Norvège: pétrole ou environnement? // Norway: oil or environment?

En Norvège, comme dans le reste du monde, les températures sont en hausse en raison du réchauffement climatique et les glaciers fondent. Selon le Centre international de recherche sur le climat (CICERO), la superficie couverte par les glaciers norvégiens a diminué de 11 % au cours des 30 dernières années. 326 kilomètres carrés de glace ont disparu depuis le milieu des années 1980. C’est dans le nord du pays que la glace fond le plus rapidement.
Selon un rapport du Centre norvégien des services climatiques (NCCS), les grands glaciers devraient perdre un tiers de leur superficie et de leur volume d’ici la fin de ce siècle. Les petits glaciers devraient disparaître entièrement, sauf aux altitudes les plus élevées.
Ces dernières années, le changement climatique a provoqué la fonte de plusieurs glaciers, laissant apparaître des marqueurs bien conservés de différentes périodes de l’histoire. C’est ainsi que disparition de la glace a révélé un col jonché de centaines d’artefacts datant de l’époque Viking.
S’agissant du réchauffement climatique, la Norvège a une double position. Les combustibles fossiles ont contribué à faire passer le pays d’une économie relativement modeste basée sur la pêche et le bois à l’un des États-providence les plus riches du monde.
Aujourd’hui, le réchauffement climatique oblige le pays à envisager l’arrêt de l’exploitation des énergies fossiles pour être à la hauteur de ses ambitions environnementales. C’est le choix qu’environ 3 millions d’électeurs norvégiens étaient censés faire le 13 septembre 2021 lors d’une élection parlementaire: ils devaient décider si sauver la planète vaut la peine d’arrêter l’exploitation des combustibles fossiles.
La Norvège se considère comme une nation verte. Selon un rapport des Nations Unies, le pays a un « bilan environnemental solide ». Son air et son eau sont d’excellente qualité, et la plus grande partie de l’électricité est produite par des centrales hydroélectriques qui ne polluent pas. Le pays fait figure de leader dans la production d’énergie renouvelable. Les lois environnementales sont strictes, avec l’interdiction d’utiliser des combustibles fossiles pour le chauffage des bâtiments et de fortes incitations à l’achat de voitures électriques. En août 2021, 70 % des véhicules neufs vendus étaient entièrement électriques; c’est plus que dans tout autre pays. La Norvège a également été l’une des premières nations au monde à introduire une taxe carbone, en 1991.
La Norvège fait également de gros efforts pour lutter contre le changement climatique. Le pays consacre des ressources substantielles à la lutte contre la déforestation dans le monde. Le gouvernement a fortement investi dans la Recherche et le Développement, notamment pour le développement de technologies de captage et de stockage du carbone. Ces politiques bénéficient d’un large soutien populaire, en particulier parmi les jeunes et les citadins qui considèrent de plus en plus le climat comme une priorité.
Cependant, à côté d’une politique qui se veut verte, la Norvège reste le pays industrialisé le plus dépendant des combustibles fossiles au monde. Le pétrole brut et le gaz naturel représentent 41 % des exportations, 14 % du produit intérieur brut, 14 % des recettes publiques et entre 6 % et 7 % des emplois. Avec les plus grandes réserves d’hydrocarbures d’Europe, le pays est le troisième exportateur mondial de gaz naturel et l’un des principaux exportateurs de pétrole brut.
Jamais le climat n’a été aussi important sur le plan politique et économique que lors des dernières élections parlementaires du 13 septembre 2021. D’un côté, il y avait les partis de l’establishment – les conservateurs et les travaillistes qui ont exclu l’arrêt à court terme de la production de pétrole et de gaz naturel, craignant les conséquences économiques. De l’autre côté, le Parti de la gauche socialiste et le Parti vert ont fait campagne sur les questions climatiques; ils se sont engagés à interdire les nouvelles licences d’exploration et ont promis d’arrêter toute production d’ici 2035.
L’opposition de gauche dirigée par le Parti travailliste a remporté les élections, battant le gouvernement conservateur actuel. En conséquence, la Norvège aura un nouveau Premier ministre. Cela marquera-t-il un changement dans sa politique énergétique ? Pas si sûr. Comme indiqué plus haut, le secteur pétrolier et gazier reste crucial pour l’économie du pays. Il emploie 200 000 personnes, représente 14 % du PIB et 41 % des exportations.
Alors que les scientifiques insistent pour que les émissions de gaz à effet de serre soient réduites de moitié au cours de cette décennie, essentiellement en éliminant progressivement les combustibles fossiles, la Norvège n’a pas fixé de date pour mettre fin à l’exploration du pétrole et du gaz. La Direction norvégienne du pétrole a même déclaré au début de cette année qu’elle s’attendait à ce que la production de pétrole continue d’augmenter au cours des prochaines années, passant de 1,7 million de barils par jour en 2020 à un peu plus de 2 millions par jour en 2025. Rien à ajouter!
Source : Presse norvégienne.

