Dernières nouvelles du Kilauea (Hawaï) // Latest news from Kilauea volcano (Hawaii)

L’Observatoire des volcans d’Hawaï (HVO) estime qu’un 55ème épisode éruptif pourrait encore se produire à l’intérieur du cratère de l’Halema’uma’u. L’activité actuelle au niveau des différentes bouches éruptives est considérée comme « préliminaire » (precursory en anglais).

Carte montrant les bouches éruptives à l’intérieur de l’Halema’uma’u. Le système avec les 3 bouches les plus actives (nord, ouest et sud) se trouve dans le coin inférieur gauche du cratère. Deux petites bouches se sont ouvertes le 16 septembre au pied de la paroi ouest du cratère mais sont restées inactives depuis. Carte de meilleure résolution avec ce lien : 

https://www.usgs.gov/media/images/september-16-2026-thermal-map-showing-recent-lava-flows-halemaumau-kilauea-summit

(Source : USGS / HVO)

Plusieurs débordements de lave ont été observés au niveau du cône de projections (spatter cone) qui s’est formé au niveau de la bouche nord. La plupart de ces débordements ont duré entre 10 et 35 minutes et ont généré des coulées de lave qui ont avancé sur quelques centaines de mètres.

Image webcam

Lorsque la bouche nord ne produit pas de débordements, les gaz sous pression font jaillir de puissantes flammes, semblables à celles d’un chalumeau. Des flammes sont également visibles au niveau de la bouche sud.

Le chalumeau de la bouche nord et les flammes de la bouche sud (image webcam)

Une lueur sporadique est visible au niveau de la bouche ouest.

Aucune autre zone d’incandescence n’est observée dans la région sommitale.

Le trémor continu constitue le signal sismique dominant au sommet, avec des séismes de faible magnitude et de faible profondeur.

Le gonflement de la région sommitale du Kilauea depuis la fin de l’Épisode 54 atteint environ 16,8 microradians, soit une valeur supérieure d’environ 4 microradians à la déflation survenue lors des épisodes de fontaines de lave de l’Épisode 54.

Déformation de la zone sommitale au cours de la semaine écoulée (Source : HVO)

Les émissions de SO2 au sommet fluctuent entre 1 000 et 5 000 tonnes par jour.

Les niveaux de sismicité et de déformation du sol restent faibles dans les zones de rift est et sud-ouest. Aucune déformation significative du sol n’a été enregistrée dans ces zones.

Dans la conclusion de son rapport, le HVO indique qu’il n’est plus possible de modéliser des fenêtres de prévision pour l’Épisode 55 en raison des variations irrégulières de gonflement et de dégonflement de la région sommitale. L’activité éruptive actuelle se concentre sur la bouche éruptive nord, qui a produit les 11 derniers épisodes de fontaines de lave (épisodes 44 à 54). Toutefois, il est impossible d’affirmer avec certitude que cette activité débouchera prochainement sur un nouvel épisode de fontaines de lave, bien que les conditions restent favorables.

Concernant les prévisions, le HVO estime que les deux scénarios les plus probables sont : 1) la poursuite de l’activité au niveau du complexe de bouches éruptives nord-sud-ouest, et 2) l’activation d’un autre système de fissures préexistant et peu actif dans la région sommitale.

Le niveau d’alerte est maintenu à Orange pour l’alerte aérienne et Vigilance (Watch) pour l’alerte volcanique.

Source : HVO.

Belle ambiance crépusculaire sur le Kilauea (image webcam)

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The Hawaiian Volcano Observatory (HVO) seems to believe that a 55th eruptive episode may still occur within Halema’uma’u crater. The current activity at the different vents is seen as « precursory ». Several overflows have been observed at the spatter cone that built up at the north vent. Most of the overflows have lasted about 10-35 minutes and produced lava flows that traveled a few hundred meters from the vent. When the vent is not producing overflows, the gases under pressure emit powerful flames, similar to a blowpipe. More flames can be seen at the south vent.

Glow from the west vent is sporadic and weak. No other areas of incandescence are observed across the summit region.

Continuous tremor is the dominant seismic signal across the summit, together with small and shallow earthquakes.

