Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

Le Merapi a connu une nouvelle crise éruptive le 16 août 2021 avec la plus grande coulée de lave observée depuis des mois et des coulées pyroclastiques qui ont parcouru 3,5 kilomètres sur les flancs du volcan. Les panaches de cendres se sont élevés à 600 mètres de hauteur. Les cendres ont recouvert les localités voisines, mais aucune victime n’a été signalée. Le grondement de l’éruption a été entendu à plusieurs kilomètres
Comme je l’ai écrit précédemment, le dôme de lave en dessous de la lèvre sud-ouest du Merapi et le dôme de lave dans le cratère sont actifs depuis fin juillet. Le volume du dôme sud-ouest a été estimé à 1,8 million de mètres cubes avant son effondrement partiel le 16 août au matin.
Le niveau d’alerte du Merapi est maintenu à 2 sur une échelle de 4.

Source ; CVGHM, presse indonésienne.

 

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L’éruption de Fagradalsfjall (Islande) continue avec une alternance de phases actives et de pauses parfaitement apparentes sur le tracé du tremor éruptif. Au cours de l’une des phases actives, un hornito s’est édifié sur la lèvre du cratère principal dans l’après-midi du 16 août, là même où un effondrement s’était produit quelques heures plus tôt. Après une pause, la lave a recommencé à couler le 18 août, sans se soucier du hornito précédent….

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Il y a quelques jours (voir ma note du 13 août 2021) j’indiquais qu’une éruption sous-marine s’était produite sur le Fukutoku-Oka-no-ba, un volcan sous-marin situé à 5 km au NE de l’île de Minami-Ioto.

L’Agence météorologique japonaise (JMA) nous informe aujourd’hui qu’une nouvelle île a été découverte trois jours après cette éruption. Elle mesure environ 1 km de diamètre et est en forme de C. De plus, de la pierre ponce émise par l’éruption a été observée le long de la côte et couvrait une zone de 60 km au nord-ouest de l’île.

Ce n’est pas la première fois qu’un tel événement se produit dans la région. L’émergence de nouvelles îles a été confirmée en 1904, 1914 et 1986, mais toutes ont disparu par la suite, L’avenir nous dira si la nouvelle île résistera à l’assaut des vagues.

Source : JMA via The Watchers.

 

On peut voir sur cette photo prise par les gardes-côtes japonais le 15 août 2021 l’île Iwo Jima à gauche et on discerne la nouvelle île à droite.

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L’activité du Sabancaya (Pérou) reste stable et modérée avec une trentaine d’explosions quotidiennes qui génèrent des panaches de cendre d’environ 3 km de hauteur.

Source : IGP.

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L’éruption du Chirinkotan (Îles Kouriles / Russie) se poursuit avec des explosions générant des panaches de cendres qui s’élèvent de 3 à 5 km au-dessus du niveau de la mer. La couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange.
Source : KVERT.

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Le dôme de lave du Great Sitkin (Aléoutiennes / Alaska) continue d’être actif, avec un diamètre actuel de 700 m. Des panaches de vapeur et de gaz sont observés périodiquement. Les températures de surface élevées et les petits séismes détectés quotidiennement vont de pair avec la croissance du dôme. La couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange et le niveau d’alerte volcanique à Watch (Vigilance).
Source : AVO.

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Des panaches de cendres d’environ 2 km de hauteur provenant de Nishinoshima (Japon) ont pu être observés sur les images satellite le 14 août 2021. Cependant, aucune activité éruptive n’a été observée lors d’un survol le 15 août.
Source : JMA.

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L’éruption du cratère North Cerberus du Semisopochnoi (Aléoutiennes / Alaska) se poursuit avec des explosions quotidiennes, des panaches de cendres et des émissions de SO2 identifiées sur les images satellites. Les panaches de cendres ne dépassent pas 3 km au-dessus du niveau de la mer. La couleur de l’alerte aérienne reste à Orange et le niveau d’alerte volcanique à Watch (Vigilance).
Source : AVO.

