Kilauea (Hawaii) : Les conséquences de l’activité sismique et volcanique // The consequences of the seismic and volcanic activity

L’activité sismique et volcanique a conduit à de nombreuses fermetures et à des perturbations à travers la Grande Ile.
– Tous les habitants des subdivisions Leilani Estates et Lanipuna Gardens ont reçu l’ordre d’évacuer. La Croix-Rouge américaine a ouvert deux centres d’hébergement à Pahoa et à Keaau. Le centre de Pahoa hébergeait 200 personnes le 4 mai dans l’après-midi tandis que le centre de Keaau comptait 2 réfugiés.
– Le Parc National des Volcans d’Hawaï a été fermé pour assurer la sécurité des visiteurs et des employés à la suite du puissant séisme de M 6,9. Les responsables du Parc ont évacué 2 600 visiteurs, déplacé des clients de la Volcano House et du camp militaire, et ont envoyé chez eux tous les employés du parc qui ne sont pas impliqués dans la sécurité.
– Les responsables du Parc ont déclaré que le séisme a déclenché des éboulements sur les sentiers, les parois de certains cratères et le long de Chain of Craters Road, tandis que le séisme de magnitude M 5.4 a provoqué l’effondrement d’une falaise côtière dans l’océan près de Holei Sea Arch. La secousse a également ouvert des fissures dans le sol sur un point d’observation près du musée Jaggar. De plus, des effondrements des parois de l’Overlook Crater dans le cratère d’Halemaumau ont provoqué des nuages de cendre.
– Le séisme de M 6,9 a provoqué des coupures d’électricité chez à 14 400 clients d’Hawaii Electric Light Co., mais le service a été rétabli ultérieurement.
– Plusieurs écoles du district de Puna ont été fermées le 4 mai.
– Environ 70 membres de la garde nationale d’Hawaï ont été déployés sur l’île pour aider à l’évacuation et à d’autres tâches. Comme je l’ai déjà écrit, six membres de la Garde aideront à effectuer des tests de qualité de l’air. Des niveaux extrêmement élevés de SO2 ont été détectés dans la zone d’évacuation. Les personnes âgées ou en bas âge, ainsi que les personnes souffrant de problèmes respiratoires doivent se conformer à l’ordre d’évacuation obligatoire et quitter la zone.
– Des restrictions de vol temporaires ont été mises en place pour la zone de Lower Puna au moins jusqu’à lundi à 23h59, en raison de l’activité volcanique. Les restrictions couvrent un rayon de cinq milles nautiques à partir de Pahoa et jusqu’à 900 mètres au-dessus du niveau de la mer. Avions et drones sont interdits dans la zone.
– Le Service des Eaux a imposé une restriction d’utilisation pour les Leilani Estates, Nanawale Estates, Kapoho et Lanipuna Gardens, et demande à tous ses clients de limiter immédiatement l’utilisation de l’eau aux besoins de santé et de sécurité.
– Les activités de la centrale géothermique Puna Geothermal Venture ont été stoppées jusqu’à nouvel ordre et l’installation a été sécurisée.
– L ‘activité volcanique à Puna a attiré l’attention des médias nationaux et internationaux, ce qui a incité les responsables du tourisme à Hawaii à rappeler aux voyageurs que la majeure partie de l’activité volcanique a lieu dans une région reculée et peu peuplée, et que la très grande majorité de la Grande Ile n’est pas concernée.
Source: Journaux hawaïiens.

————————————-

The seismic and volcanic activity has led to numerous closures and disruptions across the Big Island.

– All residents in Leilani Estates and Lanipuna Gardens Subdivisions have been ordered to evacuate. The American Red Cross opened two shelters at the Pahoa and Keaau community centers. The Pahoa center had 200 residents on May 4th in the afternoon while the Keaau center had 2 residents.

– The Hawaii Volcanoes National Park was closed for the safety of visitors and employees after the powerful earthquake. Park officials evacuated 2,600 visitors, relocated guests at Volcano House hotel and Kilauea Military Camp, and sent home all non-emergency park employees.

