Réchauffement climatique : Macareux en danger ! // Climate change : Puffins at risk !

Les macareux sont en danger. Leur nombre a considérablement diminué, en particulier depuis les années 2000, que ce soit en Islande ou dans d’autres habitats, par exemple sur la côte nord de l’Ecosse. Les causes potentielles du problème sont nombreuses avec, entre autres, la surpêche et la pollution. Les scientifiques affirment aussi que le changement climatique est un autre facteur qui entraîne une diminution de la nourriture des oiseaux et deviendra probablement de plus en plus important avec le temps.
Bien que certaines colonies de macareux prospèrent en Islande où se trouve la plus grande population de l’Atlantique, leur nombre est passé d’environ sept millions d’individus à environ 5,4 millions. Depuis 2015, les oiseaux ont été répertoriés comme «vulnérables» par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature, ce qui signifie qu’il existe un fort risque d’extinction à l’état sauvage.
Les Islandais ont toujours été très attachés aux macareux, que ce soit au niveau culturel ou touristique, et parfois aussi pour leur intérêt culinaire. On peut voir des chasseurs avec de longs filets parcourir l’île de Grimsey et laisser derrière eux des tas de carcasses d’oiseaux dont la poitrine a été retirée. L’Islande a limité la chasse, mais elle accélère certainement le déclin de l’espèce.
En Islande, les macareux souffrent du déclin de leur nourriture préférée, les lançons ou anguilles des sables, que l’on voit pendre du bec des parents quand ils les apportent à leurs poussins. Ce déclin est lié à une augmentation de la température de surface de la mer observée depuis plusieurs années. La température de l’eau de mer en Islande est régie par les cycles de l’oscillation atlantique multidécennale, avec des périodes d’eau plus froide alternant avec des périodes plus chaudes. Entre le cycle froid de 1965-1995 et le cycle chaud actuel, les relevés de température au cours de l’hiver indiquent un réchauffement supplémentaire d’environ un degré Celsius. Cela peut paraître faible, voire négligeable, mais est désastreux pour les lançons. Les scientifiques expliquent que si la température augmente d’un degré, la vitesse de croissance des anguilles se trouve modifiée et donc leur capacité à passer l’hiver. Selon un ornithologue islandais, l’augmentation de la température de la mer provoquée par le changement climatique est «le facteur environnemental clé» du déclin des lançons.
Avec moins d’anguilles dans l’eau, les macareux doivent voler plus loin pour trouver de la nourriture pour eux-mêmes et leurs poussins. Ceci est confirmé par les données des enregistreurs GPS. Voler, pour les macareux, demande une grande débauche d’énergie. Des études montrent que 40% de la population de poussins islandais a perdu du poids au fil du temps. Lorsque les adultes ne peuvent pas attraper assez de lançons pour se nourrir et nourrir les poussins, ils se nourrissent d’abord et les poussins meurent de faim au fond des terriers.

Sources: Iceland Review, The New York Times.

——————————————————-

Puffins are in trouble. The number of birds has been dramatically declining, especially since the 2000s, both in Iceland and across many of their habitats, the northern coast of Scotland, for instance. The potential culprits are many, with overfishing and pollution among others. Scientists say that climate change is another underlying factor that is diminishing food supplies and is likely to become more important over time.

Though some puffin colonies are prospering, in Iceland, where the largest population of Atlantic puffins is found, their numbers have dropped from roughly seven million individuals to about 5.4 million. Since 2015, the birds have been listed as “vulnerable” by the International Union for Conservation of Nature, meaning they face a high risk of extinction in the wild.

The birds are cherished by Icelanders as part of their history, culture and tourist trade — and, for some, their cuisine. Hunters with long nets can be seen tooling around Grimsey Island in the summer, leaving behind piles of bird carcasses, the breast meat stripped away. Iceland has restricted the annual harvest, but hunting is certainly accelerating the decline.

