Approche scientifique de l’éruption islandaise de 2021 // Scientific approach of the 2021 Icelandic eruption

Nous ne savons pas prévoir les éruptions, mais nous savons décrire le déroulement des événements éruptifs.
Des scientifiques de l’Université d’Islande et du Met Office islandais (IMO) ont publié deux articles dans la revue Nature, dans lesquels ils présentent le fruit de leurs observations lors de l’éruption de Fagradalsfjall en 2021. C’était la première éruption sur la péninsule de Reykjanes après 800 ans de calme volcanique.
Les études montrent que les précurseurs de l’éruption islandaise étaient différents de ceux qui ont précédé de nombreuses autres éruptions à travers le monde, et que la composition de la lave a évolué au fur et à mesure que l’éruption progressait.
Les chercheurs ont analysé l’activité sismique sur la péninsule de Reykjanes. Elle a commencé en décembre 2019, a culminé avec l’éruption du 19 mars 2021 et s’est poursuivie pendant environ six mois.

L’un des articles – intitulé « La déformation et le déclin de la sismicité avant l’éruption de Fagradalsfjall de 2021 » – s’attarde sur les précurseurs de l’éruption et montre dans quelle mesure ils diffèrent des précurseurs de nombreuses autres éruptions dans le monde.
Il y a eu une activité sismique intense sur la péninsule de Reykjanes dans les semaines qui ont précédé l’éruption de 2021, avec une libération de contraintes tectoniques dans la croûte terrestre. Cependant, pendant plusieurs jours avant l’éruption, la déformation du sol et l’activité sismique ont diminué dans la zone autour du site de l’éruption. Ce schéma précurseur est donc différent de ceux qui précèdent de nombreuses autres éruptions dans le monde, qui montrent souvent une augmentation de la déformation du sol et de la sismicité peu de temps avant le début de l’éruption, signe que le magma se fraye un chemin vers la surface.
Les auteurs de l’article expliquent que la situation observée sur le Fagradalsfjall a été provoquée par l’interaction entre le flux magmatique et les contraintes au niveau des plaques tectoniques. Lorsque le magma se fraye un chemin à travers la croûte avant une éruption, une contrainte tectonique est parfois libérée, ce qui provoque des séismes et une déformation du sol. Un déclin de la sismicité et de la déformation peut indiquer que ce processus touche à sa fin et que le magma est prêt à percer la surface.
Au cours de la période de trois semaines qui a précédé l’éruption de Fagradalsfjall, il y a eu à la fois une déformation de surface considérable et une forte sismicité. La cause était la mise en place d’un dyke magmatique vertical entre la surface et 8 km de profondeur. Dans le même temps, des contraintes tectoniques dans la croûte ont été libérées. Des séismes d’une magnitude pouvant atteindre M 5,6 ont été enregistrés dans les zones voisines.
Les scientifiques pensent que la baisse de la sismicité dans les jours qui ont précédé l’éruption peut s’expliquer par le fait que le magma avait alors presque atteint la surface, là où la croûte est la plus faible et où il y a donc moins de résistance.
Cette situation montre qu’il faut tenir compte de la relation entre les volcans et les contraintes tectoniques dans la prévision des éruptions. Une libération des contraintes tectoniques, suivie d’une diminution de la déformation et de la sismicité, peut précéder un certain type d’éruption.

Le deuxième article – intitulé « Déplacement rapide d’une source magmatique profonde sur le volcan Fagradalsfjall » – traite des changements dans la composition de la lave dans la Geldingadalir au cours de l’éruption.
Les scientifiques ont fréquemment échantillonné la lave au cours des 50 premiers jours de l’éruption et ils ont mesuré les gaz volcaniques autour du site éruptif. Ces mesures ont révélé que la lave du Fagradalsfjall provenait directement d’un réservoir magmatique à grande profondeur, à la frontière entre la croûte et le manteau, autrement dit la zone proche du Moho.
Une éruption avec du magma provenant directement de la zone proche du Moho n’a pas été observée dans d’autres éruptions en temps réel. Dans ces cas précédents, le magma provenait de profondeurs moindres de la croûte terrestre. On manque d’informations sur les parties les plus profondes des systèmes magmatiques. L’éruption du Fagradalsfjall a fourni à la communauté scientifique de nouvelles connaissances sur les processus impliqués.
Au début de l’éruption de 2021, la lave était relativement riche en magnésium, comparée à la lave d’autres éruptions historiques en Islande, ce qui révèle un apport de magma particulièrement chaud. Il y avait aussi beaucoup de dioxyde de carbone (CO2) dans les gaz volcaniques émis par la bouche éruptive, ce qui confirme un apport de magma très profond. Selon les scientifiques, cela montre que le magma a subi peu de refroidissement en remontant à travers la croûte jusqu’à la surface. On pense que le réservoir magmatique se trouvait à une quinzaine de kilomètres sous la surface.

