Volcans du monde (suite) // Volcanoes of the world (continued)

Voici quelques informations supplémentaires sur l’activité volcanique dans le monde, publiées dans le dernier rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution:

Le SERNAGEOMIN indique qu’un séisme longue durée (LP) a été enregistré sur le Copahue (frontière entre le Chili et l’Argentine) dans la soirée du 11 septembre 2019, en relation avec une explosion qui a généré un panache de gaz et de cendre atteignant de faibles hauteurs. Une explosion plus puissante, enregistrée plus tard dans la nuit, a produit un panache qui s’est élevé à 250 mètres au-dessus du cratère. Des dépôts incandescents autour de la bouche éruptive étaient visibles la nuit et un dépôt de cendre couvrant une superficie de 3,4 kilomètres carrés recouvrait le flanc ESE. Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune.

Les panaches de gaz du Nevados de Chillán (Chili) s’élèvent jusqu’à 800 mètres au-dessus du cratère Nicanor. Des explosions éjectent parfois des matériaux incandescents. Le 14 septembre, une coulée de lave de 600 mètres de long et de 100 mètres de large avançait sur environ 600 mètres le long du flanc NNE. Le niveau d’alerte reste à la couleur Orange. Le public doit rester à au moins 3 km du cratère sur le flanc sud-ouest et à 5 km sur le flanc ENE.
Source: SERNAGEOMIN.

Une vidéo du Villarrica (Chili) tournée lors d’un survol le 11 septembre montre un cône actif sur le plancher du cratère. La sismicité et l’activité explosive sont actuellement en baisse. En conséquence, le niveau d’alerte volcanique a été abaissé à la couleur Jaune.
Source: SERNAGEOMIN.

Le Sakurajima (Japon) est toujours très actif. Une éruption le 16 septembre 2019 a produit un panache de cendre qui s’est élevé à 2,8 km au-dessus du cratère. Le 17 septembre, une autre explosion a généré un panache de cendre qui est monté à 1 km, avec des projections de blocs jusqu’à 1,1 km. Deux événements éruptifs plus tard dans la journée ont produit des panaches de cendre de 1,6 km de hauteur. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 5).
Source: JMA.

En Indonésie, la lave coule toujours depuis le Cratère Principal du Karangetang (Sud) et du Cratère Dua (Nord). Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1-4).
Source: CVGHM.

Le réseau sismique de l’Anak Krakatau (Indonésie) a enregistré cinq événements éruptifs du 9 au 15 septembre 2019. Une webcam a enregistré des panaches de vapeur s’élevant à 150 mètres du fond du cratère et des panaches de cendre plus denses s’élevant à 300 mètres. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est invité à rester en dehors de la zone de danger de 2 km de rayon.
Source: CVGHM.

L’activité sismique du Pacaya (Guatemala) a augmenté le 8 septembre 2019 et les jours suivants, parallèlement à une intensité de l’activité explosive dans le cratère Mackenney. Des explosions ont envoyé des matériaux jusqu’à 75 mètres au-dessus du cône. Des coulées de lave avancent sur plus de 500 mètres sur les flancs nord et nord-ouest du volcan.
Source: INSIVUMEH.

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Here is some more news about volcanic activity around the world, as published in the Smithsonian Institution’s latest weekly report:

SERNAGEOMIN reports that a long-period (LP) earthquake was recorded at Copahue (Chile-Argentina border) in the evening of September 11th, 2019, correlated with an explosion that generated a gas-and-ash emission rising to low heights. A larger explosion, recorded later at night produced a plume that rose 250 metres above the crater. Incandescent deposits around the eruptive vent were visible at night, and an ash deposit covering an area of 3.4 square kilometres, was visible on the ESE flank. The Alert Level remains at Yellow.

Gas plumes from Nevados de Chillán (Chile) are rising up to 800 metres above the Nicanor Crater rim. Explosions sometimes eject incandescent material. A 600-metre-long and 100-metre-wide lava flow was advancing about 600 metres on the NNE flank by 14 September. The Alert Level remains at Orange. The public should stay at least 3 km away from the crater on the SW flank and 5 km away on the ENE flank.

Source: SERNAGEOMIN.

A video of Villarrica (Chile) shot during an overflight on September 11th showed an active cone on the crater floor. Seismicity and explosive activity are currently both decreasing. As a consequence, the volcanic alert level has been lowered to Yellow.

