La fonte des glaciers de la Chaîne des Cascades (Etats-Unis) // The melting of the Cascade Range glaciers (United States)

Plusieurs volcans de la Chaîne des Cascades – le long de la côte ouest des Etats-Unis – comme le Mt Baker, le Mt Rainier, le Mt Hood ou le Mt Shasta ont des glaciers à leurs sommets et sur leurs pentes. Avec le changement climatique, ces glaciers sont en train de fondre mais ils pourraient toujours constituer une menace pour les localités situées à des altitudes plus basses.

Les glaciers des North Cascades sont surveillés depuis 1983. En 2019, pour la 16ème fois consécutive, des glaciologues américains ont visité ces rivières de glace dans le cadre du North Cascade Glacier Climate Project. Le but de la mission était d’étudier l’impact du réchauffement climatique. La principale conclusion a concerné « la perte choquante de volume des glaciers ». Un glaciologue a déclaré: «J’ai été choqué par la perte d’épaisseur de chaque glacier au cours des deux dernières décennies et demie. »

Au cours des 16 journées passées sur le terrain, les chercheurs ont étudié scrupuleusement 10 glaciers. Les mesures qui ont été effectuées viennent s’ajouter à la base de données actuelle qui couvre 36 années et indique une perte en volume de 30% de ces glaciers au cours de cette période.

En regardant les premiers résultats de la mission, on peut constater que chaque glacier subira une perte de bilan massique de 1,5 à 2,25 mètres, ce qui se traduira par un recul continu. Les glaciers Columbia et Rainbow servent de référence au World Glacier Monitoring Service. L’Easton Glacier s’ajoutera à la liste dans les prochains mois.

De nombreuses photos ont été prises pendant la mission. Vous découvrirez quelques unes d’entre elles à cette adresse:

Annual Assessment of North Cascades Glaciers Finds ‘Shocking Loss’ of Volume

Les données définitives de bilan de masse et de recul des glaciers seront publiées après le 1er octobre 2019.

Source : The Oregonian.

À l’exception de ceux du Mont Shasta, qui semblent relativement stables grâce aux masses d’air humide en provenance du Pacifique, la plupart des glaciers de la Chaîne des Cascades marquent un net recul. Dans une note publiée le 7 mars 2016, j’ai décrit la situation sur le Mont Rainier où le principal danger redouté par les autorités concerne les lahars, autrement dit des coulées de boue qui pourraient être déclenchées par la fonte des glaciers sur les flancs du volcan. Cependant, avec le réchauffement climatique, les glaciers ont reculé au cours des dernières décennies, de sorte que leur volume est moins impressionnant que par le passé. Si une éruption se produisait, les coulées de boue seraient probablement moins destructives, même si elles causeraient de graves dégâts dans les localités sur leur chemin. Des villes comme Orting sur les berges de la Puyallup River seraient certainement touchées. Des itinéraires d’évacuation ont été mis en place pour permettre à la population de se réfugier dans des lieux sûrs.

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Several volcanoes of the Cascade Range like Mt Baker, Mt Rainier Mt Hood or Mt Shasta have glaciers at their summits and on their slopes. With climate change, these glaciers are melting but might still be a threat to communities at lower altitudes.

The North Cascades glaciers have been monitored since 1983. In 2019, for the 16th consecutive time, US glaciologists visited these rivers of ice as part of the North Cascade Glacier Climate Project. The aim of the mission was to see the impact of global warming. The main conclusion of the mission concerned the shocking loss of glacier volume. Said one glaciologist: “I was shocked by the amount of thinning each glacier has endured through the last two and a half decades.”

Over the span of 16 days in the field, 10 glaciers were examined in detail. The measurements that were completed add to the now 36-year-long database that indicate a 30 percent volume loss of these glaciers during that period.

Looking at the preliminary results, one can observe that each glacier will have a mass balance loss of  1.5 – 2.25 metres, which drives continued retreat. Columbia and Rainbow Glacier are reference glaciers for the World Glacier Monitoring Service, with Easton Glacier joining the ranks later this year.

