Le dernier coup d’éclat de Trump // Trump’s latest remarkable feat

Il serait grand temps que sa présidence se termine et que le peuple américain le mette hors d’état de nuire. Donald Trump n’a rien trouvé de mieux que d’autoriser des forages pétroliers et gaziers dans l’Arctic National Wildlife Refuge (ANWR), la plus grande zone naturelle  protégée de l’Alaska, où vivent des ours polaires, des caribous et d’autres espèces animales. Comme d’habitude avec le bonhomme, c’est le fric qui guide la décision. Ces forages pourraient, selon le président, générer des dizaines de milliards de dollars et des milliers de nouveaux emplois. Forcément, à la veille d’une élection présidentielle, ça fait bonne impression, même si cet homme a contribué à tuer des dizaines de milliers d’Américains par son incompétence à gérer la crise sanitaire aux Etats Unis.

La vente des concessions pétrolières dans le Refuge national de la faune arctique pourrait commencer dès la fin de l’année 2020. Le programme de forage concerne une zone côtière d’environ 70 000 kilomètres carrés, soit la taille de l’Irlande, le long de l’Océan Arctique. C’est un endroit où vivent des ours polaires, des ours, des loups, des rennes e des renards arctiques, sans oublier la population Gwich’in qui chasse ces animaux pour obtenir de la nourriture et pour qui la zone concernée est sacrée.  .

Cette décision de l’administration fédérale ponctue trente années d’efforts de la part des compagnies pétrolières et de dirigeants de l’Alaska pour exploiter les ressources de ce refuge national qui est une zone protégée que le Président Obama avait tenu à préserver.

De nombreuses associations environnementales dénoncent depuis les années 1980 ces projets de forage dans cette zone protégée. Il y a tout de même de fortes chances pour que ces derniers soient fortement retardés car des associations environnementales comme Alaska Wilderness League vont engager des actions devant les tribunaux.

Le Congrès a donné en 2017 au ministère américain de l’Intérieur jusqu’à décembre 2021 pour vendre les concessions pétrolières, mais avec les prix de l’or noir au plus bas depuis quinze ans et les polémiques environnementales, il n’est pas certain que ces concessions attirent les grandes compagnies pétrolières. Plusieurs grandes banques américaines ont par ailleurs refusé de financer les forages pétroliers dans cette zone protégée de l’Alaska. Et puis, si Trump n’est pas réélu, il est probable que son adversaire démocrate mettra le holà à un tel saccage.

Source : Presse internationale.

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It is high time that his presidency ended and that the American people put him out of harm’s way. Donald Trump has found nothing better than to allow oil and gas drilling in the Arctic National Wildlife Refuge (ANWR), Alaska’s largest protected natural area, home to polar bears and caribou. As usual with the guy, it’s the money that guides the decision. These drilling could, according to the president, generate tens of billions of dollars and thousands of new jobs. Obviously, on the eve of a presidential election, it makes a good impression, even if this man helped to kill tens of thousands of Americans by his incompetence to manage the health crisis in the United States.
The sale of the oil concessions in the Arctic National Wildlife Refuge could begin as early as the end of 2020. The drilling program covers a coastal area of ​​approximately 70,000 square kilometres, the size of Ireland, along the Arctic Ocean. It is a place where polar bears, bears, wolves, caribou and arctic foxes live, not to mention the Gwich’in people who hunt these animals for food and for whom the area is sacred. .
The federal administration’s move marks thirty years of efforts by oil companies and Alaskan leaders to exploit the resources of this national refuge, which is a protected area President Obama had been keen to preserve.
Since the 1980s, many environmental associations have denounced these drilling projects in this protected area. There is still a good chance that they will be greatly delayed because environmental associations like the Alaska Wilderness League will take action in court.
Congress gave the US Department of the Interior in 2017 until December 2021 to sell the oil concessions, but with oil prices at their lowest in fifteen years and environmental controversies, it is uncertain that these lots attract the big oil companies. Several major US banks have also refused to finance oil drilling in this Alaskan refuge. And then, if Trump is not re-elected, it is likely that his Democratic opponent will put an end to such rampage.
Source: International press.