– Park officials said the quake triggered rock slides on trails, crater walls, and along Chain of Craters Road, while an earlier M 5.4 quake caused a coastal cliff to collapse into the ocean near the Holei Sea Arch. The quake also caused narrow fissures in the ground at an overlook near Jaggar Museum, and rockfalls into the lava lake within Halemaumau Crater, sending up dark clouds of ash.

– The largest quake cut power to 14,400 Hawaii Electric Light Co. customers, but the service was later restored.

– Several schools in the Puna district were closed on May 4th.

– About 70 members of the Hawaii National Guard were deployed to the island to help with evacuation and other efforts. As I put it before, six members of the Guard will help the county with air quality tests. Extremely high levels of SO2 were detected in the evacuation area. Elderly, young, and people with respiratory issues need to comply with the mandatory evacuation order and leave the area.

– Temporary flight restrictions have been enforced for the area above lower Puna until 11:59 p.m. Monday, due to the volcanic activity. The restrictions cover a five-nautical-miles radius of Pahoa, from the surface up to 900 metres above sea level. No pilots may operate an aircraft – including drones – in the area.

– The county Department of Water Supply issued an emergency water restriction for Leilani Estates, Nanawale Estates, Kapoho and Lanipuna Gardens, telling all water customers to immediately restrict water use to health and safety needs only.

– Puna Geothermal Venture operations have been shut down indefinitely until further notice. County officials said the facility is secure.

All the volcanic activity in Puna has grabbed the attention of national and international media, prompting the Hawaii Tourism Authority to remind the traveling public that most of the action is in a remote, sparsely populated area, and that most of the state is unaffected by earthquakes and molten lava.

Source: Journaux hawaiiens.

Vue aérienne des fractures éruptives (Crédit photo : USGS / HVO)

Publicités

Dernières nouvelles du Pu’uO’o (Volcan Kilauea / Hawaii) // Latest news of Pu’uO’o (Kilauea Volcano / Hawaii)

12 heures (heure française): Je viens de recevoir le message suivant de l’Observatoire des Volcans d’Hawaï (HVO):
Juste après 14h00 (heure locale) le 30 avril 2018, une forte augmentation de la sismicité et de la déformation du sol a commencé dans le Pu’uO’o. Quelques minutes plus tard, une webcam thermique située sur le bord du cratère a montré le premier de deux épisodes d’effondrement du cratère; le deuxième effondrement a commencé à 15h20 et a duré environ une heure. Peu après 16h00, la caméra thermique a enregistré des images qui correspondaient probablement à de petites explosions dans la partie ouest du cratère, au moment où  le sol s’est effondré. Au moment de cette mise à jour (18h00 le 30 avril), il n’y avait aucun signe de nouvelle lave dans le cratère. La sismicité est restée élevée à proximité du Pu’uO’o et la déformation du sol dans le cratère a considérablement ralenti. L’éruption sommitale du Kilauea n’a pas, pour le moment, été affectée par cette activité dans le Pu’uO’o.
En ce moment, les images des webcams de l’Halema’uma’u (voir ci-dessous) montrent qu’il n’y a pas de débordement de lave. Dans sa dernière mise à jour, le HVO indiquait que la lave se trouvait à une quinzaine de mètres sous la lèvre de l’Overlook Crater.
Il semble qu’il y ait actuellement beaucoup de pression dans le système d’alimentation du Kilauea. Cependant, aucune nouvelle activité éruptive n’a été observée le long de l’East Rift Zone. Curieusement, la coulée de lave 61g n’est pas très active et se concentre entre le Pu’uO’o et le pali. Les seules preuves de cette augmentation de pression sont les débordements survenus au cours des derniers jours sur le plancher de l’Halema’uma’u.

°°°°°°°°°°

17 heures (heure française) : Voici le texte d’un nouveau message que je viens de recevoir de l’Observatoire des Volcans d’Hawaï:
Un effondrement du fond du cratère du Pu’uO’o le 30 avril 2018 dans l’après-midi a provoqué une augmentation de la sismicité et de la déformation le long d’une grande partie del’East Rift Zone, avec une sismicité détectée jusqu’à l’est de la Highway 130. Une émission de lave sur un nouveau site de l’East Rift Zone reste possible. Pour l’instant, il n’est pas possible de dire avec certitude si, où et quand un tel événement se produira, mais la zone à l’est du Pu’uO’o est l’endroit le plus probable, car c’est là que se concentrent la sismicité et la déformation. Les habitants du district de Puna doivent rester vigilants et se tenir au courant des messages de la Protection Civile.

