La technologie muonique pour étudier le Stromboli (Sicile) // Muon technology to study Stromboli (Sicily)

Dans des notes publiées en novembre 2015 et 2017, et en juillet 2016, j’ai attiré l’attention sur l’intérêt que représentait la technologie muonique dans le domaine volcanique. Déjà en 2007, les scientifiques japonais essayaient d’observer l’intérieur des volcans en utilisant cette nouvelle technologie basée sur l’utilisation de particules chargés positivement ou négativement, en provenance des couches supérieures de l’atmosphère

La technique de radiographie muonique est basée sur un principe similaire à celle utilisant les rayons X, mais elle présente l’avantage de pouvoir être utilisée pour étudier des objets beaucoup plus volumineux, tels que les pyramides ou les volcans.
La Protection Civile italienne nous apprend aujourd’hui que la radiographie muonique a été appliquée au Stromboli. C’est le fruit de la collaboration d’un groupe de chercheurs de l’Institut National de Physique Nucléaire (INFN) et de l’Institut National de Géophysique et de Volcanologie (INGV), sans oublier des instituts de recherche japonais. Les résultats de l’étude sur le Stromboli ont été publiés dans la revue Scientific Reports qui couvre toutes les sciences naturelles. Ils révèlent la présence d’une zone de faible densité dans la région sommitale du volcan. Cette zone correspond à une structure d’effondrement formée dans la zone des cratères lors de l’éruption effusive de 2007. Cette zone a ensuite été remplie de matériaux pyroclastiques produits par l’activité explosive strombolienne. Cette structure, qui a influencé le style éruptif du volcan après l’éruption de 2007, a une densité de plus de 30% inférieure à celle du reste du substrat rocheux.
Les muons produits par l’interaction des rayons cosmiques avec l’atmosphère pénètrent dans la roche volcanique et peuvent la traverser de part et d’autre. Cependant, en fonction de la densité et de l’épaisseur de la roche, seule une partie est absorbée. Par le nombre de muons arrivant sur le détecteur, on peut comprendre la densité de la matière qu’ils ont traversée. Des radiographies périodiques du sommet du volcan peuvent être utilisées pour suivre l’évolution de sa structure interne. Le résultat obtenu servira à mieux comprendre les processus éruptifs stromboliens et la dynamique de la Sciara del Fuoco qui a été à plusieurs reprises affectée par des glissements de terrain générateurs de tsunamis.
Le détecteur de muons utilisé pour analyser le Stromboli est basé sur les technologies développées pour l’expérience OPERA ; elles ont étudié les propriétés du faisceau de neutrinos du CERN au Laboratoire national du Gran Sasso de l’INFN. Le premier défi auquel les scientifiques ont été confrontés a été la nécessité de concevoir un détecteur compact à haute résolution angulaire ne nécessitant pas d’alimentation électrique et pouvant être transporté sur les pentes d’un volcan tout en résistant aux éléments. Le détecteur est constitué de 320 films d’émulsions nucléaires, plaques photographiques spéciales qui permettent de « photographier » avec une grande précision le passage des particules qui les traversent. La surface du détecteur est d’environ un mètre carré. Le détecteur a été placé sur le site de Le Roccette, à une altitude de 640 mètres, et a recueilli les traces des muons qui ont traversé le volcan pendant environ 5 mois.

Source : Revue de la Protection Civile Italienne.

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 In several posts published in November 2015 and 2017, and in July 2016, I drew attention to the interest of the muon technology in the volcanic field. Already in 2007, Japanese scientists had tried to observe the interior of volcanoes using this new technology based on the use of positively or negatively charged particles from the upper layers of the atmosphere
The muon radiography technique is based on a principle similar to that using X-rays, but it can also be used to study much larger objects, such as pyramids or volcanoes.
The Italian Civil Protection informs us today that muon radiography has been applied to Stromboli. This is the result of the collaboration of a group of researchers from the National Institute of Nuclear Physics (INFN) and the National Institute of Geophysics and Volcanology (INGV), not to mention Japanese research institutes. The results of the study on Stromboli were published in the journal Scientific Reports which covers all natural sciences. They reveal the presence of a low density area in the summit area of the volcano. This zone corresponds to a collapse structure formed in the crater zone during the effusive eruption of 2007. This area was then filled with pyroclastic materials produced by strombolian explosive activity. This structure, which influenced the eruptive style of the volcano after the eruption of 2007, has a density more than 30% lower than the rest of the bedrock.
The muons produced by the interaction of cosmic rays with the atmosphere penetrate the volcanic rock and can cross it on both sides. However, depending on the density and thickness of the rock, only a part is absorbed. By the number of muons arriving on the detector, one can understand the density of the material which they crossed. Periodic radiographs of the summit of the volcano can be used to follow the evolution of its internal structure. The result will be used to better understand Strombolian eruptive processes and the dynamics of the Sciara del Fuoco which has been repeatedly affected by tsunami-generating landslides.
The muon detector used to analyze Stromboli is based on the technologies developed for the OPERA experiment; they studied the properties of the CERN neutrino beam at the INFN’s Gran Sasso National Laboratory. The first challenge that scientists had to face was the need to design a compact, high-resolution angular detector that does not require power and can be transported on the slopes of a volcano while resisting the elements. The detector consists of 320 films of nuclear emulsions, special photographic plates that allow to « photograph » with a great precision the passage of the particles which cross them. The surface of the detector is about one square metre. The detector was placed on the site of Le Roccette, at an altitude of 640 metres; it collected traces of muons that crossed the volcano for about 5 months.
Source: Journal of Italian Civil Protection.

