C’est ce qui nous attend ! // This is where we are headed !

Phoenix (Arizona) est connue pour sa chaleur torride. La température atteignait 39°C jour et nuit lorsque j’ai fait une halte dans cette ville en mai 2017. Il y a eu 35 journées pendant lesquelles la température a atteint 43°C ou plus en 2020, battant le record de 33 jours établi en 2011.
Le mois de juillet a également battu des records de chaleur à Phoenix, avec une température moyenne de 37,2°C. Le record précédent avait été établi en juillet 2009. Ces températures caniculaires devraient persister dans les prochains jours et probablement améliorer le record des jours de chaleur torride.
Source: médias d’information américains.

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Dans le même temps, je ne peux que regretter une fois de plus la frilosité d’une climatologue interviewée par France Info. Comme ses collègues qui sont intervenus précédemment, ses propos sont extrêmement modérés. En plus, elle joue sur les mots: elle refuse de reconnaître l’accélération du réchauffement climatique, mais parle d' »une hausse continue depuis les années 1970″!! Il faut arrêter ce genre d’hypocrisie et ce politiquement correct ! Je reste persuadé qu’il y a des consignes venant de très haut demandant de ne pas affoler la population.

La situation climatique est grave. Les modèles climatiques sont extrêmement pessimistes pour les années à venir. La fonte ultra rapide des glaciers et de la banquise en Arctique, région qui se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète, ne laisse pas le moindre doute.

Il faut bien se rendre à l’évidence: nous allons droit dans le mur car les concentrations de CO2 dans l’atmosphère ne diminuent absolument pas! Le confinement du printemps à cause du coronavirus n’a rien changé.

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La communauté scientifique pleure la disparition du climatologue et glaciologue Konrad Steffen, directeur de l’Institut fédéral suisse de recherche sur la forêt, la neige et le paysage.
Koni, comme ses amis et collègues l’appelaient, est apparemment mort après avoir fait une chute dans une profonde crevasse alors qu’il effectuait des recherches dans l’ouest du Groenland.
Kontad Steffen a consacré sa vie à l’étude de la fonte rapide des calottes glaciaires au Groenland et en Antarctique. Les scientifiques qui l’accompagnaient ont déclaré qu’il neigeait et qu’il y avait du vent, avec une mauvaise visibilité. Konrad Steffen est apparemment allé au-delà du périmètre de sécurité et est tombé dans une crevasse sans que le reste de l’équipe qui travaillait à proximité se rende compte de la tragédie.
La mort de Konrad Steffen montre les risques du travail sur le terrain, que ce soit en glaciologie ou en volcanologie. A mes yeux, c’est le plus gratifiant, celui qui permet d’observer la vraie réalité.
Source: CBS News.

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Phoenix (Arizona) is known for scorching heat. The temperature had reached 39°C day and night when I made a stop in the city in May 2017. It has had 35 days in which temperatures reached 43°C or more in 2020, breaking a 33-day record set there in 2011.

The month of July also broke heat records for Phoenix, with an average temperature of 37.2°C. The previous record had been set in July 2009. High temperatures are expected to continue in the next days, likely adding to the record for days of scorching heat.

Source : American news media.

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In the meantime I can only regret once again the feebleness of a climatologist interviewed by France Info. Like her colleagues who spoke previously, she is extremely moderate. In addition, she plays on words: she refuses to admit the acceleration of global warming, but speaks of « a continuous increase since the 1970s » !! How long will this kind of hypocrisy and this political correctness last!
The climatic situation is serious. Climate models are extremely pessimistic for the years to come. The ultra-rapid melting of the glaciers and the ice sheet ice in the Arctic, a region that is warming twice as fast as the rest of the planet, leaves no room for doubt.
The facts are here. We are in an emergency situation.  are heading for disaster because the concentrations of CO2 in the atmosphere are absolutely not decreasing! The spring lockdown because of covid-19 didn’t change anything.

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The scientific community is mourning the loss of climate scientist and glaciologist, Konrad Steffen, the director of the Swiss Federal Institute for Forest, Snow and Landscape Research.

Koni, as he was known to his friends and colleagues, apparently fell to his death in a deep crevasse while doing research in Western Greenland.