Carte du Refuge National, avec les limites en jaune

Méthane (1) : des fuites au Canada // Methane (1) : leaks in Canada

Quand on parle de changement climatique et de réchauffement climatique, le dioxyde de carbone (CO2) est souvent accusé d’être le principal coupable. Cependant, on ne doit pas oublier le méthane (CH4) qui est au moins aussi dangereux. Le méthane est le principal composant du gaz naturel. Si le méthane s’échappe dans l’air avant d’être utilisé – à partir d’une fuite de tuyau, par exemple – il absorbe la chaleur du soleil et réchauffe l’atmosphère. Pour cette raison, il est considéré comme un gaz à effet de serre, au même titre que le dioxyde de carbone. Bien que le méthane ne reste pas aussi longtemps dans l’atmosphère que le dioxyde de carbone, il a un rôle beaucoup plus dévastateur pour le climat en raison de son potentiel d’absorption de la chaleur. Au cours des deux premières décennies qui suivent sa libération, le méthane est 84 fois plus puissant que le dioxyde de carbone.
Le nord-est de la Colombie-Britannique est un important centre de production de pétrole et de gaz naturel depuis les années 1960. Plus récemment, le secteur du gaz de schiste a également ciblé la région. L’un des problèmes auxquels l’industrie pétrolière et gazière doit faire face aujourd’hui est la fuite de gaz, essentiellement de méthane, au niveau des puits de forage. De telles fuites de méthane sont devenues un problème car, comme je l’ai écrit précédemment, ce gaz à effet de serre est beaucoup plus puissant que le dioxyde de carbone.
Une étude a révélé que près de 11% de l’ensemble des puits de pétrole et de gaz du nord-est de la Colombie-Britannique présentent des fuites et laissent échapper, de ce fait, 14 000 mètres cubes de méthane par jour. C’est plus du double des 4,6% observés en Alberta. L’étude concernant le nord-est de la Colombie-Britannique fait également état de réglementations peu strictes qui ont forcément un impact sur l’environnement.
Le gaz de schiste, principalement le méthane, est exploité grâce à la double technique du forage horizontal et de la fracturation hydraulique. La fracturation hydraulique du gaz de schiste s’est répandue au fur et à mesure que les réserves de gaz ont diminué après des décennies d’exploitation. On estime que les réserves de gaz de schiste du nord-est de la Colombie-Britannique contiennent 10 000 milliards de mètres cubes de méthane, ce qui serait suffisant pour approvisionner la consommation mondiale pendant près de trois ans.
L’extraction moderne du pétrole et du gaz s’effectue selon le principe du puits de forage qui traverse généralement plusieurs couches géologiques contenant des saumures et des hydrocarbures. La fracturation implique l’injection profonde à haute pression de grands volumes d’eau, de sable et de produits chimiques dans le puits de forage. Le but est de fracturer la roche et libérer le gaz naturel, le pétrole et les saumures. Les tuyaux et les produits d’étanchéité (généralement du ciment) placés dans le puits de forage le protègent contre l’effondrement et empêchent les fluides de se déplacer entre les couches géologiques.
Le problème, c’est que ces structures ne sont pas d’une sécurité à toute épreuve. Des lacunes dans la conception ou la construction du puits de forage, ou l’usure du tuyau ou du scellant au fil du temps, peuvent mettre en contact des couches qui resteraient naturellement géologiquement isolées.
Des fuites de puits de forage peuvent se produire lorsque les puits sont encore actifs et productifs, mais aussi quand ils ont été définitivement abandonnés après épuisement de leur production. La possibilité de fuite de ces puits soulève des problèmes environnementaux, d’autant plus qu’ils sont rarement ou jamais répértoriés. Outre la libération de gaz à effet de serre qui contribuent au réchauffement climatique et au changement climatique, ces puits non étanches sont susceptibles de contaminer les eaux souterraines et les eaux de surface avec des hydrocarbures, des produits chimiques contenus dans les fluides de fracturation hydraulique et les saumures.
Les fuites de puits de forage ont plusieurs conséquences majeures sur la santé publique et l’environnement:
– Au total, ces fuites en Colombie Britannique libèrent des gaz à effet de serre équivalant à 75 000 tonnes de dioxyde de carbone par an. Cela équivaut à peu près aux émissions de 17 000 véhicules de tourisme.
– Les gaz qui s’échappent des puits de forage peuvent contenir aussi du sulfure d’hydrogène (H2S) qui est toxique et mortel à des concentrations élevées.
– Aucun programme de surveillance n’est en place pour l’inspection des puits déjà abandonnés. Ils peuvent fuir pendant longtemps avant que la fuite ne soit détectée et réparée.
L’exploitation du gaz de schiste peut avoir des impacts environnementaux bien après l’abandon d’un puits. L’étude conclut en demandant aux provinces canadiennes concernées de mettre absolument en œuvre des directives exigeant la surveillance des puits après leur abandon, la communication des résultats et l’application de mesures correctives pour arrêter les fuites des puits abandonnés.
Source: The National Interest, The Conversation…

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When speaking about climate change and global warming, carbon dioxide (CO2) is often mentioned as the main culprit. However, one should not forget methane (CH4) which is at least as dangerous. Methane is the primary component of natural gas. If methane leaks into the air before being used – from a leaky pipe, for instance – it absorbs the sun’s heat, warming the atmosphere. For this reason, it’s considered a greenhouse gas, like carbon dioxide. While methane doesn’t linger as long in the atmosphere as carbon dioxide, it is initially far more devastating to the climate because of how effectively it absorbs heat. In the first two decades after its release, methane is 84 times more potent than carbon dioxide.

