Projet de géothermie sous-marine // Subsea geothermal project

J’ai consacré un article (le 18 juillet 2024) à l’Axial Seamount, un volcan sous-marin situé à environ 480 km au large des côtes de l’Oregon. Il s’agit d’un volcan bouclier, dont la structure est comparable à celle des volcans que l’on trouve à Hawaï.

Carte montrant la position de l’Axial sur la dorsale Juan de Fuca (Source : USGS)

En mars 2024, ce volcan sous-marin présentait une inflation importante, faisant craindre une éruption aux scientifiques locaux. Cette phase de gonflement s’accompagnait d’une hausse de l’activité sismique. Les volcanologues ont évoqué la possibilité d’une éruption entre 2025 et 2026, tout en soulignant le caractère imprévisible de l’activité volcanique. À ce jour, aucune éruption n’a eu lieu.

Source: USGS

Malgré les risques éruptifs, des chercheurs viennent de réaliser, sur l’Axial Seamount, la toute première démonstration d’une centrale géothermique sous-marine. Bien que la production d’électricité n’ait duré que moins de 10 secondes, cette expérience a montré la faisabilité technique d’exploiter une nouvelle forme d’énergie renouvelable en milieu sous-marin.
Endurance Energy, une start-up basée à Seattle à l’origine de ce projet, ambitionne à terme de commercialiser l’énergie géothermique sous-marine, notamment auprès des nations insulaires du Pacifique et d’autres clients en quête d’alternatives à l’importation de combustibles fossiles coûteux.
L’exploitation de l’énergie géothermique sur les fonds marins soulève des défis bien différents de ceux rencontrés dans les projets géothermiques terrestres. Elle peut également entraîner des coûts d’installation et d’exploitation plus élevés.
Pour mener à bien cette opération, Endurance Energy a déployé, depuis le navire Ocean Guardian, un équipement de forage sous-marin afin de creuser deux puits dans le plancher océanique, à une profondeur d’environ 1 524 mètres.
Les deux forages ont rapidement laissé échapper des fluides hydrothermaux atteignant une température d’environ 260 °C. L’équipe d’Endurance Energy a procédé au tubage et à la cimentation du second puits, avant d’y installer une vanne. L’entreprise a ensuite mis en place sa centrale électrique de 100 kilowatts, baptisée Adélie ; celle-ci est conçue pour vaporiser les fluides hydrothermaux captés, afin d’actionner une turbine reliée à un générateur électrique. Un robot sous-marin télécommandé a été utilisé pour faciliter le raccordement de la centrale au puits nouvellement foré. La centrale Adélie a également été reliée au centre de contrôle d’Endurance Energy à Seattle, grâce au raccordement à un réseau sous-marin de 900 kilomètres composé de câbles à fibre optique et de câbles électriques. Ce réseau a fourni à la fois de l’énergie et une connectivité aux capteurs installés sur le plancher océanique.
Tout était alors prêt pour le test d’Adélie, mais un problème majeur est rapidement apparu : le forage de 16 mètres dans les fonds marins ne fournissait pas une quantité suffisante de fluide hydrothermal pour faire fonctionner la centrale. Par ailleurs, le puits de test ne mesurait que 5 centimètres de diamètre, alors que les puits utilisés pour l’extraction de pétrole, de gaz ou pour la géothermie terrestre présentent généralement des tubages d’un diamètre compris entre 50 et 90 centimètres. Pour éviter ce genre de difficulté à l’avenir, Endurance Energy prévoit de réaliser des forages plus profonds afin d’accéder à un volume plus important de fluides. L’équipement de forage actuel de l’entreprise peut atteindre environ 80 mètres de profondeur, soit cinq fois plus que le puits utilisé lors du premier test.
Afin de tenter tout de même de faire fonctionner la centrale Adélie, l’équipe scientifique l’a déplacée vers une source hydrothermale naturelle située à proximité, où du fluide s’écoule à une température d’environ 281 °C. En l’espace d’une trentaine de secondes, la turbine de la centrale a atteint une vitesse d’environ 26 000 tours minute, permettant au générateur de produire 60 wattheures d’électricité. La centrale a même atteint un bilan énergétique positif, puisqu’elle produisait plus d’électricité qu’elle n’en consommait, pendant 8,7 secondes. Elle a généré une puissance nette moyenne d’environ 2 kilowatts, avec un pic atteignant 16,5 kilowatts.
Cependant, un problème logiciel a interrompu le fonctionnement de l’installation, qui a été arrêtée par mesure de sécurité. Lors de la procédure de redémarrage, un câble électrique alimentant la pompe du fluide frigorigène a subi une défaillance, ce qui a définitivement mis fin à l’essai.

