Il fera encore chaud en 2018 // 2018 will be another hot year

Tiens, il fait chaud! La radio française France Info, est en train de réaliser avec un peu de retard que la température globale de notre planète est sur une courbe ascendante. Les bulletins diffusés par des agences sérieuses comme la NASA et la NOAA nous ont alerté depuis le mois de janvier (voir les notes publiées sur mon blog à cette époque). France Info s’appuie sur le rapport de l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) diffusé le 22 mars 2018 pour nous confirmer que les températures devraient continuer à augmenter en 2018. Le document reprend les conclusions de la NASA et de la NOAA et indique que les trois dernières années ont été les plus chaudes dans l’histoire de la météorologie. Les phénomènes observés actuellement en Australie, dans l’Arctique ou en Afrique du Sud, tendent à placer 2018 sur une même trajectoire. Il ne faudrait pas oublier l’Antarctique où le réchauffement climatique est largement perceptible.
L’OMM indique que l’année 2016 a été la plus chaude jamais observée à travers la planète depuis les premiers relevés effectués au 19ème siècle. Les années 2015 et 2017 sont à la deuxième place, ex aequo.

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Hey, it’s hot! The French radio France Info, is realizing with a little delay that the global temperature of our planet is on an ascending curve. The reports released by serious agencies like NASA and NOAA have alerted us since January (see the notes published on my blog at that time). France Info relies on the report of the World Meteorological Organization (WMO) released on March 22nd, 2018 to confirm that temperatures are expected to continue to increase in 2018.The document echoes NASA’s and NOAA’s conclusions and indicates that the last three years were the hottest in the history of meteorology. The phenomena currently observed in Australia, the Arctic or South Africa, tend to place 2018 on the same trajectory. We should not forget Antarctica where global warming is largely perceptible.
The World Meteorological Organization (WMO) reports that 2016 was the hottest year ever seen in the world since the first surveys in the 19th century. The years 2015 and 2017 are in second place, tied.

Sale temps pour les ours polaires (Photo: C. Grandpey)

Les températures à la surface de la mer en 2016 // Sea surface temperatures in 2016

Au cours des derniers mois, on a beaucoup parlé d’El Niño et de son influence sur le climat de la planète. Une scientifique d’EUMETSAT – organisation européenne pour l’exploitation des satellites météorologiques – décrit à travers une animation les variations de température à la surface de la mer pendant l’année 2016. L’animation combine des données satellitaires fournies par le réseau géostationnaire de satellites et par les satellites en orbite polaire, ce qui couvre l’Europe, l’Amérique et le Japon.
L’animation montre l’évolution au cours de chaque mois de l’année, mettant en évidence des événements météorologiques spécifiques, les courants et les changements de températures dans différentes zones de la Terre, en particulier l’oscillation australe (ENSO) entre El Niño et La Niña.

https://youtu.be/thhFs8WYBrE

Comme je l’ai écrit précédemment, El Niño est un cycle naturel qui affecte les températures, les vents et la couverture nuageuse ​​de l’Océan Pacifique et qui influence le climat de la planète. Il se compose d’une bande d’eau chaude qui s’étend dans le Pacifique équatorial central et oriental. De son côté, La Niña est la phase froide qui fait suite à El Niño et génère des températures plus basses.
L’animation montre les changements de température et la façon dont l’énergie est répartie autour de notre globe, ce qui affecte le climat, les écosystèmes et toute notre vie quotidienne.
Source : EUMETSAT.

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There has been a lot of talk in recent months about El Niño and its influence on the world’s climate. A scientist at EUMETSAT – a European Organisation that processes weather satellite data – describes through an animation a year of sea surface temperature in 2016. The animation combines satellite data from both the geostationary ring of satellites and polar orbiting data including Europe, America, and Japan.

The animation goes through each month of the year, highlighting specific weather events, currents and changes in temperatures in different zones of the Earth focussing especially on El Niño–Southern Oscillation (ENSO) and La Niña.

https://youtu.be/thhFs8WYBrE

As I put it previously, El Niño is a natural cycle in Pacific Ocean temperatures, winds, and cloud that influences climate all around the planet. It consists of a band of warm water developing in the central and east-central equatorial Pacific. On the other hand, La Niña is the cool phase that follows El Niño, bringing colder temperatures.

