Vague de chaleur et de sécheresse en Alaska // Hot and dry days in Alaska

Comme je l’ai déjà écrit, tout l’Arctique souffre du réchauffement climatique. Le sud-est de l’Alaska en particulier traverse une période chaude et sèche. À partir du 17 mars 2019, une ou plusieurs localités de la région ont connu des températures record pendant 16 jours consécutifs. Au total, 26 sites du sud-est de l’Alaska ont connu des niveaux de température record en mars.
Parallèlement à la chaleur, de nombreuses régions du sud-est connaissent une sécheresse qui n’en finit pas. Juneau a connu le 19 mars le plus sec de son histoire, après plus d’une année de faibles précipitations. À l’aéroport international de la ville, qui reçoit habituellement une trentaine de centimètres de neige en mars, seule une mince couche a recouvert le sol pendant le mois cette année. Sur l’ensemble de l’hiver,  il est tombé environ 1,30 mètre de neige à l’aéroport, contre 2,16 mètres habituellement.

Une des conséquences les plus évidentes du manque de pluie est le risque d’incendie. Les personnes qui font brûler des détritus doivent s’assurer d’avoir un tuyau d’arrosage ou une pelle à proximité en cas de problème. Elles doivent également ne pas faire un feu de plus de 3 mètres de diamètre et veiller à ne pas faire de feu en période de vent fort.
En ce qui concerne les semaines à venir, avril est historiquement le mois le plus sec à Juneau. En avril, les précipitations sont en moyenne de 7,35 centimètres dans la capitale. Le mois a commencé par une bonne nouvelles Le distributeur d’électricité Alaska Electric Light and Power vient d’annoncer que, après des mois de déconnexion de certains de ses clients en raison du faible niveau d’eau dans les barrages, il est de nouveau possible de les reconnecter. Les niveaux d’eau sont revenus à la normale, en partie grâce à la fonte de la neige. Cependant, on ne sait pas si les niveaux d’eau resteront élevés cet été ou s’il ne s’agit que d’une hausse temporaire due à la fonte de la neige.
Source: Juneau Empire.

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As I put it before, the whole Arctic is suffering from global warming. Southeast Alaska in particular is going through a hot period. Starting March 17th, 2019, one or more locations in the region have seen record high temperatures for 16 days in a row. All told, there were 26 sites in Southeast Alaska that experienced record highs in March.

Along with the heat, many areas in Southeast are experiencing an extended drought. Juneau experienced its 19th driest March on record, following up on more than a year of low precipitation. At the Juneau International Airport which usually sees about 30 centimetres of snow in March, only a thin layer fell during the month this year. For the winter season, 130 centimetres of snow have fallen at the airport. It is almost certain that the snow season will finish well short of its usual average of 216 centimetres.

One of the most obvious consequences of lower precipitation is the higher risk of fire.  People who are going to burn their trash should make sure thry have an extinguishing method such as a garden hose or a shovel. They should also keep the fire under 3 metres in diameter and make sure not to have a fire when the wind strong.

As far as the coming weeks are concerned, April is historically Juneau’s driest month. The capital city gets an average of 7.35 centimetres of precipitation in April per year. The month began with a bit of good news. Alaska Electric Light and Power has just announced that after months of disconnecting some of its customers due to low water levels, there is enough hydropower to reconnect them. Water levels have returned to normal, in part because of melting snow. However, it is not clear whether water levels will remain high for the summer or if this is just a temporary rise due to melting snow.

Source : Juneau Empire.

Vues de Juneau et du Mendenhall Glacier à proximité de la capitale de l’Alaska (Photos: C. Grandpey)

 

Les voitures électriques sont-elles écologiques? (2) // Are electric cars environment-friendly? (2)

Dans ma note du 21 novembre, je mettais l’accent sur les problèmes environnementaux posés par l’extraction du lithium, l’un des composants essentiels des batteries de véhicules électriques.

Au vu des problèmes environnementaux qu’elle occasionne, on peut se demander si  la voiture électrique est réellement le moyen idéal de faire la transition vers un transport écologique. Est-elle toujours plus écologique qu’une voiture thermique essence ou diesel ?

On reproche souvent au diesel d’émettre des particules fines. Comme elle n’utilise pas d’énergie fossile, on pourrait penser que la voiture électrique n’en produit pas. Ce type de raisonnement est en partie erroné. En effet, une bonne partie des particules fines émises par les voitures ne l’est pas par le moteur, mais par l’abrasion des pneus, de la route et des plaquettes de frein. Donc, même avec un véhicule électrique, il y aura toujours la présence de particules fines à cause du roulage, des frottements sur la route et du freinage.