Photo: C. Grandpey

Le Stromboli vu par les muons (Source: Protection Civile / INFN)

Stromboli (Sicile) : Activité du 25 avril 2019 // Activity on April 25th, 2019

J’ai pu observer le Stromboli pendant l’après-midi du 25 avril 2019 grâce à la webcam Skyline, et avec sous les yeux la carte des cratères sommitaux mise en ligne le 20 janvier 2019 sur le site Volcano Discovery. L’activité reste intéressante, même si elle est moins soutenue qu’il y a une dizaine de jours. Elle se concentre essentiellement au niveau de la bouche NE (n° 6) qui expulse de temps à autre de très volumineux panaches de cendre (voir image ci-dessous). On entend régulièrement des phases soutenues et bruyantes de dégazage, sans forcément expulsion de matériaux. Ces derniers jaillissent essentiellement de la partie orientale de la terrasse centrale (bouche n° 4) et d’une bouche (n° 5)située tout en haut de la Sciara del Fuoco mais les explosions ne sont pas très fréquentes. Les touristes qui se trouveront au sommet ce soir avec les guides n’auront pas grand-chose à se mettre sous la dent…

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I could observe Stromboli during the afternoon of April 25th, 2019 thanks to the Skyline webcam and the map of the craters that can be seen on the website VolcanoDiscovery. The activity remains interesting, even though it is less sustained than ten days ago. It mainly concerns the NE vent (n° 6) which expels from time to time voluminous ash plumes (see image below). One can regularly hear long and noisy phases of degassing, without necessarily the expulsion of materials. The latter are mainly ejected by the eastern part of the central terrace (n° 4) and a vent located at the summit of the Sciara del Fuoco (n° 5), but the explosions are not very frequent. The tourists who will be at the summit tonight with the guides will not have much to observe…

Source: VolcanoDiscovery

Panache de cendre émis par la bouche n° 6 à 15h30 (Capture l’image de la webcam Skyline)

Volcans du monde // Volcanoe of the world

La situation volcanique dans le monde est restée relativement stable ces derniers jours.

Au Kamchatka, la couleur de l’alerte aérienne est maintenue à l’Orange sur le Sheveluch, le Klyuchevskoy, le Karymsky et l’Ebeko à cause des explosions accompagnées de panaches de cendre susceptibles d’affecter le trafic aérien entre l’Amérique et l’Asie.

Source : KVERT.

Au Mexique, le niveau d’alerte du Popocatepetl reste à la couleur Jaune Phase 3. Le CENAPRED fait état d’émissions de vapeur et de gaz, mais les explosions destructrices du dôme de lave avec des panaches et retombées de cendre semblent avoir cessé. On observe toutefois de l’incandescence au niveau du cratère pendant la nuit.

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Le Mont Aso (Japon) a connu une éruption mineure le 18 avril. Comme le 16 avril, elle a eu lieu dans le cratère Nakadake N ° 1, avec un nuage de cendres atteignant 400 mètres de hauteur. Le niveau d’alerte est maintenu à 2 sur une échelle de 5.

Source : JMA.

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Le Mont Agung (Bali / Indonésie) a connu un nouvel épisode éruptif le 21 avril 2019. Le nuage de cendre est monté à environ 2000 mètres au-dessus du cratère, avec des retombées sur plusieurs localités situées sous le vent. De récentes photos (voir ci-desssous) ont montré que le dôme de lave dans le cratère n’avait guère évolué depuis 2017. Il ne semble pas y avoir de risque de débordement. Le niveau d’alerte est maintenu à 3 sur une échelle de 4.