Kontad Steffen dedicated his life to studying the rapidly melting ice sheets in Greenland and Antarctica. The scientists who were accompanying him said the snowy, windy weather at the time was disorienting. Steffen apparently « went beyond the safety perimeter and fell into a water based crevasse while the rest of the team were working nearby, unaware of the tragedy.

Konrad Steffen’s death shows the risks of working on the field, the real work to my eyes, whether in glaciology or volcanology.

Source: CBS News.

Phoenix, Arizona (Google Maps)

La désintégration de l’Arctique continue // The disintegration of the Arctic continues

La désintégration de l’Arctique se poursuit. Une partie de la plate-forme glaciaire de Milne, en bordure de l’île d’Ellesmere, dans le territoire nord canadien du Nunavut, est partie à la dérive en seulement deux jours à la fin du mois de juillet.  La plate-forme a ainsi perdu plus de 40% de sa superficie, soit environ 80 kilomètres carrés. Par comparaison, l’île de Manhattan à New York couvre environ 60 kilomètres carrés. C’était la dernière plate-forme glaciaire parfaitement intacte dans l’Arctique canadien.

Comme je l’ai déjà écrit, l’Arctique se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète depuis 30 ans. En 2020, les températures dans la région ont été extrêmement élevées et la glace de mer a atteint son niveau le plus bas depuis 40 ans au  mois de juillet. Une chaleur record et des incendies de forêt ont dévasté la Russie sibérienne. Cet  été dans l’Arctique canadien les températures ont été de 5 degrés Celsius supérieures à la moyenne sur 30 ans.
Cette chaleur a menacé les petites calottes glaciaires qui peuvent fondre rapidement parce qu’elles n’ont pas la masse des plus grands glaciers pour conserver le froid. À mesure qu’un glacier disparaît, son substrat rocheux est exposé, ce qui occasionne une montée en chaleur et accélère le processus de fonte.
La désintégration de la banquise sur l’île d’Ellesmere a également entraîné la disparition du dernier lac Epishelf connu dans l’hémisphère nord. Il s’agit d’un volume d’eau douce encastré dans la banquise et qui flotte au-dessus de l’eau de l’océan.
Les glaciologues ont remarqué que deux autres calottes glaciaires d’Ellesmere – Murray et Simmons – diminuent également et sont susceptibles de disparaître d’ici une dizaine d’années.
Source: Canadian Ice Service.

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The disintegration of the Arctic continues. The Milne Ice Shelf, at the fringe of Ellesmere Island, in the sparsely populated northern Canadian territory of Nunavut, collapsed in just two days at the end of July, losing more than 40% of its area. It was the last fully intact ice shelf in the Canadian Arctic. The shelf’s area shrank by about 80 square kilometres. By comparison, the island of Manhattan in New York covers roughly 60 square kilometres.

As I put it before, the Arctic has been warming at twice the global rate for the last 30 years In 2020, temperatures in the polar region have been intens and the polar sea ice hit its lowest extent for July in 40 years. Record heat and wildfires have scorched Siberian Russia.

Summer in the Canadian Arctic this year in particular has been 5 degrees Celsius above the 30-year average.

This heat has threatened smaller ice caps, which can melt quickly because they do not have the bulk of larger glaciers to stay cold. As a glacier disappears, more bedrock is exposed, which then heats up and accelerates the melting process.

The ice shelf collapse on Ellesmere Island also meant the loss of the northern hemisphere’s last known epishelf lake, a geographic feature in which a body of freshwater is dammed by the ice shelf and floats atop ocean water.

Glaciologists have noticed that two other ice caps on Ellesmere – Murray and Simmons – are also diminishing and are likely to disappear within 10 years.

Source: Canadian Ice Service.

L’île d’Ellesmere vue depuis l’espace (Source: NASA)

Les plateformes glaciaires de l’île d’Ellesmere, avec la plateforme de Milne (Source : Gouvernement du Canada)

Certains semblent se réveiller…enfin !

Suite à l’épisode de très forte chaleur qui affecte actuellement la France, la chaîne de radio France Info a diffusé sur son site web les propos de Robert Vautard, directeur de l’Institut Pierre Simon Laplace des sciences du climat.