The current total inflation since the end of episode 54 has reached about 16.8 microradians, which is about 4 microradians greater than what was lost during episode 54 fountaining.

SO2 emissions from the summit fluctuate between 1,000 and 5,000 tonnes per day.

Rates of seismicity and ground deformation remain low in the East Rift Zone and Southwest Rift Zone. No significant ground deformation has been recorded in either rift zone.

In the conclusion of its report, the HVO says that forecast windows for Episode 55 can no longer be modeled due to the irregular changes in inflation and deflation. Current eruptive activity is focused on the north vent, which has produced the last 11 high fountain events (episodes 44-54). However, it is not possible to say with certainty that this activity will lead to the onset of another fountain event at this time, although conditions remain favorable.

As far as predictions are concerned, the HVO says that the two most likely possibilities are that activity continues at the north-south-west vent complex, or it activates another existing weak crack system in the summit region.

The alert level is kept at ORANGE/WATCH.

Source : HVO.

L’éruption de l’Etna vue par l’INGV

Alors que l’activité éruptive se poursuit sur l’Etna avec un trémor qui montre des valeurs élevées, l’Istituto Nazionale di Geofisica e Vulcanologia (INGV) a dressé un bilan de la situation et tenté de prévoir son évolution.

Selon l’Institut, l’ouverture des bouches éruptives à des altitudes décroissantes constitue un signal géologique d’un intérêt majeur pour l’évaluation des risques. La morphologie de la zone, qui inclut la Valle del Leone et la Valle del Bove, forme, certes, un bassin de confinement naturel, mais l’évolution rapide du comportement des bouches éruptives exige une vigilance et une surveillance constantes.

Le 11 août 2026, on a observé une puissante émission de cendres de la Bocca Nuova qui a interagi avec des produits explosifs émis par la Voragine. Le phénomène a généré des coulées pyroclastiques modérées qui sont restées confinées à la zone sommitale. Cet événement souligne la rapidité avec laquelle la morphologie instable des cônes peut engendrer des phénomènes à haut risque.

Des relevés satellitaires effectués le 11 août 2026 ont confirmé la formation de tunnels de lave au Monte Simone. Ces tunnels assurent une circulation efficace de la lave, même à faible débit d’effusion .Ce processus d’isolation thermique permet à la lave de conserver sa fluidité et d’atteindre des altitudes inférieures. Actuellement, les fronts ont dépassé la Rocca delle Palombe et se stabilisent entre 1 370 m et 1 380 m près de la Rocca Capra.

Au vu de la situation actuelle, l’INGV envisage trois scénarios possibles :
1) Poursuite de l’activité explosive sommitale et de l’activité effusive avec des coulées de lave qui restent confinées dans la Valle del Leone et la Valle del Bove.
2) Possibilité d’une évolution rapide avec des colonnes éruptives plus puissantes ou de nouvelles coulées pyroclastiques générées par l’effondrement des cônes, comme lors de l’événement du 11 août.
3) Menace d’une intensification de l’activité effusive. Même si le débit d’émission au niveau du cratère diminue, la présence de tunnels de lave sur le Monte Simone maintient un risque élevé d’un déplacement de la lave vers les basses altitudes.

Dans sa conclusion, l’INGV explique que l’activation simultanée des conduits explosifs au sommet et des systèmes effusifs latéraux est la preuve d’une forte énergie de activité éruptive. La remontée persistante de nouveau magma et le développement d’un système de transport efficace avec les tunnels de lave demandent la plus grande attention en matière de protection civile.

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Mise à jour du 12 août 2026 à 18 heures (heure locale) : Au vu du dernier bulletin diffusé par l’INGV le 12 août 2026 en fin de journée, la situation sur l’Etna ne semble pas avoir montré de changements profonds depuis la veille.
L’activité effusive se poursuit au niveau des bouches éruptives situées à 2 750 m, 2 090 m et 1 900 m. Les fronts des coulées de lave alimentées par la bouche située à 2 360 m semblent se refroidir. À 13h00 (heure locale), les fronts actifs les plus avancés, liés à la bouche située à 1 900 m, se trouvaient à une altitude de 1 365 m, près de Rocca Capra dans la Valle del Bove.

