Les ours dans les Pyrénées…et en Alaska!

C’était à prévoir: les réactions sont vives dans les Pyrénées après l’accident intervenu le samedi 20 novembre 2021 dans le département de l’Ariège., Une ourse accompagnée de deux oursons a attaqué un chasseur dans le Couserans. L’homme chassait le sanglier quand l’accident s’est produit. Il a été grièvement blessé par les crocs de l’animal, mais a eu le temps de l’abattre.

En Alaska, une région du monde que je connais bien, un tel événement serait apparu dans la rubrique des faits divers du journal local. Il arrive assez fréquemment que des chasseurs ou des randonneurs se fassent attaquer par un ours mâle, mais plus souvent par une ourse accompagnée de ses oursons. L’attaque est parfois mortelle. Dans certains cas, l’animal est abattu pendant l’accident, ou à postériori par les agents des Eaux et Forêts. En Alaska, on abat systématiquement un ours qui a tué ou attaqué un être humain. Dans le cas d’une agression, la victime est autorisée à tirer sur l’ours avec une arme à feu, à condition que la légitime défense soit prouvée. Abattre un ours sans raison apparente est interdit par la loi et très sévèrement puni.

En France, la situation est beaucoup plus compliquée car les ours ne vivent pas dans la toundra. Ils ont été réintroduits – ce mot est très lourd de sens – dans une région où l’élevage occupe de nos jours une place importante. Selon la présidente du conseil départemental, « cet accident est dramatique. Nous n’avons cessé d’alerter l’Etat sur les dangers de cette présence de l’ours. […] Ces ours ont été réintroduits sans concertation et désormais, nous faisons face à une reproduction galopante. L’ours ne cohabite avec aucune activité. » De son côté, le président de la fédération de chasse de l’Ariège a déclaré: « Nous ne sommes pas contre la réintroduction de l’ours, mais le pays n’est plus conçu pour permettre cette cohabitation. »

Les partisans de la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées tiennent évidemment un autre discours. Selon le directeur de l’association Pays de l’Ours, « avec cet accident, l’ours va se retrouver à nouveau sur le banc des accusés. Tout ceci n’est pas raisonnable. » Les membres de l’association font remarquer que « c’est la première fois depuis 25 ans qu’un ours blesse un homme dans les Pyrénées […]. Une ourse ne mord pas un homme sans raison. La seule explication possible est qu’elle ait senti ses oursons menacés. »

C’est exactement cela. On se retrouve dans la même situation qu’en Alaska où beaucoup d’accidents se produisent quand une ourse craint pour ses oursons.

Il est bien évident qu’un tel accident est rare dans les Pyrénées parce que la densité ursine est faible. Le nombre d’accidents va de pair avec l’importance de la population d’ours. Plus ils sont nombreux, plus le risque d’accidents est élevé.

En Alaska, la densité de la population d’ours dépend de l’abondance de la nourriture. Ainsi, sur la péninsule de l’Alaska ou sur l’île Kodiak, on rencontre des densités atteignant un ours par mile carré (2,6 km2). Ailleurs dans l’Etat, cette densité est plus faible, mais la rencontre avec un ours est toujours possible. J’ai connu de tels moments à plusieurs reprises, en particulier le long des rivières. Lorsque je taquinais le saumon, j’avais avec moi un spray anti-ours,au cas où. De plus , je conseille aux randonneurs de signaler leur présence, par exemple en accrochant un grelot à leur sac à dos. La pire des choses est de surprendre un ours. L’attaque est alors inévitable.

S’agissant des accidents, les dernières statistiques indiquent qu’il y a eu 66 attaques d’ours en Alaska de 2000 à 2017. Au cours de cette période, les rencontres ours-humains ont entraîné 68 hospitalisations. Cela représente en moyenne 3,8 admissions chaque année, tandis que le taux moyen d’hospitalisations pour attaque d’ours est de 8,6 pour 10 000 hospitalisations par an.

Quand j’ai pris cette photo d’une ourse…..

