A méditer… // To meditate on…

Alors que se tient à Madrid (Espagne) la 25ème  Conférence des parties (COP 25), il est bon de rappeler que la première conférence diplomatique des Nations Unies sur le changement climatique a eu lieu à Rio de Janeiro (Brésil) en 1992. Voici ce qu’a dû subir notre belle planète depuis cette époque:

* Selon la NOAA, le niveau de dioxyde de carbone (CO2) dans l’air est passé d’environ 358 parties par million à près de 412. C’est une augmentation de 15% en 27 ans.

* Les émissions de CO2 provenant des combustibles fossiles et de l’industrie sont passées de 6,06 milliards de tonnes de carbone en 1992 à 9,87 milliards de tonnes en 2017. Il s’agit d’une augmentation de 63% en 25 ans.

* Selon la NOAA, la température moyenne de la planète a augmenté d’un peu plus de 0,57°C en 27 ans.

* Depuis le 1er janvier 1993, il y a eu 212 catastrophes météorologiques aux États-Unis. Elles ont coûté au moins 1 milliard de dollars chacune, une fois prise en compte l’inflation. Au total, elles ont coûté 1 milliard 400 millions de dollars et ont tué plus de 10 000 personnes. C’est une moyenne de 7,8 catastrophes de ce type par an depuis 1993, contre 3,2 par an de 1980 à 1992, selon la NOAA.

* Selon la NOAA, l’indice américain des extrêmes climatiques a presque doublé de 1992 à 2018. Cet indice prend en compte les températures très supérieures à la normale, la sécheresse et les périodes de temps sec à l’échelle de la planète, ainsi que les pluies torrentielles.

* Selon la NOAA, neuf des 10 cyclones ayant entraîné les dépenses les dégâts les plus élevés ont frappé les États-Unis depuis la fin de 1992.

* Le nombre d’hectares dévastés par les incendies aux États-Unis a plus que doublé, passant d’une moyenne quinquennale de 3,3 millions en 1992 à 7,6 millions en 2018.

* L’étendue moyenne annuelle de la banquise arctique est passée de 12,1 millions de kilomètres carrés en 1992 à 10,1 millions de kilomètres carrés en 2019, selon le National Snow and Ice Data Center. C’est une diminution de 17%.

* La calotte glaciaire du Groenland a perdu 4 700 milliards de tonnes de glace de 1993 à 2018, selon une étude publiée dans les Proceedings de la National Academy of Sciences.

* La calotte glaciaire de l’Antarctique a perdu 2 700 milliards de tonnes de glace de 1992 à 2017, selon une étude publiée dans la revue Nature.

* Le niveau global des océans a augmenté en moyenne de 2,9 millimètres par an depuis 1992, soit une hausse totale de 78,3 millimètres, selon la NOAA.

Source: Associated Press.

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As the 25th Conference of Parties is taking place in Madrid (Spain), it is good to remember that the first United Nations diplomatic conference to tackle climate change was in Rio de Janeiro (Brazil) in 1992. Here is what’s happened to Earth since:

* The carbon dioxide (CO2) level in the air has jumped from about 358 parts per million to nearly 412, according to NOAA. That’s a 15% rise in 27 years.

* Emissions CO2 from fossil fuel and industry jumped from 6.06 billion metric tons of carbon in 1992 to 9.87 billion metric tons in 2017. This is an increase of 63% in 25 years.

* The global average temperature rose slightly more than 0.57°C in 27 years, according to NOAA.

* Since January 1st, 1993, there have been 212 weather disasters in the United States. They cost at least $1 billion each, when adjusted for inflation. In total, they cost $1.45 trillion and killed more than 10,000 people. That’s an average of 7.8 such disasters per year since 1993, compared with 3.2 per year from 1980 to 1992, according to NOAA.

* The U.S. Climate Extremes Index has nearly doubled from 1992 to 2018, according to NOAA. The index takes into account far-from-normal temperatures, drought and overall dry spells, abnormal downpours.

* Nine of the 10 costliest hurricanes to hit the United States when adjusted for inflation have struck since late 1992, according to NOAA.

* The number of acres burned by wildfires in the United States has more than doubled from a five-year average of 3.3 million acres in 1992 to 7.6 million acres in 2018.

* The annual average extent of Arctic sea ice has shrunk from 12.1 million square kilometres in 1992 to10.1 million square kilometres in 2019, according to the National Snow and Ice Data Center. That’s a 17% decrease.

