Islande : Des forages à grande profondeur contre le réchauffement climatique ? // Iceland : Deep drilling to combat global warming ?

Cela fait plusieurs années que les Islandais travaillent sur un projet visant à produire de l’électricité grâce à la chaleur du magma. Dans plusieurs articles rédigés sur ce blog en 2016 et 2017, j’expliquais qu’un forage étaie en cours à 5 kilomètres de profondeur dans d’anciennes coulées de lave de la péninsule de Reykjanes. Ce forage, qui avait commencé le 12 août 2017, faisait partie de l’Iceland Deep Drilling Project (IDDP). L’objectif final du projet était d’atteindre 5 km de profondeur, là où la roche en fusion se mélange à l’eau. Avec la chaleur et la pression extrêmes, l’eau se transforme en « vapeur supercritique » et est susceptible de produire une énorme quantité d’énergie. L’idée est que lorsque la vapeur sera transférée à la surface et convertie en électricité, elle produira jusqu’à 10 fois plus d’énergie que les forages géothermiques classiques.
Un article paru en novembre 2024 nous rappelle que le magma terrestre peut produire suffisamment de chaleur pour générer de l’énergie géothermique sans pollution atmosphérique susceptible de réchauffe la planète, si on parvient à l’exploiter avec succès. C’est pourquoi les scientifiques prévoient de procéder à un forage dans le sol islandais pour étudier les conditions qui y règnent. Environ 800 millions de personnes dans le monde vivent à une centaine de kilomètres d’un volcan actif. Si les scientifiques parvenaient à comprendre comment on peut utiliser cette ressource naturelle, cela pourrait changer la donne en matière d’approvisionnement énergétique à l’échelle de la planète. En théorie, le potentiel est illimité.
Le projet islandais consiste à commencer à faire des forages pour approcher les poches de magma à un température de 980 degrés Celsius. Après plusieurs tests au cours des dernières années, un nouveau forage devrait avoir lieu en 2027. Dans une première phase, les scientifiques placeront des capteurs dans le sous-sol pour mieux connaître les mouvements, la pression et la chimie du magma.
La chambre magmatique se trouve à plus de 2 040 mètres sous la surface. Une fois atteinte, un petit orifice sera percé pour pénétrer dans le magma en fusion. La chaleur extraite par cette technologie,peut être utilisée pour produire de l’électricité à la surface de la Terre à l’aide d’une turbine à vapeur dans un cycle continu.
Bien que ce procédé soit plus coûteux que la technologie géothermique classique, les puits de forage et le magma, beaucoup plus profonds, génèrent beaucoup plus de chaleur, ce qui nécessite moins de forages pour produire une énergie significative. Deux forages de magma pourraient remplacer les 18 forages géothermiques conventionnels qui fournissent de l’électricité à 30 000 foyers islandais.
Les innovations géothermiques progressent également à travers d’autres projets étonnants dans le monde. Par exemple, Quaise Energy, une société basée dans le Massachusetts aux États-Unis, a l’intention de forer 20 km dans la Terre pour exploiter ce qu’elle appelle une « source d’énergie d’un million d’années ». Le résultat pourrait être une énergie abondante avec beaucoup moins de répercussions sur le réchauffement de la planète.
À l’avenir, la côte californienne, le Japon et même la Méditerranée sont quelques-uns des sites envisagés pour produire de l’énergie à partir du magma. La première étape consistera à mieux comprendre comment fonctionnent les volcans sur Terre, ce qui est loin d’être le cas actuellement. Comme l’a dit un scientifique, « nous observons le ciel, nous dépensons des milliards et des milliards de dollars pour comprendre les planètes lointaines, mais nous ne dépensons pas autant pour comprendre la nôtre. »

Source : Inspiré d’un article paru dans Yahoo Actualités.

