Kilauea (Hawaï) : les retombées de tephra de l’Épisode 44 // Tephra fall from Episode 44

La carte ci-dessous illustre les retombées de tephra associées à l’Épisode 44 de l’éruption du Kilauea, le 9 avril 2026. La plupart des tephra provenant des précédents épisodes de fontaines de lave se sont déposés à l’intérieur du Parc national des volcans d’Hawaï, au sud-ouest des bouches éruptives. Plusieurs retombées de tephra ont également été observées dans d’autres secteurs de l’île. Lors de l’Épisode 44, les fontaines de lave issues de la bouche nord dans le cratère de l’Halemaʻumaʻu ont atteint une hauteur de 240 mètres. Les vents du sud qui soufflaient vers le nord-nord-est ont provoqué des retombées de téphra dans un étroit corridor à l’intérieur du Parc national, avant d’atteindre la Route 11 et les localités situées au nord-est, dans les districts de Kaʻū, Puna, South Hilo et North Hilo.

Source : HVO.

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The map above shows the tephra fall associated with Episode 44 of the Kilauea summit eruption, on April 9, 2026.

Most tephra from past lava fountaining episodes had landed in the closed area of Hawaiʻi Volcanoes National Park, southwest of the eruptive vents, with several instances of tephra fall documented in other communities on the island.

During Episode 44, lava fountains from the north vent in Halemaʻumaʻu Crater reached up at 240 meters in height. Southerly winds blowing to the north-northeast resulted in tephra fall in a narrow corridor within Hawaiʻi Volcanoes National Park, on Highway 11, and on communities to the northeast within the Districts of Kaʻū, Puna, South Hilo, and North Hilo.

Source : HVO.

La sismicité au sud de la Grande Île d’Hawaï // Seismicity south of Hawaii Big Island

Le dimanche 5 avril 2026, un séisme de magnitude M3,9 a été enregistré à 4 km à l’est-nord-est de Pahala, sur l’île d’Hawaï, à une profondeur de 2 km sous le niveau de la mer. Ce séisme n’a eu aucun impact apparent sur le Mauna Loa et le Kilauea. L’Observatoire volcanologique d’Hawaï (HVO) précise que ce séisme est probablement lié à l’essaim sismique observé sous la région de Pahala depuis 2019. Des séismes sont observés dans cette région depuis au moins les années 1960. Pour plus d’informations, l’Observatoire nous invite à consulter une étude expliquant la sismicité de la région :
https://www.usgs.gov/news/volcano-watch-why-do-so-many-deep-earthquakes-happen-around-pahala

Environ 1 300 séismes de magnitude supérieure à M1,0 et à plus de 20 km de profondeur de profondeur ont été enregistrés sur et autour de l’île d’Hawaï depuis août 2019. Sur la carte de l’USGS ci-dessous, les points bleus et violets indiquent respectivement les séismes survenus entre 20 et 40 km de profondeur et ceux survenus à plus de 40 km de profondeur.

Source: USGS

Depuis le début d’une récente série de séismes en août 2019, le HVO a enregistré plus de 1 000 séismes profonds dans cette région, soit environ 15 % de tous les séismes détectés sur l’île d’Hawaï pendant cette période. Le plus important d’entre eux, de magnitude M4,0, s’est produit le 8 octobre et a été faiblement ressenti par les habitants. En réalité, 34 séismes profonds ont été ressentis dans la région depuis 2006, dont un séisme de magnitude M4,7 en janvier de cette année-là. Cette recrudescence de la sismicité ces derniers mois s’inscrit dans une longue histoire de séismes observés dans la région.

Cette source persistante de sismicité a été identifiée pour la première fois par le HVO dès les années 1960. Il s’agissait d’épisodes de trémor harmonique attribués à la remontée de magma dans des fissures remplies de fluide et profondément enfouies sous l’île. Compte tenu de la situation géographique de la région, à environ 40 km du sommet du Kilauea et à environ 50 km de celui du Mauna Loa, il était difficile de dire si le magma présent dans cette zone profonde pouvait être lié au volcanisme de surface.