* The Greenland ice sheet lost 4.7 trillion metric tons of ice from 1993 to 2018, according to a study in the Proceedings of the National Academy of Sciences.

* The Antarctic ice sheet lost 2.7 trillion metric tons of ice from 1992 to 2017, according to a study in the journal Nature.

* The global sea level has risen on average 2.9 millimetres per year since 1992. That’s a total of 78.3 millimetres, according to NOAA.

Source : Associated Press.

Le réchauffement climatique fait émerger de nouvelles terres // Global warming allows new lands to emerge

C’est une situation qui est amenée à se développer avec le réchauffement climatique et la fonte de la banquise et des glaciers. Le ministère de la Défense russe a annoncé le 27 août 2019 que la Russie possédait désormais cinq nouvelles îles suite à la fonte du glacier Nansen, une immense étendue de glace de 48 km de long sur 16 km de large. Ces nouvelles terres émergées de la glace, dont la surface varie entre 900 et 54 500 mètres carrés, se trouvent près de l’archipel de la Nouvelle-Zemble (Novaya Zemlya), entre la mer de Barents et la mer de Kara. Elles avaient été remarquées pour la première fois en 2016 sur des photos satellite. Depuis cette époque, des relevés topographiques ont été effectués et des photographies ont été prises afin de confirmer la découverte.

Avec l’accélération du réchauffement climatique ces dernières années, la fonte de l’Arctique a atteint des proportions inquiétantes. Avec 7,59 millions de km² en moyenne, jamais la superficie de la banquise arctique n’a été aussi faible au cours d’un mois de juillet depuis le début des observations satellitaires il y a 40 ans. En janvier, des chercheurs ont annoncé que des terres ensevelies depuis 40.000 ans sous la glace avaient été exposées à la surface pour la première fois au Canada. En février, la NASA alertait sur la fonte du glacier Thwaites en Antarctique, qui est miné par les eaux de plus en plus chaudes de l’océan.

La découverte des cinq îles a réjoui le gouvernement qui les ajoutera prochainement à la carte officielle de la Russie.

Source : Futura Sciences.

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This is a situation that is likely to become more and more frequent with global warming and the melting of the ice sheet and glaciers. The Russian Defense Ministry announced on August 27th, 2019 that Russia now has five new islands following the melting of the Nansen Glacier, a huge expanse of ice 48 km long and 16 km wide. These new lands, whose surface varies between 900 and 54,500 square metres, are near the archipelago of Novaya Zemlya, between the Barents Sea and the Kara Sea. They had been noticed for the first time in 2016 on satellite photos. Since that time, topographic surveys have been completed and photographs taken to confirm the discovery.
With the acceleration of global warming in recent years, the melting of the Arctic has reached alarming proportions. With an average of 7.59 million square kilometres, the Arctic sea ice extent has never been so low in the month of July since the onset of satellite observations 40 years ago. In January, researchers reported that land buried for 40,000 years under the ice had been exposed for the first time in Canada. In February, NASA alerted to the melting of the Thwaites Glacier in Antarctica, which is undermined by the increasingly warm waters of the ocean.
The discovery of the five islands was welcomed by the government that will soon add them to the official map of Russia.
Source: Futura Sciences.

Localisation des cinq nouvelles terres (Google Maps)

Le Groenland bientôt américain? Pas si sûr ! // Will Greenland soon be American ? Not so sure !

Le 15 août 2019, on pouvait lire dans le Wall Street Journal que le président Donald Trump avait à maintes reprises exprimé son intérêt pour l’acquisition du Groenland en raison de ses ressources abondantes et de son importance géopolitique. Il aurait demandé à ses conseillers de la Maison-Blanche de creuser cette idée. Certains de ces conseillers ont décrit l’idée comme étant «un bon enjeu économique». Le Groenland est aussi considéré comme stratégique du point de vue de la sécurité nationale américaine. Le Wall Street Journal a ajouté que « les personnes autres que les conseillers à la Maison Blanche ont décrit l’achat du Groenland comme une acquisition semblable à l’Alaska et ferait partie de l’héritage de M. Trump. »
Avec une superficie de 2166 millions de kilomètres carrés, le Groenland est la plus grande île du monde. C’est un territoire danois autonome avec une population de 56 000 habitants. Il jouit d’une autonomie nationale, tandis que les questions étrangères sont traitées par le Danemark.
Donald Trump ne serait pas le premier président américain à vouloir acheter Groenland. En 1946, lorsque Harry Truman était président, les États-Unis ont proposé d’acheter l’île au Danemark pour 100 millions de dollars, mais le Danemark a refusé. Des décennies plus tôt, en 1867, le département d’État avait lancé une investigation sur l’achat non seulement du Groenland, mais également de l’Islande.