Source: SERNAGEOMIN.

Sakurajima (Japan) is still quite active. An eruption on September 16th, 2019 produced an ash plume that rose 2.8 km above the crater. Another explosion on September 17th generated an ash plume that rose 1 km and ejected blocks as far as 1.1 km. Two eruptive events later that day produced ash plumes that rose 1.6 km. The alert level remains at 3 (on a 5-level scale).

Source: Japan Meteorological Agency (JMA)

In Indonesia, Lava is still flowing from Karangetang’s Main Crater (S) and Dua Crater (N), travelling as far as 1.5 km down drainages on the SW flank. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4).

Source: CVGHM.

Anak Krakatau’s seismic network (Indonesia) recorded five eruptive events during 9-15 September. A webcam at the summit recorded diffuse steam and gas plumes rising 150 metres from the bottom of the crater, and dense ash plumes rising 300 metres. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is asked to remain outside of the 2-km-radius hazard zone.

Source: CVGHM.

Seismic activity at Pacaya (Guatemala) increased on September 8th, 2019 and the following days, coincident with increased explosive activity at Mackenney Crater. Explosions ejected material as high as 75 metres above the cone. Lava flows are advancing over 500 metres on the N and NW flanks.

Source: INSIVUMEH.

Séquence éruptive sur le Sakurajima (Capture d’écran de la webcam)

L’Etna se calme, le Villarrica s’agite

Après la forte hausse du tremor et de la sismicité le 9 septembre 2019, la situation semble s’orienter vers un retour à la normale sur l’Etna (Sicile). L’activité strombolienne qui animait le Cratère NE, et qui était encore visible sur la webcam Skyline le 8 septembre au soir, semble se calmer.

En revanche, l’activité éruptive s’intensifie sur le Villarrica (Chili). La sismicité a augmenté et le petit lac de lave à l’intérieur du cratère s’agite dangereusement. En conséquence, le SERNAGEOMIN a décidé d’élever le niveau d’alerte à ORANGE. le 9 septembre 2019. Les localités proches du volcan doivent se tenir prêtes à une possible évacuation car une éruption majeure semblable à celle de 2015 est susceptible de se produire à court terme. Une zone d’exclusion de 2 km a été mise en place autour du cratère.

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After the suden increase in the eruptive tremor on September 9th, 2019, it seems the situation is going back to normal on Mt Etna (Sicily). The Strombolian activity in the NE Crater, which could be seen last light on the SKYLINE webcam, is decreasing today.

In the meantime, eruptive activity is increasing on Villarrica (Chile). Seismicity has increased and the lava pond in the crater has become more active. As a consequence, SERNAGEOMIN decided to raise the alert level. to ORANGE. on September 9th, 2019. Nearby communities should be ready for evacuations as a major eruption similar to the 2015 event may occur in the short term. An exclusion zone of 2 km has been set up around the crater.

Source: INGV

Volcans du monde // Volcanoes of the world

La webcam SKYLINE est en panne depuis quelques jours et il faut donc se fier aux informations données par le Laboratorio Geofisica Sperimentale pour avoir des informations sur l’activité du Stromboli. Cette dernière reste soutenue. Le dernier bulletin fait état d’un dégazage faible et d’une intensité explosive moyenne au niveau des différentes bouches éruptives. Le tremor éruptif est stable et montre des valeurs moyennes. En revanche, le nombre d’événements longue période (VLP) – autrement dit les événements explosifs – présente des valeurs très élevées. On dénombre une trentaine d’explosions stromboliennes par heure. Deux anomalies thermiques ont été détectées par le système MODIS au cours des dernières 24 heures. Les émissions de SO2 atteignent en moyenne 210 tonnes par jour. On enregistrait une moyenne de 7 retombées de blocs sur la Sciara del Fuoca au cours des dernières 24 heures.

