L’histoire éruptive de la Péninsule de Reykjanes (Islande) // The eruptive history of the Reykjanes Peninsula (Iceland)

Alors que la perspective d’une éruption dans la Péninsule de Reykjanes s’éloigne chaque jour un peu plus, les volcanologues islandais se tournent maintenant vers le passé pour essayer d’imaginer ce qui pourrait se passer dans le futur sur la péninsule.

Après avoir étudié les archives, ils pensent que si une éruption devait se produire, elle marquerait probablement le début d’une nouvelle période d’activité volcanique de quelques siècles. Ce type d’activité volcanique s’est produit trois fois dans le passé.

Un scientifique islandais a rassemblé des données sur les trois dernières périodes éruptives dans la péninsule de Reykjanes. Elles ont eu lieu il y a 3000 à 3500 ans, 1900 à 2400 ans, et enfin entre les années 800 et 1240 après JC. Ces informations s’appuient sur des cartes géologiques de la Péninsule de Reykjanes et sur un livre qui décrit les éruptions volcaniques en Islande ; il est intitulé Náttúruvá á Íslandi, eldgos og jarðskjálftar.

Les écrits montrent qu’au cours de la dernière partie de l’Holocène (période qui a commencé il y a environ 11700 ans), les systèmes volcaniques de la Péninsule de Reykjanes sont entrés en éruption tous les 900 à 1100 ans. On dispose de moins d’informations sur la première partie de l’Holocène.

Chaque période éruptive semble avoir duré environ 500 ans ; pendant ces périodes, la plupart des systèmes volcaniques ont probablement été actifs, mais pas simultanément. L’activité volcanique a été marquée par des éruptions qui ont chacune duré quelques décennies. Les coulées de lave émises par des fissures ont parfois atteint 12 km.

Sur la Péninsule de Reykjanes, il y a six systèmes volcaniques, alignés du sud-ouest au nord-est. Le plus à l’ouest est celui de Reykjanes, puis viennent ceux de Svartsengi, Fagradalsfjall, Krýsuvík, Brennisteinsfjöll et enfin Hengill.

La dernière période éruptive a commencé vers l’an 800 dans les montagnes de Brennisteinsfjöll et dans le système de Krýsuvík, en donnant naissance aux champs de lave de Hvammahraun et Hrútafellshraun. Au 10ème siècle, le système de Brennisteinsfjöll a de nouveau connu une éruption, créant au moins cinq champs de lave différents. Cet événement a été suivi par une interruption de l’activité volcanique pendant 150 ans. Puis, très probablement en 1151, une éruption a commencé dans le système volcanique de Krýsuvík. Selon certains écrits, elle s’est terminée en 1188. Trois champs de lave se sont formés au cours de cette période d’activité. Ensuite, il y a eu une interruption de l’activité volcanique pendant 20 ans, jusqu’en 1210 quand une éruption a commencé près de l’océan. Elle a duré jusqu’en 1240 et a marqué la fin de 450 ans d’activité volcanique.

Reste à savoir si l’histoire se répétera… Les volcans ne lisent pas les archives!

Source: Iceland Monitor.

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With the prospect of an eruption in the Reykjanes Peninsula getting farther and farther, Icelandic volcanologists are now turning to the past to try and imagine what could happen in the future on the Reykjanes Peninsula.

After studying the archives, they think that if an eruption should occur, it would probably mark the beginning of a new volcanic period lasting a few centuries. This kind of volcanic activity happened three times in the past.

An Icelandic scientist assembled data on the past three volcanic periods in the Reykjanes Peninsula. These were 3,000-3,500 years ago, 1,900-2,400 years ago, and finally between the years 800 and 1240 AD. His information is based on geological maps of the Reykjanes peninsula and on a comprehensive book on volcanic eruptions in Iceland called Nátt­úru­vá á Íslandi, eld­gos og jarðskjálft­ar.

Research reveals that during the latter part of Holocene (the period that began about 11,700 years ago) the volcanic systems on the Reykjanes Peninsula have erupted every 900 to 1100 years. Less is known about the first part of Holocene.

Each eruption period appears to have lasted about 500 years, and during that time most of the volcanic systems appear to have been active, although not simultaneously. The volcanic activity was characterized by eruptions that each lasted a few decades. Lava flows from volcanic fissures that could be as long as 12 km.

On the Reykjanes peninsula, there are six volcanic systems, lined up side by side, pointing from southwest to northeast. Farthest west is that of Reykjanes, then those of Svartsengi, Fagradalsfjall mountain, Krýsuvík, Brennisteinsfjöll mountains and, finally, Hengill mountain.

The last volcanic period began around the year 800 in Brennisteinsfjöll mountains and in the Krýsuvík system, creating the lava fields of Hvammahraun and Hrútafellshraun.

During the 10th century, the Brennisteinsfjöll system erupted again, creating at least five different lava fields. This was followed by a 150-year-long break in volcanic activity. Then, most likely in 1151, an eruption began in the Krýsuvík volcanic system. According to written sources, it ended in 1188. Three lava fields were formed during that period of activity. .

Next, there was a 20-year break in volcanic activity, until 1210 when an eruption began near the ocean. It lasted until 1240, marking the end of 450 years of volcanic activity.

Whether history will repeat itself remains to be seen… Volcanoes do not read the reports of the past!

Source: Iceland Monitor.

Carte montrant les champs de lave apparus lors de la dernière période éruptive sur la Péninsule de Reykjanes (800 – 1240) [Source : Iceland GeoSurvey]

Mauna Loa (Hawaii) : un géant endormi // A sleeping giant

L’éruption du Kilauea en 2021 n’est pas très spectaculaire et n’attire pas beaucoup de touristes car la surface active de la lave n’est pas visible depuis la terrasse d’observation.