D’après la presse locale, le site d’observation de Kalapana a été fermé au public par crainte d’une prochaine éruption. Il est étroitement surveillé pour s’assurer que personne ne pénètre dans la zone. .

——————————————-

12:00 (French time): I have just received this message from the Hawaiian Volcanoes Observatiry (HVO):

Just after 2:00 p.m. (local time) on April 30th, 2018, a marked increase in seismicity and ground deformation began at Pu’uO’o. A few minutes later, a thermal webcam located on the rim of the crater showed the first of two episodes of crater floor collapse; the second collapse began at 3:20 p.m. and lasted about an hour. Shortly after 4:00 p.m., the thermal camera recorded images that were likely the signature of small explosions from the western side of the crater as the floor collapsed. At the time of this update (6:00 p.m. on April 30th), there was no evidence of new lava within the crater. Seismicity remained elevated in the vicinity of Pu’uO’o, and ground deformation at Pu’uO’o had significantly slowed.. Kīlauea’s summit eruption has thus far not been affected by this activity at Pu’uO’o.
The current webcam images of Halema’uma’u Crater (see below) show that not overflow is taking place. In its latest update, HVO indicates that lava is about 15 metres beneath the Overlook Crater rim.

It seems there is currently a lot of apressure in Kilauea’s feeding system. However, no new eruptive activity has yet been observed along the East Rift Zone. Strangely enough, the lava output of the 61g flow is rather low. The only evidence of this increase in pressure are the overflows that occurred in the past days on the floor of Halema’uma’u Crater.

°°°°°°°°°°

17:00 (French time): Here is another message I have just received from the Hawaiian Volcanoes Observatory:

A collapse of the Pu’uO’o crater floor on April 30th, 2018 in the afternoon prompted increases in seismicity and deformation along a large section of the East Rift Zone, with seismicity currently occurring as far east as Highway 130. An outbreak of lava in a new location is one possible outcome. At this time it is not possible to say with certainty if or where such an outbreak may occur, but the area downrift (east) of Pu’uO’o is the most likely location, as this is where seismicity and deformation are concentrated. Residents of lower Puna should remain alert and watch for Hawaii County Civil Defense messages.

According to the local press, the Kalapana lava viewing area has been closed amid the possibility of an eruption, and security has been posted to ensure than no unauthorized persons enter the area.


 

Image webcam HVO

Surveillance du Cumbre Vieja (La Palma / Iles Canaries) // Monitoring of Cumbre Vieja Volcano (La Palma / Canary Islands)

Un essaim sismique avec des événements entre M 1,5 et M 2,7 a débuté sous le volcan Cumbre Vieja, sur l’île de La Palma aux Iles Canaries, le samedi 7 octobre 2017 (voir ma note du 9 octobre 2017). Au total, 68 événements ont été enregistrés sous le volcan. Les autorités ont déclaré à l’époque qu’elles allaient intensifier la surveillance du volcan.

Confirmant cette promesse, un programme spécial de surveillance hydrogéochimique a été mis en place afin d’améliorer la surveillance du volcan. Les scientifiques prélèveront des échantillons d’eaux souterraines afin d’en analyser le pH, la conductivité, la température et l’activité gazeuse dissoute trois fois par semaine à quatre endroits du Cumbre Vieja. Dans le même temps, une équipe de l’Institut Géographique National (IGN) surveillera les environs du volcan 24 heures sur 24.
Alors que certains scientifiques pensent qu’une éruption pourrait potentiellement créer un raz-de-marée, des universitaires ont fait remarquer qu’un méga tsunami était peu probable. En fait, la possibilité d’un effondrement catastrophique du volcan Cumbre Vieja est une question très controversée parmi les géologues. Il y a certainement eu de gros morceaux de l’île volcanique qui se sont détachés dans un passé lointain, vraisemblablement en relation avec l’activité volcanique. Cependant, il n’y a aucune preuve que ce genre d’événement majeur se soit produit au cours des 10 000 dernières années, et aucun signe qu’un tel effondrement ait été suffisamment important et soudain pour générer de puissants tsunamis. C’est théoriquement possible, mais la plupart des géologues pensent que des effondrements plus petits et plus localisés sur les flancs escarpés du volcan sont plus probables. Ils pourraient générer des tsunamis locaux avec des vagues destructrices de quelques mètres de hauteur, mais sûrement pas des tsunamis transocéaniques.
Source: The Independent.

