L’Arctique ne sera plus jamais comme avant // The Arctic will never be the same again

Il n’est pas une journée sans mauvaises nouvelles de l’Arctique. Un article paru dans The Guardian nous rappelle qu’à la fin du mois de juillet 2020, 40% de la plate-forme glaciaire de Milne, sur la bordure nord-ouest de l’île d’Ellesmere, sont partis dans la mer. Cela signifie que la dernière banquise encore parfaitement intacte au Canada n’existe plus. De l’autre côté de l’île, dans la région la plus septentrionale du Canada, les calottes glaciaires de la baie St Patrick ont ​​totalement disparu. Selon les scientifiques, la calotte glaciaire du Groenland a probablement dépassé le point de non-retour. Les chutes de neige annuelles ne suffisent plus pour compenser la perte de neige et de glace pendant la fonte estivale des 234 glaciers du territoire. En 2019, la calotte glaciaire a perdu sa glace à raison d’un million de tonnes par minute.
L’Arctique fond plus rapidement qu’on l’imaginait il y a seulement quelques décennies. Le nord de la Sibérie et l’Arctique canadien se réchauffent maintenant trois fois plus vite que le reste du monde. Au cours de la dernière décennie, les températures de l’Arctique ont augmenté de près de 1°C. Si les émissions de gaz à effet de serre restent sur la même trajectoire, le nord du globe se sera réchauffé de 4°C d’ici le milieu de ce siècle.
L’Arctique tel que nous le connaissons aujourd’hui ne sera bientôt plus qu’un souvenir.
Une nouvelle étude parue dans Nature Climate Change explique que la glace de mer qui flotte pendant l’été à la surface de l’océan Arctique pourrait disparaître entièrement d’ici 2035. Jusqu’à relativement récemment, les scientifiques pensaient que cette situation attendrait 2050 au plus tôt. Confirmant les prévisions de l’étude, la glace de mer arctique en septembre 2020 a atteint sa deuxième plus faible étendue en 41 ans.
S’ajoutant à ce qui précède, le pergélisol de l’Arctique canadien dégèle 70 ans plus tôt que prévu. Les routes se déforment. Les maisons s’affaissent. En Sibérie, des cratères géants apparaissent brusquement dans la toundra lorsque les températures montent en flèche; il ne faut pas oublier qu’elles ont atteint 38°C dans la ville de Verkhoyansk en juillet 2020. Il ne faudrait pas oublier non plus qu’au printemps de cette année, un réservoir de carburant dans une centrale électrique russe, s’est renversé sous l’effet du dégel du pergélisol et a déversé 21 000 tonnes de diesel dans un cours d’eau à proximité.
Le dégel du pergélisol libère dans l’atmosphère du gaz carbonique et du méthane, deux puissants gaz à effet de serre, ce qui aggrave le réchauffement climatique. Les vagues de chaleur successives ont provoqué des incendies de forêt qui font rage dans les régions les plus chaudes et les plus sèches de l’Arctique. Cela a un effet négatif sur les millions de rennes et de caribous qui se nourrissent des mousses, des lichens. A l’inverse, entre 2013 et 2014, environ 61 000 animaux sont morts dans la péninsule russe de Yamal en raison d’une famine à grande échelle pendant un hiver pluvieux. Dans son ensemble, la population mondiale de rennes et de caribous a diminué de 56% au cours des 20 dernières années. Ces pertes ont des conséquences désastreuses pour les peuples autochtones dont la culture et les moyens de subsistance dépendent de ces animaux.
A côté de cela, le changement climatique dans l’Arctique est une aubaine pour les gouvernements peu scrupuleux qui trouvent des opportunités dans la crise climatique actuelle:
– La fonte des glaces est en train de rendre accessibles les ressources minérales et les réserves de pétrole et de gaz de la région Au Groenland, la fonte de la glace révèle une richesse en uranium, zinc, or, fer et autres minéraux. On comprend pourquoi Donald Trump a affirmé en 2019 qu’il envisageait d’acheter le Groenland au Danemark.
– La Chine investit massivement dans la route maritime du Nord de plus en plus exempte de glace au-dessus de la Russie. Cela promet de réduire de 10 à 15 jours les trajets par bateau entre l’Extrême-Orient et l’Europe. Le passage du Nord-Ouest à travers l’archipel arctique canadien fournira probablement bientôt un autre raccourci maritime.
Jamais auparavant l’Arctique n’avait été autant convoité.
Pour arrêter le changement climatique dans l’Arctique, il faudrait réduire considérablement les émissions de combustibles fossiles, et le monde n’est pas engagé sur cette voie pour le moment. Comme je l’explique lors de mes conférences, en supposant que nous cessions toutes les émissions de gaz à effet de serre par un coup de baguette magique, il faudrait des décennies pour que l’atmosphère se purifie et pour que et les températures se stabilisent.
Une chose est sûre, on ne reverra jamais l’Arctique tel qu’il était dans le passé. Au train où vont les choses, il sera impossible de revenir aux conditions qui prévalaient il y a seulement une trentaine d’années..
Adapté d’un article paru dans The Guardian.

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Nearly everyday brings bad news about the Arctic. An article in The Guardian reminds us that at the end of July 2020, 40% of the Milne Ice Shelf, on the north-western edge of Ellesmere Island, calved into the sea. This means Canada’s last fully intact ice shelf does not exist any more. On the other side of the island, the most northerly in Canada, the St Patrick’s Bay ice caps completely disappeared. Scientists concluded that the Greenland Ice Sheet may have already passed the point of no return. Annual snowfall is no longer enough to replenish the snow and ice loss during summer melting of the territory’s 234 glaciers. In 2019, the ice sheet lost a record amount of ice, equivalent to one million tons every minute.

The melting of the Arctic is happening faster than anyone could have imagined just a few decades ago. Northern Siberia and the Canadian Arctic are now warming three times faster than the rest of the world. In the past decade, Arctic temperatures have increased by nearly 1°C. If greenhouse gas emissions stay on the same trajectory, we can expect the north to have warmed by 4°C by the middle of the century.

