Un nouveau séisme secoue le centre de l’Italie // New earthquake shakes Central Italy

drapeau-francais11 heures: Le Centre de l’Italie, déjà secoué le 24 août et le 26 octobre 2016, a de nouveau été affecté ce matin à 10h25 par un puissant séisme de M 5,3, ressenti en particulier entre L’Aquila et Rieti. L’hypocentre, à une profondeur de 9 km, a été localisé près de Amatrice. Une autre secousse de M 3,2, a été enregistrée quelques minutes plus tard, suivie de répliques de magnitude supérieure à 2. Les secousses ont été ressenties jusqu’à Rome, où les élèves de certains établissements scolaires ont quitté les salles de classe.
Le séisme a secoué la région de l’Aquila où la population connaît déjà de grosses difficultés en raison de la forte vague de mauvais temps qui a frappé le centre de l’Italie. La couche de neige atteint parfois un mètre d’épaisseur et a provoqué des coupures d’eau et d’électricité, tout en limitant considérablement les déplacements.

Source : Médias italiens.

14 heures : Les scientifiques italiens essayent en ce moment de comprendre le processus qui a généré les derniers séismes dans la région de l’Aquila, Rieti et Amatrice. Bien qu’il soit encore trop tôt pour identifier la (ou les) faille qui a provoqué ces secousses, il est probable que l’on assiste, comme en août et octobre 2016, à un phénomène de « contagion sismique » – également appelé effet domino ou en cascade – au niveau des failles adjacentes.
Le premier séisme, d’une magnitude de M 5,3 et une profondeur de 10 km, a été enregistré à 10h25 à la limite entre le Latium et les Abruzzes. Il a été suivi à 11h14 d’un autre, d’une magnitude de M 5,7 et une profondeur d’une dizaine de km. Au vu des premières mesures, il semble que les épicentres se situent au niveau des localités de Montereale et Capitignano, près du lac artificiel de Campotosto, à environ 10 km au sud-ouest de Amatrice.
Un sismologue du Consiglio Nazionale delle Ricerche (CNR) explique que quand une faille génère un séisme, elle libère l’énergie accumulée immédiatement avant ce séisme et transfère une partie de cette énergie vers les segments de faille adjacents qui, à leur tour, dans un laps de temps imprévisible (heures, jours, mois, années) peuvent générer des séismes et encore «infecter» d’autres failles adjacentes. De tels séismes vont sûrement se produire dans les prochaines heures au travers d’un essaim de répliques dont l’intensité est difficile à prévoir.

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drapeau-anglais11:00: Central Italy, already shaken on August 24th and October 26th, 2016, was again affected this morning at 10:25 am by a powerfulM 5.3 earthquake, mostly felt in between L’Aquila and Rieti. The hypocentre, at a depth of 9 km, was located near Amatrice. Another M 3.2 event was recorded a few minutes later, followed by aftershocks with magnitudes greater than M 2. The quakes were felt as far as Rome, where pupils from some schools left the classrooms.
The earthquake shook the region of L’Aquila where the population is already facing great difficulties due to the spell of bad weather that hit Central Italy. Snow is sometimes one metre thick and has caused disruptions in water and electricity supply, while considerably limiting the displacements.
Source: Italian news media.

14:00 Italian scientists are now trying to understand the process that generated the last earthquakes around L’Aquila, Rieti and Amatrice. Although it is still too early to identify the fault (s) that caused these quakes, it is likely that, as in August and October 2016, there was a phenomenon of « seismic contagion » – domino or cascade – at the adjacent faults.
The first earthquake, with a magnitude of M 5.3 and a depth of 10 km, was recorded at 10:25 am at the border between Lazio and Abruzzo. It was followed at 11:14 by another, with a magnitude of M 5.7 and a depth of about ten kilometers. Given the first measurements, it seems that the epicentres were located at Montereale and Capitignano, near the artificial lake of Campotosto, about 10 km southwest of Amatrice.
A seismologist from the Consiglio Nazionale delle Ricerche (CNR) explains that when a fault generates an earthquake, it releases the energy that had accumulated immediately before the earthquake and transfers some of this energy to the adjacent fault segments which, in turn, after a certain time (hours, days, months, years) can generate earthquakes and still « infect » other adjacent faults. Such earthquakes will surely occur in the coming hours through a swarm of aftershocks whose intensity is difficult to predict.

