Risque d’effondrement glaciaire à l’Aiguille du Midi (France) // Risk of glacial collapse at the Aiguille du Midi (France)

Nous ne sommes pas encore en été et des risques d’effondrements de glaciers sont déjà annoncés dans les Alpes.

D’après la Chamoniarde, Société de prévention et de secours en Montagne de Chamonix, la chute de 10.000 à 20.000 mètres cubes de glace est imminente sur la face nord de l’Aiguille du Midi, depuis le front du principal glacier suspendu, entre le Frendo et le Mallory. Le Mallory est déconseillé et l’accès du Frendo est exposé.
Pour accéder au refuge des Grands Mulets, il est préférable de privilégier la traversée du bas (le sentier à l’aval du glacier des Pèlerins) et éviter d’évoluer en pied de pente de l’Aiguille.

Source : La Chamoniarde.

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We are not yet in summer and the risks of glacier collapses are already announced in the Alps. According to the Chamoniarde, Society for prevention and relief in the mountains of Chamonix, the fall of 10,000 to 20,000 cubic metres of ice is imminent on the north face of the Aiguille du Midi, from the front of the main suspended glacier, between the Frendo and the Mallory. The Mallory is not recommended and access to the Frendo is exposed.

To access the Grands Mulets refuge, it is advisable to take the lower crossing (the path downslope of the Pèlerins glacier) and avoid going down the slope of the Aiguille.

Source: La Chamoniarde.

Image du glacier suspendu (Crédit photo : La Chamoniarde)

 

Le réchauffement climatique à l’origine de la catastrophe glaciaire en Inde // Climate change caused the glacial disaster in India

Le bilan de la catastrophe qui vient de se produire dans l’état d’Uttarakhanda est terrible, avec 19 morts recensés à ce jour et plus de 200 disparus. La cause de ce désastre a été immédiatement montrée du doigt : le réchauffement climatique qui fait fondre et s’effondrer les glaciers dans la chaîne de l’Himalaya.

Dans une note publiée le  27 juin 2019, j’avais, une nouvelle fois, attiré l’attention sur l’inquiétante situation glaciaire dans cette région de l’Inde. A l’époque un rapport venait d’être publié dans la revue Science Advances. Il indiquait qu’en quarante ans, la chaîne de l’Himalaya avait perdu un quart de sa glace qui avait fondu deux fois plus vite que sur la période 1975-2000. Les auteurs du rapport adressaient une sérieuse mise en garde. Ils précisaient que ce phénomène alarmant lié au réchauffement climatique allait s’aggraver et avoir un impact direct et dangereux sur les populations vivant à proximité de la chaîne himalayenne.
En 40 ans, les températures dans l’Himalaya ont augmenté d’un degré Celsius par rapport à celles enregistrées entre 1975 et 2000. L’équipe de chercheurs qui a rédigé le rapport a analysé quarante années d’observations satellites de l’Inde, de la Chine et du Bouthan. Les scientifiques ont ensuite pu comparer les données de la première période avec les données plus récentes récoltées via les satellites de la NASA.
Cette fonte accélérée des glaciers himalayens n’est pas sans conséquences sur les populations locales, réparties de part et d’autre des 2000 kilomètres de la chaîne de montagnes. Quelque 800 millions de personnes dépendent directement des eaux de ruissellement pour l’irrigation, l’hydroélectricité ou l’eau potable. On se retrouve exactement dans la même situation qu’au Pérou où la population dépend directement de l’eau des glaciers.
Comme je le fais remarquer pendant ma conférence « Glaciers en péril », lorsque la glace fond, elle forme de grands lacs glaciaires retenus souvent par des moraines fragiles qui menacent de se rompre en provoquant d’énormes inondations.  C’est ce qui vient de se passer en Inde. Les journaux indiens expliquent l’effet domino – ou en cascade – suivi par les événements. 1) Un énorme volume de glace s’est détaché d’un glacier du massif de Nanda Devi et 2) a fini sa course dans un lac de fonte qui s’était formé à sa base, en raison du réchauffement climatique. 3) La moraine qui retenait ce lac s’est éventrée sous la pression de l’eau et 4) une déferlante s’est abattue dans le lit de la rivière Rishi Ganga.