Une autre idée fausse concerne l’électricité utilisée pour faire fonctionner ces voitures. En effet, pour produire de l’électricité on utilise différentes sources d’énergie qui diffèrent d’un pays à l’autre. Par exemple, en France, l’énergie nucléaire est majoritaire. 69% de l’électricité est produite par les centrales, mais elle est également générée par le gaz (8%), le charbon (2%) et le fioul (1%). La France importe aussi une partie de son électricité de pays voisins comme l’Allemagne, la Suisse et l’Italie, et une partie de cette électricité importée est produite à partir d’énergies fossiles. Par exemple, l’électricité achetée en Allemagne est largement produite à partir du charbon. On consomme donc de l’électricité provenant indirectement des énergies fossiles. Aux Etats-Unis, où 40% de l’électricité est produite à partir du charbon, l’utilisation des voitures électriques reste donc polluante. En résumé, dans tous les pays qui n’ont pas mis en place une vraie transition énergétique vers des énergies non-fossiles, rouler en voiture électrique revient à rouler au charbon au lieu de rouler au pétrole. En France, rouler avec un véhicule électrique permet de réduire nos émissions de CO2. En revanche, comme notre électricité est produite à partir du nucléaire, nous produisons des déchets radioactifs.

L’autre gros problème des voitures électriques est qu’elles sont plus complexes à produire que les voitures à moteurs à combustion. Ainsi, lorsqu’une voiture électrique sort de l’usine, elle a beaucoup plus contribué à la pollution globale qu’une voiture conventionnelle. C’est notamment dû à la production de la batterie et au développement de composés électroniques complexes du moteur.

Je ne reviendrai pas sur les problèmes liés à l’extraction du lithium à laquelle il faudrait ajouter la question des réserves de lithium disponibles. Sommes-nous certains d’avoir suffisamment de lithium sur notre planète pour assurer la transition énergétique ? Le recyclage des batteries pose également problème car il est relativement coûteux en énergie et en termes d’impacts environnementaux.

Au final, on estime que la fabrication d’un véhicule électrique serait en moyenne 5 fois plus polluante que la fabrication d’un véhicule conventionnel. Il faut toutefois noter qu’en théorie cet écart se réduit au fur et à mesure que l’on utilise le véhicule. En effet, puisque l’utilisation d’un véhicule électrique est moins polluante, plus on l’utilise, plus on rentabilise la pollution initiale. Des chercheurs ont calculé qu’avec une utilisation longue, sur au moins 200 000 km, le véhicule électrique aura un impact 27 à 29% plus positif sur le réchauffement climatique par rapport aux véhicules essence. Si le véhicule est utilisé sur 100 000 km, cet impact tombera à 9 à 14%.  .

En résumé, la problématique de l’impact écologique des véhicules électriques est extrêmement complexe. Elle dépend des pays et de leur production énergétique, ainsi que de l’utilisation des véhicules. Elle dépend donc aussi des choix énergétiques et des évolutions technologiques qui auront lieu dans le futur. Ainsi, les technologies des batteries évoluent rapidement et leur production deviendra de plus en plus facile, ce qui pourrait améliorer l’impact des véhicules électriques dans le futur.

Source : Différents articles dans la presse nationale et internationale.