Grâce à l’amélioration du réseau de surveillance sismique du HVO, la détection de différents types de sismicité est devenue plus aisée. Par exemple, une étude de l’USGS publiée en 2006 a donné plus de détails sur les séismes dans la région, en plus du trémor. Les auteurs ont expliqué qu’une transition minéralogique dans le manteau terrestre, à 32 km de profondeur, permettait le transport du magma jusqu’au Kilauea. Ils ont également constaté que la profondeur des séismes tend à diminuer légèrement en direction du sommet du Mauna Loa, ce qui laisse supposer que du magma en provenance de la région de Pahala pourrait également alimenter le Mauna Loa.

Cinq ans plus tard, en 2011, des chercheurs ont découvert une vaste zone de faible vitesse sismique jusqu’à au moins 1 000 km sous la partie sud de l’île d’Hawaï, là où se produit la sismicité profonde. Selon eux, il s’agissait de l’emplacement où le point chaud à l’origine de l’archipel hawaïen remonte actuellement sous l’île d’Hawaï. Cette observation a conforté l’hypothèse précédente selon laquelle la zone de sismicité profonde indique probablement la source de magma alimentant les volcans actifs.

En 2015, à l’aide d’algorithmes informatiques plus performants, des chercheurs de l’USGS ont défini les trois principaux types de séismes dans cette région : séismes de courte et de longue période, ainsi que des trémors. Selon eux, la sismicité se situait au sommet d’un corps magmatique profond conduisant à une zone de faille profonde, ce qui pourrait correspondre un canal de transport du magma alimentant le Kilauea.

Depuis fin 2015, le HVO enregistre une hausse de la sismicité dans la région située en profondeur sous Pahala. La fréquence est généralement de 10 à 20 événements par jour, mais dépasse parfois 40. Seuls les essaims sismiques de 1972 et 1975 ont dépassé ce nombre. Bien que ces séismes profonds ne présentent pas de danger majeur, certains événements superficiels dans cette zone ont parfois causé des dégâts, notamment le grand séisme de Ka’u de magnitude M7,9 en 1868, avec ses nombreuses répliques.
Source : USGS.

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On Sunday, April 5, 2026, an M3.9 earthquake occurred 4 km east-northeast of Pahala on the Island of Hawaiʻi at a depth of 2 km below sea level. The earthquake had no apparent impact on either Mauna Loa or Kīlauea volcanoes. The HVO specifies that this earthquake is likley related to the seismic swarm under the Pāhala area, which has been going on since 2019. Earthquakes in this region have been observed at least as far back as the 1960s. The Observatory invites us to read a study explaining the seismicity in the area:

https://www.usgs.gov/news/volcano-watch-why-do-so-many-deep-earthquakes-happen-around-pahala for more information.

About 1300 earthquakes with magnitudes greater than M1.0 and at depths over 20 km on and around the Island of Hawai‘i since August 2019 are depicted on tha USGS map above. Blue and purple dots indicate earthquakes at 20-40 km and more than 40 km depths, respectively.

Since the beginning of a recent earthquake swarm in August 2019, HVO has recorded over 1000 deep earthquakes in this region, which accounts for about 15 percent of all earthquakes detected on the Island of Hawaii during that time. The largest of these was an M4.0 event on October 8 that was weakly felt by residents. In fact, 34 deep events have been reported felt in the region since 2006, including an M4.7 earthquake in January of that year. The uptick in seismicity in recent months is the latest chapter in a decades-long history of observed earthquakes in the area.

This persistent source of seismicity was first identified on seismic records by HVO as far back as the 1960s. They characterized episodes of harmonic tremor, ascribing it to upwelling of magma within fluid-filled cracks deep beneath the island. Given the region’s location about 40 km from Kīlauea’s summit and about 50 km from Mauna Loa’s summit, it was unclear whether magma in this deep region might relate to surface volcanism.

With the improvement of HVO’s seismic monitoring network, it became easier to detect different types of seismicity. For example, a USGS study published in 2006 characterized earthquakes in the region in addition to tremor. The authors proposed that a mineralogical transition in Earth’s mantle at 32 km depth could enable a magma transport path to Kilauea. They also noticed that the earthquake depths tend to become somewhat shallower in the direction of Mauna Loa’s summit, suggesting a magma transport path from the Pahala region may also feed Mauna Loa.

