Ça s’agite du côté de la Faille de San Andreas (Etats-Unis) // Seismic swarm along the San Andreas Fault (United States)

La faille de San Andreas est l’une des plus connues et l’une des plus dangereuses au monde. Elle s’étend sur environ 1 200 km et marque la limite entre les plaques tectoniques Pacifique et Amérique du Nord. Il y a trois grandes agglomérations le long de la faille – Los Angeles, San Francisco et San Diego – ainsi que d’autres villes.
L’USGS enregistre actuellement un essaim sismique sous la Mer de Salton à proximité de la faille, avec un séisme M 4,5 le 10 août 2020.
Les sismologues  affirment que le risque d’un séisme plus important au cours des 7 prochains jours est très élevé. La section la plus méridionale de la faille de San Andreas est susceptible de se rompre et déclencher des s éismes dont les magnitudes peuvent atteindre M 7,0 ; le dernier événement de ce genre s’est produit il y a plus de 300 ans.
Historiquement, la zone en question a déjà connu des essaims sismiques. Les plus récents ont été observés en 2001, 2009 et 2016. Au cours du dernier essaim en 2016, il y a eu trois phases d’activité séparées par des périodes de calme relatif avant la fin de l’essaim. Ces essaims sont restés actifs pendant 1 à 20 jour, avec une durée moyenne d’environ une semaine, de sorte que l’essaim enregistré actuellement  peut lui aussi se dérouler en plusieurs phases d’activité. .
L’USGS estime qu’il y a trois scénarios possibles du 12 au 19 août 2020:
– Le premier scénario a 98% de chances de se produire: il comprend de nouveaux séismes d’une magnitude inférieure à M5,4 au cours de la semaine prochaine. Le scénario le plus probable est que le nombre de séismes diminue au cours de la semaine à venir.
– Le deuxième scénario a environ 2 pour cent de chances de se produire: un séisme plus important pourrait survenir, avec une magnitude entre M5,5 et 6,9, avec des dégâts dans la région de la Mer de Salton. Des répliques sont possibles les jours suivants
– Le troisième scénario a moins de 1% de chances de se produire: un puissant séisme de magnitude M 7,0 ou plus pourrait se produire dans les sept prochains jours. Un tel événement aurait des impacts majeurs sur les localités voisines et serait suivi de répliques les jours suivants.
L’USGS conclut ses observations en indiquant que nous sommes incapables de prévoir ce qui est susceptible de se produire le long de la faille de San Andreas. Les prévisions sismiques actuelles donnent seulement une idée du risque sismique dans une période donnée dans une certaine zone.
Source: USGS, The Watchers.

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The San Andreas Fault is one of the best known and one of the most dangerous faults in the world. It stretches over about 1200 km and marks the boundary between the Pacific and North American tectonic plates. There are three major cities on the fault – Los Angeles, San Francisco, and San Diego – along with other towns.

The USGS has been monitoring an ongoing seismic swarm beneath the Salton Sea near the fault, with an M 4.5 quake recorded on August 10th, 2020.

USGS seismologists say the risk of a larger earthquake over the next 7 days is considerably elevated. The southernmost section of the San Andreas Fault is capable of rupturing and generate earthquakes with magnitudes as high as M 7.0; the last event of this kind occurred more than 300 years ago.

Historically, this area has seen seismic swarms before, most recently in 2001, 2009, and 2016.  During the last swarm in 2016, there were three bursts of activity separated by relatively quiet periods before the swarm ended. These past swarms in the area have remained active for 1 to 20 days, with a typical duration of about a week, so this swarm may have future bursts of activity.

USGS has warned that there are three possible scenarios from August 12th to August 19th, 2020:

– The first scenario has a 98 percent chance of happening: it includes more earthquakeswith magnitudes no greater than M5.4 within the next week. The most likely scenario is that the rate of quakes in the swarm will decrease over the coming week.

– The second scenario has about a 2 percent chance of occurring: A larger earthquake could occur, ranging from M5.5 to 6.9, with damage around the Salton Sea area. It may be followed by aftershocks in the next days.

– The third scenario has less than 1 percent chance of taking place: A much bigger earthquake of M 7.0 or higher could occur within the next seven days. Such an event would have major impacts on nearby communities and would be followed by aftershocks in the next days.

USGS concludes saying we are unable to predict what could really happen along the San Andreas Fault. Our current earthquake forecasts only give us an understanding of the chances of having more earthquakes within a given time period in the affected area.

Source : USGS, The Watchers.

