Hawaii : Pas d’éruption en vue sur le Mauna Loa ! // Hawaii : No eruption of Mauna Loa in the short term !

Comme je l’ai écrit dans l’une de mes dernières notes, le séisme enregistré le 13 avril 2019 dans la région du Hualalai sur la Grande Ile d’Hawaii n’a eu aucun effet sur l’activité des volcans hawaïens. Aucune nouvelle activité éruptive n’a été observée sur le Kilauea depuis la fin de l’éruption en août dernier. Selon le HVO, «les données de surveillance des huit derniers mois ont montré des niveaux relativement bas de sismicité, de déformation et d’émission de gaz au sommet et dans l’East Rift Zone, y compris dans le secteur de l’éruption de 2018».
Depuis la fin de l’éruption du Kilauea, des articles de presse ont laissé entendre que la pression exercée par le magma sur la chambre pourrait se déplacer vers le Mauna Loa et augmenter le risque éruptif sur ce volcan. La dernière éruption du Mauna Loa remonte à 1984.
Pour le moment, il ne semble pas que Mauna Loa soit sur le point d’entrer en éruption. La dernière mise à jour du HVO (4 avril 2019) indique qu ‘«aucun changement significatif dans l’activité sismique du Mauna Loa n’a été détecté en mars. De petits séismes, généralement inférieurs à M 2,0, se sont poursuivis dans des zones où on les enregistre habituellement, notamment sous le flanc nord-ouest, la zone sommitale et le flanc est. Le séisme le plus important survenu sur le Mauna Loa le mois dernier a été un événement de M 3,3 le 31 mars, à une profondeur d’environ 2,7 km sous le niveau du sol et près du sommet. Les données GPS sur le Mauna Loa indiquent une lente inflation du réservoir magmatique sommital. Les niveaux de déformation sont inférieurs à ceux observés pendant la période d’activité plus intense de 2014-2017. Les données concernant les gaz et la température, fournies par une station située dans la zone de rift sud-ouest et dans la caldeira sommitale, n’ont révélé aucun changement significatif au cours du mois écoulé. ”
Un scientifique de l’USGS a déclaré: « Une éruption du Mauna Loa pourrait se produire dans des mois, voire des années, mais nous savons que ce n’est pas une affaire de jours ou de semaines. »
Source: USGS / HVO.

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As I put it in a previous post, the earthquake that was recorded on April 13th, 2019, in the Hualalai area did not have any effect on the activity of Hawaiian volcanoes. No new eruptive activity has been observed on Kilauea since the end of the eruption last August. HVO indicates that “monitoring data over the past eight months have shown relatively low rates of seismicity, deformation, and gas emission at the summit and East Rift Zone (ERZ) including the area of the 2018 eruption.”

Since the end of the Kilauea eruption, some press articles have suggested that the pressure exerted by magma on the magma chamber could be diverted toward Mauna Loa and increase the risk of an eruption at this volcano. Mauna Loa’s last eruption dates back to 1984.

For the moment, it does not look as if Mauna Loa is ready to erupt. HVO’s latest update (April 4th, 2019) about the volcano says that “no significant changes in Mauna Loa’s seismic activity were detected in March. Small earthquakes, mostly less than M 2.0, continued in long-active areas including beneath the northwest flank, summit region, and east flank. The largest earthquake for Mauna Loa in the past month was an M 3.3 event, at a depth of approximately 2.7 km below ground level, near the summit on March 31st.  Data from GPS instruments on Mauna Loa indicate slow inflation of the summit magma reservoir system. The rates of deformation are lower than during the period of more intense unrest from 2014-2017. Gas and temperature data from a station on the Southwest Rift Zone and within the summit caldera showed no significant changes over the past month.”

Said a USGS scientist: “ »An eruption of Mauna Loa could be anywhere from months to years away. But we do know that it’s not days or weeks away. »

Source: USGS / HVO.