Northeastern British Columbia has been a major centre of conventional oil and gas production since the 1960s. More recently, the shale gas sector has also targeted the region. One of the issues the oil and gas industry has to face today is the leakage of gases from wellbores. Methane leakage from wellbores has become an important issue because, as I put it before, this greenhouse gas is far more potent than carbon dioxide.

A study has found that almost 11 per cent of all oil and gas wells in northeastern British Columbia (B.C.) had a reported leak, together releasing 14,000 cubic metres of methane per day. This is more than double the leakage rate of 4.6 per cent in Alberta. The research in northeastern B.C. also found weak regulations that will represent risks for the environment.

Shale gas, principally methane, is exploited through the combined techniques of horizontal drilling and hydraulic fracking. Shale gas fracking has increased as conventional gas reserves have declined after decades of exploitation. Northeastern B.C.’s shale gas reserves are estimated to hold 10,000 billion cubic metres of methane, enough to supply worldwide consumption for almost three years.

All modern oil and gas wells are constructed in a wellbore, which typically traverses many geologic layers containing brines and hydrocarbons. Fracking involves the deep underground high-pressure injection of large volumes of water, sand and chemicals into the wellbore, to fracture the rock and release the natural gas, petroleum and brines. Pipes and sealants (usually cement) placed in the wellbore protect it against collapse and squeezing, and prevent fluids from moving between geologic layers.

But these structures are not always fail-safe. Deficiencies in the design or construction of the wellbore, or weakening of the pipe or sealant over time, can connect layers that would naturally remain geologically isolated.

Wellbore leakage can occur along actively producing wells or wells that have been permanently abandoned after their productive life is over. The possibility of leakage from these wells has raised environmental concerns, especially since leaky wells are likely under-reported. In addition to the release of greenhouse gases, which contribute to global warming and climate change, these leaking wells could contaminate groundwater and surface water with hydrocarbons, chemicals contained in fracking fluids and brines.

There are several main consequences to public health and the environment from wellbore leakage:

– Altogether, the B.C. leaking wellbores are releasing greenhouse gases equivalent to 75,000 tonnes of carbon dioxide annually. This is roughly equivalent to the emissions from 17,000 passenger vehicles.

– There is also the possibility that the venting gases will contain hydrogen sulphide (H2S) which is poisonous and deadly at high concentrations.

– There is no monitoring program in place for the inspection of wells that have already been abandoned. These abandoned wells could leak for a long time before the leakage is detected and repaired.

Shale gas exploitation can have environmental impacts long after a well has been abandoned. Provinces should implement regulations that require monitoring wells after abandonment, reporting the results and applying corrective measures to stop leaks from abandoned wells.

Source : The National Interest, The Conversation.

Puits de gaz et de pétrole en Colombie Britannique (Source: The Conversation)

Une éruption du Taal pourrait affecter la production d’énergie // A Taal eruption might affect energy production

Les autorités philippines craignent qu’une violente éruption du Taal perturbe le fonctionnement des centrales électriques ainsi que des installations pétrolières et gazières dans la province de Batangas. Outre la vulnérabilité des turbines des centrales électriques aux importantes retombées de cendre, la sensibilité des installations énergétiques à la sismicité intense suscite également des inquiétudes.
Si nécessaire, le Ministère de l’Énergie devra immédiatement proposer des plans d’urgence. La province de Batangas abrite sept centrales électriques d’une capacité installée de 4 305 mégawatts, soit un tiers de la capacité de production d’énergie de l’île de Luzon.
Pour le moment, le complexe énergétique fonctionne normalement et sans interruption, mais les retombées de cendre et l’accumulation de cette dernière peuvent endommager les turbines à gaz des centrales, ce qui pourrait affecter leur capacité à fournir de l’énergie.
Pilipinas Shell Petroleum Corp., qui exploite une raffinerie de pétrole de 110 000 barils par jour dans la ville de Batangas, indique que ses installations fonctionnent «normalement», mais que la compagnie reste »vigilante ».
Phoenix Petroleum Philippines Inc. exploite également un terminal pétrochimique à Calaca. Le PHIVOLCS a indiqué qu’une série de séismes volcaniques a frappé Calaca qui se trouve juste à l’extérieur de la zone de danger de 14 kilomètres autour du Taal.