L’idée du président Trump a été considérée comme absurde au Groenland et au Danemark. La presse danoise n’a pas tardé à réagir. Traditionnellement, la dernière page du journal danois Politiken est réservée aux commentaires satiriques. Le 20 août, Kim Kielsen, chef du gouvernement groenlandais, a proposé d’acheter les États-Unis. Selon Kielsen,: «Leif le Chanceux [faisant référence à Leif Erikson] a découvert l’Amérique et son père, Eric le Rouge, a découvert le Groenland et s’y est installé. Il est donc tout à fait naturel que nous récupérions les États-Unis. » Selon Politiken, M. Kielsen n’a pas encore décidé de la somme à débourser pour acquérir les États-Unis. Cependant, le montant sera assez faible compte tenu de l’immense dette nationale américaine. Et si Trump est inclus dans le marché, le prix sera encore plus bas. »
Source : Iceland Monitor.

J’aime l’humour de la réponse danoise à l’idée de Trump mais le sujet est plus sérieux qu’il y paraît. En raison du réchauffement climatique, la banquise fond rapidement au Groenland et rendra bientôt accessibles les ressources minérales du sous-sol de cette possession danoise. Il renferme notamment du gaz et du pétrole. Le forage d’hydrocarbures n’est déjà plus un mythe. Une vingtaine de compagnies, dont Shell, GDF Suez ou le norvégien Statoil, ont obtenu l’autorisation d’explorer les côtes groenlandaises. Encore plus important, les terres de l’Arctique recèlent des métaux très recherchés pour la fabrication de produits high-tech (batteries de smartphones, aimants de voitures hybrides, écrans LCD…). La Chine – qui a planté des jalons en Islande – a le monopole de ces matériaux au niveau mondial, mais les ressources du Groenland pourraient changer la donne, et l’Europe lorgne dessus.

Le Groenland voit dans cet intérêt massif des Etats une étape de plus vers son indépendance. En 2009, un référendum a élargi son autonomie vis-à-vis du Danemark. Pour l’île et ses habitants, dont les principales sources de revenus proviennent de la pêche et du tourisme, les ressources naturelles pourraient devenir une manne financière non négligeable et le moyen d’acquérir une indépendance économique.

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The Wall Street Journal reported on August 15th, 2019 that President Donald Trump has numerous times expressed interest in purchasing Greenland because of the abundant resources and geopolitical importance and he is said to have asked his White House counsel to look into the idea. Some of Trump’s advisors have supported the idea and described it as “a good economic play.” Greenland is viewed as important to American national security interests. The Wall Street Journal added that “people outside the White House have described purchasing Greenland as an Alaska-type acquisition for Mr. Trump’s legacy.”

With an area of 2.166 million square kilometres, Greenland is the world’s largest island. It is an autonomous Danish territory and has a population of 56,000. It has autonomy in domestic matters, while foreign issues are handled by Denmark.

Trump is not the first US president to show interest in purchasing Greenland. In 1946, when Harry Truman was president, the US offered to buy the island from Denmark for100 million dollars. But Denmark would not sell. Decades before, in 1867, the State Department launched an inquiry into buying not just Greenland, but Iceland, too.

President Trump’s idea is generally regarded as absurd in Greenland and Denmark. The Danish press was not long in reacting. Traditionally, the back page of Danish newspaper Politiken is reserved for satirical commentary. On August 20th, Kim Kielsen, head of the Government of Greenland, was reported to have offered to purchase the United States. The paper includes the following “quote” from Kielsen: “Leif the Lucky [referring to Leif Erikson] discovered America, and his father Eric the Red discovered Greenland and settled there. Therefore, it is only natural for us to get the United States back.” According to Politiken, Kielsen states he hasn’t decided how much money to spend on the US. The amount, though, will be fairly low, given the immense US national debt. “And if Trump is included, the price will be even lower.”

Source : Iceland Monitor.

I love the humour in the Danish answer to Trump’s idea but I think the topic is quite serious. Because of global warming, the ice sheet is rapidly melting in Greenland and will soon make mineral resources accessible. The soil of the Danish possession contains gas and oil. Oil drilling is no longer a myth. Around 20 companies, including Shell, GDF Suez and Norway’s Statoil, have been granted permission to explore the Greenland coast. Even more important, the Arctic lands contain highly precious metals for the manufacture of high-tech products (smartphone batteries, hybrid car magnets, LCD screens …). China has a monopoly on these materials globally, but Greenland’s resources could change the game, and Europe is eyeing it.
Greenland sees in this massive interest of States one more stage towards its independence. In 2009, a referendum extended its autonomy toward Denmark. For the island and its inhabitants, whose main sources of income come from fishing and tourism, natural resources could become a significant financial windfall and a means of acquiring economic independence.

