en 2017. Chaque jour, entre 150 et 200 camions, chacun contenant 22 tonnes de sable, vont venir vider leurs bennes sur la plage.

Le sud de la Floride est considéré comme un point névralgique du changement climatique. La côte n’est pas seulement victime de l’érosion des plages. Les autorités locales sont également confrontées aux inondations qui se produisent pendant les très grandes marées de printemps – les King tides – qui inondent aussi certaines routes.
Le projet fait partie d’un plan global de 158 millions de dollars financé par le gouvernement fédéral pour protéger Miami contre les ouragans et l’érosion des plages. Certaines personnes disent que cette initiative sera inutile et que c’est comme si le gouvernement jetait des millions de dollars dans l’océan chaque année.

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President Trump said climate change was a hoax, but it looks as if it is not a joke in Florida. Reading the local and national press, we learn that dozens of trucks have started dumping hundreds of thousands of tons of sand on Miami Beach as part of US government measures to protect Florida’s tourist destinations against the effects of climate change.

Rising sea levels are causing the accelerated erosion of the famous beach, as well as coastal storms and in particular hurricanes.

This January, the Army Corps of Engineers began the $16 million operation to dump 233,000 cubic metres of sand on areas of Miami Beach that were eroded in last June, a project that was originally designed to address damage caused by Hurricane Irma in 2017. Every day, trucks will tip between 100 and 250 loads, each containing 22 tons of sand, onto Miami Beach.

South Florida is considered ground zero for climate change. There is not only beach erosion. Local authorities are also confronted with flooding going on during King tides – especially high spring tides – which happen all too often now, where some roads get flooded.

The project is part of an overall $158 million federally funded plan to protect Miami from hurricanes and control beach erosion. Some people say the project will be useless and that it is like throwing millions of dollars out in the ocean every year

Vu à Miami: Projet de rehaussement de la chaussée pour éviter qu’elle se fasse inonder !(Photo : C. Grandpey)

Bureau Australien de Météorologie : le changement climatique anthropique aggrave les incendies de forêt // Australian Bureau of Meteorology: human-caused climate change is worsening the wildfires

Selon le Bureau Australien de Météorologie, le changement climatique provoqué par les activités humaines aggrave les incendies de forêt en Australie. En effet, le phénomène augmente le risque de feux de végétation dans le pays en allongeant la saison des incendies, en diminuant les précipitations et en augmentant la température.
Bien que le changement climatique n’allume pas directement les incendies, il leur donne la possibilité de prendre une ampleur catastrophique en créant des températures plus chaudes, en augmentant la quantité de végétation sèche et en réduisant la disponibilité en eau en raison d’une évaporation plus élevée.
Le sud de l’Australie a connu un réchauffement rapide d’environ 1,5°C depuis 1950, ce qui crée des conditions parfaites pour des incendies dévastateurs. Selon le Bureau de Météorologie, 2019 a été l’année la plus chaude et la plus sèche jamais observée en Australie. Le mois de décembre en particulier a été l’un des deux mois les plus chauds jamais enregistrés. Un climatologue de l’Université de Columbia explique que la hausse constante des températures augmente la probabilité de vagues de chaleur et d’incendies. Selon lui, «leur véritable cause n’est pas le soleil. Ce ne sont pas non plus les volcans, ni les cycles naturels. Si quelqu’un vous dit: « Cela fait partie d’un cycle normal » ou « nous avons déjà eu des incendies comme celui-là auparavant », souriez poliment et partez, car cette personne n’a rien compris. »
Source: USA Today.

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According to the Australian Bureau of Meteorology, human-caused climate change is worsening the wildfires in Australia. Indeed, it is increasing bushfire risk in the country by lengthening the fire season, decreasing precipitation and increasing temperature.

While climate change does not directly ignite the fires, it gives them the chance to turn into catastrophic blazes by creating warmer temperatures, increasing the amount of dry vegetation available and reducing water availability because of higher evaporation.