Source : Manila Bulletin.

Vous verrez ci-dessous trois cartes montrant (point bleu) l’emplacement du volcan Taal aux Philippines. Vous pouvez zoomer pour observer les régions susceptibles d’être affectées par une éruption La carte originale est à cette adresse:
https://en.wikipedia.org/wiki/Taal_Volcano#/map/0

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Dernières nouvelles: Au cours des dernières heures, l’activité du volcan Taal s’est manifestée par l’émission de panaches de vapeur au niveau du cratère principal (Main Crater). Cependant, plusieurs paramètres montrent que le magma est toujours en mouvement sous le volcan. Tout d’abord, la sismicité reste très intense. Le PHIVOLCS indique que depuis le 12 janvier 2020 à 13 heures, 701 séismes d’origine volcanique ont été enregistrés. Au cours des dernières 24 heures, le réseau sismique autour du Taal a enregistré 673 séismes volcaniques, dont 12 événements basse fréquence.

Une autre preuve que le magma s’agite sous le volcan en provoquant une inflation de l’édifice réside dans les fissures mentionnées précédemment qui se sont élargies de quelques centimètres. De nouvelles fissures sont également apparues.
La prévision volcanique ne peut pas aller plus loin. Personne ne sait si et quand une éruption majeure aura lieu et, si elle a lieu, personne ne peut dire quelle sera son envergure.
En attendant, le niveau d’alerte 4 reste en vigueur sur le Taal.
Source: PHIVOLCS.

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Philippine authorities fear that a powerful eruption of Taal Volcano might disrupt the operations of vital power plants as well as oil and gas installations in Batangas. Apart from the vulnerability of power plant turbines to severe ashfall, there are also concerns about the sensitivity of fuel facilities in the province to the intense seismicity.

If needed, the Department of Energy should immediately come up with contingency plans. Batangas houses seven power plants with an aggregate installed capacity of 4,305 megawatts, or one-third of Luzon’s power generating capacity.

For the time being, the operations of the energy complex remain uninterrupted,  but the accumulating ashfall has the potential to cause damage to the plants’ gas turbines, which in turn could affect their ability to deliver power.

Pilipinas Shell Petroleum Corp., which operates a 110,000-barrel per day oil refinery in Batangas City, had described as “normal” its business operations, while it “remains alert.”

Phoenix Petroleum Philippines Inc. also runs a petrochemicals terminal in Calaca. PHIVOLCS said a series of volcanic quakes struck Calaca, which lies just outside the designated 14-kilometer danger zone around Taal.

Source: Manila Bulletin.

You will see below three maps showing (blue dot) the location of Taal Volcano in the Philippines. You can zoom in to observe the regions that may be affected by an eruption The original map is at this address:

https://en.wikipedia.org/wiki/Taal_Volcano#/map/0

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Latest news: During the past hours, activity at Taal volcano was still characterized by weak emission of steam-laden plumes from the Main Crater. However, several parameters show that magma is still moving beneath the volcano. First of all, seismicity is still very intense. PHIVOLCS indicates that since January 12th, 2020, 701 volcanic earthquakes have been recorded. In the last 24 hours, the Taal Volcano Network has recorded 673 volcanic earthquakes, including 12 low-frequency earthquakes.

Another evidence that magma is moving beneath the volcano and inflating it lies with the fissures mentioned in previous posts which have been observed to widen by a few centimetres. New cracks have also appeared.

Volcanic prediction cannot go any further. Nobody knows if or when a major eruption will take place and, if it takes place, no one can say how important it will be.

Meantime, alert level 4 remains in effect over Taal Volcano.

Source: PHIVOLCS.

Source: Google Maps

Le Groenland, une caverne d’Ali Baba! // Greenland, an Ali Baba’s Cave !

