Le réchauffement climatique intensifie les événements extrêmes // Global warming intensifies extreme events

Concentrations de CO2 : 429,52 ppm

Concentrations de CH4 : 1945,85  ppb

L’archipel hawaïen vient d’être frappé par deux dépressions de Kona, des tempêtes printanières courantes à cette période de l’année, mais exceptionnelles par leur intensité. Elles confirment que le réchauffement climatique intensifie les phénomènes météorologiques extrêmes. Ces deux épisodes ont provoqué des pluies torrentielles, entraînant des inondations à grande échelle, des glissements de terrain, des fermetures de routes et des lignes électriques endommagées. Les autorités locales ont déclaré l’état d’urgence à Hawaï.
La NOAA explique qu’une dépression de Kona, ou tempête de Kona, se forme généralement pendant les mois d’hiver. Ce système est une zone de basse pression qui se forme au nord-ouest des îles et peut stagner à proximité. Contrairement aux alizés habituels qui sont les vents dominants à Hawaï, une dépression de Kona apporte des vents plus frais et humides du sud au sud-ouest. Cette direction de vent inhabituelle peut engendrer des précipitations importantes. Des records ont été battus à plusieurs endroits, avec jusqu’à 70 centimètres de pluie en trois jours à Maui. Le barrage de Wahiawa, sur l’île d’Oʻahu, a été placé sous alerte de risque de rupture imminente le 20 mars. Les autorités ont émis des ordres d’évacuation pour les communautés en aval exposées à des inondations potentiellement mortelles.

Carte des risques d’inondations soudaines à Oahu le 20 mars 2026. (Source : National Weather Service)

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Une crise météorologique majeure pour la saison a également frappé l’Islande, avec des vents violents et des tempêtes de sable qui ont paralysé le pays. La compagnie nationale Icelandair a pris la décision radicale d’annuler la totalité de ses vols, qu’ils soient domestiques ou internationaux. Des milliers de passagers ont été bloqués à l’aéroport de Keflavík, ou dans d’autres hubs internationaux (comme aux États-Unis et en Europe).

Sur les routes, la situation était critique par endroits. À Hvalnes, une violente tempête de sable a littéralement pulvérisé les vitres de dizaines de véhicules, mettant les passagers en détresse. La nationale 1, l’axe principal du pays, a été fermée sur plusieurs tronçons en raison d’une visibilité nulle et de vents dépassant les 150 km/h.

Source : médias d’information nationaux.

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The Hawaiian Islands have just vbeen battered by two kona lows, spring storms that are a normal phenomenon at this time of the year, but were exceptional by their intensity. They are another indication that global warming intensifies extreme events. The two events unleashes torrential rain that caused widespread flooding, landslides, road closures and downed power lines. Local authorities declared State of Emergency in Hawaii.

NOAA explains that a kona low, or kona storm, typically forms during the winter months. The system is a type of low-pressure weather pattern that develops northwest of the Islands and can stall near them. Unlike Hawaii usual trade winds, a kona low brings cooler, moisture-rich winds from the south to southwest. This unusual wind direction can produce significant rainfall. Records were broken in several places with up to 70 centimeters of water in 3 days in Maui. Wahiawa Dam on the island of Oʻahu was placed under an imminent failure risk alert on March 20, prompting authorities to issue evacuation orders for downstream communities exposed to potential life-threatening flooding.

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A major weather crisis for this time of year also struck Iceland, with violent winds and sandstorms paralyzing the country. The national airline, Icelandair, made the drastic decision to cancel all its flights, both domestic and international. Thousands of passengers were stranded at Keflavík Airport or in other international hubs (such as in the United States and Europe). On the roads, the situation was critical in some areas. In Hvalnes, a violent sandstorm shattered the windows of dozens of vehicles, leaving passengers stranded. National Route 1, the country’s main artery, was closed in several sections due to zero visibility and winds exceeding 150 km/h.

