Attaque mortelle d’ours polaire en Alaska

Dans une note publiée le 12 janvier 2023, j’attirais l’attention sur la situation de plus en plus difficile des ours polaires dans le nord canadien. Dans la région, leur nombre a chuté de près de 50 %. A cause du réchauffement climatique très rapide dans l’Arctique, la glace indispensable à leur survie est en train de disparaître et complique la capture des phoques dont l’espèce se nourrit.

Le drame qui vient de se produire en Alaska est probablement à mettre en relation avec la situation climatique dans l’Arctique. Avec la réduction de plus en plus rapide de la glace de mer, les ours polaires séjournent de plus en plus longtemps sur le continent. Ils viennent souvent rôder à proximité des zones habitées, à la recherche de nourriture, comme les carcasses de baleines. Cela augmente la fréquence des interactions avec les êtres humains.

En principe, les ours polaires ne s’attaquent pas aux personnes, surtout au cœur de l’hiver. La glace est suffisamment abondante sur la banquise pour leur permettre de chasser les phoques. Dans le monde entier, 20 personnes ont été tuées sur un total de 73 attaques d’ours polaires entre 1870 et 2014, selon l’ONG Polar Bears International. Avant le 18 janvier 2023, la dernière attaque mortelle en Alaska remontait à 1990.

Le 18 janvier 2023, une femme de 24 ans et son nourrisson ont été tués par un ours polaire à Wales un village Inupiat de 150 habitants sur la rive du détroit de Bering, dans le nord-ouest de l’Alaska. La tragédie a eu lieu pendant une tempête de neige rendant la visibilité très mauvaise. Selon les témoins, l’attaque a eu lieu près de l’école. L’animal a été abattu par un habitant pendant qu’il s’en prenait à la jeune femme et son fils âgé d’un an.

Des policiers et des agents spécialisés doivent être envoyés dans ce village afin d’essayer de comprendre la cause de la tragédie. Un scientifique de Polar Bears International explique que les attaques d’ours polaires ont généralement lieu entre fin juillet et début décembre, pendant la période sans glace, mais pas pendant l’hiver. Elles sont en général menées par des ours jeunes qui sont voraces car leur corps requiert de l’énergie pour leur croissance, ou bien des ours en fin de vie qui ont du mal à se battre avec les autres ours pour les bonnes zones de chasse.

Source : Anchorage Daily News.

 

Photo: C. Grandpey

Vous trouverez plus d’explications sur les mœurs des ours dans le livre « Dans les pas de l’Ours » que j’ai écrit avec Jacques Drouin et qui a été publié aux Editions Séquoia.

 

La fonte du Groenland pire que prévu // Greenland’s ice loss worse than expected

Selon une nouvelle étude réalisée par une équipe internationale de spécialistes des sciences de la Terre et de glaciologues, la fonte de la calotte glaciaire du Groenland est en train de s’accélérer à un rythme beaucoup plus rapide que ne le prévoyaient les modèles existants. Selon cette dernière étude, beaucoup plus de glace va fondre au Groenland au cours du 21ème siècle, ce qui signifie forcément une accélération de la hausse de niveau des océans.
L’équipe scientifique était composée de chercheurs du Danemark, d’Allemagne, de France, d’Angleterre, des États-Unis et du Jet Propulsion Laboratory de la NASA (NASA JPL). Leur étude, intitulé « Extensive inland thinning and speed-up of Northeast Greenland Ice Stream », a récemment été publiée dans la revue Nature.
Situé au nord-est du Groenland, le glacier Zachariae Isstrom fond régulièrement depuis deux décennies. En 2012, les plates-formes glaciaires se sont effondrées et ce glacier s’est ensuite retiré à l’intérieur des terres à un rythme accéléré. (Note personnelle : j’ai observé un retrait accéléré similaire des glaciers en Alaska). En raison des faibles niveaux de précipitations dans la région, la calotte glaciaire ne se régénère pas suffisamment pour compenser cette fonte.
L’étude se base en partie sur des données recueillies par le système global de navigation par satellite (GNSS), un réseau de stations GPS précises couvrant jusqu’à 200 km à l’intérieur des terres sur le nord-est du Greenland Ice Stream. Ces données s’ajoutent à une modélisation numérique haute résolution et des données d’élévation de surface obtenues par le satellite CryoSat-2 de l’ESA, une mission d’exploration de la Terre (EEM) dédiée à la mesure de l’épaisseur de la glace de mer polaire et à la surveillance des changements dans les calottes glaciaires. Les données montrent que ce qui se passait jusqu’à présent sur le front de la calotte glaciaire est maintenant en train de remonter vers l’intérieur. On peut voir que tout le bassin est en train de s’amincir et que la vitesse de surface s’accélère. Chaque année, les glaciers que les scientifiques ont étudiés ont reculé davantage à l’intérieur des terres, et cela se poursuivra au cours des décennies et des siècles à venir. Avec le réchauffement climatique actuel, il ne saurait en être autrement. Il est probable que ce qu’on observe actuellement dans le nord-est du Groenland se produira bientôt dans d’autres secteurs de la calotte glaciaire. De nombreux glaciers se sont accélérés et se sont amincis sur leurs bordures au cours des dernières décennies. Les données GPS permettent de détecter jusqu’où cette accélération se propage à l’intérieur des terres, probablement jusqu’à 200-300 km de la côte. Si cela est correct, la contribution de la dynamique glaciaire à la perte de masse globale du Groenland sera plus importante que ce que suggèrent les modèles actuels.
Selon les résultats de l’étude, le Northeast Greenland Ice Stream ajoutera une élévation du niveau de la mer entre 13,5 et 15,5 mm d’ici 2100, ce qui est six fois plus que ce qui était prévu par les modèles précédents. Cela équivaut à la contribution de la calotte glaciaire du Groenland à l’Atlantique Nord au cours des 50 dernières années. Selon le sixième rapport (AR6) du GIEC, le niveau de la mer dans le monde devrait augmenter de 22 à 98 cm d’ici la fin du siècle.