Tout le monde s’est moqué du Président Trump lorsqu’il a laissé entendre que les États-Unis pourraient être intéressés par l’achat du Groenland. Comme je l’ai déjà écrit, ce n’était pas la première fois qu’un président américain émettait une telle idée. En y réfléchissant, la suggestion de Trump n’était pas aussi stupide qu’elle en a l’air. Alors que la hausse des températures fait reculer la banquise, l’Arctique est en train d’acquérir une nouvelle importance géopolitique et économique et les États-Unis ne sont pas les seuls à vouloir se partager le gâteau. La Russie, la Chine et d’autres pays s’intéressent aux ressources potentielles de la région
Le Groenland est parfois décrit comme une Caverne d’Ali Baba, avec une profusion de pétrole, de gaz naturel et de minéraux rares qui ne demande qu’à être exploitée au fur et à mesure que la glace disparaît. Au moment où la fonte de la glace ouvre des voies de navigation et révèle des richesses incroyables, la région est considérée comme un nouvel atout géopolitique et économique. Un Groenland indépendant pourrait, par exemple, offrir des bases à la Russie et / ou à la Chine. Si l’île devenait un territoire semi-autonome du Danemark, cela aurait des conséquences géostratégiques majeures, en particulier si le passage du Nord-Ouest devenait une voie de transit pour la navigation, comme c’est le cas dans l’Arctique russe.
En avril, le président russe Vladimir Poutine a présenté un ambitieux programme visant à réaffirmer la présence de son pays dans l’Arctique ; il prévoit notamment la construction de ports et d’autres infrastructures et le développement de la flotte de brise-glace. La Russie veut s’implanter dans la région qui détient jusqu’à un quart du pétrole et du gaz naturel non encore exploités sur la planète.
La Chine est intéressée par le Groenland pour ses ressources en minéraux rares et parce que l’île pourrait être une base portuaire permettant des expéditions à travers l’Arctique vers l’est des Etats Unis. L’an dernier, la Chine a déjà encouragé le développement d’une « Route de la soie polaire » dans le cadre de l’Initiative de Beijing pour la construction de voies ferrées, de ports et autres infrastructures dans des dizaines de pays.
Alors que le réchauffement climatique fait reculer la glace et le froid vers le nord un peu plus chaque année, les scientifiques soulignent que la course vers l’Arctique sera un marathon long et difficile, et surtout pas une course de vitesse. La fonte de la calotte glaciaire du Groenland va générer de nombreux obstacles à l’exploitation des ressources pétrolières et gazières en mer, car les plates-formes de forage et les navires seront en permanence sous la menace des icebergs.
En revanche, si l’exploitation minière au Groenland coûtait cher jusqu’à présent à cause de l’environnement, les coûts de développement ont diminué avec la fonte de la glace, ce qui rend l’île beaucoup plus attrayante pour les acheteurs potentiels,
Source: Médias américains.

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Everybody laughed at President Trump when he suggested the United States might be interested in buying Greenland. As I put it before, this was not the first time a US president had emitted such an idea. Thinking about it, Trump’s suggestion was not as stupid as it seems. As warmer temperatures cause the ice to retreat, the Arctic region is taking on new geopolitical and economic importance, and not just the United States hopes to stake a claim; Russia, China and other nations are eyeing the Arctic’s potential resources.

Greenland is sometimes described as an Aladdin’s Cave of oil, natural gas and rare earth minerals just waiting to be tapped as the ice recedes. As melting ice opens shipping lanes and reveals incredible riches, the region is seen as a new geopolitical and economic asset. An independent Greenland could, for example, offer basing rights to either Russia or China or both. Should the island become a semi-autonomous territory of Denmark, it would have major geostrategic implications, especially if the Northwest Passage becomes a transit route for shipping, which is what is happening in the Russian Arctic.

In April, Russian President Vladimir Putin put forward an ambitious program to reaffirm his country’s presence in the Arctic, including efforts to build ports and other infrastructure and expand its icebreaker fleet. Russia wants to stake its claim in the region that is believed to hold up to one-fourth of the Earth’s undiscovered oil and gas.

China sees Greenland as a possible source of rare earths and other minerals and a port for shipping through the Arctic to the eastern U.S. It called last year for joint development of a « Polar Silk Road » as part of Beijing’s Belt and Road Initiative to build railways, ports and other facilities in dozens of countries.

But while global warming pushes the cold and ice farther north each year, experts caution that the race to the Arctic is an incredibly challenging marathon, not a sprint. The melting of the Greenland ice sheet creates uncertainty and danger for offshore oil and gas developers, threatening rigs and ships with all the icebergs they have to navigate around.

On the other hand, while mining in Greenland has been expensive due to the environment, development costs have fallen as the ice has melted, making it more attractive to potential buyers,

Source: US news media.

Les ressources énergétiques et minières du Groenland en 2014 (Source : La documentation française)

A l’assaut de l’Arctique ! // Storming the Arctic !

