Incendies et changement climatique en Californie // Wildfires and climate change in California

En Californie, en 2018, 5 090 incendies ont brûlé une superficie estimée à 2 978 kilomètres carrés. Ces chiffres ont été communiqués le 9 août 2018 par le Service des Eaux et Forêts et de la Protection contre les Incendies. Le Mendocino Complex Fire qui a brûlé plus de 1,200 km2 est devenu le plus grand feu de forêt de l’histoire de l’État.

Au-delà des dégâts et des tragédie personnelles qu’ont provoqués ces incendies, une autre catastrophe se profile à l’horizon: la libération brutale du dioxyde de carbone, l’une des principales causes du réchauffement climatique.
Alors que des millions de kilomètres carrés brûlent sur des périodes plus longues et avec plus d’intensité, les efforts considérables déployés par la Californie pour protéger l’environnement peuvent être partiellement réduits à néant par un seul incendie de forêt. Les lois environnementales en Californie sont strictes, mais elles ont des limites car elles s’appliquent uniquement aux émissions de gaz anthropiques. La pollution par le carbone et autres gaz générés par les incendies de forêt n’est pas prise en compte.
Les incendies de forêts causent des dégâts immédiats ; ils rejettent du dioxyde de carbone et d’autres gaz qui réchauffent la planète. Le problème, c’est qu’ils continuent d’infliger des dégâts longtemps après que les incendies ont été éteints. Entre 2001 et 2010, ils ont généré environ 120 millions de tonnes de carbone.
Comme c’est souvent le cas dans les catastrophes environnementales, une chose en entraîne une autre, créant une double punition. En brûlant, les arbres dégagent du carbone noir, mais une fois que la forêt a été détruite, sa capacité à absorber et à stocker le carbone de l’atmosphère a disparu. .
Les scientifiques estiment que dans les zones gravement brûlées, seule une petite fraction (estimée à 15%) des émissions d’un arbre brûlé est libérée pendant l’incendie. La majeure partie des gaz à effet de serre est libérée ultérieurement, pendant les mois et les années pendant lesquelles la plante meurt et se décompose. De plus, si une forêt incendiée est remplacée par du maquis ou des broussailles, cette végétation perd plus de 90% de sa capacité à absorber et à stocker le carbone.
Les incendies à grande échelle peuvent provoquer de graves dégâts en peu de temps. Le Service des Eaux et Forêts estime que le Rim Fire de 2013 dans le centre de la Californie a produit l’équivalent des émissions de dioxyde de carbone de 3 millions de voitures. Cela va à l’encontre des efforts de l’État pour réduire le nombre de voitures sur les routes.
Le rôle des incendies de forêt comme source majeure de pollution a été identifié il y a dix ans, lorsqu’une étude menée par le Centre National de Recherche Atmosphérique (NCAR) a conclu qu ‘« une saison ponctuée de violents incendies peut, en un ou deux mois, libérer autant de carbone que l’ensemble du secteur des transports ou de l’énergie d’un seul État. » La situation a été aggravée par une épidémie qui a entraîné la mort des arbres ; elle a été provoquée par la sécheresse, les maladies et les insectes. On estime à 129 millions le nombre d’arbres morts en Californie. Cette perte à elle seule pourrait porter un coup à la volonté de l’État d’avoir un avenir dépourvu de carbone.
Source: Médias d’information californiens.

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In California in 2018, a total of 5,090 fires burned an area estimated at 2,978 square kilometres, according to the California Department of Forestry and Fire Protection The active Mendocino Complex Fire has burned more than 1,200 km2, becoming the largest wildfire in the state’s history.

Beyond the devastation and personal tragedy of the fires, another disaster looms: the sudden release of the carbon dioxide that drives climate change.

As millions of square kilometres burn in a cycle of longer and more intense fire seasons, the extensive efforts of the State to protect the environment can be partly undone in one firestorm. California’s environmental regulations are known to be stringent, but they have limits: They apply only to human-caused emissions. Carbon and other pollution generated by wildfires is outside the grasp of state law.

The greenhouse gases released when forests burn not only do immediate harm, discharging carbon dioxide and other planet-warming gases, but also continue to inflict damage long after the fires are put out. The air board estimates that between 2001 and 2010, wildfires generated approximately 120 million tons of carbon.

As is so often the case in environmental catastrophes, one thing leads to another, creating a double whammy: Burning trees not only release black carbon, but once a forest is gone, its prodigious ability to absorb carbon from the atmosphere and store it is lost, too.

Scientists estimate that in severely burned areas, only a fraction of a scorched tree’s emissions are released during the fire, perhaps as little as 15 percent. The bulk of greenhouse gases are released over months and years as the plant dies and decomposes.

And if a burned-out forest is replaced by chaparral or brush, that landscape loses more than 90 percent of its capacity to take in and retain carbon.

Severe fires have the capacity to inflict profound damage in a short span. The U.S. Forest Service estimates that the 2013 Rim Fire in central California spewed out the equivalent of the carbon dioxide emissions from 3 million cars. That is a setback to the state’s effort to get cars off the road.