En guise de compensation, le HVO nous rappelle qu’il existe un autre volcan potentiellement actif sur la Grande Ile d’Hawaii et l’Observatoire pose la question: «Quand le Mauna Loa va-t-il entrer à nouveau en éruption?» Le Mauna Loa n’est pas en éruption actuellement, mais on observe des signes d’activité au-dessus de la normale depuis juillet 2019 C’est pourquoi le HVO a fait passer le niveau d’alerte volcanique à ADVISORY (surveillance conseillée) et le la couleur de l’alerte aérienne au JAUNE.

Le Mauna Loa est le plus grand volcan actif sur Terre (les Américains sont vraiment friands de superlatifs!) et il occupe un peu plus de la moitié de l’île d’Hawaï. Volcan bouclier, il s’élève progressivement à 4170 m au-dessus du niveau de la mer, mais ses flancs descendent sur 5 km sous le niveau de la mer jusqu’au fond de l’océan, ce qui fait du Mauna Loa la plus haute montagne de la planète.

Comme le Kilauea, le Mauna Loa a une caldeira sommitale et deux zones de rift actives qui partent de son sommet. Les éruptions peuvent être de courte ou de longue durée et se produire au sommet, sur les zones de rift sud-ouest ou nord-est, ou à partir de bouches radiales sur les flancs nord et ouest du volcan.

L’histoire montre que les éruptions du Mauna Loa peuvent commencer sans pratiquement de signes avant-coureurs et produire d’impressionnants volumes de lave qui parcourent de longues distances sur de courtes périodes de temps, avec des dégâts facile à imaginer pour les localités présentes au pied du volcan.

La dernière éruption du Mauna Loa a commencé à son sommet le 25 mars 1984. Une série de fissures s’est ouverte le long de la zone de rift nord-est. Elles ont alimenté des coulées de lave qui sont arrivées à moins de 17 km de Hilo Bay en 5 jours. L’éruption s’est terminée le 15 avril.

L’éruption du Mauna Loa qui a émis les plus importants volumes de lave en un temps record a commencé le 1er juin 1950, lorsque des fissures se sont ouvertes dans la partie supérieure du Rift Sud-Ouest, avec une coulée de lave qui a parcouru 24 km et a atteint l’océan en moins de 3 heures! Au cours des 23 jours suivants, des coulées de lave sont descendues de part et d’autres de la zone de rift. Elles ont noyé le village côtier de Ho’okena-mauka et recouvert la Highway 11 en trois endroits.

En ce qui concerne la situation actuelle, les sismomètres du HVO ont enregistré entre le 15 et le 21 février 2021 271 petits séismes (magnitude inférieure à M 2,0) superficiels (moins de 6 km de profondeur) sur le Mauna Loa : 226 ont été localisés sous le sommet et sous les flancs supérieurs du volcan. Il s’agit d’une hausse relative de l’activité, mais qui reste dans la fourchette des événements observés ces des dernières années. Les scientifiques du HVO pensent que l’activité sismique peu profonde s’intensifiera avant une éruption.

L’examen des données de 1984 peut aider à mettre en perspective les observations récentes. Un signe annonciateur de l’éruption de 1984 a été une augmentation brutale du nombre de petits séismes et du tremor volcanique. Des centaines, et parfois plus de mille, secousses ont été enregistrées chaque jour par le réseau sismique du HVO. Dans les heures qui ont précédé l’éruption de 1984, l’activité sismique était telle que les télescopes astronomiques du Mauna Kea, à 42 km de distance, ne pouvaient pas être stabilisés en raison des vibrations constantes du sol.

Le HVO utilise des outils de surveillance à distance qui n’existaient pas en 1984. Le réseau GPS et les tiltmètres enregistrent la déformation du sol en continu. Cette dernière montre une inflation sommitale lente et sur le long terme, en relation avec l’alimentation de la chambre magmatique peu profonde. La légère hausse de l’inflation sommitale qui a débuté en janvier 2021 se poursuit. Les outils de surveillance actuels comprennent également des webcams haute résolution, des réseaux d’infrasons, des jauges de déformation, des capteurs d’émission de gaz, l’accès aux mesures satellitaires et l’imagerie thermique.

Quand le Mauna Loa entrera-t-il à nouveau en éruption? Il est malheureusement impossible de prévoir la date et l’heure de la prochaine colère du volcan. Les mesures géophysiques indiquent que la chambre magmatique du Mauna Loa se recharge depuis l’éruption de 1984 et qu’il y a des signes d’activité significatifs depuis 2019, mais la prochaine éruption du Mauna Loa ne semble pas imminente. Néanmoins, la récente augmentation de la sismicité et de la déformation du sol rappelle que Mauna Loa est un «géant endormi».

Source: USGS / HVO.

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The 2021 eruption of Kilauea is not dramatic these days and does not attract many tourists as the active surface of the lava cannot be seen from the observation terrace.

As a compensation, HVO reminds us that there is another potentially active volcano on Hawaii Big Island. The Observatory askes the question: “When will Mauna Loa erupt next?”

Mauna Loa is not currently erupting, but there have been signs of unrest above background level since July 2019, which led HVO to increase the Volcano Alert Level to ADVISORY and the Aviation Colour Code to YELLOW.

Mauna Loa is the largest active volcano on Earth (Americans are really fond of superlatives!), covering just over half of the Island of Hawaii. A shield volcano, it rises gradually to 4,170 m above sea level, and its long submarine flanks descend 5 km below sea level to the ocean floor.

Mauna Loa, like Kilauea, has a summit caldera and two active rift zones extending from its summit. Eruptions may be short- or long-lived, and occur at the summit, on either the Southwest or Northeast Rift Zones, or radial vents on the north and western flanks on the volcano.

History shows that Mauna Loa eruptions can begin with very little warning and produce high volume lava flows that travel long distances in short periods of time, impacting communities on the flanks of the volcano.

Mauna Loa’s last eruption began at its summit on March 25th, 1984. A series of fissures opened along the Northeast Rift Zone, feeding lava flows that came to within 17 km of Hilo Bay in 5 days. The eruption ended on April 15th.