Dans la mesure où des observations de plus en plus précises des changements de vitesse de la glace sont incluses dans les modèles climatiques, ces estimations devront probablement être revues à la hausse.
Source : NSIDC.

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According to a new study by an international team of Earth scientists and glaciologists, the Greenland Ice Sheet is melting at an accelerating rate, much faster than existing models predict. According to these findings, far more ice will be lost from Greenland during the 21st century, which means its contribution to sea-level rise will be significantly higher.

The team consisted of researchers from Denmark, Germany, France, England, United States, and NASA’s Jet Propulsion Laboratory (NASA JPL). Their paper, titled “Extensive inland thinning and speed-up of Northeast Greenland Ice Stream,” recently appeared in the journal Nature.

Located in northeast Greenland, the Zachariae Isstrom glacier has been steadily melting for the past two decades. In 2012, the floating extensions collapsed, and this glacier has since retreated inland at an accelerating pace. (Personal note : I observed similar accelerated glacier retreat in Alaska). Due to the low levels of precipitation in this region, the ice sheet is not regenerating enough to mitigate this melt.

The study is partly based on data collected by the Global Navigation Satellite System (GNSS), a network of precise GPS stations reaching as far as 200 km inland on the Northeast Greenland Ice Stream. This was combined with high-resolution numerical modeling and surface-elevation data obtained by the ESA’s CryoSat-2 satellite, an Earth Explorer Mission (EEM) dedicated to measuring polar sea ice thickness and monitoring changes in ice sheets. The data show that what is happening at the front reaches far back into the heart of the ice sheet. One can see that the entire basin is thinning, and the surface speed is accelerating. Every year the glaciers the scientists have studied have retreated further inland, and they predict that this will continue over the coming decades and centuries. Under present-day climate forcing, it is difficult to conceive how this retreat could stop. It is possible that what is observed in northeast Greenland may be happening in other sectors of the ice sheet. Many glaciers have been accelerating and thinning near the margin in recent decades. GPS data helps detect how far this acceleration propagates inland, potentially 200-300 km from the coast. If this is correct, the contribution from ice dynamics to the overall mass loss of Greenland will be larger than what current models suggest.

According to the study’s results, the Northeast Greenland Ice Stream will add a sea level rise between 13.5 to 15.5 mm by 2100, which is six times higher than previous models suggested. This is equivalent to the Greenland ice sheet’s contribution to the North Atlantic for the past 50 years. According to the Sixth Assessment Report (AR6) by the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC), global sea levels are expected to rise by 22 to 98 cm by the end of the century.

But as more precise observations of changes in ice velocity are included in climate models, these estimates will likely need to be adjusted upwards.

Source : NSIDC.

Graphique montrant la fonte quotidienne au Groenland entre le 1er avril et le 31 octobre 2022, avec indication de cette fonte pour les cinq années précédentes. (Source : NSIDC)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde.