La calotte glaciaire du Groenland dissimule d’importantes quantités de ressources minérales (Photo: C. Grandpey)

La fonte du Groenland (suite) // The melting of Greenland (continued)

Comme je j’ai écrit précédemment, la vague de chaleur qui a battu tous les records dans cinq pays européens à la fin du mois de juillet a maintenant atteint le Groenland. Comme prévu, elle accélère la fonte de la calotte glaciaire sur l’île et entraîne une importante perte de glace dans l’Arctique.
82% de la surface du Groenland est recouverte de glace. La partie de la calotte glaciaire qui montre des signes de fonte augmente chaque jour et a atteint un record de 56,5% le 31 juillet 2019. La situation devait s’amplifier et atteindre son maximum le 1er août avant que des températures moins élevées ralentissent la fonte de la glace.
Pendant la seule journée du 31 juillet, plus de 10 milliards de tonnes de glace se sont transformés en eau qui s’est déversée dans l’océan. Globalement, cela correspond à une perte de masse d’environ 197 milliards de tonnes au Groenland pour l’ensemble du mois de juillet.
Depuis le 1er juin 2019 – ce qui correspond au début de la saison de fonte – la calotte glaciaire du Groenland a perdu 240 gigatonnes (240 milliards de tonnes) cette année. Il est intéressant de comparer ce chiffre aux 290 gigatonnes perdues lors de la période de fonte en 2012, en sachant que la période de fonte dure généralement jusqu’à la fin du mois d’août.
Selon une étude réalisée en juin 2019 par des scientifiques américains et danois, la fonte de la glace au Groenland ajoutera entre 5 et 33 centimètres à l’élévation du niveau de la mer d’ici 2100. Si toutes les glaces du Groenland fondaient, les océans du monde s’élèveraient de 7,20 mètres.
Au Groenland, la surface affectée par la fonte de la glace cette année est la deuxième en termes de superficie, derrière plus de 90% en 2012 ; on notera que les archives remontent à 1981. Une grande partie de l’eau de fonte peut ensuite se recongeler sur la couche de glace, mais, selon les scientifiques, la quantité de glace perdue définitivement cette année pourrait être identique à celle de 2012 ou même être supérieure.
Les vagues de chaleur ont toujours eu lieu, mais elles se produisent maintenant au moins 10 fois plus fréquemment qu’il y a un siècle. Ce sont des phénomènes météorologiques qui peuvent se produire naturellement, mais les études montrent que la fréquence et l’intensité de ces vagues de chaleur ont augmenté avec le réchauffement de la planète.
Comme je le souligne souvent dans ma conférence « Glaciers en péril », lorsqu’on dit que la température moyenne de la planète augmente d’un peu plus de 1 degré Celsius, cela n’a guère d’importance si l’on se trouve à Paris ou à Londres, mais la température moyenne revêt une autre importance dans les régions polaires où la calotte glaciaire sait faire la différence entre 15 et 16 degrés Celsius.
Source: Associated Press.

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As I put it before, the heat wave that smashed high temperature records in five European countries in late July is now over Greenland, accelerating the melting of the island’s ice sheet and causing massive ice loss in the Arctic.

Greenland has 82% of its surface covered in ice. The area of the ice sheet that is showing indications of melt has been growing daily, and hit a record 56.5% for this year on July 31st, 2019. The situation was expected to expand and peak on August 1st before cooler temperatures slow the pace of the melt.

More than 10 billion tons of ice was lost to the oceans by surface melt on July 31st alone, creating a net mass ice loss of some 197 billion tons from Greenland for the month of July.

Since June 1st, 2019 – roughly the start of the ice-loss season – the Greenland ice sheet has lost 240 gigatons (240 billion metric tons) this year. That compares with 290 gigatons lost overall in the 2012 melt season, which usually goes through the end of August.

A June 2019 study by scientists in the U.S. and Denmark said melting ice in Greenland alone will add between 5 and 33 centimetres to rising global sea levels by the year 2100. If all the ice in Greenland melted the world’s oceans would rise by 7.2 metres.

