Le Stromboli (Iles Eoliennes / Sicile) // Stromboli Volcano (Aeolian Islands / Sicily)

Le Stromboli, le « Phare de la Méditerranée » domine la plus septentrionale des Iles Eoliennes. Il attire chaque année des foules de touristes. La plupart désirent grimper au sommet du volcan pour assister à l’activité …strombolienne qui dure depuis des millénaires.

Il est bon de savoir que l’excursion demande une bonne forme physique car il faut s’élever par un sentier pentu depuis le niveau de la mer jusqu’à quasiment 900 mètres d’altitude. La randonnée commence en général en fin d’après-midi et se prolonge dans la nuit. Il est donc prudent de prévoir des vêtements chauds pour le séjour au sommet et de bonnes chaussures pour ne pas revenir avec des ampoules plein les pieds.

Depuis quelques années, pour des raisons de sécurité que certains trouvent discutables, mais aussi pour des raisons commerciales évidentes, la montée au sommet du Stromboli ne peut se faire qu’avec l’accompagnement de guides locaux. Il est bien loin le temps où l’on pouvait passer la nuit dans des nids de pierre le long de la partie sommitale de la Sciara des Fuoco. Il ne faudrait tout de même pas oublier que le Stromboli peut connaître des périodes de comportement imprévisible et parfois brutal – donc dangereux – et il serait dommage qu’un séjour sur l’île se solde par un séjour à l’hôpital de Lipari.

En général, l’ascension avec les guides prend environ 2h30. Une fois arrivés à destination, les touristes peuvent admirer pendant environ une heure les explosions et les gerbes de matériaux incandescents. Ces dernières se produisent actuellement environ toutes les 15 à 20 minutes, mais c’est selon l’humeur du volcan. Certains touristes sont redescendus enchantés de leur visite sommitale alors que d’autres sont revenus extrêmement déçus car le volcan était resté silencieux. Au bout d’une heure environ, selon l’humeur du volcan…et celle des guides, ces derniers donnent le signal du retour par le même sentier. Comme ça descend, il faut un peu moins de temps. Compter environ 2 heures. Au total, l’ensemble de l’excursion accompagnée dure environ 6 heures.

Plusieurs compagnies de guides comme Magmatrek et Stromboli Adventures assurent cette prestation. Aux dernières nouvelles, il fallait débourser une trentaine d’euros. Pour qui n’a jamais vu un volcan en éruption, la montée au sommet du Stromboli restera une expérience inoubliable, à condition, bien sûr, que le volcan soit en forme.

Pour ceux qui n’ont pas envie de se rendre dans les Iles Eoliennes, il existe un moyen beaucoup moins fatiguant de voir les éruptions du Stromboli. Une webcam propose en direct et avec le son de superbes images du Stromboli. L’adresse est la suivante :

https://www.skylinewebcams.com/fr/webcam/italia/sicilia/messina/stromboli.html

Je recommande fortement de mettre le plein écran car le spectacle est magnifique, avec des images de grande qualité. Armez-vous de patience car il faut parfois attendre plusieurs dizaines de minutes pour assister à une séquence éruptive…