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Source: INGV

Déplacement d’une station de recherche britannique en Antarctique // A British research station needs to be moved in Antarctica

drapeau-francaisLe continent antarctique fond et, comme on l’a vu récemment avec la plate-forme Larsen C, il se fracture. La dernière conséquence de cette fonte est humaine. Le British Antarctic Survey vient d’indiquer que la station britannique « Halley VI », située sur la barrière de Brunt, va être déplacée car les scientifiques craignent qu’elle se retrouve sur un iceberg à la dérive, suite à la fonte de la glace sous l’effet du réchauffement climatique. Il est à noter que les recherches effectuées dans la station « Halley VI » ont abouti , entre autres, à la découverte du trou dans la coche d’ozone en 1985.

La barrière de Brunt avance dans la Mer de Weddell. C’est une étendue de glace d’eau douce de 130 mètres d’épaisseur qui est reliée aux glaciers du continent qui l’alimentent. Une première fissure a déjà été identifiée en 2012. Le 31 octobre 2016, une nouvelle fracture – Halloween Crack – a également été détectée, à environ 17 km au nord de la station de recherche. En cliquant sur ce lien, vous pourrez voir la fracture filmée par un drone :

https://youtu.be/92S91DcIxsk

La fracture ne cesse de s’élargir et menace de couper l’accès des scientifiques britanniques au continent antarctique. Seize personnes qui devaient passer l’hiver antarctique dans la station, de mars à novembre, doivent la quitter dès maintenant. En effet, un déménagement de l’équipe au cours de l’hiver austral est exclu en raison de l’obscurité permanente qui règne à cette époque et des températures extrêmement basses.

Source : BBC News.

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drapeau-francaisThe Antarctic is melting and, as seen recently with the Larsen C ice shelf, the continent is breaking up. The last consequence of the melting of the Antarctic is human. The British Antarctic Survey has just indicated that the British station “Halley VI”, located on the Brunt ice-shelf, will be moved because scientists are worried that it will find itself on a drifting iceberg following the melting of the ice under the effect of global warming. Research from Halley is what first led to the discovery of the atmosphere’s ozone hole in 1985, although it’s used for all kinds of scientific purposes.
The Brunt Barrier juts out from Antarctica’s Caird coast into the Weddell Sea. It is an area of 130-meter-thick fresh water ice, connected to the continent’s glaciers, which feed it. A first crack had already been identified in 2012. On 31 October 2016, a new fracture – Halloween Crack – was also detected, about 17 km north of the research station. By clicking on this link, you will see the fracture filmed by a drone:
https://youtu.be/92S91DcIxsk
The fracture continues to widen and threatens to cut access for British scientists to the Antarctic continent. Sixteen people who were to spend the Antarctic winter in the station from March to November must leave it now. Indeed, a displacement of the team during the austral winter is excluded because of the permanent darkness then and extremely low temperatures.
Source: BBC News.

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Vue de la fracture dans la plate-forme Larsen C (Crédit photo: NASA)

Des volcans de glace sur une comète ? // Cryovolcanoes on a comet ?

