Steven Brantley (USGS) prend sa retraite // USGS Steven Brantley retires

Steven Brantley, l’un des piliers de l’USGS, prend sa retraite ce mois-ci, après 37 années de bons et loyaux services, dont 16 à l’Observatoire Volcanologique des Cascades (CVO) et 21 ans à l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO). Dans un article qu’il a écrit pour ce dernier observatoire, Steve dit que ce fut pour lui un privilège de consacrer sa longue carrière à observer des volcans, travailler avec ses collègues et à aider les gens à comprendre les impacts potentiels des éruptions.
Sa carrière a débuté sur le Mont St. Helens en 1981 et se termine sur le Kilauea en 2018, éruptions marquées par deux événements majeurs d’effondrement volcanique. Suite à l’éruption du Mont Saint Helens, j’avais demandé des informations à Steve Brantley et il m’avait aimablement envoyé de la documentation pour mieux comprendre l’événement. L’éruption du Mont Saint Helens a conduit à la création de l’Observatoire Volcanologique des Cascades, inspiré de l’Observatoire des Volcans d’Hawaii, qui permet aux scientifiques de se concentrer sur des observations à long terme et de surveiller de près les volcans de la Chaîne des Cascades.
Steve Brantley explique dans son article que de nombreuses éruptions aux États-Unis et à l’étranger ont jalonné sa carrière. Après seulement quatre ans de travail au CVO, l’éruption du Nevado del Ruiz en 1985 a tué plus de 25 000 personnes lorsque des lahars ont submergé plusieurs vallées. Pendant des décennies, des milliers de personnes ont implanté, sans le savoir, leurs communautés sur des dépôts de lahars issus de précédentes éruptions du volcan. Cela a finalement créé le dilemme auquel les autorités colombiennes ont été confrontées lorsque le volcan s’est réveillé un an avant l’éruption meurtrière: Pendant combien de temps pourrait-on retarder l’évacuation de milliers de personnes afin de minimiser les bouleversements économiques et les coûts politiques d’une évacuation trop précoce ou d’une fausse alerte? Steve affirme que ce dilemme est le même partout dans le monde pour les autorités qui gèrent les situations d’urgence ainsi que pour les élus, car de plus en plus de gens vivent et travaillent sur les pentes des volcans ou dans des zones connues pour leurs dangers potentiels.
Ce dilemme crée également de plus en plus de défis pour les scientifiques qui doivent s’efforcer d’améliorer leurs capacités de surveillance et d’interprétation du comportement volcanique afin de pouvoir émettre des bulletins d’alerte plus précis concernant les éruptions et leurs conséquences potentielles. Ces mêmes scientifiques doivent également communiquer efficacement les résultats de leurs travaux avant, pendant et après les éruptions pour sensibiliser les médias et le public qui s’intéressent de plus en plus aux risques induits par les volcans.
Steve nous rappelle que depuis la tragédie du Nevado del Ruiz, des crises volcaniques ont trouvé des solutions positives. Selon lui, deux éruptions émergent parce que les mesures prises par les autorités et les scientifiques ont sauvé des milliers de vies: le Mont Pinatubo, aux Philippines en 1990, et le Merapi, en Indonésie en 2010, même si je pense personnellement que pour le Merapi, le bilan aurait été moins lourd avec une meilleure gestion du périmètre de sécurité.
Source: HVO, Hawaii 24/7.

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Steven Brantley, one of the pillars of the U.S. Geological  Survey (USGS) is going to retire this month after a 37-year career, with 16 years at the Cascades Volcano Observatory (CVO) and 21 at the Hawaiian Volcano Observatory (HVO). In an article he wrote for this observatory, Steve says he feels privileged to have spent a long career observing volcanoes, supporting his colleagues, and striving to help people understand the potential impacts of eruptions.

His career began at Mount St. Helens in 1981 and is ending at Kilauea Volcano in 2018, with two major collapse events on volcanoes. In the wake of Mt St Helens eruption, I had asked Steve Brantley for information and he had kindly sent me documents to better understand the event.  The eruption of Mt St Helens led to the creation of the Cascades Volcano Observatory, modelled after the Hawaiian Volcano Observatory for scientists to focus long-term investigations and keep a watchful eye on Cascade Range volcanoes.