In Greenland, the melt area this year is the second-biggest in terms of ice area affected, behind more than 90% in 2012. Records go back to 1981.A lot of what melts can later refreeze onto the ice sheet, but because of the conditions ahead of this summer’s heat wave, the amount of ice lost for good this year might be the same as in 2012 or more, according to scientists.

Heat waves have always occurred, but they are now occurring at least 10 times more frequently than a century ago. They are weather events and can occur naturally but studies have shown that both the frequency and intensity of these heat waves have increased due to global warming..

As I often point out in my conference about glaciers at risk, when people talk about the average global temperature increasing by a little more than 1 degree Celsius, this is not a huge amount to notice if you are sitting in Paris or London, but this is a global average and it is much greater in the polar regionswhere the ice sheet makes the difference between 15 and 16 degrees Celsius.

Source: Associated Press.

Photo: C. Grandpey

 

La canicule menace le Groenland, et l’Homme est responsable // A heat wave threatens Greenland and Man is responsible for it

L’Organisation Météorologique Mondiale, institution spécialisée des Nations unies, met en garde sur le fait que l’air chaud en provenance d’Afrique qui a conduit à des records de chaleur en Europe ces dernières semaines se dirige vers le Groenland où il risque de provoquer la fonte de la deuxième plus grande calotte glaciaire du monde. Les météorologues ne savent pas encore si la fonte atteindra le niveau de 2012, mais on n’en sera certainement pas loin. Le Polar Portal du Danemark – centre de recherche spécialisé dans les régions polaires – explique que pendant le seul mois de juillet, la calotte glaciaire du Groenland a perdu 160 milliards de tonnes de glace en raison de la fonte en surface. Ce chiffre n’inclut pas la fonte sous l’effet des océans.
La calotte glaciaire du Groenland couvre 80% de l’île et s’est développée au cours de milliers d’années avec la compression des couches de neige. Le dôme de glace culmine à 3 000 mètres d’altitude et le volume total de la calotte glaciaire est estimé à 2 900 000 kilomètres cubes, ce qui ferait monter le niveau global des océans de 7 mètres si cette glace fondait complètement.
L’air plus chaud a également des conséquences sur l’étendue de la glace arctique dans son ensemble ; le 15 luillet 2019, elle a presque atteint son niveau le plus bas jamais enregistré.
Le Polar Portal du Danemark affirme que les vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et intenses sont liées au changement climatique provoqué par l’homme. Cela vient d’être confirmé par une série d’études publiées dans Nature et Nature Geoscience qui réfutent toute idée selon laquelle la hausse des températures observée au cours du siècle dernier fait partie d’un cycle naturel.
Les chercheurs ont examiné des échantillons d’arbres, de glace, de sédiments, de coraux, et d’autres témoignages des deux derniers millénaires. Ils ont conclu sans la moindre équivoque que la Terre n’a jamais connu des changements de température aussi rapides et généralisés que pendant les 150 dernières années.
Des périodes de réchauffement et de refroidissement ont bien eu lieu sur la planète, telles que le Petit Age Glaciaire entre 1300 et 1850 et le Réchauffement Médiéval entre 800 et 1200. Toutefois, des chercheurs de l’Université de Berne ont constaté que les fluctuations de la température pendant ces périodes intervenaient d’un endroit à l’autre et affectaient moins de la moitié de la planète à la fois.
En comparaison, l’augmentation des températures au cours du siècle dernier a été ressentie sur 98% de la surface de la Terre. La seule exception est l’Antarctique où, pour le moment, le réchauffement n’a pas encore été observé sur l’ensemble du continent.
Les dernières études devraient faire taire les négationnistes du changement climatique qui affirment que le réchauffement planétaire observé ces dernières décennies fait partie d’un cycle climatique naturel. Les derniers travaux montrent la différence réelle entre les changements régionaux et bien localisés du climat du passé et l’effet global des émissions anthropiques de gaz à effet de serre.
Dans le rapport publié dans Nature Geoscience, les chercheurs ont trouvé des preuves qu’au cours des 2 000 dernières années, c’est pendant la seconde moitié du 20ème siècle que la planète a connu sa hausse de température la plus rapide. Avant 1850, les variations de température étaient généralement causées par des éruptions volcaniques, qui envoyaient de la cendre dans l’atmosphère, ce qui bloquait en partie les rayons du soleil. Après 1850, quelques décennies après la révolution industrielle, il a été constaté que le réchauffement de la planète est en grande partie imputable aux émissions de gaz à effet de serre générées par l’activité humaine.
Source: Médias d’information scientifiques américains.