Le Mauna Loa, un superbe volcan bouclier, vu depuis le désert de Ka’u (Photo: C. Grandpey)

Vue aérienne du sommet du Mauna Loa (Crédit photo: USGS)

Vue de Mokuaweoweo, la caldeira sommitale du Mauna Loa (Photo: C. Grandpey)

Coulées de lave sur le versant sud-ouest du mauna Loa (Photo: C. Gra,dpey)

Système d’alerte sur le versant sud-ouest du Mauna Loa (Photo: C. Grandpey)

Le séisme du 13 avril 2019 à Hawaii // The earthquake of April 13th, 2019 in Hawaii

Un séisme de M 5,3 (avec une magnitude initiale de M 5,5) a été enregistré dans la région du Hualalai, sur la Grande île d’Hawaii, à 17h09 (heure locale) le samedi 13 avril 2019. Il avait une profondeur de 16 km et l’épicentre était situé à 10,5 km au sud-est de Puuanahulu. Aucun tsunami n’a été détecté après l’événement. Environ 11 minutes plus tard, à 17h20, un deuxième séisme de M 3.0 a été signalé à 3,5 km au sud de Puuanahulu.
Le HVO indique que trois répliques ont été enregistrées moins d’une heure après le premier séisme. Des chutes de pierres ont été signalées le long des Highways 19 et 11.
Le HVO précise par ailleurs que le séisme n’a pas modifié l’activité du Kilauea et du Mauna Loa. Bien que le séisme se soit produit en bordure E du Hualalai, rien n’indique que l’événement soit lié à l’activité volcanique. La dernière éruption de ce volcan a eu lieu en 1800-1801, avec des coulées de lave émises par cinq bouches el long de fractures éruptives ; elles ont atteint la mer et enseveli des villages. L’emplacement et la profondeur du dernier séisme laissent supposer qu’il était probablement lié au tassement de la croûte terrestre sous le poids de l’île.
Source: USGS.

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An M 5.3 earthquake (with a preliminary magnitude of M 5.5) was recorded in the Hualalai region of the Big Island at 5:09 p.m. (local time) on Saturday, April 13th, 2019. It had a depth of 16 km and the epicentre was located 10.5 km SE of Puuanahulu. No tsunami was expected after the event. About 11 minutes later at 5:20 p.m., a second M 3.0 quake was reported 3.5 km S of Puuanahulu.

The HVO reports that three aftershocks were recorded within an hour of the earthquake. There have been reports of rockfalls along Highways 19 and 11.

HVO indicates that the earthquake has caused no detectable changes in activity at Kilauea and Mauna Loa volcanoes. Although the earthquake occurred under the east margin of Hualalai volcano, there is no indication that the event is related to volcanic activity. The volcano’s last eruption was in1800-1801, when it produced lava flows from 5 fissure vents that reached the sea and buried Hawaiian villages. The location and depth of the last earthquake suggest it was likely related to flexure or settling of the crust beneath the weight of the island.

Source : USGS.

Emplacement du séisme du 13 avril 2019 (Source: USGS)

Le dernier séisme à Hawaii // The latest earthquake in Hawaii

Un séisme de magnitude M 5,5 a été enregistré sur la Grande Ile d’Hawaii le 13 mars 2019. L’événement a été localisé sous le flanc sud du Kilauea, à environ 12 km au sud-est de la caldeira, à une profondeur de 6,7 km. A ce niveau de magnitude, on ne prévoit pas de dégâts importants aux bâtiments et aucune alerte tsunami n’a été déclenchée. Comme d’habitude après un séisme dans la région du Kilauea, des voix se sont faites entendre, craignant une réactivation de l’activité volcanique. Cependant, selon le HVO, le séisme n’a eu aucun effet apparent sur le volcan.
Le flanc sud du Kilauea a déjà été le théâtre de 16 séismes de magnitude M 5,0 ou plus au cours des 40 dernières années. La plupart sont causées par le déplacement du flanc sud du volcan vers le sud-est.

Source: USGS.
J’ai écrit sur ce blog plusieurs notes sur la sismicité sur le flanc sud du Kilauea, par exemple le 27 octobre 2015, le 8 juin 2017 ou le 4 septembre 2018.

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An M 5.5 earthquake was recorded on Hawaii Big Island on March 13th, 2019. The quake was located beneath Kilauea Volcano’s south flank, about 12 km southeast of the caldera, at a depth of 6.7 km. At that intensity, significant damage to buildings or structures is not expected and there was no tsunami warning either. As usual after an earthquake in the Kilauea area, voices were heard, fearing a reactivation of volcanic activity. However, according to HVO, the earthquake had no apparent effect on Kilauea Volcano.

Kilauea’s south flank has been the site of 16 M 5.0 or greater earthquakes during the past 40 years. Most are caused by abrupt motion of the volcano’s south flank, which moves to the southeast over the oceanic crust.

Source : USGS.

I have written several posts about seismicity on Kilauea’s south flank, for instance on October 27th, 2015, June 8th, 2017 or September 4th, 2018.

