La fonte rapide du glacier Thwaites en Antarctique (suite) // The rapid melting of Thwaites Glacier in Antarctica (continued)

Concentrations de CO2 : 426,92 ppm (26 octobre 2026).   

Concentrations de CH4 : 1934,57 ppb (juin 2026).

En Antarctique, le glacier Thwaites fond « plus vite que prévu, ce qui signifie que son impact sur l’élévation du niveau de la mer à l’échelle mondiale pourrait être deux fois plus important que les estimations actuelles. » C’est la conclusion d’une nouvelle étude, menée par une équipe de glaciologues de l’Université de Californie à Irvine et du Jet Propulsion Laboratory de la NASA, publiée dans la revue Nature Communications.

Le glacier est en recul depuis des décennies et sa fonte contribue actuellement à environ 4 % de l’élévation du niveau de la mer à l’échelle mondiale. Toutefois, les mécanismes à l’origine de ce recul sont extrêmement complexes, ce qui rend difficile toute projection précise de son évolution future.
Il s’agit pourtant d’un enjeu crucial : le glacier Thwaites contient suffisamment d’eau pour faire monter le niveau de la mer de plus de 60 centimètres s’il venait à fondre complètement. Comme il joue également le rôle de rempart pour la calotte glaciaire antarctique et les autres glaciers situés en amont, sa disparition pourrait, à terme, entraîner une élévation du niveau de la mer d’environ 3 mètres, avec des conséquences dévastatrices pour les zones habitées le long des côtes.

Les auteurs de cette nouvelle étude ont mis au point un modèle de calotte glaciaire qui, selon eux, rend mieux compte des phénomènes qui se produisent sous ce glacier gigantesque. Comme je l’ai expliqué précédemment, le recul rapide du Thwaites est provoqué par des processus agissant au niveau de sa « ligne d’ancrage » (grounding line), autrement dit la zone où la glace quitte le plancher océanique pour commencer à flotter à la surface de l’océan en formant une plateforme glaciaire.

Source: British Antarctic Survey

Alors que les modèles classiques considèrent généralement la ligne d’ancrage comme une limite fixe et relativement stable, les chercheurs ont mis en évidence une configuration différente sous le glacier Thwaites.
Les données satellitaires révèlent qu’il s’agit en réalité d’une « zone d’ancrage » (grounding zone), pouvant s’étendre sur plusieurs kilomètres. Dans cette zone, l’eau de mer entre et se retire au gré des marées, soulevant et abaissant l’épaisse couche de glace. Ce mécanisme permet à des eaux océaniques relativement chaudes de s’infiltrer profondément sous la calotte glaciaire et de provoquer ainsi une fonte plus rapide.
En intégrant ce concept de « zone d’ancrage » dans leurs modèles, les scientifiques ont estimé que le glacier Thwaites pourrait contribuer à une élévation du niveau de la mer allant jusqu’à 3 centimètres d’ici 2100 – soit le double des prévisions précédentes – et ce, même sans réchauffement climatique supplémentaire.
Le socle rocheux sur lequel repose le glacier Thwaites est en pente descendante ; par conséquent, à mesure que le glacier fond, une plus grande quantité de glace se retrouve exposée aux eaux océaniques chaudes. La topographie est toutefois complexifiée par deux arêtes sous-marines majeures qui « ancrent » la glace et l’empêchent de s’écouler plus rapidement vers l’océan.
Les processus de fonte au niveau de la zone d’ancrage du glacier Thwaites accélèrent la séparation de la glace d’une vaste crête sous-marine, la crête Mouginot. Il existe 60 % de probabilité que cette séparation se produise d’ici la fin du siècle ; le glacier entamerait alors probablement un recul rapide le long du socle rocheux en pente, en direction de la crête suivante.
Ces résultats montrent que les conséquences de la disparition du glacier Thwaites pourraient avoir été sous-estimées. Une élévation du niveau de la mer de 3 centimètres peut sembler dérisoire, mais elle suffit à accroître considérablement les risques pour les populations côtières. Les conclusions de l’étude « prédisent un risque accru d’inondations côtières et une exposition plus forte que ce qui avait été anticipé pour les décennies à venir ».
Les auteurs de l’étude soulignent toutefois que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre les divers processus de fonte au sein de la zone d’ancrage, notamment en recueillant des données directes sur la partie inférieure du glacier. Les scientifiques prévoient de se rendre sur site en 2028 afin de déployer des instruments capables de documenter le volume d’eau de mer qui se déplace sous la glace.
Source : CNN et d’autres médias d’information