L’éruption du Kilauea (Hawaii) se poursuit, avec un vaste lac de lave dans la partie orientale du cratère de l’Halema’uma’u et un bassin de lave dans la moitié ouest, là où se trouvait le petit lac de lave en 2021-2022. On observe une petite fontaine de lave au sein du lac dans la moitié Est qui présente une superficie d’une douzaine d’hectares.
Aucune activité particulière n’est observée le long de la zone de rift est ou de la zone de rift sud-ouest. De faibles déformations du sol et un peu de sismicité sont enregistrées le long des deux zones.
Source : HVO.

 

Capture d’écran de la webcam

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Le Stromboli (Sicile) reste très actif et l’interdiction d’accès au sommet est parfaitement justifiée. Le volcan est devenu imprévisible, avec des crises éruptives pouvant être violentes.

A partir de 09h51 (UTC) le 18 janvier 2023, un débordement de lave était observé sur les caméras de surveillance au niveau de la zone du cratère Nord. Le front de coulée se trouvait dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco.
D’un point de vue sismique, l’événement s’est accompagné d’une hausse modérée du tremor éruptif qui montre des valeurs moyennes. Aucune déformation significative de l’édifice volcanique n’est enregistrée.

Source : INGV.

 

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Une activité strombolienne intense se poursuit dans le cratère du Villarrica (Chili), avec des fontaines de lave atteignant 150 m de hauteur. Les explosions projettent des matériaux jusqu’à 480 m du cratère. On trouve des photos de mauvaise qualité des explosions sur les réseaux sociaux.
Le niveau d’alerte reste au Jaune (le deuxième niveau sur une échelle de quatre couleurs).
Source : SERNAGEOMIN.

Crédit photo: SERNAGEOMIN

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Au Kamchatka, la couleur de l’alerte aérienne est Orange por l’Ebeko (Kouriles du Nord) et le Sheveluch. Elle est Jaune pour le Bezymianny.

Cratère de l’Ebeko (Crédit photo: KVERT)

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L’éruption du Sabancaya (Pérou) continue avec une cinquantaine d’explosions quotidiennes. Elles génèrent des panaches de cendres qui montent à environ 3 km au-dessus du sommet du volcan. Le niveau d’alerte reste à Orange.

Source : IGP.

Crédit photo: IGP

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Le PVMBG indique que l’on enregistre toujours une sismicité peu profonde sur le Kawah Ijen (Indonésie). Dans une note précédente publiée début janvier 2023, j’indiquais que la sismicité avait augmenté sur le volcan et que la température de l’eau du lac était passée de 16 °C en décembre 2022 à 45,6 °C le 5 janvier 2023. La couleur de l’eau était vert clair . Des panaches blancs s’élevaient des bouches sur la rive du lac, et il y avait une forte odeur de soufre.
Cette hausse d’activité a incité les autorités à relever le niveau d’alerte à 2 (sur une échelle de 1 à 4) le 7 janvier 2023. Il est demandé à la population, aux touristes et aux mineurs de ne pas s’approcher du cratère dans un rayon de 1,5 km.

Photo: C. Grandpey

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La température du lac dans le cratère du Ruapehu (Nouvelle-Zélande) reste élevée. Le 27 décembre 2022, elle atteignait 35,5°C. Cependant, le niveau d’alerte volcanique reste à 1 et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue au Vert, indiquant un faible risque d’éruption. Il est conseillé au public d’éviter d’entrer dans une zone de 700 m autour du centre du lac de cratère et de s’abstenir de camper. dans les vallées ou sur le plateau sommital (voir photo ci-desssous)
Source : GeoNet.

 

Photo: C. Grandpey

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Une augmentation de la sismicité est actuellement enregistrée sur le Plateau de Dieng (Indonésie), ce qui a incité le Centre indonésien de gestion des risques géologiques (PVMBG) à relever le niveau d’alerte de 1 à 2 (sur une échelle de 4) le 13 janvier 2023. Le complexe volcanique fr Dieng a connu sa dernière activité éruptive en avril 2021 avec un VEI 1. Les habitants et les touristes sont priés de ne pas s’approcher à moins de 1 km du cratère Sileri.
On observe une augmentation du nombre de séismes volcaniques profonds et d’événements tectoniques locaux depuis le 9 janvier 2023. De plus, les émissions de CO2 ont eu tendance à augmenter dans le cratère Timbang entre le 1er janvier et le 13 janvier 2023.
Les mesures des températures de l’eau et du sol au cratère Sileri révèlent une relative stabilité.
Les principaux dangers à Dieng résident dans l’augmentation des émissions de gaz volcaniques, en particulier de CO2 dans le cratère Timbang, mais aussi des éruptions phréatiques dans le cratère Sileri, avec des coulées de boue ou des projections de matériaux. Ces éruptions phréatiques ou coulées de boue peuvent se produire sans être annoncées par une augmentation de l’activité visuelle et sismique.
Le Plateau de Dieng est surtout connu pour ses émissions de gaz mortels. Cette activité est décrite dans un chapitre de « Histoires de Volcans – Chroniques d’éruptions ».