Monsieur Vautard déclare à propos de l’épisode de chaleur : « Il va falloir s’y habituer. Depuis 2015, on a en France une vague de chaleur exceptionnelle tous les ans, ce n’était pas du tout le cas avant. » Il ajoute que si les températures dépassent les 40 degrés dans le sud-ouest cette semaine, « l’année dernière, nous avions battu ces records d’assez loin, avec 46°C à Nîmes et 43°C en région parisienne. » Il explique ensuite que toute la planète est concernée par les températures extrêmes. Selon lui, c’est probablement dans la région du Golfe Persique que les températures sont les plus fortes et seront les plus fortes dans le futur. On attend des températures dépassant 55 ou 60°C vers la fin du siècle dans cette région qui deviendra tout à fait inhabitable.

L’interview se conclut à propos des régions polaires : « On a vu il y a quelques jours des températures extrêmes dans l’Arctique, avec 20 degrés. On a aujourd’hui la démonstration, la certitude mathématique que ces pics de chaleur sont liés au dérèglement climatique. Il y a encore des incertitudes sur les modèles, mais on n’a plus aucun doute sur l’origine de ces vagues de chaleur. »

 

J’aimerais rappeler à Monsieur Vautard que le réchauffement climatique auquel nous sommes confrontés n’est pas un phénomène qui a débuté il y a 4 ou 5 ans. Le point de basculement se situe dans les années 1970, période où les glaciers ont montré, par leur recul rapide, qu’il se passait quelque chose et qu’il faudrait s’en préoccuper. Il est étonnant de constater que ce sont seulement les derniers pics de chaleur intense de 2019 et 2020  qui semblent éveiller la conscience de ce scientifique.

De plus, ce qui m’inquiète le plus, ce ne sont pas les pics de chaleur à venir dans le Golfe Persique. S’en inquiéter, c’est un peu comme si on s’inquiétait des records de chaleur dans la Vallée de la Mort, même si les intérêts économiques ne sont pas les mêmes dans ces deux régions du globe. Les très fortes chaleurs sont habituelles au Moyen-Orient.

La hausse spectaculaire des températures dans l’Arctique est beaucoup plus inquiétante. Je fais partie de ceux qui lancent des alertes depuis plusieurs années car j’ai eu l’occasion d’assister, de mes propres yeux ; à une catastrophe annoncée. Ce qui se passe en ce moment en Sibérie (hausse des températures, incendies, dégel du permafrost, etc.) est un désastre écologique non seulement pour la Russie, mais pour la planète entière car les conséquences vont se payer cash.

La certitude concernant les réchauffement climatique n’est pas une découverte récente, comme le sous-entendent les propos du directeur de l’Institut Pierre Simon Laplace  Subissant des pressions gouvernementales, les scientifiques ont mis beaucoup de temps – trop de temps à mon goût – à l’admettre officiellement. Ce n’est pas d’hier que les concentrations de CO2 dans l’atmosphère atteignent des sommets. La courbe de Keeling est là pour le prouver. Etrangement, la progression des concentrations de dioxyde de carbone est parallèle à la hausse globale des températures. …

Les incendies en Sibérie vus depuis l’espace le 30 juin 2020 (Satellite Copernicus Sentinel -2)

La fournaise de la Vallée de la Mort…

On a récemment parlé des pics de chaleur dans le nord de la Sibérie où la température a atteint 38°C, du jamais vu dans cette région di globe. Malgré tout, on est très loin du coup de chaud subi par la Vallée de la Mort pendant le week-end des 11 et 12 juillet 2020. On a enregistré des températures de plus de 53°C  et flirté avec les records de chaleur dans ce lieu hors du commun. La dernière fois que le parc national a atteint une température aussi élevée, c’était en 2013, alors que je visitais pour le première fois ce lieu très particulier mais ô combien fascinant. J’y allais pour mourir moins bête …et j’y suis retourné à deux reprises !

