Sacrés réseaux sociaux ! // Darn social networks !

Trois randonneurs, deux ressortissants de Singapour et un Indonésien, sont morts au cours d’un épisode éruptif du Dukono le vendredi 8 mai 2026, sur l’île d’Halmahera, aux Moluques, dans l’est de l’Indonésie. Cinq autres personnes ont été blessées. Les sauveteurs ont pu aider 17 personnes à redescendre et être mises en sécurité. Les corps des victimes n’ont pas pu être récupérés immédiatement car la situation éruptive était trop dangereuse.

La presse indonésienne indique que les victimes faisaient partie d’un groupe d’une vingtaine de personnes qui avaient décidé d’escalader le volcan et d’entrer dans une zone qu’ils savaient interdite, « animés par le désir de créer du contenu en ligne. » Les réseaux sociaux sont vraiment une plaie dans notre société. Ce n’est pas la première fois que des personnes prennent des risques insensés et mettent leur vie en péril dans le seul but de « faire le buzz » sur Internet.

Le niveau d’alerte volcanique du Dukono était à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et le public était invité à se tenir à au moins 4 km du cratère Malupang Warirang. Comme cela se produit souvent sur les volcans explosifs de la Ceinture de Feu du Pacifique, l’explosion – qui a duré 16 minutes au vu des instruments – s’est produite sans signes annonciateurs et le volcan a projeté des matériaux et un panache de cendres jusqu’à une dizaine de kilomètres au-dessus du sommet.

Les volcanologues et les autorités ne sont donc absolument pas responsables de cette tragédie.

Crédit photo: presse indonésienne

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Three hikers, two Singaporeans and one Indonesian, died during an eruption of Mount Dukono on Friday, May 8, 2026, on Halmahera Island in the Moluccas, eastern Indonesia. Five other people were injured. Rescuers were able to bring 17 people down to safety. The victims’ bodies could not be recovered immediately because the eruptive situation was too dangerous.
The Indonesian press reports that the victims were part of a group of about 20 people who had decided to climb the volcano and enter an area they knew was off-limits, « driven by the desire to create online content. » Social media is truly a scourge in our society. This is not the first time that people have taken insane risks and endangered their lives for the sole purpose of « going viral » on the internet.

The volcano alert level for Mount Dukono was 2 (on a scale of 1 to 4), and the public was advised to stay at least 4 km away from the Malupang Warirang crater. As often happens with explosive volcanoes in the Pacific Ring of Fire, the explosion—which lasted 16 minutes according to instruments—occurred without warning, and the volcano ejected material and an ash plume up to 10 km above its summit.

Volcanologists and authorities are therefore in no way responsible for this tragedy.

La glace n’est plus une menace pour les pêcheurs islandais // Ice is no longer a threat to Icelandic fishermen

Un article paru dans l’Iceland Monitor nous explique les dangers que peuvent rencontrer les pêcheurs au large de l’Islande à cause de la glace qui s’est détachée de la banquise arctique. Aujourd’hui, les progrès de la technologie apportent une aide précieuse aux professionnels de la mer. C’est ce qu’explique une géographe du département des Sciences de la Terre à l’Université d’Islande.

Bien que les icebergs soient moins fréquents autour de l’Islande qu’auparavant, principalement en raison du réchauffement climatique dans l’hémisphère nord, ils peuvent encore s’avérer dangereux. Aujourd’hui, ils sont surtout un danger pour les pêcheurs et autres professionnels de la mer. Il est donc primordial de surveiller activement les mouvements de la glace à proximité des zones de pêche, surtout lorsque les conditions météorologiques la poussent dans des directions inattendues où elle peut prendre les navires par surprise.

Des progrès considérables ont été réalisés ces dernières décennies en matière de surveillance de la glace autour de l’Islande. Dans les années 1980, les scientifiques s’appuyaient sur les rapports des navires ; lorsque un navire rencontrait de la glace, le capitaine en informait les services météorologiques. Des alertes étaient alors émises si la glace était jugée trop proche ou présente dans des zones où elle pouvait surprendre les marins.
Au fil des années, de nouvelles données satellitaires sont devenues disponibles, permettant de voir à travers les nuages et même dans l’obscurité. La résolution des cartes s’est également considérablement améliorée.