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

Mt Merapi went through an eruptive crisis on August 16th, 2021 with its biggest lava flow in months, and pyroclastic flows travelling 3.5 kilometres down its slopes. Ash plumes rose 600 metres into the sky. The ash blanketed nearby towns, but no casualties were reported. The rumbling sound of the eruption could be heard several kilometres away

As I put it before, the lava dome just below Merapi’s southwest rim and the lava dome in the crater have been active since the end of July. The southwest rim dome volume was estimated at 1.8 million cubic metres before partially collapsing on August 16th in the morning.

Mt Merapi’s alert level is kept at 2 on a scale of 4 levels.

Source : CVGHM, Indonesian newspapers.

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The eruption of Fagradalsfjall (Iceland) continues with an alternation of active phases and pauses that can perfectly be seen on the course of the eruptive tremor. During one of the active phases, a hornito built up on the rim of the main crater on the afternoon of August 16th, where a collapse had occurred a few hours earlier. After au apuse, lava started flowing again on August 18th, without caring for the hornito….

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A few days ago (see my post of August 13th, 2021) I indicated that a submarine eruption had occurred at Fukutoku-Oka-no-ba, a submarine volcano located 5 km NE of the island of Minami-Ioto.

The Japan Meteorological Agency (JMA) informs us today that a new island was discovered three days after this eruption. It is approximately 1 km in diameter and C-shaped. In addition, pumice emitted by the eruption was found along the coast floating across a 60-km area northwest of the island.

This not the first time such an event has been observed in the region. New islands have been confirmed in 1904, 1914, and 1986, with all having been submerged, ​

The future will tell us whether the new island will resist the assault of the waves.

Source : JMA via The Watchers.

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The activity of Sabancaya (Peru) remains stable and moderate with an average of about 20 daily explosions that generate ash plumes 3 km high.

Source : IGP.

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The eruption at Chirinkotan (Kuril Islands / Russia) continues with explosions generating ash plumes that rise 3-5 km above sea level. The Aviation Colour Code remainsat Orange.

Source : KVERT.

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The lava dome at Great Sitkin (Aleutians / Alaska)continues to be active, with a current diameter of 700 m. Steam-and-gas plumes are periodically observed. Elevated surface temperatures and small earthquakes detected daily are consistent with the growing dome. The Aviation Colour Code remains at Orange and the Volcano Alert level at Watch.

Source : AVO.

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Ash plumes from Nishinoshima (Japan) could be seen rising about 2 km on satellite images on August 14th, 2021. However, no eruptive activity could be observed during an overflight on August 15th.

Source : JMA.

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The eruption at Semisopochnoi’s North Cerberus crater (Aleutians / Alaska) continues with daily explosions, ash plumes, and occasional SO2 emissions identified in satellite images. The ash plumes rise no higher than 3 km above sea level. The Aviation Colour Code remains at Orange and the Volcano Alert level at Watch.

Source : AVO.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

Après une pause de quelques jours, l’éruption l’éruption de Fagradalsfjall a repris de la vigueur le 10 juillet 2021 avec une activité strombolienne dans le cratère actif. La lave qui bouillonne actuellement à l’intérieur du cratère s’écoule vers le nord et ne représente donc plus, pour le moment , une menace pour la vallée de Natthagi où observe toutefois plusieurs points de dégazage très chauds

S’agissant de l’accès aux coulées actives, il faut emprunter le sentier qui monte sur la colline de Langihryggur. Une fois la webcam atteinte, il faut encore marcher environ 45 mn pour atteindre la lave. L’aller-retour représente une dizaine de kilomètres. Même si la visite du site éruptif reste intéressante, il n’a pas la splendeur des premières semaine de l’éruption. Malheureusement la pandémie de COVID-19 et la fermeture de la frontière islandaise n’ont réservé le spectacle qu’à la population locale.

