Nouvelle vague de chaleur en Antarctique // New heat wave in Antarctica

Ça va mal en Antarctique. En juillet 2024, les températures au sol sur de vastes zones de la calotte glaciaire ont atteint en moyenne 10 °C au-dessus de la normale, Les scientifiques parlent d’une vague de chaleur « quasi record. » C’est d’autant plus inquiétant que c’est l’hiver en ce moment dans l’hémisphère sud et que le continent antarctique est plongé dans l’obscurité.

Si les températures restent inférieures à zéro, elles ont dépassé de 28 °C les prévisions certains jours ! Le globe vient de connaître 12 mois de chaleur record, avec des températures qui ont dépassé régulièrement la hausse de 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels, définie comme la limite pour éviter la pire catastrophe climatique.

Les modèles des climatologues avertissent depuis longtemps que les effets les plus importants du réchauffement climatique anthropique se feraient sentir dans les régions polaires, et nous en avons la preuve avec la situation actuelle en Antarctique. Ce type de réchauffement en hiver, qui se poursuit pendant les mois d’été, peut entraîner la fonte, voire la disparition, des calottes glaciaires.

La vague de chaleur actuelle est la deuxième dans la région au cours des deux dernières années. La dernière, en mars 2022, a entraîné un pic de 39 °C et provoqué la disparition d’une partie de la calotte glaciaire de la taille de Rome.

La hausse des températures en juillet en Antarctique fait suite à un épisode El Niño particulièrement fort qui a probablement influencé la vague de chaleur actuelle, en relation avec la hausse générale des températures causée par le réchauffement climatique.

Les scientifiques expliquent que la cause immédiate de la vague de chaleur est un affaiblissement du vortex polaire, la bande d’air froid et de basse pression qui tourne dans la stratosphère autour de chaque pôle. L’interférence des ondes atmosphériques a affaibli le vortex et a entraîné une hausse des températures à haute altitude cette année.

Un géophysicien de la Scripps Institution of Oceanography a déclaré qu’il était « extrêmement inquiet de ce qui attend cette région dans les années à venir ». Un de ses collègues a ajouté : « Je ne suis pas surpris étant donné qu’il s’agit malheureusement d’une conséquence attendue du changement climatique. »

Source : The Washington Post et d’autres médias d’information américains.

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Here is some more bad news about Antarctica. In July 2024, dround temperatures across large areas of the ice sheets of Antarctica have soared an average of 10°C above normal in what has been described as a near record heatwave. This is all the more worrying as it is winter in the South Hemisphere and the Antarctic continent is shrouded in darkness.

While temperatures remain below zero on the polar land mass, temperatures have reportedly reached 28°C above expectations on some days.

The globe has experienced 12 months of record warmth, with temperatures consistently exceeding the 1.5°C rise above preindustrial levels that has been defined as the limit to avoiding the worst climate disaster.

Climate scientists’ models have long predicted that the most significant effects of anthropogenic global warming would be on polar regions, and we have a proof of it with the current situation in Antarctica where that kind of warming in the winter and continuing in to summer months can lead to collapsing of the ice sheets.

The current heatwave is the second to hit the region in the past two years, with the last, in March 2022, leading to a spike of 39°C and causing a portion of the ice sheet the size of Rome to collapse.

Antarctica’s increased July temperatures follow a particularly strong El Niño episode which probably influenced the heat wave, in combination with the general increase in temperatures caused by global warming.

Scientists say the proximate cause of the heatwave was a weakened polar vortex, the band of cold air and low pressure that spins in the stratosphere around each pole. Interference from atmospheric waves weakened the vortex and led to rising high-altitude temperatures this year.

A geophysicist at the Scripps Institution of Oceanography said he was “certainly worried about what’s in store for this region in the years to come”. One of his colleagues added : I’m not surprised considering this is sadly an expected outcome of climate change.”

Source : The Washington Post and other US news media.