The fastest high-volume eruption from Mauna Loa in recorded history began on June 1st, 1950, when fissures opened from the uppermost Southwest Rift Zone, generating a lava flow that travelled 24 km and reached the ocean in less than 3 hours! Over the next 23 days, lava flows descended on both sides of the rift zone, inundating the coastal village of Ho’okena-mauka and covering Highway 11 in three places

As far as the current situation is concerned, HVO seismometers recorded approximately 271 small (under M 2.0), shallow (less than 6 km deep) earthquakes last week on Mauna Loa, 226 of which were beneath the summit and upper-elevation flanks. This is a relative increase in activity, but within the range of fluctuations observed over the past several years. HVO scientists expect that shallow seismic activity will become more sustained before an eruption.

Review of data from 1984 can help put recent observations into perspective. An immediate precursor to the 1984 eruption was an abrupt increase in the number of small earthquakes and volcanic tremor. Hundreds to over a thousand earthquakes were recorded by HVO’s seismic network each day. In the hours before the 1984 eruption, seismic activity increased to the point that the astronomical telescopes on Mauna Kea, 42 km, could not be stabilized because of the constant ground vibration.

HVO also uses remote monitoring capabilities that were not available in 1984. Global Positioning System (GPS) and tiltmeter stations record continuous ground deformation measurements that show slow, long-term summit inflation, consistent with magma supply to the volcano’s shallow storage system. A slight increase in the rate of inflation at the summit that began in January 2021 is continuing.

Current monitoring tools also include high resolution webcams, infrasound arrays, strainmeters, gas emission sensors, and access to spaceborne radar and thermal imaging measurements.

So, when will Mauna Loa erupt next? It is not possible to “predict” the exact date and time. Geophysical measurements indicate that Mauna Loa’s magma storage system has been recharging since the 1984 eruption, and there have been signs of elevated unrest since 2019, but the next Mauna Loa eruption does not appear to be imminent. Nevertheless, the recent slight increase in seismicity and ground deformation is a reminder that Mauna Loa is a “sleeping giant.”

Source: USGS / HVO.

Cette carte du Mauna Loa montre des coulées de lave émises depuis 1823 (en gris), le nombre approximatif d’heures ou de jours mis par une coulée pour aller depuis la bouche éruptive jusqu’à l’océan, ou la distance maximale parcourue par une coulée. Une coulée a dévalé les pentes abruptes du flanc ouest du Mauna Loa et a atteint l’océan en seulement 3 heures après l’ouverture d’une bouche éruptive en 1950.

Les chiffres en gras font référence au débit éruptif de la lave en millions de mètres cubes par jour. On remarquera que le flanc ouest a les pentes les plus raides (zones rouge-orange), la distance la plus courte entre la bouche éruptive et l’océan et le débit éruptif le plus élevé pendant les éruptions. Il reste donc peu de temps pour avertir la population lors d’une éruption dans la zone de rift sud-ouest du Mauna Loa. (Source: USGS)

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This map of Mauna Loa, shows lava flows erupted since 1823 (gray), the approximate number of hours or days it took for a flow to advance from the vent location to the ocean or maximum reach of a flow. One flow that moved down the steep slopes on west flank of Mauna Loa reached the ocean in as little as 3 hours after the vent started erupting in 1950. The bold numbers (for example, 12Mm3/d) are the average rates of lava effusion (outpouring of lava) in millions of cubic meters per day. Note the west flank has the steepest slopes (red-orange areas), shortest distance from vent to the ocean, and the highest average rate of effusion during eruptions, resulting in precious little time for warning residents during an eruption from the Southwest Rift Zone of Mauna Loa.  (Source : USGS)

Caldeira sommitale du Mauna Loa (Photo : C. Grandpey)

Bilan éruptif de l’année 2020 – (4) août, septembre et octobre

Voici les événements éruptifs les plus marquants des mois d’août, septembre et octobre 2020

Août 2020

Les 2 et 3 août, le Langila (Papouasie-Nouvelle-Guinée) connaît un nouvel épisode d’activité. Il émet des panaches de cendres qui s’élèvent jusqu’à environ 2400 m au-dessus du niveau de la mer. L’éruption précédente a duré du 2 avril 2016 au 30 octobre 2018, avec un VEI 2.

Le volcan sur l’île Nishinoshima (Japon) reste très actif en août. Le panache de cendres s’élève jusqu’à 5000-6000 m au-dessus du niveau de la mer. Selon les garde-côtes japonais, les explosions sont fréquentes et de la lave coule toujours sur le flanc du volcan.

L’activité explosive se poursuit sur le Suwanosejima (Japon) au cours du mois d’août, avec des panaches de cendres s’élevant à plus de 2 km au-dessus du niveau de la mer. Des émissions importantes de SO2 sont enregistrées vers le sud du volcan au-dessus de l’Océan Pacifique.

Le Sinabung entre de nouveau en éruption à 18h58 (UTC) le 7 août, pour la première fois depuis juin 2019.  Le volcan vomit un panache de cendres jusqu’à 4,5 km au-dessus du niveau de la mer. Une autre éruption a lieu à 10h18 (UTC) avec un panache s’élevant jusqu’à 3,3 km d’altitude. Les habitants et les touristes sont invités à rester à l’extérieur d’un rayon de 3 km du cratère. Des retombées de cendres sont signalées dans plusieurs zones, occasionnant des dégâts aux plantations et aux récoltes. Les autorités déclarent qu’aucun habitant n’a été déplacé par l’éruption et qu’il n’y a pas eu de victimes. 1 500 masques sont distribués à la population et les autorités locales aident les habitants à évacuer la cendre. Le niveau d’alerte volcanique reste à 3 (Siaga).

Un nouvel épisode éruptif significatif est observé à 03h16 (UTC) le 10 août, avec un panache de cendres qui monte jusqu’à 10 km au-dessus du niveau de la mer, obligeant les autorités à évacuer les localités proches du volcan.