Many photos have been taken during the mission. A few of them can be seen at this address:

https://glacierhub.org/2019/09/10/annual-assessment-of-north-cascades-glaciers-finds-shocking-loss-of-volume/?fbclid=IwAR0mWp8JeeMH-IbdEZ9ncH_SXoA4LxoHwcLB4vNO_XvULC4xll-vNso6_SA

Specific mass balance and retreat data will be published after October 1st, 2019.

Source: The Oregonian.

Except those on Mt Shasta which seem to be stable thanks to the wet air masses from the Pacific, most glaciers along the Cascade Range are retreating. In a note released on March 7th, 2016, I described the situation on Mt Rainier where the main danger feared by the authorities lies with the lahars, namely mudflows that could be triggered by the melting of the glaciers on the flanks of the volcano. However, with global warming, glaciers have been retreating in the past decades so that their volume is less impressive than in the past. Should an eruption occur, mudflows would likely be less destructive, even though they would cause severe damage to the communities on their way. Cities like Orting on the shores of the Puyallup River would certainly be affected. Evacuation routes have been set up to allow the population to flee to safe places.

Vue aérienne du Mont Baker

Glaciers du Mont Rainier

Voies d’évacuation à Orting, sur les flancs du Mt Rainier

Vue du Mont Shasta

(Photos: C. Grandpey)

A l’ombre de la Montagne Pelée (Martinique)

J’aurai le plaisir de présenter prochainement deux conférences à la Martinique :

  • le 14 août 2019 à 15h45 à la Maison des Volcans de Morne-Rouge: Volcans de subduction – La Chaîne des Cascades.

  • Le 16 août 2019 à 18h30 au CDST de St Pierre: Points chauds, méga volcans et Yellowstone.

Le Mont St Helens et le Parc de Yellowstone seront au menu de ces deux conférences (Photos: C. Grandpey)

Steven Brantley (USGS) prend sa retraite // USGS Steven Brantley retires

Steven Brantley, l’un des piliers de l’USGS, prend sa retraite ce mois-ci, après 37 années de bons et loyaux services, dont 16 à l’Observatoire Volcanologique des Cascades (CVO) et 21 ans à l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO). Dans un article qu’il a écrit pour ce dernier observatoire, Steve dit que ce fut pour lui un privilège de consacrer sa longue carrière à observer des volcans, travailler avec ses collègues et à aider les gens à comprendre les impacts potentiels des éruptions.
Sa carrière a débuté sur le Mont St. Helens en 1981 et se termine sur le Kilauea en 2018, éruptions marquées par deux événements majeurs d’effondrement volcanique. Suite à l’éruption du Mont Saint Helens, j’avais demandé des informations à Steve Brantley et il m’avait aimablement envoyé de la documentation pour mieux comprendre l’événement. L’éruption du Mont Saint Helens a conduit à la création de l’Observatoire Volcanologique des Cascades, inspiré de l’Observatoire des Volcans d’Hawaii, qui permet aux scientifiques de se concentrer sur des observations à long terme et de surveiller de près les volcans de la Chaîne des Cascades.
Steve Brantley explique dans son article que de nombreuses éruptions aux États-Unis et à l’étranger ont jalonné sa carrière. Après seulement quatre ans de travail au CVO, l’éruption du Nevado del Ruiz en 1985 a tué plus de 25 000 personnes lorsque des lahars ont submergé plusieurs vallées. Pendant des décennies, des milliers de personnes ont implanté, sans le savoir, leurs communautés sur des dépôts de lahars issus de précédentes éruptions du volcan. Cela a finalement créé le dilemme auquel les autorités colombiennes ont été confrontées lorsque le volcan s’est réveillé un an avant l’éruption meurtrière: Pendant combien de temps pourrait-on retarder l’évacuation de milliers de personnes afin de minimiser les bouleversements économiques et les coûts politiques d’une évacuation trop précoce ou d’une fausse alerte? Steve affirme que ce dilemme est le même partout dans le monde pour les autorités qui gèrent les situations d’urgence ainsi que pour les élus, car de plus en plus de gens vivent et travaillent sur les pentes des volcans ou dans des zones connues pour leurs dangers potentiels.
Ce dilemme crée également de plus en plus de défis pour les scientifiques qui doivent s’efforcer d’améliorer leurs capacités de surveillance et d’interprétation du comportement volcanique afin de pouvoir émettre des bulletins d’alerte plus précis concernant les éruptions et leurs conséquences potentielles. Ces mêmes scientifiques doivent également communiquer efficacement les résultats de leurs travaux avant, pendant et après les éruptions pour sensibiliser les médias et le public qui s’intéressent de plus en plus aux risques induits par les volcans.
Steve nous rappelle que depuis la tragédie du Nevado del Ruiz, des crises volcaniques ont trouvé des solutions positives. Selon lui, deux éruptions émergent parce que les mesures prises par les autorités et les scientifiques ont sauvé des milliers de vies: le Mont Pinatubo, aux Philippines en 1990, et le Merapi, en Indonésie en 2010, même si je pense personnellement que pour le Merapi, le bilan aurait été moins lourd avec une meilleure gestion du périmètre de sécurité.
Source: HVO, Hawaii 24/7.