The animation shows the changes in temperature and how energy is distributed and spreads around our globe, affecting the climate, ecosystem and all our daily lives.

Source : EUMETSAT.

Source: EUMETSAT

Confirmation des températures record de 2016 // Confirmation of the 2016 record temperatures

drapeau-francaisDans une note mise en ligne le 4 janvier 2017, j’indiquais que, selon l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM), l’année 2016 avait été la plus chaude de tous les temps sur la planète.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2017/01/04/2016-lannee-la-plus-chaude-de-tous-les-temps-sur-la-planete-2015-the-warmest-year-ever-on-the-planet/

On vient d’en avoir confirmation avec la publication des chiffres de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) qui rejoignent par ailleurs ceux de la Nasa et du Met Office

En 2016, la température moyenne de la Terre a établi un nouveau record pour la troisième année consécutive avec une température moyenne de surface des terres et des océans qui a atteint 14,84° C, soit 0,94° Celsius de plus que la température moyenne du vingtième siècle, qui s’établit à 13,9°C.

Pour illustrer cette évolution, la NOAA a créé une animation qui montre en accéléré l’évolution depuis 1880 des températures annuelles sur la planète, en fonction de la température moyenne du 20ème siècle. Les températures inférieures de 3°C à la moyenne sont en bleu, celles qui sont supérieures de 3°C sont en rouge.

https://youtu.be/uVmpDk4rEI0

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drapeau-anglaisIn a post released on January 4th, 2017, I indicated that according to the World Meteorological Organization (WMO), 2016 had been the hottest year ever on our planet.
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2017/01/04/2016-lannee-la-plus-chaude-de-tous-les-temps-sur-la-planete-2015-the-warmest-year-ever-on-the-planet/

This has recently been confirmed by the publication of the National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) figures, which also coincide with those of  NASA and the Met Office
In 2016, the Earth’s average temperatures set a new record for the third consecutive year with an average surface temperature of land and oceans reaching 14.84°C, or 0.94°C above the average temperature of the twentieth century, which stands at 13.9°C.
To illustrate this evolution, NOAA created a time lapse video that shows in an accelerated way the evolution of the annual temperatures on the planet since 1880, with reference to the average temperature of the 20th century. Temperatures below 3°C to the mean are in blue, those which are 3°C higher are in red.
https://youtu.be/uVmpDk4rEI0

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Source: NOAA

 

Températures en hausse, peu de pluie, peu de neige… // Rising temperatures, little rain and snow…

drapeau-francaisEn attendant ceux de l’Organisation Météorologique Mondiale, les derniers chiffres officiels publiés par le service Copernicus de Surveillance du Changement Climatique de l’Union Européenne confirment que 2016 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée et elle dépassera 2015 comme année la plus chaude depuis le début des mesures fiables au 19ème siècle.
L’Arctique a été la région où la hausse des températures a été la plus forte, alors que de nombreuses autres régions du globe, y compris en Afrique et en Asie, ont également connu une chaleur inhabituelle. A noter tout de même que de petites parties des continents ainsi qu’une grande partie de l’Antarctique ont enregistré des températures plus basses que la normale.
Les températures de surface à l’échelle de la planète en 2016 ont été en moyenne de 14,8°C, soit 1,3°C au-dessus de celles qui ont précédé la révolution industrielle et l’utilisation des combustibles fossiles.
Les températures de 2016 ont battu le record de 2015 de près de 0,2°C, une hausse favorisée par l’accumulation de gaz à effet de serre et par le phénomène naturel El Niño dans l’Océan Pacifique qui a insufflé  de la chaleur dans l’atmosphère. Pour le seul mois de février 2016, les températures étaient de 1,5°C au-dessus de l’époque préindustrielle.
Source: Copernicus.