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In Antarctica, the Thwaites glacier is melting “more aggressively” than previously projected, meaning its impacts on global sea level rise could be double current estimates. This is the concusion of a new study by a team of glaciologists from the University of California, Irvine and NASA’s Jet Propulsion Laboratory, published in the journal Nature Communications.

The glacier has been retreating for decades and its melting ice currently contributes around 4% to global sea level rise. But the mechanisms behind its retreat are exceptionally complex, making it tricky to precisely map out its future.

It’s a vital task, however, as Thwaites holds enough water to raise sea levels by more than 60 centimeters if it were to collapse. Because it also acts as a cork holding back the vast Antarctic ice sheet, it could ultimately lead to around 3 meters of sea level rise, devastating coastal communities.

The authors of the new study have developed a new ice sheet model they say better reflects what’s happening underneath this ice giant. Thwaites’ rapid retreat is driven by processes at its grounding line, the point at which the ice rises up from the seabed and starts to float on the ocean as an ice shelf.

But while typical ice sheet models have tended to view the grounding line as something fixed and mostly stable, the researchers have come to acknowledge a different arrangement beneath Thwaites.

Satellite data reveals the grounding line is actually a “grounding zone,” sometimes kilometers wide, where seawater constantly flushes in and out with the tides, lifting and lowering the thick ice. This allows relatively warm ocean water to penetrate deep underneath the ice sheets and causing vigorous melting.

When the scientists adjusted models to include the concept of a grounding zone, they found Thwaites could contribute up to 3 centimeters of sea level rise by 2100, twice previous estimates, even without further global warming.

The land on which Thwaites sits slopes downward, meaning as the glacier melts, more ice is exposed to warm ocean water. The topography is complicated, however, by two key underwater ridges, which “pin” the ice, holding it back from flowing into the ocean more rapidly.

The melting processes at Thwaites’ grounding zone are accelerating the “unpinning” of ice from a large ridge called the Mouginot Ridge. There is a 60% chance that it will be unpinned by the end of the century, after which the glacier is likely to retreat quickly down the sloping bedrock toward the next major ridge.

The findings suggest the impacts of losing Thwaites might have been underestimated. A sea level rise of 3 centimeters may not sound much but it’s enough to greatly magnify dangers to coastal populations. The results “predict greater risk of and exposure for coastal flooding than anticipated in the coming decades.”

However, the authors of the study caution that more research is needed to understand the impacts of different grounding zone melting processes, not least by getting direct data from underneath the glacier. The scientists are planning to travel there in 2028 to deploy instruments able to document the flushing in and out of seawater.

Source : CNN and other news media.

Le Bassin de Wilkes, une nouvelle menace en Antarctique // The Wilkes Basin: a new threat in Antarctica

La Terre de Wilkes (ou Bassin de Wilkes, ou Wilkes Subglacial Basin, WSB) n’est pas la région la plus connue au monde. C’est une vaste région côtière et sous-glaciaire située dans l’Antarctique de l’Est, nommée en l’honneur de l’explorateur américain Charles Wilkes. Elle s’étend le long de l’océan Austral, entre la Terre d’Enderby à l’ouest et la Terre Adélie à l’est. Il s’agit d’une immense cuvette rocheuse (environ 1 400 km de long sur 400 km de large) dont une grande partie du socle se situe sous le niveau de la mer. La calotte de glace de cette région contient l’équivalent de 3 à 4 mètres d’élévation potentielle du niveau des mers dans le monde si elle venait à fondre intégralement.