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In my note of November 21st, I shed light on the environmental issues raised by the extraction of lithium, one of the essential components in the batteries of  electric vehicles.
In view of the environmental problems it causes, one may wonder if the electric car is the ideal solution to make the transition to an ecological transport. Is it really more environmentally friendly than a petrol or diesel fuel car?
Diesel is often criticized for emitting fine particles. Since it does not use fossil energy, one might think that the electric car does not produce them. This type of reasoning is partly wrong. Indeed, a good part of the fine particles emitted by cars is not by the engine, but by the abrasion of the tires, the road and the brake pads. So, even with an electric vehicle, there will always be fine particles because of rolling, friction on the road and braking.
Another misconception concerns the electricity used to run these cars. Indeed, to produce electricity we use different energy sources that differ from one country to another. For example, in France, priority has been given to nuclear energy. 69% of our electricity is generated by nukes, but it is also generated by gas (8%), coal (2%) and fuel oil (1%). France also imports some of its electricity from neighbouring countries such as Germany, Switzerland and Italy, and some of this imported electricity is produced from fossil fuels. For example, electricity purchased in Germany is largely produced from coal. We therefore consume electricity indirectly from fossil fuels. In the United States, where 40% of electricity is produced from coal, the use of electric cars is polluting. To put it in a nutshell, in all countries that have not implemented a real energy transition to non-fossil energies, driving an electric car is like driving with coal instead of driving with oil. In France, driving with an electric vehicle reduces our CO2 emissions. On the other hand, since our electricity is produced from nuclear power, we have to deal with radioactive waste.
The other big problem with electric cars is that they are more complex to produce than conventional cars. Thus, when an electric car leaves the factory, it has contributed much more to global pollution than a conventional car. This is due in particular to the production of the battery and the development of complex electronic compounds in the engine.
I will not come back to the problems of lithium extraction, to which should be added the question of the availability of lithium reserves. Are we sure we will have enough lithium on our planet to make the energy transition? Battery recycling is also a problem because it is relatively expensive in terms of energy and environmental impacts.
In the end, it has been estimated that the manufacture of an electric vehicle would be on average 5 times more polluting than the manufacture of a conventional vehicle. It should be noted however that in theory this difference is reduced as and when the vehicle is used. Indeed, since the use of an electric vehicle is less polluting, the more we use it, the more we reduce the initial pollution. Researchers have calculated that with long-term use – at least 200,000 km – the electric vehicle will have a 27 to 29% more positive impact on global warming compared to petrol vehicles. If the vehicle is used on 100,000 km, this impact will fall to 9 to 14%. .
In summary, the problem of the environmental impact of electric vehicles is extremely complex. It depends on the countries and their energy production, as well as the use of the vehicles. It also depends on energy choices and technological developments that will take place in the future. Thus, battery technologies are evolving rapidly and their production will become easier and easier, which could improve the impact of electric vehicles in the future.
Source: Various articles in the national and international press.

Les bornes de recharge pour voitures électriques remplaceront-elles un jour les pompes à essence? (Crédit photo : Wikipedia)

L’éruption du Tambora est la véritable cause de la défaite de Napoléon à Waterloo // The Tambora eruption is the real cause of Napoleon’s defeat at Waterloo

En tant que Français, je me sens mieux aujourd’hui! Je viens d’apprendre que la défaite de Napoléon à Waterloo a été causée par l’éruption du volcan Tambora en Indonésie plutôt que par la qualité de l’armée anglaise. Cela doit être vrai car l’article a été écrit par un chercheur du très sérieux Imperial College of London. Je savais que les Anglais étaient fair-play quand ils gagnent – avec leur célèbre « Good game! » – mais je n’aurais jamais imaginé qu’ils pourraient attribuer leur victoire à Waterloo aux caprices de la Nature!
L’article explique que les cendres volcaniques chargées en électricité ont court-circuité l’atmosphère terrestre en 1815, provoquant un épisode de mauvais temps à l’échelle de la planète et, donc, la défaite de Napoléon. Les historiens avaient déjà affirmé que la pluie et la boue ont aidé l’armée alliée à vaincre Napoléon à la bataille de Waterloo, événement qui a changé le cours de l’histoire en Europe.
Deux mois avant la bataille de Waterloo, le Tambora est entré en éruption en Indonésie, tuant 100 000 personnes et plongeant la Terre dans une « année sans été » en 1816. Victor Hugo, dans le roman Les Misérables, a écrit à propos de la bataille de Waterloo qu’« un nuage traversant le ciel à contre sens de la saison a suffi pour l’écroulement d’un Monde. »
Un chercheur de l’Imperial College London a découvert que les cendres volcaniques chargées en électricité provenant des éruptions peuvent «court-circuiter» le courant électrique de l’ionosphère, le niveau supérieur de l’atmosphère responsable de la formation des nuages. Les résultats, publiés dans la revue Geology, pourraient confirmer le lien entre l’éruption et la défaite de Napoléon. Selon l’étude, l’éruption du Tambora a « court-circuité l’ionosphère », entraînant la formation de nuages qui ont déversé de fortes pluies en Europe et contribué à la défaite de Napoléon. L’article montre que les éruptions peuvent envoyer la cendre beaucoup haut qu’on ne le pensait, jusqu’à 100 kilomètres d’altitude.
Le scientifique anglais a créé un modèle pour calculer à quelle distance pouvait se maintenir la cendre volcanique chargée électriquement et il a découvert que des particules de moins de 0,2 millionième de mètre de diamètre pouvaient atteindre l’ionosphère lors de grandes éruptions. Il a expliqué que «les panaches volcaniques et les cendres peuvent avoir des charges électriques négatives et que le panache repousse les cendres, les propulsant haut dans l’atmosphère, de la même façon que deux aimants s’éloignent l’un de l’autre si leurs pôles correspondent. »
Les résultats des expériences confirment les archives historiques décrivant d’autres éruptions. Les relevés météorologiques étant rares pour 1815, le chercheur a examiné les données météorologiques à la suite de l’éruption du Krakatau (Indonésie) en 1883 afin de tester sa théorie. Les données à propos du Krakatau montrent des températures moyennes plus basses et des précipitations réduites presque immédiatement après le début de l’éruption ; les précipitations à l’échelle de la planète ont été plus faibles pendant l’éruption que pendant ou après l’événement. On a également signalé des perturbations ionosphériques après l’éruption du Pinatubo (Philippines) en 1991, qui ont pu être causées dans l’ionosphère par des cendres chargées électriquement en provenance du panache volcanique. De plus, un type de nuage particulier est apparu plus fréquemment que d’habitude après l’éruption du Krakatau : Les nuages noctulescents (aussi connus sous le nom de nuages polaires mésosphériques) sont rares et lumineux et se forment dans l’ionosphère. Ces nuages ​​sont peut-être la preuve de la lévitation électrostatique des cendres provenant de grandes éruptions volcaniques.