A noter que le 15 juillet le tremor a connu un nouvel accès de faiblesse. Aucune lave n’était visible le matin et le brouillard empêchait de voir le cratère pendant l’après-midi..

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Après une pause de plusieurs jours (dernière crise éruptive le 8 juillet 2021), l’Etna (Sicile) a connu un nouveau paroxysme le 14 juillet, semblant oublier que cette journée est la Fête Nationale en France, et que la Festa della Repubblica en Italie est le 2 juin! On observe toujours le processus habituel : activité strombolienne dans le Cratère SE, évoluant ensuite en fontaines et débordements de lave d’environ 1 ou 2 km de longueur sur le versant SO du cratère.  

Image webcam L.A.V.E.

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Une forte activité explosive a été observée sur le Stromboli (Sicile) à 13h19 (UTC) le 14 juillet 2021. Les matériaux expulsés retombaient sur la Sciara del Fuoco et atteignaient parfois le secteur du Pizzo. L’amplitude du tremor est revenue à des valeurs moyennes à basses après l’éruption. L’activité sur le Stromboli du 28 juin au 4 juillet 2021 a été marquée par une activité explosive continue à partir de trois bouches dans la zone cratèrique nord et de quatre bouches dans la zone cratèrique Centre-Sud. Les explosions ont éjecté des lapilli et des bombes jusqu’à 80-150 m de hauteur et généré des émissions de cendres mineures.

Source : INGV.

Source : INGV

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Suite à une hausse de l’activité sismique sur le Pavlof (Aléoutiennes / Alaska), l’AVO a fait passer la couleur de l’alerte aérienne au Jaune et le niveau d’alerte volcanique à « Advisory » (vigilance conseillée). Selon l’Observatoire, cela ne signifie pas forcément qu’une éruption est imminente.

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Suite à une hausse du tremor volcanique, à l’apparition d’émissions de cendres, ainsi que des panaches de vapeur et de SO2, l’AVO a élevé la couleur de l’alerte aérienne du Semisopochnoi (Aléoutiennes / Alaska) à Orange et a fait passer la niveau d’alerte volcanique à « Watch » (Vigilance).

Source : AVO

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Des panaches de gaz et de cendre s montent jusqu’à 1,1 km au-dessus du cratère du Lewotolo (Indonésie) et des matériaux incandescents sont projetés jusqu’à 300 m de distance. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 4 niveaux). Il est demandé au public de rester à au moins 3 km du cratère.

Source : PVMBG.

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L’activité explosive et effusive continue au niveau du cratère Nicanor du Nevados de Chillán (Chili) où l’on observe toujours de fortes émissions de SO2 ainsi que des anomalies thermiques. Les explosions génèrent des panaches de cendres d’environ 1,4 km au-dessus du cratère où l’incandescence est visible de nuit. Des coulées de lave de 900 m-1 km restent actives, tandis que des coulées pyroclastiques avancent sur un peu moins de 500 m sur le versant NE du volcan. Le niveau d’alerte est maintenu à la couleur Jaune, le deuxième niveau sur une échelle de 4;  le public ne doit pas s’approcher à moins de 2 km du cratère.

Source : SERNAGEOMIN.

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Le Taal (Philippines) reste très actif avec de nouvelles explosions phréatomagmatiques générant des panaches de cendres entre 200 et 700 mètres de hauteur au-dessus du Main Crater. Les émissions de SO2 restent élevées. Une sismicité significative accompagne les émissions gazeuses.
Le niveau d’alerte est maintenu à 3. Le PHIVOLCS rappelle au public que l’ensemble de Volcano Island est une zone de danger permanent interdite d’accès. Quelque 10 400 personnes restent dans des centres d’évacuation.
Source : PHIVOLCS.