L’activité explosive de la Voragine continue avec des intensités variables. Les émissions de cendres se dirigeaient aujourd’hui vers le sud, avec un fort impact sur le trafic aérien (voir ci-dessous).

D’un point de vue sismique, l’amplitude moyenne du trémor volcanique ne présente pas de changements significatifs et demeure élevée, avec une nette et progressive tendance à la hausse. La source du trémor se situe dans la zone de la Voragine, à une altitude d’environ 3 000 m au-dessus du
niveau de la mer.

Les signaux de déformations du sol ne montrent pas de changements particulièrement significatifs par rapport aux données précédentes.

Image satellite de l’Etna le 11 août 2026 (Copernicus : Sentinel-2)

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Les nuages de cendres émis par la Voragine et parfois la Bocca Nuova continent d’envahir les couloirs d’approche des aéroports de Catane-Fontanarossa et de Comiso et ont entraîné leur fermeture. Ce 12 août 2026, l’aéroport de Catane était fermé au minimum jusqu’à 18 heures, mais sa fermeture  – ainsi que celle de l’aéroport de Comiso – vient d’être prolongée jusqu’au 13 août à 16 heures. Cette situation illustre une nouvelle fois la vulnérabilité d’un système qui, en pleine saison touristique, est exposé aux aléas climatiques.

Les cendres volcaniques ne constituent pas un simple désagrément ; elles représentent une menace réelle pour la sécurité aérienne. L’Aviation Civile rappelle que les particules abrasives en suspension peuvent réduire considérablement la visibilité, endommager les surfaces extérieures et, surtout, causer des dégâts aux moteurs et aux systèmes embarqués des avions, avec des conséquences faciles à imaginer. . C’est pourquoi la SAC, société gestionnaire de l’aéroport de Catane, en coordination avec les autorités aéronautiques, met en œuvre des protocoles stricts prévoyant la fermeture temporaire de l’espace aérien ou de l’aéroport concerné.
Les répercussions pour les voyageurs sont immédiates avec des retards en cascade, des annulations préventives et de nombreux détournements vers d’autres aéroports. La situation s’est compliquée avec la fermeture de celui de Comiso qui sert habituellement de soupape de sécurité à Fontanarossa. Cette situation relance le débat sur les lacunes des transports en Sicile.

Le journal La Sicilia a diffusé un dessin qui résume bien la situation :

Ça s’en va et ça revient : nouvelle canicule en vue !

La fin de la troisième vague de chaleur de la saison est attendue d’ici le week-end du 18-19 juillet 2026, avec une baisse significative des températures sur la majeure partie du territoire. Mais le répit ne durera pas et le sud-est sera à l’écart du rafraîchissement

Alors que la troisième canicule de l’été tire à sa fin, les modèles météorologiques signalent déjà un nouveau regain de chaleur. Selon le modèle européen, une nouvelle poussée d’air chaud en provenance d’Afrique du Nord pourrait atteindre la France, avec une remontée de l’indicateur thermique national à partir du 20 juillet.

Cette prévision demande confirmation mais la configuration serait similaire à celle des épisodes précédents. Le sud et le sud-ouest de la France seraient les zones les plus touchées. Des températures maximales supérieures à 35 °C sont attendues sur ces régions.

Source : Météo France.

 

Anomalie thermique du 17 juillet 2026

La Soufrière de la Guadeloupe depuis 1976 : les progrès de la volcanologie

Alors que vient de se terminer à la Guadeloupe le colloque SOUFRIÈRE_50 organisé par l’IPGP et l’Observatoire volcanologique et sismologique (OVSG), un article publié sur le site Guadeloupe la 1ère montre l’évolution de la volcanologie au cours des 50 années qui se sont écoulées depuis l’éruption de La Soufrière en juillet 1976. On se souvient que cette éruption avait été marquée pat la relation conflictuelle entre Haroun Tazieff et Claude Allègre, ce dernier ayant décrété une évacuation qui n’était pas justifiée au vu des observations scientifiques effectuées par l’équipe Tazieff.