There is no facet of Arctic life that remains untouched by global warming. The Arctic as we know it today will soon be frozen only in memory.

A new Nature Climate Change study predicts that summer sea ice floating on the surface of the Arctic Ocean could disappear entirely by 2035. Until relatively recently, scientists thought it would reach this point in 2050 at the earliest. Reinforcing the study’s prediction, Arctic sea ice in September 2020 reached its second-lowest extent in the 41-year satellite record.

What is more, in the Canadian Arctic, permafrost is thawing 70 years sooner than predicted. Roads are distorted. Houses are sinking. In Siberia, giant craters pockmark the tundra as temperatures soar; we should not forget they reached 38°C in the town of Verkhoyansk in July. We should not forget either that his spring, a fuel tank at a Russian power plant collapsed and leaked 21,000 tons of diesel into nearby waterways, because of the subsiding permafrost.

This thawing permafrost releases two potent greenhouse gases, carbon dioxide and methane, into the atmosphere and, as such, exacerbates global warming.

The heatwaves led to raging wildfires which are getting common in hotter and drier parts of the Arctic. This has a negative effect on the millions of reindeer and caribou who eat mosses, lichens, and stubbly grasses. Between 2013 and 2014, an estimated 61,000 animals died on Russia’s Yamal peninsula due to mass starvation during a rainy winter. Overall, the global population of reindeer and caribou has declined by 56% in the last 20 years. Such losses have disastrous consequences for the indigenous people whose culture and livelihoods depend on these animals.

Yet climate change in the Arctic is a godsend for unscrupulous governments that find opportunities in the crisis:

– Melting ice has made the region’s abundant mineral deposits and oil and gas reserves more accessible by ship. In Greenland, vanishing ice is unearthing a wealth of uranium, zinc, gold, iron and rare earth elements. In 2019, Donald Trump claimed he was considering buying Greenland from Denmark.

– China is heavily investing in the increasingly ice-free Northern Sea Route over the top of Russia, which promises to cut shipping times between the Far East and Europe by 10 to 15 days. The Northwest Passage through the Canadian Arctic Archipelago could soon yield another shortcut.

Never before has the Arctic enjoyed such political relevance.

Stopping climate change in the Arctic requires an enormous reduction in the emission of fossil fuels, and the world is not on the way to do it. As I explain during my conferences, supposing we cease all emissions like a fairy with a magic wand, it would take the atmosphere decades to clear and temperatures to stabilize.

One thing is sure, the Arctic of the past is already gone. Following our current climate trajectory, it will be impossible to return to the conditions that prevailed three decades ago.

Adapted from an article in The Guardian.

 

Les glaciers du Groenland: une espèce en voie de disparition (Photos : C. Grandpey)

Glaciers du Groenland : une catastrophe annoncée // Greenland glaciers: an inevitable disaster

Sous l’effet du réchauffement climatique, les glaciers du Groenland fondent à une vitesse incroyable et les scientifiques s’accordent aujourd’hui pour dire qu’ils ont atteint un point de non-retour. Ils ne retrouveront jamais leur majesté d’autrefois. En fondant, ces glaciers envoient dans l’océan des quantités phénoménales d’eau douce, avec des conséquences faciles à imaginer, que ce soit sur le niveau de mers ou même sur le comportement des courants océaniques. S’agissant du niveau des océans, les scénarios les plus défavorables estiment qu’on se dirige vers une hausse qui atteindrait 15 millimètres d’ici l’année 2100. Toutefois, de nombreux chercheurs préviennent que ces prévisions sont probablement trop optimistes et que la hausse sera supérieure car on sous-estime trop souvent la perte de masse glaciaire.

Pour comprendre à quel point la situation est alarmante, il suffit d’observer le Jakobshavn, le plus volumineux glacier du Groenland. C’est aussi celui qui se déplace le plus rapidement. Son vêlage donne naissance à d’impressionnants icebergs. Depuis la fin du 19ème siècle, entre 1880 et 2012, on pense qu’il a perdu au moins de 1500 milliards de tonnes de glace.

Le Kangerlussuaq est le plus gros de la côte est. Une bosse dans le substrat rocheux sur lequel repose le glacier l’a provisoirement protégé. Mais une fois le front du glacier disparu, les eaux chaudes ont pu faire leur œuvre et creuser peu à peu la glace. Le glacier a perdu 1381 milliards de tonne entre 1900 et 2012.

Toujours sur la côte Est, le glacier Helheim est l’un des plus importants systèmes d’exutoire en eau solidifiée du Groenland. Depuis le 19ème siècle, il a perdu 31 milliards de tonnes de glace.

Ces chiffres montrent que sous les assauts du réchauffement climatique, ces trois glaciers ont reculé de manière spectaculaire. Les images satellites et les photos prises sur le terrain n’autorisent pas le moindre doute.

Les chercheurs estiment qu’au cours de la dernière décennie, la fonte de ces glaciers a entraîné une élévation du niveau de la mer de 8,1 millimètres. Selon une étude qui vient d’être publiée dans la revue Nature Communications, le plus inquiétant, c’est que les modèles climatiques actuels sous-estiment très probablement ce qui se passera dans le futur. Les trois glaciers que je viens d’évoquer contiennent suffisamment d’eau pour faire monter le niveau de la mer de plus d’un mètre.

Les experts du GIEC estiment que la fonte des glaces, qu’elle provienne des glaciers ou des calottes, pourrait faire monter le niveau des mers entre 30 et 110 cm d’ici la fin du siècle, en fonction des niveaux d’émissions de gaz à effet de serre.

Comme je l’ai indiqué dans des notes précédentes, le scénario le plus pessimiste du GIEC implique l’absence de toute mesure pour limiter les émissions tout au long du 21ème siècle. Cela conduirait à une hausse des températures d’au moins 3°C par rapport aux niveaux pré-industriels, et ne répondrait donc pas à l’objectif de moins de +2°C défini par l’Accord de Paris sur le climat.