Source : PHIVOLCS

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96 explosions ont été enregistrées dans le cratère Ontake du Suwanosejima (Japon) entre le 5 et le 12 juillet 2021. Elles généraient des panaches de cendres de 2 km de hauteur. De grosses bombes volcaniques sont actuellement éjectées à 400 mètres du cratère où de l’incandescence est visible de nuit. Le niveau d’alerte volcanique reste à 3 et il est demandé au public de ne pas s’approcher à moins de 2 km du cratère.

Source : JMA.

Source : Wikipedia

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La couleur de l’alerte aérienne reste inchangée pour les volcans du Kamtchatka.  Elle reste à l’Orange pour le Sheveluch, le Karymsky et l’Ebeko.

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

After a few days’ break, the Fagradalsfjall eruption started again on July 10th, 2021 with Strombolian activity in the active crater. The lava that is currently boiling withi the crater is now flowing to the north and therefore no longer represents a threat to the Natthagi Valley where, however, several very hot degassing spots can be observed. Regarding the access to the active flows, visitors need to walk along the path up Langihryggur. Once the webcam is reached, they still have to walk about 45 minutes to reach the lava. The round trip ris about ten kilometres long. Even if the visit of the eruptive site remains interesting, it does not have the splendor of the first weeks of the eruption. Unfortunately the COVID-19 pandemic and the closure of the Icelandic border, only the local population could enjoy the show.

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After a pause of several days (last eruptive crisis on July 8th, 2021), Mt Etna (Sicily) experienced a new paroxysm on July 14th, seeming to forget that this day is the National Day in France, and that the Festa della Repubblica in Italy is on June 2nd! The eruptive process has not changed: Strombolian activity in the SE Crater, then evolving into fountains and lava overflows of about 1 or 2 km in length on the SW side of the crater.

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A major explosive eruption took place at Stromboli (Sicily) at 13:19 UTC on July 14th, 2021. Volcanic material fell back to Sciara del Fuoco and reached the Pizzo area. The tremor amplitude returned back to mid-low values after the eruption.

Activity at Stromboli volcano from June 28th to July 4th, 2021 was characterized by ongoing explosive activity from three vents in the North Crater area and four vents in the South-Central Crater area. The explosions ejected lapilli and bombs 80-150 m high, and produced minor ash emissions.

Source : INGV.

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Following an increase in seismic activity on Pavlof (Aleutians / Alaska), AVO raised the aviation colour code to Yellow and the volcanic alert level to “Advisory”. According to the Observatory, this does not necessarily mean that an eruption is imminent.

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Following an increase in the volcanic tremor, new ash emissions, as well as steam and SO2 plumes, AVO has raised the aviation colour code for Semisopochnoi (Aleutians / Alaska) to Orange and the volcanic alert level to “Watch”.

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Steam and ash plumes from Lewotolo (Indonesia) usually rise as high as 1.1 km above the crater. Incandescent material is ejected from the summit as far as 300 m away. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4) and the public is asked to stay 3 km away from the summit crater.

Source : PVMBG.

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Explosive and effusive activity continues at Nevados de Chillán’s Nicanor Crater (Chile), alomg with increased SO2 emissions and thermal anomalies. Explosions generate ash plumes that rise as high as 1.4 km above the crater where incandescence can be seen at night. Lava flows 900 m-1 km long continue to be active. Pyroclastic flows are still travelling less than 500 m down the NE flank. The Alert Level remains at Yellow, the second level on a four-colour scale. The public should stay at least 2 km away from the crater.

Source : SERNAGEOMIN.

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Taal (Philippines) remains very active with more phreatomagmatic explosions that generate ash plumes rising 200-700 metres above the Main Crater. SO2 emissions remain elevated. Significant seismicity accompanies the gaz emissions.
The alert level is kept at 3. PHIVOLCS reminds the public that the entire Taal Volcano Island is a permanent danger zone whose acess is prohibited. About 10,400 persons are staying in evacuation centres.
Source: PHIVOLCS.