Source : National newsmedia

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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Une hausse significative de la sismicité a été détectée au niveau du complexe volcanique de l’Atka (îles Aléoutiennes) entre le 14 et le 15 mars 2026. De petits séismes et des épisodes de trémor mineurs ont été observés, ainsi que des niveaux élevés de SO₂ sur les images satellitaires. Cette activité accroît la probabilité d’éruptions explosives sur le Korovin, l’un des volcans du complexe volcanique de l’Atka. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne est passée au JAUNE et le niveau d’alerte volcanique à ADVISORY (surveillance conseillée). .
Source : AVO.

Crédit photo: AVO

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L’éruption du Piton de la Fournaise (Île de la Réunion), débutée le 13 février 2026, se poursuit. Un seul site éruptif reste actif sur le flanc sud-sud-est du volcan. Le champ de lave présente toujours deux bras principaux. Le front du bras nord reste figé à environ 2,6 km de la RN2, à une altitude d’environ 660 m. Le bras sud s’est divisé en plusieurs bras secondaires qui poursuivent leur progression avec des vitesses très variables liées à la topographie et à la végétation.

Après avoir traversé la route nationale 2 lors de la journée du 13 mars, la lave a atteint l’océan le 16 mars vers 00h20. En amont de la route, plusieurs résurgences et bras secondaires de coulées sont visibles côté sud mais leur progression est très lente et ne présente pas à l’heure actuelle de menace pour la RN2.

 Source : OVPF

Au point de contact entre la lave et l’océan, une plateforme continue de se constituer et de s’élargir. Elle avance actuellement d’environ 130 mètres en mer. Plusieurs bras secondaires se forment en aval de la RN2 avant l’arrivée en mer de la coulée.

L’arrivée de la lave dans l’océan génère un panache principalement constitué de vapeur d’eau, d’acide chlorhydrique (HCl) et de particules fines.

Source : OVPF

 Crédit photo : OVPF

L’OVPF lance régulièrement des appels à la prudence. En m’appuyant sur mon expérience personnelle à Hawaï, j’ai publié sur ce blog une note mettant en évidence les risques liés à l’arrivée de la lave dans la mer :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2026/03/17/risques-lies-a-lentree-de-la-lave-dans-locean-hazards-associated-with-lava-entry-into-the-ocean/

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Le Parc national des volcans d’Hawaï est resté fermé plusieurs jours en raison des dégâts causés par les intempéries qui ont frappé la Grand Île. Le parc est resté sans électricité ni internet et les accès ont été fermés. Les routes et les sentiers ont été endommagés, avec des arbres tombés, des branches entravant le passage. Le personnel du parc continue à évaluer les dégâts, et s’efforce de dégager les routes et les sentiers. Une partie du Parc a été rouverte le 18 mars, mais de nombreux secteurs restent inaccessibles.Un nouvel épisode de très mauvais temps était prévu le 19 mars 2026.

Source : National Park Service.

L’inflation et le trémor ont repris après la fin de l’Épisode 43 du Kilauea (Hawaï) et se poursuivent en ce moment. Les modèles préliminaires indiquent que les fontaines de lave de l’Épisode 44 pourraient apparaître entre le 30 mars et le 8 avril 2026.
Source : HVO.

Capture d’écran de l’Épisode 43

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L’activité explosive se poursuit sur le Sheveluch (Kamtchatka, Russie). Une explosion a produit un panache de cendres qui s’est élevé à environ 10,4 km d’altitude le 16 mars 2026. La couleur de l’alerte aérienne pour le Sheveluch reste Orange. Elle est Jaune pour Bezymianny et le Krasheninnikov.
Source : KVERT.

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Plus de 23 millions de mètres cubes de magma se sont accumulés sous le système volcanique de Svartsengi (Islande) depuis l’éruption de juillet 2025. Les données publiées le 17 mars 2026 par le Met Office islandais montrent qu’il s’agit de la plus importante accumulation de magma entre deux éruptions depuis le début de l’activité sur la chaîne de cratères de Sundhnúksgígar en décembre 2023.