Lors de ma visite de 2013, le thermomètre avoisinait les 50 degrés, ce qui demande de prendre certaines précautions. La première est d’avoir fait le plein de carburant avant de descendre dans la Vallée. Pas question de tomber en panne d’essence par une telle chaleur. La conduite d’un véhicule suppose d’avoir le pied léger sur l’accélérateur (ne pas oublier que l’on est avec une boîte de vitesse automatique). Il est conseillé de couper la climatisation dans les montées afin que le moteur ne prenne pas un coup de chaud et cesse de fonctionner, ce qui pourrait rapidement virer à la catastrophe. Il est indispensable de prévoir des bouteilles d’eau dans la glacière et de refaire provision de glaçons avant d’accéder à la Vallée, au cas où… La déshydratation est extrêmement rapide, d’autant plus que l’air est très, très sec. Je me souviens qu’il fallait que je mette mon appareil photo dans l’ombre de mon corps pour protéger les circuits électroniques. Dans les sanitaires, l’eau chaude coule de tous les robinets. Impossible de se rafraîchir le visage.

Des rangers sont présents dans le Parc, mais ils ne peuvent pas être partout à la fois. La plus grande prudence est donc de mise. Quand il fait une telle chaleur, il faut limiter ses déplacements à l’extérieur du véhicule. On sort le temps de prendre des photos et on revient dans l’habitacle climatisé. Les randonnées ne sont possibles que lorsque le thermomètre descend en dessous de 35°C, autrement dit en tout début de matinée. C’est ce que j’ai fait lors de mon deuxième séjour dans la Vallée. J’avais passé la nuit dans l’hôtel de Stovepipe Wells  et je me suis rendu sur les dunes de sable de Mesquite Flat en fin de nuit pour profiter des superbes couleurs de l’aube. Silence parfait. Une pure magie…

Plus d’informations sur la sécurité liée à la chaleur dans la Vallée de la Mort à cette adresse : https://www.nps.gov/deva/planyourvisit/safety.htm

Photos : C. Grandpey

Avalanche de records de chaleur en Sibérie // Avalanche of heat records in Siberia

Une chaleur inquiétante s’est abattue sur la Sibérie le 20 juin 2020. Une température de 37,7°C a été enregistrée dans la petite ville de Verkhoyansk (67,5° de latitude N), 17 degrés au-dessus de la normale à cette époque de l’année. C’est probablement la température la plus chaude jamais enregistrée en Sibérie et aussi la température la plus chaude jamais enregistrée au nord du cercle polaire arctique (66,5° N). Par comparaison, la ville de Miami, en Floride, n’a atteint 37,7°C qu’une seule fois depuis le début des relevés de température dans cette ville en 1896. Ce qui se passe en Sibérie cette année est le type de temps qui était prévu en 2100, mais qui arrive 80 ans plus tôt.
Une température de  37°C est du jamais vu dans l’Arctique ou le proche Arctique. Il se dit, mais ce n’est pas sûr, qu’en 1915 la ville de Prospect Creek en Alaska, à une latitude plus basse que Verkhoyansk, a presque atteint cette température. En 2010, une ville à quelques kilomètres au sud du cercle polaire arctique en Russie a atteint, elle aussi, 37,7°C. En raison des conditions chaudes et sèches, de nombreux incendies se sont déclarés en Sibérie et leur fumée est visible sur des milliers de kilomètres sur les images satellite.
Verkhoyansk n’est pas un événement isolé. Certaines parties de la Sibérie connaissent des températures supérieures à la normale depuis le mois de janvier. En mai, certaines températures en Sibérie occidentale étaient supérieures de 10 degrés Celsius à la normale, pas seulement pour une journée, mais pour l’ensemble du mois. Dans son ensemble, la Sibérie occidentale s’est située en moyenne à plus de cinq degrés Celsius au-dessus de la normale en mai, effaçant ainsi tous les records précédents.
Les événements extrêmes de ces dernières années dans l’Arctique sont dus à la fois à des modèles météorologiques naturels et des changements climatiques d’origine humaine. Le modèle météorologique à l’origine de cette vague de chaleur est une dorsale de hautes pressions remarquablement immobile, un mur de chaleur qui se dresse verticalement dans l’atmosphère. La chaleur étouffante observée actuellement devrait persister pendant au moins la semaine prochaine, avec des températures atteignant facilement les 30°C dans l’est de la Sibérie.
Cette vague de chaleur n’est pas un phénomène météorologique isolé. L’été dernier, la ville de Markusvinsa au nord de la Suède, juste au sud du cercle polaire, a enregistré une température de 34,4°C.