Vers l’an 2000, ces données étaient extrêmement coûteuses, mais elles sont désormais quasiment gratuites. Les scientifiques peuvent ainsi accéder aux images satellitaires plusieurs fois par semaine et les marins eux-mêmes peuvent y accéder rapidement, quelques minutes après le passage du satellite.

Une autre aide précieuse a été apportée par l’avion TF-SIF des garde-côtes islandais, équipé d’un radar, permettant ainsi aux scientifiques de ne plus se contenter des données satellitaires.

Toutefois, ces dernières années, le changement le plus important a concerné la glace elle-même, en particulier au cours des deux dernières décennies. Le principal changement concerne la diminution drastique de la banquise pluriannuelle dans l’océan Arctique. On appelle banquise pluriannuelle une glace qui a survécu à un ou plusieurs étés. Avec la hausse des températures, la couverture de glace le long du Groenland oriental et dans l’océan Arctique s’est réduite et amincie. Par conséquent, la glace qui atteint l’Islande aujourd’hui n’est généralement constituée que de petits fragments qui ne persistent que quelques jours, principalement près de Hornstrandir.

La glace dans les zones de pêche est problématique, surtout en cas de présence d’icebergs ou de growlers, ou lorsque la visibilité est mauvaise et que la mer est agitée. Mais les pêcheurs islandais connaissent très bien la glace, en particulier ceux qui pêchent au large des fjords de l’Ouest. Aujourd’hui, les pêcheurs sont presque les seuls à rencontrer régulièrement des morceaux de banquise, et cela fait longtemps que d’importantes quantités de glace n’ont pas atteint la côte islandaise. La dernière fois remonte à 1979, même si quelques problèmes ont été constatés depuis cette date.

Source : Iceland Monitor. Photos: C. Grandpey.

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An article in the Iceland Monitor explains the dangers that fishermen off the coast of Iceland face due to ice that has broken off from the Arctic sea ice. Today, technological advancements are providing invaluable assistance to maritime professionals, as explained by a geographer from the Department of Earth Sciences at the University of Iceland.

Although icebergs are now less common around Iceland than in the past, mostly due to warming in the Northern Hemisphere, it can still be dangerous. Today, it is mainly fishermen and other seafarers who encounter sea ice. It therefore remains very important to maintain active monitoring of ice movement when it approaches fishing grounds, especially when weather conditions push it in unexpected directions and catch vessels off guard.

A lot of progress has been made in the past decades for the monitoring of sea ice around Iceland. In the 1980s, scientists relied on ship reports ;when vessels encountered sea ice, they would call it in to the Met Office. Warnings had to be issued if the ice was considered dangerously close or in areas where seafarers wouldn’t expect it.

Gradually, all kinds of new satellite data became available, allowing to see through clouds and even in darkness. Map resolution also improved dramatically.

Around the year 2000, this data was extremely expensive, but now it’s more or less free, so scientists can access such images several times a week and seafarers can now rapidly access the data themselves.

Another innovation was the Icelandic Coast Guard aircraft TF-SIF, which is equipped with radar, so that scientists are no longer dependent on when the next radar satellite happens to pass over.

In the past years, the biggest change has been in the ice itself, especially over the past two decades.

The main change is that so-called multi-year sea ice in the Arctic Ocean has decreased dramatically. Multi-year ice is ice that has survived one or more summers. The ice cover along both East Greenland and in the Arctic Ocean has been shrinking and thinning. As a consequence, the ice reaching Iceland today is usually just small fragments that remain for only a few days, mostly near the Hornstrandir area. It is inconvenient when sea ice covers fishing grounds, and danger mainly arises if there are icebergs or thick floes mixed in, or if visibility is poor and sea conditions are bad.

But Icelandic fishermen understand the ice very well, especially those fishing off the Westfjords. Today, fishermen are almost the only group regularly encountering sea ice, and it has been a long time since large amounts reached the coast. The last truly severe sea ice year was 1979, though there have been some issues since then.

Source : Iceland Monitor.

Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : la RN2 à nouveau coupée par la lave ! // Lava crosses the RN2 highway again !

1er avril 2026 – 16 heures, heure métropole – 18 heures, heure locale) : Dans un bulletin diffusé dans l’après-midi du 1er avril 2026 (heure locale), l’OVPF indique que l’activité éruptive se poursuit au Piton de la Fournaise et que le bras de coulée le plus au sud reste actif.

Une résurgence a donné naissance à un bras secondaire qui menace désormais la RN2, au sud de la coupure actuelle. En conséquence, la zone d’exclusion et le périmètre de sécurité sont étendus et les barrière de protection ont été reculées du côté de Saint Philippe. .

Crédit photo: OVPF

Cette nouvelle coulée pourrait traverser la RN2 à très court terme. Attention ! Les personnes ayant franchi les barrières de sécurité s’exposent à un risque immédiat d’encerclement, notamment dans la zone forestière située entre les deux bras de lave.

Par ailleurs, une vigilance fortes pluies et orages est en cours. Les conditions météorologiques dégradées compliquent fortement la surveillance par moyens aériens. Le préfet de La Réunion en appelle à la plus grande responsabilité. L’accès est strictement limité jusqu’à la zone d’exclusion. Toute sortie de ce périmètre expose directement à un danger grave, voire mortel !

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1er avril 2026 – 20 heures, heure métropole – 22 heures, heure locale : C’est à 21h25 (heure locale) que la RN2 a de nouveau été coupée par la lave, environ 300m plus au sud du précédent point de coupure.

Crédit photo: Gendarmerie

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Le 2 avril 2026 au matin, l’OVPF écrit : « De nouveaux petits bras de coulée atteignent la RN2, et d’autres sont à moins de 10 mètres de la route. »

Source: OVPF

Selon les dernières analyses, la lave émise actuellement proviendrait de l’ancienne réserve de magma. Comme je le supposais au début de la deuxième phase de cette éruptio, il s’agirait donc bien de l’évacuation d’un magma résiduel dans la chambre magmatique superficielle.

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April 1, 2026, 4 p.m. Paris time – 6 p.m. local time : In a bulletin issued on the afternoon of April 1, 2026 (local time), the OVPF indicated that eruptive activity continued at Piton de la Fournaise and that the southernmost lava flow remained active.

A resurgence has released a secondary flow that now threatens the RN2 highway, south of the current closure. Consequently, the exclusion zone and safety perimeter have been extended, and the protective barriers have been moved back towards Saint-Philippe.
This new lava flow could cross the RN2 very soon. Warning! Anyone who has crossed the safety barriers is at immediate risk of being surrounded, particularly in the forested area located between the two lava flows.
Furthermore, a heavy rain and thunderstorm warning is in effect. The poor weather conditions are severely hindering aerial surveillance. The Préfet of Réunion calls for the utmost responsibility. Access is strictly limited to the exclusion zone. Leaving this perimeter would expose visitors directly to serious, even fatal, danger!

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April 1st, 2026 – 8 p.m. Paris time – 10 p.m. local time : At 9:25 p.m. (local time), the RN2 highway was again cut off by lava, about 300m further south of the previous point of cut-off.

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On the morning of April 2, 2026, the OVPF wrote: « New small lava flows are reaching the RN2, and others are less than 10 meters from the road. »

The lava temperature on the RN2 is 1171°C, still very hot after traveling in tunnels. According to the latest analyses, the lava currently being emitted originates from the old magma reservoir. As I suspected at the beginning of the second phase of this eruption, it seems to be residual magma from the shallow magma chamber.

C’est à désespérer. Pauvre société ! // It’s hopeless. What a poor society !

J’ai publié plusieurs notes sur ce blog pour mettre en garde contre les dangers de la plage de sable noir de Reynisfjara, dans le sud de l’Islande. La mer y est particulièrement dangereuse, avec des vagues traîtresses et des lames de fond qui surprennent régulièrement les visiteurs, causant parfois des décès.