Source: The Conversation

Une nouvelle étude parue dans la revue Nature Reviews Earth & Environment confirme que cette région Antarctique est particulièrement vulnérable aux changements. En effet, les reconstitutions des périodes chaudes passées, pendant lesquelles le climat était 2 à 3 °C plus chaud qu’aujourd’hui, montrent que la calotte glaciaire a rétréci de manière spectaculaire.

En la regardant, la région du Bassin de Wilkes ne montre rien d’inhabituel, avec de la glace à perte de vue. C’est ce qui se trouve sous la glace qui mérite qu’on s’y attarde. Le substrat rocheux sous-jacent se situe jusqu’à 2.000 mètres sous le niveau de la mer.

Les bassins sous-glaciaires comme celui de Wilkes sont d’immenses cuvettes rocheuses remplies de glace. Aujourd’hui, la glace est suffisamment épaisse pour empêcher l’océan de pénétrer dans le bassin, mais l’océan est toujours en contact avec ses bords.

Au large de l’Antarctique oriental, la température de l’océan oscille autour de -1,8 °C. Il suffirait d’une légère augmentation de la température de l’eau due au réchauffement de l’océan ou à la modification des courants océaniques pour que la glace en bordure du Bassin de Wilkes fonde plus rapidement et s’écoule vers l’océan.

La plupart des données connues sur le Bassin de Wilkes proviennent d’avions équipés de radars capables de pénétrer la glace. Elles ont révélé la forme du bassin et mis en évidence sa vulnérabilité. Des observations satellitaires ont également permis de capturer le premier effondrement connu en Antarctique oriental dans les années 1970 ou 1980.

La zone du Bassin de Wilkes reste très mal connue. En particulier, nous ne connaissons pas les voies par lesquelles l’eau chaude de l’océan peut atteindre la glace. Pour le comprendre, il faudra cartographier la topographie des fonds marins. Il faudra aussi plus de données sur l’évolution des températures océaniques. Sans ces données, nous ne pouvons pas prévoir de manière fiable à quelle vitesse la glace va fondre.

En revanche, nous en savons beaucoup plus sur le comportement du glacier Thwaites dans l’Ouest Antarctique, et auquel j’ai consacré plusieurs notes sur ce blog. Il fait l’objet de vastes programmes de recherche internationaux depuis des années.

Au cours du Pliocène, il y a trois millions d’années, les températures atmosphériques de la planète étaient de 2 à 3 °C plus élevées qu’à l’époque préindustrielle moderne. La fonte des calottes glaciaires a entraîné leur recul de plusieurs centaines de kilomètres vers l’intérieur des terres, tandis que le niveau des mers était de 6 à 23 mètres plus élevé. Les sédiments des fonds marins montrent que ces phénomènes ont radicalement modifié la forme de l’Antarctique.

Ces observations sont très préoccupantes, car la planète devrait atteindre un niveau de réchauffement similaire d’ici la fin du siècle. Les projections indiquent que cela entraînera une accélération de la fonte et un recul spectaculaire de la calotte glaciaire du Bassin de Wilkes. Ce que nous ignorons, c’est le délai dans lequel cela se produira.

Accéder au Bassin de Wilkes par la mer sera impossible sans les meilleurs brise-glaces. Aucun navire ne s’est jamais approché à moins de 150 kilomètres du glacier Cook, l’un des principaux glaciers de la région.. Même si une expédition parvient à accéder à certaines zones, les scientifiques devront utiliser des capteurs robotisés pour cartographier les conditions océaniques et les fonds marins. Sur terre, la station permanente la plus proche se trouve à 250 kilomètres.

Aujourd’hui, de nouvelles technologies permettent de forer à plus de trois kilomètres de profondeur jusqu’au fond de la couche de glace et de prélever des échantillons des sédiments et du substrat rocheux sous-jacents.

Toute trace d’anciennes espèces océaniques présente dans les sédiments peut servir à déterminer jusqu’où et à quelle vitesse la glace s’est retirée pendant les périodes chaudes, à l’époque où l’océan pénétrait dans le Bassin de Wilkes.