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Steven Brantley, one of the pillars of the U.S. Geological  Survey (USGS) is going to retire this month after a 37-year career, with 16 years at the Cascades Volcano Observatory (CVO) and 21 at the Hawaiian Volcano Observatory (HVO). In an article he wrote for this observatory, Steve says he feels privileged to have spent a long career observing volcanoes, supporting his colleagues, and striving to help people understand the potential impacts of eruptions.

His career began at Mount St. Helens in 1981 and is ending at Kilauea Volcano in 2018, with two major collapse events on volcanoes. In the wake of Mt St Helens eruption, I had asked Steve Brantley for information and he had kindly sent me documents to better understand the event.  The eruption of Mt St Helens led to the creation of the Cascades Volcano Observatory, modelled after the Hawaiian Volcano Observatory for scientists to focus long-term investigations and keep a watchful eye on Cascade Range volcanoes.

In the article, Steve Brantley says that many eruptions in the U.S. and abroad punctuated his career. Only four years into his work at CVO, the 1985 eruption of Nevado del Ruiz killed more than 25,000 people when lahars swept down several river valleys. Thousands of people had, for many decades, unknowingly built their communities on lahar deposits from earlier eruptions of the volcano. This eventually created the dilemma faced by Colombian authorities when the volcano awakened a year before the deadly eruption: How long could evacuation of thousands of people be delayed to minimize economic upheaval and political costs of a too-early evacuation or false alarm? Steve says that this dilemma is universal for current emergency-management authorities and elected officials as increasing numbers of people live and work on the slopes of volcanoes or within areas known for potential volcanic hazards.

The dilemma also creates increasing challenges for scientists to improve their capabilities to monitor and interpret volcanic behaviour so they can issue more accurate and timely warnings of eruptions and potential consequences. They must also effectively communicate the results of their work before, during, and after eruptions to raise awareness of volcano hazards to an increasingly interested and demanding media and public.

Steve reminds us that there have been successful responses to sudden periods of volcanic unrest since the Nevado del Ruiz tragedy. In his opinion, two eruptions stand out because bold actions taken by officials and scientists saved thousands of lives: Mount Pinatubo, Philippines, in 1990, and Mount Merapi, Indonesia, in 2010, although I personally think that for Mount Merapi the death toll could have been lower with a better management of the danger zone.

Source : HVO, Hawaii 24/7.

Steve Brantley le 17 juillet 2018 durant une réunion d’information à Pahoa sur l’éruption du Kilauea.