Le volcan entre de nouveau en éruption à plusieurs reprises le 13 août, avec une colonne de cendres de 2000 mètres au-dessus du sommet.

De nouveaux événements éruptifs les 14, 17 et 18 août produisent des panaches de cendres qui atteignent 2-4 km de hauteur. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4), avec une zone d’exclusion générale de 3 km et des extensions à 5 km sur le secteur SE et 4 km dans le secteur NE.

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Septembre 2020

 Au Chili au mois de septembre,  la lave continue de descendre sur le flanc NNE du Nevados de Chillán. On observe toujours des émissions de gaz et des explosions se font entendre de temps en temps. Le niveau d’alerte reste au Jaune, le deuxième sur une échelle de quatre couleurs, et il est rappelé à la population de ne pas s’approcher du cratère à moins de 3 km

Au Chili, l’activité du Villarrica au mois de septembre se caractérise par la présence d’un lac de lave actif, de petites explosions et des émissions de gaz. Les images de la webcam montrent des émissions de gaz ne dépassant pas 500 m la lèvre du cratère, avec parfois une incandescence nocturne du cratère et la projection de matériaux. Les images satellites montrent des dépôts de tephra autour du cratère jusqu’à 36 m sur les flancs E et SE. Le 25 septembre, le réseau sismique enregistre un séisme longue période associé à une explosion d’intensité moyenne. Le niveau d’alerte reste au Jaune.

L’Icelandic Met Office fait passer au Jaune la couleur de l’alerte aérienne du Grímsvötn le 30 septembre suite à une hausse de l’activité. La sismicité a augmenté au cours du mois précédent, les chaudrons présents à la surface du glacier se sont approfondis en plusieurs endroits de la caldeira, signe d’une hausse de l’activité géothermale. De plus, la déformation de surface dépasse le niveau d’avant l’éruption de 2011. Des gaz magmatiques étaient présents dans les émissions au cours de l’été. Pour terminer, le niveau de l’eau dans le lac sous-glaciaire est comparable aux niveaux qui ont précédé les inondations de 2004 et 2010.

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Octobre 2020

En Sicile au mois d’octobre, l’activité de l’Etna se caractérise par des séquences stromboliennes dans le cratère nord-est (NEC), au niveau du cône dans le nouveau Cratère Sud-Est (NSEC) et des émissions de gaz au niveau de  la Voragine (VOR) et de la Bocca Nuova (BN). La fréquence et l’intensité des explosions stromboliennes sont variables.

Dans le même temps, l’activité du Stromboli se caractérise par des explosions dans la zone cratèrique Nord (N) et la zone cratèrique centre-sud (CS). Les explosions de deux bouches dans le cratère N1 éjectent des lapilli et des bombes à 80 à 150 m de hauteur, avec aussi des émissions de cendres

En raison d’effondrements du dôme de lave sommital, le Sinabung (Indonésie) déclenche deux coulées pyroclastiques le 25 octobre 2020. Les avalanches de cendre à haute température atteignent des distances de 1,5 et 2,5 km,

La préfecture de Mayotte vient indique que, selon les données de la dernière campagne océanographique menée du 1er au 26 octobre, le volcan sous-marin découvert en mai 2019 au large de Mayotte est toujours actif. Cette dernière campagne a permis d’identifier au nord-ouest du volcan de nouvelles coulées de lave pouvant atteindre 60 m mètres d’épaisseur sur le fond marin. Elles confirment la persistance d’une activité éruptive, toujours en cours au moment de la campagne. Les relevés du fond marin ont permis de constater que la morphologie du volcan n’a pas évolué depuis août 2019. Selon les études déjà menées sur le volcan, ce dernier présente une hauteur de 800 mètres et il a provoqué des séismes qui ont fait s’affaisser Mayotte de 15 centimètres.

Coulée pyroclastique sur le Sinabung (Crédit photo : J.P. Vauzelle)

Bilan éruptif de l’année 2020 – (3) mai, juin et juillet

Voici les événements éruptifs les plus marquants des mois de mai, juin et juillet 2020 :

Mai 2020

Le 15 mai, l’INGV indique que l’activité s’est intensifiée au niveau du Nouveau Cratère SE de l’Etna au cours des derniers jours

En mai, la couleur du niveau d’alerte est Jaune sur 3 volcans surveillés par l’Alaska Volcano Observatory (AVO) : Shishaldin Semisopochnoi, Great Sitkin.

Le 16 mai, une puissante séquence éruptive a lieu sur le Semeru (Indonésie) avec un panache de cendre qui montre jusqu’à 14 km d’altitude.

Un bref épisode éruptif est observé ce même jour sur le Mont Ibu (île de Halmahera / Indonésie)..
La couleur de l’alerte aérienne passe au Rouge sur les deux volcans.

22 mai : Des explosions phréatiques sont toujours observées sur le Rincón de la Vieja (Costa Rica).

Un essaim sismique incluant une douzaine d’événements est enregistré dans la région de West Yellowstone, près du Parc National de Yellowstone le 29 mai. La secousse la plus forte a une magnitude de M 3,1. Les autres se situent entre M 1,6 et M 3,1, à une profondeur d’environ 5 km. On a déjà enregistré 34 séismes dans la région au cours du mois d’avril. Les essaims sismiques sont relativement fréquents dans la région et en général dus à l’activité hydrothermale.

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Juin 2020

Le 1er juin, un épisode éruptif est observé sur le Cleveland (Aléoutiennes / Alaska). Il détruit le dôme de lave qui s’était formé en janvier 2019 et avacue une grande quantité de matériaux du cratère sommital. Des coulées de débris parcourent environ 2,9 km le long du flanc E et plus de 2,7 km le long du flanc N. Aucune activité significative n’est observée les jours suivants.

Un séisme longue période est enregistré sous le Nevados de Chillán (Chili) le 6 juin. Le  panache de cendres qui a accompagné cet événement monte à plus de 760 m au-dessus de la bouche éruptive. Des coulées pyroclastiques dévalent les flancs NW, N, E et SE du volcan.