Les patriotes anglais diront que la météo à Waterloo était défavorable pour leurs troupes aussi. Allez savoir…
Source: Imperial College London.

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As a Frenchman, I’m feeling better today! I have just read that Napoleon’s defeat at Waterloo was caused by the eruption of Tambora Volcano in Indonesia rather than by the quality of the English army. It must be true because the article was written by a researcher of the very serious Imperial College of London. I knew the English were fair play when they won – with their famous “good game!” – but I had not imagined they could attribute their victory at Waterloo to natural factors!

The article explains that electrically charged volcanic ash short-circuited Earth’s atmosphere in 1815, causing global poor weather and Napoleon’s defeat. Historians have explained that rainy and muddy conditions helped the Allied army defeat the French Emperor Napoleon Bonaparte at the Battle of Waterloo, an event which changed the course of European history.

Two months prior to the battle at Waterloo, Mount Tambora erupted in Indonesia, killing 100,000 people and plunging the Earth into a ‘year without a summer’ in 1816. Victor Hugo in the novel Les Miserables wrote about the Battle of Waterloo: ‘an unseasonably clouded sky sufficed to bring about the collapse of a World.’

A researcher from Imperial College London has discovered that electrified volcanic ash from eruptions can ‘short-circuit’ the electrical current of the ionosphere, the upper level of the atmosphere that is responsible for cloud formation. The findings, published in the journal Geology, could confirm the suggested link between the eruption and Napoleon’s defeat. According to the study, the Tambora eruption short-circuited the ionosphere, ultimately leading to a pulse of cloud formation. This brought heavy rain across Europe that contributed to Napoleon Bonaparte’s defeat. The paper shows that eruptions can hurl ash much higher than previously thought into the atmosphere, up to 100 kilometres above ground.

The English scientist created a model to calculate how far charged volcanic ash could levitate, and found that particles smaller than 0.2 millionths of a metre in diameter could reach the ionosphere during large eruptions. He wrote that “volcanic plumes and ash both can have negative electrical charges and thus the plume repels the ash, propelling it high in the atmosphere. The effect works very much like the way two magnets are pushed away from each other if their poles match.”

The experimental results are consistent with historical records from other eruptions. Weather records are sparse for 1815, so to test his theory, the researcher examined weather records following the 1883 eruption of Krakatau Volcano. The data showed lower average temperatures and reduced rainfall almost immediately after the eruption began, and global rainfall was lower during the eruption than either period before or after. There are also reports of ionosphere disturbance after the 1991 eruption of Mount Pinatubo (Philippines) which could have been caused by charged ash in the ionosphere from the volcano plume. In addition, a special cloud type appeared more frequently than usual following the Krakatau eruption. Noctilucent clouds are rare and luminous, and form in the ionosphere. These clouds may provide evidence for the electrostatic levitation of ash from large volcanic eruptions.

English patriots will say that the weather was poor for the English too at Waterloo. Who knows?

Source : Imperial College London.

 Eclairs lors de l’éruption du Rinjani en 1994 (Crédit photo : Wikipedia)

 

Kilauea (Hawaii): Dernières nouvelles // Latest news

8 heures (heure française): L’événement majeur des dernières heures est une coulée de lave émise par la fracture n ° 8 et qui a traversé la Highway 132. Cette dernière est coupée entre le Lava Tree State Park et Four Corners, ce qui complique sérieusement l’accès à Lower Puna.
Un autre problème concerne l’alimentation électrique de ce secteur car la lave a endommagé ou détruit plus de 400 poteaux et autres équipements. Cela a provoqué une panne d’électricité dans la région de Vacationland et Kapoho Beach Lots qui sera sans courant pendant une longue période.