Around Iceland, the puffins have suffered because of the decline of their favorite food, silvery sand eels, which dangle from the parents’ beaks as they bring them to their young. That collapse correlates to a rise in sea surface temperatures that has been observed for years. The temperature of waters around the country is governed by long-term cycles of what is known as the Atlantic Multidecadal Oscillation, with periods of colder water alternating with warmer. Between the 1965-1995 cold cycle and the current warm cycle, winter temperature records show about one degree Celsius of additional warming, a seemingly small amount, but disastrous for the sand eels. Scientists say that if temperatures increase by one degree, the eels’ growth rate is modified and thus their ability to survive the winter. According to an Icelandic ornithologist, an increase in sea temperature brought about by climate change is “the key environmental factor” behind the sand eels’ decline.

Without as many sand eels in the water, the birds have to fly farther to find food for themselves and their chicks. This is confirmed by the data from the GPS loggers. Flying, for puffins, is very demanding; it is a big energy cost for them. Studies show that 40 percent of the population of Icelandic puffin chicks is losing body mass over time. When the adults can’t catch enough to feed themselves and the chicks, they make an instinctive Malthusian choice; the chicks starve and die inside the burrows.

Sources: Iceland Review, the New York Times.

Macareux en Islande  sur la Presqu’île de Tjornes

Macareux sur la côte nord de l’Ecosse

(Photos: C. Grandpey)

Kilauea (Hawaii) Les risques d’une vie sur un volcan actif // Kilauea (Hawaii) : The risks of living on an active volcano

Cela fait 35 ans que le Kilauea est en éruption, plus précisément depuis le 3 janvier 1983 quand le Pu’uO’o s’est réveillé de manière spectaculaire. Le volcan occupe toute la partie sud-est de l’île d’Hawaï. Malgré cela, les habitants des Leilani Estates, bien que vivant dans la zone de danger n°1, une zone menacée par les coulées de lave, se sont souvent trouvés à plusieurs kilomètres du danger.
Cependant, les dernières décennies ont montré que quelque chose était en train de changer, que le danger se rapprochait, et que l’activité éruptive pourrait débarquer un jour ou l’autre dans la subdivision des Leilani Estates. Pendant 30 ans, la lave avait choisi de couler dans le secteur de Kalapana. Puis, en 2014, des coulées ont failli couper en deux la bourgade de Pahoa, ce qui a révélé un changement dans le comportement du volcan. Kalapana est un village construit sur un champ de lave à environ 15 kilomètres au sud-ouest des Leilani Estates, tandis que Pahoa n’est qu’à environ 3 kilomètres au nord de la subdivision.
On a recensé trois coulées de lave dans le secteur des Leilani Estates depuis 1790. L’éruption la plus récente a eu lieu en 1955, avant la construction des subdivisions dans la région. Le volcan s’était fait oublier, jusqu’à ce que sa dernière éruption oblige les habitants à fuir.
La construction des Leilani Estates a été approuvée en 1960, et quelque 1600 personnes vivent dans la subdivision aujourd’hui. C’est une zone majoritairement rurale où les maisons ont des prix relativement abordables, contrairement à celles beaucoup plus chères sur les îles d’Oahu et Maui. Malgré la situation de la subdivision dans une zone où les coulées de lave présentent un risque élevé sur la Grande Ile d’Hawaii, il n’y a pas de restrictions de construction. Aujourd’hui, les habitants croisent les doigts pour que leurs habitations soient épargnées par la lave, mais 26 d’entre elles ont déjà été détruites…

————————————–

Kilauea Volcano has been erupting almost continuously for 35 years, with the Pu’uO’o eruption starting on January 3rd 1983. The volcano takes up the entire southeast portion of the island of Hawaii. Despite this situation, residents of Leilani Estates – though living in Hazard Zone 1, an area most at risk from lava flows – have often been several kilometres away from danger.