Endurance Energy compte toutefois tirer parti de cette expérience pour améliorer la conception et les tests de ses câbles sous-marins. L’installation de la centrale géothermique au-dessus d’une source hydrothermale naturelle constituait un test ponctuel, mené exclusivement à des fins de recherche et de démonstration. Endurance Energy prévoit de prendre des mesures pour limiter les éventuels impacts environnementaux sur les fonds marins et la faune marine. Le prochain test, prévu pour l’hiver 2026-2027, mettra en œuvre une unité Adélie remise à neuf et améliorée – rebaptisée Gentoo par référence au manchot papou – conçue pour permettre une importante production d’énergie.
L’entreprise développe par ailleurs un générateur commercial plus puissant, de 2 mégawatts, en vue de sa première mise en oeuvre commerciale, prévue en 2027 dans le royaume des Tonga. Cet État insulaire polynésien, situé dans le sud de l’océan Pacifique, alimente son réseau électrique principalement grâce à du diesel importé, dont le prix a considérablement augmenté depuis le début du conflit au Moyen-Orient.
Source : ARS Technica.

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I have dedicated a post 18 July 2024) to Axial Seamount, a submarine volcano located about 482 km off the coast of Oregon. It is a shield volcano structure, similar to those found in Hawaii.

By March 2024, the seamount was showing significant inflation and local scientists feared an eruption. The rise in inflation was accompanied by an increase in seismic activity. Volcanologists said that an eruption might occur between 2025 and 2026, but they admitted the unpredictability of volcanic activity. Actually, no eruption has occurred yet.

Despite the eruptive risk, researchers have just made on Axial Sealount the world’s first demonstration of a subsea geothermal power plant. It generated less than 10 seconds of net-positive electricity but showed the technical feasibility of tapping another form of renewable energy underwater.

Endurance Energy, the Seattle-based startup behind the effort, aims to eventually commercialize subsea geothermal power for Pacific island nations and other customers looking for alternatives to importing expensive fossil fuels.

Tapping geothermal power on the seafloor face many different challenges from land-based geothermal projects, which can also add up to higher installation and operational costs.

Endurance Energy’s deployment required a subsea lander drill to deploy from the ship Ocean Guardian and drill two holes in the seafloor at a depth of about 1,524 meters.

Both drilled holes started venting hot hydrothermal fluid at a temperature of about 260° C. The Endurance Energy team proceeded to case and cement the second hole before installing a valve to create a well. Next, the company deployed its 100-kilowatt power plant – named Adélie – designed to vaporize incoming hydrothermal fluid to spin a turbine and drive an electric generator. A remotely operated submersible was used to help connect the power plant to the newly drilled well.

Adélie also connected to Endurance Energy’s Seattle command center by plugging into a 900-kilometer network of undersea fiber-optic and electric cables that provides both power and connectivity to scientific sensors on the seafloor.

Everything was then ready for the Adélie power test. But a major hitch soon arose : the drilled well extending16 meters down into the seafloor was not delivering enough of the hydrothermal fluid to run the power plant.

The test well was also just 5 centimeters wide, compared to oil, gas, and onshore geothermal wells that typically have casings 50 to 90 centimeters across. Endurance Energy plans to avoid this issue in the future by drilling deeper wells to access more fluid. The company’s current lander drill can reach about 80 meters, which would be five times deeper than the initial test well.

To try running the Adélie power plant anyway, the team redeployed it to a nearby natural vent where hydrothermal fluid was already flowing out at about 281° C. Over nearly half a minute, the power plant turbine reached about 26,000 rpm and enabled the generator to produce 60 watt-hours of electricity. The power plant also became net-positive by producing more electricity than it consumed for about 8.7 seconds. It produced a median of about 2 kilowatts of net power and peaked at 16.5 kilowatts of net power.

But then a software issue brought the power run to a halt and the power plant was stopped as a safety precaution. When the team was restarting the power plant, a power cable feeding the refrigerant pump also failed, which ended the trial run, although Endurance Energy already plans to use the experience to improve how it builds and tests subsea cables.

Placing the geothermal plant on top of a natural hydrothermal vent was a one-time test for purely research and demonstration purposes. Endurance Energy plans taking steps to reduce potential environmental impacts on the seafloor and marine life.