L’étude de l’éruption révèle également que la composition de la lave du Fagradalsfjall a radicalement changé au fur et à mesure que l’éruption progressait. Cela laisse supposer que pendant l’éruption un nouveau magma est arrivé en provenance de profondeurs plus importantes que le magma déjà présent dans le réservoir.
Les scientifiques expliquent que l’on sait depuis longtemps que différents types de magma peuvent se mélanger en profondeur, dans les systèmes magmatiques, avant une éruption. Cette éruption présente des preuves en temps réel que ces processus se produisent.
De plus, les modifications de la composition des produits volcaniques montrent que du nouveau magma peut s’introduire rapidement dans un réservoir profond, dans un délai d’environ 20 jours, et se mélanger au magma déjà présent dans le réservoir, en déclenchant potentiellement l’éruption.
Ces découvertes peuvent aider à mieux comprendre les volcans et la géochimie du manteau et pourraient contribuer à l’élaboration de modèles de systèmes magmatiques partout dans le monde.

Source: Met Office islandais, Université d’Islande, The Watchers.

Il sera maintenant intéressant de comparer les conclusions de l’éruption de 2021 avec celles de l’éruption de 2022. Il faudra voir si la dernière éruption se situe dans le prolongement de celle de 2021 ou s’il s’agit de deux événements indépendants l’un de l’autre.

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We are not good at predicting eruptions, but we are dood at describing what happened.

Scientists from the University of Iceland, the Icelandic Met Office (IMO) have published two papers in the journal Nature, presenting new findings from the 2021 eruption at Fagradalsfjall. It was the first eruption on the Reykjanes Peninsula after 800 years of dormancy.

The studies show that the precursors to the eruption were unusual compared to many other eruptions across the world and that the composition of the lava changed as the eruption continued.

Researchers closely observed the seismic activity on Reykjanes Peninsula, which began in December 2019, culminated with the eruption on March 19th, 2021 and continued for around half a year.

One of the papers – titled “Deformation and seismicity decline before the 2021 Fagradalsfjall eruption” -discusses the precursors to the eruption and how they differ from the precursors of many other eruptions around the world.

There was a significant seismic activity on the Reykjanes Peninsula in the weeks leading up to the 2021 eruption, marked by tectonic stress release in the crust. However, for several days before the eruption, deformation and seismic activity declined in the area around the eruption site. This precursory pattern is different from those preceding many other eruptions around the world, which often show escalating rates of ground displacement and seismicity shortly before the eruption onset, as the magma forces its way to the surface.

The scientists behind the paper explain that the behaviour at Fagradalsfjall was caused by the interplay between magma flow and plate tectonic stress. As magma forces its way through the crust before an eruption, tectonic stress may be released, causing earthquakes and ground deformation in the early stages. A decline in seismicity and deformation may indicate that this process is coming to an end and that the magma may erupt.

During the three-week period preceding the eruption at Fagradalsfjall, there was both considerable surface deformation and a large number of earthquakes. This was caused by the emplacement of a vertical magma-filled dyke between the surface and a depth of 8 km. At the same time, tectonic stress in the crust was released. Earthquakes occurred in nearby areas, up to magnitude M 5.6.

The scientists also suggest that the decline in seismicity in the days before the eruption could be explained by the fact that the magma had then almost reached the surface, where the crust is weakest and there is therefore less resistance.

This situation shows that consideration must be given to the relationship between volcanoes and tectonic stress in eruption forecasting. A release of tectonic stress followed by a decline in deformation and seismicity rate may be a precursory activity for a certain type of eruption.

The second paper – titled “Rapid shifting of a deep magmatic source at Fagradalsfjall volcano, Iceland” – discusses the changes to the composition of the lava that flowed through Geldingadalir and the surrounding area as the eruption continued.

Scientists sampled the lava frequently during the first 50 days of the eruption and measured the volcanic gases around the eruption site. This revealed that the lava at Fagradalsfjall was directly sourced from a magma reservoir at great depth, at the boundary between the crust and the mantle – the near-Moho zone.