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In Norway, as in the rest of the world, temperatures are rising due to global warming, and the glaciers are melting. According to the Center for International Climate Research (CICERO), the total area covered by Norwegian glaciers has decreased by 11 per cent in the last 30 years. 326 square kilometres have disappeared since the mid 1980s. The ice is retreating most rapidly in the northern parts of the country.

According to aeport from the Norwegian Centre for Climate Services (NCCS), large glaciers are projected to lose a third of their total area and volume by the end of this century. Smaller glaciers are anticipated to disappear entirely, except at the very highest altitudes.

In recent years, climate change has caused mountain glaciers to melt away, revealing well-preserved markers from different periods in history beneath. The retreat of melting glaciers has revealed a lost mountain pass in Norway, complete with hundreds of Viking artifacts strewn along it.

As far as climate change is concerned, Norway has a dual position. Fossil fuels helped to catapult Norway from a stable but small fishing and timber economy into one of the wealthiest and most progressive welfare states in the world.

Now, climate change is forcing the country to consider stopping the exploitation of fossil fuels in exchange for living up to its environmental ambitions. This is the choice an estimated 3 million Norwegian voters had to make on September 13th, 2021 in a parliamentary election that has centered on the issue of whether saving the planet is worth stopping the fossil fuel exploitation.

Norway fancies itself a green nation. According to a report by the United Nations on human rights and the environment, the country has a “strong environmental record.” Its air and water are pristine, and the vast majority of electricity is generated by emissions-free hydropower plants. The country is a leader in renewable energy production. Environmental regulations are stringent, with fossil fuel use banned for heating buildings and strong incentives for the purchase of electric cars. In August 2021, 70% of new vehicles sold were fully electric, more than in any other country. Norway was also one of the first nations in the world to introduce a carbon tax, in 1991.

Norway is also at the front of global efforts to combat climate change. The country devotes substantial resources to combating deforestation in the developing world. The government has invested strongly in R&D, especially for the development of carbon capture and storage technologies. These policies have broad popular support, especially among young and urban citizens who increasingly rate climate as their most important policy priority.

However, beneath its green policy, Norway remains the most fossil fuel-dependent industrialized democracy in the world. Crude oil and natural gas account for 41% of exports, 14% of gross domestic product, 14% of government revenues, and between 6% and 7% of employment. Home to the largest hydrocarbon reserves in Europe, the country is the world’s third largest exporter of natural gas, and one of the top exporters of crude oil. Norway’s total petroleum production is forecast to increase until 2024 or so.

Nowhere and never had climate been so politically salient and economically significant as it was in Norway’s last parliamentary election of September 13th, 2021. On one side, there were the establishment parties—the Conservatives and Labour—which have have ruled out halting oil and gas production in the near term, fearing the economic consequences. On the other side, the Socialist Left Party and the Green Party have campaigned on climate issues and have committed to banning new exploration licenses, and promised to halt all production by 2035.

The left-wing opposition led by the Labour Party won the election, defeating the current Conservative government. As a consequence, Norway will have a new Prime Minister. Will it mark a change in Norway’s energy policy? Not so sure. The oil and gas sector remains crucial for the country’s economy, employing 200,000 people – between 6% and 7% of its workforce – and accounting for 14% of GDP and 41% of exports.

While scientists say emissions need to be halved over this decade, largely by phasing out fossil fuels, Norway has not set a date to even end the exploration of oil and gas. The Norwegian Petroleum Directorate said earlier this year that it expected oil production to keep rising in the next few years, from 1.7 million barrels a day in 2020 to just over 2 million a day in 2025.

Source: Norwegian newspapers.

