Islande : une éruption pour touristes, une source potentielle de revenus, mais pas dépourvue de dangers // Iceland : an eruption for tourists, a potential source of income, but not devoid of dangers

Malgré l’apparition de nouvelles bouches éruptives, le volcan Geldingadalir / Meradalir reste la plus petite éruption observée en Islande depuis de nombreuses décennies. C’est aussi la plus populaire de tous les temps. C’est la première fois qu’une éruption volcanique est aussi facile d’accès. Toutes les éruptions présentent des risques, mais celle-ci peut être qualifiée d’ «éruption pour touristes.»

On observe actuellement cinq bouches éruptives (six, selon les scientifiques, mais certaines bouches se rejoignent) le long d’une ligne de fractures d’environ un kilomètre de long, et rien n’indique que l’éruption touche à sa fin. Les scientifiques islandais – qui se sont plusieurs fois trompés dans leurs prévisions! – pensent qu’elle pourrait durer des mois, voire des années. En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une bonne vidéo montrant les quatre bouches éruptives et le spectacle qui a déjà attiré des dizaines de milliers de visiteurs.

https://www.ruv.is/frett/2021/04/12/new-crater-at-smallest-but-most-popular-eruption

Il n’est pas surprenant que les autorités islandaises considèrent l’éruption comme un bonus économique et une source de revenus. Business Iceland est un partenariat public-privé dont le rôle est de favoriser la promotion et la commercialisation de l’Islande sur les marchés étrangers, et de stimuler la croissance économique. La structure a commencé à lancer une campagne publicitaire pour inciter les touristes étrangers à venir admirer l’éruption dans la Geldingadalir. Plus de 40 000 personnes ont visité le site de l’éruption depuis le 24 mars 2021, date où l’Office du tourisme islandais a commencé à compter les visiteurs. Le site devrait connaître une affluence encore plus forte quand les restrictions aux frontières seront assouplies. [Voir ma note du 10 avril 2021 détaillant les conditions d’entrée en Islande).

Quelques jours après le début de l’éruption le 19 mars, Business Iceland a commencé à faire le forcing pour attirer les visiteurs étrangers sur le site. Ainsi, l’éruption est apparue dans quelque 11 000 articles dans des médias étrangers. De nombreuses images de l’éruption ont également été diffusées sur les réseaux sociaux.

La campagne publicitaire de Business Iceland inclut un partenariat avec le photographe américain Chris Burkard, qui a déjà partagé des photos et des vidéos de l’éruption avec ses 3,6 millions d’abonnés sur Instagram.

Les autorités touristiques islandaises pensent que l’éruption est susceptible de devenir l’une des destinations les plus populaires d’Islande. Il est également très intéressant de voir qu’elle se déroule au sein du Géoparc mondial UNESCO de Reykjanes, dont l’objectif est « d’utiliser la géologie de la région pour créer de la valeur. »

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Un afflux de touristes en Islande pour assister à l’éruption signifie également plus de personnes à risque. Même si l’éruption semble inoffensive, il existe des risques qui ne doivent pas être négligés. Il est déconseillé aux enfants, aux femmes enceintes, aux personnes âgées et à velles souffrant de problèmes respiratoires de se rendre sur le site de l’éruption.

Les autorités islandaises affirment que certaines personnes sur le site de l’éruption ignorent les mises en garde et entrent dans la « Danger Zone. » Certains touristes se sont même aventurés entre deux coulées de lave, avec le risque de se trouver encerclés. On peut voir cette zone de danger sur la carte ci-dessous, publiée par le Met Office islandais et valable jusqu’au 16 avril. Les sentiers de randonnée A et B sont signalés par des lignes pointillées. La Danger Zone est celle où de nouvelles fractures peuvent s’ouvrir soudainement, avec l’arrivée d’une coulée de lave difficile à éviter. Certaines fractures peuvent se rejoindre et n’en former qu’une seule.