However, the past decades showed that something could change and that eruptive activity could occur some day or other in the subdivision. For the last 30 years, lava had been flowing down to Kalapana. Then in 2014, it almost cut Pahoa in half, which revealed a change in the volcano’s behaviour. Kalapana is a small town resting on top of a lava field about 15 kilometres southwest of Leilani Estates. Pahoa, much closer, is only about 3 kilometres to the north.

There have been three lava flows in the Leilani Estates area since 1790. The most recent eruption near the Leilani Estates area was in 1955, before subdivisions were built in the area. The volcano had long been dormant, until its eruption forced villagers in the area to flee.

The construction of Leilani Estates was approved in 1960, and about 1,600 people live in the neighbourhood today. It is a rural area that has offered relatively affordable homes, in contrast with Hawaii’s more expensive real estate on Oahu and Maui. Despite the neighborhood’s position in an area where lava flows are most likely to occur on the island, there are no building restrictions. Today, the residents are crossing their fingers, with the hope that their houses will be spared by the lava, but 26 of them have already been destroyed…

Sud-est de la Grande Ile avec les Leilani Estates (Source: Google Maps)

Les carrières de sable du Mayon (Philippines) // Mt Mayon’s sand quarries (Philippines)

En lisant le Manila Bulletin, l’un des journaux populaires des Philippines, nous apprenons que les carrières de sable et de gravier dans la zone de danger permanent de six kilomètres autour du Mayon n’ont pas arrêté leurs activités. Le Secrétaire à l’Environnement et aux Ressources Naturelles a demandé à leurs exploitants d’arrêter de mettre en péril la santé et la vie de leurs ouvriers. Il a déclaré: « Il semble que ces entreprises soient plus préoccupées par les profits que par le bien-être de leurs ouvriers qui doivent faire face à des conditions de travail pénibles sur les sites miniers pendant l’éruption du volcan. »
Le travail se poursuit malgré les mises en garde de l’Institut Philippin de Volcanologie et de Sismologie (PHILVOCS) qui a déclaré que l’entrée dans la zone de danger permanent était strictement interdite.
Selon le Secrétaire à l’Environnement, le Mayon pourrait projeter de la cendre, de la lave, des roches et des gaz, dangers qui pourraient blesser ou même tuer des gens et détruire des biens. Il a ajouté: «Notre première préoccupation doit être la sécurité et la santé de toutes les personnes menacées par l’éruption du Mayon.» Il a mis en garde contre le danger que représentent les gaz volcaniques, en particulier le dioxyde de soufre (SO2) sur l’environnement et la santé humaine. Il a rappelé que le SO2 pouvait affecter le système respiratoire, en particulier la fonction pulmonaire, et qu’il pouvait irriter les yeux. Pendant ce temps, les autorités locales indiquent que les particules en suspension ont atteint des niveaux « malsains » dans la ville de Ligao, ainsi qu’à Camalig et Guinobatan, où les habitants sont invités à utiliser constamment des masques pour éviter l’exposition aux poussières nocives.
Source: Manila Bulletin.

Le problème du travail dans les carrières pendant une éruption volcanique n’est pas propre au Mayon. Sur l’île de Bali, les carrières de sable ont continué à fonctionner malgré l’éruption de l’Agung. Il en est de même sur les pentes du Merapi sur l’île de Java où l’on continue à extraire du sable et du gravier, même si l’activité est en cours sur le volcan. Si c’était au Japon ou aux États-Unis, la sécurité passerait en premier et les carrières seraient fermées dans des situations similaires. En Asie, les lois sont différentes, quand elles existent! De plus, la notion de vie et de mort n’est pas la même.

—————————————-

Reading the Manila Bulletin, one of the popular newspapers of the Philippines, we learn that sand and gravel quarry companies operating within the six-kilometre permanent danger zone surrounding Mayon Volcano have not stopped their activities. The Environment and Natural Resources Secretary has asked their managers to stop risking the health and lives of their workers. Said he: “It seems that these companies are more concerned with profits than the welfare of their workers who endure the punishing conditions at the mining sites amid the volcanic eruption.”