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Dans un rapport publié le 6 septembre 2019, l’INGV indiquait que l’amplitude moyenne du tremor volcanique  sur l’Etna présentait une tendance à la hausse, confirmant ainsi l’activité strombolienne et de spattering observée ce même jour dans la Bocca Nuova.
Une augmentation lente et progressive de l’amplitude moyenne du tremor est enregistrée depuis la deuxième quinzaine d’août. Les valeurs actuelles sont comparables à celles observées peu avant l’éruption de décembre 2018 et supérieures à celles observées avant les épisodes éruptifs de mai à juillet 2019.
A deux reprises en 24 heures, on a assisté à une hausse brutale du tremor, probablement liée à la présence d’une activité strombolienne dans le Cratère NE, la Bocca Nuova ou le Cratère SE (voir les images de la caméra thermique). Le deuxième hausse, la plus significative, a eu lieu le 9 septembre 2019. Selon Boris Behncke, la montée en puissance du tremor est plus impressionnante que l’activité sommitale proprement dite. Il se peut que le magma cherche une autre porte de sortie. Le sommet du volcan est dans les nuages en ce moment, mais les sismographes montrent que le volcan a repris du service.

Aucune variation significative n’a été observée dans la déformation du sol.
Source: INGV.

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L’Alaska Volcano Observatory (AVO) doté d’instruments de surveillance sismique le Mont Dutton (près de l’extrémité de la péninsule de l’Alaska), et le Mont Wrangell (situé dans la Wrangell-St. Elias National Park and Preserve). L’AVO peut maintenant contrôler de manière fiable l’activité sismique sur ces volcans. Le niveau d’alerte volcanique est actuellement NORMAL et la couleur de l’alerte aérienne VERTE sur ces deux volcans.

S’agissant des autres volcans de l’Alaska, l’AVO continuera à utiliser les données satellitaires, infrasoniques et de la foudre, ainsi que les rapports des pilotes et des observateurs au sol pour détecter les signes d’activité éruptive.
Source : AVO.

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La sismicité a augmenté sur le Villarrica (Chili) et le petit lac de lave à l’intérieur du cratère est devenu plus actif. En conséquence, le SERNAGEOMIN a décidé d’élever le niveau d’alerte. à ORANGE. le 9 septembre 2019. Les localités proches du volcan doivent se tenir prêtes à une possible évacuation car une éruption majeure semblable à celle de 2015 est susceptible de se produire à court terme. Une zone d’exclusion de 2 km a été mise en place autour du cratère.
Source: SERNAGEOMIN.

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The SKYLINE webcam has been offline for a few days and we must therefore rely on the information provided by the Laboratorio Geofisica Sperimentale to get information on activity at Stromboli which is still elevated. The last bulletin reports weak degassing and medium explosive intensity at the different eruptive vents in the crater terrace. The eruptive tremor is stable and shows medium values. On the other hand, the number of very long period events (VLPs) – in other words explosive events – shows very high values. There are about thirty strombolian explosions per hour. Two thermal anomalies were detected by the MODIS system during the last 24 hours. SO2 emissions average 210 tonnes per day. An average of 7 rockfall events were recorded on the Sciara del Fuoca during the last 24 hours.

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In a report released on September 6th, 2019, INGV indicated that the mean volcanic tremor amplitude at Mt Etna is showing an increasing trend, confirming the strombolian activity and spattering heard on that same day within the Bocca Nuova crater.

A slow and gradual rise of the mean tremor amplitude has been recorded since the second half of August. Today’s values are comparable to those seen shortly before the December 2018 eruption, and higher than those observed before the eruptive episodes of May -July 2019.

Twice in 24 hours, there has been a sharp rise of the tremor, probably linked to Strombolian activity in the NE Crater, Bocca Nuova and the SE Crater (see thermal cam images). The most significant rise of the tremor occurred on September 9th, 2019. According to Boris Behncke, the rise of the remor is more impressive than the summit activity. It might mean that magma ifs teying to come out somewhere else. The summit of the volcano is currently hidden by the clouds, but seismographs show that Mt Etna has gone back to work.

No significant variations are being observed in ground deformation.

Source: INGV.

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 The Alaska Volcano Observatory (AVO) has reestablished seismic monitoring instruments at Mount Dutton near the tip of the Alaska Peninsula, and Mount Wrangell located in the Wrangell-St. Elias National Park and Preserve. AVO can now confidently monitor seismic unrest at these volcanoes. The volcanic alert level is now NORMAL and the aviation colour code is GREEN for both volcanoes.

As at other Alaska volcanoes, AVO will continue to use satellite, infrasound, and lightning data, and reports from pilots and ground observers to detect signs of eruptive activity.