Les gaz volcaniques sont un autre danger sur le site de l’éruption. Les secouristes ont remarqué que des personnes en excellente forme physique étaient épuisées au retour de l’éruption, bien que ce ne soit pas une randonnée difficile. Beaucoup éprouvent de la fatigue et se sentent mal au retour sans savoir pourquoi. La police a mis en garde à plusieurs reprises sur les risques occasionnés par les gaz, mais leurs avertissements ne semblent pas avoir été pris au sérieux.

Il est prévu aujourd’hui que le panache de gaz volcaniques atteigne Reykjavik, la capitale, avec un impact très léger. Il est toutefois demandé aux enfants, aux personnes âgées et à celles souffrent de problèmes pulmonaires de se montrer vigilantes.

Source: Iceland Review.

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Despite the birth of new craters belonging to the same fissure system, the Geldingadalir/Meradalir volcano remains the smallest eruption in Iceland for many decades, but it is also the country’s most popular of all time. Never before have people had such easy access to a volcanic eruption. All eruptions are dangerous, but this one can be referred to as a tourist eruption.

There are now five erupting craters (six according to the experts) along a line roughly one kilometre long, and no signs the eruption is coming to an end. Icelandic scientists – who have several times been mistaken in their predictions! – think it could potentially continue for months or years.

By clicking on the following link, you will see a good video showing all four craters and the natural spectacle that has drawn tens of thousands of visitors.

https://www.ruv.is/frett/2021/04/12/new-crater-at-smallest-but-most-popular-eruption

It comes as no surprise that Icelandic authorities see the eruption as an economic bonus and a source of revenues. Business Iceland is a public-private partnership established to lead the promotion and marketing of Iceland in foreign markets and stimulate economic growth. The structure has begun creating a marketing campaign to attract foreign tourists to the eruption in Geldingadalir.. Over 40,000 persons have visited the eruption site since the Icelandic Tourist Board began tallying visitors on March 24th, five days after the eruption began. The site is expected to become even more popular once border restrictions are relaxed. [See my post of April 10th detailing the entry conditions in Iceland).

Shortly after the eruption began on March 19, Business Iceland began working on a marketing campaign to attract foreign visitors to the site. According to their data, the Geldingadalir eruption has been featured in some 11,000 articles in foreign media outlets. There has also been a lot of visual footage of the eruption on social media and the web.

Business Iceland’s campaign includes a partnership with American photographer Chris Burkard, who has already shared photos and videos of the eruption with his 3.6 million followers on Instagram.

Icelandic tourist authorities believe the eruption could naturally become one of the coolest destinations in Iceland. It is also very interesting to see it being created within the Reykjanes UNESCO Global Geopark, whose aim is “to use the area’s geology to create value.”

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More tourists coming to Iceland to watch the eruption will also mean more people at risk. Even though the eruption looks harmless, there are risks which should not be neglected. Children, the elderly, pregnant women and people with underlying heart and lung conditions are advised not to visit the eruption site

Icelandic authorities say that some people visiting the eruption site have disregarded warnings and entered an area defined as a danger zone. Some have even ventured in between two lava streams, running the risk of becoming trapped between them. Some fissures may join and form a single one.

The defined danger zone can be seen in the map below, published by the Icelandic Met Office and valid until April 16th. Hiking paths A and B are marked with dotted lines. Inside the marked area, people could be in imminent danger. This is the area where new fissures are the likeliest to suddenly open, bringing about a sudden lava flow, difficult to escape.

Another hazard on the eruption site lies with volcanic gases. Rescue workers have noticed that people who are in excellent physical shape are experiencing exhaustion on their way back from the eruption, although it is not a difficult hike. Many experience fatigue and feel ill on the way back without knowing why. Police officers repeatedly warn people about gas pollution, but their warnings do not seem to be taken seriously.

Today, the eruptive plume is likely to reach Reykjavik with a low impact. However, children,, the elderly and people suffering from respiratory problems had better stay indoors.

Source: Iceland Review.

Source : IMO

Ils sont fous ces Russes! // Russians can be crazy !