Les spécialistes ont mis en garde à plusieurs reprises contre la construction de barrages, de tunnels et de routes mal planifiées dans le haut Himalaya. Un comité nommé par la Cour suprême indienne après la catastrophe de 2013 a recommandé qu’aucun barrage ne soit construit au-dessus d’une altitude de 2 000 mètres. En fondant et reculant, les glaciers laissent derrière eux un mélange instable de terre et de roches pouvant représenter un danger pour les barrages et les tunnels. Le comité a spécifiquement déconseillé la construction de six barrages sur la Rishi Ganga. Le deuxième et plus grand barrage noyé par la dernière crue glaciaire était en cours de construction malgré cette recommandation.

Source : Journaux indiens.

Affirmer, comme l’a fait un glaciologue grenoblois, que le réchauffement climatique ne serait pas la cause principale de cet effondrement glaciaire est assez surprenant et va à l’encontre des conclusions de ses collègues qui ont étudié cette région de l’Himalaya. D’une part, on sait que l’eau de fonte des glaciers joue un rôle de lubrifiant qui accélère leur glissement sur le substrat rocheux et favorise leur effondrement. D’autre part, la fonte du permafrost de roche favorise elle aussi les glissements de terrain. Il se peut que ce soit la conjugaison de ces deux phénomènes – résultat du réchauffement climatique – qui ait provoqué les événements en cascade mentionnés précédemment.

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The death toll of the disaster that has just occurred in the state of Uttarakhanda is terrible, with 19 dead to date and more than 200 missing. The cause of this disaster was immediately pointed out: global warming which is melting and collapsing glaciers in the Himalayan range.

In a post published on June 27th, 2019, I once again drew attention to the worrying ice situation in this region of India. At the time, a report had just been published in the journal Science Advances. It indicated that in forty years, the Himalayan range had lost a quarter of its ice which had melted twice as fast as in the period 1975-2000. The authors of the report sent a serious warning. They specified that this alarming phenomenon linked to global warming was going to worsen and have a direct and dangerous impact on the populations living near the Himalayan range.

In 40 years, temperatures in the Himalayas have risen by one degree Celsius from those recorded between 1975 and 2000. The team of researchers who wrote the report analyzed forty years of satellite observations of India, China and Bhutan. Scientists were then able to compare the data from the first period with the more recent data collected via NASA satellites.

This accelerated melting of the Himalayan glaciers is not without consequences for the local populations living along the 2,000 kilometres of the mountain range. Some 800 million people depend directly on runoff for irrigation, hydroelectricity or drinking water. It is exactly the same situation as in Peru where the population depends directly on the water from the glaciers. As I point out during my « Glaciers in Danger » lecture, when the ice melts it forms large glacial lakes often held back by fragile moraines that threaten to break open and cause massive flooding. This is what just happened in India. The Indian newspapers explain the domino – or cascade – effect of he events. 1) A massive chunk of ice and frozen mud broke away from a Nanda Devi glacier and 2) fell into a melt lake that had formed at its snout, due to climate change. 3) The moraine around the lake collapsed and 4) a flash flood came roaring down the Rishi Ganga river.

Experts have been repeatedly warning against building dams, tunnels and poorly-planned roads in the high Himalayas. A committee appointed by India’s Supreme Court after the 2013 disaster had recommended that no dam be built above an altitude of 2,000 metres. While retreating, the glaciers have left behind an unstable mix of earth and rocks unsuitable for dams and tunnels. The committee had specifically said that six dams proposed on the Rishi Ganga should not be built. The second and larger project inundated by the latest glacial flood was being built despite this recommendation.

Source : Indian newspapers.

Ces deux images satellites de la NASA montrent l’extension d’un lac de fonte glaciaire dans l’Himalaya entre 1990 et 2018

Le changement climatique fait s’effondrer la Route n°1 à Big Sur (Californie) // Climate change causes Highway 1 to collapse in California’s Big Sur

Les événements extrêmes provoqués par le changement climatique peuvent avoir des conséquences désastreuses pour l’environnement et perturber les activités humaines. C’est ce qui s’est passé en Californie le 31 janvier 2021 lorsqu’une partie de la célèbre et spectaculaire route littorale, la Highway 1, s’est effondrée dans l’océan. L’événement a été provoqué par un glissement de terrain qui va entraîner la fermeture de 37 kilomètres de cette route pendant des mois.