Source : CVGHM.

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Le Stromboli a attiré mon attention ces derniers jours car l’activité éruptive s’était quelque peu intensifiée avec des émissions de cendre depuis la terrasse centrale et le cratère NE. Rien de très inquiétant toutefois.

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Pas de réveil en vue à court terme sur le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion). L’OVPF enregistre quelques éboulements et quelques séismes, mais rien de vraiment significatif. Les GPS n’enregistrent pas de signaux de déformation particuliers. Les émissions de SO2 au niveau du sommet: sont eu dessous du seuil de détection. Les émissions de CO2 au niveau du sol sont en augmentation en zone distale (Plaine des Cafres) et montrent des valeurs élevées en zone proximale (Gîte du Volcan), signe que la chambre magmatique est dans sa phase de remplissage. Tout est calme, mais avec le Piton, la situation peut évoluer très rapidement !

Source : OVPF.

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Au Guatemala, le Fuego reste bien actif avec 20-25 explosions par heure. Elles génèrent des panaches de cendre qui montent à 4500 mètres d’altitude. Des avalanches de matériaux et une coulée de lave continuent à avancer dans les ravines qui entaillent les flancs du volcan. Des retombées de cendre sont observées dans plusieurs localités.

L’activité du Pacaya et du Santiaguito reste stable. Voir les bulletins précédents les concernant.

Source : INSIVUMEH.

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La situation est stable sur le Sabancaya (Pérou) où l’on observe une quinzaine d’explosions chaque jour. Elles génèrent des panaches de cendre qui montent jusqu’à 4000 mètres. La sismicité est principalement associée à des mouvements de fluides sous l’édifice volcanique. Le 18 avril dernier, une visite du Laboratoire Magmas et Volcans (LMV) de Clermont-Ferrand dans le cadre d’une sortie de la délégation L.A.V.E. Auvergne-Loire-Limousin a permis d’assister à la présentation par Charlotte Gélibert (étudiante en Master 2) de son travail de recherche sur la caractérisation des cendres des panaches volcaniques afin de mieux comprendre leur dynamique et d’établir des modèles de dispersions. Ce travail est important dans la gestion des risques (trafic aérien, populations locales…). Les données sont déjà disponibles suite à une campagne de mesure Doopler sur le Sabancaya. Charlotte Gélibert est lauréate de la bourse L.A.V.E.

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The volcanic situation in the world has remained relatively stable in recent days.

In Kamchatka, the aviation colour code is maintained at Orange on Sheveluch, Klyuchevskoy, Karymsky and Ebeko because of explosions accompanied by ash plumes likely to affect air traffic between America and Asia.
Source: KVERT.

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In Mexico, the alert level of Popocatepetl remains at Yellow Phase 3. CENAPRED reports steam and gas emissions, but the destructive explosions of the lava dome with ash plumes and ashfall appear to have ceased. However, there is glow in the crater during the night.

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Mount Aso (Japan) experienced a minor eruption on April 18th. Like on April 16th, it took place in the Nakadake No.1 crater, with a a ash cloud reaching 400 metres in height. The alert level is maintained at 2 on a scale of 5.
Source: JMA.

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Mount Agung (Bali / Indonesia) experienced a new eruptive episode on April 21st, 2019. The ash cloud rose about 2,000 metres above the crater, with ashfall over several downwind lmunicipalities. Recent photos (see below) showed that the lava dome in the crater has not much changed since 2017. There does not seem to be any risk of an overflow.The alert level is maintained at 3 on a scale of 4.
Source: CVGHM.

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Stromboli caught my attention in recent days as the eruptive activity intensified somewhat with ash emissions from the central terrace and the NE crater. Nothing to really wory about.

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There should be no short term activity on Piton de la Fournaise (Reunion Island). The OVPF mentions some rockfalls and earthquakes, but nothing really significant. GPS instruments do not record deformation signals. SO2 emissions at the summit: are below the detection limit. CO2 emissions at the ground level are increasing in the distal zone (Plaine des Cafres) and show high values ​​in the proximal zone (Gîte du Volcan), a sign that the magma chamber is refilling. Everything is calm, but the situation can change very quickly!
Source: OVPF.