The work is continuing despite the warnings of the Philippine Institute of Volcanology and Seismology (PHILVOCS) that entry into the permanent danger zone is strictly prohibited.

According to the Secretary, Mt Mayon could blast ash, lava, solid rocks and gases into the air, creating hazards that could hurt or even kill people and destroy property. He added: “Our primordial concern must be the safety and health of all people affected by the eruption of Mayon Volcano.” He earlier warned against the negative impacts of volcanic gases, particularly sulphur dioxide (SO2), on the environment and human health. He reminded that SO2 could affect the respiratory system, particularly lung function, and can irritate the eyes. Meantime, local authorities indicate the total suspended particulates (TSP) have reached “unhealthy levels” over Ligao City and the municipalities of Camalig and Guinobatan where residents are advised to constantly use face masks to avoid exposure to harmful dust that may compromise their respiratory health.

Source: Manila Bulletin.

The problem of work in quarries during an eruption is not proper to Mayon. On the island of Bali, sand quarries have kept working despite the eruption of nearby Mt Agung. It is the same on the slopes on Mt Merapi on the island of Java where sand and gravel are still mined, even though activity is reported on the volcano. If it was in Japan or in the United States, safety would come first and the quarries would be closed in similar situations. In Asia, laws are different, if they ever exist!. Besides, the notion of life and death is not the same.

Les nuées ardentes sont l’une des principales menaces pour les ouvriers qui travaillent dans les carrières sur les pentes du Mayon (Crédit photo: Wikipedia)

Ours polaires et morses en danger // Endangered polar bears and walruses

Signe évident du réchauffement climatique, quelque 200 ours polaires se sont rassemblés en septembre 2017 sur l’île Wrangel, dans la mer des Tchouktches, dans l’extrême-orient russe. Ils s’étaient rassemblés pour dépecer la carcasse d’une baleine venue s’échouer sur la rive. Le groupe d’ours comprenait de nombreuses familles, dont deux mères suivies chacune par quatre oursons.

Pour les scientifiques, cette situation illustre bien les conséquences du réchauffement climatique. La hausse des températures provoque la fonte des glaces plus tôt dans l’année, et pousse ainsi les populations d’ours polaires de l’Arctique à passer plus de temps sur la terre ferme. Ces animaux se rapprochent alors dangereusement des villages.

Les ours viennent traditionnellement se rassembler et se reposer sur l’île Wrangel entre les mois d’août et de novembre, après la fonte des glaces et avant de pouvoir repartir à la chasse aux phoques. C’est également la principale zone de l’océan Arctique où ils donnent naissance à leurs petits.

Aujourd’hui, les ours polaires passent en moyenne un mois de plus sur l’île qu’il y a 20 ans. Au cours de l’automne 2017, les observateurs en ont recensé 589, soit plus du double des estimations précédentes.

Des observations identiques sont faites sur le comportement des morses, autre espèce animale de l’Arctique menacée par le réchauffement climatique. Tout comme les ours sur l’île Wrangel, les morses se rassemblent par milliers sur une plage près de Point Lay, en Alaska, vers la fin du mois d’août. En cause, la fonte de la banquise qui prive ces animaux de nourriture et de refuge et les pousse à s’entasser sur cette petite île.

Ces rassemblements sont de plus en plus fréquents. En 2014, quelque 35 000 animaux se sont regroupés sur cette même plage, fin septembre, mais c’est la première fois en 2017 que ce phénomène se produit si tôt dans l’année.

Ces rassemblements s’avèrent dangereux pour les morses du Pacifique, qui manquent de nourriture et peuvent développer des maladies. Certains risquent en outre d’être écrasés par leurs congénères si le groupe décide de se déplacer subitement, par exemple lors du passage d’un avion.  .