Five years later, researchers in 2011 discovered a broad zone of low seismic velocity down to at least 1000 km beneath the southern portion of the island where the deep seismicity takes place. They interpreted it as the location where the hot spot that created the Hawaiian archipelago currently rises beneath Hawaii. This observation supported the earlier hypothesis that the area of deep seismicity likely indicates the magma source that feeds the active volcanoes.

Using other modern computer algorithms, USGS researchers in 2015 characterized three main types of earthquakes in this region, including both short and long period earthquakes in addition to tremor. They interpreted the seismicity to be at the top of a deep magma body that leads to a deep fault zone, which may indicate a magma transport pathway feeding Kilauea.

Since late 2015, HVO has recorded an elevated level of seismicity in the region deep under Pahala. The currently observed rates are typically 10-20 events per day, but sometimes exceed 40 per day. Only swarms in 1972 and 1975 have exceeded this rate. While these deeper earthquakes do not really pose a strong hazard, shallow crustal earthquakes in this area have sometimes been damaging, including the 1868 M7.9 Great Ka’u earthquake and its many aftershocks.

Source : USGS.

1er avril 2026 : Hawaï n’oublie pas le tsunami de 1946 // April 1st, 2026 : Hawaii remembers the 1946 tsunami

Cette année à Hawaï, en ce 1er avril 2026, le test mensuel du système d’alerte par sirène coïncide avec le 80ème anniversaire du tsunami de 1946 qui a frappé les îles hawaïennes, causant la mort de 158 personnes.
Le 1er avril 1946, Hilo et la côte environnante furent frappées par le tsunami le plus dévastateur de l’histoire moderne d’Hawaï. Le raz-de -marée fut déclenché par un séisme de magnitude M7,4 (bien que certains scientifiques l’estiment aujourd’hui plus proche de M8,5) survenu au milieu de la nuit au large des côtes de l’Alaska. Moins de cinq heures plus tard, des vagues monstrueuses en provenance des îles Aléoutiennes, déferlèrent sur l’État d’Hawaï.

L’USGS précise que, historiquement, deux tsunamis se sont produits durant la première semaine d’avril. Le premier eut lieu le 2 avril 1868 ; il fut provoqué par le puissant séisme qui se produisit ce jour-là près de Pahala. Le séisme de 1868 est estimé à une magnitude d’environ M8,0. 46 personnes ont péri et plusieurs villages hawaïens ont été entièrement détruits par le tsunami qui a suivi. Des témoins oculaires ont estimé la hauteur de la vague entre 7 et 9 mètres.

Plus récemment, le 1er avril 1946, un tsunami provoqué par un important séisme dans les îles Aléoutiennes a causé de graves dégâts à Hawaï.

Un tsunami se caractérise généralement par une succession de vagues qui viennent submerger le rivage. Entre les vagues, généralement espacées de 12 à 20 minutes, le niveau de l’eau baisse et découvre les fonds marins. Souvent, le premier signe de l’arrivée d’un tsunami est un retrait soudain de l’eau du rivage.
En 1946, chacune des huit premières vagues a atteint sa hauteur maximale à des endroits différents. De plus, la première vague n’est pas nécessairement la plus importante. Il est déconseillé de retourner dans les zones côtières basses évacuées avant que toutes les vagues ne soient passées. Les vagues ont atteint une hauteur maximale de 16 mètres au-dessus du niveau de la mer près de l’embouchure de la vallée de Pololu et de 8 mètres à Hilo. À Kaua’i, la hauteur maximale de la vague était de 13 mètres ; à O’ahu, de 9 mètres ; à Moloka’i, de 16 mètres ; et à Maui, de 10 mètres. Dans tous les cas, l’eau a atteint sa hauteur maximale sur la côte nord. À Hawaï, 124 personnes ont péri et près de 600 maisons ont été détruites ou endommagées. Ailleurs dans l’archipel, 38 autres personnes ont trouvé la mort et environ 800 maisons ont été détruites ou endommagées.

Un autre tsunami dévastateur a frappé l’archipel hawaïen le 23 mai 1960. Il a été provoqué par le séisme de Valdivia, de magnitude M9,5, survenu le long des côtes chiliennes. Il s’agit de la plus forte magnitude jamais enregistrée. Ce tsunami a causé peu de dégâts ailleurs dans l’archipel, mais la baie de Hilo a été durement touchée. 61 personnes ont perdu la vie et environ 540 maisons et commerces ont été détruits ou gravement endommagés. Dans la baie d’Hilo, la hauteur des vagues a atteint 10 mètres, contre seulement 1 à 5 mètres ailleurs.