Les effondrements du Mt St Helens (Photo : C. Grandpey) et de l’Halema’uma’u (Photo : HVO) ont encadré la carrière de Steven Brantley

Les volcans les plus menaçants aux Etats-Unis // The most threatening volcanoes in the U.S.

En 2005, l’USGS a décidé d’attribuer un «niveau de menace» aux 169 volcans potentiellement actifs aux États-Unis. Les résultats ont montré que 18 volcans ont une menace «très élevée», et 10 d’entre eux se trouvent dans le nord-ouest du pays.
Entre le nord de la Californie et l’Oregon ou l’Etat de Washington, les volcans de la Chaîne des Cascades sont les plus menaçants en raison de divers facteurs. Les scientifiques se sont focalisés sur le nombre de personnes vivant à proximité, les nuages de cendre et les coulées de lave que ces édifices sont susceptible d’émettre. Ainsi, le Mont Hood, près de Portland, a reçu un niveau de menace «très élevé», tandis que le Mont Cleveland dans les îles Aléoutiennes en Alaska a reçu un niveau de menace «modéré».
Les chercheurs de l’USGS ont classé les volcans américains en leur attribuant un score global de menace basé sur ces facteurs. Au final, le Kilauea à Hawaii gagne la compétition, suivi de plusieurs volcans du Nord-Ouest. On peut voir la liste de tous ces volcans ci-dessous, ainsi que leur emplacement sur une carte.

Il y a quelques années, j’ai décidé de visiter la Chaîne des Cascades du nord au sud. J’ai commencé avec Mt Garibaldi au Canada et terminé avec Lassen Peak en Californie.

Voici, selon l’USGS, les 10 volcans les plus dangereux du Nord-Ouest des Etats-Unis, le long de la côte Pacifique :

Le Mont St Helens (dernière éruption en 2008) dans l’État de Washington est en tête de liste avec un score de menace de 267.

Le deuxième est le Mont Rainier (dernière éruption en 1894), également dans l’État de Washington, en raison de sa proximité de Seattle. Son score de menace est de 244.

Le Mont Hood dans l’Oregon (dernière éruption en 1866) arrive troisième sur le podium avec un score de menace de 213.

(Photos: C. Grandpey)

Le Mont Shasta en Californie (dernière éruption en 1786) occupe la quatrième place avec un score de menace de 210.
Le numéro 5 sur la liste est South Sister – l’une des Three Sisters – en Oregon (dernière éruption en 440) avec un score de menace de 194.
Lassen Peak en Californie (dernière éruption en 1917) arrive 6ème avec un score de menace de 186.
Le numéro 7 est Crater Lake dans l’Oregon (dernière éruption en 2850 av. J.-C.) avec un score de menace de 161.
Le Mont Baker dans l’État de Washington (dernière éruption en 1880) arrive au 8ème rang avec un score de menace de 156
Glacier Peak dans l’État de Washington (dernière éruption en 1700) est 9ème avec un score de menace de 155.
Le dernier de la liste est Newberry Volcano en Oregon (dernière éruption en 690) avec un score de menace de 126.

D’autres volcans ont reçu un niveau de menace «très élevé» aux Etats-Unis. Les voici, avec leurs scores de menace entre parenthèses:
Kilauea (324; Hawaii), Mauna Loa (170; Hawaii), Mont Redoubt (164; Alaska), Makushin (152; Alaska), Mont Akutan (140; Alaska), Mont Spurr (130; Alaska), Long Valley Caldera (128, Californie), Augustine (123; Alaska).