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Stromboli, the « Lighthouse of the Mediterranean » dominates the northernmost of the Aeolian Islands. It attracts crowds of tourists every year. Most of them want to climb to the top of the volcano to attend the strombolian activity that has lasted for millennia.
It is good to know that the excursion requires a good physical shape because you have to climb a steep path from sea level to almost 900 metres. The hike usually starts at the end of the afternoon and continues into the night. It is therefore advisable to provide warm clothes for the stay at the top and good shoes not to come back with blisters on your feet.
In recent years, for security reasons that some people find debatable, but also for obvious commercial reasons, the climb to the top can only be done with the accompaniment of local guides. I can remember the time when one could spend the night in stone nests along the summit area of the Sciara des Fuoco. However, it should not be forgotten that Stromboli can experience periods of unpredictable and sometimes brutal – therefore dangerous – behaviour and it would be a pity if a stay on the island resulted in a stay at the Lipari hospital.
In general, the climb with the guides takes about two hours and a half. Once at their destination, tourists can admire explosions and ejections of incandescent materials for about an hour. They currently occur approximately every 15 to 20 minutes, but it depends on the mood of the volcano. Some tourists came back delighted with their summit visit while others came back extremely disappointed because the volcano had remained silent. After about an hour, according to the mood of the volcano … and that of the guides, they give the signal of the return by the same path. As it goes down, it takes a little less time. Count around 2 hours. In all, the entire guided tour lasts about 6 hours.
Several guide companies like Magmatrek and Stromboli Adventures provide this service. As far as I know, the cost of the hike is about thirty euros. For those who have never seen an erupting volcano, the climb to the top of Stromboli will remain an unforgettable experience, provided, of course, that the volcano is in good shape.
For those who do not want to visit the Aeolian Islands, there is a much less tiring way to see the eruptions of Stromboli. A webcam offers live – and with the sound – beautiful images of Stromboli. Here is the address :
https://www.skylinewebcams.com/fr/webcam/italia/sicilia/messina/stromboli.html

I strongly recommend to put the full screen because the show is beautiful, with high quality images. Be patient because sometimes it takes several tens of minutes to attend an eruptive sequence …

Capture d’image de la webcam

Photos: C. Grandpey

Volcans autour du monde // Volcanoes around the world

Au Japon, des photos aériennes prises le 12 septembre 2018 par un avion de la marine japonaise montrent qu’une éruption volcanique sous-marine s’est produite sur le volcan Ioto (anciennement appelé Iwo-jima) dans la partie centrale de l’arc Izu-Marianas. Une activité volcanique intense avait été observée sur le volcan les jours précédents. Les photos montrent de l’eau de mer jaillissant à une dizaine de mètres au-dessus de la surface de la mer au large de la côte sud de l’île.
La dernière éruption à Ioto a eu lieu en 2012.

Au vu des données satellitaires, le VAAC de Darwin indique que les panaches de cendre de l’Anak Krakatau (Indonésie) atteignent généralement une altitude de 1,5 à 5 km. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4). Les habitants et les touristes sont priés de ne pas s’approcher du volcan à moins de 2 km du cratère.

Comme je l’ai déjà précisé, une incandescence a été observée ces derniers jours au fond du Fissure 8 dans la Lower East Rift Zone du Kilauea (Hawaii). La sismicité et la déformation du sol restent faibles au sommet, ainsi que les émissions de SO2 qui sont souvent trop faibles pour pouvoir être mesurées. Une série de petits effondrements à l’intérieur du Pu’u ‘O’o a généré des panaches bruns, mais il n’y a aucune arrivée de nouvelle lave arrivant dans le cratère.

Au Pérou, le Sabancaya est toujours très actif avec une moyenne de 17 explosions par jour. Les panaches de gaz et de cendre montent jusqu’à 3,5 km au-dessus de la lèvre du cratère. Plusieurs anomalies thermiques ont été détectées sur le volcan. Le 3 septembre, les émissions de S02 atteignaient 2 380 tonnes par jour. Le public ne doit pas approcher le cratère dans un rayon de 12 km.

Selon l’INGV, le Stromboli (Sicile) était très actif au début du mois de septembre, avec des explosions et des dégazages à partir de plusieurs bouches sur la terrasse du cratère. Les explosions ont principalement eu lieu dans deux bouches (N1 et N2) dans la zone nord et trois bouches (C, S1 et S2) dans la zone centrale sud. Elles se produisaient à raison de 2 à 15 événements par heure. Des explosions d’intensité faible à moyenne provenant de la bouche N1 éjectaient des lapilli et des bombes mélangées à de la cendre jusqu’à 120 mètres de hauteur. Les explosions de la bouche N2 envoyaient des tephra à 150 mètres de hauteur. La bouche C produisait des émissions de gaz et des explosions périodiques de faible intensité d’environ 80 mètres de hauteur. Les matériaux incandescents projetés par la bouche S1 montaient jusqu’à 120 mètres au-dessus du cratère. Les explosions de faible intensité à la bouche S2 atteignaient moins de 80 mètres de hauteur.