Source : Radio France, INA

Aujourd’hui, à la Guadeloupe comme ailleurs dans le monde, les moyens de surveillance volcanique n’ont plus grand-chose à voir avec ceux de 1976, mais force est tout de même de reconnaître que la prévision éruptive est toujours loin d’être parfaite. On l’a constaté lors d’éruptions récentes comme celle du Fuego (Guatemala) en 2018 qui a été particulièrement meurtrière.

L’OVSG installé à Gourbeyre, dans le sud de l’île, est depuis quelques années en état de « vigilance renforcée » face au volcan, qui domine l’archipel du haut de ses 1 467 mètres.

Crédit photo : Wikiprdia

La Soufrière est sous étroite surveillance car le volcan montre des signes de réveil. Le bulletin publié par l’Observatoire rappelle que depuis mai 2021, la zone active du sommet est devenue « plus dangereuse qu’auparavant », en raison des gaz toxiques, des projections de vapeur et de matière à haute température et des effondrements de sol. La directrice de l’Observatoire a toutefois fait remarquer en novembre 2025 que « la micro-sismicité est moins forte en ce moment. » Selon elle, le canal par lequel remonte la vapeur d’eau serait aujourd’hui bien ouvert. Cette vapeur ne fracture donc plus les entrailles du volcan, un phénomène qui provoque des séismes. Le risque d’une éruption phréatique semble donc écarté pour le moment.

Crédit photo : CNRS

En cas d’éruption, la première question qui se poserait serait celle des évacuations. En novembre, un exercice grandeur nature a simulé l’évacuation d’une partie de Saint-Claude, commune installée sur les flancs du volcan, vers des centres d’accueil du nord de l’île.

En 1976, Claude Allègre, alors directeur de l’IPGP, avait décrété une évacuation d’ampleur, faisant fi des résultats des observations de l’équipe Tazieff qui n’avait détecté aucun magma juvénile dans les matériaux éjectés par le volcan. Quelque 73 000 personnes avaient finalement été évacuées de l’île de Basse-Terre à la mi-août et la commune, chef-lieu de la Guadeloupe, ne s’en est jamais vraiment remise. L’éruption a précipité son déclin au profit de Pointe-à-Pitre, la capitale économique.

D’un point de vue scientifique, les chercheurs considèrent désormais la Soufrière comme un volcan similaire à la Montagne Pelée en Martinique, et à La Soufriere de Montserrat, capable de produire des éruptions phréatiques, mais aussi magmatiques. [NDLR : Il ne faudrait pas oublier que chacun de ces volcans a son propre dynamisme éruptif. La lecture du livre d’Alfred Lacroix sur les éruptions de la Montagne Pelée, comme l’a fait le professeur Brousse en 1976 au moment de la crise de la Soufrière n’était pas forcément le meilleur moyen de comprendre l’éruption à la Guadeloupe].

L’article paru sur le site Guadeloupe le 1ère explique qu’en un demi-siècle, la connaissance du passé éruptif de La Soufrière et la densification d’instruments toujours plus précis ont changé la façon de voir le volcan. Depuis fin 2024, les scientifiques disposent en outre de l’imagerie matricielle qui permet d’obtenir une sorte d’échographie du volcan. Cette nouvelle méthode repose sur la disposition d’un réseau de géophones qui captent non seulement les fortes secousses sismiques, mais aussi le bruit sismique induit par le vent, l’océan et l’activité humaine.  Les ondes émises par le volcan ont permis de représenter son sous-sol en image, jusqu’à 10 km de profondeur et environ 6 km de large. C’est ainsi qu’est apparu un conduit hélicoïdal sur les cinq premiers kilomètres de profondeur, qui se connecte à des réservoirs de magma plus en profondeur, un peu comme une éponge alvéolée. [NDLR : Une image semblable de l’intérieur de La Soufriàre avait été obtenue grâce à la tomographie muonique dans le cadre du projet Diaphane. Voir ma note du 9 mai 2016]

Selon un scientifique de l’arc antillais, cette technique permet de mieux comprendre le fonctionnement du volcan et pourrait aider à mieux anticiper les éruptions, en révélant à l’image d’éventuels changements du régime magmatique ou gazeux du volcan.

Source » : Guadeloupe la 1ère.