Groenland, entre tourisme et réchauffement climatique // Greenland, between tourism and global warming

Depuis quelques années, le Groenland est devenu une destination touristique très recherchée, avec tous les inconvénients que le tourisme de masse traîne dans son sillage. Aujourd’hui, les médias parlent de plus en plus souvent du Groenland à propos du réchauffement climatique. C’est dans l’Arctique que le phénomène est le plus sensible. La région se réchauffe près de quatre fois plus vite que le reste du monde. A terme, la fonte de la calotte glaciaire du Groenland pourrait faire s’élever de plusieurs mètres le niveau des océans.

De plus en plus de visiteurs affluent vers Ilulissat sur la côte occidentale du Groenland. Avec 4700 habitants, c’est la troisième ville du territoire autonome danois. Symbole du réchauffement climatique, elle est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2004.

Les touristes viennent découvrir un paysage d’une beauté majestueuse, avec une vue époustouflante sur les icebergs. Échappés du fjord voisin, des blocs de glaces à la taille spectaculaire dérivent sans cesse sur l’océan où l’on peut aussi apercevoir des baleines.

Ces scènes de carte postale ont attiré quelque 50.000 personnes en 2021, soit dix fois plus de visiteurs que Ilulissat ne compte d’habitants. Plus de la moitié des visiteurs n’y font qu’une courte escale pendant une croisière arctique. Le maire de la localité n’a aucune envie d’assister à une déferlante du tourisme de masse comme c’est le cas en Islande. La localité n’a pas la capacité d’accueillir autant de monde. Des quotas seront probablement mis en place dans un proche avenir. Selon le maire, « pour respecter la communauté et l’environnement, il faut au maximum un bateau par jour et un millier de touristes par bateau. » Dernièrement trois paquebots sont arrivés le même jour déversant 6.000 visiteurs. C’est beaucoup trop car la ville ne peut ni les accueillir ni s’assurer qu’ils respectent les zones protégées, notamment dans le fjord.

Appelé à s’amplifier avec l’ouverture d’un aéroport international d’ici deux ans, cet afflux de touristes constitue bien sûr une manne financière bienvenue mais aussi une gageure supplémentaire. A côté de la fonte de la glace et du recul du glacier, le premier magistrat est inquiet du dégel du permafrost qui menace la stabilité de certaines infrastructures et habitations.

En attendant, le salut du Groenland passe par la mer. Le territoire cherche à s’émanciper du Danemark, quitte à devoir se priver des subsides de Copenhague qui constituent un tiers de son budget.

A Ilulissat, un habitant sur trois vit de la pêche qui représente l’essentiel des revenus propres de l’île. La population s’inquiète de voir la vitesse avec laquelle le réchauffement climatique impacte le Groenland, avec de lourdes répercussions sur les pratiques locales. Ces deux dernières décennies, l’immense calotte glaciaire a perdu 4.700 milliards de tonnes, contribuant à elle seule à une hausse des océans de 1,2 centimètre.

La disparition de la glace affecte les pêcheurs. Pour le meilleur et pour le pire. Le fjord principal était auparavant fermé par des icebergs énormes et par la banquise; les pêcheurs ne pouvaient pas y naviguer, ce qu’ils font désormais. Les bateaux peuvent maintenant sortir toute l’année, ce qui a permis d’intensifier l’activité, mais la taille des poissons s’amenuise, principalement à cause de la surpêche.

Source: médias internationaux.