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Seismicity has increased on Villarrica (Chile) and the lava pond in the crater has become more active. As a consequence, SERNAGEOMIN decided to raise the alert level. to ORANGE. on September 9th, 2019. Nearby communities should be ready for evacuations as a major eruption similar to the 2015 event may occur in the short term. An exclusion zone of 2 km has been set up around the crater.

Source : SERNAGEOMIN.

Source: INGV

Vue du Mt Wrangell depuis la Glenn Highway (Photo: C. Grandpey)

Toujours plus haut ! Toujours plus fort ! Toujours plus stupide !

Vous en avez ras-le-bol des vacances classiques, du surf et du parapente ? Vous voulez mettre la barre plus haut ? Vous voulez vraiment connaître les vacances de l’extrême ? J’ai un truc pour vous : le saut à l’élastique au-dessus d’un volcan actif !

Rendez-vous pour cela sur le site https://bungee.com/index.html.

Une société américaine propose un saut à l’élastique à 2847 mètres d’altitude, depuis un hélicoptère, au-dessus du Villarrica, l’un des volcans les plus actifs du Chili, avec un chaudron de lave qui bouillonne au fond de son cratère ! La société Bungee propose déjà des sauts depuis les plus hautes tours et ponts des États-Unis et double les vedettes de cinéma pour les cascades d’altitude.

Si vous avez de l’argent plein les poches, n’hésitez pas. Pour 15 958 dollars (14 139 euros) et quelques cents par personne, la société vous a concocté un séjour de six jours au Chili comprenant du rafting, des activités dans des sources chaudes, un hébergement 5 étoiles tout compris et, cerise sur le gâteau, un petit voyage panoramique en hélicoptère avec le « saut le plus dangereux du monde. » L’hélico de Bungee vous amènera à 213 mètres au-dessus du cratère du Villarrica accompagné par votre pilote, un moniteur de saut et un vidéaste qui immortalisera votre exploit qui se fera avec un élastique d’une centaine de mètres. Donc aucun risque de se faire brûler les moustaches par la lave. En plus du film, vous repartirez avec l’odeur du volcan en éruption ; c’est autre chose que celle du barbecue, non ?

Le descriptif du voyage se termine par deux questions essentielles :

1) Puis-je amener mon conjoint ou une autre personne de mon entourage ? Oui. Si ce n’est que pour le trajet en hélico, ils peuvent s’inscrire moyennant un supplément. S’ils veulent sauter eux aussi, vous aurez une ristourne de 1000 dollars (886 euros) sur votre séjour.
2) Puis-je mourir? Oui, c’est possible. Vous allez signer une décharge dégageant toute responsabilité de la société Bungee.

La prochaine expédition est prévue en mars 2020. A vos portefeuilles!

Voici une vidéo (en anglais) dans laquelle des amoureux de l’extrême décrivent leur expérience chilienne :

https://youtu.be/4ZT9ld2o-7U

Vue du Villarrica (Crédit photo: Wikipedia)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, en complément de celles publiées sur ce blog il y a quelques jours:

La dernière mission « Mayobs4 » effectuée à bord du Marion Dufresne a révélé que le nouveau volcan sous-marin détecté au large de Mayotte n’a pas grandi. Il fait toujours environ 800 mètres de hauteur,  mais il a grossi. Une nouvelle coulée de lave est apparue sur son flanc ouest. Elle a ajouté un volume d’environ 0,3 Km3 de magma. La coulée présente une épaisseur de 150 mètres, mais ces données doivent être affinées. Des échantillons ont été prélevés (voir photo ci-dessous).
On enregistre toujours de nombreux séismes (2000 pendant les douze jours de la mission), mais ils sont très faibles pour la plupart. La zone de l’essaim sismique est toujours située à une distance proche de Petite Terre, entre 5 et 15 kilomètres.
Des émissions de gaz et de fluides sont toujours constatées dans la zone de l’essaim sismiques. Des échantillons ont été prélevés et envoyés à un laboratoire de Brest pour des analyses.
Mayotte continue de s’enfoncer et de se déplacer. Les dernières données disponibles font état de 15 centimètres d’enfoncement depuis le début du phénomène en mai 2018, et de 18 centimètres de déplacement vers l’est. Le phénomène est lié à l’évacuation de la poche de magma qui a donné naissance au nouveau volcan sous-marin.
Les prochaines missions ne sont pas encore programmées, mais ce volcan reste sous surveillance. Comme d’habitude, les scientifiques sont confrontés à des problèmes de financement des missions. Les quatre missions successives du Marion Dufresne ont déjà coûté 5 millions d’euros.