Comme le montrent ces exemples, deux types de tsunamis ont causé des dégâts à Hawaï : ceux générés par de grands séismes lointains et ceux générés par des séismes locaux. Aujourd’hui, les tsunamis générés par des séismes lointains sont suivis par le Tsunami Warning Center (TWC), le Centre d’alerte aux tsunamis du Pacifique, situé à Oahu. Le délai minimal entre le séisme et l’arrivée du tsunami à Hawaï est d’environ 4,5 heures pour les séismes dont : l’épicentre se situe dans le centre des îles Aléoutiennes. Les tsunamis générés par des séismes ailleurs dans le Pacifique peuvent mettre jusqu’à 15 heures pour arriver à Hawaï, notamment pour ceux d’Amérique du Sud. Ces délais sont suffisants pour émettre des alertes et évacuer les zones basses des îles. En revanche, les tsunamis générés par des séismes locaux peuvent survenir très rapidement. Bien que seuls quelques séismes locaux aient été suffisamment puissants pour générer un tsunami au cours de l’histoire, ceux de magnitude M8,0 en 1868 et de magnitude M7,2 en 1975 ont provoqué des tsunamis dévastateurs.

Illustration de la vitesse de propagation des vagues d’un tsunami (Source : TWC)

Avec la croissance démographique sur le littoral hawaïen, tout tsunami d’origine locale représente une sérieuse menace pour les vies et les biens. En raison du court laps de temps (quelques minutes seulement à proximité de l’épicentre) entre un séisme local et le tsunami qu’il peut engendrer, il est peu probable que des alertes adéquates permettant une évacuation ordonnée soient émises. La meilleure solution pour les habitants qui ressentent le séisme est de se réfugier immédiatement sur des points hauts s’ils se trouvent près de la côte, en zone basse. Les pages de la Protection Civile dans l’annuaire téléphonique contiennent des cartes des zones côtières de l’île d(Hawaï indiquant les zones inondables par un tsunami et les itinéraires d’évacuation.

Source : USGS.

Photo: C. Grandpey

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This year in Hawaii, on April 1st, 2026, the monthly all-hazard siren system test aligns with the 80th anniversary of the devastating 1946 tsunami that struck the Hawaiian Islands, leading to the tragic loss of over 100 lives.

On April Foolʻs Day 1946, Hilo and the surrounding coast were hit by the most devastating tsunami in Hawaiʻi’s modern history. The death toll was 158. The tsunami was triggered by an M7.4 earthquake (although some scientists now say it was closer to M8.5) that happened in the middle of the night off the Alaskan coast. Less than five hours later, the monster waves rolled in from the Aleutian Islands, surprising the State of Hawaiʻi.

The USGS specifies that in historical times, two tsunamis occurred during the first week of April. The first of these occurred on April 2, 1868 ; it resulted from the great earthquake that took place that day near Pahala. The 1868 event is estimated to have had a magnitude of about M8.0. Reports indicate that 46 people were killed and several entire Hawaiian villages were destroyed by the tsunami generated from the earthquake. Eyewitnesses estimated that the wave was 7 to 9 meters high.

More recently, on April 1, 1946, a tsunami generated from a large earthquake in the Aleutian Islands caused severe damage in Hawai`i. There is usually a succession of waves during a tsunami, with each crest flooding the shore. Between the crests, which are commonly 12-20 minutes apart, the water level drops and exposes the shallow sea floor. Often, the first indication of the arrival of a tsunami is a sudden withdrawal of water from the shore.

In 1946, each of the first eight wave crests was largest at one place or another; thus, the first wave is not necessarily the largest. One should not return to evacuated low-lying coastal areas until the entire wave series has arrived. The waves reached a maximum height above sea level of 16 meters near the mouth of Pololu valley and of 8 meters at Hilo. On Kaua`i, the maximum height of the wave was 13 meters; on O`ahu, 9 meters; on Moloka`i, 16 meters; and on Maui, 10 meters. In all cases, the water reached its maximum height on the north shore. On Hawai`i, 124 people were killed and almost 600 homes destroyed or damaged. Elsewhere in the islands, 38 additional people were killed and about 800 homes were destroyed or damaged.