The role of wildfire as a major source of pollution was identified a decade ago, when a study conducted by the National Center for Atmospheric Research concluded that “a severe fire season lasting only one or two months can release as much carbon as the annual emissions from the entire transportation or energy sector of an individual state.” The situation has been made worse by the state’s epidemic of tree death, caused by drought, disease and insect infestation. The number of dead trees across California is estimated to 129 million. That loss alone could be a blow to the state’s vision of a low-carbon future.

Source : Californias news media.

Carte des incendies en Californie le 9 août 2018 (Source : Cal Fire)

 

L’éruption du Kilauea influe-t-elle sur la météo ? // Does the Kilauea eruption influence weather patterns ?

On sait depuis longtemps que les éruptions volcaniques peuvent avoir une influence sur le climat de la planète. Par exemple, 1816, mieux connue sous le nom de «Année sans été», a connu une modification des modèles climatiques dans l’hémisphère nord suite à l’éruption majeure du Tambora (Indonésie) un an plus tôt.
Cependant, on connaît moins les changements subis par les conditions météorologiques dans des secteurs bien définis suite à une augmentation de l’activité volcanique à proximité. Depuis le 3 mai 2018, l’éruption du Kilauea a déversé d’énormes volumes de lave dans le district de Puna. Dans le même temps, on a remarqué que des trombes d’eau se sont abattues sur la Grande Ile d’Hawaii autour de la zone d’activité éruptive. Depuis le début du mois de juillet, pas moins de trois séquences de très fortes précipitations ont été enregistrées dans cette région.
Les précipitations estimées par radar et confirmées par les données sur deux sites de relevés météorologiques proches, tendent à confirmer que des pluies torrentielles ont effectivement eu lieu. Ces deux sites ont reçu des hauteurs de précipitations considérables puisqu’elles ont atteint entre 62 et 75 centimètres au cours des 10 premiers jours du mois de juillet. À deux reprises au moins, les services météorologiques ont diffusé des bulletins d’alerte mettant en garde contre des précipitations abondantes en se référant aux fortes pluies qui stationnaient sur ou près de la bouche éruptive.
En 2010, des dendrochronologues de l’Université de Columbia ont montré, grâce à l’étude des cernes des troncs d’arbres, que de grandes éruptions du passé ont modifié les régimes de précipitations à travers l’Asie. Ces chercheurs ont indiqué que la météo avait été très sèche en Asie centrale pendant l’activité volcanique tandis que davantage de précipitations étaient observées dans le sud-est au cours de la même période.
Les climatologues pensent que nous avons trop tendance à considérer la terre ferme et l’atmosphère comme deux entités différentes alors que tout ce qui existe sur notre planète est interconnecté. De nombreux éléments susceptibles d’ensemencer les nuages ​​et de créer les conditions d’une pluie abondante sont présents. Ce sont la chaleur, la vapeur d’eau et éventuellement du verre volcanique et des particules de cendre. A Hawaii, ces ingrédients sont présents car la lave contient de la vapeur d’eau et des gaz dissous comme le dioxyde de soufre et le dioxyde de carbone qui peuvent être produits par une bouche volcanique.
On ne sait pas si l’activité volcanique au niveau d’une bouche éruptive peut augmenter les précipitations dans la région. Cependant, on sait que les sources de chaleur non météorologiques telles que les feux de forêt et les éruptions volcaniques peuvent favoriser la formation de nuages ​​cumuliformes connus sous le nom de pyrocumulus ou pyrocumulonimbus.
Cependant, tous les scientifiques ne sont pas d’accord avec l’approche selon laquelle les éruptions volcaniques favoriseraient la formation de nuages et donc de précipitations abondantes. Certains affirment que la géographie locale d’Hawaï joue un rôle prépondérant, même si la contribution des gaz volcaniques à l’augmentation des précipitations ne saurait être négligée. Afin de déterminer s’il existe une corrélation directe entre l’activité éruptive et l’augmentation des précipitations, il faudrait évaluer les régimes de précipitations régionaux et les sources d’eau locales.
Il convient de noter que le côté nord du Kilauea est recouvert d’une forêt tropicale tandis que le côté sud est désertique avec des précipitations très localisées.
Dans une étude publiée dans le Journal of Geophysical Research en 2013, des chercheurs de l’Université de Columbia ont indiqué que de grandes éruptions volcaniques peuvent aussi entraîner une réduction des précipitations dans de nombreuses régions, tandis que d’autres secteurs restent plus humides. D’autres chercheurs sont arrivés à des conclusions similaires, avec une tendance globalement plus sèche suite à l’activité volcanique.
Source: National Weather Service.

Le site Accuweather nous rappelle que certaines régions de l’est d’Hawaï sont réputées pour les fortes pluies et reçoivent généralement entre 3 000 et 7 000 mm de précipitations par an (voir la carte ci-dessous).

Il est bon de rappeler la différence entre les mots ‘climat’  et ‘météo’. On parle de climat lorsque sont considérés une série d’événements météorologiques sur une longue période. Il n’y a pas de durée précise, mais les climatologues évoquent souvent une période d’au moins 30 ans qui leur permet d’établir une moyenne significative. La dernière période de référence est la période 1981-2010. De son côté, la météorologie correspond à l’observation des conditions météo en un lieu donné et à un instant précis. Elle se définit par quelques valeurs instantanées et locales de température, de précipitations, de pression, d’ensoleillement, etc.