Les scientifiques pensaient autrefois que l’Antarctique mettrait des siècles à changer, mais le réchauffement climatique actuel a tout chamboulé. La glace terrestre fond plus rapidement, la banquise recule et les plates-formes glaciaires, fondent plus vite par le dessous.

Source: British Antarctic Survey

Au vu de la difficulté d’accès de la région, les travaux de terrain dans le Bassin de Wilkes nécessiteront un effort multinational de plusieurs années, en mer et sur terre. Mais nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre encore un siècle pour comprendre la menace que représente cet énorme réservoir de glace.

Source : Nature Reviews – Earth and Environment.

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Wilkes Land – or the Wilkes Basin, also called Wilkes Subglacial Basin (WSB) – is not the most well-known region in the world. It is a vast coastal and subglacial area in East Antarctica, named after the American explorer Charles Wilkes. It stretches along the Southern Ocean, between Enderby Land to the west and Adélie Land to the east. It consists of a massive rocky basin (approximately 1,400 km long and 400 km wide), with a large portion of its bedrock lying below sea level. The region’s ice sheet holds the equivalent of 3 to 4 meters of potential global sea-level rise should it melt completely.
A new study published in the journal Nature Reviews Earth & Environment confirms that this Antarctic region is particularly vulnerable to change. Indeed, reconstructions of past warm periods—when the climate was 2 to 3°C warmer than today—show that the ice sheet shrank dramatically.
At first glance, the Wilkes Basin region appears unremarkable, with ice stretching as far as the eye can see. It is what lies beneath the ice that warrants closer attention; the underlying bedrock sits as deep as 2,000 meters below sea level.
Subglacial basins like Wilkes are immense rocky depressions filled with ice. Currently, the ice is thick enough to prevent the ocean from penetrating the basin, yet the ocean remains in contact with its edges. Off the coast of East Antarctica, the ocean temperature hovers around -1.8°C. A slight rise in water temperature—caused by ocean warming or shifting currents—could cause the ice at the edge of the Wilkes Basin to melt more rapidly and flow into the ocean.
Most existing data on the Wilkes Basin come from aircraft equipped with ice-penetrating radar. These data have revealed the basin’s shape and highlighted its vulnerability. Satellite observations also captured the first known collapse in East Antarctica, occurring in the 1970s or 1980s.
The Wilkes Basin remains poorly understood. In particular, the pathways by which warm ocean water can reach the ice are unknown. Understanding this will require mapping the seafloor topography. More data on changing ocean temperatures will also be needed. Without this information, we cannot reliably predict how fast the ice will melt.
In contrast, we know a great deal more about the behavior of the Thwaites Glacier in West Antarctica—a subject I have covered in several posts on this blog. It has been the focus of major international research programs for years.
During the Pliocene, three million years ago, global atmospheric temperatures were 2 to 3°C higher than in pre-industrial times. Melting ice sheets retreated hundreds of kilometers inland, while sea levels were 6 to 23 meters higher. Seabed sediments show that these phenomena radically altered the shape of Antarctica.
These observations are deeply concerning, as the planet is expected to reach a similar level of warming by the end of the century. Projections indicate that this will lead to accelerated melting and a dramatic retreat of the ice sheet in the Wilkes Basin. What remains unknown is the timeframe in which this will occur.
Accessing the Wilkes Basin by sea would be impossible without powerful icebreakers. No ship has ever come within 150 kilometers of the Cook Glacier, one of the region’s major glaciers. Even if an expedition manages to reach certain areas, scientists will need to use robotic sensors to map ocean conditions and the seabed. On land, the nearest permanent station is 250 kilometers away.
Today, new technologies make it possible to drill more than three kilometers down to the base of the ice sheet and collect samples of the underlying sediments and bedrock.
Any traces of ancient marine species found in the sediments can help determine how far and how fast the ice retreated during warm periods, when the ocean extended into the Wilkes Basin.
Scientists once believed it would take centuries for Antarctica to change, but current global warming has upended that view. Land ice is melting faster, sea ice is retreating, and ice shelves are melting more rapidly from below.