Production de pétrole norvégien au cours des derniers mois:

 

Production de pétrole norvégien au cours des 25 dernières années:

La production de pétrole est certes en baisse, mais les perspectives montrent qu’elle n’est pas près de cesser!

Enfin une bonne nouvelle : pas d’exploration pétrolière au large du Groenland // Good news at last : no oil exploration off Greenland

Les médias français ont oublié de faire part d’une information particulièrement importante pour l’environnement de notre planète. Le gouvernement récemment élu du Groenland a décidé de suspendre toute exploration pétrolière au large de l’île/ Les autorités groenlandaises ont qualifié la décision d’ « étape en faveur de la Nature » parce que le gouvernement de l’Arctique « prend la crise climatique au sérieux. » La décision a été prise le 24 juin 2021 mais rendue publique le 15 juillet.

L’US Geological Survey estime qu’il pourrait y avoir 17,5 milliards de barils de pétrole et d’énormes réserves de gaz naturel au large du Groenland, même si l’éloignement de l’île et les conditions météorologiques difficiles en ont jusqu’à présent limité l’exploration. Aucun pétrole n’a encore été exploité autour du Groenland, mais ces réserves potentiellement vastes pourraient permettre aux Groenlandais de réaliser un vieux rêve  : obtenir leur indépendance vis-à-vis du Danemark.

Comme je l’ai écrit précédemment, le réchauffement climatique et la disparition de la glace pourraient mettre au jour des ressources naturelles comme le pétrole et les minéraux qui, si elles sont exploitées avec succès, pourraient changer radicalement l’économie de ce territoire semi-autonome de 57 000 personnes.

Pour justifier sa décision de suspendre l’exploration pétrolière, le gouvernement a déclaré : « L’avenir n’est pas dans le pétrole. Il appartient aux énergies renouvelables, et à cet égard, nous avons beaucoup plus à gagner. » Le gouvernement a également déclaré qu’il « veut assumer la coresponsabilité de la lutte contre la crise climatique mondiale ».

Lorsque le gouvernement actuel, dirigé par le parti Inuit Ataqatigiit, est arrivé au pouvoir lors des élections législatives d’avril, il a immédiatement tenu ses promesses électorales et arrêté les projets d’extraction d’uranium dans le sud du Groenland. L’île possède encore quatre permis actifs d’exploration d’hydrocarbures qu’elle ne peut annuler, mais ils sont détenus par deux petites sociétés et leur potentiel est très limité.

Le Danemark décide de la politique étrangère, de la défense et de la sécurité du Groenland et il accorde à l’île une subvention annuelle qui représente environ les deux tiers de l’économie groenlandaise.

Source : Associated Press.

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The French news media have forgotten a pieca of news that is very important for the environment of our planet. The newly elected government of Greenland has decided to suspend all oil exploration off the island, calling it is “a natural step” because the Arctic government “takes the climate crisis seriously.”The decision was made on June 24th, 2021 but made public on Jyly 15th.

The U.S. Geological Survey estimates there could be 17.5 billion undiscovered barrels of oil aand huge quantities of natural gas off Greenland, although the island’s remote location and harsh weather have limited exploration. However, no oil has been found yet around Greenland, but officials had seen the potentially vast reserves as a way to help Greenlanders realize their long-held dream of independence from Denmark.

As I put it before, global warming means that retreating ice could uncover potential oil and mineral resources which, if successfully tapped, could dramatically change the fortunes of the semiautonomous territory of 57,000 people.

To justijy its decision to suspend oil exploration, the local government said : “The future does not lie in oil. The future belongs to renewable energy, and in that respect we have much more to gain.” The government also said it “wants to take co-responsibility for combating the global climate crisis.”

When the current government, led by the Inuit Ataqatigiit party came into power in an April’s parliamentary election, it immediately kept its election promises and stopped plans for uranium mining in southern Greenland. The island still has four active hydrocarbon exploration licenses, which it is obliged to maintain as long as the licensees are actively exploring, but they are held by two small companies and they have very limited potential.

Denmark decides foreign, defense and security policy, and supports Greenland with the annual grant that accounts for about two-thirds of the Arctic island’s economy.

Source : Associated Press.