Comme je l’ai expliqué précédemment, au cours des quatre dernières décennies, le volume de glace de mer dans l’Arctique a diminué de 50%. L’absence de blancheur de la glace et l’augmentation de surface sombre des océans et des terres signifie que moins de lumière est réfléchie, ce qui crée la une boucle de rétroaction que j’ai expliquées dans mes notes précédentes. Tandis que le climat global de la planète continue de se réchauffer, des extrêmes comme la vague de chaleur actuelle deviendront plus fréquents et s’intensifieront.
Source: Yahoo News.

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Alarming heat scorched Siberia on June 20th, 2020. A temperature of 37.7°C was recorded in the small town of Verkhoyansk (67.5°N latitude), 17 degrees above the normal high temperature. It might be the hottest temperature ever recorded in Siberia and also the hottest temperature ever recorded north of the Arctic Circle (66.5°N). To put this into perspective, the city of Miami, Florida, has only reached 37.7°C one time since the city began keeping temperature records in 1896. What is happening in Siberia this year is the kind of weather that is expected by 2100, 80 years early.

Reaching 37°C in or near the Arctic is almost unheard of. It is said, but not sure, that in 1915 the town of Prospect Creek, Alaska, not quite as far north as Verkhoyansk nearly reached this temperature. And in 2010 a town a few kilometres south of the Arctic Circle in Russia reached 37.7°C. As a result of the hot-dry conditions, numerous fires are raging in Siberia, and smoke is visible for thousands of kilometres on satellite images.

Verkhoyansk  is not an isolated occurrence. Parts of Siberia have had temperatures above normal since January. In May some temperatures in western Siberia were 10 degrees Celsius above normal, not just for a day, but for the month. As a whole, western Siberia averaged more than five degrees above normal for May, obliterating anything previously experienced.

The extreme events of recent years are due to a combination of natural weather patterns and human-caused climate change. The weather pattern giving rise to this heat wave is an incredibly persistent ridge of high pressure, a dome of heat which extends vertically upward through the atmosphere. The sweltering heat is forecast to remain in place for at least the next week, catapulting temperatures easily about 30°C in eastern Siberia.

This heat wave can not be viewed as an isolated weather pattern. Last summer, the town of Markusvinsa, a village in northern Sweden on the southern edge of the Arctic Circle, hit 34.4°C.

As I have explained before, over the past four decades, sea ice volume has decreased by 50%. The lack of white ice, and corresponding increase in dark ocean and land areas, means less light is reflected and more is absorbed, creating a feedback loop. As the average climate continues to heat up, extremes like the current heat wave will become more frequent and intensify.

Source: Yahoo News.

Vous voulez bronzer? Allez en Sibérie!

Réchauffement climatique : Vague de chaleur en Sibérie, criquets en Inde et en Iran // Global warming : Heat wave in Siberia, locusts in India and Iran