La Faille de San Andreas dans la région de la Mer de Salton (Source : USGS)

Portion de la Faille de San Andreas (Photo : C. Grandpey)

Très fort essaim sismique sur la Zone de Fracture de Tjörnes (Islande) // Very strong seismic swarm on the Tjörnes Fracture Zone (Iceland)

Alors que la situation est relativement calme sur la Péninsule de Reykjanes, c’est la région de la Péninsule de Tjörnes qui attire l’attention aujourd’hui. Plus précisément, la sismicité est particulièrement élevée depuis quelques heures sur la Zone de fracture de Tjörnes qui mesure environ 150 km de longueur et 80 km de largeur.. Un essaim sismique est en cours ; un événement a atteint la magnitude de M 5,2 à 15h06 et un autre la magnitude de M 5,6 à 19h26 ce samedi 20 juin 2020. Leurs hypocentres ont été localisés respectivement à 9,2 km et 10 km de profondeur.

Située au large de la péninsule du même nom, la zone de fracture de Tjörnes est une section de failles transformantes. Elle sépare la zone volcanique septentrionale de l’Islande de la dorsale de Kolbeinsey qui fait elle-même partie de la dorsale médio-atlantique. La Smithsonian Institution nous apprend qu’une éruption sous-marine a pu avoir lieu en 1867-1868 dans la partie SE du système de fractures, au large de la côte septentrionale de l’Islande, juste au nord de Manareyjar Island. La sismicité a déjà été forte dans cette région au début de l’année 2018. On a alors pensé qu’il pouvait s’agir d’une possible éruption sous-marine.

Les essaims sismiques sont fréquents dans cette partie de l’Islande et ont en général une origine purement tectonique, sans manifestation volcanique associée. Ils peuvent atteindre des magnitudes de M 7 – 7,5, comme cela s’est produit en 1963.

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While the situation is relatively calm on the Reykjanes Peninsula, it is the Tjörnes Peninsula region that is drawing attention today. More specifically, the seismicity has been particularly high for a few hours over the Tjörnes Fracture Zone which measures approximately 150 km in length and 80 km in width. A seismic swarm is underway and one of the events has reached the magnitude of M 5, 2 at 3:06 pm this Saturday June 20, 2020. The hypocentre was located 9.2 km deep.

Located off the peninsula with the same name, the Tjörnes fracture zone is a section of transform faults. It separates the northern volcanic area of Iceland from the Kolbeinsey Ridge which is itself part of the Mid-Atlantic Ridge. The Smithsonian Institution informs us that a submarine eruption may have occurred in 1867-1868 in the SE part of the fracture system, off the north coast of Iceland, just north of Manareyjar Island. Seismicity was already strong in this region at the beginning of 2018. It was then thought the cause could be a possible submarine eruption.

Seismic swarms are common in this part of Iceland and are generally of purely tectonic origin, with no associated volcanism. They can reach magnitudes of M 7 – 7.5, as happened in 1963.

Source : IMO

Islande: Ça recommence sur la Péninsule de Reykjanes ! // Iceland: It’s starting again on the Reykjanes Peninsula !

Non seulement l’Islande est infectée par le coronavirus (avec 81 cas recensés), mais le pays doit maintenant faire face à un nouvel essaim sismique sur la Péninsule de Reykjanes. Une secousse de M 5.2 a été enregistrée sur la zone à 10 h 26 le 12 mars 2020. Elle a été ressentie jusqu’à Reykjavik et à Borgarnes, dans l’ouest de l’Islande. Plus de 100 personnes ont appelé le Met Office pour signaler l’événement.
La source de l’essaim sismique a été localisée à 5,4 km au nord-ouest de la ville de Grindavík, à une profondeur de 5,2 km. Elle a été précédée d’un événement de M 3.0 à 10h15, et de nombreuses répliques ont été enregistrées dans la zone depuis 9h30 ce matin (voir carte ci-dessous).
Selon un météorologue, la source de cette séquence sismique se situe à peu près là où il y a eu une inflation de 5 cm de la surface du sol en janvier et février.
Il est trop tôt pour dire ce que signifie l’essaim sismique. On ne peut pas prévoir, non plus, la suite des événements. L’ Icelandic Met Office a convoqué du personnel supplémentaire.
Source: IMO et Iceland Monitor.

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Not only Iceland is infected by coronavirus (with 81 cases in the country), but it is now facing another seismic swarm on the Reykjanes Peninsula. An M 5.2 earthquake hit the area at 10:26 am on March 12th, 2020. The quake was noticed inReykjavik and all the way to Borgarnes, West Iceland. Well over 100 people called the Met Office to report it.

The source of the earthquake was 5.4 km northwest of the town Grindavík, at a depth of 5.2 km. It was preceded by an M 3 event at 10:15, and numerous aftershocks have been registered in the area since 9:30 this morning (see map below).

According to a meteorologist, the source of the earthquake is approximately where there was a 5-cm inflation of the surface in January and February.