Southern Australia has seen rapid warming of around 1.5°C since 1950, which creates perfect conditions for devastating fires. According to the Bureau of Meteorology, 2019 was both the hottest and driest year ever measured in Australia. December was particularly harsh: It was one of the top two hottest months on record for the nation. A Columbia University climate scientist explains that the constant increase in temperatures makes heat waves and fires more likely: “It’s not the sun. It’s not volcanoes. It’s not natural cycles. If anyone tells you, ‘This is part of a normal cycle’ or ‘we’ve had fires like this before,’ smile politely and walk away, because they don’t know what they’re talking about. »

Source: USA Today.

Image 3D des incendies en Australie, à partir de données satellitaires fournies par la NASA. On y voit les régions affectées par le feu, ce qui ne signifie pas forcément que ces zones soient actuellement en train de brûler.

Incendies en Australie et changement climatique // Wildfires in Australia and climate change

Les incendies de végétation continuent de faire rage en Australie. Cette année, la saison des incendies est l’une des pires de l’histoire de l’Australie. On dénombre au moins 15 morts, des centaines de maisons détruites et des millions d’hectares brûlés. Et l’été est loin d’être terminé. Comme je l’ai écrit précédemment, l’Australie a enregistré sa journée la plus chaude de tous les temps avec 41,9°C. La vague de chaleur se poursuit cette semaine dans le sud-est du pays, avec des températures qui devraient atteindre 40,5 ° C à Canberra, la capitale. Cette chaleur extrême fait suite au printemps le plus sec jamais enregistré. La plupart des régions de Nouvelle-Galles du Sud et du Queensland manquent de pluie depuis le début de l’année 2017. La sécheresse a ainsi frappé les zones agricoles les plus productives du pays.
Les médias ont indiqué que des milliers d’habitants et de vacanciers dans le sud-est de l’Australie ont été contraints de se réfugier le long des côtes car des incendies encerclaient des zones habitées en détruisant des dizaines de bâtiments. Des navires et des avions militaires ont été déployés pour fournir de l’eau, de la nourriture et du carburant aux villes coupées par le feu.
En Nouvelle-Galles du Sud, les incendies ont détruit près de 1 000 maisons. Quelque 90 incendies font actuellement rage dans l’État, avec une trentaine d’autres plus au sud dans l’Etat de Victoria. Au total, c’est une zone de la taille du Danemark qui a été dévastée. Les dépôts de particules de cendre ont teinté de marron les glaciers néo-zélandais comme le Franz Josef!
Les incendies les plus dangereux se produisent lorsque le vent chaud et sec en provenance du centre désertique du continent souffle vers les côtes où se concentre la population. Un front météorologique, là où les masses d’air à différentes densités se rencontrent, peut provoquer un changement rapide de direction du vent. Cela signifie les incendies peuvent se propager dans plusieurs directions.
Ces incendies de végétation peuvent être si violents et générer une telle chaleur qu’ils développent leurs propres systèmes météorologiques. Ces tempêtes de feu peuvent produire des éclairs, des vents forts et même des tornades. Ce qu’ils ne produisent pas, c’est la pluie. Un pompier volontaire décédé la semaine dernière a été écrasé lorsqu’une telle tornade a soulevé et renversé un camion d’intervention.

La précocité de la saison des feux de végétation a confirmé les prédictions des scientifiques: ils deviendront plus fréquents et plus intenses en Australie avec l’accélération du changement climatique. Le pays est normalement chaud et sec en été, mais le changement climatique, qui entraîne des périodes de chaleur extrême plus longues et plus fréquentes, aggrave ces conditions et rend la végétation plus sèche et plus susceptible de brûler.
Les derniers incendies ont mis l’accent sur l’incapacité du gouvernement australien à réduire les émissions de dioxyde de carbone, le gaz qui emprisonne la chaleur lorsqu’elle est rejetée dans l’atmosphère. Alors que les émissions de gaz à effet de serre continuent de monter en flèche, le pays, actuellement dirigé par une coalition conservatrice, n’a jamais réussi à parvenir à un consensus politique sur la politique énergétique et climatique. Comme je l’ai expliqué il y a quelques jours, cette politique est en partie influencée par la longue histoire minière de l’Australie et le puissant lobby du charbon.
Source: Journaux américains et australiens.