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In recent years, Greenland has become a very popular tourist destination, with all the disadvantages that mass tourism brings in its wake. Today, the media refer more and more often to Greenland in connection with global warming. The phenomenon is most sensitive in the Arctic. The region is warming nearly four times faster than the rest of the world. Eventually, the melting of the Greenland ice cap could raise the level of the oceans by several meters.
More and more visitors are flocking to Ilulissat on the west coast of Greenland. With 4700 inhabitants, it is the third city of the Danish autonomous territory. Symbol of global warming, it has been listed as a UNESCO World Heritage Site since 2004.
Tourists come to discover a landscape of majestic beauty, with a breathtaking view of the icebergs. Escaped from the nearby fjord, blocks of ice of spectacular size constantly break out on the ocean where tourists can also see whales.
These postcard scenes attracted some 50,000 people in 2021, ten times more visitors than Ilulissat has inhabitants. More than half of the visitors make only a short stopover during an Arctic cruise. The mayor of the municipality does not want to witness a wave of mass tourism as in Iceland. The locality does not have the capacity to accommodate so many people. Quotas will likely be introduced in the near future. According to the mayor, « to respect the community and the environment, you need a maximum of one boat per day and a thousand tourists per boat. » Lately three liners arrived on the same day pouring 6,000 visitors. It’s too much because the city can neither accommodate them nor ensure that they respect the protected areas, especially in the fjord.
Expected to increase with the opening of an international airport within two years, this influx of tourists is of course a welcome financial windfall but also an additional challenge. Alongside the melting of the ice and the retreat of the glacier, the mayor is worried about the thawing of permafrost which threatens the stability of certain infrastructures and dwellings.
In the meantime, Greenland’s salvation lies by the sea. The territory is seeking to emancipate itself from Denmark, even if it means having to deprive itself of subsidies from Copenhagen which constitute a third of its budget.
In Ilulissat, one resident in three lives from fishing, which represents the bulk of the island’s own income. The population is concerned to see the speed with which global warming is impacting Greenland, with serious repercussions on local practices. Over the past two decades, the immense ice cap has lost 4,700 billion tons, contributing alone to a rise in the oceans of 1.2 centimeters.
The disappearance of the ice affects fishermen. For better and for worse. The main fjord was previously closed off by huge icebergs and pack ice; fishermen could not sail there, which they can now do. Boats can now go out all year round, which has increased the activity, but the size of the fish is shrinking, mainly because of overfishing.
Source: international news media.

Photos: C. Grandpey

Réchauffement climatique : la fonte du Groenland s’accélère // Global warming : Greenland is melting faster

Comme je l’ai écrit dans des notes précédentes, l’Arctique se réchauffe beaucoup plus rapidement que le reste du monde. Ainsi, il fait de plus en plus chaud au Groenland. À la mi-juillet, la température a suffisamment augmenté pour faire fondre 18 milliards de tonnes de glace sur une période de trois jours, à raison d’environ 6 milliards de tonnes par jour. Une grande partie de la fonte s’est produite dans le nord du Groenland, avec une arrivée d’air chaud de l’archipel arctique canadien. Il y a aussi la présence d’un dôme de hautes pressions au-dessus du Groenland. C’est l’ensemble de ces facteurs qui a provoqué un événement de fonte tout à fait remarquable et inhabituel.
Les scientifiques mettent en garde contre la fonte rapide de la calotte glaciaire du Groenland et affirment que ce qui s’est passé entre le 15 et le 17 juillet 2022 va de nouveau contribuer à une hausse du niveau des océans dans le monde.
Les températures varient au Groenland, mais les zones les plus froides se trouvent en haute altitude, vers le centre de la calotte glaciaire. Dès que les températures dépassent 0°C, la fonte commence. À la mi-juillet, les températures étaient d’environ 15°C, soit 5 degrés de plus que la normale pour cette période de l’année.
Un événement de fonte de ce type ne s’était jamais produit dans les années 1980 et 1990, mais à partir des années 2000 – surtout depuis 2010 – la fonte s’est accélérée. Elle est actuellement deux fois plus importante que la normale. Elle fait partie des deux plus grandes fontes de la calotte glaciaire après les événements de fonte de 2012 et 2019. En 2019, l’eau de fonte a atteint environ 527 milliards de tonnes. Jusqu’à présent, la fonte est bien inférieure aux niveaux de 2019. Malgré tout, la situation est plus importante sur les calottes glaciaires du Svalbard, au nord de la Norvège.
Source : USA Today, Yahoo Actualités.