Ces chiffres sont publiés à un moment où la température de l’air en France est inférieure à la normale depuis quelques jours. On entend déjà certaines personnes remettre en question le réchauffement planétaire. Ces personnes doivent garder à l’esprit que le changement climatique prend en compte les températures sur le long terme et pas seulement sur une semaine ! Les services météorologiques français prévoient des températures plus élevées, au-dessus de la normale saisonnière, pour les prochains jours, avec très peu de neige naturelle sur la plupart de nos massifs, ce qui est très dommageable pour les glaciers. Un autre facteur inquiétant est la sécheresse actuelle dans notre pays. Il n’a pratiquement pas plu dans de nombreuses régions depuis l’été 2016. Si aucune précipitation n’est enregistrée au cours des prochains mois d’hiver et de printemps, le pays devra faire face à un été difficile !

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Waiting for those of the World Meteorological Organization, the latest official figures released by the European Union’s Copernicus Climate Change Service (C3S) do confirm that 2016 was the hottest year on record and will exceed 2015 as the warmest since reliable records began in the 19th century.

The Arctic was the region showing the sharpest rise in temperatures, while many other areas of the globe, including parts of Africa and Asia, also suffered unusual heat. Small parts of all continents, plus much of Antarctica, were cooler than normal.

Global surface temperatures in 2016 averaged 14.8 degrees Celsius, or 1.3°C higher than is estimated before the Industrial Revolution ushered in wide use of fossil fuels.

Temperatures last year broke the 2015 record by almost 0.2°C, boosted by a build-up of greenhouse gases in the atmosphere and by a natural El Niño weather event in the Pacific Ocean, which releases heat to the atmosphere. In February 2016 alone, temperatures were 1.5°C above estimated pre-industrial times.

Source: Copernicus.

These figures are released at a time when air temperatures in France have been below normal for a few days. We can already hear some people questioning global warming. These persons should keep in mind that climate change takes into account temperatures over the long term. The French Weather Service predicts warmer, above average temperatures for the coming weeks, with very little natural snow on most of our mountains, which is very negative for the glaciers. Another worrying factor is the current drought in our country. It has hardly rained in many regions since the summer 2016. If no rainfall occurs in the coming winter and spring months, the country will have to face a difficult summer!

copernicus

 Anomalie des températures de surface pour 2016, par rapport à celles de la période 1981-2010. (Source : Copernicus).

2016, l’année la plus chaude de tous les temps sur la planète // 2016, the warmest year ever on the planet

drapeau-francaisL’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) a présenté, fin décembre, le bilan climatique provisoire de l’année écoulée et indiqué que l’année 2016 a été la plus chaude jamais observée depuis le début des mesures, voilà cent trente-sept ans. Elle battra, et de très loin, le record de l’année 2015 qui avait elle-même battu celui de l’année précédente. En 2016, la température moyenne terrestre aura été de 1,2°C au-dessus de la moyenne préindustrielle, soit environ 0,2 °C de plus que le record de 2015. Pour des êtres humains, 0,2°C est infime en ressenti, mais c’est énorme d’un point de vue climatique, en particulier au niveau de la banquise et des glaciers. Sur le long terme, la tendance du réchauffement anthropique correspond à une hausse de la température de 0,17°C par décennie !

L’une des causes de cette hausse spectaculaire est l’arrivée, en début d’année 2016, d’un puissant phénomène El Niño. Ce réchauffement du Pacifique équatorial – qui survient cycliquement tous les trois à sept ans – contribue à une élévation de la température moyenne mondiale et vient s’ajouter au réchauffement dû aux émissions humaines de gaz à effet de serre. El Niño est actuellement en perte de vitesse et en passe d’être remplacé par La Niña, plus froide. Il semblerait toutefois que l’effet de cette masse d’air plus froid ait du mal à se faire sentir. Comme je l’indiquais dans ma note précédente, la température de la fin décembre 2016 dans le nord de l’Alaska a atteint un niveau jamais vu auparavant.

Il semblerait que les émissions de gaz à effet de serre aient tendance à se stabiliser depuis 2014, mais l’accumulation de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère ne faiblit pas, comme le prouve la courbe de Keeling qui indique que les niveaux de CO2 atmosphérique ont dépassé le seuil symbolique de 400 parties par millions [ppm]. On remarque en particulier que l’accumulation de CO2 dans l’atmosphère en décembre 2016 est supérieure à ce qu’elle était en décembre 2015. Le niveau de CO2 préindustriel était d’environ 270 ppm, et il n’avait jamais dépassé 300 ppm au cours du dernier million d’années.

