Coup de chaud sur l’Arctique

À voir sur la chaîne ARTE un excellent documentaire d’une durée de 1h22′, intitulé « Coup de chaud sur l’Arctique. » Ses réalisateurs grecs attirent l’attention sur les effets du réchauffement climatique sur cette région du monde qui se réchauffe quatre fois plus vite que le reste de la planète. On a sous les yeux des preuves irréfutables du dégel du pergélisol et de ses conséquences. En plus de son impact sur les infrastructures, le phénomène provoque de colossales émissions de carbone et de méthane qui viennent s’ajouter à celles produites par les activités humaines.

Le dégel du permafrost a provoqué de violentes explosions de méthane (Crédit photo: The Siberian Times)

Le documentaire nous montre l’étendue des exploitations pétrolières et gazières en Sibérie et en Alaska. La population doit souvent choisir entre les revenus et les emplois générés par ces industries et la protection de l’environnement. Priorité est, malheureusement, le plus souvent donnée à la première option, en dépit des conséquences sanitaires.

Gazoducs sur la péninsule de Yamal (Source: Total Rnergies)

La conclusion du documentaire n’incite guère à l’optimisme. L’avenir de l’humanité est sacrifié sur l’autel du profit. Les derniers événements en Ukraine et au Moyen-Orient ont largement occulté la crise climatique, mais la hausse des cours du pétrole montre à quel point notre société dépend des énergies fossiles. L’exploitation de nouveaux champs pétrolifères dans l’Arctique, en particulier en Alaska, malgré la promesse du président Biden, montre que la chute de la Courbe de Keeling et des concentrations de CO2 dans l’atmosphère n’est pas pour demain.

Le film m’a particulièrement intéressé car j’y ai retrouvé tout l’argumentaire que je développe dans ma conférences « Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique.

Le documentaire a été réalisé en 2025. Vous pourrez le visionner en cliquant sur ce lien :

https://www.arte.tv/fr/videos/110219-000-A/coup-de-chaud-sur-l-arctique/

Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : vers une 3ème phase éruptive? // Will there be a 3rd eruptive phase?

Un trémor est enregistré depuis 20h40 le 3 avril 2026, avec sa source sur le flanc est-sud-est du volcan, donc dans le secteur du cône éruptif et des phases d’activité éruptive du 23 février au 3

avril. L’amplitude de ce trémor reste faible et aucune émission de lave en surface n’est visible sur les caméras de l’observatoire. Ce trémor indique néanmoins la présence de magma à faible profondeur. L’émission de gaz ainsi qu’une reprise de l’activité effusive ne sauraient être exclues. L’OVPF rappelle que « par le passé, des phases de trémor sans émission de lave ont déjà été observées au Piton de la Fournaise, même si cela reste rare. »

———————————————-

A tremor has been recorded since 8:40 PM on April 3, 2026, originating on the east-southeast flank of the volcano, therefore in the area of ​​the eruptive cone and the phases of eruptive activity from February 23 to April 3. The amplitude of this tremor remains low, and no lava emissions are visible on the observatory’s cameras. This tremor nevertheless indicates the presence of magma at shallow depths. The emission of gases and a resumption of effusive activity cannot be ruled out. The OVPF notes that « in the past, phases of tremor without lava emissions have already been observed at Piton de la Fournaise, even if this remains rare. »

Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : Nouvelles restrictions autour du site éruptif

Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, l’entrée de la lave dans la mer génère des risques pouvant être mortels et dont les visiteurs prennent rarement conscience. À la Réunion, le comportement du public est de plus en plus pointé du doigt. Le sauvetage récent de dix personnes égarées dans le secteur de Sainte-Rose illustre ce décalage entre la réalité du terrain et l’impréparation des visiteurs.

Face à la multiplication des comportements à risque, la préfecture a décidé de renforcer les mesures de contrôle.

En particulier, le stationnement sera strictement limité au côté montagne de la chaussée et sévèrement contrôlé par les forces de l’ordre.

Pour canaliser la foule, des points d’information sont installés aux entrées du Grand Brûlé. L’objectif est de rappeler aux spectateurs les secteurs autorisés et ceux qui sont interdits, ainsi que les dangers que l’Observatoire ne cesse de rappeler. .

Selon le site Réunion la 1ère, la menace d’une évacuation forcée plane désormais sur le site. Les autorités préviennent qu’en cas de changement météo brusque ou d’aggravation des risques volcaniques, le système FR-Alert sera utilisé. Ce dispositif permet d’envoyer une notification prioritaire sur tous les téléphones portables présents dans la zone pour ordonner un départ immédiat.

Source: Réunion la 1ère.

Certains vont bien sûr dire que ces mesures sont une atteinte à la liberté, mais elles sont avant tout destinées à protéger le public. Si rien n’est fait, i y aura un ou plusieurs morts un de ces jours. Mais de toute façon, ce sera la faute du Préfet qui n’aura pas fait le nécessaire!