Khatanga, ville de Sibérie sur le cercle polaire arctique, est connue pour être l’une des régions les plus froides sur Terre, mais elle vient de connaître une vague de chaleur encore jamais vue, avec la crainte de voir de nouveaux incendies de forêt et fondre le permafrost. Des températures d’environ 27°C ont été enregistrées, bien au-dessus de la moyenne habituelle de 15 degrés Celsius. En fait, c’est toute la Sibérie occidentale qui doit faire face à cette vague de chaleur exceptionnelle. De janvier à avril, la Russie se situait déjà à plus de six degrés Celsius au-dessus de la moyenne
Les scientifiques tirent la sonnette d’alarme quant aux conséquences possibles des incendies de forêt dans la région cet été, en sachant que certains ont déjà éclaté ces derniers mois. Les incendies ont brûlé de vastes zones l’année dernière et, au plus fort de l’été, la fumée a envahi une superficie plus grande que l’Union Européenne.
L’accélération du réchauffement climatique en Russie est plus de deux fois plus rapide que la moyenne mondiale, et la situation dans l’Arctique est encore plus inquiétante car la région se réchauffe plus de trois fois plus vite que la moyenne mondiale.
Une grande partie du sol arctique est constituée de pergélisol qui fond sous les coups de boutoir des vagues de chaleur à répétition. Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, le permafrost stocke de grandes quantités de carbone qui se trouvent libérées pendant la fonte, ce qui accélère le réchauffement climatique.
Un autre problème est que si le sol est dégelé et sèche avec les fortes températures, il est susceptible de servir de combustible pour un incendie. De plus, ces incendies – qui émettent des gaz à effet de serre  – peuvent couver pendant des semaines ou des mois.
La vague de chaleur a également perturbé un certain nombre de cycles naturels. Elle a accéléré la débâcle des rivières, la floraison a été précoce et les insectes ont émergé plus tôt que la normale.
Source: The Siberian Times.

Il fait aussi incroyablement chaud en Inde où les criquets pèlerins ont envahi la région du Rajasthan, menaçant les récoltes d’été. Des millions de criquets envahissent la région depuis le mois avril et ils ont commencé à pénétrer dans les États voisins.
https://youtu.be/qwDsWOmIXag

On estime que 50 000 hectares ont été détruits par les criquets jusqu’à présent, une situation qui vient s’ajouter à l’impact économique du COVID-19 dans les régions agricoles. Des températures plus élevées que la normale ont permis aux criquets de se reproduire et de se propager à un rythme plus rapide que la normale. C’est la pire crise que le pays ait connue depuis 1993.
Les autorités locales répandent des pesticides à l’aide de pulvérisateurs montés sur des véhicules et des drones pour essayer de protéger les cultures.
Source: Yahoo News.

Tout comme l’Inde, l’Iran connaît sa pire invasion de criquets pèlerins depuis 50 ans et pour la deuxième année consécutive. Par rapport à l’année dernière, les essaims de criquets sont beaucoup plus importants et les dernières nuées sont du jamais vu. Pour contenir cette invasion, l’Iran pourrait déployer ses forces armées dans le sud du pays.
Comme en Inde, l’épidémie vient s’ajouter aux problèmes auxquels le pays est confronté dans sa lutte contre la pandémie de coronavirus, ainsi que les remous économiques qui ont suivi la fin des sanctions américaines.
Source: The Watchers

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Khatanga, a town in Siberia’s Arctic Circle, is known to be one of the coldest regions on Earth, but it has just been experiencing a record-breaking heat wave amid growing fears about devastating wildfires and melting permafrost. Temperatures of about 27°C have been registered, far above the 15 degrees Celsius historical average. Actually, the whole of western Siberia is facing an unseasonable warmth. From January to April, Russia was more than six degrees Celsius warmer than average

Experts sounded alarms about the possible implications for the region’s wildfire season this summer, with some blazes already breaking out in recent months. Fires burned huge areas in the region last year and, at its peak, smoke engulfed an area larger than the European Union.

The pace of global warming in Russia is over twice as fast as the global average, but the situation in the Arctic is even more stark with the region warming at over three times the global average.

Much of the Arctic region is covered by permafrost which is melting with the repetitive heat waves. As I put it many times before, permafrost stores vast amounts of carbon, which are released during the melting, accelerating climate change and global warming.

The second problem is that if the land is thawed out, and if it dries out with the high temperatures, that soil is actually available to burn as a fuel for a fire. These fires that emit greenhouse gases can smolder for weeks or months.

The unusual heat has also disrupted a number of natural cycles, with river ice breaking, blooms coming earlier and insects emerging earlier than normal.

Source : The Siberian Times.

It is also incredibly hot in India where desert locusts have invaded the Rajasthan region threatening summer crops. Millions of locusts have been descending on the region since April, and have begun entering neighbouring states.

https://youtu.be/qwDsWOmIXag

An estimated 50,000 hectares have been engulfed by the locusts so far, a devastating amount of destruction in conjunction with the economic impact of COVID-19 on farming regions. Higher than normal temperatures have helped the locusts breed and spread at a faster rate than normal. This year’s infestation is the worst the country has seen since 1993.