Given the region’s inaccessibility, fieldwork in the Wilkes Basin will require a multinational effort spanning several years, both at sea and on land. But we cannot afford to wait another century to understand the threat posed by this enormous ice reservoir.
Source: Nature Reviews – Earth and Environment.

Nouveau projet de géo-ingénierie irréalisable // Another hopeless geoengineering project

Concentrations de CO2 : 431,86 ppm (27 mai 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,43 ppb (janvier 2026)

La montée des eaux océaniques fait partie des bouleversements causés par le réchauffement climatique. La hausse des températures menace également la circulation méridienne de retournement de l’Atlantique (AMOC). Comme je l’ai expliqué précédemment, ce courant transporte des eaux chaudes vers le nord et déverse des eaux froides vers le sud, formant une boucle géante qui influence considérablement les systèmes météorologiques à l’échelle de la planète.
Si les températures continuent de grimper, les scientifiques craignent que l’AMOC cesse de fonctionner, ce qui provoquera des bouleversements climatiques à l’échelle planétaire. Les températures en Europe chuteraient brutalement, car elles seraient privées des apports d’eau chaude générés par le système. Les précipitations tropicales seraient perturbées et le niveau de la mer monterait sur la côte est des États-Unis.

Afin de faire face aux conséquences désastreuses du réchauffement climatique, et faute de mesures concrètes prises par nos gouvernants, des projets de géo-ingénierie ont vu le jour, le plus souvent difficilement réalisables. C’est ainsi que certains scientifiques ont imaginé la construction d’une muraille de plus de 96 kilomètres de long devant le glacier Thwaites en Antarctique occidental afin de bloquer l’eau chaude de l’océan Austral qui sape la glace et empêcher ainsi sa fonte.

https://youtu.be/5dnVXc49GwM

Aujourd’hui, pour sauver l’AMOC, deux chercheurs ont proposé un projet audacieux : la construction d’un barrage géant à travers le détroit de Béring, qui sépare l’Alaska de la Sibérie.

Aussi extravagant que cela puisse paraître, ce mégaprojet pourrait, en théorie, stabiliser ll’AMOC. Ce sont les conclusions d’une nouvelle étude publiée dans la revue Science Advances. L’un des deux auteurs de l’étude a souligné que leur proposition n’était qu’une « preuve de concept », tout en expliquant que la construction du barrage pourrait être une « mesure envisageable dans le pire des cas ».
Dans leurs travaux, les chercheurs se sont concentrés sur le détroit de Béring, car c’est par ce point de passage stratégique que l’AMOC achemine l’eau douce du Pacifique vers l’océan Arctique, puis vers l’Atlantique. Leur approche sur l’importance du détroit a été confortée par une autre étude montrant que l’AMOC était plus puissant il y a trois millions d’années, lorsque le détroit de Béring formait un pont terrestre et constituait une sorte de barrage naturel.
À l’aide de simulations informatiques, les auteurs de l’étude ont constaté qu’un barrage construit aujourd’hui bloquerait le flux d’eau douce de l’océan Arctique vers l’Atlantique. Cela maintiendrait la salinité de l’Atlantique et stabiliserait ainsi globalement le flux de l’AMOC. Pour que cela fonctionne, le barrage devrait toutefois être construit au moment opportun. S’il est construit alors que l’AMOC est encore puissant, il contribuera à préserver sa vigueur. Cependant, si ce barrage est construit alors que la circulation méridienne de retournement atlantique est affaiblie, cela accélèrera son effondrement. Bien que l’affaiblissement de l’AMOC soit avéré, son état actuel et le risque de son arrêt sont encore l’objet de vifs débats.
Les auteurs reconnaissent que les détails techniques de la construction d’un barrage de plus de 80 kilomètres de long dépassent le cadre de leur étude. Il en va de même pour d’autres questions, comme l’impact sur les routes migratoires de la faune aquatique, les routes maritimes des super pétroliers ou les conséquences sur les relations russo-américaines, toujours tendues.