Les morses se hissent habituellement sur la glace pour chasser leur nourriture. Ils plongent à partir de blocs de glace flottants pour se nourrir de palourdes sur le fond de l’océan. À mesure que la banquise fond, cet habitat se déplace vers le nord, au-delà des eaux peu profondes du plateau continental et dans les eaux arctiques trop profondes pour les animaux en quête de nourriture. Puis ils s’échouent sur le rivage, se serrant les uns contre les autres, parfois par milliers, où des bousculades meurtrières peuvent se produire.
En septembre 2017, environ 2 000 morses se trouvaient près de la plage de Point Lay. Les échouages ​​massifs de morses ont été observés pour la première fois au large de Point Lay en 2007, lorsque l’étendue des glaces de mer arctiques a chuté de 1,5 million de kilomètres carrés en dessous de la moyenne – une superficie équivalente à celle de l’Alaska et du Texas réunis.
Les efforts du président Trump pour se retirer de l’accord climatique de Paris et pour ouvrir l’Arctique aux forages gaziers et pétroliers aggraveront la perte de glace de mer et d’autres menaces pour les morses du Pacifique.

Sources: France Info, Anchorage Daily News.

———————————————–

An obvious sign of global warming, some 200 polar bears gathered in September 2017 on Wrangel Island in the Chukchi Sea in the Russian Far East. They gathered to feed on the carcass of a whale that had washed up on the shore. The bear group included many families, including two sows, each of whom was followed by four cubs.
For scientists, this situation is a good illustration of the consequences of global warming. Rising temperatures are causing the ice to melt earlier in the year, pushing Arctic polar bear populations to spend more time on dry land. These animals are then coming dangerously close to the villages.
Bears traditionally come together and rest on Wrangel Island between August and November, after the ice melts and before they can go back to the seal hunt. It is also the main area of ​​the Arctic Ocean where they give birth to their young.
Today, polar bears spend an average of one month more on the island than 20 years ago. In the fall of 2017, observers counted 589, more than double the previous estimates.

Similar observations are made on the behaviour of walruses, another Arctic animal species threatened by global warming. Just like the bears on Wrangel Island, walruses congregate by the thousands on a beach near Point Lay, Alaska, in late August. This is because the melting ice pack deprives these animals of food and shelter and pushes them to pile up on this small island.
These gatherings are more and more frequent. In 2014, some 35,000 animals gathered on the same beach in late September, but this is the first time in 2017 that this phenomenon occurs so early in the year.
These gatherings are dangerous for Pacific walruses, who lack food and can develop diseases. Some may also be crushed by their peers if the group decides to move suddenly, for example because of the noise made by a passing plane. .
Walruses usually hunt on the ice to look for food. They dive from floating ice blocks to feed on clams on the bottom of the ocean. As the pack ice melts, this habitat moves northward beyond the shallow waters of the continental shelf and into Arctic waters that are too deep for foraging animals. Then they run aground on the shore, huddling against each other, sometimes by the thousands, where deadly jostling can happen.
As of September 2017, about 2,000 walrus were found near Point Lay beach.  Massive landings of walruses were observed for the first time off Point Lay in 2007, when the extent of Arctic sea ice dropped by 1.5 million square kilometers below average – an area equivalent to that of Alaska and Texas combined.
President Trump’s efforts to withdraw from the Paris climate agreement and open the Arctic to oil and gas drilling will increase the loss of sea ice and other threats to Pacific walruses.

Sources: France Info, Anchorage Daily News.