Attaque d’ours polaire au Groenland // Polar bear attack in Greenland

Les ours polaires ne sont généralement pas présents dans le sud ou l’ouest du Groenland, mais 2024 fait exception à la règle. Cette année, on rencontre les plantigrades partout dans l’ouest du Groenland. Deux d’entre eux ont récemment été observés près de Nuuk, la capitale. Un certain nombre d’ours se sont également approchés très près des villes du sud du Groenland cet été. Plusieurs ours polaires ont été abattus à Qaqortoq après evoir pénétré carrément dans la ville. Ce n’est pas bon signe. Cela signifie que les animaux ne trouvent plus assez de nourriture dans l’océan. 68 ours polaires avaient déjà été vus au début de l’année dans l’est du Groenland, en train de faire un festin sur une carcasse de baleine. Une autre raison de la présence inhabituelle d’ours polaires dans certaines parties du Groenland est la présence d’une vaste superficie de banquise cette année. La glace de mer descend vers l’est du Groenland avant de contourner la pointe sud et de remonter vers le nord avec les courants marins. C’est ce qui explique la présence des ours à Qaqortoq, Nuuq et ailleurs.
Deux ours polaires ont même été vus sur le populaire sentier du cercle polaire arctique (Arctic Circle Trail) de 160 km entre Kangerlussuaq et Sisimiut. Comme les ours sont rares dans cette partie de l’Arctique, les randonneurs et les habitants ne portent pas d’armes à feu. Plusieurs randonneurs ont annulé leurs plans de randonnée en raison de la menace potentielle des ours. A noter que l’évacuation par hélicoptère sous prétexte que vous avez simplement aperçu un ours polaire n’est probablement pas couvert par votre assurance.
Un Allemand qui faisait partie d’une équipe scientifique a été attaqué par un ours polaire dans l’est du Groenland le 24 juillet 2024. L’incident s’est produit sur l’île Traill, près de Mestersvig. Le scientifique est le lseul à avoir été blessé lors de l’attaque et il a été immédiatement transportée par avion vers un hôpital en Islande. Son état est jugé stable. L’ours polaire responsable de l’attaque a été abattu.

Pour faire face à ce nombre élevé d’ours polaires, le Fonds mondial pour la nature (World Wildlife Fund – WWF) a lancé sa patrouille d’ours polaires plus tôt que prévu. La patrouille opère généralement entre la mi-août et le mois de janvier, mais cette année, elle a commencé plus tôt en raison de plusieurs situations au cours desquelles des ours polaires se sont approchés trop près des humains. Équipée d’un véhicule tout-terrain et de balles en caoutchouc, la patrouille vise à effrayer les ours et à les éloigner des villes pour éviter des confrontations tragiques.
Fin juillet, deux ours polaires ont été abattus après s’être approchés dangereusement de personnes ; l’un se dirigeait vers un terrain de football où des enfants jouaient, et l’autre déambulait dans une zone résidentielle.
Source : Médias d’information américains.

Photo: C. Grandpey

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Polar bears don’t usually show up in Southern or Western Greenland, but 2024 has been an exception. There are bears everywhere in West Greenland this year. Two of them recently appeared near Nuuk, Greenland’s capital. Quite a few have been way too close to towns in South Greenland this summer, too. Several polar bears have been shot in Qaqortoq, as the bears were literally in town. This is not a good sign. It means the animals are no longer finding enough food in the ocean. 68 polar bears showed up earlier this year in East Greenland to feast on the same whale carcass. Another reason for the unusual presence of polar bears in some parts of Greenland is that there is a lot of pack ice this year. It travels down East Greenland and around the southern tip of Greenland and then north again with the current. Hence the bears’ presence in Qaqortoq, Nuuq, and elsewhere.

Two polar bears even appeared on the popular 160km Arctic Circle Trail between Kangerlussuaq and Sisimiut. Because bears are rare in that part of the Arctic, hikers and locals don’t carry firearms. Several hikers have canceled their plans due to the potential bear threat. However, theu should be warned that calling for helicopter evacuation when you merely sight a polar bear is likely not covered by your insurance.

