Kilauea (Hawaii): Nouveau site observation de la lave // New lava viewing platform

drapeau-francaisAprès l’effondrement du delta de lave le 31 décembre 2016, les rangers ont ouvert une nouvelle zone d’observation de la lave sur le site de Kamokuna le 3 janvier, jour qui marquait aussi l’anniversaire de l’éruption en cours du Kilauea.
La nouvelle zone d’observation se trouve à environ 270 mètres à l’est d’une cascade de lave qui se déverse dans l’océan et à environ 20 mètres à l’intérieur de la falaise côtière. Les rangers ont  délimité le nouveau site d’observation avec des cordes blanches et de nombreux panneaux qui marquent clairement la zone interdite d’accès. Les visiteurs sont fortement invités à rester en dehors de cette zone.
Les autorités du parc rappellent aux touristes que, outre la menace d’un autre effondrement, le panache de particules et de gaz acides généré par le contact de la lave et de l’eau est très dangereux et irrite les poumons, la peau et les yeux. Les effondrements constituent également une sérieuse menace pour les aéronefs et les bateaux. Au niveau du site de Kamokuna, il y a actuellement une restriction de vol temporaire de 300 mètres au-dessus du sol. Les scientifiques du HVO estiment que la quasi-totalité du delta de la lave a maintenant disparu, ainsi que près de deux hectares d’ancienne falaise côtière, y compris l’ancien site d’observation.
Il est plus facile d’emprunter la voie d’accès Est pour atteindre le nouveau point d’observation qui est situé dans le Parc National. De l’est (côté Kalapana), les visiteurs doivent parcourir environ 6,2 km le long de la route en terre battue. Cette entrée est ouverte tous les jours de 15h à 21h. Du côté ouest, les visiteurs devront parcourir environ 8 km. Environ 1,5 km de ce parcours passe à l’écart du panache de gaz et oblige à marcher sur la lave. L’entrée ouest est ouverte 24 heures sur 24.
Les randonneurs doivent être équipés pour affronter ces longues marches d’approche. Il leur est vivement conseillé de porter des chaussures robustes, des gants et des pantalons longs pour se protéger contre la lave coupante. Ils doivent également prévoir beaucoup d’eau (trois à quatre litres par personne), porter des lunettes de soleil et un chapeau. Les visiteurs qui prévoient de rester après la tombée de la nuit auront besoin d’une lampe de poche et / ou d’une frontale avec piles de rechange.
Source: HVO.

—————————————

drapeau-anglaisAfter the collapse of the lava delta that occurred on December 31st 2016, Park rangers opened a new lava viewing area at the Kamokuna ocean entry on January 3rd which was also the anniversary of Kilauea’ current eruption.

The new viewing area is approximately 270 metres east of a cascade of lava pouring into the ocean and about 20 metres inland of the coastal cliffs. Rangers have established the new viewing site with white rope lines and numerous signs that clearly mark hazardous closed areas. Visitors are strongly urged to stay out of closed areas.

Park authorities remind tourists that  in addition to the threat of another land collapse, the toxic plume of volcanic particles and acidic gas generated by lava mixed with ocean water is very dangerous, and irritates the lungs, skin and eyes. Land collapses are also a serious threat to aircraft and boats. There is currently a 300-metre above-ground-level temporary flight restriction at Kamokuna.

HVO scientists estimate that nearly all the lava delta is now gone, along with nearly two hectares of older coastal cliff area, which included the former lava viewing site.

It is closer from the East entrance to reach the new lava viewing area which is located within Hawai‘i Volcanoes National Park. From the east (Kalapana side), visitors must hike about 6.2 km one way along the gravel emergency access road. This entrance is open daily from 3 p.m. to 9 p.m. From the west side, visitors can hike out about 8 km one-way. About 1.5 km of the hike goes inland of the gas plume over hardened, uneven lava flows. The west entrance is open 24 hours a day.