Sismicité de ces derniers jours dans la région du Kilauea (Source: USGS)

Réouverture de sentiers à Hawaii // Reopening of trails in Hawaii

Bonne nouvelle pour ceux qui ont l’intention de se rendre à Hawaii: deux sentiers viennent d’être rouverts dans le Parc National des Volcans après avoir été fermés l’année dernière en raison de la très forte sismicité qui a endommagé des routes, des bâtiments et d’autres infrastructures du Parc.
Un tronçon de 11 kilomètres du sentier du désert de Ka’u, depuisla Highway 11 jusqu’à son intersection avec le sentier de Ka’aha, est maintenant ouvert, de même que le tronçon de 7,5 kilomètres qui conduit au point de vue de Hilina Pali. Le Parc a également réparé et rouvert un tronçon de 1,3 kilomètre du sentier de l’Halema’uma’u qui commence près de Volcano House, jusqu’au plancher de la caldera.
En outre, la route menant au Mauna Loa Lookout est désormais ouverte aux véhicules. Il est rappelé aux conducteurs de respecter toutes les limites de vitesse et de faire attention aux autres automobilistes, piétons et cyclistes.

Malheureusement, il n’y a en ce moment aucune coulée de lave active à Hawaii.
Source: Service des parcs nationaux.

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Good news for those who intend to travel to Hawaii : Two trails have reopened in Hawai‘i Volcanoes National Park after being closed last year due to impacts caused by the elevated seismicity that also damaged roads, buildings and other park infrastructure.

An 11-kilometre section of Ka‘ū Desert Trail from Highway 11 to the Ka‘aha Trail intersection is now open, as is the 7.5-kilometre stretch to the Hilina Pali Overlook. The park also repaired and reopened a 1.3-kilometre portion of Halema‘uma‘u Trail that starts near Volcano House, to the caldera floor.

In addition, the road that leads to the Mauna Loa Lookout is now open to vehicles. Drivers are reminded to follow all speed limits and watch out for other motorists, pedestrians and bicyclists.

Unfortunately, there is currently no active lava flow in Hawaii.

Source : National Park Service.

Vue de la superbe Mauna Loa Road (Photo: C. Grandpey)

Sismicité et lithosphère à Hawaii // Seismicity and lithosphere in Hawaii

Comme il le fait régulièrement, l’Observatoire des Volcans d’Hawaii, le célèbre HVO géré par l’USGS, vient de publier un article très intéressant sur la sismicité à Hawaii et sa relation plus ou moins étroite avec les volcans.
L’auteur de l’article explique que la plupart des séismes à Hawaii sont intimement liés aux volcans, mais il arrive aussi qu’ils se produisent à cause d’un effet de courbure de la Terre sous le poids de la chaîne volcanique.
L’article rappelle que les plaques tectoniques sont constituées de la lithosphère, une couche essentiellement rigide qui s’étend de la croûte au manteau supérieur. Les îles hawaïennes étant situées à la surface de la plaque Pacifique, leur poids énorme pèse sur la lithosphère et la fait fléchir. Cela génère des contraintes susceptibles de provoquer des séismes baptisés séismes de flexion par les sismologues.

L’île d’Hawaii, du fait de sa grande taille et de son âge relativement jeune, exerce une grande pression sur la lithosphère. La zone de contrainte et de flexion maximale liée à cette masse s’étend sur une centaine de kilomètres au large de l’île. Lorsque la plaque se réajuste pour retrouver une position neutre, cela provoque un renflement significatif au niveau de la lithosphère autour d’Oahu à environ 300 km de là. C’est pourquoi les séismes se produisent parfois loin de la principale zone d’activité sismique et volcanique de l’île d’Hawaï.
Il existe deux exemples de séismes de flexion enregistrés au large des côtes au cours des dernières semaines : 1) un événement de M 3.7 le 21 janvier 2019 à environ 240 km à l’est de l’île d’Hawaï et 2) un événement de M 4.6 le 7 février à environ 84 km au sud-ouest de l’île. L’événement de janvier avait une magnitude trop faible pour pouvoir êtreressenti par la population. En revanche, l’événement de février a été plus intense et a été signalé par 115 personnes à Hawaï, Maui et Oahu, à une distance de 370 km de l’épicentre. C’est le séisme le plus significatif ressenti à Hawaii depuis un événement de M 4,4 le 9 août 2018.
Les séismes de flexion sont parfois appelés «séismes du manteau», ce qui reflète le fait qu’ils se produisent souvent au niveau du manteau supérieur plutôt que dans la croûte terrestre. Les ondes sismiques se déplacent plus facilement à travers le manteau qu’à travers à la croûte. C’est l’une des raisons pour lesquelles les séismes d’origine mantellique peuvent provoquer davantage de dégâts, d’autant plus que leur magnitude peut dépasser M 6,0.
La flexion lithosphérique produit des séismes à Hawaii, mais ils sont moins fréquents que ceux liés directement à l’activité volcanique. Chaque année, le HVO enregistre des dizaines de milliers de secousses sur et à proximité des volcans actifs de Big Island, et seulement quelques centaines d’événements de flexion au large des côtes.