Au cours de la dernière semaine de janvier, une violente tempête hivernale a provoqué l’ouverture d’une brèche de 45 mètres dans la route qui serpente le long de Big Sur. Des torrents d’eau ont emporté du béton, des arbres et de la boue qui se sont déversés dans la mer en contrebas. [NDLR: Big Sur fait référence à une partie du littoral californien qui s’étend sur environ 140 km entre Carmel-in-the-Sea et San Simeon.]

Les glissements de terrain sont fréquents le long de la Highway 1. Avec le changement climatique, l’afflux de véhicules et le tourisme de masse qui fragilisent les infrastructures et les écosystèmes dans la région côtière, les problèmes ne feront que s’aggraver. En raison de problèmes récurrents, il se dit que la route n’a jamais été pleinement opérationnelle du nord au sud depuis sa mise en service. Entre les dégâts causés par la mer et les effondrements des flancs de falaises, l’entretien de la route est devenu une tâche sans fin. En 2017, un glissement de terrain au niveau de Mud Creek a recouvert 400 mètres de chaussée avant de se déverser dans la mer. La reconstruction a duré plus d’un an et a coûté environ 54 millions de dollars.

Le glissement de terrain du 31 janvier a probablement été causée par un ensemble de circonstances environnementales : une saison d’incendies encore jamais observée suivie de puissantes tempêtes hivernales. Les incendies ont duré plusieurs mois et détruit la végétation qui protégeait les falaises abruptes le long de la côte. Puis vint la pluie. Une «rivière atmosphérique» qui déverse  de fortes quantités de pluie ou de neige lorsqu’elle touchele sol, a inondé la région avec 40 centimètres de pluie, soit près du double de la quantité que la région connaît en moyenne en janvier. Le sol n’a pas pu absorber cette quantité d’eau qui a provoqué l’écoulement de la boue sur la falaise mise à nu par les incendies. Cette boue a ensuite obstrué un tuyau de drainage sous la route qui  a été submergée et s’est effondrée sous le poids des matériaux.

Une telle combinaison de conditions météorologiques extrêmes n’est plus exceptionnelle. Ils s’inscrivent dans la lignée des modèles de crise climatique marqués par des étés chauds et secs, des incendies plus importants et de longues périodes de sécheresse entrecoupées de pluies intenses qui provoquent des inondations et des glissements de terrain.

Cependant, ce ne sont pas seulement les incendies, la pluie et les glissements de terrain qui menacent la Highway 1. La mer est également à prendre en compte. Des digues et des enrochements ont été rompus par les vagues le long du rivage. La Californie a dépensé des millions de dollars pour effectuer des réparations d’urgence alors que le littoral continue de s’éroder à raison d’environ 35 centimètres en moyenne chaque année. D’autres catastrophes se produiront. Selon certaines projections scientifiques alarmistes, le niveau de la mer pourrait s’élever de plus de 2,50 mètres en Californie d’ici la fin de ce siècle.

Il est clair que la route s’effondre parce que l’océan ronge les falaises. Une solution pourrait être d’anticiper les problèmes, sans attendre qu’ils surviennent. Pendant ce temps, les personnes qui vivent le long de la Highway 1 dans la région de Big Sur doivent s’adapter. Elles doivent être prêtes à vivre isolées pendant tout un hiver. Beaucoup d’entre elles ont stocké des aliments lyophilisés et des boîtes de conserve, ainsi que beaucoup de bois de chauffage. Ces habitants ont également acheté des groupes électrogènes. Malgré les dangers, ils ne veulent pas partir. L’un d’eux a déclaré: « C’est l’un des plus beaux endroits de la planète. C’est très isolé et ce n’est pas pour tout le monde, mais je ne partirai jamais. »

Source: The Guardian.

Voici un document qui montre une série d’effondrements sur la Highway 1 à Big Sur. Elle est magnifique, mais il est fortement déconseillé de l’emprunter en cas de très mauvais temps.

https://youtu.be/aG3fqYKR97U

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Climate change has led to more and more extreme events that may have disastrous consequences for the environment and disrupt human activities. An example was given by California on January 31st, 2021 when a portion of the famed and dramatic coastal road, the Highway 1, collapsed into the ocean. Highway 1 has been ruptured by a landslide that is expected to keep 37 kilometres of the iconic road closed for months.