Hikers need to be prepared for a long trek. They are advised to wear sturdy shoes, gloves to protect the hands, and long pants to protect against lava rock abrasions. They should also carry plenty of water (three to four liters per person) wear sunglasses and a hat. Visitors who plan to stay after dark need a flashlight and/or headlight with extra battery.

Source: HVO.

hvo_modifie-1

Mise en place du nouveau site d’observation (Crédit photo: HVO)

 

2016, l’année la plus chaude de tous les temps sur la planète // 2016, the warmest year ever on the planet

drapeau-francaisL’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) a présenté, fin décembre, le bilan climatique provisoire de l’année écoulée et indiqué que l’année 2016 a été la plus chaude jamais observée depuis le début des mesures, voilà cent trente-sept ans. Elle battra, et de très loin, le record de l’année 2015 qui avait elle-même battu celui de l’année précédente. En 2016, la température moyenne terrestre aura été de 1,2°C au-dessus de la moyenne préindustrielle, soit environ 0,2 °C de plus que le record de 2015. Pour des êtres humains, 0,2°C est infime en ressenti, mais c’est énorme d’un point de vue climatique, en particulier au niveau de la banquise et des glaciers. Sur le long terme, la tendance du réchauffement anthropique correspond à une hausse de la température de 0,17°C par décennie !

L’une des causes de cette hausse spectaculaire est l’arrivée, en début d’année 2016, d’un puissant phénomène El Niño. Ce réchauffement du Pacifique équatorial – qui survient cycliquement tous les trois à sept ans – contribue à une élévation de la température moyenne mondiale et vient s’ajouter au réchauffement dû aux émissions humaines de gaz à effet de serre. El Niño est actuellement en perte de vitesse et en passe d’être remplacé par La Niña, plus froide. Il semblerait toutefois que l’effet de cette masse d’air plus froid ait du mal à se faire sentir. Comme je l’indiquais dans ma note précédente, la température de la fin décembre 2016 dans le nord de l’Alaska a atteint un niveau jamais vu auparavant.

Il semblerait que les émissions de gaz à effet de serre aient tendance à se stabiliser depuis 2014, mais l’accumulation de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère ne faiblit pas, comme le prouve la courbe de Keeling qui indique que les niveaux de CO2 atmosphérique ont dépassé le seuil symbolique de 400 parties par millions [ppm]. On remarque en particulier que l’accumulation de CO2 dans l’atmosphère en décembre 2016 est supérieure à ce qu’elle était en décembre 2015. Le niveau de CO2 préindustriel était d’environ 270 ppm, et il n’avait jamais dépassé 300 ppm au cours du dernier million d’années.

Dans les océans, les records de température ont contribué au blanchissement des récifs coralliens tandis que, sur terre, des inondations, des sécheresses et des cyclones tropicaux ont bouleversé la vie de millions de gens et ont entravé le progrès socio-économique. Il est à noter que la France connaît en ce moment un déficit pluviométrique extrêmement important, visible en montagne avec le manque de neige. Comme je l’ai fait remarquer à plusieurs reprises, l’un des phénomènes les plus notables de l’année 2016 a été la persistance de températures très élevées dans l’Arctique, accompagnée d’une surface particulièrement faible de glace de mer. Selon l’OMM, les régions ayant connu les températures extrêmes sont l’Alaska, l’Ouest canadien, le nord et l’est des Etats-Unis, plusieurs régions éparses d’Afrique, ainsi que la plus grande part de l’Amérique centrale. En France et en Europe en général, 2016 ne marquera pas de record particulier. A l’échelle mondiale, sur les dix-sept années les plus chaudes jamais mesurées, seize appartiennent au siècle en cours.

Source : OMM.

NB : Je conseille aux climato-sceptiques (certains consultent mon blog !) de regarder sur la chaîne de télévision ARTE le documentaire de James Balog « Chasing Ice » (il est traduit !) qui montre des preuves irréfutables, autant que spectaculaires, de l’impact du réchauffement climatique sur la fonte des glaciers.