A German man participating in a research team was attacked by a polar bear in East Greenland on July 24th, 2024. The incident occurred on Traill Island near Mestersvig. Only one person was injured in the attack and was immediately airlifted to a hospital in Iceland. His condition has been reported stable. The polar bear responsible for the attack was shot following the incident.

In response to this high number of polar bears, the World Wildlife Fund (WWF) initiated their polar bear patrol earlier than scheduled. The patrol typically operates from mid-August to January, but this year started early due to several encounters in which polar bears approached humans too closely. Equipped with an ATV (all-terrain vehicle) and rubber bullets, the patrol aims to scare the bears away from towns to avoid tragic confrontations.

By the end of July, two polar bears were shot after moving alarmingly close to people ; one was heading toward a soccer field where children were playing, and the other was wandering around a residential area.

Source : US news media.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Après ma note du 30 juillet 2024 à propos de la situation en Islande, dans les Champs Phlégréens et à Hawaï, voici quelques nouvelles de l’activité volcanique ailleurs dans le monde :

Au Pérou, l’activité éruptive du Sabancaya continue. L’IGP indique que l’on recense une cinquantaine d’explosions chaque jour. Elles envoient des panaches de cendres jusqu’à 3100 mètres au-dessus du sommet.

Crédit photo: IGP

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L’activité reste intense sur le Bezymianny (Kamchatka). L’extrusion de lave provoque l’effondrement de la partie E du dôme de lave et les coulées pyroclastiques qui en découlent. La couleur de l’alerte aérienne a été relevée à l’Orange le 22 juillet 2024 (le troisième niveau sur une échelle de quatre couleurs). Une forte éruption explosive a commencé dans l’après-midi du 24 juillet, ce qui a incité le KVERT à faire passer au Rouge la couleur de l’alerte aérienne. Les explosions ont produit des panaches de cendres qui se sont élevés jusqu’à 12 km au-dessus du niveau de la mer. L’activité a diminué le 25 juillet, de sorte que la couleur de l’alerte aérienne a été abaissée à l’Orange, puis au Jaune le 28 juillet.
Source : KVERT.

Crédit photo: KVERT

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Comme je l’ai écrit précédemment, une crue glaciaire (jökulhlaup en islandais) s’est produite en Islande sur la rivière Skálmur, qui sort du glacier Sandfellsjökull sur la partie E de la calotte glaciaire du Mýrdalsjökull qui, elle-même, recouvre le volcan Katla. Le niveau de conductivité électrique a commencé à augmenter le 26 juillet. Une hausse de la sismicité dans la caldeira du Katla a commencé à être détectée le 27 juillet et la crue glaciaire a commencé vers 13h20. Par mesure de précaution et pour tenir compte de la possibilité d’une activité volcanique, la couleur de l’alerte aérienne est passée au Jaune. Les eaux de crue ont provoqué la fermeture d’un tronçon d’un kilomètre de long de la Route n°1 entre Víkur et Kirkjubæjarklausturs pendant quelques heures. La zone de visite du Sólheimajökull a également été évacuée. À 10h31 le 29 juillet, le Met Office a abaissé la couleur de l’alerte aérienne au Vert, mais a averti que d’autres crues glaciaires pourraient se produire, en particulier au cours de l’été.
Source : Met Office.

Vue du Sólheimajökull (Photo: C. Grandpey)

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Les images thermiques fournies par un satellite Copernicus le 30 juillet montrent deux coulées de lave s’étendant sur 5 km au nord-nord-ouest de la lèvre du cratère nord du Nyamuragira (République Démocratique du Congo) et sur près de 2 km à l’ouest. L’anomalie thermique s’étend sur environ 800 m est-ouest et plus de 1,1 km nord-sud a pour centre la bouche éruptive à l’intérieur du cratère.