It is too early to tell what the seismic swarm means or what we can expect. The Icelandic Met Office has called out additional staff.

Source : IMO and Iceland Monitor.

Source: IMO

Spectaculaire essaim sismique sur la Péninsule de Reykjanes (Islande) // Dramatic seismic swarm on the Reykjanes Peninsula (Iceland)

Même si, selon les dernières mesures, il n’y a pas d’accumulation de magma sous la région, la sismicité reste intense sur la Péninsule de Reykjanes. Durant le nuit entre le 31 janvier et le 1er février 2020, l’IMO a enregistré un spectaculaire essaim sismique avec plusieurs événements supérieurs à M 3,0 et une secousse de magnitude M 4,3 à 4,3 km au NNE de Grindavik. Il est d’ailleurs remarquable de constater que les événements sismiques les plus significatifs se produisent dans cette zone. De manière globale, les hypocentres sont superficiels et ont été localisés à 5 – 6 km de profondeur pour les événements les plus forts. Le tremor reste à des valeurs normales et aucune intrusion magmatique n’est en cause.

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Even if, according to the latest measurements, there is no magma accumulation under the region, seismicity remains intense on the Reykjanes Peninsula. During the night between January 31st and February 1sr, 2020, IMO recorded a dramatic seismic swarm with several events above M 3.0 and a quake with a magnitude M 4.3, 4.3 km NNE of Grindavik. It is also remarkable to note that the most significant seismic events occurred in this area. Overall, the hypocentres are shallow and have been located 5 – 6 km deep for the strongest events. The tremor remains at normal values and no magma intrusion is involved.

Source: IMO

Nouvel essaim sismique sur la Péninsule de Reykjanes (Islande) // New seismic swarm on the Reykjanes Peninsula (Iceland)

Un nouvel essaim sismique est en cours dans la Péninsule de Reykjanes avec des événements de M 3,5 et M 3,2 à 4h31 et 4h59 (GMT) le 29 janvier 2020 au matin. Les hypocentres ont été localisés à 3,1 et 3,5 km de profondeur. Les épicentres se situent à 1,5-2 km au NE de Grindavik.

Comme je l’ai indiqué précédemment les autorités islandaises ont demandé à la population de la région à se tenir prête à une éventuelle évacuation, même si l’IMO ne relève pas actuellement de signes significatifs (concernant le tremor par exemple) d’une éruption à court terme. Plusieurs secteurs sensibles se trouvent à proximité de la zone où est enregistrée la sismicité : l’aéroport international de Keflavik et le Blue Lagoon qui est une structure touristique à forte fréquentation. La situation doit être contrôlée sérieusement, en particulier l’évolution de l’inflation observée depuis le 21 janvier 2020 sur le Mt. Thorbjorn.

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Lors d’une réunion qui s’est tenue à Grindavík le 27 janvier, des scientifiques de l’Icelandic Met Office et de l’Institut des sciences de la Terre de l’Université d’Islande ont décrit la situation, en compagnie de représentants de la protection civile et de la police.
Les scientifiques ont expliqué qu’il n’y a pas eu d’éruption volcanique à Reykjanes depuis le 13ème siècle. Ces éruptions ont créé un champ de lave d’environ 20 kilomètres carrés. Aujourd’hui, cela causerait beaucoup de dégâts matériels, mais pas de pertes humaines car il est facile d’échapper à une coulée de lave.
Les scientifiques ont déclaré avec beaucoup de modestie qu’ils ne savaient pas si la sismicité actuelle et l’inflation détectée à l’ouest du volcan Þorbjörn étaient dues à l’accumulation de magma. Si c’est le cas, cela n’entraînerait pas nécessairement une éruption. On peut assister à une intensification de la sismicité, avec des secousses allant jusqu’à M 6,0. Une éruption fissurale avec des coulées de lave est une autre possibilité.
Source: Iceland Monitor.

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 A new seismic swarm is underway in the Reykjanes Peninsula with events of M 3.5 and M 3.2 at 4:31 a.m. and 4:59 a.m. (GMT) in the morning of January 29th, 2020. The hypocentres were located 3.1 and 3.5 km deep. The epicentres are located 1.5-2 km NE of Grindavik.
As I indicated previously, the Icelandic authorities have asked the people of the region to be ready for a possible evacuation, even if IMO does not currently see significant signs (concerning the tremor for example) of a short term eruption. Several areas are located near the place where seismicity is recorded: Keflavik International Airport and the Blue Lagoon which is a very popular tourist structure. The situation needs to be carefully monitored, especially the evolution of the inflation that has been recorded since January 21st on Mt. Thorbjorn.

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During a town meeting held in Grindavík on January 27th, scientists from the Icelandic Met Office and the University of Iceland Institute of Earth Sciences reviewed the situation, along with representatives from the Department of Civil Protection and the Police.

