Confirmation des températures record de 2016 // Confirmation of the 2016 record temperatures

drapeau-francaisDans une note mise en ligne le 4 janvier 2017, j’indiquais que, selon l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM), l’année 2016 avait été la plus chaude de tous les temps sur la planète.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2017/01/04/2016-lannee-la-plus-chaude-de-tous-les-temps-sur-la-planete-2015-the-warmest-year-ever-on-the-planet/

On vient d’en avoir confirmation avec la publication des chiffres de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) qui rejoignent par ailleurs ceux de la Nasa et du Met Office

En 2016, la température moyenne de la Terre a établi un nouveau record pour la troisième année consécutive avec une température moyenne de surface des terres et des océans qui a atteint 14,84° C, soit 0,94° Celsius de plus que la température moyenne du vingtième siècle, qui s’établit à 13,9°C.

Pour illustrer cette évolution, la NOAA a créé une animation qui montre en accéléré l’évolution depuis 1880 des températures annuelles sur la planète, en fonction de la température moyenne du 20ème siècle. Les températures inférieures de 3°C à la moyenne sont en bleu, celles qui sont supérieures de 3°C sont en rouge.

https://youtu.be/uVmpDk4rEI0

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drapeau-anglaisIn a post released on January 4th, 2017, I indicated that according to the World Meteorological Organization (WMO), 2016 had been the hottest year ever on our planet.
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2017/01/04/2016-lannee-la-plus-chaude-de-tous-les-temps-sur-la-planete-2015-the-warmest-year-ever-on-the-planet/

This has recently been confirmed by the publication of the National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) figures, which also coincide with those of  NASA and the Met Office
In 2016, the Earth’s average temperatures set a new record for the third consecutive year with an average surface temperature of land and oceans reaching 14.84°C, or 0.94°C above the average temperature of the twentieth century, which stands at 13.9°C.
To illustrate this evolution, NOAA created a time lapse video that shows in an accelerated way the evolution of the annual temperatures on the planet since 1880, with reference to the average temperature of the 20th century. Temperatures below 3°C to the mean are in blue, those which are 3°C higher are in red.
https://youtu.be/uVmpDk4rEI0

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Source: NOAA

 

Le séisme d’hier en Italie a-t-il provoqué une avalanche meurtrière ? // Did yesterday’s earthquake in Italy trigger a deadly avalanche ?

drapeau-francaisLes séismes qui ont secoué mercredi la région d’Amatrice sont-ils responsables de l’avalanche qui a enseveli l’hôtel Rigopiano, à Farindola, station de ski située à 1020 mètres d’altitude dans le massif de Gran Sasso (Abruzzes) ? Il est pour le moment impossible de répondre à cette question, mais il se peut que la sismicité enregistrée dans la région d’Amatrice et ressentie jusqu’à Rome ait déstabilisé la très épaisse couche de neige et provoqué la catastrophe.

Au moment où j’écris ces lignes, deux survivants ont été retrouvés – dont un en forte hypothermie – par les secouristes, qui poursuivent leurs recherches au sein des décombres. Une trentaine de personnes étaient hébergées dans la structure au moment de la secousse, ont confirmé les autorités. L’une des deux personnes secourues a expliqué aux secouristes que sa femme et sa fille étaient à l’intérieur.

Les premières équipes de secours ont eu beaucoup de mal à rejoindre l’hôtel cette nuit vers 4h30 du matin, après une approche à skis et à raquettes qui a duré toute la nuit. La neige tombe abondamment sur la région, avec une couche atteignant parfois deux mètres, et les routes sont quasiment impraticables.

Les images diffusées par les secours laissent craindre le pire, avec de nombreux morts.