————————————–

A seismic swarm with events between M 1.5 and M 2.7 started under Cumbre Vieja volcano on the island of La Palma in the Canary Islands on Saturday, October 7th, 2017 (see my post of October 9th 2017). A total of 68 earthquakes had been recorded under the volcano.  Authorities said they would increase the monitoring of the volcano.

Confirming this promise, a special hydrogeochemical monitoring programme has been set up in order to improve the surveillance of the volcano. Scientists will take samples of subterranean waters and PH levels, conductivity, temperature and dissolved gas activity three times a week at four locations in Cumbre Vieja. Meanwhile, a team from the National Geographic Institute (IGN) is monitoring the site around the volcano 24 hours a day.

While experts have warned that an eruption holds the potential of creating a tidal wave, academics have been quick to point out a mega tsunami is unlikely. The possibility of a catastrophic collapse of the volcano is a really controversial issue amongst geologists. There has certainly been large chunks of the volcanic island that have detached in the distant past, presumably associated with volcanic activity. However, there is no evidence that this kind of major event happened in the last 10,000 years, and no signs that the collapse was so big and sudden that it produced huge tsunamis. It is theoretically possible, but most geologists think that smaller more localised collapses of the steep sides are more likely. They could generate local tsunamis with destructive waves a few metres high, but transoceanic tsunamis are unlikely.

Source: The Independent.

Cumbre Vieja vu depuis l’espace (Source: NASA Visible Earth)

Le réchauffement climatique fait s’effondrer les flancs des montagnes // Mountain slopes collapse because of global warming

Dans une note mise en ligne le 11 septembre, j’indiquais que sous l’effet du réchauffement climatique dans les Alpes, la langue terminale du glacier suisse de Trift, dans le Valais s’était effondrée, sans faire de victimes ni de dégâts.

En juin 2016, tout un pan de montagne de 1 200 mètres de hauteur s’est effondré dans le Parc National de Glacier Bay en Alaska, répandant des matériaux sur environ 20 kilomètres carrés sur le Glacier Lamplugh, et en générant un signal sismique aussi puissant qu’un séisme de magnitude M 5,2.
En 2015, la paroi d’une autre montagne du Parc s’est effondrée elle aussi, avec quelque 220 millions de tonnes de roches qui sont allées d’écraser sur un autre glacier et dans le fjord en dessous. Ce fut le plus grand glissement de terrain non volcanique jamais observé en Amérique du Nord. Il a déclenché un tsunami avec une vague de 180 mètres de hauteur qui a dépouillé de leurs feuilles tous les arbres des montagnes autour. Les scientifiques disent que ces glissements de terrain majeurs doivent être pris au sérieux car ils pourraient devenir une menace pour les navires de croisière et les kayaks qui fréquentent parfois ces fjords.
Une étude des avalanches de roches dans la partie occidentale du Parc National de Glacier Bay a révélé que la probabilité de glissements de roches couvrant environ 5 kilomètres carrés a doublé au cours des cinq dernières années. Au fur et à mesure que le climat s’est réchauffé, les caractéristiques des avalanches de roches dans la région ont changé. Elles sont de plus grande  ampleur et parcourent de plus longues distances. L’étude a examiné les 24 avalanches de roches qui se sont produites de 1984 à 2016 dans la partie ouest du Parc National de Glacier Bay en utilisant des images satellitaires pour la cohérence des mesures au cours des 30 années écoulées.
Selon l’étude, la cause de ces avalanches de roches est le dégel de la glace qui remplit les fissures, les crevasses et les fractures des roches des montagnes. C’est ce qu’on appelle le «permafrost de roche». Ce permafrost aide à maintenir les pentes escarpées dans leur état, de sorte que la fonte, ou seulement l’amollissement, de cette glace déstabilise la roche.
La perte d’épaisseur des glaciers est probablement un autre facteur de déstabilisation. En effet, les glaciers moins épais soutiennent moins bien les pentes des montagnes.
L’étude met en parallèle la taille croissante des avalanches de roches à Glacier Bay et la tendance au réchauffement climatique sur le long terme. Les grandes avalanches ont commencé environ deux ans après que la température maximale annuelle de la zone se soit élevée au-dessus du point de congélation.
La tendance ne se limite pas aux limites du Parc National de Glacier Bay. On observe de tels événements dans toute la région montagneuse du sud-est de l’Alaska et les régions voisines du Canada. Ils sont suivis de près par un système sismique créé par des scientifiques  du Lamont-Doherty Earth Observatory.de l’Université de Columbie Britannique.
Au Groenland en juin 2017, quatre personnes ont été tuées par un tsunami qui a été déclenché par une avalanche de roches dans un fjord. L’événement a généré un signal sismique semblable à celui d’un tremblement de terre de magnitude M 4.1, et une vague de plus de 90 mètres de hauteur a frappé un village de pêcheurs.
Source: Alaska Dispatch News.