Source : HVO.

Cet article me rappelle ce qui se passe actuellement en Islande où la lithosphère rebondit car les glaciers, du fait du réchauffement climatique, perdent de leur masse et exercent une pression moindre sur la croûte terrestre. Ce phénomène appelé « rebond isostatique » peut engendrer des problèmes. Ainsi, le petit port de Hofn sur la côte sud de l’île est moins profond qu’auparavant, ce qui, à terme, risque de poser des problèmes à certains navires pour entrer dans le port.

Certains géologues pensent que ce rebond isostatique est susceptible de favoriser la remontée du magma à l’intérieur des volcans islandais sous-glaciaires. Toutefois, on ne dispose pas d’un recul suffisant pour affirmer qu’un tel phénomène se produit. Les dernières éruptions en Islande ont eu lieu en 2010 (Eyjafjajjajökul) et 2014 (Holuhraun).

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As it does regularly, the USGS Hawaiian Volcano Observatory (HVO) has released a very interesting article about seismicity in Hawaii and its link with volcanoes.

The author of the article explains that earthquakes in Hawaii are intimately related to the volcanoes. However, they sometimes happen simply because the Earth under the island chain gets too much bent.

The article reminds us that Earth’s tectonic plates are made of the lithosphere, which is a mostly rigid layer extending from the crust into the upper mantle. As the Hawaiian Islands are located on top of the Pacific Plate, their huge weight flexes the lithosphere. This results in stresses that can lead to earthquakes.

Seismologists call these events “flexural earthquakes” to reflect their cause. The massive Island of Hawaii produces the largest force on the lithosphere due to its relatively young age, which results in forces on the underlying lithosphere. The zone of maximum bending stress from this load extends about 100 km offshore from the island. As the plate re-adjusts back to a neutral position, it results in a raised bulge in the lithosphere that extends around Oahu about 300 km away. This is why earthquakes occasionally happen so far from the main area of seismic and volcanic activity on the Island of Hawaii.

There have been two examples of offshore flexural earthquakes in the past weeks. They include an M 3.7 event on January 21st, 2019 which occurred about 240 km east of the Island of Hawaii, and an M 4.6 event on February 7th about 84 km southwest of the island. The January event was too small and distant for anyone to feel. But the February earthquake produced significant shaking and was reported by 115 citizens from Hawaii, Maui, and Oahu, up to 370 km from the epicentre. It was the largest earthquake felt in Hawaii since an M 4.4 on August 9th, 2018.

Flexural earthquakes are sometimes called “mantle earthquakes,” reflecting the fact that they often occur at depths within the Earth’s upper mantle rather than within the crust. Seismic waves travel more efficiently through the mantle compared with the crust. This is one reason why mantle earthquakes can have widespread and sometimes damaging effects, especially as their sizes can exceed the M 6.0 range.

Lithospheric flexure produces earthquakes in Hawaii less frequently than those directly related to active volcanism. Each year, HVO records tens of thousands of earthquakes on and near Big Island’s active volcanoes, compared with only a few hundred offshore flexural events.

Source : HVO.

This article reminds me of what is happening in Iceland where the lithosphere is rebounding because glaciers, due to global warming, lose their mass and exert less pressure on the Earth’s crust. This phenomenon called « isostatic rebound » can cause problems. Thus, the small port of Hofn on the south coast of the island is shallower than before, which, in the long run, may cause problems for some ships to enter the port.
Some geologists believe that this isostatic rebound is likely to favour the rise of magma inside subglacial Icelandic volcanoes. However, there is not enough evidence to say that such a phenomenon has occurred. The last eruptions in Iceland took place in 2010 (Eyjafjajjajökul) and 2014 (Holuhraun).