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Une explosion sur le Villarrica (Chili) a éjecté des matériaux incandescents à environ 190 m au-dessus du cratère le 24 juillet 2024. Une partie de ces matériaux a atterri sur les flancs du volcan et a roulé sur de courtes distances. Le niveau d’alerte volcanique reste au Jaune (niveau 3 sur une échelle à quatre niveaux) et les visiteurs sont priés de rester à au moins 1,5 km du cratère.
Source : SERNAGEOMIN.

Image satellite du Villarrica (Source: NASA)

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En Indonésie, le PVMBG signale une hausse de la température dans les trois lacs de cratère du Kelimutu et des changements de couleur de l’eau dans deux d’entre eux, sur la base d’observations sur le terrain et d’images webcam des 14 et 28 juillet. Malgré ces signes de hausse d’activité au sein du système hydrothermal, le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester à 250 m du cratère.

L’éruption se poursuit sur le Dukono avec des panaches de cendres qui s’élèvent à 100-900 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester à l’extérieur de la zone d’exclusion de 3 km.

L’activité se poursuit sur l’Ibu avec des panaches de cendres qui s’élèvent jusqu’à 2,1 km au-dessus du sommet. Les images webcam montrent une incandescence au-dessus du cratère. Le niveau d’alerte reste à 3 et il est conseillé au public de rester à 4 km du cratère actif.

L’activité éruptive se poursuit dans le cratère Laki-laki du Lewotobi. Des panaches de cendres s’élèvent jusqu’à 1 km au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 3.

L’éruption du Merapi (sur l’île de Java) se poursuit, même si la sismicité a été été moins intense que la semaine précédente. Le dôme de lave sud-ouest produit des coulées de lave qui parcourent jusqu’à 1,9 km dans la ravine Bebeng. Cinq coulées pyroclastiques ont parcouru jusqu’à 1,2 km dans cette même ravine. Les changements morphologiques du dôme de lave SO sont principalement causés par des effondrements de matériaux. Le volume du dôme SO est estimé à 2 538 700 mètres cubes et le dôme à l’intérieur du cratère principal est stable à 2 360 700 mètres cubes, sur la base d’images webcam et d’un survol par drone. La température la plus élevée mesurée sur le dôme SO était de 219 degrés Celsius, sans changement par rapport aux mesures précédentes. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4)
Source : PVMBG (ou CVGHM).

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ». .
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Following my post of July 30th, 2024 about the situation in Iceland, the Phlegraean Fields and Hawaii, here is some news about volcanic activity elsewhere in the world:

In Peru, eruptive activity at Sabancaya continues. IGP indicates that there are about fifty explosions each day. They send ash plumes up to 3100 meters above the summit.

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Activity is still elevated at Bezymianny (Kamchatka). Lava-dome extrusion causes collapses of the E part of the lava dome and subsequent pyroclastic flows. The Aviation Color Code was raised to Orange on July 22nd, 2024(the third level on a four-color scale). A strong explosive eruption began in the afternoon of 24 July, prompting KVERT to raise the Aviation Color Code to Red. The explosions produced ash plumes that initially rose up to 12 km above sea leval. Activity declined on 25 July, so the Aviation Color Code was lowered to Orange and then to Yellow on 28 July.

Source : KVERT.

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As I put it before, a glacial flood occurred in Iceland at the Skálmur River, which drains from the Sandfellsjökull glacier on the E part of the Mýrdalsjökull ice cap that covers Katla. Levels of electrical conductivity began to increase on 26 July. Increased seismicity within the Katla caldera began to be detected on 27 July and a jökulhlaup (a glacier-outburst flood) began in the river at around 13:20. As a precaution, and to account for the possibility of volcanic unrest, the Aviation Color Code was eaised to Yellow.The flood water caused the closure of a 1-km-long section of Highway 1 between Víkur and Kirkjubæjarklausturs for a few hours. The area of Sólheimajökull was also evacuated. At 10:31 on 29 July, the Met Office lowered the Aviation Color Code to Green, but warned that more glacial floods may occur, especially in summer.

