Août 2026, le mois de tous les records !

Concentrations de CO2 : 426,53 ppm (08 septembre 2026)             

Concentrations de CH4 : 1939.44 ppb (mai 2026) / 1933,18 mai 2025)

C’est à la Une de tous les médias, mais ce n’est pas une surprise : Selon le dernier rapport mensuel de l’observatoire européen Copernicus, la Terre a connu avec août 2026 le mois le plus chaud jamais enregistré depuis le début des relevés, tous mois confondus, »à égalité avec juillet 2023″. La température moyenne de l’air à travers le globe s’est établie à 16,96 °C, soit 0,85 °C au-dessus de la moyenne de la période 1991–2020 et 1,65 °C au-dessus des niveaux préindustriels, qui font référence dans l’Accord de Paris. Dans le cadre de cet accord réalisé en 2015 et qui semble largement dépassé par les événements climatiques, la communauté internationale s’était engagée à limiter la hausse des températures à +1,5 °C, un objectif qui semble quasiment irréalisable aujourd’hui !

La période de juin à août 2026 a été la plus chaude jamais enregistrée à l’échelle mondiale, à égalité avec celle de 2024. Troisième été le plus chaud jamais enregistré en Europe (derrière 2024 et 2022), l’été 2026 a battu tous les records de températures sur la partie occidentale du continent, devant le record établi en 2003.

La cause de ce record de chaleur se trouve dans une succession de canicules exceptionnellement précoces, persistantes et intenses dans toute l’Europe au cours de ces trois mois.

Dans les océans, la température moyenne en août 2026 a atteint sa valeur la plus élevée jamais enregistrée, à égalité avec 2024 (respectivement 21,07° et 21,09°C).

Ces observations montrent à quel point le réchauffement climatique est à l’origine de phénomènes extrêmes tant dans l’atmosphère que dans les océans. Les conséquences de ces conditions se font de plus en plus sentir sur les populations, les économies et les écosystèmes à travers le monde.

Source: Copernicus.

Maintenant, il ne faudrait pas que les médias déclarent que les températures record du printemps et de l’été 2026 font partie d’un phénomène exceptionnel qu’il faut s’empresser d’oublier. Ce serait une grave erreur et ce serait tromper la population. Rien n’est fait par nos gouvernants pour infléchir la courbe des concentrations de gaz carbonique et de méthane dans l’atmosphère (voir les chiffres ci-dessus). Il faut donc s’attendre à de nouveaux événements climatiques extrêmes, que ce soit au niveau des températures, des sécheresses ou des incendies de végétation. Le renforcement du phénomène de réchauffement El Niño dans les prochains mois n’est pas fait pour arranger les choses.

A noter que la plupart des modèles de prévision météorologique entrevoient la persistance d’un temps anormalement chaud et sec jusqu’à fin septembre–début octobre.

Kilauea (Hawaï) : l’Épisode 43 et ses conséquences // Episode 43 and its consequences

L’Épisode 43 de l’éruption du Kīlauea a permis d’observer un nouveau record de hauteur pour les fontaines de lave et a provoqué des retombées de téphra sur les localités proches du volcan. L’Observatoire volcanologique d’Hawaï (HVO) a consacré un article spécial de sa série « Volcano Watch » à cet événement qui a débuté le matin du 10 mars 2026 et s’est poursuivi pendant 9 heures. L’article souligne les conséquences pour les zones habitées.
Les bouches éruptives nord et sud ont émis des fontaines de lave ; celle de la bouche sud a atteint 531 mètres de hauteur, un nouveau record pour cette éruption à épisodes.

Capture d’écran de l’éruption

Les vents du sud-ouest ont transporté les téphras vers les points d’observation prévus pour les touristes et les localités voisines. La majeure partie des retombées a été enregistrée au site d’observation d’Uēkahuna et au camp militaire du Kīlauea, dans le Parc national des volcans d’Hawaï, ainsi que sur des portions de la Highway 11 et sur le terrain de golf de Volcano. Les téphras qui sont retombés sur les zones situées au nord-est des bouches éruptives ont formé une couche au sol. Une partie de la Highway 11 et du Parc national a été temporairement fermée par mesure de sécurité et pour permettre le nettoyage des téphras.

Téphras sur la Highway 11 (Source: réseaux sociaux)

Des téphras plus légers, mais en abondance, ont été signalés dans d’autres secteurs du terrain de golf de Volcano, ainsi qu’à Volcano Village et dans les Mauna Loa Estates. Ces zones ont reçu des retombées moins importantes, allant jusqu’à la taille de lapilli. Les communautés plus éloignées n’ont signalé que des retombées de cendres et de « cheveux de Pélé ».