Source : Presse italienne

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drapeau-anglaisAre the earthquakes that shook the Amatrice region on Wednesday responsible for the avalanche that buried the Hotel Rigopiano in Farindola, a ski resort 1020 meters a.s.l. in the Gran Sasso massif? It is impossible to answer this question at this time, but it is possible that the seismicity recorded in the Amatrice region and felt as far as Rome destabilized the very thick layer of snow and caused the cdisaster.
At the moment I am writing these lines, two survivors have been found – including one in severe hypothermia – by rescuers who are continuing their research in the rubble. The authorities confirmed that thirty people or so were lodged in the structure at the moment of the avalanche. One of the two rescued people told the rescuers that his wife and daughter were inside.
The first rescue teams had a hard time getting to the hotel at about 4:30 this morning after a ski and snowshoe approach that lasted all night. The snow is falling abundantly on the area, with a layer sometimes reaching two meters, and the roads are almost impassable.
The images broadcast by the rescuers lead authorities to fear the worst, with many dead.
Source: Italian newspapers.

Nouvelle éruption du Bogoslof (Alaska) // New eruption of Bogoslof Volcano (Alaska)

drapeau-francaisAprès une augmentation de l’activité sismique pendant une vingtaine de minutes, le Bogoslof est entré en éruption vers 13h20 (heure locale) le 18 janvier 2017. Les pilotes ont fait état d’un nuage de cendre atteignant une hauteur de plus de 9300 mètres, emporté vers le nord-est et la mer de Béring par les vents dominants Cette éruption a également produit des éclairs.
Une image satellite diffusée juste après cet événement a révélé un nuage de cendre sombre au nord-est du Bogoslof. Ce nuage est plus foncé et probablement plus riche en cendre que ceux observés depuis le début de l’épisode éruptif à la mi-décembre 2016. Cette image suggère également la présence, pour la première fois, de matériaux très chauds (probablement de la lave) autour de la bouche éruptive.
Quelques minutes après la première explosion, un deuxième nuage de cendre moins haut était visible sur les images satellites, ce qui correspondait à une augmentation du tremor. Cet événement n’a pas produit d’éclairs. La sismicité est restée élevée jusqu’à 15h45, mais aucun autre nuage éruptif n’a été observé.
La couleur de l’alerte aérienne est maintenue au ROUGE.

Source: AVO.

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drapeau-anglaisFollowing an approximately 20-minute-long increase in seismic activity, Bogoslof erupted at about 13:20 (local time). Pilots reported the cloud reached a height greater than 9,300 metres, and prevailing winds carried it northeast over the Bering Sea. This eruption also produced lightning strikes.
A satellite image, just after this event, showed a dark ash cloud just northeast of Bogoslof. This cloud was darker in colour, and presumably more ash-rich, than others observed in the eruptive sequence which began in mid-December 2016. This image also suggests the presence of very hot material at the surface immediately surrounding the vent, the first such observation during this eruption sequence.
Following the initial explosive eruption, a second, lower-level volcanic cloud was visible in satellite images around 14:00 (local time), likely corresponding with an increase in seismic tremor. This event did not produce reported lightning. Seismicity remained elevated until 15:45, but no additional eruption clouds have been observed.
The Aviation Colour Code remains at RED.

Source: AVO.

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Image satellite du panache de cendre du Bogoslof le 18 janvier 2017.

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Nuage de cendre du Bogoslof (en hachuré noir) le 19 janvier 2017 à 1h34

(Source: NOAA).

Quelques nouvelles d’Hawaii // A few pieces of news from Hawaii

drapeau-francaisLa situation est globalement calme sur le Kilauea en ce moment. Elle n’a plus rien à voir avec les mois de novembre et décembre 2016.