Au cours de ma conférence « Glaciers en péril », j’explique que la fonte de la glace dans l’Arctique est une aubaine pour les pays riverains qui n’hésiteront pas à aller y puise des ressources minérales et pétrolières jusqu’à présent inaccessibles. J’explique aussi que la fonte de la glace arctique va ouvrir les passages du nord-est et du nord-ouest. Des pays comme les Etats Unis, la Russie, la Chine ou le Japon vont se précipiter vers ces nouvelles voies de navigation, avec toute la pollution que ce trafic maritime va forcément générer.

Mes propos viennent d’être confirmés par la conférence « Arctic Frontiers » qui se tient cette semaine en Norvège. On y apprend que les géants du pétrole et du gaz ont bien l’intention de profiter de la fonte de la glace arctique qui libère l’accès à d’immenses ressources énergétiques: 13% des réserves mondiales de pétrole et 30% de celles de gaz se trouvent au-delà du cercle polaire.

Les représentants du norvégien Statoil, notamment, ont été très clairs lors de cette conférence. Ils prennent bien note du message de la COP 21, mais expliquent qu’il n’est pas question pour autant d’arrêter leurs activités en mer de Barents ou autour de l’Océan Arctique. Les réserves de pétrole diminuent partout dans le monde, c’est donc en Arctique selon eux qu’il faut aller chercher les derniers gisements.

Les écologistes dénoncent ce raisonnement car ces nouvelles explorations vont renforcer encore davantage le réchauffement global de la planète. Les ONG environnementales craignent aussi une marée noire dans la région. Elle serait désastreuse pour un écosystème déjà très fragilisée par le changement climatique.

A votre avis, qui du climat et des intérêts économiques va gagner la partie?

Source : France Info.

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During my conference « Glaciers at Risk », I explain that the melting of the ice in the Arctic is a boon for the neighbouring countries that will not hesitate to go and exploit mineral and oil resources that have been inaccessible until now . I also explain that the melting of Arctic ice will open the northeastern and northwestern passages. Countries such as the United States, Russia, China or Japan will rush to these new shipping routes, with all the pollution that maritime traffic will inevitably generate.
My words have just been confirmed by the conference « Arctic Frontiers » being held this week in Norway. We learn learned that the oil and gas giants are intent on taking advantage of the melting of Arctic ice, which frees access to immense energy resources: 13% of world oil reserves and 30% of gas are beyond the Arctic Circle.
Statoil’s representatives from Norway were very clear at the conference. They take note of the message of COP 21, but explain that there is no question of stopping their activities in the Barents Sea or around the Arctic Ocean. Oil reserves are decreasing all over the world, so it is in the Arctic that we should exploit the last deposits.
Environmentalists denounce this reasoning because these new explorations will further strengthen global warming. Environmental NGOs also fear an oil spill in the region. It would be disastrous for an ecosystem already weakened by climate change.

In your opinion, who will win the game? Climate and economic interests?
Source: France Info.

La fonte de la glace arctique va ouvrir de nouvelles voies maritimes (Source: Wikipedia)

Les COP, 21, 22, 23, 24, etc. : une vaste fumisterie !

La COP 24 vient de se tenir à Katowice (Pologne) dans la plus grande discrétion. Elle a été largement éclipsée par les événements (gilets jaunes, attentat à Strasbourg) en France. Tout compte fait, elle ne méritait peut-être pas qu’on s’attarde sur l’événement. Comme pour les Conferences of the Parties précédentes, la COP 24 s’est terminée avec quelques déclarations de principe, histoire de se donner bonne conscience, mais il n’y a pas eu de décisions significatives susceptibles de modifier l’orientation environnementale des gouvernements. Pour la première fois depuis la COP21, la France a assuré le service minimum : le Président français n’est pas venu et le Premier Ministre a annulé sa venue à cause des mouvements des gilets jaunes. Après le 12 décembre, il n’y a plus eu de ministre français en Pologne, même pas celui de l’écologie. C’est tout dire!

La COP 24 se tenait au cœur du bassin houiller de Silésie dont le charbon alimente les centrales électriques du pays. Un comble pour une COP dont le but est de faire chuter les émissions de CO2 dans l’atmosphère ! Ce bassin houiller fait vivre des dizaines de milliers de personnes. Si on arrêtait la production de charbon elles se retrouveraient au chômage. Il n’est donc guère surprenant que la Pologne ait fait partie des états qui ont bloqué les négociations.

Les organisateurs de cette COP ont fait preuve d’une belle hypocrisie et, avec de tels choix, ce n’est pas demain que la température globale de la planète se stabilisera à une hausse de 2°C. On sait d’ores et déjà qu’elle avoisinera au minimum 3 degrés, mais probablement plus, à la fin du 21ème siècle. Autre preuve de l’hypocrisie de nos dirigeants : Quelques jours après la COP 21 de Paris qui était censée faire changer les mentalités, le président de l’Inde a annoncé que son pays allait augmenter sa production de charbon. Cherchez l’erreur !