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In Guatemala, Fuego remains active with 20-25 explosions per hour. They generate ash plumes that rise to 4500 metres a.s.l. Avalanches of material and a lava flow continue to advance in the drainages that slash the volcano’s flanks. Ashfall is observed in several municipalities.
The activity of Pacaya and Santiaguito remains stable. See the previous posts.
Source: INSIVUMEH.

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The situation is stable on Sabancaya (Peru) where there are about fifteen explosions every day. They generate ash plumes that rise up to 4000 metres. Seismicity is mainly associated with fluid movements beneath the volcanic edifice. On April 18th, a visit to the Laboratory Magmas and Volcanoes (LMV) of Clermont-Ferrand as part of the L.A.V.E. Auvergne-Loire-Limousin delegation included the presentation by Charlotte Gélibert (Master 2 student) of her research work on the characterization of volcanic ash plumes to better understand their dynamics and to establish dispersion models. This work is important in risk management (air traffic, local populations …). The data is already available following a Doopler measurement campaign on Sabancaya. Charlotte Gélibert was recently awarded the L.A.V.E. scholarship.

Photo du cratère de l’Agung en décembre 2017, visible sur le site VolcanoDiscovery : https://www.volcanodiscovery.com/agung/news/66532/Gunung-Agung-volcano-Bali-Indonesia-flat-lava-dome-occupying-summit-crater.html

Photo du cratère de l’Agung en avril 2019 visible sur la page Facebook « Peter Rendezvous » : https://www.facebook.com/peter.rendezvous.9?__tn__=%2Cd*F*F-R&eid=ARBZqScb31ZoyFsirI7Z2jmBQod_Z4ccYPlLBHzrN5e9dURdI1uniZGiGUqbHlg2KzgbLuwY7LDZPvlp&tn-str=*F

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Laboratoire Magmas et Volcans à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme)

Le Stromboli s’agite // Stromboli is quite active

Hier 18 avril 2019, un visiteur de mon blog a attiré mon attention sur l’activité du Stromboli qui, selon lui, était en hausse. C’est vrai que les superbes images en direct de la webcam Skyline permettent d’avoir une belle vue du volcan qui est en train de se racler le gosier. En effet, de volumineux panaches de cendre s’échappent à intervalles rapprochés de l’un des cratères situé, semble-t-il dans la partie centrale de la terrasse cratérique, mais aussi du cratère NE d’où s’échappent parfois les traditionnelles gerbes incandescentes typiques de l’activité strombolienne. A noter que les deux cratères se manifestent parfois ensemble. On perçoit aussi de temps à autre de fortes détonations.

Il est dommage que le site de l’INGV ne fonctionne pas. Au vu des sismomètres, on pourrait avoir une idée de l’intensité des événements.

En voyant ces panaches de cendre du Stromboli, je me dis que ce serait  l’occasion de tester les systèmes de détection élaborés à la suite de l’éruption de l’Eyjafjoll (Islande) en 2010 et qui, semble-t-il, n’ont pas connu se suite concrète dans les aéronefs…

Voici quelques captures d’écran de la webcam qui donnent une idée de l’activité du Stromboli en ce moment:

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Yesterday 18 April 2019, a visitor of my blog drew my attention to the activity of Stromboli which, in his opinion, was increasing. It is true that the greal live images of the Skyline webcam offer a beautiful view of the volcano which is clearing its throat. Indeed, voluminous ash plumes are coming out at short intervals from one of the craters located, it seems, in the central part of the crater terrace, but also from the NE vent NE from which sometimes ejects the traditional incandescent materials typical of Strombolian activity. The two vents are sometimes acting together. One can also hear occasional strong explosions.
It is a pity that the INGV website should not work. In view of the seismometers, one could have an idea of ​​the intensity of the events.
Seeing these ash plumes of Stromboli, I think it would be an opportunity to test the detection systems developed in the wake of the eruption of Eyjafjoll (Iceland) in 2010 and which, it seems, have not known concrete applications in aircraft …

Here are a few screenshots of the webcam that give a good idea of the current volcanic activity:

Le site web de l’INGV est d nouveau opérationnel. On peut voir que le Stromboli est bien actif, sans que les événements atteignent une intensité exceptionnelle.

Source: INGV

 

Etna et Stromboli (Sicile) : Niveau d’alerte Vert mais vigilance conseillée // Alert level Green but caution advised

La Protection Civile sicilienne indique que le niveau d’alerte des volcans Etna et Stromboli est actuellement au VERT. Il a été établi sur la base des évaluations formulées lors d’une réunion qui s’est tenue le 29 mars 2019.