Source : FranceTVInfo.

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L’activité de l’Ubinas (Pérou) continue d’être intense.1 522 séismes, d’une magnitude inférieure à M 2,2, ont été enregistrés entre le 20 et le 24 juillet. Les explosions génèrent parfois des panaches de cendre pouvant atteindre une altitude de 9 km. Entre le 26 et le 28 juillet, 503 personnes ont été évacuées des zones affectées par les retombées de cendre.
Source: IGP.

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La situation n’a pas beaucoup évolué au Kamchatka, où la couleur de l’alerte aérienne  pour l’Ebeko, le Sheveluch, le Karymsky et le Klyuchevskoi reste Orange en raison du risque d’explosions pouvant générer des volumineux panaches de cendre.

Source: KVERT.

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Le volume du dôme de lave au sommet du Merapi (Indonésie) est stable et estimé à 475 000 mètres cubes. La lave extrudée dévale parfois les pentes supérieures du flanc SE, générant des effondrements de blocs et de cendre qui parcourent environ un kilomètre dans la ravine de la Gendol River. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et il est demandé à la population de rester en dehors de la zone d’exclusion de 3 km autour du volcan.
Source: CVGHM.

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On peut encore voir des panaches de cendre s’élever jusqu’à une altitude de 2,5 km au-dessus du cratère du Bromo (Indonésie). Le niveau d’alerte reste à 2 et les visiteurs sont priés de rester en dehors d’un rayon de 1 km du cratère.
Source: CVGHM.

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De nombreuses explosions stromboliennes sont observées dans le cratère du Villarrica (Chili) avec des projections de matériaux incandescents sur les flancs du volcan. .
Source: POVI.

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Des pilotes ont fait état d’émissions de vapeur sur le Veniaminof (Aléoutiennes / Alaska). Cette situation va de pair une légère hausse du tremor. En conséquence, l’AVO vient de faire passer la couleur de l’alerte aérienne de Vert à Jaune et le niveau d’alerte volcanique à « Advisory » (surveillance renforcée).

Source : AVO.

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Here is some more information about volcanic activity around the world, added to the news released on this blog in the previous days:

The last « Mayobs4 » mission carried out aboard the Marion Dufresne revealed that the new submarine volcano detected off Mayotte has not grown. It is still about 800 metres high, but its volume has increased. A new lava flow has appeared on its western flank. It has added a volume of about 0.3 Km3 of magma. The flow has a thickness of 150 metres, but these data need to be refined. Samples have been collected (see photo below).
There are still many earthquakes (2000 during the twelve days of the mission), but they are very weak for the most part. The area of ​​the seismic swarm is still located at a distance close to Petite Terre, between 5 and 15 kilometres.
Gas and fluid emissions are still observed in the seismic swarm area. Samples were taken and sent to a laboratory in Brest for analysis.
Mayotte continues to sink and slide. The latest available data show 15 centimetres of subsidence since the beginning of the phenomenon in May 2018, and 18 centimetres of displacement to the east. The phenomenon is related to the emptyingof the magma pocket that gave birth to the new submarine volcano.
The next missions are not yet scheduled, but this volcano remains under surveillance. As usual, scientists are facing funding problems of the missions. The four successive missions of the Marion Dufresne have already cost 5 million euros.
Source: FranceTVInfo.

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Activity at Ubinas (Peru) continues to be elevated. A total of 1,522 earthquakes, all with magnitudes under M 2.2, were recorded between July 20th and 24th. Explosions may generate ash plumes that rise up to 9 km above sea level. Between July 26th and 28th, 503 people were evacuated from areas affected by ashfall.

Source : IGP.

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The situation has not much changed in Kamchatka where the aviation colour code for Ebeko, Sheveluch, Karymsky and Klyuchevskoi is kept at Orange due to the risk of explosions that may generate voluminous ash plumes.

Source: KVERT.

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The volume of the lava dome at the summit of Merapi (Indonesia) is stable and estimated 475,000 cubic metres. Extruded lava sometimes falls onto the upper parts of the SE-flank, generating block-and-ash flows that travel about 1,000 metres down the Gendol drainage. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4), and residents are warned to remain outside the 3-km exclusion zone.