In the article, Steve Brantley says that many eruptions in the U.S. and abroad punctuated his career. Only four years into his work at CVO, the 1985 eruption of Nevado del Ruiz killed more than 25,000 people when lahars swept down several river valleys. Thousands of people had, for many decades, unknowingly built their communities on lahar deposits from earlier eruptions of the volcano. This eventually created the dilemma faced by Colombian authorities when the volcano awakened a year before the deadly eruption: How long could evacuation of thousands of people be delayed to minimize economic upheaval and political costs of a too-early evacuation or false alarm? Steve says that this dilemma is universal for current emergency-management authorities and elected officials as increasing numbers of people live and work on the slopes of volcanoes or within areas known for potential volcanic hazards.

The dilemma also creates increasing challenges for scientists to improve their capabilities to monitor and interpret volcanic behaviour so they can issue more accurate and timely warnings of eruptions and potential consequences. They must also effectively communicate the results of their work before, during, and after eruptions to raise awareness of volcano hazards to an increasingly interested and demanding media and public.

Steve reminds us that there have been successful responses to sudden periods of volcanic unrest since the Nevado del Ruiz tragedy. In his opinion, two eruptions stand out because bold actions taken by officials and scientists saved thousands of lives: Mount Pinatubo, Philippines, in 1990, and Mount Merapi, Indonesia, in 2010, although I personally think that for Mount Merapi the death toll could have been lower with a better management of the danger zone.

Source : HVO, Hawaii 24/7.

Steve Brantley le 17 juillet 2018 durant une réunion d’information à Pahoa sur l’éruption du Kilauea.

Les effondrements du Mt St Helens (Photo : C. Grandpey) et de l’Halema’uma’u (Photo : HVO) ont encadré la carrière de Steven Brantley

Hawaii : La rampe d’accès de Pohoiki sera-t-elle rouverte ? // Hawaii : Will the Pohoiki boat ramp be reopened ?

La grande question en ce moment sur la Grande Ile d’Hawaii est de savoir si la rampe de mise à l’eau de Pohoiki sera réutilisable. Cette rampe d’accès à l’océan pour les bateaux a été épargnée par la lave de la dernière éruption et est en parfait état. Toutefois, son entrée maritime est bloquée par un cordon de sable noir déposé par l’éruption et dont le volume est estimé à 14 000 mètres cubes. Une commission d’experts s’est rendue récemment à Pohoiki pour évaluer la situation. Les premières observations ont révélé que de la lave avait atteint les abords de Isaac Hale Beach Park tout proche et avait encerclé la rampe de Pohoiki sans l’endommager.

Avant la dernière éruption, quatre compagnies exploitaient commercialement la rampe et conduisaient les touristes en mer devant les entrées de lave dans l’océan. La petite baie jouxtant à la rampe d’accès était également un lieu de baignade populaire et un excellent spot de surf et autres activités aquatiques. Les experts pensent qu’il serait possible d’évacuer le cordon de sable noir et de rétablir ainsi l’accès à la rampe. Cependant, sa réouverture dépendra de plusieurs facteurs : le rétablissement de l’accès routier, l’aide de la communauté locale, l’obtention des permis nécessaires à son exploitation et, surtout, du financement. Il n’existe actuellement aucune estimation du coût des travaux, ni de date pour leur début.
La commission d’experts a également survolé l’ensemble du littoral du District de Puna afin de détecter d’autres sites possibles pour y établir une nouvelle rampe de mise à l’eau, au cas où celle de Pohoiki ne pourrait pas être réutilisée. Deux autres sites semblent possibles, mais comme à Pohoiki, une nouvelle rampe d’accès nécessitera le soutien de la communauté, des permis, un accès routier et des millions de dollars de financement.
À la MacKenzie State Recreation Area, les gens ont maintenant accès à deux nouvelles plages de sable noir. Avant l’éruption, la côte était ponctuée de falaises abruptes qui tombaient dans l’océan. La plus grande des deux plages est située directement sous le parking et demande la plus grande prudence. La beauté des plages de sable noir cache des dangers. Il y a de puissantes lames de fond et des courants, de sorte qu’un nageur pourrait facilement être entraîné vers le large. Le Kilauea a façonné sept plages de sable noir entre MacKenzie et Pohoiki.
Depuis la bordure nord de la MacKenzie State Recreation Area, il suffit de marcher quelques minutes pour atteindre la coulée de lave émise par la dernière éruption et dont l’accès reste déconseillé. Lors de la réouverture de MacKenzie, un ranger s’est rendu auprès de la coulée de lave et a expliqué aux nombreuses personnes présentes les risques et dangers liés au nouveau paysage. La lave est extrêmement coupante et instable sous les semelles. Des panneaux le long de la route conduisant à la zone mettent en garde sur le risque d’émissions de gaz volcaniques. Il est demandé aux gens de faire preuve d’un comportement responsable et de bon sens lorsqu’ils s’aventurent dans les zones affectées par l’éruption. Il leur est aussi demandé d’éviter – par le biais des réseaux sociaux – d’inciter les gens à venir y randonner. Cela pourrait attirer des personnes peu habituées à fréquenter un tel environnement.
Source: Hawaii 24/7.