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In 2005, the U.S. Geological Survey set out to assigning a “threat level” to all 169 potentially active volcanoes in the United States. The results showed only 18 volcanoes that could be considered a “very high” threat, and 10 of those happen to be found right here in the Northwest.
Ranging from Northern California through Oregon and Washington, the Cascade peaks earned the highest threat level due to a variety of factors, with researchers focused specifically on the number of people living nearby, and the potential range of ash and lava flows. That’s why Mount Hood near Portland got a “very high” threat level, while Mount Cleveland in the remote Aleutian Islands of Alaska got a “moderate” threat level.
USGS researchers further evaluated the U.S. volcanoes, assigning each an overall threat score based on those factors. The result was Hawaii’s Kilauea on top, followed by several Northwest mountains, with Hawaiian, Alaskan and one southern California volcano mixed in. You can see a full list of the threatening peaks below, but here are the 10 most dangerous volcanoes in the Pacific Northwest.. A few years ago, I decided to visit the Cascade Range from top to bottom. I started with Mt Garibaldi in Canada and ended with Lassen Peak in California.

According to USGS, Mount St Helens (last eruption in 2008) in Washington State is top of the list with a threat score of 267.

 Second comes Mount Rainier (last eruption in 1894), also in Washington State, because of its proximity to Seattle. Its threat score is 244

Mount Hood in Oregon (last eruption in 1866) arrives third on the podium with a threat score of 213.
PHOTO

Mount Shasta in California (last eruption in 1786) occupies the fourth place with a threat score of 210.

Nu:mber 5 is South Sister – one of the Three Sisters – in Oregon ( last eruption in 440) with a threat score of 194.

Lassen Peak in California (last eruption in 1917) arrives 6th with a threat score of 186.

Number7 is Crater Lake in Oregon (last eruption in 2850 B.C.) with a threat score of 161.

Mount Baker in Washington State (last eruption in 1880) comes 8th with a threat score of 156

Glacier Peak in Washington State (last eruption in 1700) is number 9 with a threat score of 155.

 The last of the list is Newberry Volcano in Oregon (last eruption in 690) with a threat score of 126.

Other « very high » threat volcanoes in the U.S. are (with their threat scores in brackets):

Kilauea (324; Hawaii), Mauna Loa (170; Hawaii), Mount Redoubt (164; Alaska), Makushin Volcano (152; Alaska), Mount Akutan (140; Alaska), Mount Spurr (130; Alaska), Long Valley Caldera (128; California), Augustine Volcano (123; Alaska)

Source: Google maps

La menace des volcans de la Chaîne des Cascades // The threat of the Cascade Range volcanoes

Tout au long de la Chaîne des Cascades, jusqu’au sud de la Californie, la côte ouest des Etats-Unis abrite la plupart des volcans les plus actifs du pays, et ils ont été répertoriés par l’United States Geological Survey (USGS). Le Mont Shasta arrive en tête de liste pour la Californie, mais il existe sept autres zones volcaniques dans cet Etat qui sont également susceptibles d’entrer en éruption.
Les huit volcans les plus menaçants se divisent en trois catégories:
– Très haut risque: Shasta, Lassen et Long Valley
– Haut risque: Clear Lake, Medicine Lake et Salton Buttes
– Risque moyen: Ubehebe et Coso
En 2005, une équipe dirigée par un volcanologue de l’Observatoire Volcanologique des Cascades a mis en place un système pour déterminer lesquels, parmi les 169 volcans des Etats-Unis, sont les plus dangereux et nécessitent une surveillance accrue. L’équipe a identifié 57 volcans prioritaires aux États-Unis. Parmi les 18 «volcans à très haut risque», 11 sont situés dans trois états le long de la Chaîne des Cascade (l’Alaska et Hawaï possèdent les autres volcans):
– Californie: Lassen, Long Valley, Shasta
– Oregon: Crater Lake, Mont Hood, Newberry, South Sister (Three Sisters)
– Washington: Mont Baker, Glacier Peak, Mont Rainier, Mont St. Helens
La liste a été créée non seulement pour montrer à la population que la Terre est une planète vivante, mais aussi pour déterminer quels volcans du pays ont besoin d’une surveillance accrue.
L’équipe de volcanologues a pris en compte 25 facteurs pour déterminer le niveau de risque d’un volcan: son passé ; son mode de fonctionnement ; sa fréquence éruptive ; son mode éruptif : Lahars? Coulées pyroclastiques? Son niveau explosif ; l’activité actuelle ;  la sismicité (présence d’essaims sismiques) ; les émissions de gaz volcaniques à haute température ; les déformations de l’édifice, etc.