The company’s next trial run planned for the winter of 2026 – 2027 will involve a refurbished and upgraded Adélie, renamed Gentoo, that will aim to sustain higher power generation.

The company is also developing a larger 2-megawatt commercial generator for its first planned commercial deployment with the Kingdom of Tonga in 2027. The Polynesian island nation in the South Pacific Ocean runs its power grid primarily on imported diesel fuel, which has significantly increased in price since the Middle East conflict.

Source : ARS Technica.

La Turquie et la COP31

Concentrations de CO2 : 426,71 ppm (9 octobre 2026)             

Concentrations de CH4 : 1934,57 ppb (juin 2026), contre 1929,17 en juin 2025.

La COP 31 aura lieu dans un mois à Antalya, en Turquie, du 9 au 20 novembre 2026. L’événement repose sur une structure conjointe inédite où la Turquie est le pays hôte, tandis que l’Australie assure la présidence des négociations.

J’ai toujours eu de gros doutes sur l’utilité des Conferences of the Parties (COP) dont l’organisation demande un argent fou et qui se terminent par des décisions non contraignantes. Au final, les états participants font un peu ce qu’ils veulent… et les concentrations des gaz à effet de serre dans l’atmosphère continuent d’augmenter (voir ci-dessus) !

Je reparlerai, bien sûr, de la COP31 en temps utile, mais voici déjà quelques informations concernant le secteur énergétique en Turquie.

Le 21 septembre 2026, le président désigné de la COP31 et ministre de l’Environnement turc, Murat Kurum, a indiqué que son pays mettra « une IA respectueuse du climat » sous les projecteurs à l’occasion de la COP31, sur fond de craintes croissantes concernant son empreinte carbone. Il a ajouté que pousser les entreprises technologiques à alimenter les centres de données avec de l’énergie propre serait l’une des principales priorités des discussions. Cela s’inscrit dans l’objectif phare d’électrification de la Turquie, qui vise à porter d’ici 2035 la part de la demande énergétique satisfaite par l’électricité à 35 %, contre environ 20 % aujourd’hui. La Promesse 35 pour 2035 a été annoncée en juin comme un moyen de contribuer à orienter le monde vers un avenir à faibles émissions de carbone.

S’agissant de l’électrification, il ne faut pas dire n’importe quoi. L’électrification consiste à remplacer par des sources propres les technologies qui brûlent des combustibles fossiles, par exemple en substituant à une voiture ou un bus diesel un véhicule électrique. Cela n’élimine toutefois pas nécessairement l’utilisation de combustibles fossiles polluants. Le World Resources Institute (WRI) décrit l’électrification comme « un facilitateur, et non une fin en soi », en ajoutant : « Une voiture électrique alimentée par un réseau très dépendant du charbon peut être pire pour le climat qu’une voiture qui roule à l’essence. Les bénéfices dépendent de la façon dont l’électricité est produite. »

Des experts craignent que la Promesse 35 de la Turquie pour 2035 permette aux gouvernements de comptabiliser l’extension de la production électrique à partir du gaz comme un progrès vers les objectifs d’électrification.

Des garde-fous clairs sont donc essentiels pour garantir que l’électrification fasse progresser à la fois la justice climatique et l’accès équitable aux énergies renouvelables, et non l’agenda de l’industrie des fossiles. Attendons de voir jusqu’où la COP31 sera honnête dans ce domaine.

Malgré des conditions de sécheresse, l’hydroélectricité reste la première source d’électricité propre de la Turquie (16 %). La part de l’éolien dans la production (11,1 %) dépasse celle de nombreux pays du G7, dont l’Italie (8,1 %) et la France, très dépendante du nucléaire (8,2 %). La production d’électricité solaire (10,5 %) a doublé en Turque au cours des deux dernières années, mais reste très en retard par rapport à des pays d’Europe du Sud au potentiel similaire comme l’Italie (17 %) et l’Espagne (22 %).

Le charbon demeure la première source d’électricité de Turquie, représentant 34,3 % de sa production en 2025. C’est 1,2 point au-dessus de la moyenne mondiale et 25,07 points au-dessus de la moyenne de l’UE.

Près de deux tiers de la production d’électricité à partir de charbon de Turquie repose sur des importations, ce qui a des implications pour la sécurité énergétique. Le pays dépend également fortement du gaz, qui a représenté 22,1 % de sa production électrique en 2025. Là encore, ce niveau est supérieur aux moyennes mondiale et européenne.