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L’éruption du Marapi (Sumatra / Indonésie) se poursuit avec des panaches de cendres denses qui montent jusqu’à 1 km au-dessus du cratère. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est invité à rester à 3 km du cratère.
Source : PVMBG.

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L’activité éruptive se poursuit sur le Mont Young du Semisopochnoi (Aléoutiennes / Alaska). La sismicité est élevée avec de petits séismes locaux et un tremor qui reste à un niveau relativement bas. De petites émissions de vapeur sont visibles sur les images de la webcam. Plusieurs petits signaux d’explosion ont été détectés par des capteurs sismiques locaux mais aucune activité n’a été identifiée dans les images satellites. La couleur de l’alerte aérienne reste Orange et le niveau d’alerte volcanique est maintenu à Watch (Vigilance).
Source : AVO.

Crédit photo: AVO

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

J’ai dressé un bilan de l’année volcanique 2022. Vous le trouverez en cliquant sur ce lien :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/01/02/bilan-dactivite-volcanique-2022/

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity around the world.

The eruption of Kilauea (Hawaii) continues, with a large lava lake in the eastern part of Halema’uma’u crater and a lava pool in the western half, where the small lava lake was in 2021-2022. There is a small lava fountain within the lake in the eastern half which has an area of about twelve hectares.
No particular activity is observed along the East Rift Zone or the Southwest Rift Zone. Weak ground deformation and low seismicity are recorded along both zones.
Source: HVO.

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Stromboli (Sicily) remains very active and the prohibition of access to the summit is perfectly justified. The volcano has become unpredictable, with eruptive crises that can be violent.
Starting at 09:51 (UTC) on January 18th, 2023, a lava overflow was observed on surveillance cameras at the North crater area. The flow front was located in the upper part of the Sciara del Fuoco.
From a seismic point of view, the event was accompanied by a moderate increase in the eruptive tremor which shows medium values. No significant deformation of the volcanic edifice is recorded.
Source: INGV.

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Intense Strombolian activity continues at Villarrica (Chile), with lava fountains up to 150 m high. Explosions eject material as far as 480 m from the crater. Poor quality photos can be seen on social networks.

The Alert Level remains at Yellow (the second level on a four-color scale).

Source : SERNAGEOMIN.

In Kamchatka, the aviation color code is Orange for Ebeko (Northern Kuriles) and Sheveluch. It is Yellow for Bezymianny.

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The eruption of Sabancaya (Peru) continues with about 50 daily explosions. They generate ash plumes that rise about 3 km above the summit of the volcano. The alert level remains at Orange.
Source: IGP.

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PVMBG indicates there is still an increased number of shallow earthquakes at Kawah Ijen (Indonesia). In a previous post released in early January 2023, I indicated that seismicity had increased on the volcano and the lake water temperature had risen from 16 °C in December 2022 to 45.6 °C on January 5th, 2023. The color of water was light green. Dense white plumes were rising from the vents on the lake’s shore, and there was a strong sulfur odor.

The elevated unrest prompted authorities to raise the Alert Level to 2 (on a scale of 1-4) on January 7th, 2023. Residents, visitors, and miners are advised to not approach the crater within a 1.5-km radius.

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The temperature of the lake within Mt Ruapehu‘s crater (New Zealand) remains elevated. On December 27th, 2022, the temperature peaked at 35.5 °C. However, the Volcanic Alert Level remains at 1 and the Aviation Color Code is kept at Green, indicating a low risk of eruption.The public is advised to avoid entering an area of 700 m around the center of the crater lake and should refrain from camping in valleys or on the Summit Plateau.

Source : GeoNet.

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An increase in seismicity is currently observedat Dieng volcano (Indonesia), prompting the Indonesian Centre for Volcanology and Geological Hazard Mitigation (PVMBG) to raise the Alert Level from 1 to 2 (on a scale of 4) on January 13th, 2023. The Dieng Volcanic Complex last erupted in April 2021 with a VEI 1.