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The United Nations World Meteorological Organization have warned that the hot air from Africa that smashed European weather records this week looks set to move towards Greenland and could cause record melting of the world’s second largest ice sheet. Meteorologists don’t know yet whether it will beat the 2012 level, but it certainly will be close. Denmark’s Polar Portal explains that in July alone, the Greenland ice sheet lost 160 billion tonnes of ice through surface melting. This does not include ocean melt.

The Greenland ice sheet covers 80% of the island and has developed over many thousands of years, with layers of snow compressed into ice. The dome of ice rises to a height of 3,000 metres and the total volume of the ice sheet is approximately 2,900,000 cubic kilometres, which would raise global sea levels by 7 metres if it melted entirely.

The warmer air also had implications for Arctic ice extent as a whole, which was nearly the lowest on record as of July 15th.

Denmark’s Polar Portal affirms increasingly frequent and intense heatwaves are linked to manmade climate change. This has just been confirmed by a series of studies published in Nature and Nature Geoscience which refute any notion that the increasing temperatures seen over the last century are simply a normal part of nature’s cycle.

Researchers looked at records of trees, ice, sediment, corals, cave deposits and other evidence from the last two millenniums to determine that Earth has never experienced the quick and widespread temperature changes it has seen in just over the last 150 years.

Warming and cooling periods before have occurred on the planet before, such as the Little Ice Age between 1300 and 1850, and the Medieval Warm Period between 800 and 1200. But a team from the University of Bern found the fluctuations in temperature during these periods varied from location to location and affected less than half the planet at any one time.

In comparison, the rise in temperatures over the last century has been felt over 98 percent of Earth’s surface. The only exception is Antartica, where contemporary warming has not yet been observed over the entire continent.

The latest studies should finally stop climate change deniers claiming that the recent observed coherent global warming is part of a natural climate cycle. They show the truly stark difference between regional and localized changes in climate of the past and the truly global effect of anthropogenic greenhouse emissions.

In the report published in Nature Geoscience, researchers found evidence that over the course of the last 2,000 years, the planet saw its fastest temperature rise in just the second half of the 20th century. Before 1850, temperature variations on the planet were typically caused by volcanic eruptions, which sent debris into the atmosphere, blocking out portions of the sun. But after 1850, decades into the Industrial Revolution, the planet’s warming is found to be largely attributed to greenhouse emissions released by human activity.

Source : U.S. scientific news media.

Photo: C. Grandpey

Les morses et le réchauffement climatique // Walruses and global warming

Des images extraites du documentaire « Notre planète » sur Netflix montrent quelque 250 morses en train de se précipiter d’une falaise de 80 mètres de hauteur et mourir en contrebas. La scène se passe au cap Kozhevnikova, dans le district autonome de Tchoukotka, dans l’extrême nord-est de la Russie. Les réalisateurs attribuent cette hécatombe à la raréfaction de la banquise, due au réchauffement climatique. Ce n’est pas l’avis de certains scientifiques.

Dans mon dernier livre « Glaciers en Péril », un chapitre est consacré aux effets du réchauffement climatique sur la faune arctique. J’y explique que les animaux des régions arctiques sont parmi les premières victimes de la fonte de la glace. Les communautés qui vivent dans la Mer de Béring voient depuis plusieurs années une forte baisse de la population de morses qui constituent une part importante de leur nourriture. Les chasseurs et les scientifiques ont remarqué que les morses se sont éloignés des terrains de chasse traditionnels. La hausse des températures a fait fondre la glace sous laquelle les animaux avaient l’habitude de plonger et sur laquelle ils venaient se reposer. Ils ont migré vers des espaces situés plus au nord.

En septembre 2009, des centaines de morses ont été trouvés morts sur la côte nord-ouest de l’Alaska. La découverte coïncidait avec les rapports scientifiques précisant que la glace de l’Océan Arctique avait atteint le troisième niveau le plus bas jamais enregistré. Le Centre pour la Diversité Biologique a déclaré que le recul de la banquise prive les femelles et leurs petits de leur habitat naturel, de sorte qu’ils sont obligés d’atteindre le rivage et se rassemblent en groupes importants en compagnie des gros mâles. Lorsque quelque chose les effraye – l’activité humaine par exemple – des bousculades (« stampedes »)  peuvent se produire et on pense que les jeunes morses ont péri sous le poids des adultes.