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96 explosions were recorded at Suwanosejima’s Ontake Crater between July 5th and 12th,, 2021. They produced plumes that rose as high as 2 km above the crater. Large volcanic bombs are often ejected 400 m from the crater and incandescence is visible at night. . The Alert Level remains at 3 and the public is asked to stay 2 km away from the crater.

Source : JMA.

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The aviation colour codes remain unchanged for Kamchatka volcanoes where the aviation colour codes of Sheveluch, Karymsky and Ebeko volcanoes remain Orange.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

ource : JMA.

Une caldeira géante au coeur des Aléoutiennes (Alaska)? // A huge caldera at the heart of the Aleutians (Alaska) ?

L’information a fait la une de nombreux médias. Ainsi, on peut lire sur le site web du très sérieux National Geographic un article très surprenant qui explique que «des îles de l’Alaska font peut-être partie d’un même volcan de taille imposante». Là où les scientifiques pensaient qu’il y avait plusieurs petits volcans indépendants pourrait exister un seul énorme édifice volcanique!

C’est la conclusion d’une étude qui sera présentée lors de la prochaine réunion de l’American Geophysical Union. Le nouveau volcan – si sa découverte est confirmée par des études ultérieures  – se serait formé lors d’un événement bien plus spectaculaire que l’éruption du Mont St. Helens en 1980.

Le volcan géant est délimité par un ensemble semi-circulaire d’édifices potentiellement actifs connus sous le nom d’Iles des Quatre Montagnes – Islands of the Four Mountains (IFM) – au cœur des îles Aléoutiennes. Ces îles, qui ont longtemps été considérées comme des volcans indépendants, pourraient en réalité constituer une série de bouches éruptives reliées entre elles le long de la lèvre d’une caldeira volcanique beaucoup plus grande. Les six sommets en question ont pour noms Herbert, Carlisle, Cleveland, Tana, Uliaga et Kagamil. Toutefois, si cette caldeira volcanique existe, les scientifiques disent que cela ne signifie pas forcément qu’une catastrophe se produira dans le futur.

Pour arriver à leur conclusion surprenante, les chercheurs ont étudié la géologie locale. Ils ont tenté de détecter la moindre sismicité et ont effectué des analyses chimiques pour comprendre la composition des gaz s’échappant du sol. En étudiant ces données, ils ont remarqué certaines caractéristiques qui les ont conduits à penser qu’elles pourraient appartenir à une ancienne éruption de grande ampleur.

La première pièce du puzzle est la forme en demi-cercle des volcans IFM qui fait penser à une caldeira. On sait que la formation d’une caldeira peut donner naissance à un certain nombre de fractures à travers lesquelles le magma peut s’infiltrer avant d’atteindre la surface, de sorte que des groupes de bouches éruptives se rencontrent fréquemment autour ou au centre de la caldeira.

Les chercheurs en ont conclu que les volcans IFM pouvaient représenter une série de structures géologiques connectées entre elles autour d’une caldeira de 20 kilomètres de large dont le fond se situerait à des centaines de mètres sous la surface de l’Océan Pacifique.

La découverte d’ignimbrites a constitué une autre pièce du puzzle. Ces matériaux se forment lorsqu’une grande éruption dépose des couches de cendres volcaniques à haute température si épaisses que les grains se soudent pour former une roche solide.

En plus des premières pièces du puzzle, les scientifiques ont recueilli de nouveaux éléments, en particulier des anomalies gravimétriques fournies par des données satellitaires et des études bathymétriques conduites dans la région peu après la Seconde Guerre mondiale. Les cartes des fonds marins montrent plusieurs structures de dorsales courbées, ainsi qu’une dépression de plus de 120 mètres de profondeur susceptible de faire partie d’une caldeira. Si ces observations sont confirmées, cela pourrait signifier qu’un bassin sous-marin a pu se former à la suite d’une puissante éruption volcanique.