L’éruption du cône adventif sur le Klyuchevskoy (Kamtchatka) se poursuit avec de plus en plus de touristes qui viennent assister le spectacle. Les photos publiées dans le Siberian Times montrent à quel point certains d’entre eux peuvent être inconscients. Sur les photos, on voit des personnes escalader le cône et se tenir sur le bord du cratère, au milieu des bombes envoyées par l’éruption. Il est évident que certaines personnes risquent leur vie en agissant ainsi.

Ce genre de comportement a de quoi inquiéter et la Protection Civile russe demande en permanence aux agences de voyage de cesser de conduire les touristes aussi près de l’éruption. De plus en plus de photos montrant ces comportements stupides sont diffusées sur les réseaux sociaux, avec le risque d’inciter d’autres touristes à faire de même. Des dépliants ont été distribués dans le village de Klyuchi, principal point d’accès au volcan, mais cela n’a rien changé.

Outre les explosions et les bombes lancées par le cône, les volcanologues locaux craignent que la lave qui s’écoule sous le glacier Erman provoque l’apparition de fractures en profondeur et entraîne l’effondrement de certaines parties du glacier. De plus, les coulées de boue déclenchées par la fonte du glacier et des champs de neige sont également extrêmement dangereuses. Elles présentent des risques extrêmes pour les motoneigistes qui peuvent pénétrer dans des zones instables et se retrouver prisonniers de la boue.

En une seule journée, 50 personnes sont arrivées en hélicoptère, en motoneige et à pied. L’un des guides touristiques, faisant fi des mises en garde, a escaladé le cône et a déclaré: «Mes rêves sont devenus réalité.» Cette personne devrait savoir que les rêves peuvent se transformer en cauchemars.

Source: The Siberian Times.

Voici une galerie de photos montrant ce qu’il ne faut PAS faire sur un volcan actif! https://siberiantimes.com/other/others/news/emergency-officials-plead-with-tourists-to-stop-rush-to-take-selfies-at-eurasias-highest-active-volcano/

NDLR : Ce texte ne concerne bien sûr pas les Français qui sont des gens responsables. Les reportages télévisés montrant les comportements – en particulier le port du masque – pendant la pandémie de Covid-19 sont là pour le prouver….

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The eruption of the flank cone on Klyuchevskoy (Kamchatka) continues with more and more people coming to see the show. Photos release on the Siberian Times show how unconscious some visitors can le. Some of them can be seen climbing the cone and standing on the crater rim, despite the bombs sent flying by the eruption. It is obvious some persons are risking their lives doing so.

This kind of behaviour is alarming the Russian Emergencies Ministry which warns travel companies should stop taking tourists so close to the eruption. More and more photos of tourists in front of the erupting volcano have begun to appear on social networks, which might incite other reckless tourists to do the same. Leaflets have been distributed in Klyuchi village, a key access point, but this did not stop the tourists from climbing the volcano.

Beside the explosions and the bombs thrown by the cone, local volcanologists  fear that lava flowing under the Erman glacier can lead to cracks at depth causing parts of the glacier to collapse. Mud flows triggered by the melting of the glacier and snowfields are also extremely dangerous. They pose extreme risks to snowmobilers: you can get into quick-moving unstable areas, and fall into the slime of mud streams.

One day 50 people arrived by helicopter, snowmobile and on foot. One of the tour guides who defied the warnings and climbed the volcano, said: “My dreams came true.” She should know that dreams can turn into nightmares.

Source: The Siberian Times.

Here is a photo gallery of what should NOT be done on an active volcano!

https://siberiantimes.com/other/others/news/emergency-officials-plead-with-tourists-to-stop-rush-to-take-selfies-at-eurasias-highest-active-volcano/

Crédit photo : The Siberian Times

Si le Mont Fuji (Japon) entrait en éruption… // If Mt Fuji (Japan) erupted…

Des articles récents parus dans la presse japonaise ont attiré l’attention sur la situation du Mont Fuji dont la dernière éruption remonte à 1707. Elle est connue sous le nom d’éruption Hoei, du nom de l’ère japonaise à cette époque. Le volcan a émis une énorme quantité de cendres volcaniques que le vent a transportées jusqu’à la ville de Tokyo aujourd’hui.