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It has long been known that volcanic eruptions can alter global climate patterns. For instance, 1816, better known as the « Year Without a Summer, » confirmed this situation when global climate patterns were altered in the Northern Hemisphere following the explosive eruption of Indonesian volcano Mount Tambora one year earlier.

However, less has been documented on the impacts of localized weather patterns following an increase in nearby activity. Since May 3rd, 2018, the eruption of Kilauea Volcano poured huge volumes of lava in the Puna district. Meantime, torrential downpours also struck Hawaii Big Island around the area of activity. Since the start of July, no fewer than three separate instances of very heavy rainfall have happened over this area of southeastern Hawaii.

Radar estimated rainfall, backed by actual rainfall data from two nearby weather observers, strongly tend to confirm that, indeed, torrential rainstorms have taken place. These two sites have received rainfall of at least 62-75 centimetres within the first 10 days of the month. On at least two occasions, the local National Weather Service issued statements warning of high rainfall rates, owing to stationary heavy rain returns centered over or near the eruptive vent.

In 2010, dendrochronologists at Columbia University showed that large eruptions in the past altered rainfall patterns throughout Asia through their analysis of tree rings. The team’s research indicated much drier weather in central Asia during volcanic activity, while more rain tended to fall in southeastern Asia during the same period.

Climatologists say that we might think of the study of the solid earth and the atmosphere as two different things, but really everything in the system is interconnected and many of the ingredients for seeding clouds and creating the conditions for heavy rain are present during volcanic venting. The ingredients needed include heat, additional water vapour and potentially volcanic glass or ash particles. The lava contains water vapour and dissolved gases like sulfur dioxide and carbon dioxide as prime examples of being released by the volcanic vent in Hawaii.

It remains unknown whether volcanic venting may be increasing rainfall in the region. However, non-meteorological heat sources, such as forest fires, can create clouds. Towering cumuliform clouds triggered by a non-meteorological heat source, such as wildfires and volcanic eruptions, are known as pyrocumulus or pyrocumulonimbus.

Howevern alla scientists do not agree with this approach. Some say that Hawaii’s local geography plays the primary role, even if the possibility that volcanic gases could contribute to the ingredients needed to create storm systems should not be left aside. In order to determine if there is any direct correlation between the volcanic venting and increased precipitation, regional rainfall patterns and local water sources would need to be assessed.

It should be noted that the north side of Kilauea is a rain forest while the south side is desert, stating that rainfall in the area is very localized.

In a study published in the Journal of Geophysical Research in 2013, researchers indicated that large volcanic eruptions can actually lead to reduced rainfall in a wide range of areas, while some trended wetter. Columbia University researchers came to similar conclusions, seeing an overall drier trend in most areas following volcanic activity.

Source : National Weather Service.

The website Accuweather reminds us that parts of eastern Hawaii are famous for heavy rain and usually receive between 3,000-7,000 mm of precipitations per year (see map below).

It is useful to remember the difference between the words ‘climate’ and ‘weather’. We talk about ‘climate’ when we consider a series of meteorological events over a long period. There is no precise duration, but climatologists often mention a period of at least 30 years that allows them to establish a significant average. The last reference period is 1981-2010.
For its part, ‘meteorology’ is the observation of weather conditions in a given place and at a specific time. It is defined by some instantaneous and local values of temperature, precipitation, pressure, sunshine, etc.

Bilan hydrologique de la Grande Ile (Source : Accuweather)

Les volumineux panaches de vapeur d’eau et de gaz volcaniques provoquent-ils un excès de précipitations dans la région de l’éruption? (Crédit photo : USGS / HVO)

Le « vog » du Kilauea perturbe la vie jusqu’à Kona // Kilauea’s « vog » disturbs life as far as Kona

Le Hualalai est le volcan le plus proche de Kona dans l’ouest de la Grande Ile d’Hawaï mais il est inactif en ce moment. Malgré cette inactivité, la ville est enveloppée d’un voile de vog, ou brouillard volcanique, produit par l’éruption du Kilauea dans la Lower East Rift Zone. En conséquence, la qualité de l’air a atteint un niveau «malsain» dans la région de Kona.
Selon les services sanitaires, Kona a connu une journée «rouge» le 29 mai 2018. Depuis l’installation d’un capteur de qualité de l’air à Kona en 2009, les autorités disent que c’est la première fois que la région de West Hawaii atteint un niveau « malsain » qui signifie que la population peut commencer à ressentir des effets sur la santé et que les personnes sensibles peuvent être davantage incommodées.
Depuis le début de l’éruption le 3 mai, la condition de l’air est devenue préoccupante dans les districts de Puna et de Ka’u à cause des gaz nocifs et des nuages de cendre. Maintenant, c’est au tour de la région de West Hawaii d’être envahie par le vog.
Selon le Département des Sciences de l’Atmosphère de l’Université d’Hawaï, 2 500 tonnes d’émissions gazeuses étaient enregistrées quotidiennement dans l’atmosphère avant l’activité volcanique de ce mois-ci. Depuis le 3 mai, ce chiffre est passé à 35 000 ou 40 000 tonnes. Malgré le fait que les concentrations chutent rapidement loin de sa source, Kona reçoit en ce moment 15 à 20 fois la quantité normale de gaz.
La fluctuation de la concentration de gaz est liée aux conditions météorologiques. Un léger changement de direction ou de vitesse du vent peut faire varier considérablement les concentrations de SO2 dans l’air et il n’est pas impossible que l’île d’Oahu soit, elle aussi, affectée par le vog.
Les instruments mesurent deux types de particules: les PM2,5 et les PM10, qui dépendent de la taille des particules. Les PM2.5 sont contenues dans la brume ou la fumée, tandis que les PM10 sont des particules plus grosses dans les nuages de cendre ou de poussière.
La qualité de l’air à Kona au cours de la semaine dernière a été particulièrement médiocre et beaucoup de gens qui ne sont généralement pas gênés par le vog en ressentent les effets en ce moment. Les services sanitaires sont en train de recenser les sites propices à l’installation de capteurs de particules à Kona. Ils essayent aussi de trouver des solutions pour alerter la population les jours où la qualité de l’air est mauvaise.
Les participants à plusieurs événements sportifs comme la course de qualification à l’ Ironman 70.3 ou la King Kamehameha Day Regatta  qui auront lieu dans les prochaines semaines sont inquiets.
Les récits de la situation à Hawaii dans les médias ont eu un impact négatif sur l’île, en particulier quand il s’est dit que les navires de croisière comme Pride of America avaient annulé les escales à Hilo et à Kona.
Source: Presse hawaiienne.