 

Évolution de l’accumulation de magma sous Svartsengi (Source : Met Office)

Les mesures de déformation indiquent que l’afflux de magma sous Svartsengi s’est poursuivi à un rythme lent mais régulier ces derniers mois, à une profondeur estimée à environ 4 km sous la surface. Le soulèvement du sol à Svartsengi depuis le début de l’activité volcanique fin 2023 dépasse désormais environ 1 mètre. La phase actuelle de recharge en magma dure depuis environ 224 jours depuis la fin de la dernière éruption, ce qui en fait la période d’accumulation continue la plus longue enregistrée au cours de cette séquence éruptive. Selon le Met Office, si le magma continue de s’accumuler, le scénario le plus probable reste une intrusion magmatique entre Svartsengi et la chaîne de cratères de Sundhnúksgígar, avec au final une possible éruption fissurale. L’emplacement le plus probable d’une future fissure se situe entre Stóra-Skógfell et Sýlingarfell, où plusieurs éruptions ont eu lieu depuis décembre 2023. Cependant, la zone d’ouverture potentielle des fissures pourrait s’étendre sur une plus grande superficie, de Grindavík au sud jusqu’ au nord-ouest de Keilir.
Les scientifiques soulignent que la longue pause observée depuis la dernière éruption ne signifie pas que la séquence éruptive sur la chaîne de cratères de Sundhnúksgígar est terminée.
Source : Met Office.

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L’éruption se poursuit à Ambae (Vanuatu). Selon le VAAC de Wellington, des panaches quotidiens de gaz, de vapeur et de cendres s’élèvent jusqu’à 2,5 km au-dessus du sommet. Un fort signal de SO₂ a été identifié sur les images satellites. La sismicité demeure élevée.

Le ministère de la Santé a déclaré qu’au 12 mars 2026, aucun décès ni aucune blessure n’avait été signalé suite à cette activité, bien que d’importantes retombées de cendres continuent d’affecter les zones principalement au sud et à l’ouest du centre éruptif. Ces retombées ont localement endommagé des jardins et contaminé les sources d’eau. On observe une augmentation des maladies liées à l’exposition aux cendres et aux gaz, ainsi qu’à la contamination de l’eau. 52 personnes ont décidé d’aller vivre dans d’autres régions. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 0 à 5).
Source : VMGD.

Vue du centre éruptif dans le lac Voui (Crédit photo: Wikipedia)

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L’activité éruptive se poursuit sur le Fuego (Guatemala), avec les explosions stromboliennes habituelles à un rythme de 6 à 13 événements par heure. Elles génèrent des panaches de gaz et de cendres qui s’élèvent jusqu’à 1,2 km au-dessus du sommet. Des grondements sont audibles et des ondes de choc sont ressenties par la population. Les explosions projettent parfois des matériaux incandescents jusqu’à 300 m au-dessus du sommet et provoquent occasionnellement des avalanches incandescentes sur les flancs du volcan. Des retombées de cendres sont signalées dans les zones sous le vent.
Source : INSIVUMEH.

Explosion sur le Fuego (Crédit photo: INSIVUMEH)

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L’activité éruptive continue sur le Kanlaon (Philippines), avec des séismes volcaniques quotidiens et deux épisodes de trémor enregistrés le 15 mars 2026. Les émissions quotidiennes de SO₂ varient de 434 à 2 021 tonnes.
Une éruption modérément explosive le 15 mars a généré un panache de cendres qui s’est élevé à 5 km au-dessus du sommet. De gros blocs incandescents ont été projetés jusqu’à 1 km du cratère. La station de surveillance la plus proche du cratère a été endommagée par les flammes. Des coulées pyroclastiques ont dévalé la partie supérieure du flanc sud jusqu’à 1 km de distance. Une onde de choc a produit un grondement sourd, audible jusqu’à 18 km de distance. Des retombées de cendres d’intensité variable ont été signalées dans 55 districts répartis dans 12 localités de la région centrale de l’île de Negros.
Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 0 à 5).

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Toujours aux Philippines, l’éruption du Mayon se poursuit, avec des coulées de lave et des effondrements au niveau du dôme sommital, des coulées pyroclastiques, des éboulements incandescents, des panaches de cendres, des coulées de lave actives et parfois une activité strombolienne mineure. Les émissions de cendres et de gaz s’élèvent jusqu’à 800 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 0 à 5).
Le 17 mars, 4 020 personnes étaient hébergées dans 12 centres d’évacuation, et 86 autres étaient accueillies chez des amis ou des proches.
Source : PHIVOLCS.