drapeau-francaisOn peut lire sur le site web d’Astronomy Magazine un article très intéressant qui nous apprend que, très probablement, les volcans n’existent pas que sur les lunes et les planètes. La comète 29P / Schwassmann-Wachman, en orbite entre Mars et Jupiter semble montrer les signes d’un volcanisme de glace et émet cette dernière en lieu et place de lave à haute température. Toutefois, au lieu de se cantonner éternellement en un seul lieu, les éruptions se produisent plusieurs fois au même endroit avant de se déplacer vers un autre point dans la croûte de glace de la comète.
La rotation lente de la comète permet à la croûte de s’affaiblir pendant le temps que dure sa journée, tandis que le monoxyde de carbone s’accumule à la surface pendant la nuit. Finalement, l’accumulation de pression sous la surface provoque une éruption. Contrairement à ce qui se passe sur les autres comètes, la «lave» froide de la comète 29P est émise de manière brusque et explosive, et non graduellement. L’éruption cesse d’un seul coup, sans le déclin lent observé sur les autres comètes.
La comète 29P / Schwassmann-Wachman est la plus active de toutes celles qui ont pu être observées. Peu de temps après sa découverte en 1927, la luminosité de la comète commença à changer radicalement. Alors que de nombreuses comètes deviennent de plus en plus lumineuses au fur et à mesure qu’elles se rapprochent du soleil, la 29P a une orbite circulaire presque parfaite et maintient une distance assez constante par rapport à l’étoile. Malgré cette orbite stable, la comète montre des changements remarquables de luminosité, ce qui en fait un objet d’observation passionnant pour les astronomes amateurs.
Les scientifiques cométaires de l’Association Britannique d’Astronomie étudient la comète 29P depuis plus d’une décennie et ils ont identifié 64 éruptions. Leurs recherches ont été publiées dans revue Icarus. Le corps glacé de la comète peut n’avoir que trois à quatre éruptions chaque année, bien que l’on puisse assister à 7 ou 8 événements certaines années. En repérant leur emplacement à la surface de la comète, les scientifiques ont constaté que beaucoup d’éruptions se produisaient dans les mêmes régions. Alors que certaines éruptions réapparaissent après un jour ou deux, d’autres mettent jusqu’à 20 ans pour réapparaître. C’est leur apparition répétée qui a conduit les chercheurs à les considérer comme des événements cryovolcaniques.
Les cryovolcans sont observés sur certaines lunes du système solaire, comme  Europe et Ganymède de Jupiter et la lune Titan de Saturne. Les planètes naines peuvent également les héberger ; Pluton et Cérès ont des caractéristiques qui en font de possibles cryovolcans.
L’activité étrange observée sur la comète 29P peut être due à son cycle jour / nuit qui est inhabituellement long. Contrairement à la plupart des comètes, qui tournent selon des échelles horaires, la 29P effectue une rotation seulement une fois tous les 60 jours terrestres. Pendant la longue nuit de la comète, le matériau a le temps de s’accumuler dans des chambres situées sous la surface. Pendant que la comète effectue une rotation au cours de sa longue journée, le gaz se dilate, et comprime la surface. La pression très forte peut ainsi permettre au gaz d’atteindre la surface, au cours d’un événement semblable à une éruption volcanique. Au lieu de magma à haute température, c’est du gaz très froid qui est émis par la comète. Le matériau ainsi émis se comporte pratiquement comme la cire de paraffine. Après s’être accumulé autour de la fracture éruptive, il finit par la reboucher hermétiquement, jusqu’à la fois suivante où la pression devient suffisamment forte pour affaiblir la surface et provoquer une nouvelle éruption.

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drapeau-anglaisOn the Astronomy Magazine website, one can read a very interesting article that tells us that volcanoes may not just exist on moons and planets. A comet orbiting between Mars and Jupiter seems to have its own signs of icy volcanism, spewing frozen material instead of hot lava. Rather than a single stagnant mound, however, the eruptions come from a single location multiple times before eventually travelling to another point in the icy crust.

The slow rotation of the comet allows the crust to weaken over the course of its day, while carbon monoxide piles up on the surface again during the night. Eventually, the pressure building beneath the surface erupts. Unlike the jets spotted on other comets, the cold ‘lava’ bursts through suddenly and explosively, with no signs of gradual buildup. Once the explosion is complete, it shuts down without the slow decline common to jets.

Comet 29P/Schwassmann-Wachman is the most active of all known comets. Shortly after its 1927 discovery, the comet’s brightness began to dramatically change. While many comets grow brighter as they travel closer to the sun, 29P orbits in an almost-perfect circle, maintaining a fairly consistent distance from the star. Despite its stable orbit, the comet can make remarkable changes in brightness, making it a favorite for amateur astronomers to observe.

Cometary scientists with the British Astronomical Association studied the comet over more than a decade, identifying 64 outbursts. Their research was published in the journal Icarus. The icy body can have as few as three to four outbursts a year, though some years released seven to eight eruptions. By tracking their location over the surface of the comet, the scientists found that many of the eruptions came from the same regions. While some reappeared after a day or so, others took as long as 20 years to reappear. It was their repeated appearance that led the researchers to dub them as cryovolcanic.

Cryovolcanoes may be common on the icy moons of the solar system, including Jupiter’s moons Europa and Ganymede and Saturn’s moon Titan. Dwarf planets may also host them ; both Pluto and Ceres have features identified as possible cryovolcanoes.

The strange activity on Comet 29P may be due to the unusually long day/night cycle. Unlike most comets, which rotate on hourly scales, 29P rotates only about once every 60 Earth-days. During the comet’s long night, material may pool in chambers beneath the surface. When the comet rotates into its long day, the gas expands, flexing the surface. High pressures can help the gas break through the surface, exploding outward in a volcano-like event. Instead of hot magma, frozen gas streams from the comet.

The material gushing forth behaves a lot like paraffin wax. Material around the eruption fissure eventually seals it closed, where it waits until the next time the pressure beneath is strong enough to weaken the surface.

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Image infrarouge (couleurs fausses) de la comète 29P / Schwassmann-Wachman

(Source : NASA)