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The big question right now on Hawaii Big island to know whether the Pohoiki Boat Ramp will be usable again in the future. The boat ramp shows no damage itself. However, an estimated 14,000 cubic metres of black sand, deposited during the recent East Rift Zone eruption, completely rings and blocks the entrance to the boat ramp.

A commission of experts flew to Pohoiki recently to assess the situation. The first observations revealed that lava crept to the edge of the neighbouring Isaac Hale Beach Park and surrounded the boat ramp without damaging it.

Prior to the latest eruption, four companies operated lava ocean tours from the ramp. The tiny bay leading up to the ramp was also a popular swimming spot and ocean-entrance for surfers and other water enthusiasts. Experts think it could be possible to remove the black sand and re-create the entrance to the boat ramp. However, the reopening of the Pohoiki Boat Ramp would be dependent on road access being restored, support from the local community, the securing of necessary permits, and most importantly the funding.  There are currently no estimates now of how much it would cost or a time frame for potential work to begin.

The commission also flew the entire Lower Puna coastline looking for other possible small boat ramp sites, in case Pohoiki can’t be resurrected. They believe there may be a couple of options, but like at Pohoiki, a new ramp would require support from the community, permits, road access, and millions of dollars in funding for design and construction.

At MacKenzie, people can now have access to two new black sand beaches. Prior to the eruption the parks coastline was punctuated by steep, rocky cliffs that dropped precipitously and directly into the ocean. The larger of the pair of beaches is directly below the parking lot and still requires careful navigation down the cliff face. The beauty of the black sand beaches is underlain with danger. There is a powerful undertow at these beaches and a swimmer or boarder could easily be swept out to sea. There are now seven black sand beaches, created by Kilauea, between MacKenzie and Pohoiki.

From the northern boundary of the MacKenzie State Recreation Area, it is just a few-minute walk to the edge of the newly formed lava flow which remains within a restricted access zone. On the first day of the reopening of MacKenzie, a National Guardsman walked out to the edge of the lava flow and spoke to numerous visitors about the risks and hazards associated with the newly-altered landscape. In addition to the extremely sharp lava which creates unstable footing, there are pockets where the ground may look stable, but is not. Road signs leading into MacKenzie SRA also warn people to be aware of the possibility of continuing volcanic gas emissions. People are requested to demonstrate responsible behaviour and use judgment and common sense when venturing into any areas impacted by the Lower East Rift Zone eruption and avoid promoting excursions on social media. This would only increase the appetite for others often less skilled to follow.

Source: Hawaii 24/7.

Vue de la rampe d’accès de Pohoiki et son cordon de sable voir (Crédit photo: USGS)

Aller à Hawaii? Pas pour le moment! // Not the right moment to go to Hawaii!