Principe du forage géothermique à grande profondeur (Source: BBC)

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Icelanders have been working for several years on a project to generate electricity with the heat of magma. In several posts written in 2016 and 2017, I explained that a rig was drilling 5 kilometres into the old lava flows in Iceland’s Reykjanes Peninsula. It was part of the Iceland Deep Drilling Project (IDDP). The drilling had begun on August 12th, 2017. The final goal of the project was to reach 5 km down because at this depth, molten rock mixes with water. With the extreme heat and pressure, the water becomes « supercritical vapour » and holds a huge amount of energy. The idea is that when the steam is brought back to the surface and converted into electricity, it will create up to 10 times as energy as conventional geothermal wells.

A recent article reminds us that Earth’s magma can produce enough heat to create geothermal power without planet-warming air pollution if it can be successfully tapped. That’s why experts are planning to drill into Iceland’s ground to study the conditions below. About 800 million people live within approximately 100 kilometers from an active volcano. If scientists can figure out how to utilize this natural resource, it could be game-changing for worldwide power supplies. Basically, the potential is limitless.

The plan in Iceland is to start boring holes into the ground to tap the 980-degree Celsius magma reserves. After several tests in the past years, the initial one is set to be drilled in 2027. In a first phase, the experts will put sensors in the subterranean magma, gaining knowledge of its movements, pressure, and chemistry.

The magma chamber is more than 2,040 meters below the surface. Once at the chamber, a smaller hole is used to enter the molten magma. Heat pulled from the environment can be used to generate electricity on the surface using a steam turbine in a continuous cycle.

While it’s a more expensive process than current geothermal technology, the much deeper wells and magma generate far greater heat, requiring fewer boreholes to make significant power. Two magma boreholes could replace 18 conventional geothermal ones in Iceland that supply electricity to 30,000 households.

Geothermal innovations are advancing in other amazing projects around the world, as well. For instance, Massachusetts-based Quaise Energy in the U.S. intends to drill 20 km into the Earth to tap what it calls a « million-year energy source. » The result could be abundant energy with far fewer planet-warming repercussions.

In the future, the California coast, Japan, and even locations in the Mediterranean are some of the places being eyed as magma-based energy sites. The first step is to better understand Earth’s powerful volcanoes. As one scientists put it, « we are looking into the sky, we are spending billions and billions of dollars to understand planets far away, but we do not spend nearly as much on understanding our own. »

Source : After an article published in Yahoo News.

Meilleure compréhension du stockage et de la migration du magma dans l’East Rift Zone du Kilauea // Better understanding of magma storage and migration in Kilauea’s East Rift Zone.

L’éruption sur la Middle East Rift Zone du Kilauea qui a débuté le 15 septembre 2024 près du Nāpau Crater s’est terminée le 20 septembre. Un nouvel épisode de la série « Volcano Watch » du HVO est consacré à la compréhension du stockage et de la migration du magma dans l’East Rift Zone du Kilauea.
L’article nous rappelle que lorsque les signaux sismiques se déplacent dans le sol, ils sont influencés par la structure interne d’un volcan, notamment la présence de magma et/ou de zones de faille. Ces structures peuvent accélérer ou ralentir la propagation des ondes sismiques enregistrées par les sismomètres. Les sismologues peuvent utiliser ces données pour créer des images de l’emplacement du magma et suivre son parcours sous la surface.
Le HVO dispose d’environ 80 sismomètres permanents sur l’île d’Hawaï. L’utilisation des données fournies par ces sismomètres permanents permet d’obtenir une image globale mais peu précise des zones de stockage du magma.
En revanche, si les sismomètres à la surfaces ont plus nombreux, ils peuvent capter davantage d’ondes sismiques traversant les régions de stockage de magma, ce qui donnera une image plus précise du sous-sol.
Fin juin 2024, des sismologues de l’ETH (Eidgenössische Technische Hochschule) de Zurich et de l’Observatoire Volcanologique d’Hawaï (HVO) ont déployé 115 petits sismomètres portables dans l’East Rift Zone du Kilauea. Ce travail a donc été effectué un peu avant le début de la dernière activité éruptive.

