White Island (Nouvelle Zélande), un jour de septembre 1914… // White Island (New Zealand), one day of September 1914…

Un récent article paru dans le New Zealand Herald nous rappelle qu’en septembre 1914, 11 mineurs de soufre ont péri sur White Island suite à un glissement de terrain et un lahar déclenchés par l’effondrement de la paroi sud-ouest du cratère, d’une hauteur de 300 mètres. Personne ne s’est rendu compte de la catastrophe pendant plus d’une semaine car le volcan se trouve à une cinquantaine de kilomètres de la côte.
Le jour de la catastrophe était probablement le 10 septembre 1914, mais ce n’est pas certain car aucun témoin n’a survécu. Le seul survivant est un chat, plus tard rebaptisé Pierre le Grand. Il y a aussi une incertitude sur le nombre de morts, 10 ou 11.
Les premiers articles de journaux n’apparurent que 11 jours plus tard en faisant état de «la plus grande éruption depuis celle du Tarawera en 1886» et en proposant la date du 10 ou 11 septembre, en se référant aux nuages ​​de fumée noire, aux «fortes détonations» et à un tremblement de terre qui avaient été vus, entendues et ressenti depuis la côte.
On pensait à l’origine que l’activité volcanique ou un séisme avaient provoqué l’effondrement de la paroi du cratère dans le lac, ce qui aurait obstrué la bouche principale et provoqué une éruption ailleurs dans le cratère. Cependant, la théorie de l’éruption a été abandonnée et on pense aujourd’hui que l’effondrement de la paroi du cratère sud-ouest a provoqué un lahar qui s’est précipité sur le plancher du cratère, a écrasé les huttes des mineurs, la maison du responsable de chantier et d’autres bâtiments qui ont été projetés dans la mer.
Albert Mokomoko, le propriétaire du bateau qui transportait régulièrement des vivres et fournitures aux mineurs, a été le premier à être témoin de la destruction. Il a navigué vers White island le 15 septembre. Rien ne semblait anormal et il a supposé que les hommes étaient partis travailler sur une autre partie de l’île.
Le 19 septembre, neuf jours après celui de la catastrophe, Mokomoko est revenu et a accosté sur l’île. Il a été confronté à « une scène de désolation ». Le camp avait disparu, les bâtiments étaient recouverts d’environ 20 pieds de boue de soufre ». Une tranchée a été creusée dans l’amoncellement de 6 mètres de débris où les huttes des hommes étaient censées se trouver, mais aucune trace de vie n’a été décelée. Il n’y avait aucun espoir de trouver des survivants.
Plus de quinze jours après la catastrophe, des épaves ont commencé à apparaître sur les plages de la Bay of Plenty, comme des traverses de voie ferrée, des barriques, des fragments de bateaux, mais aucun objet qui aurait pu se trouver dans les huttes.
Il convient de noter que les familles des mineurs n’ont reçu aucune compensation. La veuve d’une des victimes a vu sa requête contre l’assureur de son employeur rejetée. Il lui fallait prouver que la mort était due à un accident qui s’était produit pendant qu’il travaillait. Bien que l’homme ait probablement péri sur l’île ou dans la mer, le tribunal a statué qu’il ne pouvait être déterminé si l’accident s’était produit alors qu’il travaillait, pendant qu’il allait au travail ou en dehors des heures de travail.
Seuls trois mineurs avaient des enfants. La plupart d’entre eux étaient célibataires. Deux autres hommes sont morts sur l’île à l’époque de la catastrophe: un plus tôt en 1914, après avoir été gravement brûlé dans un accident avec des machines, et un autre qui, selon un journal de 1913, serait tombé dans la mer. Il y a un autre récit entouré de mystère autour de la disparition de ce dernier mineur puisque ses bottes ont été retrouvées près du cratère.

L’histoire de l’accident à White Island peut être lue dans mon livre Killer Volcanoes qui est malheureusement épuisé aujourd’hui.

——————————————

A recent article in The New Zealand Herald reminds us that in September 1914, 11 sulphur miners on White Island were killed by a massive landslide and lahar triggered by the collapse of part of the 300-metre southwest wall of the crater. But no one knew about the disaster for more than a week as the volcano lies about 48km from the coast.