———————————————

In a note released on September 11th, I indicated that because of global warming in the Alps, the front of the Trift Glacier, in the Swiss province of Valais, had collapsed without killing anybody, nor causing major damage.

In June 2016, a 1,200 metre mountain slope in Glacier Bay National Park collapsed in Alaska, spreading rock over about 20 square kilometres over the Lamplugh Glacier and creating a seismic signal as powerful as a magnitude-5.2 earthquake.

The year before, the face of another park mountain peeled off and sent about 220 million tons of rock and debris crashing onto another glacier and into the fjord below. The biggest non-volcanic North American landslide on record, it triggered a local tsunami that rose to 180 metres and stripped alders off high hillsides. Scientists say these massive rock slides should be taken seriously as they may become a threat to cruise ships and kayakers that sometimes head into wilderness bays.

A study of rock avalanches in the western part of Glacier Bay National Park found that the likelihood of large slides covering about 5 square kilometres has at least doubled in the last five years. As the climate has warmed, characteristics of the region’s rock avalanches have changed. They are bigger, and travelling farther. The study examined the 24 rock avalanches that happened from 1984 to 2016 in western Glacier Bay National Park, and used satellite imagery for consistency in measurements over the three decades.

The likely reason of the rock avalanches, says the study, is thaw of the ice that fills the mountains’ rock cracks, crevices and fractures, referred to as « rock-permafrost. » The rock-permafrost helps hold steep slopes intact, so thaw or even softening of that ice destabilizes the rock.

Glacial thinning is likely a secondary factor. Thinned glaciers are less effective at propping up mountain faces.

The study correlates the increasing size of Glacier Bay rock avalanches to a long-term warming trend. The large avalanches began about two years after the area’s annual maximum temperature shifted above freezing.

The trend extends beyond park boundaries. The whole mountainous region of Southeast Alaska and neighbouring parts of Canada has emerged as a hot spot for such events – now closely tracked by a seismic system created by scientists at Columbia University’s Lamont-Doherty Earth Observatory.

In Greenland in June 2017, four people were killed by a tsunami that was triggered when a rockslide dropped from a mountain slope into a fjord. There, the rockslide creating a seismic signal similar to that of a magnitude-4.1 earthquake, and a wave rising more than 90 metres struck a fishing village.

Source: Alaska Dispatch News.

Vue de l’avalanche de roches dans le Parc national de Glacier Bay le 28 juin 2016, avec la masse de matériaux qui est venue s’échouer à la surface du Lamplugh Glacier.

La photo a été prise par Paul Swanstrom, propriétaire de l’agence Mountain Flying Service, que je salue ici. C’est un pilote hors pair avec lequel j’ai effectué plusieurs survols de la région.