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As I put it in previous posts, the Arctic is warming much faster that the rest of the world. It is getting hotter in GreenlandBy mid-July, temperatures rose enough to cause 18 billion tons of the ice sheet to melt over a three-day period, at a rate of about 6 billion tons per day. Much of the melting came from northern Greenland because warm air drifted over from the Canadian Arctic Archipelago.There is also a high-pressure dome over Greenland. Together, they created an unusually extensive melt event.

Scientists have warned about the impending fate of Greenland’s ice sheet and say what happened between July 15th and 17th, 2022 is the latest massive melting event contributing to an increase in the global sea level.

Temperatures vary over Greenland, but the coldest temperatures are in areas of high elevation, toward the center of the ice sheet. Once temperatures are above 0°C, the melting begins. By mid-July, temperatures were around 15°C, or 5 degrees warmer than normal for this time of year.

A melt event of this sort never occurred in the 1980s and 1990s, but starting in the 2000s – especially since 2010 – the melting has been more extensive. The melt is currently two times larger than normal. It is among two of the largest melts in the ice sheet history after the 2012 and 2019 melting events; in 2019, the runoff was about 527 billion tons. So far, the total melt is far below 2019 levels, however, the situation is more significant over the Svalbard ice caps at the North of Norway.

Source: USA Today, Yahoo News.

Photo: C. Grandpey

Réchauffement climatique : les ours polaires essayent de s’adapter // Polar bears are trying to adapt to climate change

La vie devient de plus en plus difficile pour les ours polaires dans l’Arctique à cause du réchauffement climatique et de la fonte de la banquise. Une étude publiée dans la revue Science s’attarde sur une population isolée d’ours polaires au Groenland et montre qu’elle a réussi à s’adapter à la réduction de la surface de la glace de mer dont les plantigrades dépendent pour chasser le phoque.
Cette population à part incluant plusieurs centaines d’ours et vivant dans une partie de la côte sud-est du Groenland le long du détroit du Danemark, a survécu à la perte de la glace de mer en chassant à partir des morceaux de glace d’eau douce qui se détachent de l’immense calotte glaciaire du Groenland. Ce faisant, ils parviennent à survivre dans des fjords où la glace de mer a disparu pendant plus de huit mois par an. Ils se réfugient sur les petits icebergs vêlés par les glaciers, et à partit desquels ils peuvent chasser. Les scientifiques indiquent toutefois que ce comportement est rare dans la majeure partie de l’Arctique.
Les chercheurs ont découvert que les ours du Groenland qu’ils ont observés étaient différents, d’un point de vue génétique, des 19 autres populations connues de l’espèce. Ils sont restés quasiment en permanence à l’écart des autres ours polaires pendant plusieurs siècles au moins. Aucun animal ne semble avoir quitté le groupe, bien qu’il existe des preuves d’une arrivée occasionnelle d’ailleurs.
Selon les auteurs de l’étude, ces ours « vivent à la limite de ce qu’ils croient être physiologiquement possible. Ces ours ne prospèrent pas. Ils se reproduisent plus lentement, ils sont de plus petite taille. Mais, surtout, ils survivent Il est difficile de savoir si ces différences sont dues à des adaptations génétiques ou simplement à une réponse différente des ours polaires à un climat et à un habitat très différents. »
Les ours polaires, dont la population totale est d’environ 26 000 individus sont particulièrement menacés par le changement climatique, car la hausse des températures remodèle le paysage arctique et les prive de leurs plates-formes de glace de mer pour chasser les phoques.
La population du sud-est du Groenland est géographiquement enclavée, avec des montagnes et la calotte glaciaire du Groenland d’un côté et l’océan de l’autre. Au printemps, les ours parcourent la glace de mer et les glaciers, avec des icebergs retenus par la glace de mer. En été, les ours sont confrontés à de l’eau libre avec des morceaux de glace qui flottent devant le front des glaciers. C’est à partir de ces petits icebergs qu’ils vont pouvoir chasser. Ce type d’habitat ne se trouve que dans certaines parties du Groenland et du Svalbard. Cependant, la glace d’eau douce en provenance des glaciers représente une surface infime à côté l’eau de mer gelée.
Les chercheurs ont recueilli des données génétiques, des indications de déplacements des ours et de comptage de la population, avec le suivi de certains ours par satellite ou par hélicoptère. L’étude donne un aperçu de la façon dont les ours polaires ont survécu aux périodes chaudes au cours des quelque 500 000 ans depuis leur séparation évolutive des ours bruns.
On peut lire dans la conclusion de l’étude : « Il est clair que si nous ne pouvons pas ralentir le rythme du réchauffement climatique, les ours polaires sont sur une trajectoire d’extinction. Plus nous en apprendrons sur cette espèce remarquable, mieux nous pourrons être en mesure de les aider à survivre au cours des 50 à 100 prochaines années. »
Source : Yahoo Actualités.