Dans un article publié en janvier 2020, les scientifiques nippons ont déclaré que la date précise de la prochaine éruption du Mont Fuji était imprévisible, mais beaucoup pensent que le prochain événement majeur aura lieu dans un proche avenir. En effet, plus de 300 ans se sont écoulés depuis la dernière éruption. C’est un laps de temps beaucoup plus long que l’intervalle précédent d’environ 200 ans.
Les volcanologues japonais rappellent que le Mont Fuji a été ébranlé par le puissant séisme qui a frappé la région de Tohoku en 2011 et qu’il est devenu plus instable qu’auparavant.
Si le volcan entrait à nouveau en éruption, il pourrait y avoir des retombées de cendres sur des villes voisines telles que Gotemba, avec de possibles victimes. Il est prévu une perte économique pouvant atteindre 2,5 milliards de yens. Poussée par les vents d’ouest, la cendre pourrait paralyser Tokyo et ses environs. Il y aurait très probablement des pannes d’électricité, des pénuries d’eau et des dysfonctionnements parmi les appareils électroniques ainsi que des perturbations dans les télécommunications. Les trains pourraient également être mis à l’arrêt. Les aéroports seraient obligés de fermer si les pistes étaient recouvertes de cendre. Des problèmes de santé pourraient également survenir avec l’inhalation de cendre par la population.

Dans un autre article de presse publié en mars 2020, les volcanologues japonais expliquent que les coulées pyroclastiques provoquées par l’éruption du Mont Fuji pourraient couper les routes utilisées pour l’évacuation de la population. Il est donc nécessaire de revoir les plans d’évacuation existants. Les nuées ardentes vomies par le volcan pourraient atteindre des distances supérieures de 4 kilomètres à ce qui est prévu dans la région de Fujiyoshida, et de 2 km de plus dans le secteur de Fujinomiya Cette réévaluation du risque signifie que des portions de la route à péage entre Fujiyoshida et Oyama et la Mount Fuji Skyline Road reliant Fujinomiya et Gotemba pourraient être détruites.
La carte à risques actuelle du Mont Fuji a été établie par le gouvernement central en 2004, et le Conseil de gestion des catastrophes doit la mettre à jour au cours de l’exercice 2020 qui commence en avril. La nouvelle carte devrait modifier la taille des coulées pyroclastiques dont le volume devrait passer de 1,4 million à 10 millions de mètres cubes. Cette nouvelle évaluation est faite en prenant en compte la plus grande coulée pyroclastique émise par le volcan au cours des 5 600 dernières années.
De la même façon, les simulations montrent que des coulées de lave provenant de 92 cratères potentiels pourraient atteindre Fujiyoshida et Fujinomiya dans les 24 heures suivant l’éruption, et même la ligne de train à grande vitesse Tokaido Shinkansen et l’autoroute Shin-Tomei qui relie les préfectures de Kanagawa et d’Aichi. .
Le Conseil de gestion des catastrophes a confirmé que quelque 180 éruptions ont été observées sur le Mont Fuji au cours des 5 600 dernières années. 96% étaient petites à moyennes. Environ 60% ont provoqué des coulées de lave, mais les coulées pyroclastiques ne se sont produites que dans 10% des cas.
Source : The Japan Times. .

Vous trouverez les cartes à risques du Mont Fuji à cette adresse. Ci-dessous la carte de la région nord.

https://www.city.fujiyoshida.yamanashi.jp/div/bosai/html/hazard_map/index.html

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Recent articles in the Japanese press have drawn attention to the situation of Mount Fuji whose last eruption was in 1707. It is known as the Hoei Eruption, named after the Japanese era at the time. It spewed a massive amount of volcanic ash that were blown all the way to today’s Tokyo.

In an article released in January 2020, experts said the precise timing of Mt Fuji’s next big eruption was unpredictable, but many thought the volcano was on standby for the next major event. More than 300 years have elapsed since the last eruption. It is a very long silence that surpasses the previous interval of around 200 years.

Japanese volcanologists remind the public that Mt Fuji was but shaken by the Great East Japan Earthquake that struck the Tohoku region in 2011, and it has been made more unstable than before.