Incandescence au sommet du Mayon

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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A substantial increase in seismicity was detected at the Atka volcano complex (central Aleutian Islands) between March 14 and March 15 2026.  Small earthquakes and weak tremor have been observed, and elevated levels of SO2 have been detected in satellite data. This activity increases the likelihood of explosive events at Korovin, one of the volcanoes within the Atka complex. As a consequence, the Aviation Color Code has been raised to YELLOW and the Volcano Alert Level to ADVISORY.

Source : AVO.

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The eruption of Piton de la Fournaise (Réunion Island), which began on February 13, 2026, continues. Only one eruptive site remains active on the south-southeast flank of the volcano. The lava field still has two main branches. The front of the northern branch remains stationary approximately 2.6 km from the RN2 highway, at an altitude of about 660 m. The southern branch has split into several secondary branches that continue their advance at highly variable speeds due to the topography and vegetation.

After crossing the RN2 highway on March 13, the lava reached the ocean on March 16 at approximately 12:20 a.m. Upslope of the road, several resurgences and secondary lava flows are visible on the south side, but their progress is very slow and does not currently pose a threat to the RN2.

At the point of contact between the lava and the ocean, a platform continues to form and widen. It currently extends about 130 meters into the sea. Several secondary channels form downslope of the RN2 before the lava flow reaches the sea. Source: OVPF.

The arrival of lava in the ocean generates a plume primarily composed of water vapor, hydrochloric acid (HCl), and fine particles. A platform is also being built. Based on my personal experience in Hawaii, I published a post on this blog highlighting the risks associated with lava entering the sea. https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2026/03/17/risques-lies-a-lentree-de-la-lave-dans-locean-hazards-associated-with-lava-entry-into-the-ocean/

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Hawaii Volcanoes National Park remained closed for several days due to damage caused by severe weather that struck Hawaii’s Big Island. The Park was without power and internet, and access points were closed. Roads and trails were damaged, with fallen trees and branches blocking passage. Park staff continue to assess the damage and are working to clear roads and trails. A portion of the park reopened on March 18, but many areas remain inaccessible. Extremely poor weather conditions were again forecated on March 19, 2026.
Source: National Park Service.

Inflation and tremor resumed after the end of Kilauea‘s Episode 43 (Hawaii) and are continuing. Preliminary models suggest the forecast window for the onset of Episode 44 lava fountaining is between March 30 and April 8, 2026.

Source : HVO.

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Explosive activity continues at at Sheveluch (Kamchatka / Russia). An explosion produced an ash plume that rosec to about 10.4 km altitude on March 16, 2026. The Aviation Color Code for Sheveluch remains at Orange. It is Yellow for Bezymianny and Krasheninnikov.

Source : KVERT.

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More than 23 million cubic meters of magma have accumulated beneath the Svartsengi volcanic system (Iceland) since the July 2025 eruption. Monitoring data released March 17, 2026, by the Icelandic Met Office show this is the largest magma accumulation between eruptions since activity began on the Sundhnúksgígar crater row in December 2023.

Deformation measurements show that magma inflow beneath Svartsengi has continued at a slow but steady rate in recent months at a depth estimated at about 4 km below the surface. Ground deformation measurements show that land uplift at Svartsengi since the onset of volcanic unrest in late 2023 now exceeds about 1 meter. The current magma recharge phase has now lasted approximately 224 days since the end of the last eruption, making it the longest continuous accumulation period recorded during the present eruption sequence.

According to the Met Office, if magma continues to accumulate, the most likely development remains a magma intrusion from Svartsengi toward the Sundhnúksgígar crater row, potentially producing a new fissure eruption. The most probable location of a future fissure is between Stóra-Skógfell and Sýlingarfell, where multiple eruptions have occurred since December 2023. However, the zone where fissures could open may extend across a wider area, from Grindavík in the south toward areas northwest of Keilir.

Scientists note that the long pause since the last eruption does not indicate that the eruption sequence on the Sundhnúksgígar crater row has ended.

Source : Met Office.