Joe Biden suspend les baux de forage dans l’Arctic National Wildlife Refuge // Joe Biden suspends drilling leases in Arctic National Wildlife Refuge

Le 1er juin 2021, l’Administration Biden a suspendu les baux de forage pétrolier dans l’Arctic National Wildlife Refuge (ANWR), ce qui va à l’encontre d’une décision de la présidence Trump et qui confirme la volonté du président Biden de mettre ce fragile écosystème du nord de l’Alaska à l’abri de l’extraction de combustibles fossiles.

La décision met en place un processus qui pourrait mettre un terme aux forages dans l’une des plus vastes étendues de nature sauvage intacte aux Etats-Unis. C’est une région où vivent des oiseaux migrateurs, des caribous et des ours polaires.

Les écologistes américains sont bien sûr satisfaits de la décision mais appellent à la vigilance et réclament une interdiction permanente des forages dans l’Arctique. Ils expliquent que tant que les baux ne sont pas annulés (pour le moment ils ne sont que suspendus), ils restent une menace pour l’un des endroits les plus sauvages d’Amérique.

A l’opposé, les élus alaskiens sont furieux. La sénatrice Lisa Murkowski, une républicaine, a déclaré dans un communiqué que la suspension des baux était contraire à la loi fédérale parce que le Tax Cuts and Jobs Act (pilier d’une réforme fiscale aux Etats Unis) qui a été adopté par le Congrès sous contrôle républicain en 2017 a ordonné au Secrétaire à l’Intérieur de créer le programme de baux [pour le forage pétrolier].

D’autres élus ont qualifié cette décision d' »attaque contre l’économie de l’Alaska » et se sont engagés à « utiliser tous les moyens nécessaires pour faire annuler cet abus de pouvoir fédéral ».

En mai 2021, l’Agence Internationale de l’Energie a demandé aux gouvernements du monde entier de cesser immédiatement de donner le feu vert aux projets de combustibles fossiles s’ils ne veulent pas que la température moyenne de la planète dépasse 2 degrés Celsius par rapport aux niveaux préindustriels.

Cependant, la suspension des baux ne garantit pas le blocage des forages dans l’ANWR. L’administration Biden s’est seulement engagée à revoir les baux décidés par l’Administration Trump, et non à les annuler. Ce n’est que si le président juge que les baux ont été accordés illégalement qu’il pourra demander leur résiliation par la justice américaine.

Les groupes républicains pensent que la suspension des baux par M. Biden est probablement illégale. De plus, en l’état actuel des choses, la décision de Joe Biden de bloquer les forages dans l’Arctique pourrait être annulée par une future administration.

Le Refuge, qui couvre une superficie de 78 000 kilomètres carrés dans le nord-est de l’Alaska, était depuis longtemps interdit au développement pétrolier et gazier. Les Démocrates, les écologistes et certains groupes autochtones de l’Alaska avaient lutté avec succès pour le mettre à l’abri de la prospection. Mais le président Trump a fait ouvrir la Plaine côtière le long de Prudhoe Bay afin d’intensifier la production nationale de combustibles fossiles.

Les écologistes et les autochtones ont immédiatement attaqué en justice l’administration Trump, affirmant que la décision était illégale. Alors que la question était étudiée par les tribunaux, l’administration Trump a vite procédé à une vente de baux de forages début janvier, quelques semaines avant que Donald Trump quitte ses fonctions.

Comme je l’ai déjà écrit, ces baux n’ont pas rencontré un grand succès auprès des grandes compagnies pétrolières étant donné le coût élevé de la production de pétrole dans l’Arctique, la réduction d’utilisation des combustibles fossiles et l’impopularité des forages dans une zone aussi fragile.

Sous la pression des organisations environnementales et des groupes autochtones, les grandes banques s’étaient engagées à ne pas financer les forages dans le Refuge.

Cependant, si elle a mis un frein à l’exploitation pétrolière dans l’Arctique, l’administration Biden ne s’est pas opposé à tous les projets pétroliers. Le mois dernier, le Président s’est élevé contre la fermeture de l’oléoduc Dakota Access, pourtant âprement contesté, qui transporte environ 550 000 barils de pétrole par jour du Dakota du Nord vers l’Illinois. Dans le Wyoming, l’administration Biden a aussi donné le feu vert à 440 baux pétroliers et gaziers émis par l’Administration Trump sur des terres fédérales qui sont également l’habitat du tétras des armoises, du cerf mulet et de l’antilope d’Amérique.