Carte montrant les sismos portables temporaires déployés dans l’East Rift Zone du Kilauea (triangles rouges). Les séismes enregistrés dans cette zone entre le 1er juillet et le 22 septembre sont représentés par des points noirs. La caldeira sommitale du Kīlauea, est délimitée en magenta. La ligne bleue tracée entre deux sismos portables indique la zone où les changements de vitesse ont été calculés. La zone grisée correspond approximativement à l’East Rift Zone. (Source : HVO)

Les données enregistrées sur ces sismos portables seront utilisées pour obtenir une image de l’emplacement et du volume de magma dans l’East Rift Zone à un niveau de détail qui n’était pas possible auparavant. Le modèle ainsi obtenu aidera les scientifiques à mieux comprendre les risques volcaniques dans cette région.
Compte tenu du calendrier de leur installation, les sismos portables ont enregistré des événements associés aux intrusions magmatiques dans le rift est en juillet et août, ainsi qu’à l’éruption dans la Middle East Rift Zone du 15 au 20 septembre.
Grâce à leur densité sur le terrain, ces petits sismomètres continuent d’enregistrer les événements sismiques en octobre. Les sismologues de l’ETH Zürich et du HVO collaborent actuellement pour analyser les premières données déjà collectées de fin juin à fin août. Pour effectuer ce travail, les scientifiques utilisent l’interférométrie sismique par corrélation du bruit ambiant. Cet instrument tire parti des signaux sismiques continus créés par l’interaction entre les houles océaniques et la croûte océanique. Il a ainsi pu identifier ce qui s’est passé sous la surface avant l’éruption du mois de septembre

En se déplaçant à travers un volcan, le magma ouvre et ferme des systèmes de fractures, ce qui provoque des changements dans la vitesse à laquelle se déplacent les signaux de bruit océanique à travers le sol. Les scientifiques peuvent contrôler ces signaux de bruit océanique pour détecter des signes d’accumulation de magma sous la surface. Le bruit océanique qui se déplaçait à travers le sol sous l’Upper East Rift Zone du Kilauea entre début juillet et fin août 2024 a montré des changements au moment où le magma a commencé à pénétrer dans cette zone. Le changement le plus spectaculaire a été une diminution rapide de la vitesse qui a commencé le 21 juillet, indiquant l’ouverture de fractures en raison d’une intrusion magmatique dans cette région. Au même moment, des essaims sismiques se produisaient en raison des contraintes créées par l’intrusion magmatique dans le sous-sol.

Le graphique du haut montre l’évolution de la vitesse des ondes sismiques et le nombre d’événements de juillet à la mi-août sur le Kilauea. Le graphique du bas montre le nombre de séismes au cours de la même période. La ligne magenta en pointillés indique l’ouverture de fissures et de fractures au début de l’intrusion magmatique dans l’East Rift Zone. La diminution continue de la vitesse sismique observée à droite de la ligne magenta reflète l’intrusion magmatique dans la région.(Source : HVO)

Cet exemple montre comment l’interférométrie sismique par corrélation du bruit ambiant, ainsi que d’autres ensembles de données de surveillance des volcans, peuvent être utilisés pour comprendre les changements qui se produisent sous la surface. L’exemple ci-dessus concerne les changements de vitesse enregistrés par un petit nombre de sismos portables. Une analyse future sera effectuée à partir de l’ensemble du réseau de 115 instruments. Elle permettra de mieux discerner la zone où le magma a migré à travers l’East Rift Zone dans la période qui a précédé l’éruption de septembre 2024.
Source : USGS / HVO.

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The Middle East Rift Zone eruption that began September 15th, 2024 near Nāpau Crater ended on September 20th. A new episode of HVO’s series « Volcano Watch » is dedicated to the understanding of magma storage and migration in Kilauea’s East Rift Zone.