Photo: C. Grandpey

Image webcam: Round Island (Alaska)

Des prêtres au sommet de l’Agung (Bali / Indonésie) // Priests at the summit of Mt Agung

En raison de la menace d’une éruption «imminente» de l’Agung, une zone d’exclusion de 9 à 12 km avec évacuations de ses habitants a été mise en place autour du volcan. Les autorités balinaises ont rappelé que toute personne qui se rendrait au sommet du Mont Agung mettrait sa vie en péril. Ce rappel a été fait après qu’un groupe de prêtres se soit rendu au sommet du volcan pour y déposer des offrandes.
L’un des prêtres a déclaré qu’un dieu lui avait parlé alors qu’il se trouvait dans un centre d’hébergement à Puri Boga et lui avait dit de monter faire une offrande.
L’Agence nationale de gestion des catastrophes a insisté à plusieurs reprises pour que la population ne pénètre pas dans la zone interdite qui est signalée par des panneaux. Si une éruption soudaine se produit et que des gens se trouvent dans la zone interdite, le danger ne sera pas seulement pour eux, mais aussi pour l’équipe de sauveteurs qui viendra leur porter secours.
L’un des prêtres a déclaré que le gouvernement avait raison de dissuader les gens de s’approcher du volcan. Si un  être humain lui avait ordonné d’aller au sommet, il aurait refusé même si on lui avait offert l’équivalent de trois voitures. Mais c’est un dieu qui lui a suggéré de faire une offrande et il a obéi pour que les Balinais soient en sécurité. L’une des photos montre un prêtre, les jambes croisées, avec des offrandes placées à côté de lui sur un rocher. Les prêtres ont dit que les oiseaux continuaient à chanter sur la montagne et qu’il y avait beaucoup de singes.
L’un des prêtres a expliqué que la vapeur émise par le cratère sentait le soufre et qu’il était effrayé par le bruit. Quand il a entendu « le bruit d’une vague », il a eu très peur. S’il n’avait pas été poussé à aller au sommet de la montagne par « quelque chose de plus haut que le gouvernement », il ne l’aurait pas fait.
La police de Besakih, localité située dans la zone dangereuse, a exhorté le public à ne pas imiter les prêtres, en rappelant à la population que la zone était interdite. Les prêtres n’ont pas été arrêtés parce qu’ils n’ont pas commis un véritable délit.
Le directeur adjoint de l’Agence nationale de gestion des catastrophes a déclaré qu’il réexaminerait le système de protection et de sécurité pour les habitants. Une fois que le niveau d’alerte a été élevé à son maximum le 22 septembre, personne n’était autorisé à pénétrer dans la zone de sécurité de neuf kilomètres.
Source: Sydney Morning Herald.

—————————————

Because of the threat of an “imminent” eruption of Mt Agung, a 9-12-km exclusion zone with evacuations of its residents has been set up around the volcano. Balinese authorities have warned anyone who visits the peak of Mount Agung volcano is putting lives at risk after a group of priests trekked to the summit to make offerings.

One of the priests said a god spoke to him when he was staying at an evacuation centre in Puri Boga and told him to go up and make an offering.

The National Disaster Management Agency has repeatedly urged people to stay away from danger with signs marking the exclusion zone. If a sudden eruption happened and people were in the forbidden zone, the danger is not for them alone but also the search and rescue team who would have had to rescue them.

One of the priests who reached the summit said the government was right to warn people to stay away. If a human had ordered him to go to the peak he said he would have refused even if he was offered the equivalent of three cars. But he was requested to make an offering by a god and he did just that because he wanted the people of Bali to be safe. Photos of the trek show another cross-legged priest with offerings placed next to him on a rock. The priests said the birds were still chirping on the mountain and they saw plenty of monkeys.

One of the priests explained the steam smelt of sulphur and he was frightened by the noise. When he heard “the sound like a wave”, he was scared. If he had not been told to go to the summit of the mountain by “something higher up than the government”, he would not have gone up there.

The Besakih police, an area in the danger zone, urged the public not to copy the actions of the priests, reminding the population that the area was forbidden. However, the priests were not arrested because they had not committed an actual crime.

The National Disaster Management Agency’s deputy director said it would evaluate the protection and security system for locals. Once the highest alert status was imposed on September 22nd, there should have been no one within the nine kilometre zone.

Source : Sydney Morning Herald.

Le cratère de l’Agung le 30 septembre 2017 (Crédit photo: Jero Mangku Ada)

Agung mon amour // Mt Agung, we love you!