En lisant le dernier article publié par le Parc National des Volcans, je n’ai pas envie d’acheter un billet d’avion pour aller à Hawaii. La réouverture du Parc est prévue pour le 22 septembre, mais il y a tellement de restrictions ou de recommandations que je préfère rester chez moi et économiser de l’argent pour d’autres destinations. Il y a quelques jours, j’étais sur les glaciers des Alpes et, malgré les dangers potentiels de plus en plus nombreux avec le réchauffement climatique, tout le monde est libre d’aller où il veut.
Les autorités du Parc des Volcans d’Hawaii expliquent qu’il existe de nombreux dangers. C’était déjà le cas auparavant, mais certains secteurs sont devenus plus dangereux depuis qu’ils ont été secoués par l’intense activité sismique pendant la dernière éruption. Selon les autorités, être bien préparé et informé avant de venir dans le Parc rendra la visite plus sûre et agréable. Commence alors une longue liste de recommandations et on s’empresse de vous dire que si vous ne respectez pas les interdictions, vous serez passible de lourdes amendes et même de peines allant jusqu’à six mois de prison ! Rien de tel pour attirer les touristes, n’est-ce pas ?!
Parmi les différentes recommandations, on vous dit de n’utiliser que des sentiers et des routes autorisés. Si possible, vous devrez randonner avec au moins une autre personne et il est bon de faire savoir à quelqu’un où vous comptez vous rendre. Il vous faudra rester à l’écart des bords de falaises et garder à l’esprit que des chutes de pierres peuvent se produire. En raison de la présence de cendre et de cheveux de Pelé, il vous est fortement recommandé d’avoir des lunettes de protection et un masque à particules N-95 pour randonner dans le désert de Ka’u.
Une autre raison pour laquelle je n’irai pas à Hawaii est que les coulées de lave actives ne sont plus présentes ou visibles dans le Parc. La récente éruption a vu la disparition du lac de lave à l’intérieur du cratère de l’Halema’uma’u au sommet et les coulées de lave du Pu’u Ō’ō ont cessé. Passer 20 heures en avion pour voir un champ de lave inactif ne vaut vraiment pas la peine. Bien sûr, à condition que leur accès soit possible, il y a plein de choses intéressantes à voir dans le Parc National des Volcans d’Hawaï, mais pas pour quelqu’un qui, comme moi, a visité le site plusieurs fois par le passé!

A noter que l’entrée du Parc des Volcans sera gratuite le 22 septembre pour la réouverture, mais sera payante dès le 23 septembre. Les autorités prévoient des bouchons sur la route et des difficultés de stationnement car seul le tiers des emplacements de parking est disponible. Des amendes seront distribuées en cas de stationnement hors des cases de parking. Il est demandé aux visiteurs d’apporter sandwiches et boissons car il n’y a pas d’espace de restauration et d’eau potable dans le Parc. A partir du 23 septembre, il faudra débourser 25 dollars (billet valable 7 jours) si vous arrivez dans le Parc en voiture et 12 dollars si vous arrivez à pied ou à vélo.

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Pour ceux qui ne connaissent pas Hawaii – comme des amis français qui vont bientôt s’y rendre – la visite de l’archipel mérite largement le détour. En principe le trajet commence par l’île d’Oahu, vu que l’avion atterrit à Honolulu. Les touristes vont souvent faire trempette sur la plage de Waikiki (je préfère de très loin certaines plages de l’Atlantique français) et visitent Pearl Harbor en sachant que l’Arizona Memorial est fermé jusqu’à nouvel ordre. Un trajet en voiture permet de découvrir les plages du nord de l’île, célèbres pour leurs vagues qui accueillent les surfeurs du monde entier. En revenant à Honolulu, on peut faire une halte « snorkelling » à Hanauma Bay

Sur l’île de Maui, les volcanophiles iront forcément visiter l’Haleakala (attention aux restrictions et réservations de parking au moment du lever du soleil). Je recommande la traversée à pied de la caldeira. Cela suppose la présence d’un véhicule pour récupérer les randonneurs à l’issue du parcours.