The article reminds us that as signals created by earthquakes move through the ground, they are influenced by the structure of a volcano, including the presence of magma and/or fault zones. These structures can cause the seismic waves to travel faster or slower, which is recorded on seismometers. Seismologists can use that data to create images of where magma is located and track its underground path.

The HVO has about 80 permanent seismometers on the Island of Hawaii. Using only data from these permanent seismometers provides a fuzzy picture of underlying magma storage structures.

However, if the number of seismometers at the surface is increased, more of the seismic waves traveling through regions of magma storage will be recorded, yielding more accurater picture of the subsurface.

In late June 2024, seismologists from ETH (Eidgenössische Technische Hochschule) Zürich and the Hawaiian Volcano Observatory deployed 115 seismic nodes – tiny, portable seismometers – across Kīlauea’s East Rift Zone. It was before the latest significant unrest began.

Data recorded on these nodes will be used to image the location and volume of magma within the East Rift Zone at a level of detail not previously possible, and the resulting model will help scientists better understand the volcanic hazards in this region.

Given the timeline of their deployment, the nodes recorded earthquakes associated with intrusions of magma into the East Rift in July and August, as well as the September 15-20 Middle East Rift Zone eruption.

These densely spaced seismic instruments will continue to record through October. ETH Zürich and HVO seismologists are now working together to analyze data from the nodes already collected from late June through late August. To perform this work, the scientists are using an analysis tool called ambient noise interferometry, which takes advantage of continuous seismic signals created through the interaction between ocean swells and the ocean crust, to identify what was happening below the surface leading to the September eruption.

Magma moving through a volcano opens and closes fracture systems causing changes in the speed at which ocean noise signals travel through the ground. Scientists can monitor these ocean noise signals for signs that magma is accumulating beneath the surface. Ocean noise traveling through the ground below the Upper East Rift Zone of Kilauea between early July and late August 2024 showed changes as magma began to enter this area. The most dramatic change that was observed was a rapid velocity decrease that began on July 21st, indicating the opening of fractures because of magmatic intrusions in this region. At the same time, swarms of earthquakes were occurring because of stresses created from intrusion of magma into the subsurface.

This example shows how ambient noise interferometry, along with other volcano monitoring datasets, can be used to understand the changes occurring beneath the surface of a volcano. While this example focuses on changes in velocity at a single pair of nodes, future analysis will be carried out for the entire 115 instrument array. This analysis will contribute to the understanding of where magma migrated across the East Rift Zone in the time leading to the September 2024 eruption.

Source : USGS / HVO.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

En Islande, la question est maintenant de savoir où se produira la prochaine éruption. Selon les volcanologues islandais, il est probable que de la lave émergera à nouveau quelque part le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkur, mais on ne sait jamais. Selon un des scénarios du Met Office, la prochaine éruption pourrait se produire au nord-est du mont Stóra-Skógfell. Le terrain est difficile dans ce secteur et l’une des difficultés serait de protéger la Reykjanesbraut.

Le soulèvement du sol se poursuit sous Svartsengi, à un rythme semblable à celui qui a précédé les dernières éruptions.

Cinq éruptions se sont déjà produites le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkur, et la lave vient buter contre les digues de protection presque de tous les côtés. La question est de savoir si ces barrières seront capables de retenir des volumes de lave plus importants. Des débordements ont été observés dans le passé. Cinq entreprises ontparticipé à l’édification des digues de terre. Le coût des travaux est estimé à environ 47 millions d’euros.