Trafic maritime dans le Détroit de Béring (Source : Arctic Portal)

Le Met Office britannique ne préconise pas les solutions de géo-ingénierie face au réchauffement climatique, car elles peuvent souvent entraîner des conséquences dramatiques et imprévues. Il affirme que la lutte pour limiter la hausse des températures, même de façon infime, constitue l’approche la plus durable et pragmatique.

Source : Yahoo Actualités.

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Rising ocean levels are one of the upheavals caused by global warming. The increase in temperatures also threatens the Atlantic Meridional Overturning Circulation (AMOC). As I explained earlier, this current carries warm water northward and discharges cold water southward, forming a giant loop that significantly influences weather systems worldwide.
If temperatures continue to climb, scientists fear the AMOC will collapse, leading to global climate disruptions. Temperatures in Europe would plummet, as it would be deprived of the warm water supplied by the system. Tropical rainfall patterns would be disrupted, and sea levels would rise on the east coast of the United States.
In an effort to address the disastrous consequences of global warming, and in the absence of concrete measures taken by our governments, geoengineering projects have emerged, most of which are virtually impossible to implement. For instance, some scientists envisioned building a wall more than 96 kilometers long in front of the Thwaites Glacier in West Antarctica to block the warm water from the Southern Ocean that is eroding the ice and thus prevent its melting.

https://youtu.be/5dnVXc49GwM

Now, to save the AMOC, two researchers have proposed a bold project: the construction of a giant dam across the Bering Strait, which separates Alaska from Siberia.

Bering 02

As extravagant as it may seem, this megaproject could, in theory, stabilize the AMOC. These are the conclusions of a new study published in the journal Science Advances. One of the two authors of the study emphasized that their proposal was only a « proof of concept, » while explaining that the construction of the dam could be a « considerable measure in the worst-case scenario. »

In their work, the researchers focused on the Bering Strait, as it is through this strategic passage that the AMOC carries fresh water from the Pacific Ocean to the Arctic Ocean and then to the Atlantic. Their understanding of the strait’s importance was supported by another study showing that the AMOC was more powerful three million years ago, when the Bering Strait formed a land bridge and acted as a natural dam.
Using computer simulations, the study’s authors found that a dam built today would block the flow of fresh water from the Arctic Ocean to the Atlantic. This would maintain the Atlantic’s salinity and thus stabilize the overall flow of the AMOC. For this to work, however, the dam would need to be built at the right time. If it is built while the AMOC is still strong, it will help preserve its strength. However, if this dam is built while the Atlantic Meridional Overturning Circulation is weakened, it will accelerate its collapse. Although the weakening of the AMOC is a proven fact, its current state and the risk of its collapse are still the subject of intense debate.
The authors acknowledge that the technical details of constructing a dam over 80 kilometers long are beyond the scope of their study. The same is true for other issues, such as the impact on the migratory routes of aquatic wildlife, the shipping lanes of supertankers, and the consequences for the still-strained Russian-American relations.

The UK Met Office does not advocate geoengineering solutions to global warming, as they can often lead to dramatic and unforeseen consequences. It maintains that the fight to limit the rise in temperatures, even slightly, is the most sustainable and pragmatic approach.
Source: Yahoo News.

Glacier Thwaites (Antarctique) : Attention danger ! // Thwaites Glacier (Antarctica) : Danger!

Concentrations de CO2 : 431,86 ppm (27 mai 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,43 ppb (janvier 2026)

Dans ma note du 31 mai 2026, j’explique que la chaleur de l’océan Austral fait fondre la banquise antarctique. C’est le cas d’une plate-forme glaciaire majeure qui est sur le point de se détacher du glacier Thwaites. Ce détachement déstabilisera encore davantage l’un des glaciers les plus grands et les plus vulnérables au monde.