Sur l’île de Kauai, une route longe le superbe Canyon de Waimea. Ceux qui ont de bons mollets peuvent emprunter l’un des sentiers qui descendent au fond du canyon. Prévoir de quoi boire et se sustenter pour la grimpette de retour…

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When reading the last article released by the Hawaiian Volcanoes National Park, I don’t feel like buying a plane ticket to go to Hawaii. The reopening of the Park is planned for September 22nd, but there are so many restrictions or recommendations that I’d rather stay at home and save my money for other destinations. A few days ago, I was on the glaciers in the Alps and, despite the potential dangers which are increasing with global warming, everybody is free to go where they want.

Park authorities in Hawaii explain that many hazards exist in the Park, as they always have; however, some are more dangerous now than before the unprecedented seismic activity. Being prepared and informed before coming to the Park will ensure that your visit is safe and enjoyable. Then begins a long list of recommendations and you are told that if you don’t respect the restrictions you will receive steep monetary fines for entering a closed area, and trespassers may also receive up to six months of jail time.

Among others, you are told to use only open trails and roads. If possible, hike and travel with at least one other person and let someone know where you plan to visit. Stay away from cliff edges and be aware of rockfalls that may occur. Because of the ash and Pele’s hair in thair, it is highly recommended that visitors carry protective eyewear and an N-95 particulate mask for hiking into the Ka‘ū Desert.

Another reason why I will not go to Hawaii is that molten lava is no longer present or visible anywhere in the park. The recent eruption saw the disappearance of the lava lake inside Halema‘uma‘u crater at the summit and lava flows from Pu‘u ‘Ō‘ō have ceased. Travelling 20 hours by plane just to see an inactive lava field is not worth the money. Sure, there are thing to see in Hawaiian Volcanoes National Park, but not for somebody who visited the site several times in the past!

It should be noted that the entrance to the Park will be free on September 22nd for its reopening, but visitors will have to pay from September 23rd. Authorities expect traffic jams and parking difficulties because only one third of the parking spaces are available. Visitors will be cited if they park outside the legal parking spaces. They are asked to bring snacks and drinks as there is no food and drinking water in the Park. From 23 September, people will have to pay a fee of 25 dollars (valid for 7 days) if they arrive in the Park by car and 12 dollars if they arrive on foot or by bike.

Sans coulée de lave active, le Parc des Volcans d’Hawaii est forcément beaucoup moins spectaculaire!

Caldeira de l’Haleakala à Maui

Canyon de Waimea à Kauai

(Photos: C. Grandpey)

Hawaii: Du bon et du moins bon // Good and less good news

Pendant des mois, un linceul permanent de vog – raccourci pour « volcanic fog » ou  brouillard volcanique – a enveloppé l’ouest de la Grande Ile d’Hawaï, alors que l’éruption du Kilauea accomplissait son œuvre de destruction dans le District de Puna. Le niveau de qualité de l’air était souvent dans l’Orange et le Rouge,  avec un risque certain pour les personnes les plus fragiles.
En toute logique, la pollution de l’air a disparu avec la fin de l’éruption. À Kona, la qualité de l’air est bien meilleure qu’avant l’événement. Le site web géré par l’Environmental Protection Agency indique désormais que la qualité de l’air à Kailua-Kona et des environs est «bonne» et affiche la couleur « Verte ».

Au sommet du Kilauea, la Volcano House et le camp militaire devraient être rouverts au public le 22 septembre 2018, en même temps que le Parc National des Volcans d’Hawaii. Toutefois, tout comme la réouverture du Parc se limitera à certains secteurs, certaines commodités de la Volcano House et du parc militaire ne seront pas disponibles.
Il n’y a pas d’eau potable à la Volcano House. L’hôtel utilise le même réseau que le Parc National et les séismes ont brisé les canalisations dans tout le Parc. Cela signifie que la Volcano House n’acceptera pas de clients et que la cuisine ne sera pas opérationnelle. Malgré cela, certaines parties du bâtiment – la salle de méditation, la boutique de souvenirs, la plateforme d’observation – resteront ouvertes aux visiteurs du Parc qui se déplaceront probablement en groupes, escortés par des rangers.
Le camp militaire du Kilauea utilise un système d’approvisionnement en eau différent de celui de la Volcano House et pourra donc assurer un accueil normal. Toutes les installations du camp seront ouvertes le 22 septembre, mais en raison de la fermeture partielle du Parc, certains secteurs du camp ne seront pas accessibles.
La Volcano House a dû mettre au chômage 105 des 115 employés lors de la fermeture de l’hôtel pendant l’éruption et s’efforce de les réembaucher. Environ 70 d’entre eux ont confirmé leur retour et une douzaine d’autres l’envisagent fortement.
Source: Big Island Now.