Dernière minute: D’après le Bureau of Meteorology australien (BOM), la température annuelle moyenne a atteint en Australie un niveau record depuis le début des relevés en 1910. Avec +1,52°C au-dessus de la moyenne 1960-1990, l’année 2019 devance le précédent maximum observé en 2013 avec +1,33°C. La température annuelle sur 2019 s’élève à 23,3°C, sachant que la moyenne a été de 21,8°C sur la période 1960-1990. En 1910, première année des archives, la température fut seulement de 21,3°C, soit deux degrés de moins qu’en 2019.

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Wildfires keep raging in Australia. This fire season has been one of the worst in Australia’s history, with at least 15 people killed, hundreds of homes destroyed and millions of hectares burned. And summer is far from over. As I put it before, Australia recorded its hottest day on record. The heat wave is continuing this week in southeastern Australia, with temperatures expected to reach 40.5°C in Canberra, the capital. The extreme heat has followed the driest spring on record. Most of New South Wales and Queensland have been experiencing shortfalls in rain since early 2017. The drought has hit the country’s most productive agricultural areas.

The media have informed us that thousands of residents and vacationers in southeastern Australia were forced to evacuate to shorelines as bush fires encircled communities and razed scores of buildings. Military ships and aircraft have been deployed to deliver water, food and fuel to towns cut off by the fires.

In New South Wales, the fires have destroyed nearly 1,000 homes. Around 90 fires are currently raging in the state, with about three dozen more to the south in Victoria. In total, an area the size of Denmark has been devastated.

The most dangerous fire days occur when hot, dry air blows from the desert center of the continent toward the populous coasts. A weather front — where air masses at different densities meet — can cause the direction of the wind to change rapidly. Ultimately, that means bigger fires spreading in multiple directions.

Bush fires can be so large and hot that they generate their own dangerous, unpredictable weather systems. These so-called firestorms can produce lightning, strong winds and even fire tornadoes. What they don’t produce is rain. A volunteer firefighter who died last week was crushed after a fire tornado lifted a fire truck off the ground.

 

The devastating start to the fire season confirmed what scientists have been predicting: that Australia’s bush fires will become more frequent and more intense as climate change worsens. The country is normally hot and dry in the summer, but climate change, which brings longer and more frequent periods of extreme heat, worsens these conditions and makes vegetation drier and more likely to burn.

The catastrophic fire conditions have put an intense focus on the Australian government’s failure to reduce emissions of carbon dioxide, which traps heat when released into the atmosphere. Even as emissions continue to soar, the country, currently governed by a conservative coalition, has found it difficult to reach a political consensus on energy and climate change policy. Those politics, in part, are influenced by Australia’s long mining history and its powerful coal lobby.

Source : American and Australian newspapers.

Last minute: According to the Australian Bureau of Meteorology (BOM), the average annual temperature in Australia has reached a record level since the start of the surveys in 1910. With + 1.52°C above the 1960-1990 average, 2019 is ahead of the previous maximum observed in 2013 with + 1.33°C.
The annual temperature in 2019 was 23.3°C, whereas the average was 21.8°C over the period 1960-1990. In 1910, the first year of the records, the temperature was only 21.3°C, two degrees lower than in 2019.

Incendies de végétation en Australie vus depuis l’espace à la mi décembre (Source : NASA)

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On peut voir sur cette page de Twitter plusieurs images des glaciers néo-zélandais, habituellement blancs, qui ont pris une nuance de couleur caramel.

https://twitter.com/Rachelhatesit/status/1212149468579028993

 

Le Premier Ministre australien et le réchauffement climatique // The Australian Prime Minister and climate change

La ville de Sydney est envahie depuis plus d’un mois par des fumées toxiques générées par de très violents incendies de végétation, suite à une vague de sécheresse particulièrement sévère cette année en Australie.

Le Premier ministre australien était resté muet jusqu’à présent et a finalement accepté de s’exprimer après que près de 20 000 personnes aient manifesté dans les rues de Sydney pour exiger une réponse du gouvernement face à cette pollution, à l’origine de problèmes médicaux chez une partie de la population. En réponse, le chef du gouvernement conservateur a affirmé comprendre les inquiétudes des plus de cinq millions d’habitants de la ville la plus peuplée d’Australie.

Fait rare, il a reconnu que le changement climatique était l’un des « facteurs » à l’origine des centaines d’incendies responsables de ces fumées toxiques et de la destruction de millions d’hectares et de plus de 700 maisons dans l’est de l’Australie.