L’histoire est toujours la même lorsqu’une éruption se produit ou est sur le point de se produire en Indonésie. Les autorités indonésiennes en charge de la protection civile ont souvent du mal à convaincre les habitants de partir. Certains refusent obstinément de quitter la zone dangereuse parce qu’ils sont inquiets pour leur bétail. D’autres insistent farouchement pour rester dans leurs villages parce qu’ils veulent s’occuper de leurs plantations et ont peur que leurs maisons soient pillées pendant leur absence. Dans certains cas, l’échec de l’évacuation s’est avéré fatal. Par exemple, des dizaines de villageois ont été tués par l’éruption du Merapi sur l’île de Java en 2010 après avoir refusé de partir, à cause de leur bétail. Dans la culture indonésienne, les gens ont une relation très spéciale avec le bétail. En 2010, j’ai expliqué cette relation dans un article intitulé « Merapi mon amour ».
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2010/10/31/merapi-mon-amour/

À midi, le 26 septembre 2017, 75 673 personnes vivant dans la zone rouge autour de l’Agung avaient été évacuées*. Le nombre d’évacués diminue pendant la journée et augmente pendant la nuit. En effet, au cours de la journée, beaucoup retournent dans leurs villages pour nourrir leur bétail et s’occuper de leurs plantations. La nuit, ils reviennent dormir dans les abris temporaires.
Un villageois évacué explique que sa maison se trouve dans le village de Sebudi, à environ 6 km du cratère, donc à l’intérieur de la zone dangereuse. Malgré tout, il dit qu’il oublie sa peur de l’éruption pour le bien de sa famille, même si les séismes d’origine tectonique et volcanique deviennent plus fréquents chaque jour. Par mesure de sécurité, les villageois de Sebudi ont été les premiers à être évacués lorsque le niveau d’alerte de l’Agung a été élevé à son maximum.
Un autre villageois a refusé d’évacuer ses cinq petits-enfants. Il explique qu’ils ont des bicyclettes et quand l’Agung entrera en éruption, « ils pourront s’enfuir très vite et faire la course avec les coulées pyroclastiques ». (!)
Il y a aussi la conviction de certains que le volcan n’entrera pas en éruption dans un proche avenir. Un villageois a déclaré qu’ »il n’y a que des tremblements ; aucune fumée blanche et aucune flamme n’ont été vues comme en 1964. » Il a été témoin de la dernière éruption au cours de laquelle son père et ses trois neveux ont été tués par un lahar.
Un responsable de la Protection Civile a déclaré que pendant le processus d’évacuation, il avait été étonné par l’esprit de générosité manifesté par les villages en dehors de la zone dangereuse. Il a comparé ce comportement à celui des Japonais en cas de catastrophe naturelle. Les villageois ont prêté leurs pâturages pour le bétail des évacués et quelque 2000 vaches ont été accueillies, de sorte que les paysans n’ont pas besoin de risquer leur vie en revenant chez eux pour nourrir leur bétail. Certains ont ouvert leurs maisons pour accueillir les évacués et les ont nourris.
Pour la plupart des Balinais, le Mont Agung est la montagne sacrée qui leur donne la vie. Ils sont persuadés que le volcan n’entre pas en éruption sans raison valable. Après l’éruption, les gens qui vivent sur ses pentes reviennent chez eux où ils trouvent une terre encore plus fertile. Pour eux, quand quelqu’un est tué pendant l’éruption, c’est une sorte d’invitation des dieux à les suivre. C’est l’une des raisons pour lesquelles certains villageois préfèrent rester dans leur village, même si une éruption est imminente.
Source: Presse indonésienne.

*Le nombre de personnes évacuées atteint 134 200 le 28 septembre.