Donald Trump s’est retiré de l’accord de Paris pour permettre aux mines de charbon américaines de produire davantage et donner ainsi du travail à la population des régions concernées. On peut se demander si le président américain n’a pas dit tout haut ce que d’autres souhaitent tout bas. Des pays comme les Etats-Unis ou la Russie ont tout intérêt à voir les températures grimper car cela fait fondre la glace des régions polaires. En disparaissant au nord des Etats-Unis et de la Russie, la glace de mer ouvre les célèbres passages du nord-est et du nord-ouest, ce qui permettra aux navires de ces deux pays, mais aussi à ceux en provenance du Japon et de Chine, d’économiser un temps considérable. On connaît les risques de pollution qu’engendrera cette nouvelle voie maritime, mais cela passe après les intérêts économiques.

En fondant, cette même glace découvrira des gisements de gaz et de pétrole intéressants dans l’Arctique et les protections environnementales ne pèseront pas lourd. De plus, la disparition de la calotte polaire permettra l’accès à des gisements de minéraux jusqu’alors inexploitables. Pourquoi croyez-vous que les Chinois investissent en Islande ? Sûrement pas pour la beauté des paysages. Le pays servira de base idéale pour aller prospecter plus au nord.

Et la France dans tout ça ? Quoi qu’on puisse en dire, notre pays ne fait pas partie des très gros pollueurs. Dans les années à venir le principal souci résidera dans la gestion des déchets radioactifs en provenance des centrales nucléaires qui fermeront leurs portes. On accuse souvent les véhicules routiers de trop polluer, mais les contrôles techniques en France sont beaucoup plus rigoureux qu’aux Etats-Unis où ils varient d’un Etat à un autre.

Un nouveau mode de déplacement est en train de naître avec les véhicules électriques qui ne sont pas aussi propres qu’on veut bien le dire. Les batteries incorporent du lithium dont l’extraction pose de graves problèmes environnementaux, en particulier en Amérique du sud. Et puis, pour recharger les batteries, il faut de l’électricité dont la production est loin d’être parfaitement propre.

La réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le monde n’est pas l’affaire d’un seul pays. L’approche doit être globale et ce devrait être le rôle des COP (au demeurant fort coûteuses) d’assurer cette globalité, mais nous sommes très loin de comportements responsables.

Au train où vont les choses, le mercure va continuer à grimper dans le thermomètre ; la banquise et les glaciers vont continuer à fondre, avec des dommages collatéraux comme la hausse du niveau des océans et des problèmes d’alimentation en eau dans certains pays, ce qui ne manquera pas de causer des conflits. Une guerre de l’eau se déclenchera inévitablement, avec son lot de violence et de migrations de populations. S’il y a la guerre, il faudra des armes, mais les Etats-Unis, la Russie, la Chine et la France seront là pour les fournir….

Les COP passent, la banquise et les glaciers fondent… Tout va bien! (Photo: C. Grandpey)

L’Alaska face au changement climatique // Alaska in the face of climate change

À la suite du refus du Président Trump d’admettre le changement climatique, de nombreux États conservateurs n’ont pas voulu mettre en place des politiques climatiques agressives. Dans le même temps, l’Alaska constate les effets spectaculaires du réchauffement climatique et il est difficile pour les hommes politiques locaux d’éluder cette question. Le pergélisol qui sert de support solide à de nombreuses routes, bâtiments et à l’oléoduc trans-alaskien commence à fondre en déstabilisant ces infrastructures. Au moins 31 villes côtières devront peut-être déménager, avec un coût de centaines de millions de dollars, car la glace de mer disparaît à vue d’œil et ne sert plus d’obstacle aux puissantes vagues qui érodent les côtes de l’Alaska.
L’Alaska est en train de finaliser sa stratégie climatique. En octobre 2017, le Gouverneur a créé un groupe de travail pour proposer des politiques spécifiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre et aider l’Etat à s’adapter aux impacts du réchauffement climatique. Les recommandations sont attendues pour septembre 2018.
Face au changement climatique, l’Alaska est confronté à ses propres contradictions. Environ 85% du budget de l’État est financé par les revenus du pétrole qui est principalement exporté vers le reste des États-Unis, et les hommes politiques locaux ont toujours refusé de réduire la production de combustibles fossiles.
Cependant, les autorités alaskiennes ont déclaré que l’État ne doit pas utiliser son rôle de producteur d’énergie pour justifier une inaction face au défi complexe du changement climatique. À cette fin, le groupe de travail a publié en avril 2018 une proposition visant à ce que l’Alaska produise 50% de son électricité à partir de sources renouvelables comme l’énergie solaire, éolienne, hydroélectrique et géothermique d’ici 2025, contre 33% en 2016. Le projet propose également de réduire les émissions de gaz à effet de serre à l’échelle de l’État d’un tiers d’ici 2025, par rapport au niveau de 2005..