The day of the 1914 disaster was probably September 10th, but this is not certain because no witnesses survived. The only survivor was a cat, later renamed Peter the Great. There was also initial uncertainty about the death toll, thought to be either 10 or 11.

The first newspaper reports didn’t appear until 11 days later, telling of « the greatest eruption since Tarawera in 1886 », and guessing at a date of September 10th or 11th, based on the timing of clouds of black smoke, « loud detonations » and an earth tremor that were seen, heard and felt from the mainland.

It was originally thought that volcanic activity or an earthquake toppled the wall of the crater into the lake, blocking the main vent and leading to an eruption elsewhere. However, the eruption theory was abandoned and it is now thought the collapse of the south-western crater rim caused a lahar to rush through the crater floor, smashing the workers’ huts, the manager’s house and other mine buildings and shunting them into the sea.

Albert Mokomoko, a boat owner who ferried supplies to the miners, was the first outsider to witness the destruction. He sailed to the island on September 15th, but nothing seemed amiss and he assumed the men were on another part of the island.

On September 19th, nine days after the likely day of the disaster, Mokomoko returned and landed. He was confronted by « a scene of desolation. The camp was obliterated, the buildings being buried in about 20 feet of sulphurous mud. » A search party dug a trench into the 6-metre hill of debris where the men’s huts had stood, but found no trace of them. There was no possible hope of anyone having survived.

More than a fortnight after the disaster, wreckage from the island began washing up on Bay of Plenty beaches, including tram sleepers, pieces of barrels, fragments of boats, but nothing from within the huts.

It should be noted that the miners’ families received no compensation. The widow of one of the victims had her claim against his employer’s insurer thrown out. She was faced with proving his death was due to an accident that happened while he was working. But the Arbitration Court ruled too little was known about the disaster to draw the legal inferences needed to establish her case. Although the man was probably killed on the island or in the sea, the court ruled, it couldn’t be determined if this happened while he was at work, going to or from work or outside working hours.

Only three of the miners had children. Most of them were single. Two other men died on the island around the time of the disaster: One earlier in 1914, after he was badly burned in an accident with machinery, and another who, according to a 1913 newspaper report, was thought to have fallen into the sea. But there is another tale around the miner’s disappearance, one cloaked with mystery since only his boots were found near the crater.

The story of the accident at White Island can be read in my book Killer Volcanoes that is sold out today.

Photos: C. Grandpey

 

Publicités

Masaya (Nicaragua): Les risques du métier // Occupational hazards

drapeau-francaisL’information fait la une des journaux depuis plusieurs jours: un volcanologue argentin et son guide ont fiat une chute dans le cratère du Masaya au Nicaragua après la rupture de leur corde. Ils ont réussi à survivre après avoir été secourus par des pompiers.
Ils souffraient de déshydratation en raison de la température élevée à l’intérieur du cratère où on peut actuellement observer un lac de lave.
Les pompiers ont utilisé des cordes et des harnais pour descendre dans le cratère et secourir les deux hommes. Je ne pense pas qu’ils aient été imprudents. Il s’agit probablement d’un accident, les risques du métier, en quelque sorte.
Des accidents de ce type peuvent se produire sur n’importe quel volcan dont le cratère présente des parois abruptas. Se tenir sur le bord de la lèvre peut être très risqué car cette dernière est souvent fracturée et peut s’effondrer sous le poids d’une personne. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’accès au cratère de l’Halema’uma’u est strictement interdit sur le Kilauea à Hawaii. Je me souviens que la Bocca Nova de l’Etna était un pit crater dans les années 1990. Le chef des guides – le regretté Antonio Nicoloso – m’avait dit d’avoir toujours une jambe en avant et être prêt à sauter en arrière en cas d’effondrement…

———————————-

drapeau-anglaisThe piece of news has hit the headlines for several days : An Argentinean  volcanologist and his guide fell into the crater of Masaya Volcano in Nicaragua after their rope broke . They managed to survive after being rescued by firemen.

They reportedly suffered from dehydration because of the high temperatures inside the crater where a lava lake can currently be observed. .

The firemen used ropes and harnesses to climb down and save them. I do not think the two men were careless. It was probably just an accident, an occupational hazard.