Pour l’Etna, le niveau d’alerte était passé du Vert au Jaune en septembre 2018, pour le Stromboli en décembre. Le niveau d’alerte Vert – valable pour les deux volcans – correspond pour le Stromboli à la persistance d’une activité strombolienne normale. S’agissant de l’Etna, on a affaire à une activité qui se caractérise par un dégazage et / ou des explosions intermittentes au niveau des cratères sommitaux, avec possibilité de nuages ​​de cendre à dispersion rapide.

Il convient de garder à l’esprit que certains comportements des deux volcans siciliens sont complètement imprévisibles. En conséquence, même lorsque le niveau d’alerte est Vert, le risque n’est jamais absent. On peut assister à des variations totalement inattendues de l’activité.

Source : Direction de la Protection Civile.

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The Sicilian Civil Defense indicates that the alert level for Etna and Stromboli volcanoes is currently at GREEN. It was based on the assessments that were made at a meeting on March 29, 2019.
For Etna, the alert went from Green to Yellow in September 2018, for Stromboli in December. The Green alert level – valid for both volcanoes – is linked for Stromboli to persistent Strombolian activity of ordinary intensity. With regard to Etna, this is an activity characterized by degassing and / or intermittent explosions at the summit craters, with the possibility of rapidly dispersing ash clouds.
It should be borne in mind, however, that some phenomenologies of the two volcanoes are completely unpredictable and sudden. As a result, even when the alert level is Green, the risk is never absent. Sudden and unexpected variations in activity can occur.
Source: Civil Defense.

Photos: C. Grandpey

Volcans du monde // Volcanoes around the world

Voici des nouvelles de quelques volcans actifs dans le monde

Le Mont Agung (Bali / Indonésie) vient de montrer qu’il était encore très actif avec deux épisodes éruptifs le 17 mars 2019. Les deux événements se sont accompagnés de nuages de cendre atteignant 500 à 600 mètres de hauteur. Le 15 mars, deux autres explosions ont provoqué des retombées de cendre dans les villages proches du volcan.
En dépit des éruptions de l’Agung, le Panca Wali Krama, une série de cérémonies qui a lieu tous les dix ans, s’est poursuivi comme prévu au temple de Besakih, sur les contreforts sud du volcan.
Le niveau d’alerte de l’Agung est maintenu à 3 sur une échelle de 4 niveaux.
Source: The Jakarta Post.

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L’activité de l’Anak Krakatau (Indonésie) se résume essentiellement en émissions de vapeur et de gaz, comme l’a montré une séquence éruptive le 16 mars 2019. Le VSI explique qu’«il n’y a pas eu de matériaux rocheux transportés à la surface.»
La sismicité reste relativement discrète et rien n’indique une alimentation magmatique à faible profondeur. De la même façon, les instruments ne détectent pas d’inflation de l’édifice volcanique. .
Selon le VSI, si une éruption devait se produire, elle serait de type strombolien avec projection de cendre et de matériaux incandescents. Le risque d’éruptions existe toujours mais avec une intensité décroissante par rapport à la période éruptive de décembre 2018. Depuis la dernière éruption en février et le 16 mars 2019, les matériaux expulsés par le volcan n’ont pas dépassé un rayon de 2 km du cratère.
Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (Siaga) et il est demandé aux visiteurs de rester en dehors d’un rayon de 5 km du cratère actif.

Source : VSI.

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Le dernier bulletin d’activité du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) date du 10 mars 2019 et il semble qu’aucun événement significatif ne se soit produit sur le volcan depuis cette date. Dans ce dernier bulletin, l’OVPF indiquait que suite à l’arrêt de l’activité éruptive le 10 mars à 6h28 (heure locale), une sismicité était toujours enregistrée sous la zone sommitale du volcan. 26 séismes superficiels et 1 séisme profond avaient été enregistré depuis la fin de l’éruption. Du fait de cette sismicité, aucune hypothèse n’était écartée par l’Observatoire quant à l’évolution de la situation.

Le bulletin quotidien du 18 mars 2019 fait état de 10 séismes volcano-tectoniques dans la zone sommitale du volcan. Aucune déformation significative de l’édifice volcanique n’était enregistrée. Les émissions de CO2 étaient en baisse au niveau du Gîte du Volcan et en hausse au niveau de la Plaine des Cafres.

Source : OVPF.