Source : médias d’information américains.

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On June 1st, 2021, the Biden administration suspended oil drilling leases in the Arctic National Wildlife Refuge (ANWR), going against a move of the Trump presidency and confirming President Biden’s promise to protect the fragile Alaskan tundra from fossil fuel extraction.

The decision sets up a process that could halt drilling in one of the largest tracts of untouched wilderness in the United States, home to migrating waterfowl, caribou and polar bears.

Environmentalists are satisfied with the decision but called for a permanent ban on Arctic drilling. They explain that until the leases are cancelled, they will remain a threat to one of the wildest places left in America.

On the other side, Alaskan elected officials are furious. Senator Lisa Murkowski, a Republican, said in a statement that the suspension of leases was contrary to federal law because the Tax Cuts and Jobs Act that was passed by the Republican-controlled Congress in 2017 directed the interior secretary to create the leasing program.”

Other voices called the move an “assault on Alaska’s economy” and pledged to “use every means necessary to undo this egregious federal overreach.”

Last month, the International Energy Agency warned that governments around the globe must stop approving fossil fuel projects now if they want to prevent the pollution they produce from driving average global temperatures above 2 degrees Celsius compared with preindustrial levels.

However, the suspension of the leases alone does not guarantee that drilling will be blocked in the Arctic refuge. The administration has only committed to reviewing the Trump leases, not cancelling them. If it determines that the leases were granted illegally, it could then have legal grounds to cancel them.

Conservative groups contend that Mr. Biden’s suspension of the leases may be illegal. Policy experts also noted that any moves by Mr. Biden to block Arctic drilling could be undone by a future administration.

The refuge, 19 million acres in the northeastern part of the state, had long been off limits to oil and gas development, with Democrats, environmentalists and some Alaska Native groups successfully fighting efforts to open it. But President Trump made opening a portion of it, about 1.5 million acres along Prudhoe Bay that is known as the Coastal Plain, a centerpiece of his push to develop more domestic fossil fuel production.

Environmental groups and others immediately sued the Trump administration, saying the review was faulty. While the issue remained in the courts, the Trump administration went ahead with a lease sale in early January, just weeks before Mr. Trump left office.

A I put it before, there has been little interest in the leases from major oil companies, given the high cost of producing oil in the Arctic, the growing desire to reduce fossil fuel use, and the reputational risks of drilling in such a pristine area. After pressure from environmental organizations and Native groups, major banks had pledged not to finance any drilling efforts in the refuge.

However, the Biden administration did not oppose all projects about oil. Last month, Mr. Biden stood against shutting down the bitterly-contested Dakota Access pipeline, which is carrying about 550,000 barrels of oil daily from North Dakota to Illinois. And in Wyoming, the Biden administration defended 440 oil and gas leases issued by the Trump administration on federal land that is also the critical habitat of the sage grouse, mule deer and pronghorn.

Source: U.S. news media.

Source : ANWR

Joe Biden annule le projet de forage dans l’Arctique alaskien // Joe Biden cancels the drilling project in Alaskan Arctic

Parmi les décrets signés par le nouveau Président Joe Biden après son investiture figure un «moratoire temporaire» sur toutes les concessions d’extraction de pétrole et de gaz dans l’Arctic National Wildlife Refuge (ANWR).

Les défenseurs de l’environnement en Alaska et les leaders des communautés autochtones Gwich’in ont déclaré que la décision du Président leur avait procuré un immense soulagement. Les Gwich’in vivent juste en bordure du Refuge et dépendent des caribous qui viennent mettre bas dans la plaine côtière. En compagnie des écologistes, ils se sont toujours opposés aux forages pétroliers dans cette plaine, arguant que l’extraction du pétrole et du gaz nuirait à la faune et à la terre, et ne ferait qu’accentuer le changement climatique dans une région qui se réchauffe déjà rapidement.

Du côté des partisans des forages dans le Refuge, le gouverneur de l’Alaska, Mike Dunleavy, accuse Biden de vouloir «transformer l’Alaska en un grand parc national». Il a déclaré : «Je suis prêt à utiliser tous les moyens possibles pour défendre le droit des Alaskiens à avoir un emploi et à avoir un avenir en profitant de toutes les opportunités qui s’offrent à nous.» La délégation de l’Alaska au Congrès a également critiqué la décision de Biden de bloquer les forages pétroliers dans le Refuge. Selon ces délégués, la nouvelle administration devra trouver des compensations pour ceux qui auraient bénéficié financièrement de l’extraction du pétrole et du gaz, y compris l’État de l’Alaska, et Kaktovik Iñupiat Corp. et Arctic Slope Regional Corp deux sociétés pétrolières autochtones d’Alaska.