Après quelques jours de repos sur le rivage, les morses ont besoin de regagner la mer pour se nourrir. Sur les images du documentaire, on comprend que leurs mouvements sont particulièrement restreints, car les individus sont tous collés les uns aux autres. Il leur est donc difficile de redescendre les pentes par le même chemin.

Les morses ont l’habitude de se regrouper pour notamment se prémunir contre d’éventuelles attaques. Comme je l’ai écrit plus haut, lors de l’attaque d’un ours polaire, de l’irruption d’un chasseur ou de l’approche d’un navire ou d’un avion à basse altitude, des bousculades sont parfois observées.  En 2007, une vingtaine d’ursidés ont déjà provoqué la chute de morses du haut d’une falaise, dans la même région que celle montrée par le documentaire. Dans ce mouvement de panique et cet effort pour regagner la mer, les individus les plus frêles trouvent parfois la mort. Les plus jeunes se retrouvent piétinés par les adultes, et même les adultes se retrouvent coincés, et meurent par la suite. Les réalisateurs du documentaire n’ont pas décelé une telle menace au cours du tournage.

Selon une scientifique, la présence d’un très grand nombre de morses au sommet d’une falaise est due au fait qu’il n’y avait plus suffisamment d’espace pour tout le monde au pied de cette même falaise. « La présence en hauteur de ces morses n’a rien de naturel ». Pour elle, cela est dû à une raréfaction des espaces disponibles pour ces animaux, suite à la fonte de la banquise et de la glace de mer où ces animaux avaient pour habitude de se rassembler. Le réchauffement climatique porte donc une part de responsabilité dans la mort des morses qui n’était absolument pas un suicide collectif.

Source : France Info, Glaciers en péril.

Lorsque les morses sont présents, une webcam montre les rassemblements à Round Island, en Alaska :

https://explore.org/livecams/walrus/walrus-cam-round-island

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Images from the documentary « Our Planet » on Netflix show some 250 walrus rushing from a cliff 80 metres high and dying below. The scene takes place at Cape Kozhevnikova, in the Chukotka Autonomous District, in the far north-east of Russia. The film directors attribute this hecatomb to the rarefaction of the sea ice, due to global warming. This is not the opinion of some scientists.
In my latest book « Glaciers en Peril« , a chapter is devoted to the effects of global warming on Arctic wildlife. I explain that Arctic animals are among the first victims of melting ice. The communities that live in the Bering Sea have seen for many years a sharp decline in the walrus population that is an important part of their food. Hunters and scientists have noticed that walruses have moved away from traditional hunting grounds. Rising temperatures melted the ice under which the animals used to dive and on which they came to rest. They migrated to areas further north.
In September 2009, hundreds of walruses were found dead on the northwest coast of Alaska. The discovery coincided with scientific reports that the ice in the Arctic Ocean had reached the third lowest level ever recorded. The Center for Biological Diversity has stated that the retreat of the ice sheet is depriving females and their young of their natural habitat, so that they are forced to reach the shore and gather in large groups in the company of large males. When something scares them – human activity for example – stampedes can happen and young walruses are thought to have died under the weight of adults.
After a few days of rest on the shore, walruses need to return to the sea to feed. On the images of the documentary, we understand that their movements are particularly restricted, because the individuals are all glued to each other. It is therefore difficult for them to go down the slopes in the same way.
Walruses are used to group together to guard against possible attacks. As I wrote above, during the attack of a polar bear, the appearance of a hunter or the approach of a ship or a plane at low altitude, stampedes are sometimes observed. In 2007, about 20 polar bears caused the fall of walruses from the top of a cliff, in the same region as that is shown by the documentary. In this panic and effort to regain the sea, the frailest people sometimes dies. The youngest are trampled by adults, and even adults get stuck, and die later. The directors of the documentary did not detect such a threat during filming.
According to a scientist, the presence of a large number of walruses at the top of a cliff is due to the fact that there was not enough space for everyone at the foot of the same cliff. « The presence at height of these walruses is not natural ». For her, this is due to a scarcity of space available for these animals, following the melting of the sea ice where these animals used to gather. Global warming is therefore partly responsible for the death of the walruses, which was certainly not a collective suicide.
Source: France Info, Glaciers at Risk.

When walruses are present, a webcam shows the gatherings in Round Island, Alaska:
https://explore.org/livecams/walrus/walrus-cam-round-island

Capture d’écran de la webcam de Round Island

Etat d’urgence face à une invasion d’ours polaires // State of emergency after polar bear invasion

C’est une situation très particulière à laquelle sont confrontés les 3 000 habitants de l’archipel de Nouvelle-Zemble, dans le nord de la Russie. Ils font face à une invasion d’ours polaires. La situation a pris une tournure tellement importante que des experts ont été envoyés à la rescousse de la population.