Schémas montrant les séismes volcaniques et non-volcaniques à Hawaii, ainsi que l’effet de flexion de la Grande Ile sur la lithosphère (Source : USGS / HVO)

Tempêtes, neige, vagues et érosion côtière à Hawaii // Storms, snow, waves and coastal erosion in Hawaii

Les événements extrêmes se sont multipliés à travers le monde au cours des derniers mois. Ce qui se passe actuellement à Hawaii est un bon exemple des conséquences du changement climatique.
Hawaii connaît en ce moment une période de très mauvais temps, avec une puissante tempête hivernale susceptible de produire une accumulation de neige et de glace sur l’Haleakala à Maui, ainsi que sur le Mauna Loa et le Mauna Kea à Big Island. En plus de la neige, les services météorologiques prévoient des conditions très venteuses et des températures exceptionnellement basses. Le National Weather Service a publié un bulletin d’alerte hivernal avec risque d’épisodes de neige, de grésil ou de pluie verglaçante qui poseront des problèmes de déplacement. Les gens doivent s’attendre à des routes glissantes, une visibilité réduite et faire preuve de prudence au volant.
Dans le même temps, la division hawaïenne en charge des State Parks a annoncé que, pour la toute première fois dans l’histoire d’Hawaii, la neige est tombée dans un parc national le samedi 9 février 2019. Le parc national de Polipoli à Maui est recouvert de neige qui n’était jamais tombée à une aussi basse altitude (1860 m) à Polipoli.
Le personnel du Department of Land and Natural Resources (DLNR) évalue les impacts de la tempête hivernale qui s’abat sur Hawaii. Sur la rive nord de l’île d’Oahu, l’érosion côtière et les inondations provoquées par les vagues inquiètent les autorités et la population. L’ampleur de la perte de sable sur les plages exposées au nord n’est pas encore connue mais elle est considérable. Les météorologues avaient raison avec leurs prévisions. Ils avaient prévu un événement sans précédent, avec une combinaison rare, voire jamais observée, de vagues énormes associées à des vents violents. Comme je l’ai déjà écrit, c’est pendant les tempêtes que l’on peut constater les effets du changement climatique sur les océans et l’érosion qu’il provoque sur le littoral.
Le DLNR est particulièrement préoccupé par les effets des vagues sur le littoral dont l’érosion menace les fondations de certaines maisons de la côte nord, déjà victimes d’événements semblables par le passé. La tempête a entraîné la fermeture de nombreux parcs d’État. De nombreux campeurs ont dû partir et plusieurs routes ont été fermées.
À Lahaina (Maui), des bateaux ont rompu leurs amarres et sont allés s’écraser sur des rochers. Des toilettes portables ont également été emportées.
Les équipes sur le terrain évalueront les dégâts causés aux parcs d’État, aux forêts et aux sentiers avant leur réouverture au public.

Source: Presse hawaiienne. .

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Extreme events have been multiplying around the world during the past months. What is currently happening in Hawaii is a good example of the consequences of climate change.

There is a period of very bad weather in Hawaii with a powerful winter storm likely to produce accumulating snow and ice over the Haleakala and Big Island Summits. In addition to snow and ice accumulations, very windy conditions and unusually cold temperatures are expected. The National Weather Service has issued a Winter Weather Advisory which means that periods of snow, sleet or freezing rain will cause travel difficulties. People should be prepared for slippery roads and limited visibilities and use caution while driving.

Meantime, the Hawaiian Division of State Parks reports that for perhaps the first time ever, snow fell in a Hawai‘i State Park on Saturday, February 9th, 2019. Polipoli State Park on Maui is blanketed with snow. It could also be the lowest elevation snow ever recorded in the state. Polipoli is 1860 metres above sea level.

Personnel from numerous DLNR Divisions continue monitoring the impacts of the major winter storm bearing down on Hawaii. On Oahu’s north shore, there is particular concern about coastal erosion and wave inundation. The conditions are impressive and extremely dangerous. The extent of sand loss on north-facing beaches is not known yet but is considerable. Weather forecasters were right with their predictions. They predicted an unprecedented event, with a rare, if ever seen, combination of record high on-shore waves, coupled with gale force winds. As I put it before, it is during the storms that we can see the effects of climate change on the oceans and the erosion it causes on the coastline.

DLNR is particularly concerned about the possible impacts of wave inundation and shoreline retreat undercutting the foundations of some north shore homes, already under siege from previous coastal events. The storm has forced the closure of numerous state parks across the state. Many campers had to leave and several roads were closed.

There are reports in Lahaina (Maui) of boats breaking free from their moorings and ending up on rocks. Portable toilets were also blown away.