Jusqu’à présent, le Premier Ministre, ardent défenseur de l’industrie minière australienne, s’était exprimé quasi exclusivement pour faire part de sa solidarité avec les zones rurales affectées par ces feux. La question du changement climatique est délicate pour le Parti libéral d’Australie, au pouvoir depuis 2015. Toute mesure visant à réduire les émissions de carbone ou à réduire les exportations de charbon, pourrait conduire les habitants des zones minières à se détourner du vote conservateur, à diviser son parti et à plonger le pays dans une crise économique. L’industrie minière représente plus de 70% des exportations nationales.

Source : France Info.

On voit bien que de très grands pays comme l’Australie, les Etats-Unis, le Brésil, l’Inde ou la Pologne ne feront pas d’efforts pour freiner la hausse globale des températures. Dans ce cas, les différentes COP sont-elles vraiment utiles ?

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The city of Sydney has been submerged for more than a month by toxic fumes generated by very violent wildfires, following a wave of drought particularly severe this year in Australia.
The Australian Prime Minister had remained silent until now and finally agreed to speak after nearly 20,000 people demonstrated in the streets of Sydney to demand a government response to the pollution which causes health problems among the population. The head of the Conservative government said he understood the concerns of the more than five million people in Australia’s most populated city.
He admitted for the first time that climate change was one of the « factors » behind the hundreds of fires responsible for this toxic smoke and the destruction of millions of hectares and more than 700 homes in the eastern part of Australia.
So far, the Prime Minister, a staunch defender of the Australian mining industry, has spoken almost exclusively to express his solidarity with the rural areas affected by these fires. Climate change is a hazardous issue for the Australian Liberal Party, in power since 2015. Any measure to reduce carbon emissions or reduce coal exports could lead people in mining areas to turn away from the Conservative vote , divide his party and plunge the country into an economic crisis. The mining industry accounts for more than 70% of national exports.
Source: France Info.
It is easy to see that very large countries like Australia, the United States, Brazil, India or Poland will not help to curb the rise in temperatures! Are the different COPs really useful?

Les incendies de végétation en Australie vus depuis l’espace (Source: NASA)

L’éco-anxiété, une autre conséquence du réchauffement climatique

J’ai lu ces jours-ci sur le site lexpress.fr un article très intéressant qui aborde « l’éco-anxiété », une conséquence très récente du réchauffement climatique au sein de la population. Pour de plus en plus de personnes, les questions environnementales sont devenues une réelle source de souffrance psychique. Certaines présentent des angoisses, ou des réveils nocturnes fréquents, accompagnés d’une panique autour du réchauffement climatique. Beaucoup se posent la question : quel monde va-t-on laisser à nos enfants ?

Le mal est trop récent pour que l’on puisse avancer des chiffres fiables, mais selon les psychiatres ces maux sont de plus en plus fréquents, en particulier depuis environ un an. En octobre 2018, un sondage de l’IFOP indiquait que 85 % des Français étaient inquiets du réchauffement climatique, une proportion en hausse de 8 points par rapport à l’année 2015. Ce taux grimpait même à 93 % chez les 18-24 ans. Si cette préoccupation générale de la population ne relève pas forcément de l’éco-anxiété, pour certaines personnes les questions environnementales sont devenues une réelle source de souffrance.

En tant que tel, l’éco-anxiété n’est pas reconnue officiellement comme une maladie par le monde de la psychiatrie. L’American Psychological Society y a toutefois fait référence en 2017, évoquant une « peur chronique d’un environnement condamné. » Selon cette Société, il ne s’agirait pas forcément d’une maladie mentale, mais d’une forme de sensibilité à l’état du monde. Cette pathologie regroupe les personnes qui se sentent inquiètes, stressées, tristes et même en colère quand elles constatent les différentes dégradations faites à la planète en raison des activités humaines.

Plutôt que d’éco-anxiété, certains psychiatres préfèrent parler de « solastalgie », un terme développé en 2007 par un philosophe australien de l’environnement. Il est la contraction de « solace » [« réconfort », en anglais] et algie [douleur]. Le chercheur a mis au point ce concept après avoir observé la détresse de populations confrontées à la destruction de leur environnement. La « solastalgie » représente un éventail d’émotions plus large que l’anxiété. Ainsi, certaines personnes qui se sentent « solastalgiques » peuvent connaître des troubles éco-anxieux, mais ce n’est pas nécessairement le cas.