Eruption directly from the near-Moho zone has not been observed in other eruptions with real-time investigation. In these previous cases, the magma came from shallower levels in the crust. Until now, there has therefore been a lack of information about the deepest parts of magmatic systems. The eruption at Fagradalsfjall has provided the scientific community with new knowledge of the processes involved.

At the start of the eruption, the lava was relatively rich in magnesium in comparison with lava from other historical eruptions in Iceland, indicating an unusually hot magma supply. There was also a lot of carbon dioxide in the volcanic gases emitted from the eruption vent, indicating an unusually deep magma supply. The scientists explain that this suggests that the magma underwent little cooling on its way up through the crust to the surface. It is believed that the magma reservoir was located about 15 km from the surface.

The research also revealed that the composition of the lava at Fagradalsfjall radically changed as the eruption progressed. This suggests that during the eruption, a new magma was generated at greater depths than the magma already present in the reservoir.

The scientists point out that it has long been argued that different kinds of magma can mix deep in magmatic systems before an eruption. This study presents real-time evidence that these processes do occur.

Furthermore, changes to the composition of volcanic products show that new magma can flow into a deep reservoir rapidly, in a timescale of around 20 days, mixing with the magma already in the reservoir and potentially triggering the eruption.

These findings may aid our understanding of volcanoes and the geochemistry of the mantle and could support the development of models of magmatic systems all over the world.

Source: Icelandic Met Office, University of Iceland, The Watchers.

It will now be interesting to compare the conclusions of the 2021 eruption with those of the 2022 eruption. It will be particularly interesting to see if the last eruption is a continuation of that of 2021 or if they are two distinct events.

Captures d’écran de l’éruption de 2021

2021 : Rapport très inquiétant de la NOAA sur le climat // 2021 : NOAA’s very worrying Climate Report

Dans le Rapport de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) sur l’état du climat publié le 31 août 2022, on peut lire que le réchauffement climatique a continué de s’aggraver en 2021, avec de nouveaux records pour les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère; cela a contribué à faire s’élever à des niveaux record le niveau de la mer et la teneur en chaleur des océans. Le rapport a été alimenté par les recherches de plus de 530 scientifiques de plus de 60 pays. Les chercheurs ont analysé les données de 2021 et ont proposé ce qu’ils appellent « la mise à jour la plus complète des indicateurs climatiques de la Terre ».
Selon le rapport, il existe de plus en plus de preuves scientifiques irréfutables que le réchauffement climatique a des impacts à;l’échelle de la planète et ne montre aucun signe de ralentissement. Avec de nombreuses zones habitées touchées par des inondations millénaires, une sécheresse exceptionnelle et une vague de chaleur historique en 2021, il est clair que la crise climatique n’est pas une menace pour le futur, mais un phénomène auquel nous devons faire face aujourd’hui.
Parmi les conclusions du nouveau rapport, il est indiqué que la combustion de combustibles fossiles continue d’aggraver l’effet de serre. Les principales concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre – dioxyde de carbone, méthane et protoxyde d’azote – ont chacune continué d’augmenter et atteint de nouveaux records en 2021.
Bien que 2021 n’ait pas été l’année la plus chaude jamais enregistrée, elle se classe au sixième rang des plus chaudes de l’histoire. Il convient de noter que les sept années les plus chaudes figurent toutes parmi les sept dernières années.
La température de l’océan a établi un nouveau record en 2021. Cela est dû au fait que l’océan emmagasine l’essentiel de l’énergie excédentaire piégée dans le système terrestre par les gaz à effet de serre et d’autres facteurs. Le contenu thermique global de l’océan, mesuré depuis sa surface jusqu’à une profondeur de plus de 1 800 m, a continué d’augmenter et a atteint de nouveaux records en 2021.
La quantité de réchauffement déjà présente sur la planète à cause de la combustion de combustibles fossiles est tenue responsable de la fonte de la calotte glaciaire du Groenland qui entraînera près de 30 centimètres d’élévation du niveau de la mer d’ici 2100, selon une étude publiée le 27 août 2022 dans la revue Nature Climate Change.
Le niveau de la mer a déjà commencé à monter, à raison en moyenne de 25 centimètres depuis 1880, selon les données de la NOAA. Le plus inquiétant est la vitesse de cette augmentation. Au cours des 25 dernières années, le niveau de la mer s’est élevé en moyenne de 7,5 centimètres. Le nouveau rapport de la NOAA montre que cette accélération ne ralentit pas.
Pour la 10ème année consécutive, le niveau moyen de la mer dans le monde a atteint un nouveau record en 2021 et était supérieur d’environ 97,0 mm à la moyenne de 1993, année qui marque le début des mesures par satellite.
L’élévation du niveau de la mer a été en grande partie causée par la fonte de la banquise arctique et antarctique. Une étude menée par des chercheurs de l’Institut météorologique finlandais et publiée en août dans la revue Communications Earth & Environment a révélé qu’au cours des 43 dernières années, l’Arctique s’est réchauffé à un rythme 3,8 fois plus rapide que la moyenne mondiale.
Le rapport de la NOAA note que 2021 a été l’année la plus froide dans l’Arctique depuis 2013, bien qu’elle soit la 13ème année la plus chaude jamais enregistrée. Cette moyenne, ainsi que plusieurs épisodes de chaleur extrême, ont suffi à faire monter le niveau de la mer.
Lors d’une vague de chaleur sévère dans l’ouest de l’Amérique du Nord, une température de 39,9 °C a été enregistrée le 30 juin à Fort Smith, dans les Territoires du Nord-Ouest, au Canada. Il s’agit de la température la plus élevée jamais enregistrée au-dessus de 60 degrés de latitude nord. De plus, un événement de fonte généralisée sur la calotte glaciaire du Groenland le 14 août 2021 a coïncidé avec les premières chutes de pluie observées en 33 ans à la station Summit – dans la zone sommitale de l’île – à plus de 3 200 mètres) d’altitude.
Source : NOAA.