Un fort épisode éruptif est observé sur le Sangay (Equateur) le 9 juin, avec une colonne de cendres qui s’élève jusqu’à 7 km d’altitude. Des retombées de cendres sont observées dans plusieurs provinces et le trafic aérien est perturbé. Plusieurs routes sont fermées en raison de l’épaisse couche de cendre. Les habitants de la région, en particulier à Guayaquil,  sont invités à porter des masques pour éviter les problèmes respiratoires et continuer à se protéger contre le coronavirus. En mars et avril, l’épidémie a été particulièrement sévère; les services de santé ont été débordés et il a fallu récupérer les personnes décédées à l’intérieur des habitations. Par bonheur, la situation s’est bien améliorée. L’Instituto Geofisico indique que des coulées pyroclastiques ont dévalé le flanc sud-est du volcan. Le 9 juin au soir, le nuage de cendres s’étire sur 400 km

L’activité reste soutenue en juin sur l’île volcanique Nishinoshima (Japon), avec de grandes coulées de lave et des panaches de cendre émis par le cône central. Il est demandé aux pêcheurs de rester en dehors de la zone d’exclusion d’un rayon de 2,6 km autour de l’île.

Le 18 juin, le Met Office islandais (IMO) indique que le volcan Grímsvötn pourrait entrer en éruption à court terme, d’ici quelques semaines ou quelques mois. A ce jour, aucune éruption ne s’est produite !

Un essaim sismique d’une intensité encore jamais observée est enregistré en Islande sur la zone de fracture de Tjörnes (TFZ), avec des événements au-dessus de M 5,0. Un séisme fort et superficiel enregistré par l’USGS avec une magnitude de M 6.0 et de M 5.7 par l’IMO secoue la zone à 19h07 UTC le 21 juin L’épicentre est situé à 50 km au NNE de Siglufjörður (1190 habitants) et 101 km N d’Akureyri (17693 habitants). L’hypocentre est localisé à une profondeur de 10 km, comme la plupart des événements précédents. Plus de 2000 secousses ont été enregistrées depuis le 19 juin 2020.

Le volume du dôme de lave du Merapi (Indonésie) dépasse d’environ 600 m le sommet du volcan. Son volume était estimé à 200 000 mètres cubes le 13 juin. La morphologie du cratère sommital a légèrement changé après l’éruption du 21 juin. Quelque 19 000 mètres cubes ont disparu de la partie sud-ouest du sommet, probablement à proximité ou en bordure du cratère. Le niveau d’alerte reste à 2

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Juillet 2020

Le volcan de l’île Nishinoshima (Japon) est toujours très actif. La JMA indique qu’une colonne de cendres s’élève à 8 300 m au-dessus du niveau de la mer le 4 juillet. C’est la plus haute colonne de cendres observée depuis 2013.
Comme précédemment, l’activité volcanique se caractérise par de fréquentes explosions et coulées de lave. Les coulées de lave avancent sur le versant sud-ouest et entrent dans la mer.

Le SERNAGEOMIN indique que la lave a commencé à percer la lèvre du cratère Nicanor du Nevados de Chillán (Chili) le 27 juin avant de s’écouler sur une quarantaine de mètres le long du flanc N le 1er juillet. Une explosion le 6 juillet génère un panache de gaz et de cendres qui s’élève à 1,2 km au-dessus du cratère. Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune.

Une nouvelle éruption débute sur le Raung (Ile de Java / Indonésie) à 13h53 (heure locale) le 16 juillet. La dernière éruption avait eu lieu entre les mois de février et août 2015. Selon l’observatoire volcanologique du Raung, l’éruption initiale a duré 56 secondes, avec des panaches de cendre qui sont montés jusqu’à 6 km d’altitude. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne passe à l’Orange. Des vols en provenance et à destination de Bali et d’aéroports régionaux sont annulés à cause de la menace de la cendre.

Le 19 juillet, deux fortes explosions secouent le Stromboli vers 5 heures du matin et provoquent un mouvement d’angoisse parmi la population qui garde à l’esprit les événements explosifs des derniers moi, avec un mort le 3 Juillet 2019, un randonneur qui gravissait le volcan côté Ginostra. Selon l’INGV, les deux explosions ont été moins intenses que celle du 3 juillet 2019.

Panache de cendre sur l’île Nishinoshima (Crédit photo: Japan Coast Guard)

Bilan éruptif de l’année 2020 – (2) février, mars et avril

Février 2020 a débuté avec un débordement de lave sur la partie nord de la terrasse cratèrique du Stromboli (Sicile) Cependant, le débordement s’est limité à la zone sommitale.

Le 10 février, la première éruption de l’année 2020 débute en fin de matinée (heure locale) sur le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion), avec des coulées sur le flanc Est du volcan, un peu en dessous du cratère Jean..

L’éruption s’essouffle rapidement. Le 15 fevrier le tremor chute rapidement à partir de 14 heures. Seul subsiste un tremor résiduel qui annonce la fin des hostilités. L’éruption est officiellement déclarée terminée le 16 février 2020 à 14h12

Le 14 février, le PHIVOLCS indique qu’il a abaissé le niveau d’alerte du Taal (Philippines) de 3 à 2 suite au déclin de l’activité éruptive.

Le 21 février, ce n’est pas l’activité éruptive du Tungurahua qui inquiète les autorités équatoriennes, mais le risque d’effondrement d’un flanc du volcan. En fait, aucun événement majeur de ce type ne sera observé par la suite.

Le VSI indique fin février que le volume du dôme de lave au sommet du Merapi (Indonésie) a diminué à la suite d’un épisode explosif survenu le 13 février. L’événement a produit un panache de cendre de 2 km de hauteur. Le volume du dôme la veille de l’événement était estimé à 407 000 mètres cubes, puis (le 19 février) à 291 000 mètres cubes. Le niveau d’alerte reste à 2.