The scientists explained here has not been a volcanic eruption in Reykjanes since the 13th century. They created a lava field of about 20 square kilometres. Today, it would cause much property damage, but people are usually able to escape a stream of lava.

The scientists said it remains unclear whether the current seismicity and the inflation detected west of Þorbjörn mountain is due to magma accumulation, and even if that turns out to be the case, it would not necessarily lead to an eruption and it might soon cease without any event. Further seismic activity with earthquakes of up to M 6.0 is another possible scenario, and, finally, an eruption along a fissure, which would include lava flows, is a possibility.

Source : Iceland Monitor.

Source: IMO

Sismicité et inflation sur la Péninsule de Reykjanes (Islande) // Seismicity and inflation in the Reykjanes Peninsula (Iceland)

Un essaim sismique avec des événements de M 3,6 – M 3,7 a été enregistré ces derniers jours sur la péninsule de Reykjanes en Islande. Le phénomène est assez fréquent dans cette partie du pays. Il fait partie du processus d’accrétion au cours duquel la plaque tectonique nord-américaine s’éloigne de la plaque eurasienne de quelques centimètres chaque année. Cependant, en même temps que la hausse de la sismicité, l’Icelandic Met Office (IMO) enregistre une inflation du Mt. Thorbjorn depuis le 21 janvier 2020, ce qui pourrait traduire une possible accumulation de magma sous ce volcan. L’inflation est relativement rapide, d’environ 3-4 mm par jour et atteint 2 cm à ce jour. L’IMO ajoute toutefois que si l’accumulation de magma est à l’origine de l’inflation, elle est mineure, avec un volume initialement estimé à environ 1 million de mètres cubes (0,001 km3).
La couleur de l’alerte aérienne a été portée au Jaune pour la péninsule de Reykjanes.
L’essaim sismique est actuellement en déclin et il ne semble pas y avoir de risque d’éruption à court terme.

L’IMO indique que la dernière éruption connue a eu lieu entre 1210 et 1240 après JC. Au cours de cette période, plusieurs événements éruptifs se sont produits au sein du système Svartsengi. Les éruptions étaient effusives, le long de fissures de 1 à 10 km de long. Aucune éruption explosive n’a été recensée sur ce système. Les séismes les plus significatifs dans la région ont une magnitude maximale de M5,5.
Source: IMO.

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 A seismic swarm with events M 3.6 – M 3.7 has been recorded during the past few days on the Reykjanes Peninsula in Iceland. The phenomenon is quite frequent in that part of the country. It is part of the accretion process during which the North American tectonic plate moves away from the Eurasian plate by a few centimetres each year. However, together with the increase in seismicity, an inflation of Mt. Thorbjorn has been recorded since January 21st, 2020, which might reveal a possible magma accumulation beneath this volcano. The inflation is unusually rapid, around 3-4 mm per day and has accumulated to 2 cm to date. The Icelandic Met Office (IMO) also explains that if magma accumulation is causing the inflation, it is a minor one, with the first volume estimate at around 1 million cubic meters (0,001 km3).

As a consequence, the aviation colour code has been raised to yellow for Reykjanes.

The earthquake swarm is currently in decline and there does not seem to be the risk of a short term eruption.

IMO indicates that the last known eruption occurred between 1210-1240 AD. Within that period, several eruptions occurred within the Svartsengi system. The eruptions were effusive, along 1-10 km long fissures. No explosive eruptions are known from this system. The largest earthquakes measured in this area are about M5.5.

Source : IMO.

Source: IMO

Sismicité dans la région de l’Askja (Islande) : Pas d’éruption en vue // Seismicity in the Askja area (Iceland) : No sign of an eruption

Un essaim sismique a été enregistré au cours des derniers jours à proximité de la caldeira de l’Askja, à une profondeur d’environ 5 kilomètres. L’essaim comprenait plus de 300 événements avec des magnitudes maximales de M 3,4 et M 3,2. Les géologues locaux indiquent que la sismicité a une origine tectonique et qu’il n’y a aucun signe de mouvement de magma dans la partie superficielle de la croûte. La dernière éruption de l’Askja a eu lieu en 1961, avec un VEI 2.

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 A seismic swarm has been recorded near the Askja caldera, at a depth of about 5 kilometres during the past few days. The swarm included more that 300 events with maximum magnitudes of M 3.4 and M 3.2. Local geologists indicate that the seismicity has a tectonic origin and there are no signs of magma movement in the shallow part of the crust. The last eruption of Askja took place in 1961, with a VEI 2.

Vue de la caldeira de l’Askja, avec l’Öskjuvatn et le Viti (Photo: C. Grandpey)