In the last week of January, a severe winter rain storm caused the opening of a 45-metre fissure along the picturesque thoroughfare tucked against Big Sur, with concrete, trees and mud falling into the sea below. [Personal note : Big Sur refers to a portion of the Californian coastline that stretches over about 140 km between Carmel-in-the-Sea and San Simeon.]

Landslides have been a longstanding feature of Highway 1. And with climate change and a deluge in tourism and traffic overwhelming both infrastructure and environmental ecosystems in the coastal region, the problems are only expected to get worse. Because of recurrent problems, it is rumoured the highway has never been fully operational from north to south for more than a year since its inauguration. Caught between rising tides and crumbling cliff sides, maintaining the highway has become somewhat of a sisyphean task. In 2017, the Mud Creek slide covered a 400-metre of the highway with a huge chunk of land falling into the sea. The rebuild took more than a year to complete, and cost roughly 54 million dollars.

The 31 January slide was probably caused by the disastrous environmental combination of a record-breaking fire season followed by big winter storms. The months-long fire destroyed the vegetation that no longer protected the steep cliff sides along the coast. Then came the rain. An “atmospheric river”, a flowing column of condensed water vapour that spills severe amounts of rain or snow when it makes landfall, flooded the region, dropping 40 centimetres of rainfall, nearly twice the amount the area has seen for the entire month on average. The soil was unable to absorb that amount of cascading water, causing mud and debris to flow, ultimately blocking and then overwhelming a drainage pipe under the highway.

Such severe weather combinations are no longer an anomaly. They fall in line with climate crisis trends and models marked by hot dry summers, bigger fires and long periods of drought peppered by intense rainstorms that cause floods and landslides.

However, it is not just fires, rain and landslides that threaten Highway 1. The sea is also an important threat. Smashed seawalls built to buy more time against the encroaching waves already line the shore. California sank millions into emergency restorations as the coastline continued to erode by roughly 35 centimetres on average each year. More dangers lie ahead. By some worst-case scientific projections, sea levels could rise more than 2.50 metres in California by the end of this century.

It is clear that the roadway is crumbling because the ocean is just eating away at the cliffs. One solution might be to anticipate the problems and not wait until they happen. Meanwhile, residents living along Highway 1 in the Big Sur area have been forced to adapt. They need to be prepared to be isolated for an entire winter. Many of them have stored dried and canned food, as well as lots of firewood. They also bought backup generators. Despite the dangers, they do not want to leave. One person said: “It is one of the most beautiful places on the planet. It is very isolated and it is not for everybody, but I am never going to leave.”

Source : The Guardian.

Here is a document showing collapses of Highway 1. The road is very beautiful but it is not advised to drive on it in very bad weather

https://youtu.be/aG3fqYKR97U

Exemple d’un effondrement de la Highway 1 à Big Sur (Source : CalTrans)

Un glacier s’effondre et provoque une catastrophe dans l’Himalaya // A glacier collapses and causes a disaster in the Himalayas

Le 7 février 2021, au moins 9 personnes ont été tuées et au moins 150 autres sont portées disparues après l’effondrement d’un glacier himalayen sur un barrage. Cet événement a provoqué une énorme inondation dans l’État de l’Uttarakhand, dans le nord de l’Inde. Les autorités ont également déclaré qu’au moins 16 autres personnes avaient été piégées é l’intérieur un tunnel. L’énorme déversement d’eau a endommagé deux barrages et plusieurs maisons. Des équipes de secours ont été envoyées sur place.

Il est à craindre que les ouvriers qui travaillaient sur un projet hydroélectrique voisin aient été emportés par l’énorme vague, ainsi que d’autres villageois qui se trouvaient près de la rivière au moment de la catastrophe. Les vidéos diffusées par les médias montrent que le barrage était dans l’incapacité de résister au poids de la déferlante :

https://actu.orange.fr/societe/videos/himalaya-la-rupture-d-un-glacier-provoque-de-fortes-crues-au-moins-trois-morts-et-150-disparus-CNT000001wYagt.html

Une vaste opération de secours est actuellement en cours dans la région pour tenter de retrouver des survivants. Des milliers d’habitants ont déjà été évacués, mais l’ampleur des dégâts ne pourra être évaluée qu’une fois que la crue aura pris fin.