Une brève augmentation de la sismicité est observée sur le Ruapehu (Nouvelle-Zélande). les 22 et 23 février.

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Mars 2020

Le Merapi (Indonésie) connaît un nouvel épisode éruptif le 3 mars avec une colonne de cendre qui monte à 6 000 – 10 000 mètres de hauteur L’éruption déclenche également des coulées pyroclastiques qui parcourent jusqu’à 2 kilomètres sur les pentes du volcan. Des retombées de cendre sont observées dans plusieurs localités.

La 11 mars  le PHIVOLCS fait passer le niveau d’alerte du Kanlaon (Philippines) de 0 à 1.

S’agissant de l’Etna (Sicile), l’INGV signale en mars une activité éruptive continue dans la Voragine (VOR), le nouveau cratère Sud-Est (NSEC) et le cratère Nord-Est (NEC)

En mars, l’activité éruptive se poursuit au niveau du cratère central sur l’île de Nishinoshima (Japon), avec un panache de cendres qui s’élève jusqu’à 1 km de hauteur. Les matériaux éjectés par le cratère retombent jusqu’à la base du cône. La lave entre également dans la mer. La zone d’exclusion marine présente un rayon d’environ 2,6 km autour de l’île.

Au cours du mois de mars, ltempérature du lac du cratère du Ruapehu (Nouvelle-Zélande) passe de 24°C à 40°C suite à une hausse de la sismicité sous le volcan. Le niveau d’alerte volcanique reste à 1 mais les autorités recommandent de ne pas s’approcher à moins de 400 m du lac.

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Avril 2020

Après une brève crise sismique superficielle le matin du 2 avril 2020, entre 8h15 et 8h51 (heure locale), le tremor volcanique annonce, à partir de 12h20, une nouvelle éruption du Piton de la Fournaise. La source du tremor est localisée sur le flanc Est, à l’intérieur de l’Enclos. Un survol confirme l’ouverture d’une fissure sur ce flanc, à environ 1,7 km du centre du cratère Dolomieu aux alentours de 1900 m d’altitude. Cette fissure se situe en léger contrebas de l’éruption du 10-16 février 2020. Lors du survol, les fontaines de lave ne dépassent pas 30 mètres de hauteur. .

Le 6 avril  L’OVPF indique qu’une forte chute de l’intensité du tremor est observée vers 13h30 (heure locale), annonçant la fin de l’éruption du Piton de la Fournaise. De fortes quantités de cheveux de Pelé sont observées dans les secteurs situés au nord du volcan, notamment dans le secteur de La Plaine des Cafres

Le 11 avril, plusieurs témoins indiquent que l’Anak Krakatau a connu un épisode éruptif dans la soirée du 10 avril, avec un volumineux panache de cendres et de matériaux incandescents qui a atteint  500 mètres de hauteur.

Le matin du 15 avril, un glissement de terrain est observé sur la Sciara del Fuoco du Stromboli (Sicile). L’événement et a duré une vingtaine de minutes

Le 19 avril en tout début de matinée sur l’Etna, une fontaine de lave est visible sur la webcam thermique de la Montagnola et un panache de cendre sort du sommet du volcan. Dans le même temps, le tremor montre une hausse soudaine. La couleur de l’alerte aérienne passe au Rouge avant d’être ramenée à l’Orange vers midi. L’événement avait pour siège le secteur du Cratère Sud-Est, et plus précisément la « selle » entre l’ancien et le nouveau cratère SE. Le panache de cendre s’est élevé à environ 5 km au-dessus du niveau de la mer avant de dériver vers l’est. De petites retombées sont signalées à Zafferana Etnea. La situation redevient normale les heures suivantes.

Le 20 avril, le KVERT indique qu’une éruption explosive est en cours sur le Klyuchevskoy (Kamchatka). Le 18 avril 2020, une coulée de lave a été observée sur le flanc sud-est du volcan.

De puissantes éruptions sont observées au niveau du cratère Minamidake du Sakurajima (Japon). L’une d’elles, le 27 avril, génère un panache de cendres qui s’élève à plus de 3000 mètres au-dessus du cratère et projette des blocs jusqu’à 600 – 900 mètres de hauteur.

Fin avril, dDes explosions phréatiques sont toujours observées sur le Rincón de la Vieja (Costa Rica). Elles produisent généralement des panaches de vapeur et de gaz qui s’élèvent à 300-500 m au-dessus du cratère.

Piton de la Fournaise (Crédit photo : Christian Holveck)

Bilan éruptif de l’année 2020 – (1) janvier

En ce début d’année 2021, voici un bilan de l’activité éruptive en 2020. Elle a été relativement riche, avec en particulier le réveil du Kilauea à Hawaii et de La Soufrière de Saint-Vincent-et-les-Grenadines.

Au cours de l’année 2020, certains volcans ont montré une activité relativement stable. Je ne les mentionnerai donc pas, sauf regain d’activité significatif ponctuel.

Au Guatemala, le Pacaya conserve une activité strombolienne assez régulière au niveau du cratère Mackenney tandis que des coulées de lave avancent sur ses flancs. Le Fuego montre une activité explosive avec projections incandescentes, avalanches de blocs – voire pyroclastiques – qui atteignent souvent la végétation. Le Santiaguito montre son activité explosive habituelle au sommet du complexe de dômes où le Caliente est souvent le plus actif.

Au Mexique, le Popocateptl émet des panaches de vapeur auxquels se mêle parfois de la cendre. La pression des gaz détruit périodiquement le dôme en formation dans le cratère. Un tel événement s’est produit le 22 juillet et s’est accompagné de puissantes explosions avec projections de matériaux incandescents sur les flancs du volcan.

Au Pérou, le Sabancaya est régulièrement secoué par des explosions qui génèrent des panaches de cendre. Ces nuages s’élèvent en général jusqu’à 2 – 3 km au-dessus du sommet.