Comme je l’ai écrit dans ma note précédente, la zone touchée par l’éruption est interdite au public. La police a arrêté un couple originaire de New York qui n’a pas respecté cette interdiction. Lundi soir, le couple a contourné un point de contrôle sur la Highway132, stationné sa voiture près du Lava Tree State Monument (fermé au public lui aussi) et est entré « dans une zone où l’activité de coulée de lave était intense. »

La police a également dressé un procès-verbal au propriétaire d’un bateau pour défaut d’équipement de sécurité. Le bateau était amarré à la rampe d’accès de Pohoiki (interdite d’accès elle aussi) et était dans l’incapacité de retourner à Hilo.
La police indique que ces infractions peuvent entraîner de lourdes amendes parce qu’elles sont survenues lors d’une situation de catastrophe.
Source; Protection Civile et HVO.

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Dernière minute: La Police a ordonné une évacuation immédiate pour Noni Farms Road et Hale Kamahina Road à proximité de la Highway132, dans le secteur de la borne Mile 5 en raison du risque présenté par une coulée de lave. Cette décision concerne toutes les habitations et toutes les entreprises situées le long de la Highway 132 au niveau de la borne Mile 5 et dans les environs immédiats.
Des centres d’hébergement sont ouverts au Pahoa Community Center, au Kea‘au Community Center et à la Sure Foundation Church.

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20 heures (heure française): Le HVO indique dans sa dernière mise à jour que la fracture n° 8 a continué à faire jaillir de hautes fontaines de lave tout au long de la nuit de mardi à mercredi matin, avec des hauteurs dépassant parfois 60 mètres, avec la présence de nombreuses fontaines secondaires atteignant 20 mètres de hauteur. Ces fontaines continuent d’alimenter une coulée de lave qui descend le long de la Highway 132. La vitesse de progression de la lave s’est accélérée mardi en fin de journée et en début de journée mercredi, à raison d’environ 600 mètres par heure. La coulée s’est dirigée vers le nord de la Highway 132 à proximité de Noni Farms Road et de Halekamahina Road, en empruntant une descente plus abrupte qui pourrait la conduire jusque dans le secteur de Four Corners.
La coulée émanant de la fracture n° 18 est active et descend vers la Highway 137 à moins de 100 mètres à l’heure.
Une activité sporadique est également observée sur les fractures n° 7 et n° 15.
Des cheveux de Pele provenant de la fontaine de lave de la fracture n° 8 retombent à l’ouest de cette dernière et jonchent le sol dans les Leilani Estates.
Des panaches de cendre sortent par intermittence de l’Overlook Crater au sommet du Kilauea, mais aucun événement explosif n’a été enregistré depuis mardi matin.
Source: HVO.

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22h30 (heure française): Nouvelles évacuations. La zone d’évacuation de Lower Puna vient d’être étendue en urgence le matin du 30 mai (heure locale) et inclut désormais les subdivisions côtières de Vacationland et Kapoho Beach Lots car la lave se trouve à moins de 1,5 km de la dernière route d’accès de la région.
La police a fait du porte-à-porte pour avertir les habitants que s’ils ne partaient pas immédiatement, ils risquaient d’être isolés si la lave traversait la Highway 137 près de l’intersection connue localement sous le nom de Four Corners. L’opération d’évacuation s’est achevée vers 2h30 du matin. La Highway137 a été mise à sens unique afin de faciliter l’écoulement du trafic au moment de l’opération d’évacuation.
Beaucoup de maisons de Vacationland et Kapoho Beach Lots sont des locations de vacances, et la Protection Civile avertit les habitants depuis plus d’une semaine qu’ils doivent se tenir prêts à évacuer dans un délai très bref.
Source: Protection Civile.

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8:00 a.m. (French time): The major event of the past hours is that a lava flow emitted by Fissure n° 8 has crossed Highway 132 which is closed from Lava Tree State Park to Four Corners.

Another problem concerns the power supply in the Lower Puna area as lava damaged or destroyed more than 400 poles and other equipment in the area. This caused a power outage in the Vacationland and Kapoho Beach Lots area. The area will be without power over an extended period of time.

As I put it in my previous post, the area affected by the eruption is off limits to the public. The police has arrested a New York state couple for allegedly violating park closure and evacuation orders in an active lava zone. The couple on Monday night bypassed a security check-point on Highway 132, parked near the closed Lava Tree State Monument and walked “into an area of intense active lava flow.”

Officers also cited a boat owner for boat safety equipment violations after the boat was tied up at the closed Pohoiki Boat Ramp and was unable to return to Hilo.

The police said that all of the citations issued on Monday can carry high penalties because they happened during a disaster situation.

Source; Civil Defense & HVO.