Le sommet du volcan a traversé une longue et lente phase de déflation, avec retour de l’inflation il y a quelques heures. En conséquence, le niveau du lac de lave reste  bas, à environ 52 mètres de profondeur, sous le plancher du cratère de l’Halema’uma’u. L’activité sismique reste faible ; l’amplitude du tremor varie en fonction de la circulation de la lave et des projections à la surface du lac.
La coulée 61g est toujours bien active et la lave pénètre dans l’océan à Kamokuna. Après l’effondrement de la Saint Sylvestre, un nouveau delta n’a pas encore commencé à se former, peut-être en raison de la trop grande profondeur de l’océan devant la falaise. Ces jours-ci, la lave tombe de la falaise, mais elle est souvent cachée par les panaches de gaz et de vapeur.
Une branche secondaire de la coulée 61g continue à avancer à l’est-sud-est du Pu’uO’o. La lave avance lentement, à raison d’une trentaine de mètres par jour. Le 12 janvier, le front de cette coulée secondaire se trouvait à environ 2,4 km du cratère et elle ne menace pas les zones habitées.

Source : HVO.

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drapeau-anglaisThe situation is globally very quiet these days on Kilauea Volcano, compared with November and December 2016.

The summit has gone through a slow deflationary tilt, but the volcano started inflating again a few hours ago. As a consequence, the lava lake level remains quite deep at 52.5 metres below the floor of Halema’uma’u crater. Seismic activity continues at low rates with tremor amplitude fluctuating in response to changing lava lake circulation and spattering.

The 61g flow is still active and entering the ocean at Kamokuna. Following the New Year’s Eve collapse event, a new delta has not yet begun to form, possibly because of very steep offshore bathymetry. These days, lava is cascading from the cliff but if often hidden by the gas and steam plume.

Active surface lava flows are still observed near Pu’uO’o and are slowly moving (less than 30 metres per day) east-southeast. As of January 12th, this secondary branch was about 2.4 km or from the vent and poses no threat to nearby communities at this time.

Source: HVO.

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Carte montrant les coulées de lave le 12 janvier 2017. La situation n’a pas évolué depuis cette date. Pas (encore) de delta de lave à Kamokuna et branche secondaire de la coulée 61g au SE du Pu’uO’o. (Source: USGS / HVO)

 

Histoire de nuages de cendre volcanique… // About volcanic ash clouds…

drapeau-francaisEn 2010, dans le sillage de l’éruption de l’Eyjafjallajökull et les volumineux nuages de cendre qui ont occasionné des perturbations monstres sur le trafic aérien en Europe, des voix se sont fait entendre pour jurer haut et fort qu’un tel événement ne se reproduirait plus ; elles assuraient que l’on trouverait des solutions pour sécuriser le transport aérien. Les scientifiques ont commencé à plancher sur la question et ont inventé des systèmes censés avertir les pilotes d’aéronefs de la présence de ces maudits nuages de cendre. On a entendu parler du système AVOID qui, comme son nom l’indique devait permettre aux pilotes d’éviter de se retrouver dans une situation aussi délicate que leurs collègues pris dans les nuages de cendre du Redoubt en Alaska ou du Galunggung en Indonésie.

Assez étrangement, ces nouveaux systèmes ont été testés alors qu’il ne se passait rien au-dessus des volcans actifs en Europe. On a même déversé des sacs de cendre au-dessus du Golfe de Gascogne pour tester ces équipements. Par contre, au moment de manifestations éruptives de l’Etna et du Stromboli, ce fut le silence radio dans les médias qui sont pourtant friands de ce genre de démonstrations. En septembre 2016, l’éruption du Rinjani en Indonésie a provoqué de nombreux retards et annulations de vols au départ et à destination de Bali et de l’Australie. Là encore, point de système de détection de cendre volcanique à l’horizon!

Ces derniers temps, les Américains s’inquiètent quand ils voient les nuages de cendre du Bogoslof monter à plus de 10 kilomètres de hauteur car ce volcan des Iles Aléoutiennes se trouve sur un couloir aérien très fréquenté entre l’Asie et l’Amérique. D’autres volcans actifs somme l’Augustine ou le Cleveland se trouvent sur cette trajectoire. Là encore, aucun système de détection de cendre en vue.