Graphique montrant la production d’électricité en 2025 dans  le monde, en Turquie et dans l’Union Européenne (Source : Ember Electricity Data Explorer)

Les émissions de carbone du secteur électrique en Turquie ont presque doublé au cours des deux dernières décennies en raison de la hausse de la production à partir de combustibles fossiles pour répondre à une demande croissante, même si la progression de l’éolien et du solaire au cours de la dernière décennie a contribué à infléchir cette tendance.

En Turquie, les émissions par habitant étaient alignées sur la moyenne mondiale en 2025. Le pays vise désormais à ce que 47 % de son électricité provienne des renouvelables d’ici 2030, un objectif légèrement plus ambitieux que la cible contraignante d’au moins 42,5 % fixée par l’UE.

Source : Euronews.

Plus d’informations sur les causes de la catastrophe au Népal // More information on the causes of the disaster in Nepal

Les informations recueillies par les autorités népalaises depuis le rapport initial ont considérablement clarifié l’origine de la catastrophe du 26 août 2026. L’USGS précise que l’événement sismique de magnitude M 4,4 précédemment signalé correspondait en réalité à de l’énergie sismique générée par l’effondrement de roches et de glace au niveau du glacier ainsi que par la coulée de débris qui a suivi. Le séisme mentionné dans les premiers rapports n’a donc pas eu lieu tel qu’il avait été interprété au départ.

L’analyse d’images satellites par des scientifiques a révélé que la partie inférieure d’un glacier s’est effondrée à une altitude d’environ 5 200 mètres. La masse de glace a chuté d’environ 1 200 mètres jusqu’au fond de la vallée, entraînant avec elle roches et sédiments. L’avalanche de glace et de roches a enduite touché la rivière Lhende, à une vingteine de kilomètres au nord-est du poste-frontière de Rasuwagadhi. Ce contact brutal de l’avalanche avec la rivière a provoqué une crue chargée de débris qui s’est propagée en aval à travers les réseaux hydrographiques des rivières Bhote Koshi et Trishuli.L’onde de crue a provoqué une montée du niveau de la rivière à Galchhi qui a atteint 9 mètres en l’espace de 30 minutes. Cette montée des eaux a charrié d’importantes quantités de sédiments et de blocs rocheux le long du cours d’eau qui a poursuivi sa course en aval jusqu’à la rivière Narayani. La catastrophe a touché des barrage hydroélectriques représentant une capacité totale de 901,1 MW. Le ministère de l’Énergie, des Ressources en eau et de l’Irrigation a signalé des dommages sur 12 structures en exploitation totalisant 431,1 MW, dont 406,1 MW d’hydroélectricité et une centrale solaire de 25 MW, ainsi que sur 15 projets en construction d’une capacité combinée de 470 MW.

L’événement a causé des pertes considérables du côté tibétain de la frontière. Les autorités chinoises ont fait état de trois décès et de 558 personnes portées disparues dans le district de Gyirong, dont 260 ressortissants étrangers. Les autorités locales surveillent un lac formé par un barrage naturel en amont, à Gyirong, en raison des risques d’instabilité accrue et des perturbations possibles pour les opérations de secours en cours.

Source : Presse népalaise et ICIMOD (International Centre for Integrated Mountain Development).

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Information gathered by Nepalese authorities since the initial report has significantly clarified the origin of the disaster on August 26, 2026. The USGS states that the previously reported magnitude 4.4 seismic event actually corresponded to seismic energy generated by the collapse of rock and ice at the glacier and the subsequent debris flow. The earthquake mentioned in early reports did not, therefore, occur as initially interpreted.
Analysis of satellite imagery by scientists revealed that the lower section of a glacier collapsed at an altitude of approximately 5,200 meters. The ice mass fell about 1,200 meters to the valley floor, carrying rocks and sediment with it. The ice and rock avalanche struck the Lhende River, roughly twenty kilometers northeast of the Rasuwagadhi border crossing. This violent impact triggered a debris-laden flood surge that traveled downstream through the Bhote Koshi and Trishuli river systems. The surge caused the river level at Galchhi to rise by 9 meters in just 30 minutes. This rising water carried large quantities of sediment and boulders downstream, continuing its course to the Narayani River. The disaster affected hydroelectric dams with a total capacity of 901.1 MW. The Ministry of Energy, Water Resources and Irrigation reported damage to 12 operational facilities totaling 431.1 MW—comprising 406.1 MW of hydroelectric capacity and a 25 MW solar plant—as well as to 15 projects under construction with a combined capacity of 470 MW.
The event caused significant losses on the Tibetan side of the border. Chinese authorities reported three deaths and 558 people missing in Gyirong County, including 260 foreign nationals. Local authorities are monitoring a lake formed by a natural dam upstream in Gyirong due to the risk of increased instability and potential disruption to ongoing rescue operations.
Source: Nepalese press and ICIMOD (International Centre for Integrated Mountain Development)

Réchauffement climatique et trafic fluvial en Europe // Global warming and river transport in Europe

Concentrations de CO2 : 428,26 ppm (06 août 2026) Hausse de 3 ppm sur un an.             