Another damaging tsunami hit the islands on May 23, 1960. It was generated by the M9.5 Valdivia earthquake along the coast of Chile. Ite margest magnitude ever recorded. This tsunami caused little damage elsewhere in the islands but the Hilo Bay area was hard hit. 61 people lost their lives and about 540 homes and businesses were destroyed or severely damaged. The wave heights in Hilo Bay reached 10 meters compared to only 1-5 meters elsewhere.

As these examples demonstrate, there are two classes of tsunami that have caused damage in Hawaii: those generated by large, distant earthquakes and those generated by local earthquakes. Today, tsunami generated by distant earthquakes are tracked by the Pacific Tsunami Warning Center on O`ahu. The minimum elapsed time between the earthquake and the arrival of the tsunami in Hawaii is about 4.5 hours for earthquakes in the central Aleutian Islands. Tsunami generated by earthquakes elsewhere around the rim of the Pacific Ocean have elapsed times of as long as 15 hours (for those from South America). These times are adequate to issue warnings and evacuate low-lying areas on the islands. However, tsunami generated by local earthquakes may have extremely short time periods between the earthquake and the tsunami. Although only a few local earthquakes have been large enough to generate tsunami during historical times, the M8.0 event in1868 and the M7.2 in1975 produced tsunami that were large enough to kill people.

With the increasing population along the coastlines of Hawaii, any future locally-generated tsunami pose an even greater threat to life and property. Because of the short time period (as little as a few minutes if you are near the earthquake epicenter) between a local earthquake and a tsunami it could generate, it is unlikely that adequate warnings of orderly evacuation can occur. The best solution for residents who feel the earthquake is to immediately move to higher ground if they are near the coast at low elevation. The Civil Defense pages in the phone book include maps of coastal areas around the island showing the areas where tsunami inundation can occur and the evacuation routes to use.

Source : USGS.

Hawaï, terre des dieux // Hawaii, a land of gods

Un épisode de la série Volcano Watch est dédié aux divinités qui gèrent la puissance de la Nature à Hawaï.
La région sommitale du Kilauea, sur la Grande Île, a subi des retombées de téphra et une tempête vers la mi-mars 2026. S’en sont suivies les opérations de nettoyage, de réparation des dégâts et une régénération de la Nature. Ces processus sont naturels, reconnus et ancrés dans les traditions orales autochtones qui évoquent les divinités hawaïennes : Pele, Lono et Hiʻiaka.

Le Kīlauea et les autres volcans actifs de la Grande Île d’Hawaï façonnent des paysages en perpétuelle évolution. Des sommets jusqu’aux côtes, la lave dévale les pentes, recouvre les terres et agrandit l’île lorsqu’elle entre dans l’océan. Les fontaines de lave provoquent des pōhāhā (retombées de téphra) qui envahissent les zones sous le vent. Lorsque le magma circule dans le sous-sol, il peut ouvrir des fissures ou façonner des cratères en surface.

Les traditions orales hawaïennes attribuent l’activité volcanique à Pelehonuamea, déesse hawaïenne des volcans, également connue sous le nom de Pélé, créatrice de la terre.

Pélé est la déesse des volcans et du feu (Photo : C. Grandpey)

L’archipel hawaïen, situé au cœur de l’océan Pacifique, est exposé à des tempêtes venant de diverses directions, notamment des ouragans en été et des tempêtes en hiver. Ces phénomènes météorologiques, accompagnés de vents violents, de pluies torrentielles et de fortes vagues, peuvent déraciner des arbres, provoquer des inondations et recouvrir de neige les sommets du Mauna Kea et du Mauna Loa.
Selon les traditions orales hawaïennes, la pluie, le vent, le tonnerre et la foudre sont l’œuvre de la puissance de Lono, l’un des quatre principaux dieux hawaïens, et qui confère à la terre sa fertilité.