Dans les océans, les records de température ont contribué au blanchissement des récifs coralliens tandis que, sur terre, des inondations, des sécheresses et des cyclones tropicaux ont bouleversé la vie de millions de gens et ont entravé le progrès socio-économique. Il est à noter que la France connaît en ce moment un déficit pluviométrique extrêmement important, visible en montagne avec le manque de neige. Comme je l’ai fait remarquer à plusieurs reprises, l’un des phénomènes les plus notables de l’année 2016 a été la persistance de températures très élevées dans l’Arctique, accompagnée d’une surface particulièrement faible de glace de mer. Selon l’OMM, les régions ayant connu les températures extrêmes sont l’Alaska, l’Ouest canadien, le nord et l’est des Etats-Unis, plusieurs régions éparses d’Afrique, ainsi que la plus grande part de l’Amérique centrale. En France et en Europe en général, 2016 ne marquera pas de record particulier. A l’échelle mondiale, sur les dix-sept années les plus chaudes jamais mesurées, seize appartiennent au siècle en cours.

Source : OMM.

NB : Je conseille aux climato-sceptiques (certains consultent mon blog !) de regarder sur la chaîne de télévision ARTE le documentaire de James Balog « Chasing Ice » (il est traduit !) qui montre des preuves irréfutables, autant que spectaculaires, de l’impact du réchauffement climatique sur la fonte des glaciers.

J’ai eu l’occasion de rencontrer James Balog à l’occasion du Festival de Montier-en-Der 2015 où j’exposais, comme James, des photos de glaciers pour illustrer le réchauffement climatique. Il faut savoir que James Balog faisait partie des climato-sceptiques, mais sa découverte de la banquise et des glaciers l’a rapidement fait changer de côté ! Je peux vous assurer que c’est un sacré bonhomme !

On peut revoir ce documentaire sur le site Internet de la chaîne jusqu’au 11 janvier. Il suffit de vous rendre sur cette page :

http://www.tv-replay.fr/programmes-tv/arte/nc/date/1.html

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drapeau-anglais2016 has been the hottest year since the meteorological records existed. The world temperature should exceed the pre-industrial average by 1.2°C, well above that of 2015. In 2016, the mean Earth temperature was 1.2°C above the pre-industrial average, about 0.2°C more than the record of 2015. For humans, 0. 2°C is very small, but it is enormous from a climatic point of view, especially in terms of sea ice and glaciers. Over the long term, the trend of anthropogenic warming corresponds to a rise in temperature of 0.17°C per decade!
One of the causes of this dramatic increase is the arrival in early 2016 of a powerful El Niño phenomenon. This warming of the equatorial Pacific – which occurs cyclically every three to seven years – contributes to a rise in global average temperatures and adds to the warming caused by human emissions of greenhouse gases. El Niño is currently losing ground and is being replaced by La Niña, which is colder. It would seem, however, that the effect of this colder air mass is difficult to make itself felt. As I indicated in my previous note, the temperature in late December 2016 in northern Alaska reached a level never seen before.
It seems that the emissions of greenhouse gases have stabilized since 2014, but the accumulation of carbon dioxide (CO2) in the atmosphere does not falter, as shown by the Keeling curve, which indicates that CO2 levels have exceeded the symbolic threshold of 400 parts per million [ppm]. In particular, the accumulation of CO2 in the atmosphere in December 2016 was higher than in December 2015. The pre-industrial CO2 level was about 270 ppm and never exceeded 300 ppm over the last million years.
In the oceans, temperature records have contributed to the bleaching of coral reefs, while on land floods, droughts and tropical cyclones have disrupted the lives of millions of people and have hampered socio-economic progress. It should be noted that France is currently experiencing an extremely large rainfall deficit, visible in the mountains with the lack of snow. As I have pointed out several times, one of the most notable phenomena of the year 2016 has been the persistence of very high temperatures in the Arctic, accompanied by a particularly low surface area of sea ice. According to WMO, the regions with the extreme temperatures are Alaska, Western Canada, northern and eastern United States, several scattered regions of Africa, as well as a large part of Central America. In France and in Europe in general, 2016 will not score a particular record. Globally, out of the seventeen warmest years ever measured, sixteen belong to the current century.