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In NOAA’s State of the Climate report released on August 31st, 2022, one can read that climate change continued to worsen in 2021, setting new records for greenhouse gas concentrations in the atmosphere that helped push sea levels and ocean heat content to record highs. The report was supported by research from more than 530 scientists from over 60 countries. The researchers analyzed 2021 data to offer what it calls “the most comprehensive update on Earth’s climate indicators.”

According to the report, there is more and more compelling scientific evidence that climate change has global impacts and shows no sign of slowing, With many communities hit with 1,000-year floods, exceptional drought and historic heat in 2021, it shows that the climate crisis is not a future threat but something we must address today.

Among the findings in the new report are that the burning of fossil fuels continues to worsen the so-called greenhouse effect. The major atmospheric greenhouse gas concentrations – carbon dioxide, methane and nitrous oxide – each rose once again to new record highs during 2021.

While 2021 was not the warmest year on record, it ranked as the sixth hottest in recorded history. It should be noted that the seven warmest years have all occurred in the last seven years.

Ocean temperatures set a new record in 2021. This is due to the fact that the ocean sequesters the vast majority of the excess energy trapped in the Earth’s system by greenhouse gases and other factors. Global ocean heat content, measured from the ocean’s surface to a depth of more than 1,800 m, continued to increase and reached new record highs in 2021.

The amount of warming already unleashed on the planet thanks to the burning of fossil fuels has been held resposibble for the precipitous melting of the Greenland ice sheet that will result in nearly 30 centimeters of sea level rise by 2100, according to a study published on August 27th, 2022 in Nature Climate Change.

Sea levels have already begun rising, creeping up an average of 25 centimeters since 1880, according to data from NOAA. Most worrisome is the rate of rise. In the past 25 years, the seas have risen an average of 7.5 centimeters. The new NOAA report shows that this accelerated trajectory is not slowing.

For the 10th consecutive year, global average sea level rose to a new record high and was about 97.0 mm higher than the 1993 average, the year that marks the beginning of the satellite measurement record.

Sea level rise has largely been caused by the melting of Arctic and Antarctic sea ice. A study undertaken by researchers with the Finnish Meteorological Institute and published in August in the journal Communications Earth & Environment found that over the last 43 years, the Arctic has been warming at a rate 3.8 times faster than the global average.

NOAA’s report notes that 2021 was the coolest year for the Arctic since 2013, though it still ranked as the 13th warmest year on record. That average, as well as several extreme heat events, was enough to help push sea level rise higher.

During a massive heat wave in western North America, a temperature of 39.9°C was recorded on June 30th at Fort Smith, Northwest Territories, Canada. This was the highest temperature ever recorded above 60 degrees North latitude. Moreover, a widespread melting event on the Greenland Ice Sheet on August 14th, 2021 coincided with the first observed rainfall in the 33-year record at the Summit Station, which sits at more than 3,200 meters) above sea level.

Source: NOAA.