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Life is getting more and more difficult for polar bears in the Arctic because of global warming and the melting of the sea ice. A study published in the journal Science tells about an isolated population of polar bears in Greenland has made a clever adaptation to the decline in the sea ice they depend upon as a platform for hunting seals

This population of several hundred bears, living in a part of Greenland’s southeast coast on the Denmark Strait, has survived with only limited access to ice formed from frozen seawater by hunting instead from chunks of freshwater ice breaking off from the huge Greenland Ice Sheet. In doing so, they manage to survive in fjords that are sea-ice free more than eight months of the year. They have access to chunks of ice calved by the glaciers, on which they can hunt. The scientists indicate that this habitat is uncommon in most of the Arctic.

The researchers discovered that the Greenland bears they observed were the world’s most genetically isolated polar bears, distinct from the species’ 19 other known populations. They have been almost entirely cut off from other polar bears for at least several hundred years, with no evidence of any leaving, though there is some evidence of an occasional arrival from elsewhere.

According to the authors of the study, these bears are « living at the edge of what they believe to be physiologically possible. These bears are not thriving. They reproduce more slowly, they’re smaller in size. But, importantly, they are surviving. It’s hard to know yet whether these differences are driven by genetic adaptations or simply by a different response of polar bears to a very different climate and habitat. »

Polar bears, numbering roughly 26,000 in all, are particularly imperiled by climate change as rising temperatures reshape the Arctic landscape and deprive them of their customary sea-ice platform for hunting seals.

The southeast Greenland population is geographically hemmed in, with jagged mountain peaks and the Greenland Ice Sheet on one side and the open ocean on the other. In springtime, the bears roam sea ice and glaciers, with icebergs frozen solid into the sea ice. In summertime, there is open water with floating pieces of glacial ice at the fronts of glaciers, from which the bears hunt. This type of habitat is found only in parts of Greenland and Svalbard. However, glacial ice is a minor component of the marine ice cap in the Arctic, in comparison to ice formed from freezing seawater.

The researchers gathered genetic, movement and population data including satellite tracking of some bears and observing them from a helicopter. The study may provide a glimpse of how polar bears survived previous warm periods over the roughly 500,000 years since they split evolutionarily from brown bears.

One can read in the study’s conclusion : « It is clear that if we can’t slow the rate of global warming, polar bears are on a trajectory to become extinct. The more we can learn about this remarkable species, the better able we will be to help them to survive the next 50 to 100 years. »

Source: Yahoo News.

Photo: C. Grandpey

Nouvelles révélations sur la fonte du Groenland // New revelations about the melting of Greenland

Chaque année à l’approche de l’été, lorsque l’atmosphère arctique se réchauffe, des milliers de lacs et de cours d’eau issus de la fonte des glaces apparaissent à la surface de la calotte glaciaire du Groenland. Ces eaux ont tendance à s’écouler vers la base de la calotte à travers des fissures ou des fractures.

Dans une nouvelle étude, des chercheurs de l’Université de Cambridge (Angleterre) expliquent que les eaux issues de la fonte de surface ont tendance à tomber sur la base de la calotte glaciaire en produisant une grande quantité de chaleur. Cette dernière accélère encore un peu plus la fonte de la glace.

C’est ce phénomène que les chercheurs anglais ont étudié pour la première fois. Ils voulaient comprendre comment et pourquoi les lacs de fonte du Groenland se vident si rapidement et quel est leur effet sur le comportement global de la calotte glaciaire. L’information est d’autant plus importante dans le contexte actuel de réchauffement climatique anthropique où la calotte du Groenland est devenue le principal contributeur à l’élévation du niveau de la mer.