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In Japan, aerial photos taken on September 12th, 2018 by the Japanese navy show that an undersea volcanic eruption occurred at Ioto volcano (formerly called Iwo-jima) in the central portion of the Izu-Marianas arc. Increased volcanic activity had been observed on the volcano in the previous days. The photos show seawater rising about ten metres above the sea surface off the southern coast of the island.

The last known eruption at Ioto took place in 2012.

Based on satellite data, the Darwin VAAC reports that ash plumes from Anak Krakatau (Indonesia) usually rise to altitudes of 1.5 – 5 km a.s.l. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4); residents and visitors are asked not to approach the volcano within 2 km of the crater.

As I put it before, some incandescence was observed in the past days at the bottom of Kilauea’s Fissure 8 (Hawaii).  Seismicity and ground deformation remain low at the summit, as well as SO2 emissions which are often too low to be measured. A series of small collapses at Pu’u ‘O’o Crater generated brown plumes, but there is no sign of new lava arriving in the vent.

In Peru, Sabancaya is still quite active with averaging 17 events per day. Gas-and-ash plumes rise as high as 3.5 km above the crater rim. Several thermal anomalies have been detected on the volcano. On 3 September SO2 emissions reached 2,380 tons/day. The public should not approach the crater within a 12-km radius.

According to INGV, Stromboli (Sicily) was quite active in early September, with explosions and degassing from multiple vents within the crater terrace. Explosions mainly occurred at  two vents (N1 and N2) in the North Crater Area and three vents (C, S1, and S2) in the South Central crater area. They were observed at a rate of 2-15 per hour. Low-to-medium-intensity explosions from the N1 vent ejected lapilli and bombs mixed with ash as high as 120 metres. Explosions at the N2 vent ejected tephra 150 metres high. Vent C produced gas emissions, and periodic low-intensity explosions ejected tephra 80 metres high. Incandescent material from S1 jetted 120 metres above the crater. Low-intensity explosions at S2 ejected tephra less than 80 metres high.

Photo: C. Grandpey

L’ouragan Hector peut-il modifier l’activité éruptive à Hawaii ? // Can hurricane Hector alter volcanic activity at Hawaii?

L’ouragan Hector – de niveau 4 depuis quelques heures – se rapproche d’Hawaï et effleurer la Grande Ile mardi ou mercredi. Les scientifiques se demandent si le système de basses pressions généré par l’ouragan pourrait avoir un effet sur l’éruption actuelle dans la Lower East Rift Zone. Certains pensent que les basses pressions atmosphériques pourraient entraîner une augmentation de l’activité volcanique.
En ce qui me concerne, j’ai étudié le lien possible entre la pression atmosphérique et l’activité volcanique sur l’île sicilienne de Stromboli. Vous trouverez un résumé de cette étude dans la colonne de gauche de ce blog. Pour être bref, je n’ai pas vraiment décelé de preuve significative d’une relation entre la pression atmosphérique et l’activité strombolienne. Stromboli est un petit volcan avec une quantité limitée de magma en jeu, comparé au Kilauea. Je n’ai pas étudié le phénomène lors du passage d’une tempête majeure ou d’un ouragan au-dessus du volcan. Cependant, même en changeant d’échelle, je ne pense pas que le système de basse pression généré par l’ouragan Hector puisse entraîner une augmentation de l’activité éruptive à Hawaii. Pour information, il convient de noter que l’éruption actuelle au niveau de la Fracture n° 8 a diminué au cours des derniers jours. Nous verrons si l’ouragan peut avoir une influence sur Madame Pele …

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Hurricane Hector is getting closer and closer to Hawaii and is expected to brush pas the Big Island Tuesday or Wednesday. Scientists are wondering whether the low-pressure system caused by the hurricane might have an effect on the current eruption in the Lower East Rift Zone. Some of them think atmospheric low pressure might increase volcanic activity.