 

La Courbe de Keeling montre qu’en un an, les concentrations de CO2 dans l’atmosphère sont passées de 413 ppm à 416 ppm, ce qui est considérable (Source: Scripps Institution of Oceanography)

Quelques nouvelles de Vulcano et de l’Etna (Sicile) // Some news of Vulcano and Mt Etna (Sicily)

Dans une note précédente, j’expliquais que la mer avait changé de couleur dans le secteur de Levante sur l’île éolienne de Vulcano. D’après les premières analyses de l’INGV, le phénomène aurait été causé « par la baisse du Ph ». L’inspection du site a été réalisée par des chercheurs à bord d’une embarcation pour « les observations macroscopiques du phénomène, les mesures physico-chimiques sur le terrain et l’échantillonnage ».
Les prélèvements d’eau de mer sur le fond marin à proximité des sites d’émissions gazeuses ont été réalisés au moyen d’une rosette actionnée depuis le bateau. Une rosette est une espèce de barillet portant des bouteilles de prélèvement qui peuvent être déclenchées depuis la surface. Les scientifiques ont également procédé au prélèvement des gaz qui provoquent des bouillonnements à la surface de l’eau. D’autres prélèvements de gaz ont également été effectués au niveau de la mare de boue qui, rappelons le, est interdite d’accès depuis trois ans.

La baignade sur la plage de Levante est interdite pendant au moins deux semaines. L’accès au cratère de la Fossa reste interdit lui aussi.

Source: médias italiens.

Dans une publication sur Facebook, j’avais indiqué le 28 mai 2022 qu’une nouvelle bouche s’était ouverte sur l’Etna (Sicile), dans la partie haute de la Valle del Bove. Une deuxième bouche est également apparue à 06h05 (UTC) le 29 mai 2022. Les points d’émission de la lave se trouvent à 3250 m et 2800 m au-dessus du niveau de la mer. La lave se déplace lentement vers le Monte Simone. Le front de coulée le plus avancé se situe à environ 2100 m d’altitude.
Après une chute rapide observée dans l’après-midi du 28 mai, le tremor éruptif fluctue actuellement sur des valeurs moyennes-élevées. Sa source a été localisée dans la zone du Cratère Sud-Est à une profondeur d’environ 3000 mètres.
Source : INGV.

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In a previous post, I explained that the sea had changed colour in the Levante area, on the Aeolian island of Vulcano. According to the first analyzes by INGV scientists, the phenomenon was probably caused « by the drop in Ph ». The site inspection was carried out by researchers aboard a boat for « macroscopic observations of the phenomenon, physico-chemical measurements in the field and sampling ».
Sampling of seawater on the seabed near the sites of gaseous emissions was carried out using a rosette operated from the boat. A rosette is a kind of barrel carrying sampling bottles that can be triggered from the surface. The scientists also took samples of the gases that cause bubbling on the surface of the water. Other gas samples were also taken from the mud pool which, it should be remembered, has been off-limits for three years.

Bathing at the Levante beach is forbidden at least for the next two weeks. Access to the La Fossa crater is prohibited too.

Source: Italian news media.

In a post on Facebook, I indicated on May 28th, 2022 that a new vent had opened on Mt Etna (Sicily), in the upper part of the Valle del Bove. A second vent also appeared at 06:05 (UTC) on May 29th, 2022. The lava emission points are at 3250 m and 2800 m above sea level. The lava is slowly moving towards Monte Simone . The most advanced flow front is located at approximately 2100 m altitude.
After a rapid drop observed in the afternoon of May 28th, the eruptive tremor is currently fluctuating on medium-high values. Its source was located in the area of ​​the Southeast Crater at a depth of about 3000 meters.
Source: INGV.

Les bains de boue de Vulcano sont un lointain souvenir (Photo: C. Grandpey)

Nouvelle inquiétude à Vulcano (Sicile) // New anxiety at Vulcano (Sicily)