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Comme cela se produit de temps en temps, une puissante éruption a été enregistrée sur le Bezymianny (Kamchatka) dans la soirée du 15 mars 2019. La couleur de l’alerte aérienne est momentanément passée au Rouge avant de revenir à l’Orange. L’éruption a provoqué de nouvelles coulées pyroclastiques en raison d’effondrements du dôme de lave. Les panaches de cendre se sont élevés jusqu’à 15 km au dessus du niveau de la mer, avant de s’étirer sur une centaine de kilomètres vers le SE du volcan.
Source: KVERT.

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Suite à l’apparition d’une galette de lave dans le cratère, le Popocatepetl (Mexique) a connu plusieurs événements explosifs au cours des dernières semaines. Ils sont dus à la brusque libération des gaz emprisonnés sous le dôme de lave. Il en résulte de volumineux panaches de cendre, de vapeur et de gaz et des projections de matériaux incandescents. Le dernier événement de ce type le 19 mars 2019 a arrosé le sommet du volcan jusqu’à plus de 2 kilomètres sur ses pentes.

Le niveau d’alerte est maintenu à la couleur Jaune, Phase 2.

Source : CENAPRED.

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Bonne nouvelle pour les touristes qui ont prévu de se rendre dans les Iles Eoliennes. Après six mois d’activité relativement intense, le Stromboli semble s’être calmé et l’accès au sommet est de nouveau autorisé en groupes, sous la houlette des guides de Stromboli. Il est bon de rappeler que l’accès individuel reste interdit au-delà de 400 mètres d’altitude.

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Selon plusieurs sources d’information, l’éruption du Bromo (Java / Indonésie) – qui a débuté le 18 février 2019 – se poursuit à l’heure actuelle. Il est interdit d’entrer dans la zone de sécurité d’un kilomètre autour du cratère. Le niveau d’alerte du volcan n’a pas changé depuis 2016 et est maintenu à 2 sur une échelle de cinq. Malgré l’activité éruptive actuelle et la cendre émise par le volcan, le tourisme dans la région n’est pas affecté et l’aéroport de Malang fonctionne normalement.
Le Bromo est une attraction touristique de l’île de Java car son accès est assez facile. De plus, on peut admirer un superbe panorama sur les volcans de la région (avec le Batok et le Semeru au loin) depuis les collines entourant la caldeira du Bromo. Lorsque le volcan n’est pas en éruption, des marches permettent aux touristes d’accéder à la lèvre du cratère.

Comme tous les volcans d’Indonésie, le Bromo est considéré comme un lieu sacré par les habitants de la région. Selon la croyance locale, il est une incarnation de Brahma , le dieu du feu. Pour apaiser sa colère, habitants effectuent chaque année un rituel connu sous le nom de « cérémonie de Kasodo » qui consiste à lancer des offrandes dans le cratère du Bromo. Ainsi, le jour de la pleine lune du mois de Kasodo, ils effectuent une longue procession vers le cratère où des prêtres hindous attendent pour bénir les offrandes des pèlerins.

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News of some active volcanoes around the world.

Mount Agung (Bali / Indonesia) showed it was still quite active with two eruptive episodes on March 17th, 2019. Both events were accompanied by ash clouds up to 500-600 metres high. On March 15th, two other explosions had caused ashfall in neighbouring villages.

Despite Agung’s eruptions, the Panca Wali Krama, a rare series of ceremonies that occurs once every ten years, continued as planned at Besakih Temple on the southern foothills of the volcano.

The alert level for Mt Agung is kept at 3 on a scale of 4 levels.

Source: The Jakarta Post.

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Activity at Anak Krakatau (Indonesia) mainly consists of steam and gas emissions, as shown by an eruptive sequence of March 16th, 2019. VSI explains that « there were no rocky materials transported to the surface.  »
Seismicity remains relatively discreet and nothing indicates a shallow magmatic feeding system. In the same way, the instruments did not detect any significant inflation of the volcanic edifice. .
According toVSI, if an eruption were to occur, it would be of Strombolian type with ejections of ash and incandescent material. The risk of an eruption still exists but with decreasing intensity compared to the eruptive period of December 2018. Since the last eruption in February and March 16th, 2019, the materials expelled by the volcano have not exceeded a radius of 2 km from the crater.
The alert level is kept at 3 (Siaga) and visitors are asked to stay outside a radius of 5 km from the active crater.
Source: VSI.