As far as I am concerned, I have studied the possible link between atmospheric pressure and volcanic activity on the Sicilian island of Stromboli. You can find an abstract of the study in the left-hand column of this blog. To put it shortly, I have found no real significant evidence of a relationship between atmospheric pressure and Strombolian activity. Stromboli is a small volcano with a limited amount of magma at stake, compared with Kilauea. I have not studied the phenomenon while a major storm or a hurricane was passing over the volcano. However, changing the scale, I do not think the low pressure system caused by Hurricane Hector could increase activity at Hawaii. By the way, it should be noted that the current eruption at Fissure 8 decreased during the past days. We’ll see whether the hurricane can have an influence on Madame Pele…

Source: Central Pacific Hurricane Center

Crédit photo: USGS / HVO

Explosions sur le Stromboli (Sicile / Italie) // Explosions at Stromboli Volcano (Sicily / Italy)

L’événement n’a rien d’exceptionnel mais il mérite d’être signalé. Un épisode explosif avec trois événements majeurs s’est produit sur le Stromboli le 24 avril 2018. La première explosion a eu lieu à 09:05 (TU); elle a envoyé de la cendre et des matériaux incandescents jusqu’à 250 mètres au-dessus du cratère, avec des retombées sur la zone sommitale et le long de la Sciara del Fuoco.
Cette explosion a été suivie d’une seconde, une minute plus tard, avec une petite fontaine de lave.

La troisième explosion a eu lieu à 09h10 avec un nuage de cendre qui s’est étiré vers le SE. Elle a montré une intensité plus faible que les précédentes.
Malheureusement, les signaux sismiques des explosions ne sont pas disponibles en ligne.
Voici une courte vidéo des explosions:
https://youtu.be/ZnvVKkLCF-o

Sources: INGV, The Watchers.

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It is not exceptional but deserves to be noted. An intense explosive episode with three major events occurred at Stromboli volcano on April 24th, 2018. The first explosion took place at 09:05 (UTC); it ejected ash and incandescent material that went up to 250 metres above the crater and then fell in the summit area and along the Sciara del Fuoco.

This explosion was followed by a second one, one minute later, with a small lava fountain.

The third explosion took place at 09:10 with an ash cloud that drifted to the SE. It showed a lower intensity than the previous ones.

Unfortunately, the seismic signals of the explosions are not available online.

Here is a short video of the explosions:

https://youtu.be/ZnvVKkLCF-o

Sources : INGV, The Watchers.

Photo: C. Grandpey

Première image thermique 3D du Stromboli (Sicile) // First 3-D thermal image of Stromboli Volcano (Sicily)

Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, les drones sont de plus en plus utilisés en volcanologie. Ils permettent de s’approcher des zones actives sans mettre en danger des vies humaines. En outre, ils permettent aux scientifiques de prendre des photos précises des différentes parties d’un édifice volcanique.
C’est ainsi que des scientifiques des universités d’Aberdeen et d’Oslo ont utilisé des drones pour créer la première image thermique en 3D du Stromboli (Iles Eoliennes, Sicile, Italie). Pour cela, ils ont équipé le drone d’appareils photo haute définition pouvant prendre des centaines clichés du volcan depuis le ciel. En rassemblant les images, les scientifiques ont pu cartographier en 3D la surface du volcan. Ensuite, ils ont superposé le modèle obtenu avec les images fournies par une caméra thermique, ce qui leur a permis de voir la structure thermique du volcan en 3D. En procédant ainsi, les volcanologues sont en mesure de détecter des changements infimes dans le comportement du volcan, ce qui offre des informations précieuses sur la probabilité d’une éruption. Si les scientifiques constatent une rapide montée en chaleur de certaines zones, cela peut indiquer la proximité d’une éruption, surtout si le sol a gonflé.
Le but ultime de l’équipe scientifique est de développer un système de surveillance par drones entièrement automatisé, plus précis, plus sûr et moins cher que les équipements actuels que ne peuvent acquérir les pays en voie de développement, là où se trouvent de nombreux volcans actifs.
La capacité de faire voler un drone à proximité d’un volcan permettra d’obtenir une cartographie thermique et une imagerie de haute précision, mais aussi d’installer des sismomètres portables et des capteurs de gaz dans des zones trop dangereuses d’accès.
Source: Université d’Aberdeen.