Une cinquantaine de plantigrades sont arrivés sur les îles et ont montré un comportement particulièrement agressif. Les habitants n’ont jamais assisté à une telle invasion d’ours polaires qui se sont littéralement mis à les chasser. Les gens ont peur de quitter leurs maisons. Les parents ne veulent pas laisser leurs enfants aller à l’école. On peut voir sur des vidéos les animaux se nourrir dans les poubelles ou encore tenter de pénétrer dans les maisons. Utiliser des klaxons ou des chiens pour les éloigner s’est révélé sans effet. L’état d’urgence a été déclaré et des spécialistes de la faune arctique sont arrivés pour s’occuper des animaux. L’ours polaire étant une espèce protégée en Russie, la seule solution est d’endormir ceux qui ont envahi l’archipel.

Le réchauffement climatique explique cette invasion. Comme je l’indiquais encore vendredi dans ma conférence à Verneuil sur Vienne, la réduction de la banquise, là où les ours vivent et chassent, oblige les mammifères à un exode. Plusieurs d’entre eux ont été repérés en train de plonger pendant plus de trois minutes, ce qui est beaucoup plus longtemps que d’habitude. Normalement les ours remontent à la surface pour reprendre leur souffle et ils utilisent la banquise pour se reposer et se dissimuler quand ils chassent les phoques. Avec la disparition de la glace, ils poursuivent les phoques plus longtemps sous l’eau, la plupart du temps en ratant leurs cibles. Il s’ensuit un risque évident d’épuisement, puis de famine, d’où leur agressivité quand ils atteignent des zones susceptibles de leur fournir de la nourriture. Cette situation dramatique ne concerne pas que les ours polaires. Les morses sont confrontés aux même problèmes. La hausse des températures a fait fondre la glace sous laquelle les morses avaient l’habitude de plonger et sur laquelle ils venaient se reposer. Ils ont migré vers des espaces situés plus au nord.

Ce n’est pas la première fois que des ours polaires font parler d’eux dans la région. En 2016, cinq scientifiques russes avaient été assiégés dans une station météorologique par plusieurs animaux. À noter que le phénomène n’est pas exclusivement russe. Au Canada, les ours polaires, forcés de quitter la banquise à cause du réchauffement climatique, pénètrent dans la ville de Churchill au Manitoba. Là-bas, les autorités ont fait le choix de les isoler et de les confiner. En 2016, 53 animaux se sont ainsi retrouvés derrière les barreaux.

Source : Presse internationale.

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The 3,000 inhabitants of the Novaya Zemlya archipelago, in northern Russia are confronted with a very peculiar situation. They are facing an invasion of polar bears. The situation has taken such an important turn that experts have been sent to the rescue of the population.
About fifty plantigrades arrived on the islands and showed a very aggressive behaviour. The locals have never witnessed such an invasion of polar bears that literally started chasing them. People are afraid to leave their homes. Parents do not want to let their children go to school. One can see on video animals feed in garbage cans or try to enter homes. Using horns or dogs to keep them away has not worked. The state of emergency was declared and Arctic wildlife specialists arrived to study the animals. As the polar bear is a protected species in Russia, the only solution is to set to sleep those that have invaded the archipelago. .
Global warming is the cause of this invasion. As I explained again Friday during my conference in Verneuil sur Vienne, the reduction of the ice sheet, where the bears live and hunt, forces the mammals to an exodus. Several of them have been spotted diving for more than three minutes, which is much longer than usual. Normally, bears come to the surface to catch their breath and they use the ice slabs to rest and hide when they hunt seals. With the disappearance of ice, they pursue seals longer underwater, mostly missing their targets. The result is a clear risk of burnout and famine, hence their aggression when they reach areas likely to provide food. This tragic situation is not just about polar bears. Walruses have to face the same problems. Rising temperatures have melted the ice under which walruses used to dive and on which they came to rest. They migrated to areas further north.
This is not the first time that polar bears have been talked about in the area. In 2016, five Russian scientists were besieged in a meteorological station by several animals. Note that the phenomenon is not exclusively Russian. In Canada, polar bears, forced to leave the ice sheet because of global warming, enter the city of Churchill, Manitoba. There, the authorities have chosen to isolate them and confine them. In 2016, 53 animals ended up behind bars.
Source: International press.

Photo: C. Grandpey