Local authorities have been using vehicle-mounted sprayers, pesticides and drones to combat the threat of the locusts on crops.

 Source : Yahoo News.

Just like India, Iran is under its worst desert locust outbreak in the past 50 years and for the second year in a row. Compared with last year, the swarms of desert locusts are much larger, and the recent attacks are unprecedented. With the worsening situation, Iran may deploy its military to help contain the invasion in the country’s southern region.

Like in India, the outbreak is adding to problems the nation is facing amid its battle against the coronavirus pandemic, as well as the economic turmoil following ending U.S. sanctions.

Source :  The Watchers.

Localisation de Khatanga en Sibérie (Source : Google maps)

Chaleur et humidité menaceront le monde // Heat and humidity will threaten the world

Les mises en garde concernant les périodes de chaleur extrême dans les prochaines décennies sont de plus en plus fréquentes. Dans un article publié le 9 mai 2020, je faisais référence à une étude publiée le 4 mai 2020 dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS). Les chercheurs expliquaient que si le réchauffement climatique se poursuit au rythme actuel, certaines parties du monde connaîtront des conditions «pratiquement invivables» et près de 3 milliards de personnes seront concernées.
Une nouvelle étude publiée dans la revue Science Advances prévient que les épisodes intolérables d’humidité et de chaleur extrêmes pouvant menacer la survie de l’homme sont en augmentation à travers le monde.
Les scientifiques ont identifié des milliers d’épisodes, non détectés jusqu’à présent, de ces conditions météorologiques mortelles associant chaleur et humidité dans certaines parties de l’Asie, de l’Afrique, de l’Australie, de l’Amérique du Sud et de l’Amérique du Nord, y compris plusieurs secteurs le long de la côte du Golfe du Mexique.
L’humidité est plus dangereuse que la chaleur sèche seule, car elle nuit à la transpiration, le système naturel de refroidissement du corps humain, indispensable à la vie.

Selon la dernière étude, le nombre d’événements potentiellement mortels associant humidité et chaleur a doublé entre 1979 et 2017 et continue à augmenter à la fois en fréquence et en intensité.
Aux États-Unis, la bordure côtière allant de l’est du Texas à la Panhandle de Floride a connu des conditions extrêmes des dizaines de fois. La Nouvelle-Orléans, Biloxi et le Mississippi, ont été les plus durement touchés.
Les épisodes les plus sévères de chaleur et d’humidité ont été observés le long du Golfe Persique, où la combinaison des deux phénomènes a dépassé à 14 reprises la limite théorique de survie humaine. Doha, la capitale du Qatar, où se tiendra la Coupe du monde en 2022, a été l’un des endroits où l’on a enregistré ces événements météorologiques potentiellement mortels.
Des études antérieures indiquaient qu’ils se produiraient dans plusieurs décennies, mais les dernières recherches montrent qu’ils ont lieu actuellement. Il est probable que la durée de ces événements augmentera et que les zones affectées seront de plus en plus vastes, en corrélation directe avec le réchauffement climatique.
Des études antérieures s’appuyaient sur la chaleur et l’humidité moyennes enregistrées sur plusieurs heures dans de grandes zones, tandis que la nouvelle étude analyse les données horaires de 7877 stations météorologiques, ce qui permet de localiser des événements brefs à des endroits bien précis.
Dans des conditions sèches, le corps évacue par transpiration l’excès de chaleur à travers la peau, et la sueur s’évapore ensuite. En revanche, l’humidité empêche l’évaporation et peut même l’arrêter complètement dans des conditions extrêmes. Si l’intérieur du corps entre en surchauffe, les organes peuvent rapidement commencer à défaillir et entraîner la mort en quelques heures.
Les météorologues mesurent l’effet de la chaleur / humidité sur une échelle centigrade dite «de bulbe humide», avec des degrés Fahrenheit aux États-Unis.
Les personnes les plus fortes et les mieux adaptées au climat ne peuvent pas effectuer d’activités de plein air classiques comme marcher ou faire des travaux une fois que la température de bulbe humide atteint 32°C, et la plupart des gens cessent leurs activités avant ce stade. En théorie, les humains ne peuvent pas survivre au-dessus d’une température de bulbe humide de 35°C, qui est le pic enregistré dans de petites régions d’Arabie saoudite, du Qatar et des Émirats Arabes Unis.
Des foyers de chaleur et d’humidité légèrement moins extrêmes mais plus fréquents ont été détectés en Inde, au Bangladesh et au Pakistan, dans le nord-ouest de l’Australie et dans les régions côtières le long de la Mer Rouge et du Golfe de Californie au Mexique.
La climatisation devrait aider à atténuer l’impact de cette chaleur et cette humidité dans les pays riches comme les États-Unis et le Qatar, mais des périodes d’utilisation excessives à l’intérieur des habitations pourraient avoir des conséquences économiques désastreuses. La climatisation n’est pas non plus une solution pour la plupart des habitants des pays pauvres où l’agriculture de subsistance reste prédominante.