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Hualalai is the nearest volcano to Kona in West Hawaii but it is inactive at the moment. Despite this inactivity, the town is covered with a shroud of vog, or volcanic fog, produced by the current Kilauea eruption in the Lower East Rift Zone. As a consequence, air quality has reached “unhealthy” levels in the area.

According to the Department of Health, Kona was a “red” air day throughout May 29th, 2018. Since the installation of the air quality monitor in Kona in 2009, health officials say this is the first time they have seen West Hawaii reach these unhealthy levels. “Unhealthy” means that people may begin to experience health effects and members of sensitive groups may experience more serious health effects.

Since the beginning of the eruption on May 3rd, conditions have become hazardous in areas of Puna, the Ka‘u District because of noxious gases and ashfall. Now, it is up to West Hawaii to be bombarded with clouds of vog.

According to the University of Hawaii’s Department of Atmospheric Sciences, 2,500 tons of emissions were released into the atmosphere daily before this month’s volcanic activity. Since May 3rd, between 35,000 and 40,000 tons have been released. Concentrations drop down quickly away from its source, but Kona is getting 15-20 times the amount of normal.

Concentration fluctuation has to do with weather patterns. A small shift in wind direction or speed can cause very different outcomes whenever it comes to the concentrations of SO2 in the air. There is a chance of vog-related air making its way to Oahu.

There are two types of particulate matter measured: PM2.5 and PM10, which relate to the size of the particles. PM2.5 is haze or smoke, while PM10 are bigger particles such as ash or dust.

Conditions in Kona during the past week have been severe and there are a lot of people feeling the effects who are not usually bothered by the vog. The Health Department is looking at sites to set up more particle sensors in Kona, as well as trying to figure out how they can alert the community when these poor air quality days occur.

Participants in several sporting events like the Ironman 70.3 Hawaii qualifier race or the King Kamehameha Day Regatta due to take place in the coming weeks are worried.

The media exposure has had a negative impact on the island, especially when they said that cruise ships like Pride of America had cancelled stops in Hilo and Kona.

Source : Local newspapers.

Crédit photo: USGS

Kilauea (Hawaii): Une éruption à huis clos // An eruption behind closed roads

Ces derniers jours, plusieurs visiteurs de ce blog m’ont demandé si ce serait une bonne idée d’aller à Hawaï pour admirer l’éruption. Ma réponse est définitivement « Non! », Du moins pas pour le moment. Comme je l’ai écrit dans mes différentes notes, l’éruption dans l’East Rift Zone du Kilauea a détruit de nombreuses maisons, les habitants ont tout perdu et beaucoup d’entre eux sont contraints de vivre dans des centres d’hébergement. Au total, quelque 2 000 personnes ont été évacuées. Heureusement, aucun décès et une seule blessure grave ont été signalés.
La plupart des routes d’accès à Lower Puna sont fermées et strictement contrôlées par la police par crainte de vandalisme dans les maisons laissées vides par leurs propriétaires. Les habitants ont seulement été autorisés à pénétrer rapidement dans leurs maisons pour récupérer leurs effets personnels et leurs animaux de compagnie. Plusieurs personnes extérieures ont été refoulées aux postes de contrôle. Dans plusieurs déclarations, la Protection Civile a insisté sur le fait que les personnes étrangères à la zone affectée par l’éruption devaient rester à l’écart: « Ce n’est pas le moment de faire du tourisme. Les habitants des Leilani Estates traversent une période très difficile. Nous demandons votre compréhension. »
Personnellement, je pense que les autorités ont eu raison d’interdire l’accès à la zone de l’éruption à cause des dangers qu’elle génère. Une vingtaine de fractures se sont ouvertes dans les Leilani Estates et les Lanipuna Gardens. Elles font souvent jaillir d’impressionnantes fontaines de lave qui donnent naissance à des coulées qui avancent parfois très vite. Un danger majeur serait de se faire encercler et de se trouver isolé.
Un autre danger concerne les gaz, en particulier le  SO2, qui ont envahi toute la zone.
Tous ces événements expliquent pourquoi je dissuade quiconque de visiter cette partie de la Grande Ile.
Ce ne serait pas, non plus, une bonne idée de visiter le parc National des Volcans d’Hawaii dont la plus grande partie a été fermée au public. Des sites comme le Jaggar Museum ou la Volcano House sont fermés en raison de l’activité dans le cratère de l’Halema’uma’u où l’Overlook Crater a perdu son lac de lave. Cette dernière coule maintenant dans le District de Puna et la bouche maintenant vide est secouée par des explosions qui envoient des panaches de cendre partout sur la zone sommitale et ses environs.
En bref, si vous voulez juste aller à Hawaii pour voir l’éruption, je pense que vous avez intérêt à rester à la maison. Par contre, si vous avez l’intention d’entreprendre le long voyage pour visiter l’archipel (le reste de Big Island, Maui, Oahu, Kauai …), vous pouvez acheter un billet d’avion et vous ne serez pas déçu. Des sites comme l’Haleakala à Maui ou le Canyon de Waimaea à Kauai méritent vraiment d’être vus.