Should the volcano erupt again, cinders could rain down on parts of nearby cities such as Gotemba in Shizuoka, with potentially life-threatening results. An economic loss of up to 2.5 trillion yen is expected. Pushed by westerly winds, volcanic ash could paralyze Tokyo and its surrounding metropolitan areas.That would wreak havoc on high-tech Tokyo, possibly causing blackouts, water shortages and malfunctions of electronic appliances as well as disrupting telecommunications. Trains might be suspended, too. Airport terminals would be forced to shut down if runways are covered with ash. Health problems might also arise, with the inhalation of ash.

In another press article released in March 2020, Japanese volcanologists explain that pyroclastic flows from Mount Fuji eruption could sever roads used for evacuation. So, there is rhe need to review existing evacuation plans that use the roads. The hot clouds spewed by the volcano could travel some 4 kilometres further than previously thought in Fujiyoshida, Yamanashi Prefecture, and 2 km more in Fujinomiya, Shizuoka Prefecture. The reassessment means that parts of the toll road connecting Fujiyoshida and Oyama, as well as the Mount Fuji Skyline Road connecting Fujinomiya and Gotemba could be destroyed.

The current Mount Fuji hazard map was compiled by the central government in 2004, and the Mount Fuji disaster management council is due to update it within fiscal 2020, which starts in April. The new map is expected to alter the size of pyroclastic flows to 10 million cubic metres from 2.4 million cubic metres after taking into consideration the largest pyroclastic flow that has occurred in the last 5,600 years.

In the same way, simulations show that lava flows from 92 potential crater locations could hit downtown areas of Fujiyoshida and Fujinomiya within 24 hours of the eruption and even reach the Tokaido Shinkansen bullet train line and Shin-Tomei Expressway, which connects Kanagawa and Aichi prefectures.

The council has confirmed some 180 eruptions have occurred at Mount Fuji over the past 5,600 years, with 96 percent considered small- to medium-size in scale. Some 60 percent of the eruptions caused lava flows, but pyroclastic flows only occurred in up to 10 percent of the total cases.

Source; The Japan Times.

Hazard maps of Mt Fuji can be seen at this address. Here below the map fot the northern region.

https://www.city.fujiyoshida.yamanashi.jp/div/bosai/html/hazard_map/index.html

Crédit photo: Wikipedia

Faut-il conduire des touristes sur White Island? // Should tourists be allowed on White Island ?

En Nouvelle-Zélande, comme en France, on essaie de trouver des responsables dès qu’une catastrophe vient de se produire. Après l’éruption meurtrière de White Island, certains se demandent s’il fallait autoriser des touristes à pénétrer dans le cratère alors que son niveau d’alerte avait été relevé au cours des dernières semaines. En effet, les autorités avaient fait passer le niveau d’alerte volcanique de 1 à 2 (il varie de 0 à 5) il y a quelques semaines, en faisant état « d’une activité volcanique modérée à forte ». Plus précisément, le niveau avait été relevé en raison d’une augmentation des émissions de dioxyde de soufre et du tremor volcanique, deux paramètres qui peuvent signaler une montée du magma sous l’édifice volcanique