Source : WMO.

NB: I would advise climato-skeptics (some of them consult my blog!) to watch on the TV channel ARTE James Balog’s documentary « Chasing Ice » which shows irrefutable and dramatic evidence of the impact of global warming on the melting of glaciers.
I had the opportunity to meet James Balog at the Montier-en-Der 2015 Festival where I exhibited, like James, photos of glaciers to illustrate global warming. Remember that James Balog was along the climato-skeptics, but his discovery of the icefield and the glaciers quickly made him change his mind! I can assure you he’s a damn good guy!
This documentary can be replayed on the channel’s website until January 11th. Just go to this page:
Http://www.tv-replay.fr/programmes-tv/arte/nc/date/1.html

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keeling-copie

 Courbe de Keeling le 1er janvier 2017 (les 400 ppm restent largement dépassés) avec évolution sur une année.

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Evolution globale des émissions de CO2. La courbe existe depuis 1958, grâce aux mesures effectuées sur le Mauna Loa à Hawaii. Les données précédentes s’appuient sur les carottes de glace prélevées dans l’Arctique.

2016, année la plus chaude de tous les temps en Alaska // 2016, the warmest year ever in Alaska

drapeau-francaisSelon les données préliminaires publiées par le National Weather Service, 2016 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée dans la majeure partie de l’Alaska.  Ce qui est particulièrement frappant en 2016, c’est l’étendue affectée par le réchauffement de la température. Utqiaġvik (anciennement Barrow), Kotzebue, Nome, Bethel, King Salmon, Anchorage, Kodiak, Yakutat et Juneau figurent parmi les localités qui ont enregistré l’année la plus chaude de tous les temps. [NDLR : Il faisait 20°C sous abri à Juneau vers la mi-septembre et j’ai dû acheter des t-shirts pour remplacer mes chemises !]
Certains endroits ont non seulement battu des records, mais les ont même pulvérisés avec des écarts jamais observés en climatologie. Utqiaġvik – la localité la plus septentrionale de l’Alaska – se situait en 2016 en moyenne 2 degrés au-dessus de 1998, l’année du précédent record. À Nome, 2016 a été la première année où la température moyenne a été au-dessus de zéro, avec 32,5 ° F (0,27 ° C).
Cette chaleur à grande échelle est due à plusieurs facteurs : Un phénomène El Niño très prononcé l’hiver dernier, des températures de surface de l’océan restées élevées près de l’Alaska et une très faible couverture de glace de mer. Certains secteurs de la Mer de Béring orientale et de l’Océan Pacifique nord ont connu les températures de surface les plus chaudes jamais enregistrées au printemps et en été.
Certains de ces facteurs sont différents cet hiver. Cette année, le phénomène El Niño a été remplacé par La Niña, censé ne pas générer un temps aussi chaud pendant aussi longtemps. Malgré cette évolution, la surface occupée par la glace de mer reste très faible et la température de surface de l’océan reste plus chaude que la normale, en particulier dans la Mer de Béring. Une série de perturbations orageuses ont fait remonter de l’air chaud vers le nord du Détroit de Béring. En conséquence, les localités de la région de North Slope en Alaska, qui connaissent habituellement des températures très froides, se sont retrouvées au-dessus de zéro le 1er janvier 2017. Ce jour-là, Utqiaġvik a atteint 36 ° F (2,2°C), établissant le record de tous les temps pour un début janvier.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglais2016 was the warmest year on record in much of Alaska, according to preliminary data released by the National Weather Service.What’s especially striking about the year is how widespread the warmth was. Locations in every corner of the state broke records that date back to the 1940s or before: Utqiaġvik (formerly called Barrow), Kotzebue, Nome, Bethel, King Salmon, Anchorage, Kodiak, Yakutat and Juneau were among the communities recording their warmest year ever.