Il est bon de noter que la notion de culpabilité est aussi souvent associée à la constitution de l’anxiété. Dans ce cas, les personnes se rendent personnellement responsable du réchauffement climatique. Ce sentiment est assez lourd à encaisser psychiquement car il met en cause l’existence même.

D’une manière générale, l’avenir est rarement envisagé sous ses meilleurs auspices. Certaines personnes sont persuadées que l’effondrement de la civilisation est inévitable. Elles expliquent qu’il y aura des millions de réfugiés climatiques. Parmi les scénarios envisagés figure celui d’une bataille pour l’accès aux ressources, voire une guerre civile. On aborde ici le concept de « collapsologie », un néologisme désignant l’étude de l’effondrement (‘collapse’ en anglais) de la civilisation industrielle, et ce qui pourrait lui succéder.

Effondrement ou pas, l’éco-anxiété deviendra probablement de plus en plus fréquente dans les années à venir. Nous ne vivons que les prémices du réchauffement climatique, donc cela va potentiellement devenir un problème de santé publique. Dans les années 1950, il existait la peur d’une guerre atomique. Ces attitudes font partie de la nature humaine qui doit faire face à une anxiété existentielle.

Source : L’Express.

NDLR : Les nombreux articles que j’écris à propos de la fonte des glaciers sous les coups de boutoir du réchauffement climatique n’ont pas pour but de déclencher un mouvement de panique parmi les personnes qui consultent mon blog. Je désire simplement alerter la population et mettre en garde contre un danger dont les conséquences sont difficiles à apprécier. Ayant vécu près de deux tiers de siècle, je n’aurai probablement pas – ou très peu – à subir les catastrophes climatiques à venir, car catastrophes il y aura. Celle que je redoute le plus concerne le manque d’eau qui déclenchera forcément des migrations de populations et probablement des guerres. On va me rétorquer que nous aurons toujours des solutions pour produire de l’eau potable, par exemple en dessalant l’eau de mer. Oui, mais à quel prix et avec quelle énergie ? Toutes les nations ne pourront pas s’offrir ce luxe…

Avec la fonte des glaciers et de la calotte polaire va inévitablement se poser le problème de la hausse du niveau des océans, avec des conséquences faciles à imaginer pour les populations littorales (Photo: C. Grandpey)

Le rapport du GIEC et la situation en Alaska ! // The IPCC report and the situation in Alaska !

Dans son dernier rapport, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) met l’accent sur les effets de l’agriculture et de la sylviculture sur la dégradation des sols et leur forte influence sur le  réchauffement climatique. On remarquera que ce même rapport se garde bien de parler de la pollution des industries, des transports, ou du secteur pétrolier. Il est plus facile de demander à la population qu’aux lobbies de faire des efforts ! S’agissant de la déforestation, la France n’est pas vraiment concernée car nos forêts sont relativement bien gérées. La déforestation affecte surtout des régions du monde comme l’Amazonie ou l’Indonésie, premier producteur d’huile de palme de la planète qui émet plus de gaz à effet de serre que les États-Unis!

Les écologistes français se sont bien sûr engouffrés dans la brèche offerte par le GIEC en proposant des solutions qui n’ont pas grand-chose à voir avec les causes du réchauffement climatique. Inciter la population à manger moins de viande pour contrer le réchauffement climatique est à mes yeux une vaste rigolade. La cause du problème se trouve ailleurs ! Alors que les médias commentaient le rapport du GIEC – des commentaires qui ne mèneront nulle part, car nos dirigeants ne prendront jamais les mesures nécessaires – une autre situation était au moins aussi préoccupante.