La plateforme de lave, un endroit particulièrement dangereux (Crédit photo: OVPF)

Risques liés à l’entrée de la lave dans l’océan // Hazards associated with lava entry into the ocean

Pour le moment, l’entrée de lave dans le secteur du Grand Brûlé est assez réduite et ne présente pas de risques élevés.

Crédit photo: PGHM

Si le débit effusif venait à augmenter, la situation pourrait devenir plus compliquée. Hawaï illustre parfaitement les dangers liés aux entrées de lave dans l’océan. J’ai vu des coulées se déverser dans l’océan Pacifique sur des centaines de mètres.

Lorsque la lave entre en contact avec l’eau de mer, son refroidissement rapide génère d’épais panaches composés de vapeur d’eau, de gaz volcaniques et de fines particules de verre, lorsque la roche en fusion se fragmente au contact de l’eau. Ces nuages ​​de vapeur et de gaz se forment lorsque la lave à très haute température réchauffe l’eau de mer, produisant une vapeur nocive contenant de l’acide chlorhydrique et de fines particules de verre volcanique. Ces panaches peuvent irriter les yeux et les voies respiratoires des personnes se trouvant sous le vent et réduire la visibilité près du littoral.

L’entrée de lave dans l’océan crée également des accumulations et plateformes instables de lave nouvellement solidifiée qui s’étendent depuis le rivage vers la mer. Ces deltas de lave temporaires se forment par accumulation et refroidissement de coulées successives. Cependant, leur structure reste fragile et ils peuvent s’effondrer brutalement, avec des explosions et des projections de fragments de roche brûlante et d’eau de mer vers l’intérieur des terres. Danger !

L’interaction entre la lave et l’eau de mer peut également générer de brèves explosions lorsque l’eau de mer se retrouve piégée sous la lave en train d’avancer. La détente rapide de la vapeur peut fragmenter la croûte externe de la coulée, avec des projections de fragments de lave et des jets de vapeur.

Photos: C. Grandpey

À la Réunion, le système de surveillance de la qualité de l’air a détecté un dépassement temporaire du seuil d’alerte sanitaire pour le SO₂ dans la zone de Bourg Murat le 16 mars 2026. Les concentrations de SO₂ ont dépassé le niveau d’alerte de 500 µg/m³ par heure pendant trois heures consécutives, avec une moyenne horaire de 593 µg/m³ et un pic à 673 µg/m³ avant de revenir à des niveaux inférieurs. Les autorités expliquent que la qualité de l’air autour du volcan peut évoluer rapidement lors d’une éruption, en fonction de l’activité volcanique et des conditions météorologiques, notamment la direction du vent. Des concentrations élevées de gaz volcaniques peuvent affecter les personnes souffrant de problèmes respiratoires comme l’asthme. Il est donc conseillé aux habitants des zones concernées de limiter les activités physiques intenses en extérieur.

—————————————-

For the time being, the lava entry in the Grand-Brûlé area is quite reducedand does not include high risks.

Should an increase in the lava flow occur, the situation might become more risky. Hawaii is a perfect example of hazards associated with lava entries. I have ssen the lava flow into the Pacific Ocean over hundreds of meters.

When lava comes into contact with seawater, rapid cooling produces dense plumes composed of water vapor, volcanic gases, and fine glass particles when the molten rock fragments on contact with the water. The steam and gas clouds form when hot lava heats seawater, producing acidic steam that contains hydrochloric acid and fine volcanic glass particles. These plumes can irritate the eyes and respiratory system of people exposed downwind and may reduce visibility near the coastline.

Ocean entry also creates unstable accumulations of newly solidified lava fragments that build outward from the shoreline. Temporary lava deltas form as successive flows pile up and cool, but they remain structurally unstable and can collapse suddenly, producing localized explosions and sending fragments of hot rock and seawater inland.

The interaction between lava and seawater can also generate brief explosive bursts when seawater becomes trapped beneath advancing lava. Rapid steam expansion may fragment the outer crust of the flow, ejecting lava fragments and forming short-lived jets of steam and debris along the entry point.

Air-quality monitoring conducted on Réunion Island detected a temporary exceedance of the health alert threshold for SO2 in the Bourg Murat area on March 16, 2026. SO2 concentrations exceeded the alert level of 500 µg/m³ per hour for three consecutive hours, reaching an hourly average of 593 µg/m³ with a peak of 673 µg/m³ before returning to lower levels.

Authorities note that air-quality conditions around the volcano can change rapidly during an eruption, depending on volcanic activity and weather conditions, especially wind direction. Elevated concentrations of volcanic gases may affect individuals suffering from respiratory problems like asthma. Residents in affected areas are advised to reduce intense outdoor activity.