White Island (Nouvelle Zélande), un jour de septembre 1914… // White Island (New Zealand), one day of September 1914…

Un récent article paru dans le New Zealand Herald nous rappelle qu’en septembre 1914, 11 mineurs de soufre ont péri sur White Island suite à un glissement de terrain et un lahar déclenchés par l’effondrement de la paroi sud-ouest du cratère, d’une hauteur de 300 mètres. Personne ne s’est rendu compte de la catastrophe pendant plus d’une semaine car le volcan se trouve à une cinquantaine de kilomètres de la côte.
Le jour de la catastrophe était probablement le 10 septembre 1914, mais ce n’est pas certain car aucun témoin n’a survécu. Le seul survivant est un chat, plus tard rebaptisé Pierre le Grand. Il y a aussi une incertitude sur le nombre de morts, 10 ou 11.
Les premiers articles de journaux n’apparurent que 11 jours plus tard en faisant état de «la plus grande éruption depuis celle du Tarawera en 1886» et en proposant la date du 10 ou 11 septembre, en se référant aux nuages ​​de fumée noire, aux «fortes détonations» et à un tremblement de terre qui avaient été vus, entendues et ressenti depuis la côte.
On pensait à l’origine que l’activité volcanique ou un séisme avaient provoqué l’effondrement de la paroi du cratère dans le lac, ce qui aurait obstrué la bouche principale et provoqué une éruption ailleurs dans le cratère. Cependant, la théorie de l’éruption a été abandonnée et on pense aujourd’hui que l’effondrement de la paroi du cratère sud-ouest a provoqué un lahar qui s’est précipité sur le plancher du cratère, a écrasé les huttes des mineurs, la maison du responsable de chantier et d’autres bâtiments qui ont été projetés dans la mer.
Albert Mokomoko, le propriétaire du bateau qui transportait régulièrement des vivres et fournitures aux mineurs, a été le premier à être témoin de la destruction. Il a navigué vers White island le 15 septembre. Rien ne semblait anormal et il a supposé que les hommes étaient partis travailler sur une autre partie de l’île.
Le 19 septembre, neuf jours après celui de la catastrophe, Mokomoko est revenu et a accosté sur l’île. Il a été confronté à « une scène de désolation ». Le camp avait disparu, les bâtiments étaient recouverts d’environ 20 pieds de boue de soufre ». Une tranchée a été creusée dans l’amoncellement de 6 mètres de débris où les huttes des hommes étaient censées se trouver, mais aucune trace de vie n’a été décelée. Il n’y avait aucun espoir de trouver des survivants.
Plus de quinze jours après la catastrophe, des épaves ont commencé à apparaître sur les plages de la Bay of Plenty, comme des traverses de voie ferrée, des barriques, des fragments de bateaux, mais aucun objet qui aurait pu se trouver dans les huttes.
Il convient de noter que les familles des mineurs n’ont reçu aucune compensation. La veuve d’une des victimes a vu sa requête contre l’assureur de son employeur rejetée. Il lui fallait prouver que la mort était due à un accident qui s’était produit pendant qu’il travaillait. Bien que l’homme ait probablement péri sur l’île ou dans la mer, le tribunal a statué qu’il ne pouvait être déterminé si l’accident s’était produit alors qu’il travaillait, pendant qu’il allait au travail ou en dehors des heures de travail.
Seuls trois mineurs avaient des enfants. La plupart d’entre eux étaient célibataires. Deux autres hommes sont morts sur l’île à l’époque de la catastrophe: un plus tôt en 1914, après avoir été gravement brûlé dans un accident avec des machines, et un autre qui, selon un journal de 1913, serait tombé dans la mer. Il y a un autre récit entouré de mystère autour de la disparition de ce dernier mineur puisque ses bottes ont été retrouvées près du cratère.

L’histoire de l’accident à White Island peut être lue dans mon livre Killer Volcanoes qui est malheureusement épuisé aujourd’hui.

——————————————

A recent article in The New Zealand Herald reminds us that in September 1914, 11 sulphur miners on White Island were killed by a massive landslide and lahar triggered by the collapse of part of the 300-metre southwest wall of the crater. But no one knew about the disaster for more than a week as the volcano lies about 48km from the coast.

The day of the 1914 disaster was probably September 10th, but this is not certain because no witnesses survived. The only survivor was a cat, later renamed Peter the Great. There was also initial uncertainty about the death toll, thought to be either 10 or 11.