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Des visiteurs de mon blog (Brigitte et Francis que je remercie chaleureusement) actuellement à Hawaii m’indiquent qu’il est possible et légal de marcher sur la nouvelle lave émise pendant la dernière éruption. Pour cela, il faut se rendre en voiture ordinaire à la MacKenzie State Recreation Area sur la route 137. De là on peut randonner avec précaution sur la coulée encore chaude par endroits et sur des coulées lus anciennes. Il suffit de suivre les noix de coco au sol qui indiquent un passage. On longe la côte et on peut aller assez loin, probablement face à Pohoiki. En revanche, il est impossible de se rendre du côté de Kapoho et Leilani qui sont toujours contrôlés par la police. Il y a encore des gaz sur la Highway 130 au niveau des Leilani Estates.

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For months, a shroud of seemingly unrelenting vog – or volcanic fog – swallowed West Hawaii while Kilauea wreaked havoc in Puna. Air quality levels frequently hit orange and red, which signify “unhealthy for sensitive groups.”

Quite logically, the excess pollution has subsided since the end of the eruption. In Kona, air quality looks better than it was prior to the eruption  The air quality website run by the U.S. Environmental Protection Agency indicates “good” air quality – with a “green” colour – for Kailua-Kona and surrounding areas up and down the coast.

Meantime, the Volcano House hotel and Kilauea Military Camp  are expected to be reopened to the public the same day the National Park returns to service on September 22nd, 2018. However, in the same way that the Park’s reopening will be limited to certain areas, certain amenities at the attractions will be unavailable.

There is no potable water at the Volcano House. Because the hotel uses the same water system as the National Park, earthquake damage has cut off drinkable water throughout the Park, meaning the hotel will not accept guests nor will its kitchen be open. Despite this, parts of the hotel — the meditation room, its gift shop, its observation area — will remain open to park visitors who will likely be escorted in groups throughout the Park by park rangers.

The Kilauea Military Camp KMC), on the other hand, uses a different water system than Volcano House, and will therefore have full water services for all guests. All facilities at KMC will be open on September 22nd, although because of the partial closure of the Park, some aspects of the camp will not be available.

The Volcano House laid off 105 out of 115 workers during the hotel’s closure during the eruption and will focus on rehiring former employees. About 70 employees have confirmed they will return to work, with an additional dozen or so strongly considering it.

Source : Big Island Now.

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Visitors to my blog (Brigitte and Francis whom I thank for the information) currently in Hawaii tell me that it is possible and legal to walk on the new lava emitted during the last eruption. To do this, you need to go by car to the MacKenzie State Recreation Area on Highway 137. From here, you can hike carefully on the lava which is still hot in places and on older lava flows. Just follow the coconuts along the trail. You then walk along the coast and can go quite far, probably in front of Pohoiki. However,, it is impossible to go to Kapoho and Leilani which are still controlled by the police. Gas is still coming out of Highway 130 at Leilani Estates.

Le Parc National au moment de sa réouverture (Source: NPS)

Volcano House et tableau de la déesse Pele à l’intérieur (Photos: C. Grandpey)

Kilauea (Hawaii) : Délocalisation du Jaggar Museum et du HVO // Relocation of the Jaggar Museum and HVO