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As I put it several times, drones are more and more used in volcanology. They allow to get close to active areas without putting human lives at risk. Besides, they allow scientists to take accurate photos of different parts of a volcanic edifice.

Scientists from the universities of Aberdeen and Oslo have resorted to drones to create the first 3-D thermal image of Stromboli volcano (Aeolian Islands, Sicily, Italy). For that purpose, they fitted the drone with high-precision cameras which can take hundreds of aerial photographs of the volcano. By putting the images together, the scientists can create a 3-D model that maps the surface. Then, they overlay the model with images from a thermal camera, allowing them to see the thermal structure of the volcano in 3-D. Doing so, they can detect subtle changes in the behaviour of the volcano, providing more accurate information on the likelihood of an eruption. If scientists see certain areas are unexpectedly hot, it might be an early warning sign, especially if the ground has swelled.

The research team’s ultimate aim is to develop a fully automated drone monitoring system that is more accurate, safer and cheaper than current methods, which are unaffordable in developing countries where many of the world’s active volcanoes are located.

The ability to deploy a drone really close to a volcano means that as well as getting high precision thermal mapping and imagery, scientists can also deploy portable seismometers and gas sensors in areas that are too dangerous for people to go.

Source : University of Aberdeen.

Image thermique 3D du Stromboli (Source: Université d’Aberdeen)

Sismicité sicilienne // Seismicity in Sicily

L’INGV indique qu’un séisme de magnitude M 3.3 a été enregistré sur l’Etna à 7 km au nord de Ragalna (Province de Catane) à 09:50 le 8 mars 2018, à 0 km de profondeur  Il a été précédé d’un événement de M 2,8 à 09:49 avec un hypocentre à 1 km de profondeur, suivi d’un autre de M 2,5 à 09:55 à 2 km de profondeur. Des séismes mineurs sont enregistrés dans la région depuis environ 3 jours.
En outre, le 7 mars 2018 à 21h15, on a enregistré une forte secousse de M 4,4 en Mer Tyrrhénienne inférieure, avec un épicentre au niveau du volcan sous-marin Marsili et un hypocentre à 389 km de profondeur.
Dans le même temps une forte explosion a été observée sur le Stromboli (Iles Eoliennes). Les grondements et les vibrations du sol ont été ressentis jusqu’en Calabre.
Source : Meteoweb.

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INGV reports that an M 3.3 earthquake was recorded on Mount Etna 7 km north of Ragalna (Catania) at 09:50 on 8 March 2018, at 0 km depth. It was preceded by an M 2.8 event at 09:49 with a hypocentre at 1 km depth, followed by another M 2.5 event at 09:55 at 2 km depth. Minor earthquakes have been recorded in the region for about 3 days.
In addition, on March 7th, 2018 at 9:15 pm, there was a strong M 4.4 quake in the Lower Tyrrhenian Sea, with an epicentre at the Marsili seamount and a hypocentre 389 km deep.
At the same time a strong explosion was observed on Stromboli Volcano (Aeolian Islands). Rumblings and vibrations were felt as far as Calabria.
Source: Meteoweb.

Source: INGV

Explosion sur le Stromboli (Photo: C. Grandpey)

Stromboli (Sicile / Sicily) : L’épisode éruptif du 15 décembre 2017 // The eruptive episode of December 15th 2017

L’INGV vient de mettre en ligne un article qui décrit les événements du 15 décembre 2017 sur le Stromboli. En voici la traduction en français et en anglais.