En 2014, alors que je volais au sud de l’Islande en me rendant à Vancouver pendant l’éruption dans l’Holuhraun, le nuage éruptif de couleur sombre stagnait au-dessus de l’île et jusqu’au sud. J’ai été très surpris de constater que le pilote n’avait pas été informé de l’éruption et de la présence de ce nuage. A mon arrivée à destination, j’ai pu avoir une discussion avec lui et il m’a confié que son appareil (un Boeing 777) n’était pas équipé de système de détection de cendre volcanique et que la rencontre d’un tel nuage poserait de gros problèmes.

Il y aura forcément une nouvelle éruption en Islande dans les prochains mois ou les prochaines années. Le Katla, le Bardarbunga et leurs copains ont la faculté de produire des nuages de cendre qui ne manqueront pas d’envahir les cieux européens. Je serais fort étonné que les compagnies aériennes acceptent de mettre en danger leurs clients et il faudra donc s’attendre à de nouvelles grosses perturbations. A supposer que le système AVOID refasse parler de lui, il n’est pas du tout certain que les compagnies aériennes lui fassent confiance en apprenant que les tests n’ont jamais été vraiment réalisés dans un contexte éruptif à grande échelle.

Une chose est certaine: je ne prendrai pas l’avion dans de telles circonstances!

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drapeau-anglaisIn 2010, in the wake of the eruption of Eyjafjallajökull and the voluminous ash clouds that caused huge disruptions in air traffic in Europe, voices were heard to swear loud and clear that such an event would never happen again; they ensured that solutions could be found to secure air transport. Scientists began to work on the issue and invented systems supposed to warn aircraft pilots of the presence of these damned ash clouds. We heard of the AVOID system which, as the name suggests, would allow pilots to avoid being in such a delicate situation as their colleagues with the ash clouds of Mt Redoubt in Alaska or Mt Galunggung in Indonesia.
Quite strangely, these new systems were tested while nothing was happening over active volcanoes in Europe. Bags of ash were even dumped over the Bay of Biscay to test this equipment. Later, at the time of eruptions of Mt Etna and Stromboli, there was n news of any experiment in the media which are so fond of this kind of demonstrations.
Recently, American authorities were worried when they saw the ash clouds from Bogoslof rising to more than 10 kilometers above sea level because this volcano of the Aleutian Islands is on a busy air corridor between Asia and America. Other active volcanoes, such as Augustine or Cleveland, are on this route too. Again, no ash detection system is being used.
In 2014, while flying south of Iceland on my way to Vancouver during the Holuhraun eruption, the dark, eruptive cloud was stagnating over the island and south of it. I was very surprised that the pilot had not been informed of the eruption and the presence of this cloud. When I arrived at Vancouver, I could talk to him and he told me that his aircraft (a Boeing 777) was not equipped with a volcanic ash detection system and that encountering such a cloud would pose major problems.
There will inevitably be a new eruption in Iceland in the coming months or years. Katla, Bardarbunga and others have the ability to produce ash clouds that can invade the European skies. I would be very surprised if the airlines were willing to put their customers at risk and more major disruptions are to be expected. Assuming that the AVOID system is mentioned again, it is by no means certain that airlines will trust it when they hear that the tests have never been performed in a large-scale eruptive context.

There is one sure thing: I will never take the plane in such circumstances.

Eyjafjallajokull-blog

Nuage de cendre de l’Eyjafjallajökull en 2010 (Crédit photo: Wikipedia)

easyJet AVOID volcanic ash testing press trip 6.12.11 Light research aircraft with AVOID system and gas in-situ measurement system flies past the volcanoe Mount Etna in Sicily,Italy. DEVISE FITTED UNDER TEST AIRCRAFT EMBARGOED UNTIL THURSDAY 00.01 FREE PHOTO USAGE

Détecteur de cendre AVOID (Crédit photo: EasyJet)