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These last days, several visitors of this blog asked me if it would be a good idea to go to Hawaii and see the eruption. My answer is definitely “No!”, at least not for the moment. As I put it in my different notes, the eruption in Kilauea’s East Rift Zone has destroyed many homes, with the residents losing everything and many of them forced to live in shelters. In all, about 2,000 people have been evacuated. Fortunately, no deaths and only one serious injury have been reported.

Most access roads to Lower Puna are closed and strictly controlled by the police for fear of vandalism in the houses left empty by the evacuees. Residents only have been allowed to rapidly visit their homes to retrieve their belongings and their pets. Several non residents were turned away at the checkpoints. In several statements, the Civil Defense stressed that outsiders should steer clear: “This is not the time for sightseeing.The residents of Leilani Estates are going through a very difficult time. We ask for your understanding.”

I personally think it is a good thing access has been forbidden because of the dangers generated by the eruption. Twenty fissures or so have opened in the Leilani Estates and Lanipuna Gardens. They often emit huge lava fountains that give birth to flows which are sometimes travelling very fast. One major danger would be to find oneself isolated.

Another danger is the gases, mainly SO2, that have invaded the whole area.

All these events explain why I would currently dissuade anyone to visit that part of Hawaii Big Island.

It would not be a good idea either to visit Hawaiian Volcanoes National Park whose largest part has been closed to the public. Sites like the Jaggar Museum or the Volcano House are closed due to activity in Halema’uma’u Crater where the Overlook Crater no longer harbours a lava lake. The lava is now flowing in the Puna District and the empty vent is shaken by explosions that send ash plumes all over the summit area and its surroundings.

In short, if you just want to go to Hawaii to see the eruption, I think you’d better stay at home. If you want to start the long journey to visit the archipelago (Big Island, Maui, Oahu, Kauai…), you can buy a plane ticket and you will not be disappointed. Sites like Haleakala on Maui or the Canyon of Waimaea on Kauai really deserve to be seen.

Vue de l’éruption, des fontaines et coulées de lave et des émissions de gaz (Crédit photo: USGS)

L’Haleakala et le Canyon de Waimea compte parmi les hauts lieux du tourisme à Hawaii (Photos: C. Grandpey)

Vers une crise sanitaire dans le District de Puna ? // Toward a health crisis in the Puna District?

En raison des gaz volcaniques – SO2 et H2S, entre autres – qui ont envahi le District de Puna, de nombreuses personnes souffrent de problèmes respiratoires et d’autres maladies chroniques. Comme je l’ai écrit précédemment, le problème respiratoire le plus récent est la «laze» – ou brume de lave – qui se forme quand la lave très chaude se mélange à l’eau de mer froide pour produire un panache de vapeur où cohabitent de l’acide chlorhydrique et des particules de verre.
Pire encore, les habitants de Puna étaient déjà exposés aux maladies respiratoires avant l’éruption actuelle et ils ont tendance à avoir moins de ressources pour faire face à leurs maladies. Selon les services sanitaires, le taux de maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) est plus élevé chez les adultes de 45 ans et plus dans le District de Puna ; une personne sur 10 vit avec la maladie, contre environ 6% dans les autres îles. Environ 20% des adultes et 25% des enfants sont asthmatiques, contre 17,5% et 16,8% respectivement dans l’ensemble de l’État.
Avec les maladies respiratoires, le District de Puna a le deuxième taux de pauvreté le plus élevé de l’État d’Hawaï et ces deux facteurs sont souvent étroitement liés. Il y a plus de pauvreté dans les districts de Puna et Kau qu’ailleurs dans l’Etat sauf à Waianae. Un médecin a déclaré: « Si vous considérez des personnes déjà désavantagées parce qu’elles sont confrontées à des taux anormalement élevés d’asthme, de maladies cardiaques et de maladies pulmonaires à cause de disparités économiques et ethniques, et que vous y ajoutez  une éruption volcanique, vous êtes sûr d’avoir une crise  »
L’urgence volcanique aggrave les problèmes de santé au sein de la population vulnérable de Puna, en particulier les personnes âgées, les enfants et les personnes souffrant de maladies respiratoires préexistantes. Ces personnes sont deux fois plus susceptibles de développer une maladie respiratoire aiguë lorsqu’elles sont exposées à des niveaux élevés de SO2.
Maintenant que les gens ont été évacués de leurs maisons, on va assister à une crise de santé comportementale. Le problème est rendu plus aigu par une pénurie de médecins et de spécialistes en soins primaires. Il n’y a que trois médecins à temps plein pour toute la zone. Il n’y aurait pas assez de médecins pour prendre soin de la population dans des circonstances normales, et les circonstances actuelles sont loin d’être normales. La Croix-Rouge américaine a effectué plus de 1 100 interventions médicales et de santé mentale auprès des personnes qui sont venues lui rendre visite. Un porte-parole de l’organisation a déclaré: « Nous n’avons pas les services médicaux dont nous avons besoin et la santé d’un grand nombre de personnes est mise en danger. C’est très stressant, mais nous essayons de faire face. J’ai peur que ces gens souffrent et le pire est à venir. »
Source: Honolulu Star Advertiser.