Dans une note diffusée le 7 septembre, j’écrivais que le Jaggar Museum ne pourrait pas rouvrir ses portes le 21 septembre comme le Parc National des Volcans d’Hawaii, à cause des dégâts subis lors de la dernière éruption du Kilauea. Le bâtiment a été endommagé par des dizaines de milliers de séismes et les autorités du parc ont annoncé qu’elles prévoyaient de transférer le Jaggar Museum vers un bureau de tourisme situé dans le centre de Paoha.  Il faudra probablement des années et des fonds supplémentaires pour rouvrir le musée sur un nouveau site.
D’autre part, le bâtiment du Hawaiian Volcano Observatory (HVO) sur la lèvre du cratère de l’Halema’uma’u est actuellement vide de ses occupants. Les secousses sismiques ont – comme pour le Jaggar museum – trop endommagé le bâtiment et la sécurité des scientifiques qui y travaillent serait menacée. Dans un premier temps, le personnel (une trentaine de personnes) a été transféré dans les bâtiments de l’Université d’Hawaii à Hilo. Le problème, c’est que l’année universitaire a repris et les locaux (en particulier les laboratoires) ne sont plus disponibles. En conséquence, le personnel du HVO va devoir passer les six prochains mois dans les locaux des douanes (Customs and Border Protection) à proximité du port de Hilo. Il n’est pas du tout certain que l’Observatoire au sommet du Kilauea soit réutilisé car les réparations sont coûteuses et l’argent manque. Les scientifiques continuent à surveiller le volcan, mais depuis Hilo. Ils ont certes les instruments mais pas la vue sur le volcan!

Source : Presse hawaiienne.

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In a post released on September 7th, 2018, I wrote that the Jaggar Museum would not reopen with the rest of the Hawaiian Volcanoes National park because of the damage it sustained during Kilauea’s last eruption, especially the tens of thousands earthquake that shook the volcano’s summit area. Park authorities have announced that they plan to relocate the Jaggar Museum to a proposed visitor center in downtown Pahoa. It will probably take years, plus additional funding, to reopen at a new site.

On the other hand, the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) building on the rim of Halema’uma’u Crater is currently empty of its occupants. Earthquakes have – like the Jaggar Museum – damaged the building and the safety of the scientists was threatened. At first, the staff (about thirty people) was transferred to the buildings of the University of Hawaii in Hilo. The problem is that the academic year has resumed and the premises (especially laboratories) are no longer available. As a result, HVO staff will have to spend the next six months in the premises of the Customs and Border Protection near the port of Hilo. It is not at all certain that the Observatory at the summit of Kilauea will be operational again because repairs are expensive and money is missing. Scientists continue to monitor the volcano, but from Hilo. They have the instruments but not the view of the volcano!
Source: Hawaiian Press.

(Photo: C. Grandpey)

Kilauea (Hawaii): Simple feu de paille ou reprise de l’éruption? // A simple flash in the pan, or a new start of the eruption?

Selon le dernier bulletin du HVO publié le dimanche 2 septembre 2018, de l’incandescence a de nouveau été observée le 1er septembre dans l’après-midi au fond de la Fracture n°8 et cette activité s’est poursuivie jusqu’en début de soirée. Cependant, dans la matinée du 2 septembre, il a été signalé que le cône ne présentait plus d’activité, sans émission visible de gaz.
La sismicité reste faible et la déformation du sol est négligeable au sommet du Kilauea. Les émissions de SO2 au sommet, dans la zone du Pu’uO’o et dans la Lower East Rift Zone sont infimes et souvent trop faibles pour être mesurés.
Comme je l’ai écrit précédemment, la lave que l’on voit occasionnellement dans Fracture n°8 est probablement de la lave résiduelle de l’ancienne éruption, plutôt que de la lave annonçant une reprise de l’éruption, comme le suggèrent les géologues du HVO. Tant que la sismicité et la déformation du sol seront négligeables, un tel événement semble fortement improbable.
Source: HVO.

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According to HVO’s latest updaate released on Sunday, September 2nd, 2018, some incandescence was again observed in the fissure 8 cone on Sunday afternoon, an this activity extended into early evening. However, in the morningnof September 3rd, there were reports thatt the fissure 8 cone was quiet, with no visible fume.
Seismicity remains low and ground deformation is negligible at the summit of Kilauea. SO2 emission rates at the summit, Pu’uO’o, and Lower East Rift Zone are drastically reduced and often too low to measure.
As I put it before, the lava that is occasionally seen in Fissure is probably some residual lava from the eruption, rather than lava heralding a reprieve of the eruption, as suggested by HVO geologists. As long as seismicity and ground deformation are negligible, such an event seems highly unlikely.
Source: HVO.