…les oursons étaient à une dizaine de mètres derrière elle. Photos express depuis le marchepied du véhicule et moteur allumé! (Photos: C. Grandpey)

Pour mieux connaître les ours:

Bombe volcanique de juillet 2018 : Le propriétaire de « Lava Boat Tours » accusé de négligence // July 2018 lava bomb : « Lava Boat Tours » owner accused of negligence

Rappelez-vous: en juillet 2018, lors de l’éruption du Kilauea, une explosion a eu lieu à Kapoho, sur la côte de la Grande Ile, là où la lave s’écoulait dans l’océan. Comme cela se produit de temps en temps, une explosion soudaine et violente, causée par le contact entre la lave et l’eau de mer, a projeté une pluie de bombes dont certaines ont atterri sur un bateau affrété par une agence de voyage et blessé des touristes à bord. Une jeune femme originaire de l’Illinois, âgée de 20 ans, a été grièvement blessée. Aujourd’hui, sa famille poursuit en justice l’agence de voyage et son propriétaire en les accusant de négligence. Les autres passagers du bateau ont subi des brûlures et des blessures sans gravité.

La jeune femme a été frappée par une bombe d’un diamètre estimé entre 30 et 60 centimètres qui lui a brisé un fémur, un tibia et le bassin, ainsi que d’autres blessures qui ont nécessité trois interventions chirurgicales dans un hôpital d’Honolulu. La famille a déclaré devant le tribunal que les frais médicaux dépassaient 400 000 dollars. D’autres soins et donc d’autres fais devraient intervenir dans un proche avenir.
Sans surprise, cette affaire entraîne une bataille juridique. L’agence de voyage – Lava Ocean Tours – et son propriétaire sont accusés de négligence et de s’être approchés trop près de l’entrée de la lave dans l’océan, et de ne pas avoir suffisamment averti les passagers de l’embarcation des dangers potentiels de l’excursion. Selon les avocats de la famille de la victime, le propriétaire avait demandé et obtenu l’autorisation de naviguer dans une zone de sécurité de 300 mètres à partir de l’entrée de lave dans la mer, distance qui avait été décrétée par la Garde côtière américaine pour des raisons de sécurité. De plus, les garde-côtes avaient prévenu le propriétaire de Lava Ocean Tours qu’en pénétrant à l’intérieur de la zone de sécurité, il devrait «assumer tous les risques et responsabilités qui y sont associés, notamment les blessures, la mort et les dommages aux personnes et aux biens ». Le propriétaire de l’agence a déclaré à la presse en juillet qu’il se trouvait à environ 240 mètres de l’entrée de la lave dans l’océan et qu’il était en train de quitter la zone au moment de l’explosion.
Les plaignants allèguent que pendant plus d’un an avant l’accident, les garde-côtes et le HVO avaient averti Lava Ocean Tours « que la lave a tendance à exploser lorsqu’elle se déverse dans les eaux froides de l’océan et que l’on sait, au vu des données historiques à Hawaii, que de telles explosions peuvent projeter des blocs jusqu’à un mètre de diamètre sur des distances allant jusqu’à 250 mètres. » Par ailleurs, un document fourni par l’accusation démontre que l’agence de voyage continuait à effectuer ses excursions avec des approches à moins de 250 mètres des points d’entrée de la lave dans l’océan, ce qui mettait forcément en danger la santé et la sécurité des passagers en les exposant au risque d’explosion.
Les avocats de l’agence de voyage ont qualifié l’accident d’ »événement volcanique imprévisible en mer… qui s’est produit sans prévenir. » Ils ont ajouté que « les blessures, dommages et / ou pertes… occasionnés au cours de l’excursion susmentionnée n’ont été causés ni par une faute, ni par une négligence de la part de ”Lava Ocean Tours. » Ils on également ajouté « que la partie adverse avait elle aussi fait preuve de négligence dans les poursuites engagées » contre Lava Ocean Tours.
Les avocats de la jeune femme ont déposé une requête en rejet de la plainte déposée par l’agence de voyage. La requête inclut une déclaration écrite du propriétaire de l’agence de voyage à la Garde côtière, en date du 2 juin 2017, dans laquelle il contestait la zone de sécurité: « Pendant le temps passé devant les coulées de lave, je ne me suis jamais senti en danger ou menacé. […] Les bateaux d’excursion de lave ne sont pas une exception. Il existe de nombreuses autres agences proposant des excursions extrêmes en bateau, qu’il s’agisse de descendre les rapides d’une rivière en jet-boat, de naviguer près des glaciers, ou de faire de surf sur de grosses vagues. »
Document à l’appui, le père de la jeune femme a déclaré qu’il « n’avait d’aucune manière été averti du risque d’explosion de la lave au cours de l’excursion, ainsi que du risque de blessure pour les passagers ». Il a ajouté: « J’avais mes trois filles avec moi. Deux d’entre elles étaient de jeunes adolescentes. Je n’aurais jamais acheté cette excursion… si on m’avait prévenu que la lave pourrait exploser. »
Source: Journaux hawaïens.