Il appartient en fin de compte aux responsables des agences de voyages de décider s’ils peuvent conduire leurs clients sur l’île qui est une propriété privée et dont l’accès est contrôlé par des permis. Une agence, White Island Tours, a déclaré sur son site Web qu’elle visitait le site en fonction des différents niveaux d’alerte, mais a ajouté que « les clients doivent être conscients qu’il existe toujours un risque, quel que soit le niveau d’alerte ». L’une des cinq personnes tuées lors de l’éruption était un guide travaillant pour ce voyagiste.
Le directeur de l’agence a déclaré: « Conduire des visiteurs dans le cratère d’un volcan actif est souvent perçu comme un risque élevé ; c’est pourquoi nous avons donc toujours accordé une grande importance à nos systèmes de santé et de sécurité. » Au début de l’année 2019, lorsque le niveau d’alerte volcanique a été relevé, White Island Tours a déclaré que l’agence continuerait de fonctionner, mais avec du personnel supplémentaire pour s’assurer des conditions de sécurité maximales avant que les groupes débarquent sur l’île. Il a été conseillé aux touristes de porter des chaussures appropriées et l’agence a fourni des casques et des masques à gaz pour assurer la sécurité des visites.
Chaque année, environ 10 000 touristes visitent White Island. Le volcan est actif et son histoire passée montre que les événements explosifs comme celui qui s’est produit le 9 décembre 2019 ne sont pas exceptionnels. 10 mineurs de soufre ont été tués par une explosion similaire en 1914. Un conteneur a été placé sur l’île en 2016 pour servir d’abri d’urgence en cas d’éruption. Il faudrait être très proche du conteneur pour s’y réfugier en cas d’explosion soudaine! Si on se trouve au beau milieu du cratère, le conteneur ne sera d’aucune utilité !
Je pense qu’il serait injuste d’accuser White Island Tours. L’agence a averti ses clients que le volcan était actif et pourrait devenir dangereux. Elle leur a également demandé de se munir de l’équipement adéquat.
Visiter un volcan actif comporte des risques. Il appartient à chaque touriste de décider si le risque en vaut la peine.
Enfin, il convient de noter qu’aucune activité volcanique dangereuse ne se produisait lorsque les touristes ont commencé leur visite. Il en aurait été tout autrement si la visite avait eu lieu lors d’une éruption. L’agence aurait alors pu être accusée de conduire des personnes dans un environnement qu’elle savait dangereux.

Quand j’ai débarqué de l’hélicoptère à White Island en 2009, j’étais parfaitement conscient que ma visite comportait des risques. J’aurais très bien pu me faire surprendre, moi aussi, par une éruption phréatique, mais je n’aurais pas intenté de procès à la compagnie d’hélicoptère qui m’avait déposé sur le site !

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10 décembre 2019 – 9h00 (heure française): Le bilan de l’éruption de White Island reste inchangé depuis hier. Cinq personnes sont mortes. 8 autres sont portées disparues et ont probablement été tuées par l’éruption. 31 personnes sont hospitalisées et sont soignées pour de graves brûlures; les médecins craignent que certaines ne survivent pas.
La nationalité des touristes présents sur l’île au moment de l’éruption a été confirmée le 10 décembre 2019. Vingt-quatre venaient d’Australie, neuf des États-Unis, cinq de Nouvelle-Zélande, quatre d’Allemagne, deux du Royaume-Uni, deux de Chine et un de Malaisie.
Les autorités ne peuvent toujours pas se rendre sur l’île. L’activité sismique a diminué, mais les scientifiques estiment qu’il y avait 50% de risques pour que se produise une nouvelle éruption au cours des 24 prochaines heures. Les webcams sur l’île montrent des jets de gaz et de vapeur.
La police néo-zélandaise a annoncé l’ouverture d’une enquête. La catastrophe soulève des questions quant à savoir si les groupes de touristes auraient dû être autorisés à visiter White Island après le passage à 2 du niveau d’alerte.
Source: New Zealand Herald.

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12 heures: L’une des 31 personnes traitées pour brûlures est décédée ce qui porte à 6 le nombre de victimes de l’éruption de White Island. Vingt-sept des personnes transportées à l’hôpital ont subi des brûlures sur plus de 30% du corps. Les médecins pensent qu’il faut s’attendre à d’autres décès. La plupart des personnes hospitalisées ont subi des blessures par inhalation, des brûlures aux poumons, et elles ont besoin d’une assistance respiratoire. Des patients ont été transférés dans des unités de grands  brûlés qui sont à saturation à travers la Nouvelle-Zélande. Il se pourrait que certains blessés soient envoyés en Australie.
La police a des bateaux qui sont stationnés à 1 km au large des côtes de White Island, mais n’a pas été en mesure d’envoyer des drones pour analyser les niveaux de gaz et effectuer des missions de reconnaissance en raison de la persistance de vents forts. Les pilotes d’hélicoptère disent qu’ils sont prêts à décoller pour des missions de récupération de corps, ils sont bloqués par des formalités administratives et un plan d’intervention d’urgence trop contraignant.
Source: The Guardian.