J’ai eu l’occasion de rencontrer James Balog à l’occasion du Festival de Montier-en-Der 2015 où j’exposais, comme James, des photos de glaciers pour illustrer le réchauffement climatique. Il faut savoir que James Balog faisait partie des climato-sceptiques, mais sa découverte de la banquise et des glaciers l’a rapidement fait changer de côté ! Je peux vous assurer que c’est un sacré bonhomme !

On peut revoir ce documentaire sur le site Internet de la chaîne jusqu’au 11 janvier. Il suffit de vous rendre sur cette page :

http://www.tv-replay.fr/programmes-tv/arte/nc/date/1.html

———————————-

drapeau-anglais2016 has been the hottest year since the meteorological records existed. The world temperature should exceed the pre-industrial average by 1.2°C, well above that of 2015. In 2016, the mean Earth temperature was 1.2°C above the pre-industrial average, about 0.2°C more than the record of 2015. For humans, 0. 2°C is very small, but it is enormous from a climatic point of view, especially in terms of sea ice and glaciers. Over the long term, the trend of anthropogenic warming corresponds to a rise in temperature of 0.17°C per decade!
One of the causes of this dramatic increase is the arrival in early 2016 of a powerful El Niño phenomenon. This warming of the equatorial Pacific – which occurs cyclically every three to seven years – contributes to a rise in global average temperatures and adds to the warming caused by human emissions of greenhouse gases. El Niño is currently losing ground and is being replaced by La Niña, which is colder. It would seem, however, that the effect of this colder air mass is difficult to make itself felt. As I indicated in my previous note, the temperature in late December 2016 in northern Alaska reached a level never seen before.
It seems that the emissions of greenhouse gases have stabilized since 2014, but the accumulation of carbon dioxide (CO2) in the atmosphere does not falter, as shown by the Keeling curve, which indicates that CO2 levels have exceeded the symbolic threshold of 400 parts per million [ppm]. In particular, the accumulation of CO2 in the atmosphere in December 2016 was higher than in December 2015. The pre-industrial CO2 level was about 270 ppm and never exceeded 300 ppm over the last million years.
In the oceans, temperature records have contributed to the bleaching of coral reefs, while on land floods, droughts and tropical cyclones have disrupted the lives of millions of people and have hampered socio-economic progress. It should be noted that France is currently experiencing an extremely large rainfall deficit, visible in the mountains with the lack of snow. As I have pointed out several times, one of the most notable phenomena of the year 2016 has been the persistence of very high temperatures in the Arctic, accompanied by a particularly low surface area of sea ice. According to WMO, the regions with the extreme temperatures are Alaska, Western Canada, northern and eastern United States, several scattered regions of Africa, as well as a large part of Central America. In France and in Europe in general, 2016 will not score a particular record. Globally, out of the seventeen warmest years ever measured, sixteen belong to the current century.

Source : WMO.

NB: I would advise climato-skeptics (some of them consult my blog!) to watch on the TV channel ARTE James Balog’s documentary « Chasing Ice » which shows irrefutable and dramatic evidence of the impact of global warming on the melting of glaciers.
I had the opportunity to meet James Balog at the Montier-en-Der 2015 Festival where I exhibited, like James, photos of glaciers to illustrate global warming. Remember that James Balog was along the climato-skeptics, but his discovery of the icefield and the glaciers quickly made him change his mind! I can assure you he’s a damn good guy!
This documentary can be replayed on the channel’s website until January 11th. Just go to this page:
Http://www.tv-replay.fr/programmes-tv/arte/nc/date/1.html

++++++++++

keeling-copie

 Courbe de Keeling le 1er janvier 2017 (les 400 ppm restent largement dépassés) avec évolution sur une année.

 keeling-2

Evolution globale des émissions de CO2. La courbe existe depuis 1958, grâce aux mesures effectuées sur le Mauna Loa à Hawaii. Les données précédentes s’appuient sur les carottes de glace prélevées dans l’Arctique.