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Because of the volcanic gases – SO2 and H2S, among others – that have invaded Lower Puna, many people are suffering from respiratory illness and other chronic diseases. As I put it before, the most recent respiratory concern is “laze” — or lava haze — when hot lava mixes with cold seawater to produce a plume of steam laced with hydrochloric acid and glass particles. Making matters worse, Puna residents had a higher incidence of respiratory illnesses before the recent eruption and tend to have fewer resources to deal with their illnesses.

According to the Health Department, the rate of chronic obstructive pulmonary disease (COPD) is higher in Puna’s adult population 45 years and older, with 1 in 10 living with the condition, compared with about 6 percent across the islands. About 20 percent of adults and 25 percent of children have been diagnosed with asthma, versus the statewide average of 17.5 percent and 16.8 percent, respectively.

Together with the respiratory illnesses, the District of Puna has the second-highest poverty rate in the State of Hawaii and these two factors are often closely connected. There is more poverty in the Puna and Kau districts than anywhere else in the state except for Waianae Said one doctor: “If you take people already at a disadvantage because they have higher rates of asthma, heart disease and lung disease because of economic and ethnic disparities and on top of it you hit them with a volcanic eruption, now you’re talking about a crisis.”

The volcanic emergency is worsening the health of Puna’s vulnerable population, particularly seniors, children and those with pre-existing respiratory illnesses. They are twice as likely to develop acute respiratory disease when exposed to high levels of SO2.

Now that people are displaced from their homes, there will be a behavioural health crisis. The problem is made more difficult by a severe shortage of primary-care doctors and specialists. There are only three full-time doctors to cover the entire area. There would not be enough doctors to take care of the population under normal circumstances, and circumstances are far from normal. The American Red Cross has had more than 1,100 medical and mental health service visits with clients. A spokesman of the organisation said: “We don’t get the medical support that we need. So many people’s health is in jeopardy. It’s very stressful, but we’re all trying to get through it. I’m afraid that they are suffering the worst is yet to come.”

Source : Honolulu Star Advertiser.

Les gaz volcaniques représentent un réel danger pour la population du District de Puna (Crédit photo: USGS)

Kilauea (Hawaii): Dernières nouvelles de l’éruption le 21 mai 2018 // Latest news of the eruption on May 21st, 2018

9 heures (heure française) : Inutile de se lancer dans de longs discours pour décrire la situation actuelle dans Lower Puna. Les images parlent d’elles-mêmes. En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une bonne vidéo réalisée par la compagnie Paradise Helicopters (elle est basée à l’aéroport de Hilo et je la recommande pour son sérieux). Les fractures 6 et 17 continuent à émettre des projections de lave, tandis que de volumineuses coulées sortent de la Fracture n° 20. Comme je l’ai écrit dans une note précédente, deux bras ont atteint l’océan sur la côte sud-est de Puna. Cependant, le HVO indique qu’une fracture s’est ouverte dimanche matin sous la branche orientale de la coulée, ce qui a entraîné la lave dans le sous-sol. Cette situation pourrait provoquer des changements dans le parcours de la lave vers l’océan. Pohoiki Road et la Highway 137 ont toutes deux été recouvertes par la lave, mais la Highway 132 reste accessible. Aucune lave n’est actuellement émise par les fractures dans la subdivision des Leilani Estates.
Les émissions de gaz volcaniques ont triplé à la suite des émissions de lave de la Fracture n° 20. Les concentrations de SO2 sont élevées dans toute la région en aval des bouches éruptives le long des fractures. La Protection Civile indique que la brume volcanique (laze = lava haze) produite par le contact de la lave et de l’eau de l’océan peut provoquer une irritation des poumons, des yeux et de la peau.