Some places not only broke previous records but smashed them by what are considered big margins in the world of climate science. Utqiaġvik – the northernmost municipality – was 2 degrees warmer on average in 2016 than it was in 1998, the previous warmest year. In Nome, 2016 was the first calendar year in which the average temperature has been above freezing, at 32.5°F (0,27°C).

The widespread warmth was the result of multiple factors all pointing in the same direction: a strong El Niño last winter, persistently warm ocean surface temperatures near Alaska and very low sea ice coverage. Parts of the Eastern Bering Sea and North Pacific Ocean saw the warmest ocean surface temperatures on record during the spring and summer.

Some of those factors are different this winter. This year the El Niño system has been replaced by La Niña, which tends not to bring persistently warm weather. Despite this evolution, the sea ice remains very low and ocean surface temperatures are still warmer than normal, especially in the Bering Sea. A series of storms pumping warm air north of the Bering Strait meant every community on Alaska’s usually very cold North Slope was above freezing on the first day of 2017.

On Sunday, Utqiaġvik reached 36° F (2.2°C), tying an all-time January record.

Source: Alaska Dispatch News.

weather

Source: National Weather Service.

Accélération de la fonte de la calotte glaciaire au Groenland // Ice sheet melting is accelerating in Greenland

drapeau-francaisLa calotte glaciaire du Groenland fond à un rythme record, en raison d’une météo inhabituellement chaude et des vagues de chaleur de ce début d’été. Une photo avec des couleurs réelles, prise par le satellite  Earth Observing-1 de la NASA le 15 juin 2016, montre la situation. Le site qui apparaît sur l’image se situe à environ 500 km au nord-nord-est de Nuuk. On peut voir un paysage découpé par les lacs et des rivières de fonte, en total contraste avec le paysage de blancheur photographié au même endroit en 2014.
En 2016, la fonte de la banquise a commencé tôt et a été rapide. Il y a eu trois accélérations de la fonte vers la mi-juin. En conséquence, le rythme de la fonte jusqu’à présent est plus rapide que pendant les trois dernières années, mais plus lent qu’en 2013 qui reste l’année record. Les zones côtières ont été généralement plus chaudes que la moyenne. Par exemple, la température à Nuuk a grimpé jusqu’à 24°C le 9 juin 2016 ; c’est la plus haute température jamais enregistrée en juin à cet endroit. La fonte de la glace que l’on peut voir sur la photo de 2016 a commencé relativement tôt, en avril, mais n’a pas été continue. Elle a fait une pause avant de recommencer en mai pour aboutir au paysage aquatique du mois de juin visible sur l’image.
La fonte de la glace de surface peut, par son ruissellement, contribuer directement à l’élévation du niveau de la mer. L’eau de fonte peut également se frayer un chemin à travers les crevasses et atteindre la base d’un glacier, ce qui accélère temporairement l’écoulement de la glace et contribue indirectement à l’élévation du niveau de la mer. En outre, l’accumulation d’eau de fonte peut « assombrir » la surface de la calotte glaciaire et provoquer encore davantage de fonte. Les périodes de fonte ne suivent pas toutes la même progression. Il n’y avait presque pas d’eau de fonte en surface à la mi-juin 2014 et 2015 ; ces années-là, les volumes d’eau de fonte ont atteint leur maximum à la mi-juillet.
La seconde image montre la même zone (à environ 500 km au nord-nord-est de Nuuk) le 10 juin 2014. Elle a été photographiée depuis le satellite Landsat 8. (La couverture nuageuse trop importante n’avait pas permis de réaliser un cliché en juin 2015). 2014 n’a pas été une année de fonte exceptionnelle. La période a été dans l’ensemble plus froide et plus humide et il se peut même que la photo fasse apparaître quelques chutes de neige récentes.
Il faudra voir comment la fonte à la surface de la banquise va se comporter en 2016. Il se peut que la fonte se poursuive en juillet, ou se stabilise. Jusqu’à présent, elle a été plus importante que la moyenne. Toutefois, les scientifiques doivent observer l’évolution de la situation au cours des prochaines semaines qui seront cruciales car c’est l’époque où le soleil est au plus haut dans le ciel et où le pic de fonte se produit habituellement.
Source: NASA.