Cependant, même avant le décret signé par Joe Biden, l’avenir du Refuge en tant que source de pétrole et d’emplois était loin d’être assuré. L’administration Trump a organisé la vente de la première concession pétrolière dans le Refuge le 6 janvier 2021, à la suite d’une décision du Congrès en 2017 d’ouvrir la zone au forage. En réalité, la vente a suscité peu d’intérêt. Aucune grande compagnie pétrolière n’a été intéressée et la décision de Trump ne faisait pas l’unanimité parmi les pétroliers..

Le pétrole est une ressource essentielle en Alaska et rapporte beaucoup d’argent. Quand on voyage à travers l’État et quand on voit le pipeline trans-Alaska, on comprend très vite les revenus qui peuvent être tirés de l’or noir. L’administration de l’Alaska adresse à chaque habitant, chaque année, un chèque correspondant à une partie des revenus pétroliers. Cependant, l’avenir de ce chèque semble compromis. Le prix du pétrole est en chute libre et l’économie souffre de la pandémie de coronavirus. Le montant du chèque – environ 1000 dollars en 2020 – est devenu un enjeu politique dans un État qui a déjà du mal à payer ses factures.

La plupart des 730 000 Alaskiens considèrent cet argent comme un droit. Pour certains, les chèques servent à payer les vacances, à s’acheter des véhicules ou à financer les études de leurs enfants. Pour d’autres, le chèque représente l’essentiel des revenus, en particulier dans les zones rurales où des produits de base comme le lait ou les détergents pour la lessive doivent être importés par avion et deviennent presque des objets de luxe.

Source: Presse alaskienne.

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Among the list of executive orders President Joe Biden swiftly signed to undo Donald Trump’s actions, there is a “temporary moratorium” on all oil and gas leasing activities in the Arctic National Wildlife Refuge (ANWR).  .

Environmental groups and Indigenous Gwich’in leaders said the news gave them an overwhelming sense of relief. The Gwich’in live just outside the refuge, and depend on the caribou that commonly give birth in the coastal plain. They have long worked with environmental groups on an aggressive opposition campaign to oil drilling on the coastal plain, arguing that development would harm wildlife and the land and exacerbate climate change in a place that is already warming fast.

On the side of those who favour drilling in the Refuge, Alaska’s Governor Mike Dunleavy blasted Biden for “making good on his promise to turn Alaska into a large national park.”

“I’m prepared to use every resource available to fight for Alaskans’ right to have a job, and have a future by taking advantage of every opportunity available to us,” Dunleavy said in a statement.

Alaska’s congressional delegation also slammed the move by Biden to block oil development in the Refuge. They say the new administration needs to figure out a way to compensate those that would have financially benefited from development, including the state of Alaska, and two Alaska Native corporations, Kaktovik Iñupiat Corp. and Arctic Slope Regional Corp.

However, even before Biden’s action, the refuge’s future as a source of oil and jobs was far from secure. The Trump administration held the refuge’s first oil sale on January 6th, 2021, following a 2017 decision by Congress to open the area to leasing. But the sale drew little interest. No major oil companies bid on the leases.

Oil is an essential resource in Alaska and brings a lot of money. When one travels across the State and sees the trans-Alaskan pipeline, one understands the revenues that can be drawn from the black gold. The Alaska administration cuts each resident a check every year from its oil wealth. However, the future of that unique payout is in question amid low oil prices and an economy battered by the coronavirus pandemic. The size of the check — about $1,000 in 2020 — has become a political battle in a state that already struggled to pay its bills. Many of Alaska’s 730,000 people see the money as a right. For some, the checks go toward vacations, vehicles or college savings. For others, they are a key part of their income, especially in rural areas where staples like milk, or laundry detergent have to be flown or shipped in and can come with luxury price tags.

Source: Alaskan newspapers.

Localisation du Refuge (Source : ANWR)

L’oléoduc trans-Alaska (Photo : C. Grandpey)