There has been an increase in the number of deep volcanic earthquakes and local tectonic earthquakes since January 9th, 2023. Furthermore, CO2 emissions in Timbang Crater between January 1st and January 13th, 2023, have tended to increase.

The results of measurements of water and soil temperatures at Sileri Crater indicated a relative stability.

The main hazards at Dieng include an increasing concentration of volcanic gases, particularly CO2 in Timbang Crater, which could be followed by the occurrence of CO2 gas flow, and phreatic eruptions in Sileri Crater in the form of mudflows or material ejection. These phreatic eruptions or mudflows can occur without being preceded by an increase in both visual and seismic activity.

The Activity Level at Dieng was increased from 1 to 2 on January 13th, 2023.

Residents and tourists are asked not to approach Sileri Crater within 1 km of the crater.

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The eruption at Marapi (Sumatra / Indonesia) continues with dense ash plumes rising up to 1 km above the crater. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4) and the public is asked to stay 3 km away from the crater.

Source : PVMBG.

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Eruptive activitycontinues at Semisopochnoi’s Mount Young (Aleutians / Alaska). Seismicity is elevated with small local earthquakes and weak tremor. Minor steam emissions are visible in webcam images. Several small explosion signals have been detected by local seismic sensors but no activity was identified in satellite views. The Aviation Color Code remains at Orange and the Volcano Alert Level is kept at Watch.

Source : AVO.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

You will find a report of volcanic activity in 2022 by clicking on this link :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/01/02/volcanic-activity-report-2022/

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Impact de l’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai sur les coraux et sur la pêche // Impact of the Hunga Tonga-Huna Ha’apai eruption on coral reefs and fishing

Comme je l’ai écrit dans des notes précédentes, l’éruption du volcan Hunga Tonga-Hunga Ha’apai le 15 janvier 2022 a été exceptionnelle par son intensité. Ce fut l’un des événements volcaniques les plus puissants de ces derniers siècles.
Un an après l’éruption, la nation insulaire des Tonga doit toujours faire face aux dégâts subis par ses eaux côtières. Lorsque le Hunga Tonga-Hunga Ha’apai est entré en éruption, il a propulsé une onde de choc à travers la planète et généré un panache d’eau et de cendres qui est monté à une hauteur encore jamais observée. L’éruption a aussi déclenché des vagues de tsunami qui ont frappé les côtes dans la région. Les récifs coralliens ont été détruits ; de nombreux poissons ont péri ou ont migré. Selon les données de 2019 de la Banque mondiale, plus de 80% des familles des Tonga dépendent de la pêche de subsistance dans les récifs. Après l’éruption, le gouvernement des Tonga a déclaré qu’il demanderait 240 millions de dollars pour faire face aux dégâts subis, mais la Banque mondiale n’a fourni que 8 millions de dollars.
La grande majorité du territoire tongien est océanique. Sa zone économique exclusive s’étend sur près de 700 000 kilomètres carrés d’océan. Alors que la pêche commerciale ne contribue qu’à hauteur de 2,3 % à l’économie nationale, la pêche de subsistance est essentielle et constitue la base de l’alimentation de l’archipel.
Un rapport des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture paru en novembre 2022 estime que l’éruption a coûté au secteur de la pêche et de l’aquaculture de la région quelque 7,4 millions de dollars, un chiffre important pour l’économie des Tonga évaluée à 500 millions de dollars. Les pertes ont en grande partie concerné des navires de pêche endommagés, avec près de la moitié de ces dommages dans le secteur de la pêche artisanale. Étant donné que le gouvernement des Tonga ne contrôle pas étroitement la pêche de subsistance, il est difficile d’estimer l’impact de l’éruption sur ce secteur. Cependant, les scientifiques font remarquer que certains signes montrent que la pêche mettra beaucoup de temps à se relever.
Les jeunes coraux ne parviennent pas à se développer dans les eaux côtières autour du site de l’éruption, et de nombreuses zones qui abritaient autrefois des récifs sains et abondants sont désormais stériles. Les cendres volcaniques ont probablement étouffé de nombreux récifs, privant les poissons de zones d’alimentation et de frayères. Aucune vie marine n’a survécu près du volcan. Le tsunami qui a suivi l’éruption a également anéanti les coraux.
L’agriculture a permis de compenser le manque de poissons et les dommages subis par les bateaux. Les cendres volcaniques ont recouvert 99% du pays et on craignait qu’elles rendent les sols trop toxiques pour faire pousser des cultures. En fait, la production alimentaire a pu reprendre avec peu d’impacts. Des analyses du sol ont révélé que les cendres n’étaient pas nocives pour l’homme. Les plants d’ignames et de patates douces ont péri pendant l’éruption et les arbres fruitiers ont été brûlés par les retombées de cendres, mais ils ont commencé à se rétablir une fois les cendres évacuées par la pluie.
Les scientifiques ont également dressé le bilan de l’impact de l’éruption sur l’atmosphère. Alors que les éruptions volcaniques sur terre envoient principalement des cendres et du dioxyde de soufre, les volcans sous-marins rejettent beaucoup plus d’eau. L’éruption des Tonga n’a pas fait exception ; le panache de vapeur et de cendres a atteint 57 kilomètres d’altitude et a injecté 146 millions de tonnes d’eau dans l’atmosphère. La vapeur d’eau peut séjourner une dizaine d’années dans l’atmosphère et emprisonner ainsi la chaleur à la surface de la Terre. Au final, le réchauffement global est encore plus important. De plus, une plus grande quantité de vapeur d’eau dans l’atmosphère peut également contribuer à appauvrir la couche d’ozone, qui protège la planète des rayons ultraviolets. La NASA a expliqué que l’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai « a augmenté de 10% la quantité totale d’eau dans la stratosphère et nous commençons seulement à en voir l’impact. »
Source ; Yahoo Actualités.