Après l’activité effusive d’août à novembre 2014, le Stromboli s’est maintenu à un niveau relativement bas pendant plus de deux ans. Comme je l’indiquais dans ma note précédente, ce n’est que ces derniers mois que le volcan a retrouvé son activité caractéristique, avec des explosions fréquentes à partir de différentes bouches sur la terrasse cratérique. Au cours des derniers mois, cette activité a été interrompue par 4 phases explosives majeures (26 juillet, 23 octobre, 1er novembre et 1er décembre 2017). Après la dernière phase explosive, l’activité est restée à un niveau élevé, ce qui a poussé les autorités à interdire l’accès au sommet du volcan.
En fin de matinée le 15 décembre, on a observé un changement d’activité au niveau des bouches éruptives: l’une d’elles, située dans la zone cratérique nord a commencé à projeter, presque en continu, des lambeaux de lave fluide. Cette activité de spattering, s’accompagnait souvent de la formation de petites coulées de lave. Vers 14h00 (heure locale), une équipe de chercheurs et de techniciens de l’Osservatorio Etneo, et de l’INGV a remarqué que des petites coulées de lave s’échappaient de deux des bouches éruptives et commençaient à remplir la dépression cratérique à l’intérieur de laquelle se trouvaient les trois bouches actives. Vers 14h30, la lave a rempli la dépression et a commencé à déborder sur la bordure nord, avec une coulée de lave qui a avancé sur le versant nord de la Sciara del Fuoco. Quelques heures plus tard, l’activité de spattering a rapidement diminué et en fin d’après-midi la coulée de lave s’est arrêtée.
Les débordements de lave sur le Stromboli ne sont pas des phénomènes inhabituels. Entre janvier 2010 et août 2014, on a observé plusieurs épisodes de débordements ; certains se sont limités à la terrasse cratérique, tandis que d’autres ont produit des petites coulées de lave sur la partie supérieure de la Sciara del Fuoco; plus rarement (par exemple en janvier 2013) sur  la partie inférieure de la Sciara et, dans un cas (le 7 août 2014), une coulée a atteint la mer. Comme dans le cas présent, tous ces épisodes ont pris fin au bout de quelques heures.
Source : INGV.

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INGV has just posted an article describing the events of December 15, 2017 on Stromboli. Here is the translation in French and English.

After the effusive activity from August to November 2014, Stromboli remained at a relatively low level for more than two years. As I indicated in my previous note, it was only in recent months that the volcano regained its typical activity, with frequent explosions from different vents on the crater terrace. In recent months, this activity was interrupted by four major explosive phases (July 26, October 23, November 1 and December 1, 2017). After the last explosive phase, activity remained at a high level, which led the authorities to prohibit access to the summit of the volcano.
Late in the morning of December 15th, a change of activity occurred in the eruptive vents: one of them, located in the northern crater area, began to project, almost continuously, blobs of fluid lava. This spattering was often accompanied by the formation of small lava flows. At around 2:00 pm (local time), a team of researchers and technicians from the Osservatorio Etneo and INGV noticed that small lava flows were released by two of the eruptive vents and were beginning to fill the crater depression with the three active vents inside. Around 14:30, lava filled the depression and began to overflow the northern edge, with a lava flow that advanced on the north side of the Sciara del Fuoco. A few hours later, the spattering quickly decreased and at the end of the afternoon the lava flow had stopped.
Lava overflows on Stromboli are not unusual. Between January 2010 and August 2014, there were several episodes of overflows; some were confined to the crater terrace, while others produced small lava flows on the upper slope of the Sciara del Fuoco; more rarely (for example in January 2013) on the lower part of the Sciara and, in one case (August 7, 2014), a flow has reached the sea. As in the present case, all these episodes ended after a few hours.
Source: INGV.

Voici un lien vers une petite vidéo montrant l’activité sur la terrasse nord du Stromboli le 15 décembre 2017:

https://www.youtube.com/watch?v=T6aleCATOZ8

Photo: C. Grandpey