La ville de Grindavík devrait bientôt être à nouveau accessible. Elle est actuellement soumise à un contrôle d’accès strict, avec des points de contrôle sur toutes les routes. Les installations de sécurité dans la ville devraient être terminées d’ici le milieu du mois d’octobre. Des travaux sont en cours pour renforcer les clôtures et combler les fissures dans le sol. Une fois le travail terminé, quelque 7 kilomètres de clôtures seront installées pour interdire l’accès aux zones dangereuses, notamment Víkurbraut, la rue principale de la ville qui est parcourue par une grande fissure. Malgré le soulèvement continu du sol sous Svartsengi, les autorités estiment qu’il est désormais possible de rendre la ville accessible. L’avenir nous dira si elles ont raison de le faire.
Source : Iceland Review.

Grindavik, une ville meurtrie (Crédit photo: Protection Civile)

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Une séquence d’événements a été observée sur le Stromboli (Sicile) aux premières heures du dimanche 6 octobre 2024, avec une forte explosion au niveau du Cratère Nord qui est actuellement le plus actif sur la terrasse cratèrique. Cette éruption a donné naissance à une coulée de lave le long de la Sciara del Fuoco. Une activité de spattering a été observée dans les heures suivantes. La coulée de lave est restée confinée à la partie supérieure de la Sciara, et s’est accompagnée d’une diminution progressive du tremor volcanique qui est redescendu à un niveau moyen.

Un événement semblable s’est produit le 8 octobre 2024. Il a entraîné un débordement de lave qui a progressivement diminué au matin du 9 octobre avant de s’intensifier à nouveau.
Pour rappel, l’accès au Stromboli n’est autorisé qu’avec les guides locaux jusqu’à 400 mètres d’altitude et librement jusqu’à 250 m. L’accès au sommet est strictement interdit.
Source : INGV.

 

Image thermique de la coulée de lave du 8 octobre (Source : INGV)

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Le Kilauea (Hawaï) n’est pas en éruption. Certaines personnes ont cru voir une nouvelle sortie de lave ces derniers jours alors qu’il s’agissait d’un incendie de végétation en cours à proximité du site du dernier événement près du Nāpau Crater dans le Parc national des volcans d’Hawaï. Les images de la webcam du HVO montraient un panache dans la partie sud du cratère. La nuit, une incandescence intermittente était également visible dans la même zone, au sud des bouches actives du 15 au 20 septembre 2024. Les différents paramètres n’ont pas indiqué qu’une éruption se produisait, et un survol a confirmé que le panache et la lueur étaient dus à un petit incendie de végétation.
Source : HVO.

 

Le panache que l’on aperçoit au fond à gauche sur cette image webcam a causé la confusion.

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Au Kamchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste Orange pour le Karymsky, le Sheveluch et l’Ebeko. Elle reste Jaune pour le Bezymianny, après quelques heures à l’Orange.
Source : KVERT.

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Une hausse d’activité est actuellement observée sur le volcan Iwatesan (arc volcanique nord-est du Japon). Depuis février 2024, les données instrumentales montrent une inflation centrée dans les parties les plus profondes du volcan. La fréquence des séismes d’origine volcanique est élevée depuis avril 2020. Le nombre de petits événements près de Kurokurayama a commencé à augmenter en mai et cette sismicité s’est intensifiée fin juillet. Les images INSAR révèlent une inflation très peu profonde près d’Ojigokudani (caldeira d’érosion à l’ouest). Le 2 octobre 2024, le niveau d’alerte a été relevé à 2 (sur une échelle de 1 à 5), avec des restrictions d’accès autour du cratère.
Source : JMA.

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Le PHIVOLCS a diffusé plusieurs rapports concernant le Taal (Philippines). Une trentaine d’événements phréatiques a été enregistrée presque quotidiennement du 22 septembre au 5 octobre 2024. Des observations visuelles et les données sismiques indiquent qu’une petite éruption phréatomagmatique s’est produite le 5 octobre et a duré quatre minutes. Elle a produit un panache noir suivi d’un autre riche en vapeur qui s’est élevé à 2 km au-dessus du cratère. Les émissions de SO2 restent à des niveaux élevés. Une remontée de fluides chauds a été observée dans le lac du 5 au 8 octobre. Le niveau d’alerte reste à 1 (sur une échelle de 0 à 5). Le PHIVOLCS rappelle au public que l’ensemble de Volcano Island est une zone de danger permanent (PDZ). L’Institut recommande par ailleurs que le cratère principal (Main Crater) et les zones le long de la fissure Daang Kastila restent interdits d’accès.
Source : PHIVOLCS.