Source: CVGHM.

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Ash plumes can still be seen rising up to 2.5 km above sea level above Mt Bromo’s crater (Indonesia). The alert level remains at 2 and visitors are asked to stay outside a 1-km radius from the crater.

Source : CVGHM.

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Numerous strombolian explosions are observed in Villarrica’s summit crater (Chile) with ejections of incandescent material onto the flanks of the volcano. .

Source: POVI.

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Pilot reports of steaming coincide with low-level tremor recorded at Veniaminof (Aleutians / Alaska). These observations mark a departure from recent background activity. Therefore AVO has just raised the aviation colour code to YELLOW and the volcano alert level to ADVISORY.

Source: AVO.

Echantillon prélevé sur le nouveau volcan sous-marin de Mayotte pour être analysé. A première vue, il s’agit d’un basalte bien vacuolé (Source: BRGM).

Le glacier Pichillancahue (Volcan Villarrica / Chili) // Pichillancahue glacier (Villarrica Volcano / Chile)

Le Villarrica est le volcan le plus actif du sud Chili. Vous pourrez voir ci-dessous deux images du volcan acquises par le système Advanced Land Imager sur le satellite EO-1 de la NASA les 22 février et 5 mars 2015, avant et après l’épisode éruptif du 3 mars. Le Villarrica,  stratovolcan qui culmine à  2 582 mètres, est habituellement recouvert de glaciers sur une surface de 30 kilomètres carrés. Le 3 mars 2015, l’éruption a envoyé un panache avec des retombées de cendre sur le glacier Pichillancahue, sur les flancs N et E du volcan, où de petits lahars ont été observés par la suite dans ravines. Les pentes occidentales du Villarrica sont parcourues d’innombrables ravines empruntées par la lave et les lahars. Plus loin, le volcan est entouré de forêts; la région est un parc national.
Au cours des récentes éruptions, les coulées de lave ont fait fondre les glaciers et ont généré des lahars qui se sont déplacés à une vitesse de 30 à 40 km / heure en direction du Lago Villarrica et du Lago Calafquéen (en bas à gauche).

A côté des éruptions, le changement climatique affecte aussi les glaciers du sud Chili. Ainsi, les mesures sur le terrain ont montré que le front du glacier Pichillancahue sur le Villarrica a reculé de 500 mètres depuis 2002.

Le Villarrica n’est pas une exception. La plupart des glaciers du sud Chili ont reculé et ont perdu de leur volume au cours des dernières décennies en raison du réchauffement de la planète et de la diminution des précipitations. Cependant, les fluctuations de certains glaciers sont directement associées à l’activité effusive et géothermale car ils se trouvent sur des volcans actifs largement répandus dans la région. Afin d’analyser ces effets, un programme d’études glaciologiques et géologiques a été réalisé sur le Villarrica.
Entre 1961 et 2004, on a observé une perte de glace de 0,81 ± 0,45 m par an et la réduction annuelle de la surface du glacier Pichillancahue a atteint 0,090 ± 0,034 km² entre 1976 et 2005. L’épaisseur de la glace a également été mesurée, avec un maximum de 195 mètres La structure interne de la glace présentait une certaine complexité en raison de la présence de couches de cendres et de pierre ponce intra et supraglaciaires, réduisant la capacité de réflexion du sol. La glace atteint un volume d’eau équivalent à 4,2 ± 1,8 km³, ce qui est beaucoup plus faible et plus précis que les estimations précédentes. Ces estimations permettront de mieux apprécier le risque de lahar sur le Villarrica..

Source : NASA, Proyecto Observación Volcán Villarrica (POV).

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Villarrica is the most active volcano of South Chile. It is pictured here below in two images acquired by the Advanced Land Imager on NASA’s EO-1 satellite on February 22nd and March 5th, 2015. The 2,582-metre stratovolcano is usually mantled by a 30-square-kilometre glacier field, most of it amassed south and east of the summit in a basin made by a caldera depression.The 3 March 2015 eruption sent a plume which spread ash on the Pichillancahue  glacier around the N and E flanks of the volcano where small lahars were later observed in drainages. The western slopes of Villarrica are streaked with innumerable gullies, the paths of lava and lahars. Farther away, the volcano is surrounded by forests; the area is a national park.