En plus de la géophysique d’un volcan, l’équipe scientifique a examiné le nombre de personnes vivant ou travaillant à proximité, ainsi que le nombre et le type d’infrastructures (production d’électricité, installations portuaires, etc.)
L’équipe a également examiné les risques pour l’aviation et comptabilisé le nombre de vols   traversant quotidiennement l’espace aérien au-dessus du volcan. Les volcanologues avaient en tête l’éruption de l’Eyjafjallajökull en Islande en 2010. Elle a entraîné la fermeture de l’espace aérien européen pendant plus d’une semaine, avec un impact financier de 10 milliards de dollars.
L’éruption la plus récente en Californie est celle de Lassen Peak qui se trouve au coeur d’une région très active. On sait que ce volcan connaîtra de nouvelles éruptions. En effet, le Lassen Volcanic Center a connu au moins 13 éruptions au cours des 100 000 dernières années. Cela ne semble pas très fréquent. Cela représente un intervalle de récurrence d’environ 7500 ans. Cependant, il y a eu trois éruptions au cours des 1100 dernières années.
Source: The Oregonian.

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Throughout the Cascade Range to southern California, the West Coast is home to most of the United States’ highest-threat volcanoes, as ranked by the United State Geological Survey. Mount Shasta tops the list of very-high threat volcanoes in California, but there are seven other volcanic areas in the state that are also likely to erupt.

The eight threatening volcanoes fall into three danger categories:

– Very-high threat: Mount Shasta, Lassen Volcanic Center and Long Valley Volcanic Region

– High threat: Clear Lake Volcanic Field, Medicine Lake Volcano and Salton Buttes

– Moderate threat: Ubehebe Crater and Coso Volcanic Field

In 2005, a national team led by a volcanologist with the USGS Cascades Volcano Observatory, established a system for deciding which of the United States’ 169 young volcanoes are the most dangerous and most in need of monitoring. The team identified 57 priority volcanoes in the U.S. Among the 18 « very high threat volcanoes, » 11 are along the Cascade Range in three states (Alaska and Hawaii have the others):

– California: Lassen Volcanic Center, Long Valley Caldera, Mount Shasta

– Oregon: Crater Lake, Mount Hood, Newberry, South Sister of The Three Sisters

– Washington: Baker, Glacier Peak, Rainier, St. Helens

The volcano threat list was created not simply to alert people that the Earth is alive but also to set a foundation for determining which of the country’s volcanoes need extensive monitoring.

The team used 25 factors to determine a volcano’s danger status: What has the volcano done in the past? What’s its modus operandi? When does it tend to erupt? What kind of phenomenon does it produce? Lahars? Pyroclastic flows? Is it a highly explosive volcano? How active is the volcano right now? Are there seismic swarms? Is it emitting hot volcanic gases? Is the edifice changing its shape?

In addition to the geophysics of a volcano, the team examined how many people live or work near it, plus the amount and type of infrastructure has been built up around it … power generation, port facilities, etc.

The team also considered the aviation exposure and how many flights a day pass through the volcanic airspace. A good example is the 2010 eruption of Eyjafjallajökull in Iceland which shut down European airspace for over a week and which ran up about a $10 billion impact cost.

The most recent volcano to erupt in California, Lassen Peak, sits in the middle of a region ready to blow. It is active and it will erupt again. The Lassen Volcanic Center has had at least 13 eruptions in the last 100,000 years. That does not sound like very often. It is a recurrence interval of about 7,500 years. However there have been three eruptions in the last 1,100 years.

Source: The Oregonian.