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The last activity bulletin about  Piton de la Fournaise (Reunion Island) was released on March 10th, 2019 and it seems that no significant event has occurred on the volcano since that date. In this last bulletin, OVPF indicated that following the stoppage of eruptive activity on March 10th at 6:28 (local time), seismicity was still recorded under the summit area of the volcano. 26 shallow earthquakes and 1 deep earthquake had been recorded since the end of the eruption. Because of this seismicity, no hypothesis was excluded by the Observatory as to the evolution of the situation.
The daily bulletin of March 18th, 2019 reported 10 volcano-tectonic earthquakes in the summit area of the volcano. No significant deformation of the volcanic edifice was recorded. CO2 emissions were decreasing at the Gîte du Volcan and increasing in the Plaine des Cafres.
Source: OVPF.

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As this occurs from time to time, a powerful eruption was recorded at Bezymianny (Kamchatka) in the evening of March 15th, 2019. The aviation colour code was momentarily raised to Red and then lowered back to Orange. The eruption triggered new pyroclastic flows due to collapses of the lava dome top, with ash plumes that rose up to 15 kilometres above sea level and then extended about 100 km to the SE of the volcano.

Source : KVERT.

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Following the appearance of a lava slab in the crater, Popocatepetl (Mexico) went through several explosive events in recent weeks. They were due to the sudden release of gases trapped under the lava dome. One could observe voluminous ash, steam and gas plumes as well as projections of incandescent materials. The last event of this type on March 19th, 2019 affected the summit of the volcano as far as 2 kilometers on its slopes.
The alert level is kept at Yellow, Phase 2.
Source: CENAPRED.

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Good news for tourists planning to visit the Aeolian Islands. After six months of relatively intense activity, Stromboli seems to have calmed down and access to the summit is again allowed in groups, under the guidance of the Stromboli guides. It is worth remembering that individual access remains prohibited beyond 400 metres above sea level.

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According to several sources of information, the eruption of Mount Bromo (Java / Indonesia) that started on February 18th, 2019, is still going on these days. Visitors are prohibited from entering the one-kilometre safety zone around the crater. The alert level for the volcano has not changed since 2016 and remains at 2 on a scale of five levels. Despite the current eruptive activity and the ash plies emitted by the volcano, tourism in the region is not affected and Malang airport is operating normally.

Mount Bromo is a tourist attraction on the island of Java because its access is quite easy. Beside, there are great views of the volcanoes in the area (with Mt Batok and Mt Semeru in the distance) from the hills around the Bromo caldera. When the volcano is not erupting, stairs allow tourists to climb on the crater rim.

Like all volcanoes in Indonesia, Mt Bromo is considered a sacred place by locals. According to local beliefs, this volcano is an incarnation of Brahma, the god of fire. To appease its anger, residents perform a ritual known as the « Kasodo Ceremony » every year, which consists in throwing offerings into the crater of Mt Bromo. Thus, every year, on the day of the full moon of the month of Kasodo, the inhabitants carry out a long procession towards the crater where Hindu priests wait to bless the offerings.

Vue du Bromo le 17 mars 2019 (Source: VSI)

Il faut qu’on m’explique… ! // Can somebody explain me… ?

L’éruption qui a redémarré le 19 février 2019 se poursuit mais, comme lors de chaque éruption, l’Enclos Fouqué est interdit d’accès et le spectacle n’est visible que depuis la route nationale, vers le Piton Cascades (là où est implantée la webcam qui permet d’observer l’événement) ou vers le Grand Brûlé. La route nationale est encore à plusieurs kilomètres de distance des fronts de coulée et il est peu probable que la lave ait la force d’arriver jusque là.

Touristes et locaux se pressent le long de la route pour tenter d’apercevoir l’éruption, avec le même sentiment d’amertume, voire de colère, et de frustration. Beaucoup de gens ne comprennent pas pourquoi les éruptions du Piton de la Fournaise sont interdites d’accès et pourquoi les autorités refusent obstinément d’organiser des visites guidées sur le site éruptif.

Dans un article paru en août  2017, l’excellent Journal de l’Ile avait consacré un long article à ce sujet. Je vous invite à lire attentivement le dernier paragraphe qui résume parfaitement la situation et pose les bonnes questions:

https://www.clicanoo.re/Une-eruption-pour-le-14-juillet/Societe/Article/2017/08/01/Volcan-ferme_482798

L’interdiction d’accès à un site éruptif n’est pas propre à la Réunion. Aujourd’hui, les autorités s’appuient sur le sacro-saint principe de précaution pour justifier leurs décisions.

A Hawaii, personne – hormis le personnel du HVO et de la Protection Civile – n’a pu s’approcher des coulées de lave pendant la dernière éruption du Kilauea. La plateforme d’observation promise par les autorités a joué l’arlésienne et n’a jamais vu le jour. Comme je l’ai écrit à l’époque, j’accuse fort les autorités hawaiiennes d’avoir traîné les pieds pour ne pas faire de tort aux compagnies d’hélicoptères qui organisaient les survols de l’éruption et engrangeaient beaucoup d’argent. Aux Etats-Unis, business is business !