La presse indienne a expliqué qu’une partie du glacier de Nanda Devi s’était tétachée dimanche matin, deux jours après qu’une avalanche se soit déclenchée sur le même glacier. Lorsque le glacier s’est effondré, il a libéré de l’eau, de la boue et d’autres débris qui étaient retenus en amont. Cette masse de matériaux s’est à son tour écrasée dans d’autres plans d’eau, provoquant un effet d’accumulation et une crue gigantesque de la rivière.

En raison du changement climatique et du réchauffement de la planète l’État d’Uttarakhand dans la région de l’Himalaya est sujet à de fortes inondations. En juin 2013, des précipitations record ont provoqué des inondations dévastatrices qui ont fait près de 6 000 morts.

Source: Indian Express.

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At least 9 people have been killed and at least 150 are missing after a Himalayan glacier crashed into a dam o February 7th, 2021 and triggered a huge flood in the northern state of Uttarakhand. Authorities also said that more than 16 people were trapped inside a tunnel.

Several rescue teams were sent in after the sudden barrage of water damaged two dams and several homes.

It is feared that workers from a nearby hydropower project were swept away by the flood as well as other villagers who were near the river at the time.

The videos shared on news media showed how the dam was unable to hold back the sheer weight of water.

https://actu.orange.fr/societe/videos/himalaya-la-rupture-d-un-glacier-provoque-de-fortes-crues-au-moins-trois-morts-et-150-disparus-CNT000001wYagt.html

A huge operation is now underway in the region to try to find those missing. Thousands of residents have already been evacuated but experts say it will only be clear how extensive the damage is once the floodwaters recede.

The Indian press said that part of the Nanda Devi glacier broke off on Sunday morning, two days after an avalanche was triggered on the same glacier. When the glacier broke off, it released water, mud and other debris that had been trapped behind it. These in turn crashed into other bodies of water causing a knock-on effect further down the river.

Due to climate change and global warming, the Uttarakhand state in the mountainous Himalayas region is prone to heavy flooding. In June 2013, record-breaking rainfall led to devastating floods that left almost 6,000 people dead.

Source : The Indian Express.

Glaciers himalayens vus depuis l’espace (Source : NASA)

Le Merapi (Indonésie) toujours menaçant // Mt Merapi still a threat in Indonesia

Selon le Centre indonésien de gestion des risques géologiques (CVGHM), il se pourrait qu’une puissante éruption soit imminente sur le Merapi. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge. De plus, les autorités ont également relevé le niveau d’alerte volcanique de 2 à 3 (Siaga), sur une échelle de 4 niveaux, le 5 novembre 2020 suite à une augmentation significative de la sismicité. Comme je l’ai déjà écrit, quelque 500 personnes vivant dans quatre villages à proximité du volcan ont été évacuées. D’autres mesures d’urgence pour l’évacuation des personnes vivant à moins de 6 km du cratère sont en préparation.

J’ai indiqué dans plusieurs notes au cours des derniers mois que le dôme sommital était en phase de croissance. Il n’y a pas eu de nouvelle évolution depuis le 5 novembre, mais la sismicité et la déformation du sommet continuent. En conséquence, les volcanologues locaux pensent qu’une éruption explosive est susceptible de se produire, ou bien une extrusion rapide de magma peut survenir, accompagnée de coulées pyroclastiques sur de longues distances. Source: CVGHM.

En cas d’éruption, il faudrait procéder dès le début à une évacuation à grande échelle de la population en se référant à la carte à risques du Merapi. Il ne faudra pas le faire pas à pas, en fonction des événements, comme ce fut le cas en 2010 où 347 personnes ont été tuées par l’éruption.

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According to the Indonesian Center for Volcanology and Geological Hazard Mitigation (CVGHM), a significant eruption may be imminent at Merapi whose Aviation Colour Code has been raised to Red. Moreover, authorities also raised the volcanic alert level from 2 to 3, on a scale of 4 levels on November 5th, 2020 after a significant increase in seismicity. As I put it before, about 500 people from four villages in the vicinity of the volcano have been evacuated. More emergency measures to evacuate people living within 6 km of the crater are being prepared.