———————————

The story is always the same when an eruption is occurring or about to occur in Indonesia. Convincing local residents to evacuate is a problem frequently faced by Indonesian disaster management authorities. Some residents stubbornly refuse to leave the danger zone because they are worried about their livestock. Others fiercely insist on staying in their villages because they want to take care of their plantations and worry that their houses might be looted. In some cases, failure to evacuate has proved fatal. For instance, scores of villagers were killed by the eruption of Mt.Merapi in Central Java in 2010 after refusing to evacuate over concerns for their cattle. In Indonesian culture, people have special relationship with their cattle. In 2010, I explained this relationship in a post entitled “Merapi mon amour”.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2010/10/31/merapi-mon-amour/

As of noon on September 26th, a total of 75,673 residents living within the red zone had been evacuated*. Uniquely, the number of evacuees declines in the daytime and goes up again at night. In the daytime, many return to their villages to feed their cattle and check their plantations. At night, they return to their temporary shelters.

One evacuee explains that his house is located in the village of Sebudi, only about 6 km from the crater, inside the danger zone. But he had to put aside his fears of possible eruption for the sake of his family’s assets, although tectonic and volcanic earthquakes are getting more frequent every day. Villagers in Sebudi were the first to be evacuated after Mt. Agung’s status was raised to top alert because it was the closest to the volcano.

Another villager refused to evacuate his five grandchildren. He explains that they have bicycles and when Mt. Agung erupts, “they can run away very fast, racing with the hot clouds.”

There is also some people’s conviction that the volcano will not erupt in the near future. One villager said that “only tremors occur and no white smoke or flame of fires has been seen like in 1964.” He witnessed the last eruption in which his father and three nephews were killed by being buried by a lahar.

A Civil Defence official said that during the process of evacuation, he was astonished by the spirit of generosity showed by unaffected villages outside the danger zone, likening what they did to what Japanese people are known to do in cases of natural disasters. They lent their land for the evacuees’ cattle with about 2,000 cows having been accommodated, so the latter don’t need to risk their lives, returning home to feed their cattle. Some opened their houses to accommodate evacuees and cooked food for them.

For most Balinese Hindus, Mt. Agung is the most sacred mountain that provides them life. They believe the volcano does not erupt without good reason and after it does, people living on its slopes return home to till their land which has become more fertile as a result. And when someone is killed during the eruption, it is a kind of sign from Gods to follow them. This is a reason why some villagers prefer to stay at their village even though an eruption is imminent.

Source: Indonesian press.

*The number of evacuees reached 134,200 on September 28th.

Crédit photo: Wikipedia

 

A l’attention de ceux qui vont se rendre au Vanuatu // For the attention of those who will go to Vanuatu

INFORMATION IMPORTANTE.

Le Geohazards Department indique qu’il a enregistré des changements significatifs dans l’activité volcanique et a fait passer de deux à trois le niveau d’alerte pour Ambrym . Il est possible que cette hausse de l’activité se solde par une éruption mineure et tous les visiteurs sont fortement invités à garder une distance d’au moins deux kilomètres par rapport au cratère du Benbow et trois kilomètres par rapport à celui du Marum.
Le Département ajoute qu’«il est très important que les communautés, les villages, les visiteurs et les agences de voyages considèrent très sérieusement cette information pour éviter les bombes volcaniques, les gaz, les cendres et autres dangers liés à des activités géothermales».
Une carte montrant les zones à risques à Ambrym figure ci-dessous.

———————————

IMPORTANT INFORMATION.

The Geohazards Department indictes it has recorded drastic changes in the volcano’s activity and has increased the alert level for Ambrym from two to three. There is a possibility the increased activity might result in a minor eruption and all visitors are strongly advised to keep a distance of at least two kilometres from the Benbow crater and three kilometres from the Marum crater.

The Department adds that “it is very important that communities, villages, visitors and travel agencies seriously consider this information to avoid volcanic projectiles, gases, ashes and other geo-thermal hazards”.

A safety map of Ambrym volcano can be found here below.

Zones à risques autour du Marum et du Benbow

 (Source: Vanuatu Meteorology and Geohazards)