Concentrations de CH4 : 1937,59 ppb (avril 2026) Hausse de 3 ppb sur un an.

On entend souvent dire que pour réduire les émissions de gaz à effet des serre générés par le transport routier, il faudrait développer le transport fluvial, en utilisant davantage des grands fleuves européens comme le Rhin ou le Danube. Aujourd’hui, avec les vagues de chaleur à répétition et leur effet sur le niveau des cours d’eau, on se rend compte que cette alternative a ses limites.

Avec le réchauffement climatique, le manque de précipitations et une sécheresse à grande échelle, les fleuves européens comme le Danube et le Rhin coulent au ralenti avec, comme conséquence immédiate, la perturbation du transport fluvial.

Certains tronçons du Danube et du Rhin deviennent difficiles ou impossibles à emprunter. Dans ce cas, une partie du fret doit être reportée vers le rail ou la route, qui sont souvent déjà saturés et qui coûtent plus cher.

Vue du Danube à Apatin en Serbie le 26 juillet 2026 ( Crédit photo : Reuters / Djordje Kojadinovik).

À noter que la baisse du niveau des eaux du Danube en de nombreux endroits a mis au jour des vestiges du passé. Près de Prahovo, en Serbie, de nombreuses épaves de navires de guerre allemands deviennent visibles chaque année ; certaines doivent être renflouées dans les années à venir, tandis que d’autres ont déjà été sorties de l’eau. L’histoire de ces épaves remonte aux dernières années de la Seconde Guerre mondiale. À l’automne 1944, la Wehrmacht battait en retraite face à l’avancée de l’Armée rouge, tant par voie terrestre que fluviale. Les soldats d’Hitler avaient pour ordre de ne laisser aucun matériel militaire utilisable tomber aux mains de l’ennemi. Cette consigne s’appliquait également aux flottilles de la Kriegsmarine présentes sur le deuxième plus long fleuve d’Europe. En conséquence, les équipages ont sabordé leurs navires dans le Danube. L’objectif était d’utiliser les épaves pour bloquer la voie navigable et empêcher ainsi l’Armée rouge de remonter le cours du Danube. Ce blocage a encore des répercussions aujourd’hui sur le trafic fluvial. .

Les secteurs les plus touchés par cette désorganisation du transport fluvial suite à la baisse des eaux des fleuves européens sont la construction, le raffinage, la chimie et la sidérurgie. C’est très visible en Allemagne, où ces deux secteurs clés dépendent fortement du Rhin pour faire venir de grandes quantités de matières premières mais aussi pour sortir les produits finis des usines.

La presse allemande s’inquiète d’un arrêt de la navigation sur le Rhin qui exigerait, selon les experts, environ 3000 camions citernes supplémentaires par jour. Or ces capacités ne sont pas disponibles. Le risque d’une grave perturbation des chaînes d’approvisionnement est par conséquent réel.

Le Rhin est le deuxième plus long fleuve d’Europe. Mais ces derniers jours, c’est l’assèchement du Danube, le plus grand cours d’eau du Vieux continent qui fait les gros titres.

En effet, le débit du Danube est trois fois inférieur aux normales de saison. Cela a obligé la Hongrie d’annoncer le 2 août 2026 l’arrêt de son unique centrale nucléaire qui produit 40% de l’électricité annuelle du pays. L’eau pompée dans le Danube ne suffit plus pour refroidir les quatre réacteurs. Pour les mêmes raisons, la Bulgarie et la Roumanie ont été également contraintes de mettre à l’arrêt des réacteurs de certaines centrales nucléaires. Personne n’en parle, mais la France pourrait être contrainte de prendre des mesures identiques <si le niveau de certaines rivières – la Vienne par exemple – continue de baisser.