Selon les modèles climatiques mettant en oeuvre le scénario du pire, les trois glaciers du Groenland mentionnés plus haut contribueraient à une augmentation du niveau des océans entre 9,1 et 14,9 mm d’ici 2100.

Les chercheurs sont persuadés aujourd’hui que ce scénario du pire est sous-estimé. Pour les trois glaciers étudiés, la perte de glace pourrait être trois ou quatre fois plus importante que les prévisions ne l’anticipaient.

Une étude publiée en septembre dans la revue Nature a conclu que si les émissions de CO2 continuent au rythme actuel, la calotte glaciaire du Groenland pourrait se réduire de 36 000 milliards de tonnes entre 2000 et 2100, suffisamment pour rehausser les océans de 10 cm.

Source : Presse internationale.

J’aime montrer cette vidéo d’un vêlage majeur du glacier Ilulissat dans l’ouest du Groenland en 2008. Les images parlent d’elles-mêmes et décrivent ce qui va se passer sur l’ensemble de cette grande île dans les prochaines années :

https://youtu.be/hC3VTgIPoGU

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As a result of global warming, Greenland’s glaciers are melting at an incredible speed and scientists today agree that they have reached a point of no return. They will never regain their former majesty. As they melt, these glaciers send huge amounts of fresh water into the ocean, with consequences that are easy to imagine, be it on sea levels or even on the behaviour of ocean currents. Regarding the level of the oceans, the most unfavorable scenarios estimate that we are heading for an increase of 15 millimetres by the year 2100. However, many researchers warn that these forecasts are probably too optimistic and that the increase will be greater because the loss of ice mass is too often underestimated.

To understand how alarming the situation is, we just need to look at Jakobshavn, the largest glacier in Greenland. It’s also the fastest moving one. Its calving gives birth to impressive icebergs. Since the end of the 19th century, between 1880 and 2012, it is thought to have lost at least 1.5 trillion tonnes of ice.

Kangerlussuaq is the largest on the east coast. A bump in the bedrock on which the glacier rests temporarily protected it. But once the front of the glacier disappeared, the warm waters were able to do their work and gradually dig the ice. The glacier lost 1,381 billion tonnes between 1900 and 2012.

Also on the east coast, Helheim Glacier is one of the largest solidified water outlet systems in Greenland. Since the 19th century, it has lost 31 billion tonnes of ice. These figures show that under the assaults of global warming, these three glaciers have retreated dramatically. Satellite images and photos taken on the field leave no room for doubt.

Researchers estimate that over the past decade, the melting of these glaciers has caused sea level to rise by 8.1 millimetres. What is more worrying, according to a study just published in the journal Nature Communications, is that current climate models have probably underestimated what will happen in the future. The three glaciers I just mentioned contain enough water to raise the sea level by more than one metre.

IPCC experts estimate that melting ice, whether from glaciers or ice caps, could cause sea levels to rise between 30 and 110 cm by the end of the century, depending on the levels of greenhouse gas emissions. As I have indicated in previous notes, the IPCC’s most pessimistic scenario involves the absence of any measures to limit emissions throughout the 21st century. This would lead to a rise in temperatures of at least 3°C above pre-industrial levels, and therefore would not meet the target of less than 2°C set by the Paris Climate Agreement.

According to the climate models using the worst-case scenario, the three glaciers in Greenland mentioned above would contribute to an increase in ocean level between 9.1 and 14.9 mm by 2100.

Researchers are now convinced that this worst-case scenario is underestimated. For the three glaciers studied, the loss of ice could be three or four times greater than expected. A study published in September in the journal Nature concluded that if CO2 emissions continue at the current rate, the Greenland ice sheet could shrink by 36 trillion tonnes between 2000 and 2100, enough to raise the oceans by 10 cm.

Source: International news media.

I love this video of a major calving of the Ilulissat Glacier in West Greenland in 2008. The images speak for themselves and describe what will happen across this large island in the coming years :

https://youtu.be/hC3VTgIPoGU

Photos : C. Grandpey

Que se passe-t-il vraiment autour du Groenland ? // What’s really happening around Greenland ?