During the recent eruptions, lava flows melted glaciers and generated lahars that spread at speeds of 30–40 kilometres per hour toward Lago Villarrica and toward Lago Calafquéen (lower left).

In addition to the eruptions, climate change also affects glaciers in southern Chile. Thus, field measurements have shown that the Pichillancahue glacier front on Villarrica has retreated by 500 metres since 2002.
Villarrica is no exception. Most glaciers in southern Chile have retreated and lost volume in recent decades as a result of global warming and reduced precipitation. However, fluctuations in some glaciers are directly associated with effusive and geothermal activity which occur on active volcanoes that are widespread in the region. In order to analyze these effects, a program of glaciological and geological studies was carried out on Villarrica.
Between 1961 and 2004, an ice loss of 0.81 ± 0.45 metres per year was observed and the annual reduction in Pichillancahuay glacier surface area was 0.090 ± 0.034 km² between 1976 and 2005. The thickness of the ice was also measured, with a maximum of 195 meters The internal structure of the ice had a certain complexity because of the presence of layers of ash and pumice, reducing the capacity of reflection of the soil. Ice reaches a volume of water equivalent to 4.2 ± 1.8 km³, which is much smaller and more accurate than previous estimates. The latest estimates will help to better assess the risk of lahar on Villarrica.
Source: NASA, Proyecto Observación Volcan Villarrica (POV).

Le Villarrica avant et après l’éruption du 3 mars 2015 (Crédit photo : NASA)

Les limites du glacier Pichillancahue-Turbio sont indiquées en noir (2005) et en pointillé (1976).

Photos illustrant le recul glaciaire sur le Villarrica (Source : POV)

Les infrasons au service de la volcanologie // Could nfrasound help predict eruptions?

Une nouvelle étude conduite par des scientifiques de la Stanford School of Earth, Energy & Environmental Sciences et de l’Université de Boise (Idaho), et publiée dans la revue Geophysical Research Letters, montre que l’étude des infrasons émis par un certain type de volcans pourrait améliorer la prévision d’éruptions potentiellement mortelles. Les chercheurs ont analysé les infrasons détectés par les stations de surveillance du Villarrica dans le sud du Chili. Ces infrasons proviennent des mouvements du lac de lave à l’intérieur du cratère et changent en fonction de l’activité du volcan. L’étude tente de démontrer comment ces variations ont pu annoncer la hausse soudaine du niveau du lac, ainsi que ses fluctuations rapides vers le bord du cratère juste avant l’éruption majeure de 2015. Le suivi des infrasons en temps réel et son association à d’autres données, telles que la sismicité et les émissions de gaz, pourrait permettre d’alerter la population locale et les touristes lorsque’un volcan est sur le point d’entrer en éruption.
La dernière éruption majeure du Villarrica a eu lieu le 3 mars 2015. Ce fut un événement de courte durée au cours duquel on a observé une fontaine de lave de 1 500 mètres de hauteur, avec des projections de cendre et autres matériaux. 4 000 personnes ont été évacuées. Les stations de surveillance infrasonique installées sur le Villarrica deux mois avant l’événement de 2015 ont enregistré son activité sonore avant et après l’éruption. En analysant ces données, les chercheurs ont constaté que dans la période précédant l’éruption, l’intensité du signal infrasonique augmentait, tandis que sa durée diminuait. Des survols ont fourni des informations sur les changements intervenus dans le lac de lave du Villarrica, ce qui a permis aux chercheurs d’étudier la relation entre les variations de son niveau et le niveau des sons émis.
Un des chercheurs a proposé une comparaison avec un instrument de musique pour expliquer cette relation. De la même façon qu’une personne souffle dans un trombone, les explosions provoquées par les bulles de gaz qui montent puis éclatent à la surface du lac de lave créent des ondes sonores. Tout comme la coulisse d’un trombone peut faire varier la tonalité des notes qu’il produit, la géométrie du cratère qui contient le lac de lave module ses sons. Lorsque le lac de lave est profondément enfoncé à l’intérieur du cratère, le son est émis à une fréquence plus basse. Lorsque le lac de lave remonte dans le cratère, annonçant une possible éruption, la fréquence du son augmente, comme lorsque la coulisse du trombone est raccourcie.
Le but des recherches à venir sera d’établir un lien entre l’étude des infrasons et d’autres variables – telles que la sismicité – qui sont essentielles à la surveillance des volcans et la prévision de leurs éruptions. Avant une éruption, l’activité sismique augmente presque toujours. Cette sismicité provient de plusieurs kilomètres de profondeur, pendant l’ascension du magma dans le système d’alimentation du volcan. Les volcanologues pensent que les variations de niveau du lac de lave – et les infrasons correspondant – sont dus à l’injection d’un nouveau magma dans les conduits d’alimentation du volcan, avec augmentation du risque d’une éruption violente.
Cette étude montre que l’enregistrement des infrasons devrait être une aide supplémentaire dans la prévision du comportement des volcans « ouverts » comme le Villarrica, où existe un lac de lave bien visible et où des conduits d’alimentation font le lien entre les entrailles de la Terre et la surface du volcan. Cependant, les volcans « fermés » comme le Mt St Helens aux Etats Unis, où le magma reste prisonnier à l’intérieur de l’édifice jusqu’à ce qu’une éruption explosive se produise, ne génèrent pas le même type d’infrasons et posent donc d’autres problèmes de prévision. Cela confirme que les volcans sont un monde complexe et qu’il n’existe actuellement aucun moyen universel de prévoir leurs éruptions.
Source: Science Daily.