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Last minute : The Hawaii Police Department has ordered a MANDATORY EVACUATION for Noni Farms Road and Hale Kamahina Road off of Hwy 132, around the 5-mile marker due to lava inundation. This notice affects all residents and businesses in Hwy 132 at the 5-mile marker and immediate surrounding area.

Shelters are open at the Pahoa Community Center, Kea‘au Community Center and the Sure Foundation Church.

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8:00 p.m. (French time): HVO indicates in its latest update that Fissure 8 maintained high fountains throughout Tuesday night and into Wednesday morning, with sustained heights exceeding 60 metres and the presence of multiple secondary fountains that reached to 20 metres. This fountaining continues to feed a lava flow that moves downslope along Highway 132. Advance rates accelerated late Tuesday and early Wednesday, reaching approximately 600 metres per hour. The flow moved north of Highway 132 in the vicinity of Noni Farms Road and Halekamahina Road, advancing along a steepest descent path that could take the flow to the Four Corners area.
Fissure 18 flow also remained active, moving downslope toward Highway 137 at rates of less than 100 metres per hour.

Sporadic bursts of activity are also observed at Fissures 7 and 15.
Pele’s hair from lava fountaining at Fissure 8 is falling to the west of the fissure and accumulating on the ground within Leilani Estates.

Ash continues to erupt intermittently from the Overlook Crater, at Kilauea’s summit, but no small explosive events have been recorded since Tuesday morning.

Source: HVO.

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10:30 p.m. (French time): New evacuations. The evacuation area in Lower Puna was abruptly expanded early in the morning of may 30th (local time) to include the coastal subdivisions of Vacationland and Kapoho Beach Lots as lava approached to within 1.5 km of the last access road into the area.

Police went door-to-door in those subdivisions to warn residents that if they did not leave immediately, they could become isolated if lava crossed Highway 137 near the intersection known locally as Four Corners. The evacuation operation was completed at about 2:30 a.m. Highway 137 was converted into a one-way route to ease the flow of evacuation traffic.

Many of the homes in the Vacationland and Kapoho Beach Lots are used as vacation rentals, and Civil Defense officials have been warning residents of the area for more than a week to be prepared to evacuate on very short notice.

Source : Civil Defense.

Source: Protection Civile

Carte thermique du réseau de fractures (Source: USGS)

De l’énergie islandaise pour les foyers britanniques // Icelandic energy for the British homes

drapeau-francaisDans une note publiée le 31 octobre 2015, j’ai expliqué que l’ancien Premier ministre britannique David Cameron se trouvait en Islande car les premiers ministres des deux pays étaient censés signer un accord qui permettrait aux volcans islandais de chauffer les maisons britanniques dans les 10 ans. Avec une longueur d’environ 1 200 kilomètres, le câble électrique HVDC (courant continu haute tension) sous-marin devait être le plus long au monde et sa mise en place devait prendre de sept à dix ans. Les deux pays avaient déjà émis cette idée en 2012, mais elle n’avait guère avancé depuis cette époque.

Selon la chaîne de télévision Sky News, le projet est en train de progresser. La chaîne a appris que Meridiam, un gestionnaire d’actifs français qui  participe au financement de l’expansion de l’aéroport La Guardia à New York, a accepté de signer un chèque de plusieurs millions de livres sterling pour financer une partie du coût de développement du câble entre l’Islande et le Royaume-Uni.
Le projet, baptisé Atlantic SuperConnection, a été imaginé par Edi Truell, un important bailleur de fonds du Parti conservateur anglais et ancien conseiller de Boris Johnson dans le domaine des retraites. Des fonds de pension chinois, canadiens, du Moyen-Orient et de Singapour ont contacté Disruptive Capital – la branche d’investissement de M. Truell – pour contribuer à un niveau de 3,5 milliards de livres au projet dont le coût total de développement est estimé à environ 30 milliards de livres sterling.
M. Truell travaille sur le projet depuis le début de l’année 2014 et il a obtenu le soutien de David Cameron qui a chargé un groupe de travail d’étudier sa faisabilité au cours de son mandat de premier ministre. M. Truell veut maintenant persuader le successeur de M. Cameron de soutenir le projet. De cette façon, l’électricité coûterait beaucoup moins cher que celle produite par la centrale nucléaire de Hinkley Point prévue dans le Somerset.
La participation de la société Meridiam n’est pas la première implication française dans la production énergétique britannique. En effet, la centrale d’Hinkley Point est en partie financée par EDF qui est également actionnaire majoritaire chez l’un des six grands fournisseurs britanniques de gaz et d’électricité.
Atlantic SuperConnection utiliserait l’énergie géothermique générée par les volcans et les sources thermales islandais pour fournir de l’électricité à des centaines de milliers – et potentiellement des millions – de foyers britanniques.
M. Truell veut également construire une usine dans le nord-est de l’Angleterre pour fabriquer le câble en cuivre ou en aluminium, ce qui créerait un nombre important d’emplois.
L’Atlantic SuperConnection devrait commencer à fournir de l’électricité aux foyers britanniques avant la fin de 2022.
Source: Sky News.