Comme je l’ai écrit précédemment, de plus en plus de pays s’intéressent aux ressources du Groenland où la calotte glaciaire est en train de fondre et de rétrécir à vue d’oeil. La Chine et la Russie s’affirment de plus en plus dans la région. L’an dernier, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a déclaré que « le moment est venu pour que l’Amérique devienne une nation arctique, dans l’intérêt de l’avenir de l’Arctique » ; depuis cette déclaration, l’activité militaire s’intensifie dans la région.
Le Groenland est régi en semi autonomie par le Danemark ; Copenhague gère la défense de l’île par l’intermédiaire de son Joint Arctic Command [NDLR : Le Joint Arctic Command a pour mission principale en temps de paix d’assurer la souveraineté de l’Unité du Royaume du Danemark, en surveillant la zone autour des îles Féroé et du Groenland]. À plusieurs reprises depuis 2006, des navires étrangers sont arrivés à l’improviste ou sans les autorisations préalables dans des eaux que le Danemark, membre de l’OTAN, entend défendre.
Le Groenland, que Donald Trump a proposé sans succès d’acheter à Copenhague en 2019, est en grande partie recouvert par une calotte glaciaire, avec un littoral rocheux. L’obscurité y est presque totale pendant les mois d’hiver. Cependant, sous les roches et la glace se cachent d’abondantes réserves de minéraux et de métaux rares utilisés dans la fabrication des smartphones, des véhicules électriques et des jets militaires. On y trouve aussi de l’uranium et probablement d’importants gisements de pétrole et de gaz naturel.
Le Groenland n’offre pas seulement des ressources naturelles. L’île, qui est plus proche de New York que New York de Los Angeles, est également une fenêtre stratégique sur l’espace. Située à Thulé, la base aérienne la plus septentrionale des États-Unis abrite un réseau de capteurs assurant la surveillance et le contrôle de l’espace. Thulé est l’un des rares endroits au monde où l’on peut avoir accès à des satellites en orbite autour des pôles. Ils viennent en complément de la couverture classique du globe et jouent un rôle majeur dans les prévisions météorologiques et la recherche climatique.
Sur la mer autour du Groenland, plusieurs pays font naviguer de nouveaux brise-glaces pour augmenter le trafic de fret. La Chine, qui a affirmé être, en 2018, une nation «proche de l’Arctique», a déclaré qu’elle souhaitait construire des infrastructures et «participer à la gouvernance de l’Arctique».
Au cours des dernières années, les alliés occidentaux ont accru leur présence autour du Groenland. En août et septembre 2020, un garde-côte américain a participé à des exercices avec des navires danois et français sur la côte ouest du Groenland. En septembre, le Danemark a rejoint pour la première fois les États-Unis, le Royaume-Uni et la Norvège dans un exercice militaire à grande échelle dans la Mer de Barents, près de la Russie.
Certaines régions de l’Arctique sont relativement bien couvertes par les satellites et les radars, ce qui n’est plus le cas du Groenland depuis le début des années 1990. De 1959 à 1991, le Groenland faisait partie du North American Aerospace Defence Command – Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord – un ensemble de 63 centres de radars et de communications s’étendant sur 5000 kilomètres depuis l’ouest de l’Alaska jusque dans l’Arctique canadien. Le Groenland possédait quatre radars au-dessus de sa calotte glaciaire, mais deux ont été démantelés et les deux autres ont été abandonnés à leur triste sort ; ils s’enfoncent maintenant lentement dans la glace.
Aujourd’hui, pour surveiller son vaste territoire, le Groenland dispose d’un avion, de quatre hélicoptères et de quatre navires. En plus de faire respecter la souveraineté, ils sont en charge des opérations de contrôle de la pêche et assurent les missions de recherche et sauvetage. Six traîneaux tirés par 80 chiens patrouillent la partie nord-est du territoire. En août 2006, deux chasseurs ont déclaré avoir repéré un sous-marin alors qu’ils chassaient le renne dans un fjord du sud du Groenland. Ils ont fait un dessin du sous-marin que l’armée a identifié comme étant probablement un modèle russe.
Le gouvernement danois a promis en 2019 d’augmenter son budget militaire au Groenland avec un investissement de 237 millions de dollars dédié à la surveillance. Pour l’instant, le Danemark n’a pas de satellites pour surveiller le trafic autour du Groenland. En 2018, il a commencé à recevoir chaque jour quelques images satellites par l’intermédiaire de l’Agence de sécurité maritime de l’Union européenne, mais en général elles ne sont pas suffisamment précises et détaillées à des fins militaires.
Pendant des années, il a été assez facile pour les chercheurs étrangers d’accéder aux eaux du Groenland et à celles situées entre le Groenland, l’Islande et le Royaume-Uni. L’année dernière, cependant, les autorités danoises ont rejeté la demande d’un groupe de chercheurs internationaux dirigé par la Suisse qui prévoyait de se déplacer sur un brise-glace russe lors de la toute première circumnavigation du Groenland. Deux sources fiables ont émis des doutes sur la finalité de l’expédition et ont indiqué que le brise-glace, utilisé lors de plusieurs expéditions antérieures au Groenland, était susceptible de servir à des fins non scientifiques telles que l’exploitation d’informations provenant de câbles sous-marins à fibres optiques ou la cartographie du fond marin pour faciliter l’accès des sous-marins russes. En 2016, un navire russe, que la marine américaine a accusé de transporter des submersibles en mesure de couper et espionner des câbles sous la surface de l’océan, a jeté l’ancre près de Nuuk, là même où passe un câble de communication sous-marin qui relie l’Islande et l’Amérique.

Les navires étrangers signalent généralement leur arrivée à l’aide du système international d’identification automatique. Lorsqu’il analyse les images satellites, le Joint Arctic Command danois identifie souvent ce qu’il appelle des «cibles sombres», à savoir des objets qui ressemblent à des navires mais qui ne peuvent pas être identifiés avec précision. Quand l’armée danoise envoie des navires ou des hélicoptères vers la cible repérée, il s’agit souvent d’icebergs. Lorsque les cibles se sont avérées être des navires, il s’agissait le plus souvent de navires américains n’ayant pas signalé leur arrivée…
Source: Yahoo News

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As I put it before, a growing number of countries are showing interest in Greenland’s resources as the country’s icecap is melting and shrinking. Both China and Russia have been making increasingly assertive moves in the region, and after the U.S. Secretary of State Mike Pompeo last year said now is « America’s moment to stand up as an Arctic nation and for the Arctic’s future, » military activity is stepping up.

Greenland is a semi-autonomous part of the Kingdom of Denmark, and Copenhagen runs the island’s defence through its Joint Arctic Command. On several occasions since 2006, foreign vessels have turned up unexpectedly or without the necessary protocols, in waters that NATO-member Denmark aims to defend.

Greenland, which Donald Trump offered unsuccessfully to buy from Copenhagen in 2019, is largely an ice sheet with a rocky coastline. It is hidden by almost complete darkness in the winter months. However, beneath its rocks and ice are abundant resources of minerals and rare earth metals used in equipment from smartphones to electric vehicles and military jets, as well as uranium and potentially vast resources of oil and natural gas.

Greenland offers more than resources. The island, which is nearer to New York than New York is to Los Angeles, is also a strategic window onto space. Located at Thule, the United States’ northernmost air base houses a network of sensors which provides space surveillance and control. Thule is one of the few places in the world with access to satellites that orbit the poles, completing coverage of the globe which is essential for weather forecasting and climate research.

On the sea, several countries are building new icebreakers to increase freight traffic. China, which in 2018 declared itself a « near-Arctic » nation, has said it wants to build infrastructure and « participate in the governance of the Arctic. »

In the past few years, Western allies have increased their presence around Greenland. In August and September this year, a U.S. Coast Guard cutter carried out joint exercises with Danish and French naval vessels on Greenland’s west coast. And in September, Denmark for the first time joined the United States, UK and Norway in a large-scale military exercise in the Barents Sea near Russia.