On peut tirer plusieurs conclusions de cet accident du mois de juillet 2018. Il montre qu’une telle excursion devant l’arrivée de la lave en mer comporte des risques et qu’une explosion peut se produire. D’ailleurs, le HVO et la Protection Civile hawaiienne ont mis constamment en garde sur ce risque d’explosion le long du littoral.

Le propriétaire de la compagnie est bien sûr en tort car il s’est approché trop près (240 mètres) du site où la lave arrivait dans la mer alors que les gardes-côtes imposaient une distance de sécurité de 300 mètres. Aux Etats-Unis, on ne plaisante pas avec la loi !

Je pense aussi qu’il est nécessaire, avant d’entamer ce genre d’excursion, de faire signer une décharge aux clients en les invitant à dégager l’agence de toute responsabilité en cas de problème. Cela suppose, bien sûr, que l’organisateur de l’excursion respecte les normes de sécurité, ce qui ne semble pas avoir été le cas au moins de juillet 2018.

En tout état de cause, je conseille vivement aux participants d’un voyage aux Etats-Unis de posséder une assurance et de vérifier les modalités de prise en charge en cas d’accident. Il n’y a pas de sécurité sociale aux Etats-Unis au sens où on l’entend en France. En cas d’hospitalisation, il faut payer les frais médicaux directement à l’hôpital.

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Remember: in July 2018, during the Kilauea eruption, an explosion occurred at Kapoho, on the shore of Hawaii Big Island, in the place where lava was flowing into the ocean. As this may occur from time to time, a sudden violent explosion, caused by the contact between lava and sea water, hurled a profusion of bombs some of which landed on a tour boat and injured tourists on board. A 20-year-old Illinois woman was seriously injured and her family is now suing the tour company and its owner in state court. The other passengers in the tour boat suffered minor burns and scrapes. The tour boat company has now to go to court and is accused of negligence by the young woman’s family.

The young woman was hit by a lava bomb estimated at between 30 end 60 centimetres in diameter. It broke her thigh bone, tibia and pelvis and left her with other injuries that required her to undergo three surgeries at a hospital in Honolulu. The family said in court filings her medical expenses are “in excess of $400,000.” The woman is expected to continue accruing additional medical expenses for the foreseeable future.

The tour company – Lava Ocean Tours – and its owner are accused of negligence in piloting the sightseeing boat too close for safety to the lava ocean entry and not adequately warning potential passengers of the tour’s potential hazards. According to the suit, the owner had applied for and was granted permission to navigate his vessels inside a 300-metre safety zone from lava ocean entry points the U.S. Coast Guard had established to protect people and vessels from exploding molten rock. However, the Coast Guard had warned the owner of Lava Ocean Tours that by entering the safety zone he would have to “assume any and all risks and liabilities associated therewith, including but not limited to: injury, death and damage to persons or property.” The owner told the press in July he was about 240 metres from the lava ocean entry and was in the process of leaving the zone when the explosion occurred.

The plaintiffs allege that for more than a year before the incident, the Coast Guard and Hawaiian Volcano Observatory had warned Lava Ocean Tours “that lava has a propensity to explode when it flows into cool ocean waters, and that historical data in Hawaii showed such explosions had been known to hurl lava rocks as much as a metre wide across distances as great as 250 metres. Nevertheless, according to a document, the boat tour company continued to take their tours much closer than 250 metres to lava entry points, thereby gambling with their passengers’ health and safety and exposing passengers to the risk of exactly the kind of explosion that occurred.

The tour company’s lawyers called the incident “an unforeseeable offshore volcanic event … which occurred without warning” and added, “any injuries, damages and/or losses resulting … or otherwise arising out of the aforementioned voyage were neither caused nor contributed to, by any fault, negligence or neglect on the part of” Lava Ocean Tours. It also alleged “that any claimants were themselves negligent in and about the matters alleged in any related claims or actions” against Lava Ocean Tours.

The young woman’s lawyers have filed a motion to dismiss the tour company’s complaint. The motion includes written testimony by the owner of the boat tour company to the Coast Guard in opposition to the lava safety zone, dated June 2nd, 2017, in which he said: “During my time at the lava flows I have never experienced a moment where I felt unsafe or threatened. … Lava tour boats are not alone there are many operations who provide extreme boat tours whether you want to go jet boating river rapids, cruise up next to glaciers, go big wave surfing.”