Sur l’Etna (Sicile), les municipalités concernées mettent immédiatement en rouge, avec accès autorisé uniquement aux scientifiques, la zone sommitale du volcan. Il est loin le temps où l’on pouvait passer des nuits entières à se réchauffer le long des coulées ou à observer les colères de la Voragine et de la Bocca Nuova.

Même punition sur le Stromboli (Sicile) où l’on ne peut plus passer la nuit dans les nids de pierre édifiés le long de la Sciara del Fuoco. Seules les excursions encadrées par les guides locaux sont autorisées.

Par contre, dans le même  temps, on peut pratiquer librement le ski hors piste dans les Alpes. Certains skieurs se font emporter par des avalanches et perdent la vie. Ils mettent parfois en péril les sauveteurs, mais personne ne trouve à redire. Il faudra que l’on m’explique…

Détestant la fraude, je me suis toujours débrouillé pour obtenir des autorisations pour aller effectuer mes observations en toute légalité, que ce soit à Hawaii, sur l’Etna ou à Stromboli quand l’accès était limité. Aujourd’hui, devant cette pluie d’interdictions et parce que les volcans m’ont beaucoup gâté, j’ai quelque peu délaissé les zones chaudes pour arpenter les régions glaciaires. Personne ne vient me gronder ou me verbaliser dans je parcours des vallées où les éboulements sont de plus en plus nombreux suite à la fonte des glaciers. Personne ne m’interdit de longer les profondes crevasses au fond desquelles je ne pourrais pas être secouru en cas de chute. A mon avis, cet univers glaciaire est au moins aussi dangereux que la lèvre du Cratère Nord-Est de l’Etna. Là encore, il faudra que l’on m’explique… !

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The eruption that started again on February 19th, 2019 continues but, as during each eruption, the Enclos Fouqué is closed to the public and the show can only be seen from the national road, the Piton Cascades (where the webcam is located to observe the event) or the Grand Brûlé. The national road is still several kilometres away from the fronts of the flows and it is unlikely that lava will get there.
Tourists and locals gather along the road to try to discern the eruption, with the same feeling of bitterness, even anger, and frustration. Many people do not understand why access to the eruptions of Piton de la Fournaise is always forbidden and why the authorities stubbornly refuse to organize guided visits to the eruptive site.
In an article published in August 2017, the excellent Journal de l’Ile devoted a long article to this subject. I invite you to read carefully the last paragraph which perfectly summarizes the situation and asks the right questions:
https://www.clicanoo.re/Une-eruption-pour-le-14-juillet/Societe/Article/2017/08/01/Volcan-ferme_482798

The prohibition of access to an eruptive site is not specific to Reunion Island. Today, authorities rely on the sacrosanct precautionary principle to justify their decisions.
In Hawaii, no one – except HVO and Civil Protection staff – was allowed to get close to the lava flows during the last Kilauea eruption. The viewing platform promised by the authorities was never seen. As I wrote at the time, I strongly accuse the Hawaiian authorities of dragging their feet so as not to harm the helicopter companies that organized the overflights of the eruption and raked in a lot of money. In the United States, business is business!
On Mt Etna (Sicily), the municipalities immediately set up a red zone over the summit area of the volcano, with access authorized only to scientists. I can remember the time when one could spend whole nights warming up along the lava flows or watching eruptive activity of the Voragine and the Bocca Nuova.
Tourists have to face the same punishment on Stromboli (Sicily) where you can no longer spend the night in the stone nests built along the Sciara del Fuoco. Only excursions supervised by local guides are allowed.
On the other hand, at the same time, you can practice off-piste skiing in the Alps. Some skiers are carried away by avalanches and lose their lives. They sometimes endanger the rescuers, but no one complains. Somebody will have to explain me …
Because of all these interdictions and because the volcanoes allowed me to observe incredible shows, I have left hot areas to visit glacial regions. Nobody comes to scold me or give me a fine in valleys where rockfalls are more and more numerous due to the melting of glaciers. No one forbids me to walk along deep crevasses at the bottom of which I could not be rescued if I happened to fall. In my opinion, this glacial universe is at least as dangerous as the rim of Mount Etna’s Northeast Crater. Again, someone will have to explain me …!

Photos: C. Grandpey