En cliquant sur ce lien, vous verrez une vidéo montrant le lac de lave du Villarrica: https://youtu.be/FuK1C6xZknY

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A new study by scientists from Stanford School of Earth, Energy & Environmental Sciences and Boise State University (Idaho) and published in the journal Geophysical Research Letters has shown that monitoring infrasound produced by a type of active volcano could improve the forecasting of potentially deadly eruptions. The researchers analyzed the infrasound detected by monitoring stations on the slopes of the Villarrica volcano in southern Chile. The distinctive sound emanates from the movements of a lava lake inside the crater and changes according to the volcano’s activity. The study tries to demonstrate how changes in this sound signaled a sudden rise in the lake level, along with rapid up-and-down motions of the surging lake near the crater’s rim just ahead of a major eruption in 2015. Tracking infrasound in real time and integrating it with other data, such as seismic readings and gas emission, might help alert nearby residents and tourists that a volcano is about to erupt.
Villarrica’s last significant eruption occurred on March 3rd, 2015. Itas a short-lived event during which the volcano emitted a fountain that went up to 1,500 metres into the sky, together with ash and debris. Around 4,000 people were evacuated close to the volcano. Infrasound monitoring stations established at Villarrica just two months before the 2015 event captured its before-and-after sonic activity. Studying these data, the research team saw that in the build-up to the eruption, the pitch of the infrasound increased, while the duration of the signal decreased. Flyovers in aircraft documented the changes in Villarrica’s lava lake, allowing researchers to explore connections between its height and the sound generation.
One of the researchers offered a music analogy to explain this relationship. Similar to a person blowing into a trombone, explosions from gas bubbles rising and then bursting at the surface of the lava lake create sound waves. Just as the shape of a trombone can change the pitch of the notes it produces, the geometry of the crater that holds the lava lake modulates its sounds. When the lava lake is deep down in the volcano’s crater, the sound registers at a lower pitch or frequency. When the lava lake rises up in the crater, potentially heralding an eruption, the pitch or frequency of the sound increases, just like when the trombone is retracted.
Future research will seek to tie infrasound generation to other critical variables in volcano monitoring and eruption forecasting, such as seismicity. Ahead of an eruption, seismic activity almost always increases. This seismicity emanates from several kilometress underground as magma moves through the volcano’s feeding system. Volcanologists think that changes in lava lake levels — and their corresponding infrasound — result from the injection of new magma through volcanic plumbing, increasing the odds of a violent eruption.
In this way, the collection of infrasound should prove beneficial for forecasting purposes at « open vent » volcanoes like Villarrica, where an exposed lake or channels of lava connect the volcano’s innards to the atmosphere. However, closed vent volcanoes like Mt St Helens, where the pooling magma remains trapped under rock until an explosive eruption occurs, do not generate the same kind of infrasound and thus pose additional forecasting challenges. This confirms that volcanoes are complicated and there is currently no universally applicable means of predicting eruptions.
Source: Science Daily.

By clicking on this link, you will see a video showing Villarrica’s lava lake: https://youtu.be/FuK1C6xZknY

Vue du Villarrica et d’une fontaine de lave dans son cratère (Crédit photo: Wikipedia)