Source: The Guardian.

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Warnings about periods of extreme heat in the coming decades are getting more and more frequent. In a post released on May 9th, 2020, I refered to a research published on May 4th, 2020 in the journal Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS). It explained that if global warming continues at the current rate, some parts of the world will have « nearly unlivable » conditions for up to 3 billion people.

A new study published in Science Advances warns us that intolerable bouts of extreme humidity and heat that could threaten human survival are on the rise across the world.

Scientists have identified thousands of previously undetected outbreaks of the deadly weather combination in parts of Asia, Africa, Australia, South America and North America, including several hotspots along the US Gulf coast.

Humidity is more dangerous than dry heat alone because it impairs sweating, the body’s life-saving natural cooling system.

The number of potentially fatal humidity and heat events doubled between 1979 and 2017, and are increasing in both frequency and intensity, according to the latest study.

In the US, the south-eastern coastal corner from eastern Texas to the Florida Panhandle experienced such extreme conditions dozens of times, with New Orleans and Biloxi, Mississippi the hardest hit.

The most extreme incidents occurred along the Persian Gulf, where the heat and humidity combination surpassed the theoretical human survivability limit on 14 occasions. Doha, the capital of Qatar, where the World Cup will be held in 2022, was among the places to suffer these potentially fatal weather events.

Previous studies projected that this would happen several decades from now, but the latest research shows it is happening right now. It is likely that the time these events last will increase, and the areas they affect will grow in direct correlation with global warming.

Earlier studies relied on average heat and humidity recorded over several hours in large areas, whereas the new study analysed hourly data from 7,877 individual weather stations, allowing them to pinpoint short, localized incidents.

In dry conditions, the body sweats out excess heat through the skin, where it then evaporates away. Humidity impedes evaporation, and can even halt it completely in extreme conditions. If the body’s core overheats, organs can quickly begin to fail and lead to death within hours.

Meteorologists measure the heat/humidity effect on the so-called “wet bulb” Centigrade scale, known as the “heat index”, or “real-feel” Fahrenheit readings in the US.

Even the strongest, well-adapted people cannot carry out ordinary outdoor activities like walking or digging once the wet bulb hits 32°C, though most would struggle well before that. In theory, humans cannot survive above 35°C on the wet bulb scale, which is the peak suffered in small areas of Saudi Arabia, Qatar and United Arab Emirates.

Slightly less extreme but more frequent outbreaks were detected across India, Bangladesh and Pakistan, north-western Australia, and coastal regions along the Red Sea and Mexico’s Gulf of California.

Air conditioning should help mitigate the impact for some people in rich countries such as the US and Qatar, but longer enforced periods indoors could have devastating economic consequences. Nor is air conditioning an option for most people in the poorer high-risk countries where subsistence farming remains common.

Source: The Guardian.

Répartition de la température maximale de bulbe humide de 1976-2005 (B), de 2071-2100 avec 2,25°C de réchauffement (C), de 2071-2100 avec 4,5°C de réchauffement (D). Une température de bulbe supérieure à 31°C est considérée comme extrêmement dangereuse ; une température de bulbe de plus de 35°C est mortelle en quelques heures. (Source : American Association for the Advancement of Science – AAAS)