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L’Indonésie est actuellement la région du monde où le plus grand nombre de volcans sont actifs.

L’éruption du Dukono se poursuit. Des panaches denses de vapeur et de cendres s’élèvent de 100 à 800 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4),

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L’activité éruptive se poursuit sur l’Ibu avec des panaches de vapeur et de cendres qui s’élèvent généralement de 0,5 à 1 km au-dessus du sommet. Les images de la webcam montrent une incandescence au-dessus du cratère. Un événement éruptif a été enregistré le 7 octobre 2024. Le niveau d’alerte reste à 3.

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L’activité éruptive se poursuit sur le Lewotobi à partir d’une bouche située sur le flanc nord-ouest du Laki-laki. Des panaches de cendres s’élèvent jusqu’à 1,2 km au-dessus du sommet. Une incandescence au niveau de la bouche éruptive est souvent visible sur les images de la webcam. Le niveau d’alerte reste à 3.

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L’éruption du Merapi (sur l’île de Java) se poursuit. Ces derniers jours, la sismicité a été plus intense que la semaine précédente. Le dôme de lave sud-ouest continue de produire des avalanches de lave qui parcourent jusqu’à 1,8 km dans la ravine Bebeng sur le flanc sud-ouest. Le niveau d’alerte reste à 3.

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L’activité éruptive se poursuit sur le Semeru avec plusieurs événements éruptifs quotidiens. Des panaches de vapeur et de cendres s’élèvent de 0,1 à 1 km au-dessus du sommet. Plusieurs événements éruptifs ont été enregistrés début octobre. Le niveau d’alerte reste à 2.
Source : PVMBG.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ». .
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity in the world:

In Iceland, the question now is to know where the next eruption will occur. The odds are that lava will emerge again somwhere along the Sundhnúkur crater row, but you never know. One of the Met Office’s scenarios suggests the next eruption could occur northeast of Mt. Stóra-Skógfell. The terrain is diffcult and one difficulty would be to protect the Reykjanesbraut highway.

Ground uplift continues at a similar pace beneath Svartsengi, similar to that which preceded recent eruptions.

Five eruptions have now occurred at the Sundhnúkur crater row, and lava surrounds the protective barriers from nearly all sides. The question is to know whether the barriers will be able to hold more massive quantities of lava. Overflows have been observed in the past. Five construction companies have been involved in the barrier work whose estimated cost reaches approximately 47 million euros.

The town of Grindavík is set to reopen soon. The town is currently under strict access control, with checkpoints at all roads leading out of Grindavík. Safety measures in the town are expected to be completed by mid-month. Work is ongoing to reinforce fencing and fill cracks in the ground. Once complete, approximately 7 kilometres of fencing will be installed to block off unsafe areas, including Víkurbraut, the town’s main street, which is heavily affected by a large fissure. Despite ongoing land uplift under Svartsengi, officials believe it is now safe to reopen the town. The future will say if they are right to do so.

Source : Iceland Review.

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A sequence of events was observed on Stromboli (Sicily) in the early hours of Sunday, October 6th, 2024, starting with a high-energy explosion from the North Crater which is currently the most active on the crater terrace. This eruption triggered a lava flow along the Sciara del Fuoco. Spattering activity was observed in the following hours. The lava flow remained confined to the upper part of the Sciara, and was accompanied by a gradual reduction in the intensity of the volcanic tremor which returned to a medium level.