Le glacier Thwaites est surnommé le « glacier de l’apocalypse » car sa fonte et sa disparition entraîneraient un tel déversement de glace dans l’océan Austral que le niveau des mers s’élèverait de 65 centimètres, inondant des zones habitées dans le monde entier. Cet événement pourrait prendre des siècles, mais une menace imminente pèse sur la plate-forme glaciaire orientale du Thwaites, ce qui accélérera probablement la fonte du glacier.
Selon des chercheurs, des images satellites révèlent que la plate-forme orientale du Thwaites est sur le point de se détacher du glacier. Alors que ce dernier repose sur la terre ferme, cette barrière de glace est une masse de glace flottante connectée au front du glacier. Les chercheurs ont encore beaucoup à apprendre sur ce glacier, mais cette barrière agit comme un rempart qui freine l’écoulement vers la mer de la rivière de glace située en amont. Les géophysiciens du British Antarctic Survey pensent que la plate-forme glaciaire devrait se rompre très probablement dès 2026.

De la taille de la Floride, le glacier Thwaites est le plus grand glacier de l’Antarctique occidental. Ce gigantesque fleuve de glace atteint par endroits plus de 2 000 mètres d’épaisseur et son front s’étend sur 120 kilomètres, ce qui en fait le glacier le plus large de la planète.

Le glacier fond rapidement depuis les années 1980, et perd des centaines de milliards de tonnes de glace. Comme expliqué précédemment, ce phénomène est dû aux eaux relativement chaudes de l’océan Austral qui viennent saper la plate-forme glaciaire par en dessous et font fondre le glacier à sa base, là où la glace repose sur le substrat rocheux sous le niveau de la mer. Selon le British Antarctic Survey, le glacier a reculé de 14 km depuis 1992.

Modéliser la disparition de glaciers aussi imposants que le Thwaites est une tâche complexe, et il et difficile de prévoir avec exactitude la date de la disparition du glacier Thwaites. Cependant, une étude publiée le 9 mars 2026 dans la revue Geophysical Research Letters a révélé que le glacier pourrait perdre entre 180 et 200 milliards de tonnes de glace par an d’ici 2067.

La fonte rapide de glaciers comme le Thwaites est considérée comme un point de basculement, ou « point de non-retour », dans le cadre du réchauffement climatique. Cela signifie qu’une fois franchis, ces points de non-retour entraînent des changements permanents qui ne pourront être inversés pendant des milliers d’années.
Source : Live Science. Images: Wikipedia et British Antarctic Survey.

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In my post of 31 May 2026, I explained that the heat of the Southern Ocean is melting Antarctic sea ice. This is what is happening at a vital ice shelf which is about to break away from Antarctica’s Thwaites Glacier. When this happens, it will further destabilize one of the world’s largest and most vulnerable glaciers.

The Thwaites Glacier is nicknamed the « Doomsday Glacier » because its collapse would send so much ice into the Southern Ocean that global sea levels would rise by 65 centimeters, flooding coastal communities worldwide. This collapse could take centuries, but there is an imminent threat to Thwaites’ eastern ice shelf, which will likely accelerate the glacier’s demise.

Researchers say that satellite images reveal that the Thwaites eastern ice shelf is about to detach from the glacier. While the glacier sits on land, the ice shelf is a floating body of ice that is attached to the glacier’s mouth. Researchers still have a lot to learn about the glacier, but this shelf acts as a buttress, restraining the flow of ice from the glacier into the sea.

Geophysicists at the British Antarctic Survey warn that the ice shelf is very likely to break up in 2026.

Around the size of Florida, Thwaites Glacier is the largest glacier in West Antarctica. The gigantic river of ice is more than 2,000 meters thick in some parts and 120 kilometers across, making it Earth’s widest glacier.

The glacier has been melting rapidly since the 1980s, losing hundreds of billions of tons of ice. As I explained before, this is due to relatively warm water from the Southern Ocean flowing underneath the ice shelf and melting the glacier at its base, where ice sits on ground below sea level. According to the British Antarctic Survey, the glacier has retreated 14 km since 1992.

Modeling the demise of massive glaciers is a complex task, making it hard to put an exact date on when Thwaites Glacier will finally collapse. However, a study published March 9 2026 in the journal Geophysical Research Letters found that the glacier could be losing 180 billion to 200 billion tons of ice per year by 2067.

The collapse of ice sheets like this one are considered tipping points, or « points of no return, » in the fight against global warming. This means that once they are crossed, they bring about permanent changes that cannot be reversed for many thousands of years.

Source : Live Science.