Les chercheurs admettent que «chacune de ces preuves potentielles est discutable». Cependant, à mesure qu’elles s’accumulent, l’idée d’une caldeira devient de plus en plus plausible.

De nouvelles recherches seront nécessaires pour confirmer l’existence d’une telle caldeira dans les Aléoutiennes. Pour le moment, les scientifiques ne connaissent pas la taille exacte de la caldeira, et ils ne savent pas non plus si elle a été formée par une grande éruption ou plusieurs événements de moindre importance.

Source: National Geographic.

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Cette information est intéressante, mais l’hypothèse avancée par les scientifiques doit être étayée sérieusement. Une caldeira en zone de subduction avec la lèvre ornée de petits volcans comme les bougies d’un gâteau d’anniversaire? Je demande confirmation! Pour le moment, à mes yeux, ces volcans actifs font partie de l’arc de subduction de la Chaîne des Aléoutiennes. Il faudra trouver et analyser sur la terre ferme du sud-ouest de l’Alaska les restes de l’éruption qui a façonné cette caldeira. En effet, si l’explosion a effectivement eu lieu, sa puissance a été considérable et les projections ne se sont probablement pas limitées à l’océan!

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One can read on the website of the very serious National Geographic a very surprising article that explains that “Alaska islands may be part of single, massive volcano.” What scientists thought were several small, independent volcanoes might actually be a single huge volcanic edifice!.

This is the conclusion of research to be presented at the next American Geophysical Union meeting. If it proves true, the new ly discovered – if it relay exists – once erupted in an event far more dramatic than the 1980 eruption of Mount St. Helens.

The giant volcano is marked by a semi-circular cluster of potentially eruptive summits known as the Islands of the Four Mountains (IFM), among   the Aleutian Islands. These islands, which  have been long considered as independent volcanoes, might actually be a series of connected vents along the edge of a much larger volcanic caldera. The six peaks include Herbert, Carlisle, Cleveland, Tana, Uliaga, and Kagamil. Should this volcanic caldera exist, the scientists say that it does not mean a catastrophe will occur in the future.

To get to their surprising conclusion, the researchers examined the local geology. They used tried to detect the slightest seismicity and performed chemical analyses to understand the composition of gasses effusing from the ground. While studying this data, they notices some features that led them to think they might belong to an enormous and ancient eruption.

The first piece of the puzzle was the curious half-ring shape of the closely clustered IFM volcanoes which really looked like a caldera. The formation of a caldera produces a number of fractures through which magma can then seep to the surface, so that volcanic clusters are common around their edges or centres.

As a consequence, the researchers imagined that the IFM volcanoes might represent a series of connected geologic structures around a potential 20-kilometre-wide caldera whose botto would lie hundreds metres beneath the surface of the Pacific Ocean.

Another piece of the puzzle was the discovery of ignimbrites. These materials form when a large eruption lays down hot temperature volcanic ash so thick that the grains weld together into solid rock.

Confirming the first pieces of the puzzle, the scientists collected more evidence, including gravity anomalies from satellite data and bathymetric surveys that were conducted in the area shortly after World War II. The maps of the seafloor revealed several curved ridge structures and a depression more than 120 metres deep that could be part of a caldera. If these observations are confirmed, it might mean that a potential underwater basin resulted from a powerful volcanic explosion.

The researchers admit that “any one piece of these pieces of evidence is questionable.” However, as they are getting more and more numerous, the idea of a caldera does become more and more reliable.

More research will be needed to confirm the existence of a caldera in the Aleutians. For one thing, the scientists are not sure about the size of the caldera, and they don’t know whether it was made from one large eruption or several smaller events.

Source : National Geographic.