A similar event occurred on October 8th, 2024. It led to a lava overflow which gradually diminished by the morning of October 9th before intensifying again.

As a reminder, access to Stromboli is only allowed with the local guides up to 400 meters above sea level and freely up to 250 m. Access to the summit is strictly prohibited.

Source : INGV.

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Kilauea (Hawaii) is not erupting but some people confused a possible eruption with an ongoing wildfire in the vicinity of the recent eruption area near Nāpau Crater in Hawaiʻi Volcanoes National Park. HVO webcam images showed a plume on the south side of Nāpau Crater. At night, intermittent glow was also visible in the same area, south of the vents that erupted from September 15-20, 2024. Geophysical monitoring signals did not indicate that an eruption was occurring, and an overflight confirmed that the plume and glow were due to a small local wildfire.

Source : HVO.

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In Kamchatka, the aviation color code remains Orange for Karymsky, Sheveluch and Ebeko. It is kept at Yellow for Bezymianny.

Source : KVERT.

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An increase in activity is currently observed at Iwatesan (Northeast Japan Volcanic Arc). Since February 2024, data from the instruments has detected inflation centered in deeper parts of the volcano. The frequency of volcanic earthquakes has been high since April 2020, although the number of small volcanic earthquakes located near Kurokurayama began increasing in May and further increased in late July. INSAR imagery reveals very shallow inflation near Ojigokudani (erosional caldera to the W). On 2 October 2024, the Alert level was raised to 2 (on a 1-5 scale) prompting access restrictions around the crater.

Source : JMA.

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PHIVOLCS has issued several advisories for Taal (Philippines) reporting that a total of 30 phreatic events recorded almost daily during 22 September-5 October 2024. A minor phreatomagmatic eruption occurred on 5 October and lasted four minutes based on visual observations and seismic data. The eruption ejected a black plume followed by a steam-rich plume that rose 2 km above the crater. SO2 emissions remain at elevated levels. Upwelling of hot fluids in the lake was observed during 5-8 October. The Alert Level remains at 1 (on a scale of 0-5), and PHIVOLCS reminds the public that the entire Taal Volcano Island is a Permanent Danger Zone (PDZ). The Institute recommends that the Main Crater and areas along the Daang Kastila fissure should remain prohibited.

Source : PHIVOLCS.

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Indonesia is currently the region of the world where the greatest numbe of volcanoes remains active.

The eruption at Dukono continues. Dense steam and ash plumes rise 100-800 m above the summit. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4),

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Eruptive activity continues at Ibu with steam and ash plumes that usually rise 0.5-1 km above the summit. Webcam images show incandescence above the crater. One eruptive event was recorded on 7 October 2024. The Alert Level remains at 3.

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Eruptive activity continues at Lewotobi from a vent located on the upper NW flank of Laki-laki. Ash plumes rise as high as 1.2 km above the summit. Incandescence at the eruptive vent is often visible in webcam images. The Alert Level remains at 3.

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The eruption at Merapi (on Java) continues. In yje past days, seismicity was more intense than during the previous week. The SW lava dome keeps producing lava avalanches that travel as far as 1.8 km down the Bebeng drainage on the SW flank. The Alert Level remains at 3.

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Eruptive activity continues at Semeru with multiple daily eruptive events. Steam and ash plumes rise 0.1-1 km above the summit. Several eruptive events were recorded in early October. The Alert Level remains at 2.