Source: HVO & Protection Civile.

 https://vimeo.com/271022846

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21h00 (heure française): Après les deux journées dramatiques traversées pendant l’éruption avec de nouvelles évacuations en urgence et l’arrivée de la lave dans l’océan, celles du 20 mai et le début du 21 mai sont relativement calme. La lave a traversé la route 137 et continue d’entrer dans l’océan avec deux coulées émises par la fracture n° 20.
Selon le HVO, cette lave est un bon exemple de l’imprévisibilité d’une coulée pahoehoe. Sa trajectoire dépend en grande partie du terrain et de sa composition chimique. Dimanche après-midi, les coulées avaient environ 200 mètres de large et étaient séparées d’environ 250 mètres.
Une cavité est apparue dimanche matin, peut-être au niveau d’une fracture qui s’est élargie, le long de la coulée la plus à l’est. En conséquence, la lave est happée par cette cavité et personne ne sait exactement où va cette lave, ni où elle pourrait resurgir, ni même si elle réapparaîtra. Quand une cavité semblable s’est formée lors d’une éruption précédente, la lave qui s’y est infiltrée n’est jamais réapparue.
Pour le moment, les instruments de mesures ne montrent aucun signe de ralentissement ou d’arrêt de l’éruption. Au moins 47 structures ont été officiellement détruites, mais c’est probablement davantage car ce nombre ne prend pas en compte les structures détruites pendant la nuit du 17 mai à Malama Ki.

Il convient de noter qu’une petite coulée de lave provenant de la fracture n° 22 est entrée dans le site de la centrale géothermique Puna Geothermal Venture (PGV). La coulée avance dans la direction opposée de celles qui entrent dans l’océan. La lave a pris la direction du nord-ouest en direction de la plate-forme où se trouvent les puits de la PGV, mais elle semble s’être arrêtée à 200 ou 300 mètres de la centrale proprement dite. Les techniciens sont dans la dernière phase d’obturation de deux des trois puits : le KS 9 et le KS 6, mais ils ont du mal à obturer le troisième puits, le KS 14.

Source: HVO et Protection Civile.

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9 a.m. (French time): By clicking on the link below, you will see a good video of the eruption in Lower Puna shot by Paradise Helicopters. Spattering continues from Fissures 6 and 17 with significant lava flows being erupted from Fissures 20. As I put it in a previous post, two of these lava flows from Fissure 20 reached the ocean along the southeast Puna coast. However, a crack opened under the east lava channel on Sunday morning, diverting the lava from the channel into underground voids. This may cause changes downslope in the channel system and the ocean entry. Pohoiki Road and Highway 137 have both been covered with lava, but Highway 132 is still open. No lava is currently erupting in the Leilani Estates subdivision.

Volcanic gas emissions have tripled as a result of the voluminous eruptions from Fissure 20. SO2 concentrations are elevated throughout the area downwind of the vents. Civil Defense warns that volcanic laze (lava haze = brume produite par le contact de la lave et de l’eau de l’océan)  can become a health hazard and cause lung, eye and skin irritation.

Source: HVO & Civil Defense.

https://vimeo.com/271022846

Voici une carte diffusée le 20 mai par l’USGS. Elle montre l’emplacement des coulées sur terre et les entrées dans l’océan.

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9 p.m. (French time): After two dramatic days of the ongoing eruption forcing more emergency evacuations and the lava flow reaching the ocean, May 20th and the beginning of May 21st are relatively quiet. Lava crossed Highway 137 and is still entering the ocean from two flows emanating from fissure 20.

This lava is a good example of how unpredictable a pahoehoe flow can be. It is largely determined by the terrain and the composition of the magma. On Sunday afternoon, the flows were about 200 metres wide and separated by about 250 metres.

A hole developed, possibly out of a crack on the surface that widened, along the more easterly flow Sunday morning. As a consequence, the flow is being robbed because lava is flowing down and nobody knows exactly where that lava is going, nor where it might crop up or if it will ever crop up again. When a hole formed during a previous eruption, the lava that went in never came back up again.

For the time being, the scientific parameters show no signs of the eruption slowing or ending. At least 47 structures have now officially been destroyed, but it is probably more as the count does not include any structures destroyed on May 17th at night in Malama Ki.

It should be noted that a small lava flow from fissure No. 22 has entered the Puna Geothermal Venture property. The flow is moving in the opposite direction from the flows that are entering the ocean. Lava moved northwest toward the well pad at PGV but it seems to have stalled between 200 and 300 metres from the geothermal power plant itself. Technicians are in the final stages of quenching two of the three PGV wells: KS 9 and KS 6, but are facing difficulties quenching the third well, KS 14.

Source: HVO & Civil Defense.

Arrivée de la lave dans l’océan (Crédit photo: USGS)