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The eruption at Ambae (Vanuatu) continues. According to the Wellington VAAC, daily gas, steam, and ash plumes rise as high as 2.5 km above the summit.There is a strong SO2 signal identified in satellite images. Seismicity remains high.
The Ministry of Health stated that as of 12 March no deaths or injuries as a result of the activity had been reported, though heavy ashfall continued to impact areas mainly to the S and W. The ashfall damaged gardens and contaminated local water sources. There is an increase in illnesses associated with ash and gas exposure and water contamination. 52 people voluntarily evacuated to other areas. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 0-5),

Source : VMGD.

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Eruptive activity continues at Fuego (Guatemala) with the usual Strombolian explosions at rates of 6-13 events per hour. They generate gas-and-ash plumes that rise as high as 1.2 km above the summit. Rumbling sounds can be heard and shock waves can be felt. Explosions occasionally eject incandescent material as high as 300 m above the summit and sometimes produce incandescent avalanches on the flanks. Ashfall is reported in areas downwind.

Source : INSIVUMEH.

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Eruptive activity continues at Kanlaon (Philippines) with daily volcanic earthquakes, and on 15 March 2026 two periods of volcanic tremor. Daily SO2 emissions range from 434 to 2,021 tonnes per day.
A moderately explosive eruption on 15 March generated an ash plume that rose 5 km above the summit. Large incandescent blocks were ejected as far as 1 km from the crater. The monitoring station closest to the crater was damaged after being engulfed in fire. Pyroclastic flows descended the upper S flank as far as 1 km. A shockwave produced a booming or rumbling sound, heard up to 18 km away. Various amounts of ashfall were reported in 55 districts in 12 municipalities across the central Negros Island Region.

The Alert Level remains at 2 (on a scale of 0-5).

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Still in the philippines, the eruption at Mayon continues, characterized by lava effusion and collapses at the summit dome, pyroclastic density currents (PDCs), incandescent rockfalls, ash plumes, active lava flows, and occasional minor Strombolian activity. Emissions rise as high as 800 m above the summit. The Alert Level remains at 3 (on a 0-5 scale).

On 17 March a total of 4,020 people were staying in 12 evacuation shelters, and an additional 86 people were staying with friends or relatives.

Source : PHIVOLCS.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Kilauea (Hawaï) : l’Épisode 43 et ses conséquences // Episode 43 and its consequences

L’Épisode 43 de l’éruption du Kīlauea a permis d’observer un nouveau record de hauteur pour les fontaines de lave et a provoqué des retombées de téphra sur les localités proches du volcan. L’Observatoire volcanologique d’Hawaï (HVO) a consacré un article spécial de sa série « Volcano Watch » à cet événement qui a débuté le matin du 10 mars 2026 et s’est poursuivi pendant 9 heures. L’article souligne les conséquences pour les zones habitées.
Les bouches éruptives nord et sud ont émis des fontaines de lave ; celle de la bouche sud a atteint 531 mètres de hauteur, un nouveau record pour cette éruption à épisodes.

Capture d’écran de l’éruption

Les vents du sud-ouest ont transporté les téphras vers les points d’observation prévus pour les touristes et les localités voisines. La majeure partie des retombées a été enregistrée au site d’observation d’Uēkahuna et au camp militaire du Kīlauea, dans le Parc national des volcans d’Hawaï, ainsi que sur des portions de la Highway 11 et sur le terrain de golf de Volcano. Les téphras qui sont retombés sur les zones situées au nord-est des bouches éruptives ont formé une couche au sol. Une partie de la Highway 11 et du Parc national a été temporairement fermée par mesure de sécurité et pour permettre le nettoyage des téphras.

Téphras sur la Highway 11 (Source: réseaux sociaux)

Des téphras plus légers, mais en abondance, ont été signalés dans d’autres secteurs du terrain de golf de Volcano, ainsi qu’à Volcano Village et dans les Mauna Loa Estates. Ces zones ont reçu des retombées moins importantes, allant jusqu’à la taille de lapilli. Les communautés plus éloignées n’ont signalé que des retombées de cendres et de « cheveux de Pélé ».