Les autorités islandaises ont tenté de sécuriser la zone en mettant en place un système de feu vert / feu rouge en fonction du niveau de danger. Une barrière a également été installée pour bloquer, ou du moins limiter, l’accès à la plage lorsque le feu est rouge et que les conditions sont dangereuses. Le feu rouge s’allume désormais plus tôt qu’auparavant, mais tous les touristes ne tiennent pas compte des avertissements et ne respectent pas la barrière. Le système semble désespérément inefficace et incapable d’empêcher certains comportements dangereux, voire inconscients.

Une vidéo récemment diffusée sur TikTok illustre l’imprudence de deux touristes sur la plage de Reynisfjara. Malgré le feu rouge allumé, ils courent près du rivage et échappent de justesse aux vagues, regagnant la terre ferme avec de l’eau jusqu’aux genoux. Malgré les nombreux accidents mortels au pied des falaises, les touristes continuent de sous-estimer le danger. De nombreux exemples sur les réseaux sociaux montrent des visiteurs ignorant les avertissements et se mettant gravement en danger.

Que faire d’autre ? Rien, malheureusement. La verbalisation ne fait pas partie de l’état d’esprit islandais qui donne priorité à la prévention, mais cette dernière a visiblement ses limites. Une personne a suggéré sur les réseaux sociaux d’informer les touristes qu’ils ne seront pas secourus s’ils pénètrent dans la zone lorsque le feu rouge est allumé. « Il faudrait un panneau indiquant : “Secours impossibles lorsque le feu rouge est allumé – vous accédez à la plage à vos risques et périls.” »
Source : Iceland Monitor. Photos: C. Grandpey.

Comme je l’écrivais dans une note précédente (14 décembre 2025), nous vivons dans une société de records et d’extrêmes. Certains ont peut-être besoin de se rassurer en accomplissant ce qu’ils pensent être un exploit… qui peut vite se transformer en catastrophe. Tant que ces imbéciles mettent leur vie en danger sans impliquer personne d’autre, tout va bien. Mais si des sauveteurs doivent risquer leur vie pour leur porter secours, le problème prend une autre dimension. Personnellement, je pense que la première chose à faire est d’obliger ces personnes à payer le sauvetage. Il en va de même pour les skieurs hors-piste lorsque le risque d’avalanche est élevé. Après avoir déboursé des centaines, voire des milliers d’euros, je pense qu’elles y réfléchiront à deux fois avant de recommencer !

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I have published several posts on this blog warning againt the dangers of Reymisfjara black beach in southern Iceland. The sea is particularly dangerous with treacherous waves and rip currents that regualarly caught visitors by surprise, killing some of them.

Icelandic authorities have tried to make the area safer and implemented a system of green and red lights according to the danger. A gate has also been installed to block or at least limit access to the beach when the red warning light is on and conditions are dangerous. The red warning light is now activated earlier than before, but as the video shows, not all tourists heed the warnings or respect the barriers. The system looks desperately useless and unable to stop some people’s behaviour.

A recent TikTok video shows the reckless behavior of two tourists at Reynisfjara beach, who stood dangerously close to the shoreline despite a red warning light being illuminated, narrowly escaping the waves. The tourists turned away from the surf and managed to run back to dry land just in time after a wave crashed in and reached up to their knees.

Despite the fact that the sea below the cliffs has claimed many lives, tourists continue to underestimate the danger. Numerous examples on social media show visitors ignoring warnings and putting themselves at serious risk.

What else could be done ? Nothing I’m afraid. One person has suggested on the social networks that tourists should be told they will not be rescued if they enter the area while the red warning light is on. “There should be a notice saying: ‘Rescue is not possible when the red light is on — enter the beach at your own risk.’”

Source : Iceland Monitor.

As I put it in a previous post (14 December 2025), we are living in the society of records and extremes. Maybe some people need to reassure themselves by showing they have performed a feat of strength ;..which may become a feat of stupidity. As long as these persons put their lives at risk without involving anybody else, it’s ok. But if rescuers are putting their lives at risk for helping them, the problem is diferent.I personally think that the first thing to do is to force these persons to pay for the rescue. The same applies to off-piste skiers when the risk of avalanche is high. After paying hundreds or thousands of euros, they’ll probably think twice before doing it again !