I indicated in several posts during the past months that th summit dome was growing. However, there has been no new lava dome growth since November 5th, but both seismicity and deformation are still increasing. As a consequence, local volcanologists think an explosive eruption might occur or fast magma extrusion might be observed, accompanied by long-distance pyroclastic flows.

Source : CVGHM.

Should an eruption occur, a large-scale evacuation should be performed from the start with reference to Mt Merapi’s hazard map. It should not be done step by step according to the events like in 2010 when 347 people were killed by the eruption.

Carte à risques du Merapi établie après l’éruption de 2010

Effondrement sur le Cervin // Rock collapse on the Matterhorn

Selon la presse transalpine, un effondrement s’est produit pendant l’après-midi du  21 août 2020 sur le Cervin, sous le Colle del Leone (3581 m). L’événement a entraîné l’évacuation d’une vingtaine d’alpinistes engagés sur le versant italien de la montagne. L’effondrement, qui s’est déclenché sur la Testa in Leone a empêché la possibilité d’une descente en autonomie vers la vallée.

Un géologue de l’administration régionale est arrivé sur place pour évaluer l’ampleur de l’effondrement. Comme indiqué dans le communiqué de presse qui a fait suite à cette visite, « suite à l’inspection menée avec le géologue et compte tenu des conditions météorologiques (avec le risque d’orage), il a été décidé d’évacuer préventivement les personnes qui se trouvaient sur la montagne. Deux hélicoptères du secours alpin du Valle d’Aoste ont transféré à Breuil-Cervinia un guide et client qui se trouvaient sur la crête, ainsi qu’une vingtaine de personnes, qui se trouvaient à Capanna Carrel ».

Pour le moment, l’ascension du Cervin par la voie italienne normale est déconseillée. Pour les prochains jours, il est conseillé de consulter la Società Guide del Cervino pour obtenir des informations sur la praticabilité de l’ascension.

Ce n’est pas la première fois que des effondrements se produisent sur le Cervin et dans les Alpes en général. Ils sont provoqués par la fragilisation des parois suite au dégel du permafrost de roche qui sert de liant entre les roches et assure leur stabilité. Le 22 juillet 2019, deux alpinistes – un guide de montagne et son client – sont décédés à la suite de la chute d’un rocher. Au moment du drame, les deux hommes évoluaient, encordés, à environ 4300 mètres d’altitude, dans le secteur «Keuzsatz». Le pilier rocheux équipé de cordes fixes et d’ancrages sur lequel ils se trouvaient s’est effondré. Les deux alpinistes n’avaient aucune chance de s’en sortir vivants. L’expédition de secours a été interrompue en raison des risques liés aux pierres qui se détachaient.

Source : Presse italienne.

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According to the Italian press, a collapse occurred during the afternoon of August 21st, 2020 on the Matterhorn, under the Colle del Leone (3581 m). The event led to the evacuation of about 20 mountaineers engaged on the Italian side of the mountain. The collapse, which was triggered on Testa in Leone, prevented the possibility of an autonomous descent into the valley.

A geologist from the regional administration arrived on site to assess the extent of the collapse. As indicated in the press release which followed this visit, « following the inspection carried out with the geologist and taking into account the weather conditions (with the risk of thunderstorm), it was decided to preventively evacuate the people. who were on the mountain Two helicopters from the Alpine rescue of the Aosta Valley transferred to Breuil-Cervinia a guide and client who were on the ridge, as well as about 20 people who were in Capanna Carrel ”.

For the moment, the ascent of the Matterhorn by the normal Italian way is not recommended. For the next few days, it is advisable to consult the Società Guide del Cervino for information on the practicability of the ascent.

This is not the first time that collapses have occurred on the Matterhorn and in the Alps in general. They are caused by the weakening of the walls following the thawing of the rock permafrost which acts as a binder between the rocks and ensures their stability. On July 22nd, 2019, two climbers – a mountain guide and his client – died after falling from a rock. At the time of the tragedy, the two men were moving, roped, at an altitude of about 4300 meters, in the « Keuzsatz » sector. The rock pillar with fixed ropes and anchors they were standing on collapsed. The two climbers had no chance of making it alive. The relief expedition was halted due to the risk of the loose stones.
Source: Italian press.

Photo : C. Grandpey