Les retombées de téphras sont un souci pour les personnes qui dépendent des systèmes de récupération d’eau de pluie installés sur leurs toits. Des scientifiques ont prélevé des échantillons de cendres, d’eau de ruissellement et d’eau des réservoirs de récupération dans les zones touchées afin de comprendre à quel point ces dépôts de téphras peuvent affecter la qualité de l’eau. L’un des principaux dangers est le fluorure, qui peut enrober les particules de téphra et se dissoudre ensuite dans l’eau. D’autres contaminants potentiels associés aux cendres volcaniques, tels que l’arsenic, le cadmium, le chrome, le cuivre et le plomb, sont présents en trop faible quantité pour être détectés. L’impact le plus important sur la qualité de l’eau se produit lors des premières pluies suivant une éruption, lorsque la plupart des contaminants présents sur les téphras sont lessivés. Les personnes qui utilisent des systèmes de récupération d’eau de pluie peuvent réduire ce risque en déconnectant temporairement les descentes de gouttière avant les retombées de téphras, en couvrant les réservoirs de stockage et en balayant les téphras sur les toits et les gouttières avant de reconnecter leurs systèmes.
Les téphras peuvent également causer des irritations aux yeux, à la peau et aux voies respiratoires. Lors du nettoyage des téphras, il est conseillé de porter un équipement de protection tel qu’un masque, des lunettes de protection, des gants et des vêtements de protection (manches longues, chapeau et chaussures fermées). La zone affectée par les retombées de téphras lors des épisodes au sommet du Kīlauea peut varier en fonction du comportement des fontaines de lave et des conditions de vent.
Source : USGS HVO.

Nuages de téphras pendant l’Épisode 43 (Capture d’écran)

Selon le HVO, les fontaines de lave de l’Épisode 44 devraient jaillir entre le 30 mars et le 8 avril 2026.

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Episode 43 of the Kilauea eruption reached new lava fountain height record andcaused tephra fallout on nearby communities. The Hawaiian Volcano Observatory has dedicated a special Volcano Watch article to this event that began in the morning of March 10 2026 and continued for 9 hours. The article also insists on the consequences for populated areas.

The north and south vents erupted lava fountains, with the south vent fountain reaching 531 meters high, a new record for this episodic summit eruption.

Southwesterly winds carried tephra toward visitor overlooks and nearby communities. Most of the fallout accumulated at Uēkahuna Overlook and Kīlauea Military Camp in Hawaiʻi Volcanoes National Park, as well as portions of Highway 11 and the Volcano Golf Course area. These areas, located northeast of the vents, experienced continuous ground coverage. Part of Highway 11 and Hawaiʻi Volcanoes National Park were temporarily closed for safety purposes and to allow for tephra cleanup.

Lighter but still widespread tephra was reported in other parts of the Volcano Golf Course area as well as Volcano Village and Mauna Loa Estates. These areas received sparser fallout, ranging up to lapilli in size. More distant communities reported only ash and Pele’s hair.

Tephra fall raises concern for residents who rely on rooftop rainwater catchment systems. Scientists collected ash, rooftop runoff and catchment tank water samples from affected areas to understand how these tephra deposits might affect water quality. One of the main concerns is fluoride, which can coat tephra particles and then dissolve into water. Other potential contaminants associated with volcanic ash — such as arsenic, cadmium, chromium, copper and lead — were too low to detect.

The largest impact on water quality occurs during the first flush of rain after an eruption, when most contaminants are washed from the tephra. Residents using rainwater catchment systems can reduce risk by temporarily disconnecting downspouts before tephra fall, covering storage tanks and cleaning tephra from roofs and gutters before reconnecting their systems.

Tephra is also an eye, skin and respiratory irritant. When clearing tephra, it is advisable to wear protective equipment such as a mask, eye protection, gloves and protective clothes such as long-sleeves, a hat and covered shoes. The area affected by tephra fallout during Kīlauea summit episodes can vary depending on lava fountaining behavior and wind conditions.

Source : USGS HVO.

According to the HVO, the lava fountains of Episode 44 could be observed between March 30 and April 8, 2026.

Risques liés à l’entrée de la lave dans l’océan // Hazards associated with lava entry into the ocean

Pour le moment, l’entrée de lave dans le secteur du Grand Brûlé est assez réduite et ne présente pas de risques élevés.

Crédit photo: PGHM

Si le débit effusif venait à augmenter, la situation pourrait devenir plus compliquée. Hawaï illustre parfaitement les dangers liés aux entrées de lave dans l’océan. J’ai vu des coulées se déverser dans l’océan Pacifique sur des centaines de mètres.