Des drones pour mesurer les gaz volcaniques // Drones to measure volcanic gases

Les drones sont de plus en plus populaires de nos jours et ils sont utilisés dans différents domaines d’activités, depuis la géologie jusqu’à l’agriculture. Certains d’entre eux trouvent également des applications sur les volcans, même si la présence de gaz agressifs et de turbulences dans les cratères rendent leur utilisation difficile, avec le risque de perdre cet équipement coûteux. Jeannie Curtis sur Facebook a attiré mon attention sur un article concernant l’utilisation de drones pour mesurer le dioxyde de carbone près d’un volcan actif au Costa Rica.
Black Swift Technologies (BST)*, une société d’ingénierie basée à Boulder (Colorado), a annoncé qu’elle avait mis en place un partenariat avec le Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA pour effectuer des mesures de dioxyde de carbone (CO2) sans l’air au moyen d’un drone capable de survoler la canopée à proximité d’un volcan actif.
En mesurant l’évolution des gaz volcaniques émis par les bouches éruptives et les fractures des volcans actifs, le JPL espère mieux comprendre le fonctionnement des volcans, anticiper les éruptions et avertir les populations.
Les vols ont été effectués au Costa Rica en janvier 2018. Les scientifiques ont utilisé le drone Black Swift S2 de chez BST, équipé de capteurs conçus pour mesurer le CO2 et la vapeur d’eau émis par le volcan. Les prochains vols du Black Swift S2 incorporeront des capteurs capables de mesurer le méthane, l’hydrogène sulfuré et le dioxyde de soufre, ainsi qu’un néphélomètre pour évaluer la taille et la répartition des particules volcaniques, ainsi que des sondes atmosphériques pour analyser la pression, la température et l’humidité.
Selon les partenaires, les premiers vols ont démontré qu’un drone spécialement conçu peut mesurer avec précision (contrairement aux satellites) les éléments présents dans les panaches de gaz émis par les bouches éruptives et les fractures des volcans – y compris ceux masqués par la canopée – pour quantifier les cycles de vie des volcans.
Un drone peut atteindre et se déplacer dans des endroits difficilement accessibles avec plus d’efficacité que le personnel au sol ou les aéronefs coûteux avec un pilote à leur bord. Le but des premiers vols était, dans un environnement difficile, d’utiliser un drone capable de suivre les contours de la canopée autour d’un volcan afin d’échantillonner les gaz horizontalement et verticalement. Cela permet d’obtenir des données en temps réel sur la variation du panache éruptif par rapport à l’altitude. Le drone est plus performant que les satellites qui ne peuvent calculer qu’une valeur moyenne sur tout le panache.
Les scientifiques du JPL peuvent programmer le Black Swift S2 en quelques minutes pour calculer la zone à explorer, puis commencer à collecter des données pour analyse immédiate et prise de décision. La fonction de pilotage automatique à bord du drone permet de le piloter à la fois en AGL (hauteur variable autonome suivant terrain) et en MSL (hauteur quasi constante). De plus, la conception modulaire du compartiment de la charge utile du Black Swift S2 permet une rotation rapide entre les circuits de vol, ce qui permet aux scientifiques de changer ou d’étalonner rapidement la charge utile du capteur ou de remplacer des composants. La société BST ajoute que les opérations de contrôle et la cartographie des missions sont effectuées à partir d’une simple tablette Android  sur laquelle on a chargé le logiciel SwiftTab de chez BST.
Source: Unmanned Aerial.

* Plus de détails sur les produits Black Swift à cette adresse: http://blackswifttech.com/pages/products/s2/

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Drones are getting are and more popular these days and they are used in different fields of activities ranging from geology to agriculture. Some of them are also used on volcanoes, even though the presence of aggressive gases and turbulences within the craters make their use difficult, with the risk of losing this costly equipment. Jeannie Curtis on Facebook has drawn my attention to an article about the use of drones to measure carbon dioxide close to an active volcano in Costa Rica.

Black Swift Technologies (BST), a specialized engineering firm based in Boulder, Colorado, has announced a successful collaboration with NASA’s Jet Propulsion Laboratory (NASA/JPL) to capture airborne carbon dioxide (CO2) measurements via a small unmanned aircraft system (sUAS) over the forest canopy near an active volcano.

By measuring and monitoring the prevalence of volcanic gases emitted from the vents and fractures of active volcanoes, NASA/JPL hopes to better understand how volcanoes work and improve volcano eruption planning and warning capabilities.

The flights were conducted in Costa Rica in January. They used BST’s Black Swift S2 drone, equipped with sensors designed to measure CO2 and water vapour being emitted by the volcano. Future flights of the Black Swift S2 will incorporate sensors capable of measuring methane, hydrogen sulfide and sulphur dioxide, as well as a nephelometer to assess volcanic particle size and distribution, coupled with atmospheric probes to analyze pressure, temperature, humidity.

According to the partners, the flights demonstrated that a purpose-built sUAS can more accurately measure (as opposed to satellites) the compounds present in gas plumes released from vents and fractures all around volcanoes – including those obscured by tree canopy – to help quantify the life cycles of volcanoes.

A drone can go places more effectively than ground personnel or costly manned aircraft. The goal was to deploy an sUAS in a challenging environment that was capable of following the contours of the forest canopy around a volcano to sample gases horizontally and vertically to obtain real-time data on how a plume varies over altitude, as opposed to satellite observations which might just capture an average value over its entire column.

NASA/JPL scientists can program the Black Swift S2 in minutes to calculate the area under review and then begin collecting data for immediate analysis and decision-making. The autopilot function aboard the drone allows to deploy the drone at both AGL (autonomous variable height following terrain) and MSL (near constant height). Additionally, the modular design of the payload compartment of the Black Swift S2 provides for quick turn-around between flight deployments, enabling scientists to quickly change out or calibrate the sensor payload or to replace components. BST adds that mission monitoring and mapping are done from a handheld Android tablet loaded with BST’s SwiftTab software.

Source: Unmanned Aerial.

More details on the Black Swift products at this address: : http://blackswifttech.com/pages/products/s2/

Source: Black Swift Technologies