Bogoslof (Aléoutiennes / Alaska) : Nouvel épisode éruptif // New eruption

drapeau-francaisLe Bogoslof vient de connaître un nouvel épisode éruptif.
Dans un premier courriel en date du dimanche 8 janvier à 22h32 (heure locale), l’AVO indiquait que la sismicité détectée sur les îles voisines était en hausse, ce qui laissait supposer qu’une éruption explosive était imminente ou avait commencé. Aucun éclair n’était détecté et aucun nuage de cendre n’était visible sur les images satellitaires.

Un deuxième courrier électronique envoyé dimanche à 22h54 (heure locale) a confirmé qu’une éruption explosive avait débuté vers 22h23 (heure locale). Elle apparaissait sur les données sismiques, avec le signal maximum vers 22h31. Le signal sismique a ensuite diminué vers 22h38 mais était toujours au-dessus de la normale. Au vu de la sismicité, il s’agissait d’un événement au moins aussi important que les précédents. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge et le niveau d’alerte volcanique à  Vigilance.

Un troisième courrier électronique envoyé le lundi 9 janvier à 12h16 (heure locale) l’AVO a indiqué que l’éruption explosive, commencée vers 22h30, avait été détectée grâce aux données sismiques en provenance des îles voisines et elle avait été accompagnée d’éclairs. Les données sismiques révèlent deux fortes séquences éruptives vers  22h33 et 22h56 le 8 janvier et 07h56 le 9 janvier, ce qui correspond aux deux nuages volcaniques bien distincts observés sur les images satellitaires. Le deuxième nuage était plus grandvolumineux et atteignait une altitude de10 500 mètres. Le vent emportait le nuage vers le nord-ouest.

L’AVO a également déclaré que d’autres événements explosifs sont susceptibles d se produire sur le Bogoslof sans prévenir. En raison de l’imprévisibilité de la situation, la couleur de l’alerte aérienne reste Rouge et le niveau d’alerte volcanique est maintenu à Vigilance.

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drapeau-anglaisBogoslof has gone through another eruptive episode.

In a first e-mail ssued on Sunday, January 8th at 10:32 PM (local time), AVO indicated that  seismicity detected on nearby islands was elevated and increasing in intensity, suggesting that an explosive eruption was likely imminent or had commenced. No lightning had been detected nor any cloud visible in satellite.

A second e-mail issued on Sunday at 10:54 PM (local time) confirmed that an explosive eruption had occurred around 22:23 (local time) as detected in seismic and infrasound data, with the strongest signal at about 22:31. The seismic signal declined around 22:38 but was still above background. Seismicity suggested an event at least as large as others. The aviation Colour Code was raised to RED and the Volcano Alert Level to WARNING.

A third e-mail issued on Monday, January 9th at 12:16 AM (local time) indicated that the explosive eruption, which started at about 22:30 was detected in seismic and infrasound data from neighbouring islands and produced lightning. Seismic data suggested two strong eruptive pulses within that period, at 22:33-22:34 and 22:56 on January 8th and 07:56 on January 9th, consistent with two distinct volcanic clouds observed in satellite images. The second cloud was larger and reached as high as 10,500 metres. Winds were blowing the volcanic clouds to the northwest.

AVO also declared that additional explosive events at Bogoslof may occur without warning. Due to the unpredictability of the situation, the Aviation Colour Code remains RED and the Volcano Alert Level WARNING.

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L’éruption du 3 janvier 2017 vue depuis l’espace (Source: NASA)

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Nuage éruptif du Bogoslof le 5 janvier 2017 (Crédit photo: AVO)

Fréquence des nuages de cendre volcanique en Europe du Nord // Frequency of volcanic ash clouds in Northern Europe

drapeau-francaisVoici le genre d’étude qui ne rime pas à grand-chose. Elle suppose que les volcans ont une aptitude à entrer en éruption avec une certaine régularité, ce qui est bien sûr faux. Les volcans se manifestent lorsque toutes les conditions éruptives sont réunies et laisser entendre que leurs éruptions sont cycliques ou présentent une régularité est sans fondement.