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In New Zealand, like in France, one tries to find somebody who could be responsible for a disaster that has just happened. After the deadly eruption at White island, questions are asked over why tourists were allowed in the crater when its alert level had been elevated over recent weeks. Indeed, authorities raised the volcanic alert level from 1 to 2 (it ranges from 0 to 5) a few weeks ago, indicating « moderate to heightened volcanic unrest. » More specifically, the level had been raised in response to increasing amounts of sulphur dioxide, along with volcanic tremors, two parameters which can signal rising magma deep in the volcano.

It is ultimately up to operators to decide whether to take visitors to the privately-owned island, with access controlled through permits. One travel agency, White Island Tours, stated on its website that it operated through varying alert levels, but added that « passengers should be aware that there is always a risk of eruptive activity regardless of the alert level. » One of the five people killed during the eruption was a guide from the tour company.

The manager of the company said: « Taking visitors into the crater of an active volcano is often perceived as high risk so we have always maintained a strong focus on ensuring our Health and Safety systems were of a very high standard. » Earlier this year, when the alert level was raised, White Island Tours said it would continue to operate, albeit with extra staff to check conditions before tour groups stepped ashore. It advised tourists to wear appropriate footwear and provided hard hats and gas masks for safety gear.

Around 10,000 tourists visit White Island each year. The volcano is active and its past history shows that explosive events like the one that occurred on December 9th, 2019, are not exceptional. 10 sulphur miners were killed by a similar explosion in 1914. A shipping container was placed on the island in 2016 to act as an emergency shelter in case of an eruption. You need to be very close to the container to take refuge in case of a sudden explosion! If you are right in the middle of the crater, the container will be of no use.

I think it would be wrong to accuse White Island Tours. The company warned its patrons that the volcano was active and might become dangerous. It also asked them to bring along the right equipment.

Visiting an active volcano includes risks. It’s up to each tourist to decide whether or not the risk is worth taking.

At last, it should be noted that no dangerous volcanic activity was occurring when the tourists started their visit. It would have been quite different if the visit had taken place during an eruption. The company could have then been accused of taking people to an environment they knew was dangerous.

When the helicopter landed on White Island in 2009, I was fully aware that my visit was risky. I could very well have been surprised, too, by a phreatic eruption, but I would not have filed a lawsuit against the helicopter company that had dropped me on the site!

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December 10th, 20199:00 am (French time): The toll has not changed since yesterday. Five people are confirmed dead. 8 others are missing and were probably killed by the eruption. 31 persons are in hospital where they are being treated for burns ; not all of them are expected to survive.

The nationalities of those on the island at the time of the explosion were confirmed on December 10th, 2019. Twenty-four were from Australia, nine from the US, five from New Zealand, four from Germany, two from the UK, two from China and one from Malaysia.

Authorities are still unable to reach the island. Seismic activity had reduced but scientists estimate there was a 50% chance of another eruption in the next 24 hours. Web cameras on the island indicate jets of gas and steam are still being released from the area.

New Zealand police said they were launching an investigation. The disaster raises questions about whether tour groups should have been allowed to visit White Island after the alert level had been raised to 2.

Source: New Zealand Herald.

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12:00: A sixth person has been confirmed dead after one of the 31 people being treated for burns died. Twenty-seven of those taken to hospital had sustained greater than 30% body surface burns, and doctors say more deaths among the injured are expected. Many who have suffered inhalation injuries, damage to lungs, are requiring airway support. At this stage, this concerns the majority of the people who are in the hospitals. Patients have been sent to burns units across New Zealand, which were at capacity, and some may be sent to Australia.

Police said they have boats stationed 1 km off the coast of White Island, but have been unable to send drones to test gas levels and do reconnaissance missions because of persistent, strong winds. Helicopter pilots say they are willing to fly over on body-retrieval missions, but are being hamstrung by red tape and an overly cautious emergency response plan.

Source: The Guardian.

Photo: C. Grandpey