Some Arctic regions are relatively well covered by satellite and radar. But since the early 1990s, Greenland has slipped off the radar. From 1959 to 1991 Greenland was part of the North American Aerospace Defence Command, an integrated chain of 63 radar and communication centres stretching 5,000 kilometres from Western Alaska across the Canadian Arctic. It had four radars operating on its ice sheet. Two were dismantled; the other two were abandoned and are now slowly sinking into the ice.

Today, to monitor its vast area, Greenland has one aircraft, four helicopters and four ships. In addition to enforcing sovereignty, they handle fishing inspection and search and rescue operations. Six sleds powered by 80 dogs patrol the remote northeastern part. In August 2006, a local couple said they spotted a submarine while they were hunting reindeer in a fjord in southern Greenland. The couple made a drawing, which the military identified as a likely Russian model.

The Danish government promised in 2019 to upgrade military spending in Greenland with an investment of 237 million dollars for surveillance. For now, Denmark has no satellites to monitor traffic around Greenland. In 2018, it started receiving a few satellite images a day from the European Union’s Maritime Safety Agency, but they are not always detailed enough for military purposes.

For years, it has been fairly easy for foreign researchers to access the waters around Greenland and those between Greenland, Iceland and the UK. Last year, though, Danish authorities failed to approve an application from a Swiss-led group of international researchers who were planning to travel on a Russian icebreaker on the first-ever circumnavigation of Greenland. Two sources with knowledge of the matter said they had become suspicious that the icebreaker, used for several earlier expeditions in Greenland, could serve non-scientific purposes such as tapping information from subsea fibre cables or mapping the seabed to ease access for Russian submarines. In 2016, a Russian vessel, which the U.S. Navy accused of transporting submersibles that can sever and tap into cables beneath the ocean’s surface, anchored outside Nuuk, where passes a subsea communications cable that connects Iceland and America.

Foreign ships usually report their arrival using the international Automatic Identification System ship-tracking system. When analysing satellite images, the Joint Arctic Command often identifies what it calls « dark targets », namely objects that look like ships but can’t be identified on the system. If the Danish military sends out vessels or helicopters to the target, they often find an iceberg. When the targets have turned out to be ships, these have most often been U.S. marine vessels that have not reported their arrival…

Source : Yahoo News.

Le Groenland, une véritable caverne d’Ali Baba!

La fonte du Groenland et ses conséquences // Greenland’s melting and its consequences

Selon une nouvelle étude qui confirme les précédentes, la fonte de la calotte glaciaire du Groenland au cours du 21ème siècle entraînera une hausse du niveau des océans plus importante qu’au cours des siècles qui ont ponctué les 12 000 dernières années, même si le réchauffement climatique est maîtrisé..
L’étude, publiée dans la revue Nature, est la première à avoir reconstitué avec précision la perte de glace au Groenland tout au long de l’Holocène. Les chercheurs sont arrivés à la conclusion que si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent sans relâche, la calotte glaciaire de plusieurs kilomètres d’épaisseur perdra entre 2000 à 2100 une masse de glace suffisante pour faire s’élever de 10 centimètres le niveau des océans.
Jusqu’à la fin des années 1990, la calotte glaciaire du Groenland était à peu près en équilibre ; elle gagnait autant de masse par les chutes de neige qu’elle en perdait par le vêlage des glaciers et la fonte de la banquise. L’accélération du réchauffement climatique a détruit cet équilibre et l’eau de fonte se déverse désormais dans l’Atlantique Nord.
L’unique calotte glaciaire de l’hémisphère nord contient suffisamment d’eau sous forme de glace pour faire s’élever de sept mètres le niveau de la mer. Il faut garder à l’esprit qu’une élévation du niveau de la mer mesurée en dizaines de centimètres est suffisante pour dévaster des zones habitées le long des côtes dans le monde entier.
En 2019, le Groenland a déversé dans l’océan plus de 500 milliards de tonnes de glace et d’eau de fonte. Cela représente 40% de l’élévation totale du niveau de la mer en 2019 et le record pour une seule année depuis le début des relevés satellitaires en 1978. Selon l’un des auteurs de la nouvelle étude, à moins que l’humanité réduise de manière significative les émissions de CO2 dues à la combustion de combustibles fossiles, de tels niveaux vont probablement devenir la «nouvelle norme». .
Il a fallu cinq ans aux auteurs de l’étude pour rassembler les données sur la fonte de la calotte glaciaire du Groenland, avec l’intervention de glaciologues spécialistes des carottes de glace, de modélisateurs du climat, de spécialistes en télédétection et de paléoclimatologues. La plage de 12 000 ans a permis de mieux analyser les fluctuations de masse de la calotte glaciaire en relation avec l’impact du changement climatique d’origine anthropique.
En limitant le réchauffement climatique à moins de deux degrés Celsius – l’objectif de l’Accord de Paris de 2015 – on limiterait à environ deux centimètres ce siècle la contribution du Groenland à l’élévation du niveau des océans. Cependant, quel que soit le scénario, le niveau des océans continuera de s’élever au 22ème siècle et au-delà.
Jusqu’en 2000, le principal moteur de l’élévation du niveau des océans était la fonte des glaciers et l’expansion de l’eau de mer à mesure qu’elle se réchauffe. En revanche, au cours des deux dernières décennies, les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique sont devenues la principale source d’élévation du niveau des océans. Le GIEC prévoit une élévation du niveau de la mer d’un peu moins d’un mètre d’ici la fin du siècle.