Source : Met Office.

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A 30 July satellite image showed lava flows extending over 5 km NNW of Nyamuragira’s N crater rim (Democratic Republic of Congo) and a new flow extending almost 2 km W of the NW crater rim, based on thermal anomalies. A thermally anomalous area about 800 m E-W and more than 1.1 km N-S was centered over the vent area in the crater.

Source: Copernicus.

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An explosion at Villarrica (Chile) ejected incandescent material around 190 m above the crater rim on 24 July 2024. Some of the incandescent material landed on the flanks and rolled short distances. The Volcanic Alert level remains at Yellow (level 3 on a four-level scale) and visitors are asked to stay 1.5 km away from the crater.

Source : SERNAGEOMIN.

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In Indonesia, PVMBG reports temperature increases at all three of Kelimutu’s crater lakes and water-color changes at two of them based on 14 and 28 July field observations and webcam images. Despite these signs of increased activity within the hydrothermal system, the Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4) and the public is asked to stay 250 m from the crater rims.

The eruption continues at Dukono with ash plumes that rise 100-900 m above the summit. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is asked to remain outside the 3-km exclusion zone.

Activity is going on at Ibu with ash plumes that rise as high as 2.1 km above the summit. Webcam images show incandescence above the crater rim. The Alert Level remains at 3 and the public is advised to stay 4 km away from the active crater.

Eruptive activity continues at Lewotobi’s Laki-laki Crater. Ash plumes rise as high as 1 km above the summit. The Alert Level remains at 3.

The eruption at Merapi (on Java) continues, although earthquakes were less intense compared to the previous week. The SW lava dome produces lava avalanches that travel as far as 1.9 km down the Bebeng drainage. Five pyroclastic flows traveled as far as 1.2 km down this drainage. Morphological changes to the SW lava dome are mostly caused by collapses of material. The volume of the SW dome is estimated at 2,538,700 cubic meters and the dome in the main crater is stable at 2,360,700 cubic meters based on webcam images and a drone survey. The hottest temperature at the SW dome was measured at 219 degrees Celsius, similar to the previous figures. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4)

Source : PVMBG (or CVGHM).

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ». This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Séismes et industrie pétrolière au Texas // Earthquakes and oil indusrtry in Texas