Lorsque la lave entre en contact avec l’eau de mer, son refroidissement rapide génère d’épais panaches composés de vapeur d’eau, de gaz volcaniques et de fines particules de verre, lorsque la roche en fusion se fragmente au contact de l’eau. Ces nuages ​​de vapeur et de gaz se forment lorsque la lave à très haute température réchauffe l’eau de mer, produisant une vapeur nocive contenant de l’acide chlorhydrique et de fines particules de verre volcanique. Ces panaches peuvent irriter les yeux et les voies respiratoires des personnes se trouvant sous le vent et réduire la visibilité près du littoral.

L’entrée de lave dans l’océan crée également des accumulations et plateformes instables de lave nouvellement solidifiée qui s’étendent depuis le rivage vers la mer. Ces deltas de lave temporaires se forment par accumulation et refroidissement de coulées successives. Cependant, leur structure reste fragile et ils peuvent s’effondrer brutalement, avec des explosions et des projections de fragments de roche brûlante et d’eau de mer vers l’intérieur des terres. Danger !

L’interaction entre la lave et l’eau de mer peut également générer de brèves explosions lorsque l’eau de mer se retrouve piégée sous la lave en train d’avancer. La détente rapide de la vapeur peut fragmenter la croûte externe de la coulée, avec des projections de fragments de lave et des jets de vapeur.

Photos: C. Grandpey

À la Réunion, le système de surveillance de la qualité de l’air a détecté un dépassement temporaire du seuil d’alerte sanitaire pour le SO₂ dans la zone de Bourg Murat le 16 mars 2026. Les concentrations de SO₂ ont dépassé le niveau d’alerte de 500 µg/m³ par heure pendant trois heures consécutives, avec une moyenne horaire de 593 µg/m³ et un pic à 673 µg/m³ avant de revenir à des niveaux inférieurs. Les autorités expliquent que la qualité de l’air autour du volcan peut évoluer rapidement lors d’une éruption, en fonction de l’activité volcanique et des conditions météorologiques, notamment la direction du vent. Des concentrations élevées de gaz volcaniques peuvent affecter les personnes souffrant de problèmes respiratoires comme l’asthme. Il est donc conseillé aux habitants des zones concernées de limiter les activités physiques intenses en extérieur.

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For the time being, the lava entry in the Grand-Brûlé area is quite reducedand does not include high risks.

Should an increase in the lava flow occur, the situation might become more risky. Hawaii is a perfect example of hazards associated with lava entries. I have ssen the lava flow into the Pacific Ocean over hundreds of meters.

When lava comes into contact with seawater, rapid cooling produces dense plumes composed of water vapor, volcanic gases, and fine glass particles when the molten rock fragments on contact with the water. The steam and gas clouds form when hot lava heats seawater, producing acidic steam that contains hydrochloric acid and fine volcanic glass particles. These plumes can irritate the eyes and respiratory system of people exposed downwind and may reduce visibility near the coastline.

Ocean entry also creates unstable accumulations of newly solidified lava fragments that build outward from the shoreline. Temporary lava deltas form as successive flows pile up and cool, but they remain structurally unstable and can collapse suddenly, producing localized explosions and sending fragments of hot rock and seawater inland.

The interaction between lava and seawater can also generate brief explosive bursts when seawater becomes trapped beneath advancing lava. Rapid steam expansion may fragment the outer crust of the flow, ejecting lava fragments and forming short-lived jets of steam and debris along the entry point.

Air-quality monitoring conducted on Réunion Island detected a temporary exceedance of the health alert threshold for SO2 in the Bourg Murat area on March 16, 2026. SO2 concentrations exceeded the alert level of 500 µg/m³ per hour for three consecutive hours, reaching an hourly average of 593 µg/m³ with a peak of 673 µg/m³ before returning to lower levels.

Authorities note that air-quality conditions around the volcano can change rapidly during an eruption, depending on volcanic activity and weather conditions, especially wind direction. Elevated concentrations of volcanic gases may affect individuals suffering from respiratory problems like asthma. Residents in affected areas are advised to reduce intense outdoor activity.