L’Alaska a déjà réduit ses émissions de 25% depuis 2005 mais le principal impact sur le climat est provoqué par le pétrole qui est exporté vers le reste du pays où il est brûlé par les voitures et les camions. Le groupe de travail sollicitera l’avis du public sur les propositions avant de présenter les recommandations finales au Gouverneur.
Toute proposition de taxe sur le carbone au sein de l’Alaska devra probablement faire face à la résistance de l’industrie pétrolière et gazière. Cependant, il existe un consensus plus large au sein de la population sur le fait que l’Etat doit prendre des mesures immédiates pour faire face aux conséquences de la hausse des températures qui est plus importante que sur le reste de la planète. Les feux de forêt prennent de l’ampleur au cours de l’été, menaçant les maisons et les routes. Les communautés autochtones qui vivent de la chasse au morse voient leurs captures diminuer à mesure que la glace de mer disparaît. En mai, le village rural de Newtok a reçu une subvention fédérale de 22 millions de dollars pour aider à reloger les habitants menacés par l’érosion et les inondations.
Les propositions des autorités alaskiennes en matière de changement climatique supposent davantage de recherches scientifiques sur des menaces telles que l’acidification des océans qui pourraient menacer la pêche dans cet Etat, ainsi que de nouvelles stratégies pour assurer la sécurité alimentaire dans les communautés autochtones. En prenant la tête de tels efforts, l’Alaska pourrait potentiellement exporter vers le reste du monde son savoir-faire en matière d’adaptation climatique.
Source: Le New York Times.

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In the wake of President Trump’s refusal to admit climate change, many conservative-leaning states have resisted aggressive climate policies. In the meantime, Alaska is already seeing the dramatic effects of global warming firsthand, making the issue difficult for local politicians to avoid. The solid permafrost that sits beneath many roads, buildings and pipelines is starting to thaw, destabilizing the infrastructure above. At least 31 coastal towns may need to relocate, at a cost of hundreds of millions of dollars, as protective sea ice vanishes and fierce waves erode Alaska’s shores.

Alaska is finalizing its climate strategy. In October 2017, the Governor of the State created a task force to propose specific policies to reduce emissions and help the State adapt to the impacts of global warming. The recommendations are due by September 2018.

In addressing climate change, Alaska will have to grapple with its own deep contradictions. Roughly 85 percent of the state’s budget is funded by revenues from the production of oil, which is primarily exported to the rest of the United States, and local politicians have largely been unwilling to curtail the supply of fossil fuels.

However, Alaskan politicians declared that the State should not use its role as an energy producer to justify inaction or complacency in its response to the complex challenge of climate change. To that end, the State’s climate task force released a draft in April 2018 that included a proposal for Alaska to get 50 percent of its electricity from renewable sources like solar, wind, hydropower, and geothermal by 2025, up from 33 percent in 2016. The draft also proposed cutting statewide greenhouse gas emissions one-third below 2005 levels by 2025.

Alaska has already cut its emissions by 25 percent since 2005, driven by a drop in emissions from both aviation and industry. The State’s main climate impact, however, is through the oil that it exports to the rest of the country, where it is burned in cars and trucks. The task force will solicit public comment on the proposals before delivering final recommendations to the Governor.

Any carbon tax proposal within the state could face resistance from Alaska’s oil and gas industry. However, there is broader consensus among the population that the State will need to take more immediate action to prepare for the impacts of higher temperatures. The Arctic is already warming faster than the rest of the planet. Wildfires are growing larger during the Alaskan summer, menacing homes and roads. Native communities that rely on walrus hunting are seeing catches decline as sea ice disappears. And, in May, the rural village of Newtok received a $22 million federal grant to help relocate residents threatened by erosion and flooding.

The state’s draft proposal urges more scientific research on threats like ocean acidification, which could threaten state fisheries, as well as new strategies to ensure food security in indigenous communities. By taking the lead on such efforts, the draft notes, Alaska could potentially export its adaptation know-how to the rest of the world.

Source: The New York Times.

Effets désastreux de la fonte du permafrost sur les routes en Alaska

(Photo: C. Grandpey)