C’est une mesure de la vitesse  de fonte de la base de la calotte, à environ 1.000 mètres sous la surface qui a permis aux chercheurs de réaliser leur découverte. Elle a été possible grâce à une technique de radiosondage. Ils ont été surpris de constater que la vitesse de fonte était souvent aussi élevée en profondeur qu’en surface. Or la surface reçoit la chaleur du soleil alors que la base n’en reçoit pas.

Pour confirmer leurs résultats, les chercheurs ont mesuré indépendamment la température de l’eau à la base de la calotte glaciaire du Groenland à partir de capteurs installés dans un trou de forage à proximité du Store Glacier, l’un des principaux glaciers du Groenland qu’ils ont étudié pendant sept ans. Ils ont enregistré à la base du glacier une température surprenante de 0,88°C, ce qui est étonnamment élevé pour une base de calotte glaciaire dont le point de fusion se situe à -0,40°C.

Selon les scientifiques, le phénomène s’explique par un système de drainage bien moins efficace à la base de la calotte qu’en surface.Il existe en particulier un important échauffement par friction dans l’eau elle-même. La chaleur générée par les chutes d’eau fait fondre la glace de bas en haut.

Les chercheurs estiment que jusqu’à 82 millions de mètres cubes d’eau de fonte ont été transférés dans le lit du Store Glacier chaque jour au cours de l’été 2014. Selon eux, la puissance produite par la chute d’eau pendant les périodes de pointe est comparable à la puissance produite par le Barrage des Trois Gorges (Chine), la plus grande centrale hydroélectrique du monde. Avec une zone de fonte qui s’étend sur près d’un million de kilomètres carrés au plus fort de l’été, la calotte glaciaire du Groenland produit plus d’hydroélectricité que les dix plus grandes centrales hydroélectriques du monde réunies !

Source : University of Cambridge.

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Every year as summer approaches, when the Arctic atmosphere warms, thousands of ponds and streams created by melting ice appear on the surface of the Greenland Ice Sheet. These waters tend to flow towards the base of the ice cap through cracks or fissures.
In a new study, researchers from the University of Cambridge (England) explain that water from the surface melt tends to fall down to the base of the ice cap, producing a large amount of heat. The latter accelerates the melting of the ice a little more.
It is this phenomenon that English researchers studied for the first time. They wanted to understand how and why Greenland’s melt lakes are emptying so quickly and what their effect is on the overall behaviour of the ice sheet. The information is all the more important in the current context of human-caused global warming where the Greenland ice cap has become the main contributor to sea level rise.
It was a measurement of the rate of melting of the base of the cap, about 1,000 meters below the surface, which enabled the researchers to make their discovery. It was possible thanks to a radioprobe technique. They were surprised to find that the rate of melting was often as high at depth as at the surface. However, the surface receives heat from the sun while the base does not.
To confirm their findings, the researchers independently measured the water temperature at the base of the Greenland Ice Sheet through sensors installed in a borehole near Store Glacier, one of Greenland’s main glaciers which they studied for seven years. They recorded a surprising temperature of 0.88°C at the base of the glacier, which is surprisingly high for an ice sheet base with a melting point of -0.40°C.
According to the scientists, the phenomenon is explained by a much less efficient drainage system at the base of the ice cap than on the surface. In particular, there is significant heating by friction in the water itself. The heat generated by the waterfalls melts the ice from bottom to top.
The researchers estimate that up to 82 million cubic meters of meltwater was transferred to the bed of Store Glacier each day during the summer of 2014. According to them, the power produced by the waterfall during the peak periods is comparable to the power produced by the Three Gorges Dam (China), the largest hydroelectric plant in the world. With a melting zone that extends over almost a million square kilometers at the height of summer, the Greenland ice cap produces more hydroelectricity than the ten largest hydroelectric power stations in the world combined!
Source: University of Cambridge.

Lacs de fonte à la surface du GroenLand (Source: Wikipedia)