Selon une nouvelle étude publiée dans la revue Earth and Planetary Science Letters, des chercheurs des universités de St Andrews et South Florida ont découvert que les nuages de cendre volcanique susceptibles de causer des problèmes à travers l’Europe du Nord apparaissent plus fréquemment qu’on le pensait jusqu’à présent. Ces chercheurs ont étudié des archives où figurent des relevés de dépôts de cendre au cours des derniers millénaires et ont conclu que ces nuages de cendre apparaissaient environ tous les 44 ans. Des recherches antérieures estimaient cette répétition à environ 56 ans.
La cendre provient presque toujours d’Islande. En 2010, l’Eyjafjallajökull est entré en éruption et a rejeté dans l’atmosphère d’énormes quantités de fines particules qui ont bloqué le trafic aérien à travers l’Europe. L’éruption de Grímsvötn en 2011 a également perturbé le trafic aérien, même si ce fut à moindre échelle.
Malgré ces deux évènements récents et à quelques mois d’intervalle, les auteurs des dernières recherches indiquent que, globalement, la fréquence des nuages de cendre volcanique sur l’Europe du Nord est très faible. Cependant, les chercheurs pensent que des estimations fiables de cette fréquence pourraient aider les compagnies aériennes, les compagnies d’assurance et les voyageurs à mieux anticiper les pertes économiques et les perturbations causées par les nuages de cendre dans les années à venir.
Les archives relatant les retombées de cendre en Europe remontent à quelques siècles, ; elles révèlent où et quand la cendre  est tombée dans le passé, mais les scientifiques voulaient s’assurer qu’il n’y avait pas de lacunes dans les bases de données. Ils ont donc examiné des tourbières et le fond de lacs en Angleterre, au Pays de Galles, en Suède et en Pologne. Ils ont recueilli des carottes de sédiments pour tenter de trouver des traces de téphras émis par les volcans. Leur travail a été couronné de succès car ils ont découvert de nouvelles couches de cendre confirmant qu’il y avait bien des lacunes dans les archives. Pour beaucoup de ces nouvelles couches, les chercheurs ont pu faire correspondre les téphras aux archives historiques ou aux archives géologiques cataloguant des éruptions spécifiques. En remontant à plus de 7 000 ans, l’étude a révélé la présence de 84 nuages de cendre au-dessus de l’Europe du Nord. La plupart sont d’origine islandaise, même si des traces proviennent de l’Alaska et de la Russie.
En examinant les archives les plus fiables des 1000 dernières années, l’équipe scientifique a estimé que la fréquence moyenne des nuages de cendre était de 44 ans, plus ou moins sept ans. Autrement dit, il y a environ une chance sur cinq  pour qu’un nouveau nuage de cendre vienne perturber le trafic aérien au cours d’une décennie [NDLR : … sauf si, bien sûr, un volcan décide d’entrer en éruption à un autre moment !]
Source: La BBC.

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drapeau-anglaisHere is the kind of study that does not make much sense. It assumes that volcanoes have an ability to erupt with a certain regularity, which is of course false. Volcanoes erupt when all eruptive conditions are present and suggesting that their eruptions are cyclical or regular, is unfounded.

According to a new study published in the journal Earth and Planetary Science Letters, researchers from the universities of St Andrews and South Florida discovered that potentially disruptive volcanic ash clouds across Northern Europe occur more frequently than previously thought. They investigated known and newly identified records of ash fall deposits over the past few thousand years and concluded the average return rate to be about 44 years. Previous research had put the recurrence at roughly 56 years.

The source of the ash is almost always from Iceland. In 2010, Eyjafjallajökull erupted, throwing huge quantities of fine particles into the atmosphere that grounded planes across Europe. The eruption of Grímsvötn in 2011 also disrupted air traffic, even if it was on a much smaller scale.

Despite these two recent, closely spaced events, the team behind the latest research says the general frequency of volcanic ash clouds over Northern Europe is still generally quite low. However, the researchers think that reliable estimates of the frequency of volcanic ash events could help airlines, insurance companies and the travelling public mitigate the economic losses and disruption caused by ash clouds in the future.

Written records of ashfall across Europe extending back over only a few hundred years show where and and when ash has fallen in the past, but the scientists wanted to check whether there were any gaps in the databases. They therefore examined peatlands and lake beds in England, Wales, Sweden and Poland, drilling sediment cores to try to find traces of the tephra produced by volcanoes. They indeed found new ash layers, indicating that gaps in the archives. For many of the layers, the group could match the tephra to historical records or to the existing geological archives that catalogued specific eruptions. Looking back over 7,000 years, the study found evidence for 84 ash clouds spreading over Northern Europe. Most of these were Icelandic in origin, although Alaskan and Russian traces were evident too.

Looking at the better preserved record of the past 1,000 years, the team estimated an average recurrence of 44 years, give or take seven years. Put it differently, there is about a one-in-five chance of a disruptive cloud occurring in any one decade.

Source : The BBC.

Eyjafjallajokull-blog

Nuage de cendre de l’Eyjafjallajökull en 2010 (Crédit photo: Wikipedia)