4000 années d’éruptions le long de la Chaîne des Cascades (Source: USGS)

Mont Baker (Photo: C. Grandpey)

Mont Hood (Photo: C. Grandpey)

Mont Rainier (Photo: C. Grandpey)

Mont St Helens (Photo: C. Grandpey)

Lassen Peak (Photo: C. Grandpey)

 

La mort des glaciers de la Chaîne des Cascades // The death of the glaciers of the Cascade Range

Voici le lien vers un article très intéressant qui montre à quelle vitesse les glaciers fondent et reculent dans le Pacifique Nord-Ouest:
http://www.counterpunch.org/2017/04/28/mountain-of-tears-the-vanishing-glaciers-of-the-pacific-northwest/

L’article présente le témoignage d’un homme habitué à escalader le Mont Hood (Oregon), l’un des volcans potentiellement actifs de la Chaîne des Cascades. Il vient d’effectuer la 26ème ascension du versant nord-est de la montagne.
L’homme explique que, lorsqu’il a escaladé pour la première fois Cooper’s Spur, un éperon rocheux en dessous du sommet pyramidal du volcan, au début des années 1990, une grande partie de cette arête était toujours sous la neige jusqu’au mois d’août. Le parcours était balisé uniquement par des cairns et des poteaux en bois. En 2005, ces hautes pentes du Mont. Hood n’avaient plus de neige dès la mi-juillet, voire plus tôt. Au printemps 2017, après une série de journées chaudes en avril, la couverture neigeuse de Cooper’s Spur avait déjà fondu début mai, offrant les glaciers aux rayons du soleil pour une durée d’au moins six mois. Même après un hiver de fortes pluies et de chues de neige abondantes, le manteau neigeux de l’Oregon n’atteignait que 56 pour cent de la normale, une tendance qui n’a fat qu’empirer au cours des vingt dernières années.

L’histoire est la même tout le long de la Chaîne des Cascades, depuis la frontière canadienne jusqu’au Mont. Shasta dans le nord de la Californie. L’une des conséquences de la diminution du manteau neigeux est que la partie la plus humide des Etats-Unis est maintenant confrontée au risque d’une pénurie d’eau. La perspective d’une réduction du manteau neigeux et des eaux de fonte est également préoccupante pour les saumons et les truites qui viennent frayer dans les petits cours d’eau de ces montagnes.
Au cours de sa descente du Mont Hood, le randonneur a rencontré un glaciologue suédois qui étudie les glaciers des Cascades depuis une dizaine d’années. Il lui a dit que le glacier Eliot – le plus grand glacier de l’Oregon – a perdu plus de 42 mètres d’épaisseur au cours du siècle dernier et a reculé de plus de 300 mètres par rapport aux premières photos prises en 1901. Les glaciers ont reculé de plus de 50% dans tout le nord-ouest des Etats Unis et la vitesse de ce recul est en train de s’accélérer. Des dizaines de glaciers du nord-ouest ont complètement disparu, y compris dix glaciers répertoriés en Oregon.
Le front du glacier Eliot est profondément fissuré et on peut l’entendre gronder et craquer, comme si la montagne pleurait la perte d’une glace qui a recouvert ses flancs pendant 20 000 ans.

Source: Counterpunch.org.

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Here is the link to a very interesting article that shows how fast glaciers are melting and retreating in the Pacific Northwest:

http://www.counterpunch.org/2017/04/28/mountain-of-tears-the-vanishing-glaciers-of-the-pacific-northwest/

In the article, we have the testimony of a man who is used to climbing Mount Hood in Oregon, one of the potentially active volcanoes of the Cascade Range. He has just performed the 26th climb of the north-eastern slope of the mountain.