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drapeau-anglaisIn a note posted on October 31st 2015, I explained that former British Prime Minister David Cameron was in Iceland and the prime ministers of both countries were expected to sign an agreement that would allow Iceland’s volcanoes to heat British homes within 10 years. At around 1,200 kilometres, the HVDC (high voltage direct current) cable would be the longest in the world and take seven to 10 years to build. The two countries first raised the idea in 2012 but little progress has been made since that time.

According to the Sky News TV channel, the project is taking one step further. It has learnt that Meridiam, a global asset manager helping to fund the expansion of New York’s La Guardia Airport, has agreed to write a multimillion pound cheque to finance part of the development cost of the pipeline between Iceland and the UK.

The pipeline project, Atlantic SuperConnection, is the brainchild of Edi Truell, a major Conservative Party donor and Boris Johnson’s former pensions adviser. Chinese, Canadian, Middle Eastern and Singaporean pension funds have approached Mr Truell’s investment branch, Disruptive Capital, about contributing to an estimated 3.5-billion-pound cost of the pipeline whose development costs are estimated to be around £30bn.

Mr Truell has been working on the project since early 2014, and gained support from David Cameron, who commissioned a working group to study its feasibility during his tenure as Prime Minister. He now wants to persuade Mr Cameron’s successor to back the initiative. In this way, electricity would be generated far more cheaply than power from the planned Hinkley Point nuclear power station in Somerset.

Meridiam’s prospective involvement in the new power generator is not the only French influence over Britain’s energy mix. Hinkley Point is being partly funded by EDF which also owns one of Britain’s big six domestic gas and electricity suppliers.

The Atlantic SuperConnection would use geothermal power generated by Icelandic volcanoes and hot springs to supply electricity to hundreds of thousands – and potentially millions – of UK households.

Mr Truell also wants to build a factory in the northeast of England to manufacture the copper or aluminium cable, a move that would create a substantial number of jobs.

The Atlantic SuperConnection is expected to begin supplying power to British homes before the end of 2022.

Source: Sky News.

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L’Islande possède un énorme potentiel énergétique (Photo: C. Grandpey)

 

Montserrat sur la voie de la géothermie ? // Montserrat on the path to geothermal energy?

drapeau-francaisAprès s’être réveillé en juillet 1995, le volcan Soufrière Hills a dévasté une grande partie de Montserrat, transformé les deux tiers de l’île en une zone d’exclusion et enfoui Plymouth, l’ancienne capitale, sous une épaisse couche de cendre. Aujourd’hui, le volcan s’est calmé et Montserrat envisage d’utiliser la chaleur du sous-sol comme clé de voûte de son économie pour les années à venir.
Des tests effectués par des experts islandais ont révélé un potentiel prometteur pour alimenter l’île en énergie géothermique. Cette électricité verte et bon marché réduirait les factures pour les ménages; elle permettrait aussi de stimuler les investissements en mettant fin à plusieurs décennies d’électricité à des prix prohibitifs et des approvisionnements peu fiables en énergie fossile. Montserrat est actuellement dans l’obligation d’importer des combustibles fossiles coûteux pour alimenter cinq générateurs diesel très vieux et peu fiables, ce qui met l’île à la merci de la fluctuation des prix du pétrole. On espère aussi à Montserrat que le passage à l’énergie renouvelable fera grimper le nombre de vacanciers en mettant en avant les vertus écologiques.
Montserrat effectue des recherches en énergie géothermique depuis les années 1970, mais des doutes quant à la réussite des projets coûteux les ont empêchés de devenir réalité. En 2013, deux puits d’exploration ont été forés à des profondeurs allant jusqu’à 2900 mètres, avec des températures de 260 ° C. Ce projet de 13 millions de dollars a été financé par le Département britannique de Recherche et de Développement qui a accepté de financer le forage d’un troisième puits. Les deux puits existants devraient être en mesure de produire 1,5 mégawatts d’électricité chacun, ce qui est beaucoup plus que les besoins de l’île qui sont seulement de 1,7 mégawatts. Le seul frein à ce projet est la nécessité de réinjecter dans le réservoir le fluide géothermal utilisé, en sachant que l’un des puits pourrait être utilisé à cette fin.
Montserrat ne serait pas le premier pays des Caraïbes à utiliser la chaleur de son sous-sol. St Vincent, Ste Lucie, St Kitts & Nevis et la Dominique ont fait des progrès significatifs dans ce secteur. A Montserrat, on espère que le projet donnera à l’île et ses 5000 habitants une plus grande autonomie et réduira ainsi sa dépendance envers le Royaume-Uni. Un autre avantage de l’énergie géothermique serait l’utilisation de la chaleur résiduelle pour d’autres applications comme la réfrigération, le durcissement des blocs de béton et le séchage des produits agricoles.
Adapté d’un article de BBC News: http://www.bbc.com/news/world-latin-america-34648340