En Serbie, ce sont les centrales hydroélectriques le long du Danube qui ne tournent plus qu’à 20% de leur capacité. Comme le pays dépend de ces centrales hydroélectriques pour un tiers de sa production d’électricité, le gouvernement serbe a appelé la population à la sobriété. Dans les faits, c’est le contraire qui se passe. Avec les canicules à répétition, la consommation d’électricité est à la hausse car les climatiseurs tournent à plein régime, avec pour conséquence une augmentation généralisée des prix de l’énergie.

L’agriculture est également directement affectée par l’assèchement des grands fleuves européens et : par la désorganisation du transport fluvial qui s’ensuit.

Le simple manque d’eau pèse lourdement sur la production agricole. En Serbie, le niveau du Danube est si bas que les autorités ont été contraintes à mettre à l’arrêt une pompe qui dévie l’eau du fleuve vers un système de canaux qui permet l’irrigation de plus d’un million d’hectares de terres arables dans le nord du pays.

Au final, l’assèchement des fleuves européens va peser sur l’économie du Vieux Continent, en particulier sur l’emploi, les PIB et l’inflation. Une amélioration des conditions fluviales n’est pas en vue. Selon les prévisions, il n’y aura pas de précipitations importantes sur les cours du Danube et du Rhin pour encore cinq ou six semaines.

Source : RFI.

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It is often said that to reduce greenhouse gas emissions from road transport, we should expand inland waterway transport by making greater use of major European rivers like the Rhine or the Danube. However, given the recurring heatwaves and their impact on water levels, it is becoming clear that this alternative has its limits.

Global warming, a lack of rainfall, and widespread drought have caused European rivers like the Danube and the Rhine to flow sluggishly, resulting in immediate disruptions to river transport.
Certain stretches of the Danube and the Rhine are becoming difficult or impossible to navigate. Consequently, some freight must be diverted to rail or road transport, modes that are often already congested and more expensive.
It is worth noting that falling water levels in the Danube have exposed relics of the past in many locations. Near Prahovo, Serbia, numerous German warship wrecks become visible each year; some are slated for salvage in the coming years, while others have already been raised. These wrecks date back to the final years of World War II. In the autumn of 1944, the Wehrmacht was retreating—both by land and by river—in the face of the advancing Red Army. Hitler’s soldiers had orders not to let any usable military equipment fall into enemy hands. This directive applied to the Kriegsmarine flotillas stationed on Europe’s second-longest river as well. As a result, crews scuttled their ships in the Danube. The aim was to use the wrecks to block the waterway and thereby prevent the Red Army from moving upriver. This obstruction continues to impact river traffic to this day.
The sectors most affected by these river transport disruptions—caused by falling water levels in European rivers—include construction, oil refining, chemicals, and steel production. This is particularly evident in Germany, where these key industries rely heavily on the Rhine to bring in large quantities of raw materials and to transport finished products out of their factories. The German press is concerned about a potential halt to Rhine shipping, which experts say would require around 3,000 additional tanker trucks daily, acapacity that simply does not exist. Consequently, there is a real risk of serious supply chain disruption.
The Rhine is Europe’s second-longest river. However, in recent days, headlines have been dominated by the drying up of the Danube, the continent’s largest waterway.
Indeed, the Danube’s flow rate is currently one-third of the seasonal norm. This forced Hungary to announce, on August 2, 2026, the shutdown of its only nuclear power plant, which generates 40% of the country’s annual electricity. Water pumped from the Danube is no longer sufficient to cool the four reactors. For the same reasons, Bulgaria and Romania have also been forced to shut down reactors at certain nuclear power plants. It is rarely discussed, but France could be compelled to take similar measures if water levels in certain rivers—such as the Vienne—continue to drop.
In Serbia, hydroelectric plants along the Danube are operating at only 20% capacity. Since the country relies on these plants for a third of its electricity production, the Serbian government has called on the public to conserve energy. In reality, however, the opposite is happening: repeated heatwaves are driving up electricity consumption as air conditioners run at full blast, resulting in a widespread rise in energy prices.
Agriculture is also directly affected by the drying up of major European rivers and the resulting disruption to inland waterway transport.
The sheer lack of water is placing a heavy burden on agricultural production. In Serbia, water levels in the Danube have dropped so low that authorities have been forced to shut down a pump that diverts river water into a canal system used to irrigate over a million hectares of arable land in the country’s north.
Ultimately, the drying up of Europe’s rivers will weigh on the continent’s economy, particularly regarding employment, GDP, and inflation. No improvement in river conditions is in sight; forecasts indicate there will be no significant rainfall along the Danube and Rhine for another five or six weeks.
Source: RFI.