Le 23 mai 2022 en cours de journée, l’eau le long du littoral devant la plage de Levante à Vulcano (Sicile) a brusquement pris une couleur d’abord blanc laiteux puis sombre, avec des odeurs nauséabondes. Les habitants de Vulcano Porto ont immédiatement signalé cette situation à l’INGV qui a immédiatement lancé les analyses. Le phénomène semble avoir atteint son maximum vers 13h avant de diminuer au cours des heures suivantes. Selon l’INGV, il s’agirait d’un événement de dégazage impulsif qui a affecté la zone dans le secteur de la plage de Levante qui est historiquement affectée par des émissions de gaz à basse profondeur au fond de la mer.
L’INGV explique qu' »un phénomène de libération de fluides dû à une augmentation de la pression dans le système hydrothermal peut provoquer l’évacuation d’une eau riche en sulfures qui se trouve dans la partie la moins profonde du système proprement dit, ce qui expliquerait les couleurs sombres qui ont été observées. L’oxydation qui s’ensuit provoque la formation de soufre élémentaire et la floculation de ce dernier, ce qui explique l’aspect blanc laiteux de l’eau de mer. La dynamique impulsive du dégazage provoque également la dispersion dans l’eau de dépôts préexistants de soufre natif, ce qui contribue à renforcer le phénomène en question. »
Les scientifiques ont également observé une augmentation de la sismicité avec des événements d’une magnitude inférieure à M 1,0. Le prélèvement d’échantillons est prévu ce mardi.

Source: La Sicilia.

Dans la conclusion d’un rapport sur l’île de Vulcano publié le 14 mai 2022, l’INGV indiquait que les résultats des campagnes de mesure des émissions de CO2 dans le sol en mai 2022 montrent que le dégazage à Vulcano Porto est resté pratiquement inchangé ces derniers mois, et présente toutefois des valeurs moyennes bien au-dessus de la normale. De plus, la forte anomalie de concentration de CO2 dans le sol dans la maison Lombardo (40 vol.% à 50 cm) est toujours présente.
Le suivi de la concentration dans l’air du CO2, du SO2 et du H2S à Vulcano Porto a montré des valeurs légèrement anormales mais non dangereuses.
Dans l’ensemble, un dégazage anormal du sol persiste dans le secteur central de la zone du Camping Sicilia (CS1) qui comprend la maison Lombardo et d’autres maisons voisines, ainsi qu’à proximité de la mare de boue dans la zone de la plage de Levante.
Dans de nombreuses zones de Vulcano Porto, le niveau de dégazage reste sur des valeurs moyennes. Une possible évolution vers des émissions de gaz dangereuses pourrait donc avoir lieu à court terme en cas de réactivation de l’activité du cratère de La Fossa.

Cette situation arrive au mauvais moment, à la veille de la saison touristique. Il y a peu de chances que les restrictions d’accès en cours soient levées.

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On May 23rd, 2022, the water along the coast at Levante beach on the island of Vulcano (Sicily) suddenly took on a colour that was first milky white and then dark, with foul odours. The residents of Vulcano Porto immediately reported this situation to INGV, which immediately started analyses. The phenomenon seems to have reached its maximum around 1 p.m. before decreasing during the following hours. According to INGV, it was an impulsive degassing event that affected the area in the Levante beach sector which is historically affected by gas emissions at low depths on the sea floor.
INGV explains that « a phenomenon of release of fluids due to an increase in pressure in the hydrothermal system can cause the evacuation of a water rich in sulphides which is in the shallowest part of the system itself, which would explain the dark colors that have been observed.The ensuing oxidation causes the formation of elemental sulfur and the flocculation of the latter, which explains the milky white appearance of seawater. The impulsive dynamics of the degassing also causes the dispersion in the water of pre-existing deposits of native sulfur, which contributes to reinforcing the phenomenon. »
Scientists also observed an increase in seismicity with events whose magnitude was less than M 1.0. Sample collection is scheduled for Tuesday.
Source: La Sicilia.

In the conclusion of a report on the island of Vulcano published on May 14th, 2022, INGV indicated that the results of the campaigns to measure CO2 emissions in the ground in May 2022 show that the degassing in Vulcano Porto has remained practically unchanged in recent months, and nevertheless shows average values ​​well above normal. In addition, the strong anomaly of CO2 concentration in the soil in the Lombardo house (40 vol.% at 50 cm ) is still present.
The monitoring of the concentration in the air of CO2, SO2 and H2S at Vulcano Porto showed slightly abnormal but not dangerous values.
Overall, abnormal soil degassing persists in the central sector of the Camping Sicilia (CS1) area which includes the Lombardo house and other neighboring houses, as well as near the mud pool in the area of Levante beach.
In many areas of Vulcano Porto, the level of degassing remains at average values. A possible evolution towards dangerous gas emissions could therefore take place in the short term in the event of a reactivation of activity of the La Fossa crater.

This situation comes at the wrong time, on the eve of the tourist season. Current access restrictions are unlikely to be lifted.

Les émissions de gaz dans l’eau de mer le long de la plage de Levante sont un phénomène qui existe depuis très longtemps. Les touristes adorent se baigner dans ces jacuzzi naturels (Photo: C. Grandpey)