The man explains that when he first climbed Cooper’s Spur – a sharp ridge plunging off the volcano’s pyramidal peak – in the early 1990s, much of the ridge was still under snow well into August; the climbing route was visible only by following stone cairns and wooden posts. By 2005, these high slopes on Mt. Hood were clear of snow by mid-July, if not earlier. In spring 2017, after a blistering run of days in April, the snowpack on Cooper’s Spur had melted off by early May, exposing the glaciers to at least six months of sun. Even following a winter of heavy rains and mountain snow, Oregon’s snowpack was reduced to 56 percent of normal, a trend that has been getting worse for the past twenty years.

The story is the same up and down the Cascade Range, from the Canadian border to Mt. Shasta in northern California. One consequence of the dwindling snowpack is the fact that the soggiest part of the country is now facing the prospect of water shortages. The prospect of diminished snowpacks and early melt-offs is even more dire for the salmon and trout that spawn in the mountains small rivers and streams.

On his descent, the climber met a Swedish glaciologist who has been studying Cascade glaciers for the past decade. He told him that the Eliot Glacier – Oregon’s largest glacier – has lost more than 42 metres in thickness over the last century and has retreated more than 300 metres from the first photos of the glacier taken in 1901. Across the Northwest, glaciers have retreated by more than 50 percent and the pace of retreat is quickening. Dozens of northwest glaciers have disappeared entirely, including ten named glaciers in Oregon.

The face of the Eliot Glacier is deeply fissured and one can hear it rumble and crack, as if the mountain itself was moaning at the loss of ice that had coated its flanks for the last 20,000 years.

Source : Counterpunch.org.

Le Mont Hood vu depuis l’espace (Crédit photo: NASA)

Vue du Mont Hood depuis le nord. On aperçoit Cooper’s Spur sur la gauche, juste avant la pente terminale (Photo: C. Grandpey)

 

Bientôt un Bureau de Surveillance Volcanique aux Etats-Unis ? // A Volcano Watch Office soon in the U.S .?

drapeau-francaisSelon les journaux américains, des sénateurs de l’Alaska, de l’Etat de Washington et d’Hawaï ont présenté un projet de loi visant à améliorer la surveillance volcanique et les capacités d’alerte précoce.
La mesure inclurait les observatoires des volcans d’Alaska, de la Chaîne des Cascades et d’Hawaii dans un système connexe et créerait un Bureau de Surveillance Volcanique opérationnel 24 heures sur 24. Ce Bureau permettrait une appréciation permanente de la situation des volcans actifs des États-Unis et des territoires qui en dépendent.
L’Observatoire des Volcans d’Alaska est doté depuis longtemps d’un budget insuffisant et figure pourtant parmi les observatoires les plus sollicités au monde. L’Observatoire des Cascades surveille les volcans dans les États de Washington, de l’Oregon et de l’Idaho, tandis que deux des volcans les plus actifs, le Kilauea et le Mauna Loa, sont surveillés par l’Observatoire des Volcans d’Hawaii.
Pour le moment, il ne s’agit que d’un projet de loi (Bill). La loi (Act) doit être votée pour que la mesure soit officielle.

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drapeau-anglaisAccording the U.S. newspapers, U.S. senators in Alaska, Washington and Hawaii have proposed legislation intended to improve volcano monitoring efforts and early warning capabilities.

The measure would put the Alaska, Cascades and Hawaiian volcano observatories into a connected system and create a 24-hour Volcano Watch Office to provide ongoing situational awareness of active volcanoes in the U.S. and its territories.

The Alaska Volcano Observatory has long been underfunded and is among the busiest observatories in the world. The Cascades observatory monitors volcanoes in the states of Washington Oregon and Idaho, whereas two of the most active volcanoes, Kilauea and Mauna Loa, are monitored by the Hawaiian Volcano Observatory.

For the moment, it is only a Bill, namely a proposed legislation. It needs to become an Act to be official.

redoubt-blog

Le Redoubt est surveillé par l’Alaska Volcano Observatory.

st-helens-blog

Le St Helens est surveillé par la Cascades Volcano Observatory.

Entree 06

Le Kilauea est surveillé par le Hawaiian Volcano Observatory.

(Photos: C. Grandpey)