En Equateur, le Reventador émet régulièrement des panaches de gaz, de vapeur et de cendres jusqu’à 1 km au-dessus du sommet. Des blocs incandescents roulent parfois sur plusieurs centaines de mètres sur les flancs du volcan. L’incandescence est souvent visible de nuit au niveau du cratère.

Au Kamchatka, la couleur de l’alerte aérienne est souvent restée Orange pour l’Ebeko, le Karymsky, le Klyuchevskoy et le Sheveluch en raison du risque d’éruptions explosives et de nuages ​​de cendres qui peuvent perturber le trafic aérien dans la région. Le Klyuchevskoy s’est montré souvent très actif, avec en particulier une coulée de lave observée à partir du 20 avril.

En Indonésie, le Semeru est resté bien actif tout au long de l’année avec des panaches de cendres s’élevant généralement de 200 à 400 m au-dessus du sommet.. A noter une intensification de l’activité éruptive début décembre, avec présence de coulées pyroclastiques probablement provoquées par des effondrements du dôme sommital .Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4).

Toujours en Indonésie, le Karangetang est resté souvent actif en 2020, avec des coulées de lave issues du cratère principal qui se sont engagées dans plusieurs ravines sur les flancs du volcan.

Le Sakurajima (Japon) reste bien actif. On observe régulièrement des explosions dans le cratère Minamidake, avec des panaches de cendres qui s’élèvent jusqu’à 5 km au-dessus du cratère. Des retombées de cendres sont également enregistrées.

Des événements sismiques sont régulièrement enregistrés dans le Parc National de Yellowstone. Ils sont souvent causés par l’activité hydrothermale intense. La caldeira reste soumise à une légère déflation. Rien n’indique un risque d’éruption de ce volcan.

Des fluctuations d’activité sont observées à White Island (Nouvelle Zélande), mais sans événement cataclysmal comme celui qui a tué 22 touristes le 9 décembre 2019. L’affaire est maintenant entre les mains de la justice, avec des procès et autres sordides demandes de compensation financière.

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Voici les événements éruptifs les plus marquants du mois de janvier 2020 :

Le mois de janvier 2020 a été particulièrement riche en phénomènes éruptifs.

Au Japon, le niveau d’alerte du Kirishima (Shinmoedake) passe de 1 à 2 le 2 janvier suite à une augmentation de la sismicité. Les habitants et les touristes sont priés de ne pas s’approcher du cratère.

La sismicité reste présente en janvier à Mayotte, même si la population ne perçoit pas certains événements.

Une activité éruptive est observée sur le Shishaldin (Aléoutiennes / Alaska). Le 3 janvier, le volcan émet un nuage de cendre qui monte à 6000 – 7000 mètres. L’activité décline par la suite

En janvier, le Piton de la Fournaise montre des signes de réveil avec, en parallèle, une inflation de l’édifice volcanique.

L’Agence météorologique japonaise (JMA) indique qu’une éruption s’est produite le 11 janvier 2020 à 15 h 05 sur le Mont Shindake sur l’île Kuchinoerabu dans la préfecture de Kagoshima.. L’éruption a projeté des matériaux à 300 mètres au-dessus du cratère. Aucune coulée pyroclastique n’a été observée et aucun ordre d’évacuation n’a été émis. C’est la première éruption du volcan depuis le 2 février 2019.

L’événement principal du mois de janvier 2020 reste l’éruption qui débute le 12 janvier 2020 sur le Taal (Philippines) dont le niveau d’alerte passe de 3 (activité magmatique) à 4 (dangereuse éruption imminente). À 17 h 30 (heure locale) le 12 janvier, l’activité éruptive du cratère principal (Main Crater) s’est intensifiée et a généré un panache de vapeur et de cendre de 10 à 15 kilomètres de hauteur, traversé de fréquents éclairs. Le PHIVOLCS conseille fortement l’évacuation totale de Volcano Island (6000 habitants), ainsi que l’évacuation des zones exposées aux coulées pyroclastiques et au risque de tsunami dans un rayon de 14 kilomètres du Main Crater du Taal

Ce même 12 janvier 2020, une éruption débute sur le volcan La Cumbre, sur l’île inhabitée de Fernandina aux Galapagos (Equateur). Comme d’habitude dans cette partie du globe, l’éruption consiste en émissions de lave basaltique fluide. Cette lave est émise par une fissure le long du flanc sud-est du volcan et une coulée descend vers la côte.

Le 14 janvier, 40 752 personnes sont affectées par l’éruption du Taal; 38 203 d’entre elles vivent dans des abris temporaires dans 198 centres d’hébergement.

Le 17 janvier, plusieurs localités à proximité du Taal sont totalement bloquées par la police. Le nombre de personnes évacuées a rapidement augmenté depuis le début de l’éruption. Sur la base des dernières données, 27 312 familles, soit 125 107 personnes, sont logées dans 373 centres d’hébergement provisoires.

Le 18 janvier, 22 472 familles, soit 96 061 personnes, ont été affectées par l’éruption du Taal à Batangas. Sur ce nombre, 16 174 familles – 70 413 personnes – vivent dans 300 centres d’évacuation.

Au cours des deux premières semaines de janvier, de volumineux panaches de gaz et de vapeur sont montés à 50 – 200 mètres au-dessus du fond du cratère de l’Anak Krakatau (Indonésie). Un épisode éruptif le 7 janvier a généré un panache de cendre qui est monté à 200 mètres de hauteur. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4)

L’AVO a indiqué le 18 janvier que l’activité éruptive avait repris sur le Shishaldin (Aléoutiennes / Alaska) avec des coulées de lave visibles sur le flanc NE du volcan.

À partir de la soirée du 18 janvier, l’activité explosive dans le secteur NE du Stromboli (Sicile) provoque un petit débordement de lave et le roulement de matériaux le long de la Sciara del Fuoco.

Le 26 janvier, la baisse d’activité du Taal entraîne la réduction du niveau d’alerte de 4 à 3.