Au cours des dernières semaines, l’Alaska a enregistré les niveaux de glace de mer les plus bas jamais observés, avec des températures record et des incendies de forêt qui ont dévasté plusieurs parties de cet Etat. Certaines zones de mer sont totalement libres de glace. Cela n’a jamais eu lieu aussi tôt dans l’année et aura des conséquences sur le climat arctique et sur la Terre dans son ensemble.
D’après le National Snow and Ice Data Center (NSIDC), centre national de données sur la neige et la glace, le mois d’août 2019 connaît les niveaux de glace de mer arctique les plus bas de tous les temps. La meilleure preuve de cette situation catastrophique se trouve probablement à Point Barrow, le point le plus septentrional de l’Alaska. À Point Barrow, il faut aller à 480 ou 560 kilomètres des côtes pour trouver de la glace de mer en ce moment Historiquement, à cette période de l’année, il devrait y avoir de la glace près ou le long de la côte de l’Alaska, et non à des centaines de kilomètres de distance.
Selon le NSIDC, la glace de mer est un indicateur d’autres problèmes climatiques. L’atmosphère se réchauffe. Les océans se réchauffent. La glace de mer est victime de ces deux phénomènes à la fois.
Contrairement à ce que pensent beaucoup de gens, la fonte de la glace de mer dans les mers arctiques ne joue aucun rôle dans la montée des océans. La glace qui est à l’origine de l’élévation du niveau de la mer -la glace continentale – est largement présente au Groenland. En revanche, la glace de mer de l’Alaska exerce une influence sur la température de la planète avec l’albédo qui, en renvoyant une partie de l’énergie solaire dans l’espace, contribue à abaisser la température. Sans albédo, la température s’élève car la mer absorbe l’énergie solaire

Le changement climatique que l’on observe actuellement rend l’Arctique particulièrement vulnérable. La région se réchauffe de plus en plus vite. Au cours des deux dernières décennies, elle s’est réchauffée environ deux fois plus vite que le reste de la planète dans son ensemble.
Les Alaskiens, en particulier les populations autochtones, ont leur mode de vie profondément modifié par la fonte de la glace de mer, surtout les communautés qui en dépendent pour la chasse. La chasse au morse a été problématique en 2019 ; il y a eu très peu de jours où la glace était suffisamment robuste pour que les communautés autochtones puissent s’y installer pendant les mois d’hiver et de printemps.

Alors que les Alaskiens sont les plus touchés par la fonte de la glace, le reste du monde en ressentira également les effets. Avec l’absence de glace qui entraîne une hausse des températures, le pergélisol des régions arctiques est en train de fondre, ce qui ajoute du dioxyde de carbone dans l’atmosphérique et contribue au réchauffement climatique.
Les scientifiques pensent que nous avons atteint un point de non retour dans la région, sauf si nous réussissons à inverser les émissions de gaz à effet de serre. La partie est loin d’être gagnée !
Source: Time.

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In its latest report, the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) focuses on the effects of agriculture and forestry on soil degradation and their strong influence on global warming. It should be noted that this same report is careful not to talk about the pollution of factories, transport, or the oil industry. It is easier to ask people than lobbies to make efforts! Regarding deforestation, France is not really concerned because our forests are relatively well managed. Deforestation mainly affects parts of the world such as the Amazon or Indonesia, the world’s largest producer of palm oil that emits more greenhouse gases than the United States!

French ecologists have of course engulfed in the gap offered by the IPCC by proposing solutions that have little to do with the causes of global warming. Encouraging the population to eat less meat to counter global warming is, to my mind, a huge joke. The cause of the problem lies elsewhere! While the media were commenting the GIEC report – comments that will lead to nowhere as our political leaders will never take the necessary measures – another situation was at least as preoccupying.

Alaska has seen the lowest levels of sea ice ever this summer as record temperatures and wildfires hit the region with some areas completely ice free, an event which has never occurred so early in the year and has ramifications for the arctic climate and the Earth as a whole.

Compared to all other recorded years of research, August 2019 has the lowest levels of arctic sea ice ever, according to the National Snow and Ice Data Center (NSIDC). The best evidence of this situation lies probably at Point Barrow, Alaska’s northernmost point. At Point Barrow, there is no sea ice within 480 to 560 kilometres at the moment. Historically, at this time of year there should still be some ice close to or along the coast of Alaska, not hundreds of kilometres away.

According to NSIDC, sea ice is an indicator of other climate issues. The atmosphere is warming. The oceans are warming. The sea ice is getting hit by both sides of climate change.