Les retombées de téphras sont un souci pour les personnes qui dépendent des systèmes de récupération d’eau de pluie installés sur leurs toits. Des scientifiques ont prélevé des échantillons de cendres, d’eau de ruissellement et d’eau des réservoirs de récupération dans les zones touchées afin de comprendre à quel point ces dépôts de téphras peuvent affecter la qualité de l’eau. L’un des principaux dangers est le fluorure, qui peut enrober les particules de téphra et se dissoudre ensuite dans l’eau. D’autres contaminants potentiels associés aux cendres volcaniques, tels que l’arsenic, le cadmium, le chrome, le cuivre et le plomb, sont présents en trop faible quantité pour être détectés. L’impact le plus important sur la qualité de l’eau se produit lors des premières pluies suivant une éruption, lorsque la plupart des contaminants présents sur les téphras sont lessivés. Les personnes qui utilisent des systèmes de récupération d’eau de pluie peuvent réduire ce risque en déconnectant temporairement les descentes de gouttière avant les retombées de téphras, en couvrant les réservoirs de stockage et en balayant les téphras sur les toits et les gouttières avant de reconnecter leurs systèmes.
Les téphras peuvent également causer des irritations aux yeux, à la peau et aux voies respiratoires. Lors du nettoyage des téphras, il est conseillé de porter un équipement de protection tel qu’un masque, des lunettes de protection, des gants et des vêtements de protection (manches longues, chapeau et chaussures fermées). La zone affectée par les retombées de téphras lors des épisodes au sommet du Kīlauea peut varier en fonction du comportement des fontaines de lave et des conditions de vent.
Source : USGS HVO.

Nuages de téphras pendant l’Épisode 43 (Capture d’écran)

Selon le HVO, les fontaines de lave de l’Épisode 44 devraient jaillir entre le 30 mars et le 8 avril 2026.

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Episode 43 of the Kilauea eruption reached new lava fountain height record andcaused tephra fallout on nearby communities. The Hawaiian Volcano Observatory has dedicated a special Volcano Watch article to this event that began in the morning of March 10 2026 and continued for 9 hours. The article also insists on the consequences for populated areas.

The north and south vents erupted lava fountains, with the south vent fountain reaching 531 meters high, a new record for this episodic summit eruption.

Southwesterly winds carried tephra toward visitor overlooks and nearby communities. Most of the fallout accumulated at Uēkahuna Overlook and Kīlauea Military Camp in Hawaiʻi Volcanoes National Park, as well as portions of Highway 11 and the Volcano Golf Course area. These areas, located northeast of the vents, experienced continuous ground coverage. Part of Highway 11 and Hawaiʻi Volcanoes National Park were temporarily closed for safety purposes and to allow for tephra cleanup.

Lighter but still widespread tephra was reported in other parts of the Volcano Golf Course area as well as Volcano Village and Mauna Loa Estates. These areas received sparser fallout, ranging up to lapilli in size. More distant communities reported only ash and Pele’s hair.

Tephra fall raises concern for residents who rely on rooftop rainwater catchment systems. Scientists collected ash, rooftop runoff and catchment tank water samples from affected areas to understand how these tephra deposits might affect water quality. One of the main concerns is fluoride, which can coat tephra particles and then dissolve into water. Other potential contaminants associated with volcanic ash — such as arsenic, cadmium, chromium, copper and lead — were too low to detect.

The largest impact on water quality occurs during the first flush of rain after an eruption, when most contaminants are washed from the tephra. Residents using rainwater catchment systems can reduce risk by temporarily disconnecting downspouts before tephra fall, covering storage tanks and cleaning tephra from roofs and gutters before reconnecting their systems.

Tephra is also an eye, skin and respiratory irritant. When clearing tephra, it is advisable to wear protective equipment such as a mask, eye protection, gloves and protective clothes such as long-sleeves, a hat and covered shoes. The area affected by tephra fallout during Kīlauea summit episodes can vary depending on lava fountaining behavior and wind conditions.

Source : USGS HVO.

According to the HVO, the lava fountains of Episode 44 could be observed between March 30 and April 8, 2026.

Épisode 35 : Quand le Kilauea (Hawaï) se donne en spectacle // Episode 35 : When Kilauea (Hawaii) puts on a show

Dans ses dernières mises à jour, le HVO prévoyait le démarrage de l’Épisode 35 de l’éruption du Kilauea entre le 17 et le 22 octobre 2025. Les premiers signes précurseurs de l’événement sont apparus dans la journée du 16 octobre 2025 avec des coulées et reflux de lave au niveau de la bouche sud et une activité de spattering dans la bouche nord. Une centaine de tels débordements de lave avaient déjà été observés avant l’apparition des fontaines de lave de l’Épisode 34.

Il semble quasiment certain que lors des débordements de la bouche sud la lave ainsi émise dégaze par le biais de son homologue nord où les panaches deviennent beaucoup plus denses et intenses. Le reste du temps, les deux bouches dégazent de manière identique.

Dans le soirée du 17 octobre, la bouche nord a pris le relais de la bouche sud avec des fontaines en dôme et des débordements de lave très spectaculaires.