Une étude s’appuyant sur des données satellitaires et publiée récemment dans la revue Geophysical Research Letters  indique que la calotte glaciaire du Groenland a perdu un billion (1012) de tonnes de glace entre les années 2011 et 2014. Une grande partie de la perte provient de seulement cinq glaciers pour lesquels les scientifiques expriment les plus grandes craintes. Les climatologues surveillent attentivement la région car elle est susceptible de contribuer considérablement à l’élévation du niveau de la mer. On pense que la perte de glace du Groenland a déjà contribué jusqu’à 2,5 cm d’élévation du niveau de la mer au cours du dernier siècle et jusqu’à 10 pour cent de l’élévation du niveau de la mer pour l’ensemble de la planète depuis les années 1990.
La nouvelle étude s’attarde sur la perte de glace du Groenland entre 2011 et 2014 en utilisant les mesures du CryoSat-2, un satellite de recherche sur l’environnement lancé par l’Agence Spatiale Européenne en 2010. Elles reposent sur l’altimétrie qui mesure les variations d’altitude de la surface du Groenland au fil du temps en fonction des gains ou des pertes de glace.

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drapeau-anglaisThe Greenland Ice Sheet is melting at a record pace, thanks to some unusually warm weather and early season surges. A natural-colour image captured by NASA’s Earth Observing-1 satellite on June 15th 2016 shows the effects. The site recorded, about 500 km north-northeast of Nuuk, shows a landscape etched with dark blue melt ponds and streams – a sharp contrast to the mostly white conditions recorded in the same place in 2014.

In 2016, the transition started early and fast. The ice sheet saw three extreme spikes in melt by mid-June. As a result, the pace of melting so far is ahead of the past three seasons, but behind the record melt year of 2012. Coastal areas have been generally warmer than average. For instance, temperatures in Nuuk soared to 24°C on June 9th 2016, the highest June temperature ever recorded there. Melting shown in the 2016 NASA photo began relatively early in April but was not sustained. It started up again in May and grew into the watery June scene of the image.

Surface melt can directly contribute to sea level rise via runoff. It can also force its way through crevasses to the base of a glacier, temporarily speeding up ice flow and indirectly contributing to sea level rise. Also, ponding of meltwater can “darken” the ice sheet’s surface and lead to further melting. Not every melt season follows the same progression. Almost no lake water was present in mid-June in 2014 and 2015, then volumes of meltwater peaked each year by mid-July.

The second image shows the same area on June 10th 2014, as observed by the Landsat 8 satellite. (Clouds obscured the view from space in June 2015.) 2014 was not an exceptional melting year. The season was generally colder and wetter, and it’s possible that there is even some recent snowfall visible in the image.

It remains to be seen how surface melt in 2016 will progress. Melting could continue in July or level off. So far, melting has been above average. But scientists still need to see what will happen over the next few weeks, which are crucial as it is when the sun is strongest and the peak of melting usually occurs.

Source: NASA.

A satellite study, recently published in the journal Geophysical Research Letters, indicates that the Greenland ice sheet lost 1 trillion (1012) tons of ice between the years 2011 and 2014. A big portion of the loss came from just five glaciers about which scientists now have more cause to worry than ever. Climate scientists are keeping a close eye on the region because of its potentially huge contributions to future sea-level rise. Ice loss from Greenland may have contributed as much as 2.5 cm of sea-level rise in the last 100 years and up to 10 percent of all the sea-level rise since the 1990s.

The new study takes a detailed look at ice loss in Greenland between 2011 and 2014 using measurements from the CryoSat-2, an environmental research satellite launched by the European Space Agency in 2010. It relied on a type of measurement known as altimetry — which measures how the surface of Greenland’s altitude changed over time in response to ice gains or losses.

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Calotte glaciaire du Groenland le 15 juin 2016

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Calotte glaciaire du Groenland le 10 juin 2014.

(Crédit photo: NASA)