While most people think of melting ice in the context of sea levels, the loss of sea ice actually plays no role in the rising water. The ice that causes rising sea levels – frozen freshwater land ice – is largely present in Greenland. Instead, Alaska’s sea ice affects the Earth’s temperature. It is crucial for the ‘albedo’ by reflecting some of the solar energy back to space, thus lowering the temperature. With no albedo, the sea absorbs the solar energy and temperatures increase.

The climate change we are currently observing is making the Arctic especially vulnerable. The Arctic is warming up very strongly, a phenomenon called Arctic amplification. Over the past couple of decades, the Arctic has been warming up at roughly twice the rate as the globe as a whole.

Alaskans, especially the indigenous populations, have been impacted by the melting ice and have seen their way of life altered by the changing environment, particularly communities who rely on the sea ice for hunting. Walrus has been a big problem in 2019 and there have been very few days when the ice was sturdy enough for indigenous communities to even get onto it during the winter and spring.

While Alaskans are the most dramatically affected by the melting ice, the rest of the world will also feel some impacts. As melting ice leads to increased temperatures, there is a potential for the permafrost in Arctic regions to melt, adding to atmospheric carbon dioxide..

Glaciologists think we have reached a point of no return in the region unless we can reverse greenhouse gas emissions.

Source: Time.

La glace de mer s’éloigne de plus en plus des côtes de l’Alaska (Photo: C. Grandpey)

On va avoir soif cet été (suite)

Je ne cesse de le répéter (voir ma note du 2 avril 2019) : le déficit en eau est sévère en Haute-Vienne, le département où je réside. Le mois d’avril n’a pas arrangé les choses et les averses qui nous arrosent en ce début mai ne suffiront pas à combler le déficit pluviométrique. De toute façon, les pluies actuelles arrivent trop tardivement et elles ne contribuent pas à alimenter les nappes phréatiques car la végétation capte cette eau dès sa présence en surface. Il suffit de regarder les sources ; leur débit est extrêmement faible. C’est ce qui explique la poussée rapide de l’herbe, favorisée par la douceur des températures. Résultat : les tondeuses ronflent de plus en plus dans nos campagnes !

Cumulé, le déficit en eau au mois d’avril se monte à 26 % par rapport à la moyenne. 69,4 mm de pluie sont tombés au cours du mois, alors que la moyenne est de 95 mm, soit un déficit de 26 %. Sur la période dite de recharge en eau, c’est-à-dire en automne et en hiver, le déficit est de 28 %, selon les relevés de la station de Limoges-Bellegarde que je rappelle ici :

Octobre 2017 : 38,7 mm  / Octobre 2018 : 31,1 mm

Novembre 2017 : 89,7 mm  /  Novembre 2018 : 74,3 mm

Décembre 2017 : 141,1 mm  /  Décembre 2018 : 132,2 mm

Janvier 2018 : 195,7 mm  /  Janvier 2019 : 82,3 mm

Février 2018 : 66,8 mm  / Février 2019 : 38,8 mm

Mars 2018 : 137,8 mm  /  Mars 2019 : 68,3 mm

Avril 2018 : 112,5 mm / Avril 2019 : 69,4 mm

Mai 2018 : 107,1 mm / 1er-10 mai 2019 : 29,1 mm

Les première et deuxième décades d’avril ont notamment été très sèches, le gros des pluies tombant lors de la dernière décade. À Limoges-Bellegarde, on a recueilli 69,4 mm contre 91 mm en temps normal.

A cela s’ajoutent des températures plutôt douces, avec un pic de chaleur entre le 17 et le 22 avril.

Au vu de ces différents paramètres, on peut craindre un été difficile en matière d’eau, avec des restrictions qui ne tarderont pas concernant le remplissage des piscines, le lavage  des voitures et l’arrosage des jardins.

Ce n’est pas gagné non plus pour la navigation sur le lac de Vassivière dont la dernière cote publiée était de 649,40 m au 21/03/2019, donc 60 cm de moins que la cote référence de 650 m NGF. La navigation est interdite lorsque la cote du lac est inférieure à 642 m NGF soit moins 8 mètres par rapport à la cote de référence. 
Source : Station météo de Limoges-Bellegarde, presse locale.