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This is interesting information, but the hypothesis set forth by scientists needs to be seriously substantiated. A caldera in a subduction zone with its rim adorned with small volcanoes like candles on a birthday cake? I need confirmation! At the moment, to my eyes, these active volcanoes are part of the Aleutian Chain subduction arc. It will be necessary to find and analyze on the mainland of southwest Alaska the remains of the eruption that shaped this caldera. Indeed, if the explosion did indeed take place, its power was considerable and the projections were probably not limited to the ocean!

Carte de localisation des Islands of the Four Mountains (Google Maps)

Islands of the Four Mountains vues depuis l’ISS

Collaboration entre observatoires aux Etats-Unis // Collaboration between observatories in the United States

Les observatoires volcanologiques à travers les États-Unis fonctionnent en étroite relation les uns avec les autres pour assurer une surveillance efficace des volcans actifs de ce pays. Cette collaboration est particulièrement évidente lors d’une crise, comme ce fut le cas au moment de l’éruption du Kilauea en 2018. Cette année-là, des scientifiques, des ingénieurs et des administratifs du Volcano Science Center de l’USGS se sont rendus sur la Grande Ile d’Hawaï pour épauler le HVO, l’observatoire des volcans d’Hawaï, et aider les volcanologues locaux à surveiller les coulées de lave et les effondrements qui se produisaient au sommet du Kilauea. Leur aide fut essentielle au bon fonctionnement du HVO 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
La collaboration entre les observatoires volcanologiques existe également quand il n’y a pas de crise éruptive majeure. Certains observatoires tels que l’Alaska Volcano Observatory (AVO) doivent effectuer toutes les missions sur le terrain en été car les conditions météorologiques sont difficiles et les conditions de travail dangereuses le reste de l’année. Comme la saison estivale est courte en Alaska, il est important de faire appel à l’aide temporaire d’autres États.
L’AVO a beaucoup de travail à effectuer au cours de la saison estivale. Le soleil est presque en permanence dans le ciel et les heures de clarté sont pleinement utilisées lorsque le temps le permet. L’aide d’autres observatoires permet aux équipes de terrain d’être renouvelées tous les mois afin d’éviter l’épuisement professionnel.

Comme il y a peu à faire en ce moment à Hawaii depuis la fin de l’éruption du Kilauea, plusieurs géologues du HVO se sont rendus en Alaska cet été pour aider à la mise en place de nouveaux sites de surveillance sismique et la mise à niveau d’instruments plus anciens sur les volcans des Aléoutiennes. Cela fait partie d’une campagne entreprise par l’AVO pour convertir l’ensemble de son réseau sismique analogique en un réseau entièrement numérique. Un tel travail est important car les instruments numériques peuvent détecter une gamme plus large de signaux sismiques. Le HVO est passé à un réseau numérique de 2014 à 2017.
Dans les Aléoutiennes, la mission a débuté à Adak, une île située à environ 1 700 kilomètres au sud-ouest d’Anchorage. L’île, qui abritait une base militaire de 1942 à 1997, est très paisible maintenant que la plupart des installations ont été abandonnées. Adak a servi de base aux opérations scientifiques. En effet, c’est un point central où les stations les plus éloignées sont raccordées au réseau de surveillance des volcans de l’Alaska.
A partir d’Adak, les scientifiques ont voyagé à bord d’un navire de recherche qui les a conduits à travers la Mer de Béring afin de visiter différents volcans. Une fois un volcan atteint, le capitaine jetait l’ancre dans un port bien protégé des tempêtes parfois très violentes qui surviennent dans les Aléoutiennes. À partir de là, les scientifiques ont pris l’hélicoptère embarqué sur le navire pour visiter les différents sites.
Les conditions météorologiques sont souvent difficiles dans les Aléoutiennes, ce qui rend la surveillance des volcans d’autant plus délicate. Un scientifique explique qu’il y avait un épais brouillard presque tous les matins. À chaque fois que le pilote de l’hélicoptère estimait qu’une fenêtre était utilisable, les hommes chargeaient le matériel et décollaient.
Une fois sur un volcan, les scientifiques se mettaient au travail. Il fallait d’abord installer un local de protection du matériel et creuser un trou de 2 mètres de profondeur pour y loger le sismomètre. Des panneaux solaires étaient ensuite installés sur le local avec à l’intérieur 15 batteries de 12 volts pour alimenter l’électronique qui numérise les signaux du sismomètre et envoie les données à Adak par radio. Le travail a toujours été une course contre le soleil, tout en luttant contre les conditions météorologiques en constante évolution.
Les hommes expliquent que le travail fut difficile mais enrichissant. La cohabitation permanente, l’élaboration de stratégies pour faire face aux éléments et le travail en équipe sur un volcan loin de tout ont permis de créer des liens solides entre le HVO et l’AVO. Cet état d’esprit se prolongera bien au-delà du travail sur le terrain dans les îles Aléoutiennes.
Source: USGS / HVO.