Source : PVMBG.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Hausse de la sismicité sur le Mont Adams (État de Washington) // Increase in seismicity at Mt Adams (Washington State)

Dressant ses 3743 mètres à environ 55 km à l’est du mont St. Helens dans l’État de Washington, le mont Adams n’est pas le plus connu des volcans de la Chaîne des Cascades. Cependant, ses éruptions peuvent être destructrices et plusieurs localités seraient en danger si un tel événement se produisait. Une hausse de la sismicité a été enregistrée sur le Mont Adams en septembre 2024. Six événements entre M0,9 et M2,0 ont secoué le volcan C’est le plus grand nombre de séismes pour un mois depuis le début de la surveillance de ce volcan en 1982. Le Mont Adams est entré en éruption pour la dernière fois il y a entre 3 800 et 7 600 ans.
Aucune déformation du sol n’a été observée via l’imagerie satellite. Aucune information concernant les émissions de gaz n’est disponible car le Mont Adams n’a pas de programme d’échantillonnage de gaz. Actuellement, la couleur de l’alerte aérienne est Verte et le niveau d’alerte volcanique est Normal.
Le Mont Adams fait partie du champ volcanique Mont Adams-King Mountain, orienté nord-sud, suivant ainsi l’alignement de la Chaîne des Cascades. Ce champ comprend plus de 120 volcans plus petits répartis dans plusieurs comtés. Le Mont Adams est le deuxième volcan le plus haut de l’État de Washington après le Mont Rainier et le plus imposant volcan actif de l’État, tant en superficie qu’en volume. Malgré sa taille, son activité la plus fréquente est effusive, avec surtout des coulées de lave plutôt que des éruptions explosives.
Au cours des 12 000 dernières années, le Mont Adams a connu quatre coulées de lave qui n’ont toutefois parcouru que quelques kilomètres depuis leur source. La plus grande menace pour les localités à proximité est le risque de lahars. L’histoire montre qu’ils ont atteint la région de Trout Lake il y a environ 6 000 et 300 ans. Aujourd’hui, Trout Lake est une bourgade de 822 personnes à 22 km au sud du volcan.
Des avalanches de roches et de neige déclenchées par des glissements de terrain se sont également produites. La plus récente a eu lieu en 1987, mais n’a parcouru que quelques kilomètres.
L’USGS a classé le Mont Adams parmi les volcans à haut risque aux États Unis. Ce classement prend en compte à la fois les dangers liés à l’activité volcanique et l’exposition potentielle des zones habitées à proximité : Trout Lake, mais aussi Glenwood (220 habitants), située à 25 km au sud-sud-est du volcan.
Source : USGS, Smithsonian Institution.

Photos: C. Grandpey

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Rising about 55 km east of Mount St. Helens in Washington State, Mount Adams (3,743 m) is not the best known of the volcanoes on the Cascade Range. However, its eruptions can be destructive and several communities would be at risk if such an event occurred. An increase in seismicity was recorded at Mount Adams in September 2024. Six events between M0.9 and M2.0 struck the volcano, the highest monthly total since monitoring began in 1982. Mount Adams last erupted between 3 800 and 7 600 years ago.

No detectable ground deformation at the volcano could be observed via satellite imagery. No information regarding gas emissions is available since Mount Adams has no gas sampling programs. Currently, the Aviation Color Code for the volcano is Green, and the Alert Level is Normal.

Mount Adams is part of the north-south trending Mount Adams-King Mountain volcanic field.

This field includes more than 120 smaller volcanoes spread across several counties. Mount Adams is the second tallest volcano in Washington State and the largest active volcano in the state in both area and volume. Despite its size, its typical activity has been effusive, primarily producing lava flows rather than explosive eruptions.

In the last 12 000 years, Mount Adams has experienced four lava flows that travelled only a few kilometers from their source. The greatest threat to nearby communities is the potential for lahars, History shows that they flowed as far as the Trout Lake area about 6 000 and 300 years ago. Today, Trout Lake is a community of 822 people located 22 km south of the volcano.

Smaller landslide-triggered avalanches of rock and snow have also occurred, most recently in 1987, although they did not travel more than a few kilometers.

USGS ranks Mount Adams as a high-threat volcano. This ranking considers both the volcano’s hazards and the potential exposure of nearby communities : Trout Lake and Glenwood (population 220), located 25 km SSE of the volcano.

Source : USGS, Smithsonian Institution.