Le fond de la Fracture n° 8 le 1er septembre 2018 (Crédit photo: USGS / HVO)

Kilauea (Hawaii) : Baisse du niveau d’alerte mais le Parc National reste fermé // The alert level has been lowered but the National Park remains closed

Dans une mise à jour publiée le 17 août 2018, la HVO indique que «compte tenu de la diminution de l’activité éruptive du Kilauea au cours des derniers jours, l’Observatoire a abaissé le niveau d’alerte concernant les dangers au sol. Le niveau d’alerte est passé de DA NGER à VIGILANCE. Ce changement signifie que les risques d’effondrement du cratère sommital du Kilauea et ceux posés par les coulées de lave dans la Lower East Rift Zone (LERZ) ont diminué. Cependant, cette situation ne signifie pas forcément que l’éruption dans la LERZ et les effondrements sommitaux sont terminés. Il est possible que l’activité reprenne. »
La lave a cessé de couler le 6 août 2018 et le sommet du volcan ne s’est plus effondré depuis le 2 août. Les émissions de SO2 sont les plus faibles jamais observées depuis 2007.
Source: HVO

Le Parc National des Volcans d’Hawaï a été fermé pendant près de 100 jours en raison de la sismicité et des explosions au sommet du Kilauea. Rien ne permet de dire quand il rouvrira. Selon les responsables des parcs nationaux, cela va prendre beaucoup de temps et être très coûteux. Les médias locaux ont été invités à visiter les routes du parc, les bâtiments et le cratère de l’Halemaumau pour se rendre compte de la situation.
Les 130 agents du Parc ont conservé leur emploi ; certains travaillent au nettoyage et à la réfection sur l’île d’Hawaï, d’autres ont été transférés dans les parcs nationaux des îles voisines L’impact financier de l’éruption sur le Parc National a été estimé à 450 000 dollars par jour.
La réouverture du Parc suppose que les routes soient réparées et que les structures ne présentent plus de risques. L’éruption a compromis la sécurité du Musée Jagger. L’autre attraction populaire qui doit être sérieusement contrôlée est le Thurston Lava Tube.

Deux millions de personnes visitent le Parc sur Big Island chaque année, ce qui en fait la plus grande attraction touristique de l’État. En raison de l’éruption, le nombre de visiteurs sur l’île a diminué de 4,8% en juin par rapport à la même époque l’an dernier.
Source: Service des parcs nationaux

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In an update released on August 17th, 2018, HVO indicates that “in light of the reduced eruptive activity at Kilauea Volcano over the last several days, [tle Observatory] is lowering the alert level for ground based hazards from WARNING to WATCH. This change indicates that the hazards posed by crater collapse events (at the Kilauea summit) and lava flows (Lower East Rift Zone; LERZ) are diminished. However, the change does not mean with absolute certainty that the LERZ eruption or summit collapses are over. It remains possible that eruption and collapse activity could resume.”

Lava mostly stopped flowing on August 6th, 2018 and the volcano’s summit has not collapsed since August 2nd. SO2 emissions are the lowest ever observed since 2007.

Source: HVO

Hawaii Volcanoes National Park has been closed for nearly 100 days due to unsafe conditions from seismic and explosive activity from the summit of Kilauea but there’s no telling when the park will reopen. It’s going to be a long and most likely expensive one according to national park officials. They took local media to look at park roads, buildings and Halemaumau crater to show them why.

All 130 staff members at the park still have jobs, some are working on clean up and recovery at the Hawaii Island Park, others transferred to national parks on neighbouring islands.

The financial impact has been estimated at $450,000 per day.

Reopening would mean roads need repairing and structures need to be sound. The eruption compromised the security of the Jagger Museum. The other popular attraction that needs more attention is the Thurston tunnel.

Two million people visit the Big Island park each year, making it the state’s biggest tourist attraction. Because of the eruption, the number of travellers to the island dropped 4.8 percent in June from the same month last year.

Source: National Park Service.

La zone sommitale du Kilauea a subi de gros dégâts pendant l’éruption et il va falloir faire montre de patience avant de pouvoir à nouveau visiter le Parc National (Crédit photo: USGS / HVO)