À une plus grande échelle, toutes les études s’accordent pour dire que la couverture de glace de mer dans l’Arctique diminue pour atteindre sa surface la plus faible chaque année. En septembre 2020, elle ne mesurait que 3,74 millions de kilomètres carrés. Il s’agit de la deuxième valeur la plus basse en 42 ans depuis que les satellites ont commencé à prendre des mesures. La glace ne couvre aujourd’hui que 50% de la superficie qu’elle couvrait il y a 40 ans à la fin de l’été.
Comme l’a montré le GIEC, les niveaux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère sont plus élevés qu’à tout moment dans l’histoire de l’humanité. La dernière fois que les concentrations atmosphériques de CO2 ont atteint le niveau actuel – environ 412 parties par million – remonte à 3 millions d’années, à l’époque du Pliocène.
Les géoscientifiques qui étudient l’évolution du climat de la Terre et la manière dont il crée les conditions de la vie considèrent l’évolution des conditions dans l’Arctique comme un indicateur de la façon dont le changement climatique pourrait transformer la planète. Si les émissions mondiales de gaz à effet de serre continuent d’augmenter, elles pourraient ramener la Terre dans les conditions du Pliocène, avec un niveau de la mer plus élevé, une modification des conditions météorologiques et des changements à la fois dans le monde naturel et dans les sociétés humaines.
Source: CBS News.

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According to a new study that confirms the previous ones, ice loss from Greenland’s ice sheet will cause sea levels to rise more during the 21st century than they have during any 100-year period in the last 12,000 years, even if global warming is kept under control.
The study, published in the journal Nature, is the first to painstakingly reconstruct Greenland’s ice loss record over the entire course of the Holocene. It found that if greenhouse gas emissions continue unabated, the kilometres-thick ice sheet will shed a mass of ice from 2000 to 2100 sufficient to lift the global ocean waterline by 10 centimetres.
Until the late 1990s, Greenland’s ice sheet was roughly in balance, gaining as much mass through snowfall as it lost in summer from crumbling glaciers and melt-off. But accelerating climate change has destroyed that balance, with the net loss flowing into the north Atlantic.
The northern hemisphere’s only ice sheet holds enough frozen water to raise seas by seven metres. One should keep in mind that increases in sea level measured in tens of centimetres will devastate coastal communities around the world.
In 2019, Greenland cast off more than 500 billion tonnes of ice and meltwater. This represents 40 percent of total sea level rise in 2019 and the most in a single year since satellite records began in 1978. According to one of the authors of the new study, unless humanity dramatically reduces the carbon pollution caused by burning fossil fuels, such levels could become the « new normal. » .
It took the authors of the study five years to assemble the data about Greenland’s ice sheet loss and required the combined efforts of ice core scientists, climate modellers, remote sensing experts and palaeoclimate researchers. The 12,000-year timeline makes it possible to better separate natural fluctuations in the ice sheet’s mass balance with the impact of manmade climate change.
Limiting global warming at under two degrees Celsius – the target of the 2015 Paris Agreement – would limit Greenland’s contribution to sea level rise at about two centimetres this century. However, under any scenario, the ocean waterline will continue to rise in the 22nd century and beyond.
Until 2000, the main driver of sea level rise was melting glaciers and the expansion of ocean water as it warms. Yet, over the last two decades, the world’s ice sheets atop Greenland and Antarctica have become the single largest source of sea level rise. The IPCC, has forecast sea level rise from all sources of just under a metre by century’s end.

At a larger Arctic scale, all studies agree to say that sea ice cover in the Arctic shrinks to a lower point each year. In September 2020, it measured just 3.74 million square kilometres. This is the second-lowest value in the 42 years since satellites began taking measurements. The ice today covers only 50% of the area it covered 40 years ago in late summer.
As the IPCC has shown, carbon dioxide levels in the atmosphere are higher than at any time in human history. The last time that atmospheric CO2 concentrations reached today’s level – about 412 parts per million – was 3 million years ago, during the Pliocene Epoch.
Geoscientists who study the evolution of Earth’s climate and how it creates conditions for life see evolving conditions in the Arctic as an indicator of how climate change could transform the planet. If global greenhouse gas emissions continue to rise, they could return the Earth to Pliocene conditions, with higher sea levels, shifted weather patterns and altered conditions in both the natural world and human societies.
Source: CBS News.

La fonte du Groenland et ses conséquences (Source : NASA)

Des hauts et des bas, mais la hausse des températures continue // Highs and lows but temperatures keeps increasing

Parmi les climatologues, il existe encore des climato-sceptiques qui recherchent des exemples prouvant que des températures froides existent toujours à travers le monde. Ces chasseurs de records ont détecté dans l’hémisphère Nord: une température de -69,6°C enregistrée le 22 décembre 1991 dans la station météorologique automatique de Klinck, non loin du point le plus élevé de l’inlandsis groenlandais.
Cette température fait mieux que les -67,8°C enregistrés à deux reprises à Oimekon  et Verkhoyanksk (Sibérie), respectivement en 1933 et 1892. Ce dernier site russe a fait la une de la presse ces derniers mois après avoir enregistré un record de température (37,7°C)au nord du cercle polaire arctique pendant une vague de chaleur dans la région.
La température la plus froide jamais enregistrée sur Terre a été -89,2°C en 1983 à la station météorologique de Vostok en Antarctique.

Soyons bien clairs; les records de chaleur et de froid existent et existeront toujours. Ce qu’il faut prendre en compte, ce ne sont pas ces extrêmes, mais la tendance générale. Lorsque l’on observe les courbes et graphiques, il est indéniable que les températures globales de notre planète sont à la hausse, malgré les hauts et les bas enregistrés ponctuellement. Tous les observateurs sur le terrain s’accordent aujourd’hui pour dire que les calottes glaciaires et les glaciers fondent à une vitesse incroyable. Le plus inquiétant, c’est que cette hausse des températures est parallèle à la hausse des concentrations de CO2 dans l’atmosphère.

Source : Presse américaine.

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Among climatologists, there are still global warming skeptics who look for examples proving that cold temperature records still exist. The climate historians hunting for past temperature extremes have unearthed a record low in the Northern Hemisphere: -69.6 Celsius recorded on December 22nd, 1991 at an automatic weather station in Klinck, not far from the highest point on the Greenland Ice Sheet.