Autre événement intéressant à la fin du mois de janvier 2020, une hausse de la sismicité et de l’inflation du sol a été observée en Islande sur la Pénisnule de Reykjanes. Aucune activité éruptive n’aura lieu, mais les autorités ont mis en place le principe de précaution

Fin janvier 2020, l’activité éruptive se poursuit sur lEtna (Sicile) au niveau de la Voragine, du Nouveau Cratère Sud-Est (NCSE) et du Cratère Nord-Est (CNE).

L’activité éruptive est également soutenue en janvier sur l’île Nishinoshima (Japon). Le cône central continue de vomir des coulées de lave qui atteignent l’océan.

Eruption du Taal : Volcano Island sous la cendre (Source : Associated Press)

L’histoire éruptive de la Soufrière St Vincent

La situation actuelle à la Soufrière St Vincent n’est pas à prendre à la légère. Personne ne sait comment va «évoluer l’extrusion de lave en cours dans le cratère.

Dans mon livre « Killer Volcanoes » – aujourd’hui épuisé, mais disponible sur CD avec illustrations – j’explique que La Soufrière de St Vincent a commencé à se manifester il y a 4 300 ans avec une activité explosive qui a produit des coulées pyroclastiques et des retombées de matériaux qui ont affecté le nord de l’île.

La première éruption historique remonte à 1718 et sept autres suivent, jusqu’à celle qui a secoué le volcan entre le 13 avril et le 26 octobre 1979. Toutes incluent la même alternance d’extrusions de lave, panaches de cendre et coulées pyroclastiques.

Au cours de son histoire, la Soufrière de St Vincent a connu deux grandes éruptions.

La première se déroule du 27 avril au 9 juin 1812 dans le cratère principal. Elle est précédée d’une longue période d’activité sismique intense, bien ressentie par la population. Le volcan émet alors des panaches de cendre et produit des coulées pyroclastiques qui déposent  550 millions de mètres cubes de matériaux. Comme cela se produit très fréquemment sur ce type de volcans, les fortes pluies déstabilisent ces dépôts et déclenchent des lahars qui entraînent des dégâts matériels ainsi que 56 morts, malgré l’évacuation de la population.

La seconde éruption se déroule du 30 mars au 8 mai 1902, après une quinzaine de mois d’activité sismique. Elle a pour siège le cratère principal où se produisent des explosions phréatiques et phréatomagmatiques. La phase la plus intense de l’éruption débute le 7 mai vers midi pour se terminer le 8 au matin. Les épisodes sont les mêmes qu’en 1812. Le volcan émet 380 millions de mètres cubes de matériaux sous forme de panaches de cendre et de nuées ardentes qui recouvrent le nord de l’île. La colonne éruptive atteint plusieurs kilomètres de hauteur avant de s’effondrer dans plusieurs directions. Comme précédemment, des lahars puis un tsunami parachèvent les dégâts causés par l’éruption proprement dite. L’indice d’explosivité volcanique (VEI) est estimé à 4. Le bruit de l’explosion est perçu jusqu’à 700 kilomètres de distance. Le bilan fait état de 1 565 morts, en dépit de l’évacuation de la population.

Des explosions sporadiques continuent à être observées jusqu’en avril 1903 quand se termine l’éruption. Elle s’est déroulée quelques jours seulement avant l’éruption dévastatrice de la Montagne Pelée à la Martinique, ce qui n’est pas une aberration étant donné que les deux volcans sont situés sur la même ligne de subduction. Toutefois, les 28 000 morts de la ville de Saint Pierre ont fait quelque peu oublier le bilan moins lourd de l’éruption de la Soufrière de St Vincent.

Quelques décennies plus tard, le volcan entre en nouveau en éruption entre le 4 octobre 1971 et le 20 mars 1972. Un dôme de lave d’un volume de 80 millions de mètres cubes apparaît dans le cratère principal tandis qu’un panache volcanique s’élève jusqu’à vingt kilomètres d’altitude. Les précipitations entraînent la formation d’un lac, de sorte que le dôme initial se trouve transformé en une île qui trône au milieu de l’eau.  Cette dernière et la lave ne faisant pas bon ménage au cours d’une éruption, il est normal que le dôme et le lac soient pulvérisés quelques années plus tard, entre avril et octobre 1979 au cours d’une éruption phréatomagmatique. Cet événement permet la mise en place d’un nouveau dôme volumineux.

L’éruption de 1979 commence brutalement le 13 avril à 4 heures du matin, avec seulement quelques séismes pendant les vingt-quatre heures qui précèdent. La première phase de l’éruption, de type vulcanien avec un panache de 20 kilomètres de hauteur, dure moins de deux semaines. L’épisode suivant se caractérise par la lente extrusion d’un dôme de lave dans le cratère. Il mettra cinq mois pour atteindre sa taille actuelle. L’éruption ne fait pas de victimes grâce à l’évacuation de 22 000 habitants du nord de l’île.

En mars 2005,  des habitants ont fait état d’une forte odeur de soufre dans des localités du sud, jusqu’à Kingstown. L’odeur de soufre est fréquente sur le versant occidental de la Soufrière, mais beaucoup plus rare ailleurs. La population de l’île redoutait alors une reprise de l’activité volcanique sur la Soufrière. Les scientifiques dépêchés sur place n’ont rien détecté d’inquiétant et les instruments ne révèlaient aucune anomalie. Il est probable que l’odeur de soufre était due à un changement d’orientation du vent qui a dévié de sa direction habituelle en s’orientant vers le sud. Aucune modification n’a été apportée au niveau d’alerte.

Aujourd’hui, un dôme de lave à croissance lente est apparu dans le cratère de la Soufrière. Personne ne sait si la situation se stabilisera sans conséquence ou si elle évoluera vers un phénomène éruptif plus violent. Même si elle a fait de gros progrès, la volcanologie moderne montre toujours de sérieuses limites…

Le dôme de lave actuel dans le cratère (Source: Martinique la 1ère)