This sort of accident may happen on any volcano whose crater has abrupt walls. Getting on the rim can be very risky as it is often fissured and may collapse under the weight of a person. This is one of the reasons why access to Halema’uma’u Crater is strictly forbidden on Kilauea Volcano. I can remember that Mt Etna’s Bocca Nova was a pit crater in the 1990s. The leader of the guides – the late Antonio Nicoloso – had told me to always have a leg forward and be ready to jump backward in case of a collapse…

bocca-neige-2

La Bocca Nuova de l’Etna dans les années1990 (Photo: C. Grandpey)

 

Brûlés par le Strokkur (Islande)! // Burnt by Strokkur (Iceland)!

drapeau francaisL’accident est assez rare mais pas exceptionnel. Deux enfants norvégiens en vacances en Islande ont été gravement brûlées lundi dernier alors qu’ils contemplaient les éruptions du Strokkur, le très populaire geyser islandais. Une violente rafale de vent a envoyé sur eux et sur d’autres touristes une gerbe d’eau très chaude. Il convient de noter que ces gens se trouvaient à l’intérieur de la zone délimitée par des cordes de sécurité et étaient donc censés ne pas être en danger. Les enfants souffrent de brûlures au premier et deuxième degré sur les jambes et sont maintenant en convalescence chez eux en Norvège.
Le personnel du centre touristique de Geysir a fourni une trousse de premiers secours, avant d’être relayé par une équipe médicale de Selfoss, accompagnée par la police. Le pilote d’un hélicoptère des garde-côtes qui se trouvait dans le secteur a pris la décision de transporter les enfants à l’hôpital de Reykjavik.
Voici une séquence vidéo de la scène prise avec un téléphone portable :.
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=2vEXbqZvtS0

Source : Iceland Review.

 ————————————————-

drapeau anglaisThe accident is quite rare but not exceptional. Two Norwegian children on holiday in Iceland were badly burnt on Monday when watching Strokkur, the popular Icelandic geyser, spouting. A sharp gust of wind blew scathingly hot water over them, and other tourists. It should be noted these people were standing in an area marked out by safety ropes and as such were supposed to be safe. The children received first and second degree burns on their legs and are now recovering back home in Norway.

Staff at the Geysir centre brought a first aid kit. Soon, an emergency team from Selfoss arrived accompanied by police. A coast guard helicopter was in the area on a practice flight and made a decision to fly the children to hospital in Reykjavik.

Below is a video footage of the scene taken on a phone camera:.

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=2vEXbqZvtS0

Source : Iceland Review.

Strokkur blog

La belle bulle du Strokkur est l’une des attractions touristiques de l’Islande.

(Photo:  C.  Grandpey)

Le Mayon (Philippines) s’ajoute à la liste des volcans interdits // Mayon: Another forbidden volcano

drapeau francais   Les équipes de secours ont retrouvé le 22 mai un randonneur russe qui avait lancé un appel de secours après s’être perdu et s’être cassé une jambe sur le Mayon dont il avait entrepris l’ascension en solitaire. D’après les sauveteurs, l’homme grimpait sur le volcan sans autorisation des autorités et sans guide de montagne accrédité.
L’accident survient tout juste 15 jours après la mort de quatre randonneurs européens et un de leurs guides philippins le 7 mai 2013. Ces randonneurs avaient, eux aussi, entrepris l’ascension du Mayon sans avoir averti les autorités.
Depuis le drame, les autorités philippines ont élevé le Mayon au rang de « no man’s land » et interdit toute ascension du volcan.
Source: Presse philippine.

drapeau anglais   Search-and-rescue teams have found a Russian mountaineer who had called for help after getting lost and breaking a leg while on a solo climb on Mayon Volcano. According to the rescuers, the man climbed the volcano without a permit from the authorities and without an accredited mountain guide.
This incident happened just 15 days since four European mountaineers and one of their Filipino guides died on the slopes of Mayon on May 7th.The group of climbers who perished on May 7th also went up Mayon Volcano without giving notice to the authorities.
Since then, the authorities have declared Mayon Volcano a “no man’s land” and prohibited any and all climbs.
Source: Philippine newspapers.