Field crews will be assessing damage to state parks, forests, and trails, prior to reopening them.

Source: Hawaiian newspapers.

Neige sur le Mauna Loa (Photos: C. Grandpey)

Le changement climatique va coûter des milliards de dollars à Hawaii // Climate change will cost Hawaii billions of dollars

Alors que l’économie de la Grande Ile d’Hawaii a bien du mal à se remettre de la dernière éruption du Kilauea, le chapitre du volume II du Quatrième Rapport sur le Climat aux États-Unis, publié le 23 novembre 2018, détaille les impacts du changement climatique sur Hawaii et les Îles du Pacifique.
Parmi les principales conclusions du Rapport, on note la pénurie d’eau douce, les infrastructures côtières endommagées ou détruites, la mort des récifs coralliens et une pression accrue sur la biodiversité et les espèces indigènes.
Ne serait-ce qu’à Hawaii, la valeur de toutes les structures et de toutes les terres qui risquent d’être inondées d’ici 2100 s’élève à plus de 19 milliards de dollars.
Le Rapport montre clairement que le changement climatique arrive beaucoup plus tôt que prévu et constitue une menace plus grave qu’on ne le pensait auparavant. À Oahu, par exemple, il y a déjà des routes fermées pendant les heures de pointe du matin en raison d’inondations, et avec l’élévation du niveau de la mer, les gens seront de plus en plus souvent. Confrontés à cette situation.  A proximité d’Hawaii, les atolls devront bientôt faire face aux défis de la durabilité.
Les principaux assureurs de la planète ont récemment déclaré que le changement climatique allait créer un monde quine pourrait plus être assuré. Ils ont déclaré que «ce n’est qu’en agissant dès maintenant que nous pourrons espérer gérer efficacement ces risques». Selon le Rapport national sur le climat, une action rapide visant à atténuer les effets du changement climatique peut réduire les coûts économiques, environnementaux, sociaux et culturels et empêchera que les gens soient contraints d’abandonner leurs terres et leurs ressources, avec des risques de conflits.
Le chapitre consacré à Hawaii et aux îles du Pacifique affiliées aux États-Unis expose les changements déjà ressentis dans les îles, ainsi que les perspectives pour l’avenir.
Les principales conclusions du rapport expliquent que:
– les réserves d’eau sont menacées.
– l’élévation du niveau de la mer s’est accélérée et endommage maintenant les infrastructures essentielles.
– L’augmentation de la température de l’océan et son acidification menacent les pêcheries, les récifs coralliens et les entreprises qui en dépendent.
– Ces changements mettent en péril la santé et le bien-être des peuples autochtones.
– Le changement climatique réduit la capacité des habitats à venir en aide aux espèces végétales et animales protégées.
Source: Big Island Now.

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While Hawaii Big Island is finding hard to recover from the economic impact of Kilauea’s last eruption, the chapter of the Volume II of the Fourth official U.S. National Climate Assessment, released on November 23rd, 2018, details the impacts of climate change on Hawaii and the Pacific Islands.

Among the major concerns, the report insists on strained freshwater supplies, damaged and compromised coastal infrastructure, coral reef death and greater stresses on native biodiversity and species.

In Hawaii alone, the value of all structures and land expected to be flooded by 2100 amounts to more than $19 billion.

The report clearly shows that climate change has arrived far sooner and as a greater threat than was previously thought. On Oahu, for instance, there are already road closures during morning rush hour because of flooding, and with sea level rise people will see this more and more often. The neighbours of Hawaii on atolls will very soon have to face sustainability challenges.

The world’s largest insurers recently stated that climate change is creating an ‘uninsurable’ world. They said that “only by acting now can we hope to effectively manage these risks.” The National Climate Assessment finds that early action to address the impacts of climate change can lower economic, environmental, social, and cultural costs, and could help to prevent conflict or displacement from lands and resources.

The chapter on Hawaii and the U.S.-affiliated Pacific Islands lays out the changes already being felt in the islands, as well as what lies ahead.

Top findings include:

Dependable and safe water supplies are threatened.

Sea level rise has accelerated and is now damaging critical infrastructure.
Increasing ocean temperatures and acidification threaten fisheries, coral reefs and the livelihoods they support.

These changes imperil indigenous peoples’ health and well-being.

Climate change reduces the ability of habitats to support protected plant and animal species.

Source: Big Island Now.

Graphique illustrant le chapitre du Rapport consacré à Hawaii et aux autres îles du Pacifique