This temperature surpasses the -67.8°C recorded twice at Siberian sites of Oimekon in 1933 and Verkhoyanksk in 1892. The latter Russian site made headlines in recent months for recording a new record-high temperature (37.7°C) north of the Arctic Circle during a heatwave in the region.

The coldest temperature ever recorded on Earth was the -89.2 Celsius recorded in 1983 at the Vostok weather station in Antarctica.

Let’s make it very clear; record high and record low temperatures will always exist. What is to be taken into account is not these extremes, but the general tendency. Looking at the graphs, it is undeniable that global temperatures are on the rise, despite the recod highs and lows that are punctually recorded. All observers on the field agree to day that ice sheets and glaciers are melting at an incredible speed. What worries me is that the increase in temperatures goes parallel with the increase in CO2 concentrations in the atmosphere.

Source: US news media.

Source : NASA

Accélération de la fonte du Groenland // Greenland’s melting is accelerating

Selon une nouvelle étude parue dans la revue Nature Climate Change, la contribution des calottes glaciaires à l’élévation du niveau de la mer suit le pire scénario Le niveau de la mer a augmenté de 3,6 millimètres par an entre 2006 et 2015. C’est 2,5 fois le taux moyen de 1,4 millimètre par an observé pendant la majeure partie du 20ème siècle. Il s’agit d’une élévation due à un ensemble de facteurs, principalement l’expansion thermique des océans, la fonte des glaciers et la perte de masse de l’Antarctique et du Groenland.

Depuis que les calottes glaciaires sont surveillées par satellite (dans les années 1990), la fonte de l’Antarctique a fait monter le niveau de la mer de 7,2 mm, tandis que le Groenland a contribué à hauteur de 10,6 mm.

La nouvelle étude compare les observations de fonte des deux inlandsis aux modèles climatiques. Il ressort que la tendance récente à la fonte du Groenland et de l’Antarctique suit les pires scénarios modélisés dans le dernier rapport du GIEC.

Au Groenland, plus de la moitié des pertes de glace est due à la fonte de surface provoquée par la hausse de la température de l’air. Le reste est dû à l’augmentation du débit des glaciers, déclenchée par la hausse des températures océaniques.

Entre 2002 et 2019, le Groenland a perdu 4550 milliards de tonnes de glace, avec une moyenne de 268 milliards de tonnes par an. En 2019, les pertes ont atteint 600 milliards de tonnes sur une seule saison.

Un article paru en septembre 2020 sur le site web de la BBC nous apprend qu’une grosse masse de glace vient de se séparer de la plus grande plate-forme glaciaire encore présente dans l’Arctique – la 79N, ou Nioghalvfjerdsfjorden – dans le nord-est du Groenland. La section de la plateforme qui vient de partir dans l’océan couvre environ 110 kilomètres carrés; les images satellites montrent qu’elle s’est brisée en plusieurs morceaux. Selon les scientifiques, cet événement est une preuve supplémentaire des effets rapides du changement climatique au Groenland.
La plateforme Nioghalvfjerdsfjorden mesure environ 80 km de long sur 20 km de large ; elle constitue la partie frontale du Northeast Greenland Ice Stream. Dans sa partie terminale, la plateforme 79N se divise en deux branches, dont la plus petite est orientée vers le nord. C’est cette dernière, baptisée Spalte Glacier, qui s’est désintégrée. La plateforme était déjà fortement fracturée en 2019; la chaleur de l’été 2020 lui a porté le coup de grâce. Le Spalte Glacier est devenu une flottille d’icebergs.
Comme je l’ai déjà expliqué, la fonte des plateformes est accélérée par la présence de lacs de fonte. Cela signifie que l’eau sous forme liquide s’infiltre dans les crevasses et facilite leur ouverture. L’eau continue son chemin jusqu’à la base de la plateforme, processus connu sous le nom d’hydrofracturation. De plus, la glace de la plateforme a tendance à fondre par en dessous, suite à la hausse de la température de l’océan..
Dans une note précédente, j’ai indiqué qu’en juillet 2020, une vaste section de la plateforme glaciaire Milne sur l’île d’Ellesmere au Canada avait pris le large. Une surface de 80 kilomètres carrés s’est détachée de la plateforme principale qui couvrait 8600 km2 au début du 20ème siècle.
La fonte rapide du Groenland a été confirmée par une étude parue en août 2020 et qui analyse les données fournies par les satellites de la mission Grace-FO. Ces données ont montré que 2019 avait été une année record ; la calotte glaciaire a perdu quelque 530 milliards de tonnes. Il s’agit d’une masse d’eau suffisante pour faire s’élever de 1,5 mm le niveau de la mer dans le monde.
Source: BBC.

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According to a new study in the journal Nature Climate Change, the contribution of ice sheets to sea level rise follows the worst case scenario Sea level increased by 3.6 millimeters per year between 2006 and 2015. C This is 2.5 times the average rate of 1.4 millimeters per year observed during most of the 20th century. This is a rise due to a combination of factors, primarily thermal expansion of the oceans, melting glaciers and the loss of mass from Antarctica and Greenland.
Since the ice sheets were monitored by satellite (in the 1990s), the melting of Antarctica has raised the sea level by 7.2 mm, while Greenland has contributed 10.6 mm.
The new study compares the melting observations of the two ice sheets with climate models. It appears that the recent melting trend in Greenland and Antarctica follows the worst-case scenarios modeled in the latest IPCC report.
In Greenland, more than half of the ice loss is due to surface melting caused by rising air temperature. The remainder is due to increased flow from glaciers, triggered by rising ocean temperatures.
Between 2002 and 2019, Greenland lost 4,550 billion tonnes of ice, with an average of 268 billion tonnes per year. In 2019, losses reached 600 billion tonnes in a single season.
A September 2020 article on the BBC website informs us that a big chunk of ice has just broken away from the Arctic’s largest remaining ice shelf – 79N, or Nioghalvfjerdsfjorden – in north-east Greenland. The ejected section covers about 110 square kilemetres; satellite imagery shows it to have shattered into many small pieces. Scientisis say the loss is further evidence of the rapid climate changes taking place in Greenland.