The first newspaper reports didn’t appear until 11 days later, telling of « the greatest eruption since Tarawera in 1886 », and guessing at a date of September 10th or 11th, based on the timing of clouds of black smoke, « loud detonations » and an earth tremor that were seen, heard and felt from the mainland.

It was originally thought that volcanic activity or an earthquake toppled the wall of the crater into the lake, blocking the main vent and leading to an eruption elsewhere. However, the eruption theory was abandoned and it is now thought the collapse of the south-western crater rim caused a lahar to rush through the crater floor, smashing the workers’ huts, the manager’s house and other mine buildings and shunting them into the sea.

Albert Mokomoko, a boat owner who ferried supplies to the miners, was the first outsider to witness the destruction. He sailed to the island on September 15th, but nothing seemed amiss and he assumed the men were on another part of the island.

On September 19th, nine days after the likely day of the disaster, Mokomoko returned and landed. He was confronted by « a scene of desolation. The camp was obliterated, the buildings being buried in about 20 feet of sulphurous mud. » A search party dug a trench into the 6-metre hill of debris where the men’s huts had stood, but found no trace of them. There was no possible hope of anyone having survived.

More than a fortnight after the disaster, wreckage from the island began washing up on Bay of Plenty beaches, including tram sleepers, pieces of barrels, fragments of boats, but nothing from within the huts.

It should be noted that the miners’ families received no compensation. The widow of one of the victims had her claim against his employer’s insurer thrown out. She was faced with proving his death was due to an accident that happened while he was working. But the Arbitration Court ruled too little was known about the disaster to draw the legal inferences needed to establish her case. Although the man was probably killed on the island or in the sea, the court ruled, it couldn’t be determined if this happened while he was at work, going to or from work or outside working hours.

Only three of the miners had children. Most of them were single. Two other men died on the island around the time of the disaster: One earlier in 1914, after he was badly burned in an accident with machinery, and another who, according to a 1913 newspaper report, was thought to have fallen into the sea. But there is another tale around the miner’s disappearance, one cloaked with mystery since only his boots were found near the crater.

The story of the accident at White Island can be read in my book Killer Volcanoes that is sold out today.

Photos: C. Grandpey

 

Effondrement d’un puits de forage sur Surtsey // Collapse of a borehole on Surtsey

Dans une note publiée le 1er août 2017, j’expliquais qu’un projet de recherche devait débuter ce même mois sur l’île Surtsey, à une trentaine de kilomètres au sud de l’Islande. Je me demandais également si un tel projet valait vraiment la peine et s’il apporterait plus d’informations qu’un forage similaire sur la grande île d’Islande.

Il semblerait que le dieu Surt – géant du feu dévastateur dans la mythologie scandinave – qui a donné son nom à l’île soit de mon avis. En effet l’un des puits de forage s’est effondré le 17 août à 150 mètres de profondeur, sur les 200 mètres initialement prévus ! Malgré cet incident, l’équipe scientifique sur place espère mener le projet à son terme. Le forage du deuxième puits a déjà commencé et le trépan devrait atteindre 170 – 180 mètres de profondeur d’ici quelques jours.

Source : Iceland Review.

————————————-

In a note released on August 1st, 2017, I explained that a research project was to begin this same month on Surtsey, some thirty kilometres south of Iceland. I was also wondering whether such a project was really worthwhile and if it would bring more information than a similar drilling on the main island of Iceland.
It seems that Surt – the King of Fire in Norse mythology – who gave his name to the island shared my opinion. Indeed one of the boreholes collapsed on August 17th after drilling over 150 metres into the earth, only 50 metres shy of its 200 metres goal. Despite this incident, the on-site scientific team hopes to complete the project. The drilling of the second hole has already begun and the bit is expected to reach 170 – 180 meters deep in a few days.
Source: Iceland Review.

La Bible et les volcans // The Bible and the volcanoes

L’histoire de notre planète montre qu’au cours des derniers siècles, de gigantesques écroulements ou glissements de terrain se sont produits sur des édifices volcaniques en générant de terribles raz-de-marée. Au moins huit écroulements se sont produits en Alaska, au Japon, et ailleurs dans le monde. La Méditerranée est une région également très exposée aux tsunamis. L’histoire a particulièrement retenu celui qui a anéanti la civilisation minoenne, lors de l’éruption du volcan grec de Santorin, il y a environ 3500 ans, qui engendra des vagues de 50 mètres de haut.