 Les fontaines de la bouche nord ont ensuite pris de la hauteur vers 20 heures (heure locale) pour jaillir à 150 mètres de haut.

 La bouche sud a repris du service peu de temps après et le spectacle a atteint son apogée, comme lors de l’Épisode 34. Vers 21h30, les fontaines dépassaient les 300 mètres de hauteur.

Vers 22 heures, la fontaine de la bouche sud atteignait environ 460 mètres de hauteur et celle de la bouche nord environ 330 mètres. Il s’agirait de la plus haute fontaine individuelle et du plus haut duo de fontaines observés lors de cette éruption.

L’intensité de l’Épisode éruptif 35 a commencé à diminuer vers 23 heures (heure locale) et il a pris fin à 3h32, après environ 7h30 d’activité de fontaines de lave. Selon le HVO, l’épisode a produit 10 millions de mètres cubes de lave. Le débit éruptif moyen est estimé à 400 mètres cubes par seconde.

La fin de l’éruption a été marquée par une transition rapide de la déflation à l’inflation au sommet du Kilauea. Un 36ème épisode éruptif est donc probable dans quelques jours.

Source : HVO.

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In its latest updates, the HVO predicted the start of Episode 35 of the Kilauea eruption between October 17 and 22, 2025. The first precursors of the event appeared during the day of October 16, 2025, with episodes of lava flows and lava drainages at the south vent and spattering activity at the north vent. About a hundred such lava overflows had been observed before the lava fountains of Episode 34.
Looking at these overflows, it seems almost certain that during the overflows from the south vent, the lava thus emitted degasses through the north vent, where the plumes become much denser and more intense. The rest of the time, both vents degas in an identical manner. On the evening of October 17, the north vent took over with dome-shaped fountains and very spectacular lava overflows.
The fountains then increased in height around 8:00 PM (local time), shooting 150 meters high from the north vent.
The south vent resumed its activity shortly afterward, and the dhow reached its peak, as in Episode 34. Around 9:30 PM, the fountains exceeded 300 meters in height.
Around 10:00 PM, the fountain at the south vent reached a height of just under 500 meters, and that at the north vent reached about 330 meters. This is believed to be the tallest individual fountain and the tallest pair of fountains observed during this eruption.

The intensity of Episode 35 began to decrease around 11 p.m. (local time) and the episode ended at 3:32 a.m.on October 18th after approximately 7.5 hours of lava fountaining activity. According to the HVO, the episode produced 10 million cubic meters of lava. The average eruptive flow rate is estimated at 400 cubic meters per second.

The end of the eruption was coincident with a rapid change from deflation to inflation at the summit. A 36th eruptive episode is then likely in a few days.
Source : HVO.

Réchauffement climatique : le mois de juin 2025 flirte avec les records

Le service européen Copernicus vient de publier son bilan concernant les températures du mois de juin 2025. Dans le monde, le mois dernier a été le 3ème mois de juin le plus chaud, juste derrière juin 2024 (qui était 0,2°C plus chaud) et quasiment à égalité (0,06°C) avec juin 2023.

En Europe de l’Ouest, juin 2025 a été le plus chaud jamais enregistré. Cela n’est guère surprenant car la période a été marquée par deux vagues de chaleur « exceptionnelles » entre le 17 et le 22 puis à partir du 30 juin. L’agence précise que dans le contexte du réchauffement climatique, « ces vagues de chaleur sont susceptibles d’être plus fréquentes, plus intenses et affecteront de plus en plus de personnes en Europe. « 

Au vu des données Copernicus, on peut dire que 12 pays et quelque 790 millions d’habitants de la planète ont connu leur mois de juin le plus chaud. Cela a été le cas au Japon, en Corée du Nord et du Sud, ainsi qu’au Pakistan et au Tadjikistan.

Localement les températures ont dépassé régulièrement les 40°C dans plusieurs pays, et atteint jusqu’à 46°C en Espagne ou au Portugal. Le 30 juin a été « l’une des journées d’été les plus chaudes jamais connues » sur le continent européen.

Juin 2025 a en outre été marqué par une canicule marine en Méditerranée occidentale, avec un record absolu de 27°C le 30 juin à la surface de l’eau. Comme je l’ai rappelé dans ma note précédente, cette température exceptionnellement haute de l’eau en Méditerranée, en favorisant l’accumulation d’humidité dans l’air, ne peut qu’être un facteur aggravant pour les épisodes méditerranéens ou cévenols à venir. Les températures très élevées ont également des effets désastreux pour la biodiversité marine et des répercussions sur la pêche et l’aquaculture.

La sécheresse de la végétation est un facteur aggravant pour le risque d’incendie de végétation comme on peut le voir actuellement autour de Marseille et de Narbonne. Et l’été est loin d’être fini…

Source : Copernicus, France Info.

Les incendies de végétation, attisés par le vent, peuvent prendre des proportions gigantesques (Crédit photo: Wikipedia)