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As I put it before, the eruption of Hunga Tonga-Hunga Ha’apai volcano on January 15th, 2022 was exceptional by its intensity. It was one of the most powerful events of the past centuries.

One year after the eruption, the island nation of Tonga is still dealing with the damage to its coastal waters. When Hunga Tonga-Hunga Ha’apai erupted, it sent a shockwave around the world, produced a plume of water and ash that soared higher into the atmosphere than any other on record, and triggered tsunami waves that ricocheted across the region. Coral reefs were turned to rubble and many fish perished or migrated away.

More than 80% of Tongan families are relying on subsistence reef fishing, according 2019 data from the World Bank. Following the eruption, the Tongan government said it would seek $240 million for recovery, but the World Bank only provided $8 million.

The vast majority of Tongan territory is ocean, with its exclusive economic zone extending across nearly 700,000 square kilometres of water. While commercial fisheries contribute only 2.3% to the national economy, subsistence fishing is considered crucial in making up a staple of the Tongan diet.

The U.N.’s Food and Agricultural Organization estimated in a November report that the eruption cost the country’s fisheries and aquaculture sector some $7.4 million, a significant number for Tonga’s $500 million economy. The losses were largely due to damaged fishing vessels, with nearly half of that damage in the small-scale fisheries sector. Because the Tongan government does not closely track subsistence fishing, it is difficult to estimate the eruption’s impact on fish harvests. However, scientists say that there are other troubling signs that suggest it could take a long time for fisheries to recover.

Young corals are failing to mature in the coastal waters around the eruption site, and many areas once home to healthy and abundant reefs are now barren. Volcanic ash probably smothered many reefs, depriving fish of feeding areas and spawning beds. No marine life had survived near the volcano. The tsunami that followed the eruption also created fields of coral rubble.

Agriculture has proved a lifeline to Tongans facing empty waters and damaged boats. Despite concerns that the volcanic ash, which blanketed 99% of the country, would make soils too toxic to grow crops, food production has resumed with little impacts. Soil tests revealed that the fallen ash was not harmful for humans. And while yam and sweet potato plants perished during the eruption, and fruit trees were burned by falling ash, they began to recover once the ash was washed away.

Scientists are also now taking stock of the eruption’s impact on the atmosphere. While volcanic eruptions on land eject mostly ash and sulfur dioxide, underwater volcanoes jettison far more water. Tonga’s eruption was no exception, with the steam and ash plume reaching 57 kilometers and injecting 146 million tonnes of water into the atmosphere. Water vapor can linger in the atmosphere for up to a decade, trapping heat on Earth’s surface and leading to more overall warming. More atmospheric water vapor can also help deplete ozone, which shields the planet from harmful UV radiation. NASA explained that the Hunga Tonga-Hunga Ha’apai eruption « increased the total amount of global water in the stratosphere by 10 percent and we are only now beginning to see the impact of that. »

Source ; Yahoo News.

 

La cendre de l’éruption avait recouvert une grande partie de la végétation (Crédit photo : New Zealand Defense Force)