Nioghalvfjerdsfjorden is roughly 80km long by 20km wide and is the floating front end of the Northeast Greenland Ice Stream. At its leading edge, the 79N glacier splits in two, with a minor offshoot turning directly north. It’s this offshoot, or tributary, called Spalte Glacier, that has now disintegrated. The ice feature was already heavily fractured in 2019; this summer’s warmth has been its final undoing. Spalte Glacier has become a flotilla of icebergs.

As I put it before, the melting of the platforms is accelerated by the presence of melt ponds. This means liquid water fills crevasses and can help to open them up. The water then pushes down on the fissures, driving them through to the base of the shelf. This process is known as hydrofracturing and it weakens an ice shelf. Oceanographers have also documented warmer sea temperatures which mean the shelf ice is almost certainly being melted from beneath as well.

In a previous post, I indicated that July 2020 witnessed another large ice shelf structure in the Arctic lose significant area. Eighty square kilometres broke free from Milne Ice Shelf on Canada’s Ellesmere Island. Milne was the largest intact remnant from a wider shelf feature that covered 8,600 sq km at the start of the 20th century.

The fast pace of melting in Greenland was underlined in a study last month that analysed data from the US-German Grace-FO satellites. The Grace mission found 2019 to have been a record-breaking year, with the ice sheet shedding some 530 billion tonnes. That’s enough meltwater running off the land into the ocean to raise global sea-levels by 1.5mm.

Source : The BBC.

  Source : Copernicus Data / ESA / Sentinel 2B

Fonte de la glace : que de mauvaises nouvelles // Melting of the ice : bad news only

Il y a quelques jours, des glaciologues de l’Ohio State University nous apprenaient que la calotte glaciaire du Groenland avait atteint le point de non-retour. Autrement dit, la nouvelle arrivée de neige et de glace ne pourra plus jamais compenser la perte de glace qui va disparaître dans les eaux océaniques.

Un groupe de scientifiques britanniques des universités de Leeds et d’Édimbourg et de l’University College London a découvert que 28 000 milliards de tonnes de glace ont disparu de la surface de la Terre depuis 1994. C’est l’analyse des données satellitaires à propos des glaciers et des calottes glaciaires entre 1994 et 2017 qui a donné ce triste résultat provoqué par le réchauffement climatique de nore planète. L’étude a été publié dans la revue Cryosphere Discussions.

De manière assez logique, les chercheurs ont découvert que la fonte des glaciers et des calottes glaciaires pourrait entraîner une hausse  d’un mètre du niveau des mers d’ici la fin du siècle. Ce chiffre confirme celui proposé par des études précédentes. Les scientifiques avertissent que chaque centimètre d’élévation du niveau de la mer signifie qu’environ un million de personnes seront déplacées dans les zones côtières.

La perte de glace à grande échelle pourrait avoir d’autres conséquences graves. La santé biologique des eaux arctiques et antarctiques pourrait être sérieusement perturbée. L’absence de glace à la surface des mers arctique et antarctique va réduire l’albédo, cette capacité de la planète à réfléchir le rayonnement solaire vers l’espace. Les résultats de la dernière étude correspondent malheureusement aux prévisions les plus pessimistes du Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC).

La nouvelle étude se distingue des précédentes par la surface des zones observées et analysées. Dans le passé, les chercheurs se limitaient à des zones individuelles comme l’Antarctique ou le Groenland. Avec la dernière publication, c’est la première fois que l’on examine la disparition de la glace sur la planète dans sa globalité.

Selon les chercheurs britanniques, il ne fait aucun doute que la majeure partie de la perte de glace sur Terre est une conséquence directe du réchauffement climatique. Comme je l’ai écrit plus haut, les chutes de neige qui réapprovisionnent les glaciers chaque année ne peuvent plus suivre le rythme de la fonte des glaces, ce qui signifie que la calotte glaciaire du Groenland continuera à perdre de la glace même si les températures mondiales cessent d’augmenter. Il ne faudrait pas oublier que la calotte glaciaire du Groenland est la deuxième plus grande masse de glace au monde.

Source : Business Insider.

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 A few days ago, glaciologists at Ohio State University informed us that the Greenland ice sheet had reached the point of no return. In other words, the new arrival of snow and ice will never again be able to compensate for the loss of ice which will disappear in oceanic waters.
A group of British scientists from the universities of Leeds and Edinburgh and University College London have discovered that 28 trillion tonnes of ice have disappeared from the Earth’s surface since 1994. The analysis of satellite data about glaciers and ice caps between 1994 and 2017gave this sad result caused by the global warming of our planet. The study was published in the journal Cryosphere Discussions.
Logically enough, the researchers found that melting glaciers and ice caps could cause sea levels to rise one metre by the turn of the century. This figure confirms that proposed by previous studies. Scientists warn that every centimetre of sea level rise means about a million people will be displaced in coastal areas.
Large-scale ice loss could have other serious consequences. The biological health of Arctic and Antarctic waters could be seriously disrupted. The absence of ice on the surface of the Arctic and Antarctic seas will reduce the albedo, the planet’s ability to reflect solar radiation back to space. The results of the latest study unfortunately correspond to the most pessimistic forecasts of the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC).
The new study differs from the previous ones by the size of the areas observed and analyzed. In the past, researchers were limited to individual areas like Antarctica or Greenland. With the latest publication, this is the first time one has examined the disappearance of ice on the planet as a whole.
According to the British researchers, there is no doubt that most of the loss of ice on Earth is a direct result of global warming. As I put it above, the snowfall that replenishes glaciers each year can no longer keep pace with the melting ice, which means the Greenland ice sheet will continue to lose ice even if world temperatures rise stop increasing. It should not be forgotten that the Greenland ice sheet is the second largest mass of ice in the world.
Source: Business Insider.

Condamnation à plus ou moins long terme de la calotte glaciaire du Groenland (Photo : C. Grandpey)