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Volcano observatories across the United States work together to ensure efficient and thorough monitoring of the nation’s active volcanoes. This collaboration is particularly evident during a crisis, like the 2018 eruption of Kilauea Volcano. In 2018, scientists, field engineers, and administrative professionals from across the US Geological Survey Volcano Science Center came to the Island of Hawaii to assist the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) in monitoring Kilauea’s Lower East Rift Zone (LERZ) lava flows and summit collapses. Their assistance was critical to maintaining HVO’s 24/7 response capability.

Collaboration between volcano observatories also occurs in non-crisis times. Some volcano observatories, such as the Alaska Volcano Observatory (AVO) must accomplish all field work in the summer because other times of the year can bring harsh weather and dangerous working conditions. Since the summer field season in Alaska is short, it is important to use temporary help from other states.

The field season for AVO staff is intense. The sun is almost always up, and the daylight hours are fully used when weather permits. Help from other volcano observatories allows field teams to be rotated every month to avoid burn-out.

As there is little to do in Hawaii with the end of the Kilauea eruption, several HVO staff travelled to Alaska this summer to help build new, and upgrade old, seismic monitoring sites on western Aleutian volcanoes. This is part of a big step that AVO is taking to convert their entire seismic network from an analog to an all-digital network. This is important because digital instruments can detect a wider range of earthquake signals. HVO made the transition to a digital network in 2014 to 2017.

The mission began on Adak, an island about 1,700 kilometres SW from Anchorage. The island, home to a military base from 1942 to 1997, is very peaceful now that most of the facilities have been abandoned. Adak was the base of operations, a central place where more-remote field stations tie into the Alaska volcano monitoring network.

From Adak, the scientists boarded a research vessel which took them across the Bering Sea in order to visit different volcanoes. Once the targeted volcano was reached, the captain dropped anchor in a harbour that would be mostly protected from potentially fierce Aleutian storms. From there, the scientists flew in the onboard helicopter to go back and forth from the ship to the different field sites.

Weather conditions are often difficult in the Aleutians, which makes the monitoring of the volcanoes all the more difficult. The scientific team explains that they were shrouded in fog nearly every morning. Whenever the helicopter pilot deemed that a safe window of opportunity had arrived, they loaded up and took off.

Once the geologists landed on a volcano, the real work began. They dug a foundation for the equipment hut and a 2-metre-deep hole where the seismometer would reside. Solar panels were mounted on the hut, which housed 15 12-volt batteries to power the electronics that digitizes signals from the seismometer and sends data back to Adak via radio. The work was always a race against the sun, while battling the ever-changing weather conditions.

The men explain that the work was difficult but rewarding. Living in close quarters, continuously strategizing to overcome the elements, and working as a team on a remote volcano, led to a bond between HVO and AVO that will last beyond the Aleutian field work.

Source : USGS / HVO.

Le Cleveland, le Semisopochnoi  ou le Veniaminof comptent parmi les volcans les plus actifs des Aléoutiennes, sans oublier l’Augustine… (Photos : AVO et C. Grandpey)