In a supporting document, the woman’s father said he was “given no warning about any risk that the lava we would be seeing might explode or possibly injure the passengers in some other way.” He added: “I had my three daughters with me. Two of them were young teens. I would never have taken on this trip … if I had been warned that the lava could explode.”

Source: Hawaiian newspapers.

L’arrivée de la lave en mer est très spectaculaire, mais elle peut devenir explosive et présenter un danger (Photos: C. Grandpey)

Eruption du Kilauea (Hawaii): Conséquence de l’accident du 16 juillet // Consequence of the 16 July accident

Comme toujours lorsqu’un accident se produit, des restrictions plus sévères sont imposées par les autorités pour éviter d’autres problèmes. C’est ce qui s’est passé après qu’une bombe volcanique ait atterri sur un bateau qui promenait des touristes le 16 juillet, blessant 23 personnes.
La Garde côtière américaine et la Protection Civile avaient établi une zone de sécurité autour de l’entrée de la lave dans l’océan en mars 2017 et l’avaient placée à 300 mètres des coulées de lave. Il y avait toutefois des exceptions et certaines embarcations à but commercial ou de recherche étaient autorisées à s’approcher à une cinquantaine de mètres. Le capitaine du bateau touché par la bombe volcanique était l’une de ces exceptions à la règle des 300 mètres.
La Garde côtière a annoncé après l’accident que la zone de sécurité serait de 300 mètres et qu’«aucune exception n’est accordée pour le moment».
Comme je l’ai dit précédemment, une autre explosion encore plus forte a été observée quelques minutes après l’accident.

Dans le même temps, la Fracture N° 8 continue à envoyer de la lave dans le chenal qui se dirige vers le nord-est. Le front de coulée le plus au sud se trouve actuellement à environ 750 mètres de la rampe d’accès de Isaac Hale Park.
La sismicité reste intense au sommet du Kilauea. Les explosions qui accompagnent les effondrements continuent à libérer une énergie équivalente à des séismes de M 5.3. L’affaissement de Halema’uma’u continue.
Source: Garde côtière, HVO.

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As usual when an accident happens, more severe restrictions are enforced to prevent further problems. This is what happened after a lava bomb crashed into a tour boat on July 16th, injuring 23 passengers.

The U.S. Coast Guard and Civil Defense had established a safety zone around the lava entry in the ocean in March 2017 and set it at 300 metres out from the lava flows. However, there was an exception made for some boats. Thus, certain commercial and research vessels were allowed to approach the lava more closely and reach about 50 metres away. The captain of the boat that was hit by the lava bomb was one of those exceptions to the 300-metre rule.

The Coast Guard has announced after the incident that the safety zone was 300 meters out from then on and that “no entry approvals are being granted at this time.”

As I put it previously, another stronger explosion was observed a few minutes after the accident.

Meantime, Fissure 8 continues to erupt lava into the channel leading northeastward from the vent. The southern margin of the flow is currently located about 750 metres from the boat ramp at Isaac Hale Park.

Seismicity has increased at the summit of Kilauea Volcano. Collapse-explosion events still released an energy equivalent to M 5.3 earthquakes. Inward slumping of Halema’uma’u continues.

Source: Coast Guard, HVO.

Carte thermique du système de fractures et des coulées de lave publiée le 17 juillet 2018 par l’USGS.

Huit morts sur le Merapi (Indonésie)… sans éruption // Eight deaths on Mt Merapi (Indonesia)… without an eruption

Les volcans peuvent tuer sans être en éruption. Ce lundi, un glissement de terrain sur les pentes du Merapi en Indonésie a tué au moins huit personnes et blessé huit autres qui travaillaient dans une carrière de sable. Il se peut que d’autres mineurs aient été ensevelis par le glissement de terrain, mais ce n’est pas certain ; on ne connaît pas vraiment le nombre d’ouvriers qui travaillaient dans la mine. Très souvent en Indonésie, il y a peu ou pas de réglementation concernant l’exploitation minière dite traditionnelle ; en conséquence, la sécurité n’est guère assurée.

Source: Reuters.

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Volcanoes can kill without erupting. A landslide on the slopes of Indonesia’s Mount Merapi on Monday killed at least eight people mining sand and injured eight. There could be more miners buried by the landslide, but it is unclear because the number working at the mine is also unclear. In many parts of Indonesia, there is little or no regulation of so-called traditional mining, resulting in poor safety standards.

Source : Reuters.