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drapeau-anglaisStarting in July 1995, the eruption of the Soufriere Hills devastating a large part of Montserrat, leaving two-thirds of the Caribbean island an exclusion zone and Plymouth, the former capital city, buried deep in ash. Today, the volcano has quietened down and Montserrat might now use the volcano’s heat as a key to its future.
Expensive tests carried out by Icelandic experts indicate promising potential to power the island using geothermal energy. This cheaper, greener electricity would not only slash bills for householders; it could also stimulate external investment by ending decades-old problems of prohibitive electricity costs and an unreliable supply. Montserrat is currently wholly dependent on expensive fossil fuel imports to power its five very old and unreliable diesel generators, leaving it at the mercy of fluctuating oil prices. There are high hopes that switching to renewable energy would increase the number of holidaymakers by cementing its status as an eco-haven.
Montserrat has been looking into geothermal energy since the 1970s, but doubts about the success of the costly project prevented it from becoming reality. In 2013, two exploratory wells were drilled to depths of up to 2,900metres, striking temperatures of 260°C. The 13-million-dollar initiative was funded by the UK Department for International Development which has now agreed to pay for a third well to further the project. The two existing wells are thought to be capable of producing 1.5 megawatts of power each, which is much more than the 1.7 megawatts the island uses. The only obstacle to the project is that there is the need to re-inject spent geothermal fluid back into the reservoir. This means using one of the wells for that purpose.
Montserrat would not be the first Caribbean country to make use of its volcano in such a way.
St Vincent, St Lucia, Nevis and Dominica are among those making significant progress in the sector. At Montserrat, it is hoped the project would put the island and its 5,000 inhabitants on a path to greater self-sufficiency as well as reducing reliance on the UK. Another benefit of geothermal energy would be the possibility of using the waste heat for other things like refrigeration, curing concrete blocks and drying agricultural products.
Adapted from a BBC News article: http://www.bbc.com/news/world-latin-america-34648340

MontserratVolcan Soufriere Hills à Montserrat (Crédit photo: Wikipedia)

Bientôt un câble électrique entre l’Islande et la Grande Bretagne // A power cable soon between Iceland and Britain

drapeau francaisC’est bien connu: En Islande, environ 95 pour cent de l’électricité provient de sources renouvelables telles que les centrales hydro-électriques et l’énergie géothermique d’origine volcanique. Au contraire, la Grande-Bretagne a besoin de se rabattre sur les centrales thermiques ou nucléaires pour produire sa propre énergie électrique. Aujourd’hui, le pays veut augmenter sa capacité d’importation d’électricité en raison d’une réduction à venir de sa production nationale.
David Cameron est en Islande ces jours-ci et les premiers ministres des deux pays devraient signer un accord qui permettrait aux volcans de l’Islande de chauffer les maisons britanniques via un câble électrique sous-marin qui sera le plus long au monde. D’une longueur de quelque 1200 km, sa mise en place prendra entre 7 et 10 ans. Les deux pays ont déjà émis cette idée en 2012, mais elle n’a guère avancé depuis cette époque. Le câble fournirait au Royaume-Uni sur le long terme un approvisionnement en énergie renouvelable et permettrait au pays d’avoir une meilleure sécurité énergétique.
Sources: Reuters et Iceland Review.

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drapeau-anglaisIt’s a well-known fact: Around 95 percent of Iceland’s electricity comes from renewable sources such as hydro-electric plants and geothermal power from volcanoes. On the contrary, Britain needs to rely on thermal or nuclear power stations to produce its own power. Today, the country is keen to increase its electricity import capacity due to a looming supply crunch in its domestic power generation.
David Cameron is in Iceland these days and the prime ministers of both countries are expected to sign an agreement that would allow Iceland’s volcanoes to heat British homes within 10 years. At around 1,200 kilometres, it would be the longest in the world and take seven to 10 years to build. The two countries first raised the idea in 2012 but little progress has been made since that time. It would provide a sustainable, long-term renewable energy supply and increase the UK’s energy security.
Sources: Reuters & Iceland Review.

Islande-centrale

Photo: C. Grandpey