Des géophysiciens américains de l’Université de Columbia  pensent qu’un effondrement monumental et soudain du flanc est du volcan Fogo (Cap-Vert) dans la mer, il y a quelques 73 000 ans, a engendré une vague de plus de 240 mètres de haut qui aurait englouti l’île de Santiago, à une cinquantaine de kilomètres de là.

Actuellement, les géophysiciens craignent que s’effondre l’un des flancs du volcan Kilauea Iki, sur la Grande Ile d’Hawaii. Si un tel événement se produisait, 150 km3 de matériaux déplaceraient une masse d’eau équivalente.

Dans l’Atlantique, le volcan Cumbre Vieja à La Palma, aux Canaries, inquiète également. Si son flanc ouest s’effondrait dans l’océan, il en résulterait une vague de plusieurs centaines de mètres de hauteur qui parcourrait l’Atlantique. Selon le tabloïd britannique Daily Star, des passages secrets de la Bible affirment que le Cumbre Vieja s’effondrera un jour dans la mer en « créant la destruction ».  Des vagues énormes frapperont l’ouest et le sud de l’Espagne, ainsi que le Portugal. Le tsunami s’abattra ensuite sur l’Afrique du Nord avant de traverser l’Atlantique et d’engloutir les Caraïbes et la côte est des Etats-Unis. Les passages de la Bible, reconstitués par un programme informatique, décrivent des scènes de terreur. Ils prédisent que le volcan disparaîtra dans la mer. Les dernières éruptions du Cumbre Vieja  ont eu lieu en 1949 et 1971.

A noter que les Dix Plaies D’Egypte, désignation courante d’un épisode de la Bible (Exode, 7-12) au cours duquel Yahvé inflige dix fléaux à l’Égypte pour contraindre Pharaon à libérer le peuple des Hébreux retenu en esclavage, a été mis en relation avec l’éruption du volcan de Santorin. Si certaines des Plaies sont susceptibles d’avoir une relation volcanique, d’autres semblent beaucoup plus distantes.

————————————–

The history of our planet shows that during the last centuries, huge collapses or landslides occurred on some volcanoes, generating terrible tidal waves. At least eight collapses occurred in Alaska, Japan, and elsewhere in the world. The Mediterranean is also largely exposed to tsunamis. History has particularly retained the one that destroyed the Minoan civilization, during the eruption of the Greek volcano of Santorini, about 3500 years ago, which produced waves 50 metres high.
American geophysicists at Columbia University believe that a sudden, monumental collapse of the eastern flank of the Fogo volcano in the sea some 73,000 years ago resulted in a wave more than 240 metres high that engulfed the island of Santiago, about fifty kilometres away.
Currently, geophysicists fear that one of the flanks of Kilauea Iki might collapse on Hawaii Big Island. If such an event occurred, 150 cubic kilometres of materials would move an equivalent mass of water.
In the Atlantic, the Cumbre Vieja volcano in La Palma, in the Canary Islands, is also worrying. If its western flank collapsed in the ocean, it would trigger a wave several hundred meters high that would cross the Atlantic. According to the British tabloid Daily Star, secret passages from the Bible say that Cumbre Vieja will someday collapse in the sea and « create destruction ». Enormous waves will hit western and southern Spain, as well as Portugal. The tsunami will then crash on North Africa before crossing the Atlantic and engulfing the Caribbean and the US east coast. The passages of the Bible, reconstituted by a computer program, describe scenes of terror. They predict that the volcano will disappear into the sea.
The last eruptions of Cumbre Vieja in the Canary Islands took place in 1949 and 1971.
We can remark that the Ten Wounds of Egypt, commonly referred to as an episode of the Bible (Exodus 7-12) in which Yahweh inflicts ten scourges on Egypt to compel Pharaoh to free the enslaved Hebrew people, is supposed to be related to the eruption of  Santorini Volcano. If some of the wounds ùay have some volcanic relationship, others appear much more distant.

Images satellites des îles de Fogo (Cap-Vert), La Palma (Canaries) et Santorin (Grèce) [Crédit photo: NASA]