Lono est associé à la fertilité, l’agriculture, la pluie, la musique et la paix. On l’associe également aux tempêtes hivernales qui frappent l’île d’Hawaï (Source : Wikipedia)

Les éruptions volcaniques et les tempêtes peuvent métamorphoser les paysages, mais la régénération naturelle commence rapidement. Là où la végétation a été endommagée par des dépôts volcaniques ou des tempêtes, elle repousse vite suite à ces événements. Lorsque la végétation est complètement détruite ou enfouie, les spores et les graines qui se déposent dans les zones affectées amorcent le lent processus de restauration de la végétation.

Les traditions orales hawaïennes attribuent ce processus à Hiʻiakaikapoliopele, déesse protectrice des danseuses de hula, des chants, de la sorcellerie et de la médecine. C’est la guérisseuse de la terre. Elle est également connue sous le nom de Hiʻiaka, celle qui entreprend de reverdir la Nature.

Hi’iaka est considérée comme la guérisseuse de la terre et l’image de sa régénération (Source : Wikipedia)

Ces traditions orales relatent les interactions passées entre Pélé, Lono et Hiʻiaka, interactions que les Hawaïens continuent de percevoir aujourd’hui. Par exemple, Pélé serait apparue au sommet du Kīlauea lors de l’Épisode 43 de l’éruption qui s’est accompagné d’un puissant pōhāhā. Quelques jours plus tard, Lono, plein de vigueur, serait apparu lors d’une tempête hivernale, et Hiʻiaka est désormais présente pour régénérer la Nature.

La Nature continuera de remodeler le territoire, et les derniers événements nous rappellent leur impact considérable. Ils montrent aussi que Pele, Lono et Hiʻiaka font toujours partie intégrante de la vie à Hawaï.
Source : USGS / HVO.

Un jour sur le Kilauea, Pélé m’a tendu la main, comme pour m’inviter à profiter de la beauté des éruptions qu’elle déclenche.(Photo: C. Grandpey)

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An episode of the series Volcano Watch is dedicated to the gods behind Nature’s power in Hawaii.

The summit region of Kilauea on the Big Island experienced tephra fallout and a kona low storm by mid-March 2026. They were followed by cleanup, recovery and regrowth. These processes are natural, recognized and embodied in Native Hawaiian oral traditions about Hawaiian deities of Pele, Lono, and Hiʻiaka.

Kīlauea and the other active volcanoes on Hawaii Big Island are ever-changing landscapes. From summits to coastlines, lava flows downslope to resurface land and add acreage where it enters the ocean. Lava fountains blanket areas downwind with pōhāhā – fallout of tephra. As magma moves beneath the surface, it can cause ground cracks or collapsed areas such as craters to form on the ground above.

Native Hawaiian oral traditions attribute those active volcanic processes to Hawaiian volcano goddess Pelehonuamea, also known by the shorter Pele, the creator of land.

The Hawaiian archipelago, located in the Central Pacific Ocean, is susceptible to storms that approach from various directions, including hurricanes during the summer and kona low storms during the winter. These weather systems and accompanying wind, rain and ocean surges can topple trees, cause flooding and cover the summits of Mauna Kea and Mauna Loa with snow.

Native Hawaiian oral traditions say rains, winds, thunder and lightning are the works of the elemental force and one of the four principal Hawaiian gods Lono, who brings fertility to the land.

Volcanic eruptions and storms can completely transform landscapes, but natural recovery begins soon afterward. Where vegetation was damaged by new volcanic deposits or storms, new growth quickly begins. When vegetation is completely destroyed or buried, spores and seeds landing in these areas begin the processes of slowly restoring vegetation.

Native Hawaiian oral traditions attribute these actions to Hawaiian patron goddess of hula dancers, chants, sorcery and medicine – the healer of land – Hiʻiakaikapoliopele, also known by the shorter Hiʻiaka, as she begins to re-green the land.

The oral traditions recorded interactions between Pele, Lono and Hiʻiaka in the past, and Hawaiians continue to see their interactions today. For instance, Pele appeared at the summit of Kīlauea during Episode 43 of the Kilauea eruption with a heavy pōhāhā. This event was followed by a wildly enthusiastic Lono in a kona low storm a few days later, and now Hiʻiaka is present in recovery.

Nature will continue to reshape the land, and these recent natural events are reminders about how impactful they can be. But they also show that Pele, Lono and Hiʻiaka are still largely part of life in Hawaii.

Source : USGS / HVO.