Par sa taille, le Texas est le deuxième plus grand État des États-Unis après l’Alaska. Contrairement à l’Alaska, il n’est pas connu pour son activité sismique. Cependant, un essaim comprenant plus de 100 séismes a été enregistré dans l’ouest du Texas entre le 22 et le 29 juillet 2024, avec déclaration de l’état de catastrophe. L’événement le plus significatif de l’essaim jusqu’à présent avait une magnitude de M5,1 le 26 juillet. Par son intensité, c’est le 6ème événement de l’histoire du Texas.
L’ouest du Texas connaît une hausse significative de l’activité sismique depuis 2019, et les scientifiques de l’USGS pensent qu’elle est probablement étroitement liée à l’exploitation du pétrole dans la région. L’un d’eux a déclaré : « Nous pouvons dire avec certitude que ces phénomènes sont liés à l’extraction du pétrole et du gaz. »
En effet, l’activité sismique est très probablement à mettre en relation avec de nouvelles techniques de forage du pétrole et du gaz naturel qui permettent aux entreprises de forer non seulement en profondeur, mais aussi horizontalement le long d’un gisement de pétrole. De cette façon, les compagnies pétrolières atteignent des gisements de pétrole et de gaz naturel qui sont les restes décomposés de plantes et d’animaux qui existaient dans d’anciens océans. Lorsque le pétrole remonte vers la surface, l’eau salée, qui peut avoir des millions d’années, remonte également. C’est ce qu’on appelle « l’eau produite » (produced water) et elle remonte en grande quantité. Le rapport pétrole/eau salée est faible. Il équivaut à 5, 10 ou même 20 barils d’eau salée pour un baril de pétrole. Cette eau préhistorique est beaucoup plus salée que l’eau de l’océan et ne peut pas être rejetée dans les rivières ou même dans l’océan car elle peut contenir des contaminants tels que des hydrocarbures. Au lieu de cela, elle doit être renvoyée profondément sous pression sous terre, à une profondeur où elle ne risque pas de s’infiltrer dans les eaux souterraines. Ce processus s’appelle « élimination de l’eau salée » (‘saltwater disposal’). Il a été prouvé que les grandes quantités d’eau renvoyées sous pression sous terre peuvent à leur tour provoquer des séismes.
Le Texas enquête sur les séismes enregistrés dans le dernier essaim. La Railroad Commission of Texas, qui régule l’industrie pétrolière et gazière de l’État, a indiqué qu’elle étudiait d’éventuels liens entre les séismes et l’injection de fluides dans le sol pour l’extraction de produits pétroliers.
Aujourd’hui, les entreprises tentent de réduire la sismicité causée par l’injection souterraine d’eau produite. Plusieurs d’entre elles dans la région ont déjà transformé des puits d’évacuation d’eau salée profonds en puits d’évacuation d’eau salée superficiels. Une inspection des puits d’évacuation d’eau salée dans un rayon de 4 kilomètres autour de l’épicentre de l’essaim sismique est actuellement en cours. Deux puits d’évacuation profonds ont déjà été fermés à la suite de ces inspections.
Source : Médias d’information américains.

 

Le Texas, 695 662 km² est seulement dépassé en superficie par l’Alaska. Le deux états sont de gros producteurs de pétrole. L’Alaska est une terre volcanique et sismique alors que le Texas est en théorie beaucoup plus calme d’un point de vue géologique. Pour rappel, Austin est la capitale du Texas qui rassemble quelque 30 millions d’habitants.

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Texas is the second largest State in the United States after Alaska. Contrary to Alaska it is not known to be seismically active. However, a swarm including more than 100 earthquakes struck West Texas between July 22nd to 29th, 2024, prompting the declaration of a state of disaster. The strongest event in the series thus far was M5.1 on July 26th, making it the 6th strongest earthquake in Texas history.

West Texas has seen a significant increase in seismic activity since 2019, and USGS scientists believe it is probably closely linked to local oil fields. One of them said : “We can say with confidence that these are related to oil and gas extractions. »

Indeed, the earthquakes are very likely linked to new forms of oil and natural gas drilling technology that allow companies to drill not just down into the earth but horizontally along an oil formation. In this way, oil companies are reaching deeply buried oil and natural gas deposits that are the decomposed remnants of plants and animals in ancient oceans. When the oil comes up, the salt water, which can be millions of years old, also comes up. This is called « produced water » and it comes up in large quantities. The ratio of oil to saltwater is low. It can be five or 10 or even 20 barrels of salt water for every barrel of oil. This prehistoric water is much saltier than ocean water and can’t be disposed of in rivers or even the ocean, in part because it can contain contaminants such as hydrocarbons. Instead, it must be pumped back deep underground where it cannot leech into groundwater, a process called ‘saltwater disposal.’ It has been proved that the large amounts of water being pumped underground in turn can cause earthquakes.

After the last swarm, Texas is investigating the earthquakes. The Railroad Commission of Texas, which regulates the state’s oil and natural gas industry, has indicated that it was looking into any connections between the quakes and the injection of fluids into the ground for the extraction of petroleum products.

Companies are trying to reduce seismicity caused by underground injection of produced water. Several of them in the area have already converted deep saltwater disposal wells to shallow saltwater disposal wells. Therre is currently an inspection of saltwater disposal wells within 4 kilometers of the cluster of earthquakes. Two deep disposal wells in the area has already benn shut following inspections.

Source : US news media.