Crue glaciaire du Langjökull (Iceland) // Glacial flood of Langjökull (Iceland)

Le 11 mai 2020, j’ai publié une note sur la fonte des glaciers en Islande. J’écrivais que depuis l’an 2000, la superficie des glaciers islandais a diminué d’environ. 800 km2 et de près de 2200 km2 depuis la fin du 19ème siècle, époque où les glaciers ont atteint leur extension maximale depuis la colonisation du pays au 9ème siècle.
La surface glaciaire a en moyenne diminué d’environ. 40 km2 par an ces dernières années et les glaciers ont reculé de plusieurs dizaines de mètres en 2019. Le Hagafellsjökull, qui appartient à la calotte glaciaire du Langjökull, ainsi que le Síðujökull et le Tungnárjökull qui font partie de la calotte glaciaire du Vatnajökull, détiennent le record de recul pour 2019, avec 150 m de recul en une seule année.
Le Langjökull (islandais pour «long glacier») est la deuxième plus grande calotte glaciaire d’Islande, après le Vatnajökull. Il est situé dans la partie ouest de l’intérieur islandais ; on le distingue parfaitement quand on avance le long de l’Haukadalur. Le point culminant de la calotte glaciaire se situe à environ 1 450 m au-dessus du niveau de la mer.
Les températures dans la région ont été anormalement chaudes au cours des dernières semaines et une soudaine crue glaciaire – jökulhlaup en islandais – du Langjökull a eu lieu dans la nuit du 17 au 18 août 2020. On pense qu’elle s’est produite lorsqu’un barrage qui retenait un lc sous-glaciaire s’est rompu dans la partie nord-ouest du glacier. Une grande quantité d’eau s’est déversée dans la rivière Svartá dont le niveau est généralement bas à cette époque de l’année. Une jauge de niveau près de la cascade de Kljáfoss sur la rivière Hvítá a révélé une triple élévation du niveau de l’eau.
Le Met Office estime que le volume d’eau qui s’est échappé du glacier avant de se déverser dans la rivière Svartá, puis la rivière Hvítá près de Húsafell, a atteint 3,4 millions de mètres cubes en 24 heures. L’ampleur de cette crue glaciaire était telle que l’eau atteignait presque les poutres du pont sur la Hvítá près de Húsafell. La rivière a charrié une grande quantité de sédiments et les agriculteurs qui possèdent des terres en aval de la Hvítá ont découvert de nombreux cadavres de saumons dans leurs champs.
Les scientifiques vont se rendre sur le terrain pour vérifier si les chenaux creusés par la rivière se sont modifiés de façon permanente et pour évaluer le danger que les crues glaciaires sont susceptibles de poser à l’avenir. En effet, lorsque des changements se produisent, il faut parfois réévaluer les routes, les ponts et toutes sortes de structures près des glaciers et des rivières glaciaires.
Source: Iceland Review, Icelandic Met Office.
Les crues glaciaires sont assez fréquentes en Islande. Il y a quelques jours, les scientifiques s’attendaient à un jökulhlaup sur le volcan Grimsvötn, mais cela ne s’est pas produit. Cette fois, c’est au tour du glacier Langjökull….

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On May 11th, 2020, I released a post about glacier melting in Iceland. I wrote that since 2000, the area of Iceland’s glaciers has decreased by about. 800 km2 and by almost 2200 km2 since the end of the 19th century when the glaciers reached their maximum extent since the country’s settlement in the 9th century.

The glacier area has on average shrunk by about. 40 km2 annually in recent years. Glaciers typically retreated by tens of metres in Hagafellsjökull in Langjökull ice cap and Síðujökull and Tungnárjökull in Vatnajökull ice cap hold the 2019 record, retreating by 150 m in this single year.

Langjökull (Icelandic for « long glacier ») is the second largest ice cap in Iceland, after Vatnajökull. It is situated in the west of the Icelandic interior and can be seen clearly when travelling along Haukadalur. The highest point of the ice cap is about 1,450 m above sea level.

Temperatures in the area have been unseasonably warm in the past weeks and a flash flood – or jökulhlaup in Icelandic – from Langjökull glacier took place during the night between August 17th and 18th, 2020. It is believed to have occurred when a dam containing a lagoon on the glacier’s northwestern side broke. A large amount of water streamed into Svartá river whose water level is typically low at this time of year. A water level gauge by Kljáfoss waterfall in Hvítá river showed an almost threefold increase in the water level.

The Met Office estimates the amount of water that cascaded from the lagoon into Svartá river and then Hvítá river near Húsafell amounted to 3.4 million cubic metres in 24 hours. The size of the flood was such that the water level nearly reached the girders of the bridge over Hvítá river near Húsafell. The flood carried a great deal of sediments into the rivers, and farmers who own land farther down Hvítá river have discovered numerous dead salmon in their fields.

Scientists will be checking conditions near the lagoon to see whether river channels have permanently changed and to assess how much risk glacial outburst floods are likely to pose in the future. Indeed, when changes occur, people may be forced to reassess roads, bridges, and all sorts of structures near glaciers and glacial rivers.

Source: Iceland Review, Icelandic Met Office.

Glacial floods are quite common in Iceland. A few days ago, scientists expected a jökulhlaup produced by Grimsvötn volcano, but it did not happen. This time, it is up to Langjökull…

L’Islande et ses glaciers (Source : Wikipedia)

Le glacier Columbia (Alaska) continue de fondre // Columbia Glacier (Alaska) keeps melting

Le Columbia est l’un de mes glaciers préférés en Alaska. Malheureusement, comme pour les autres rivières de glace dans le monde, les nouvelles ne sont pas bonnes.
La zone d’accumulation du glacier Columbia se situe à 3 050 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le glacier avance ensuite sur les flancs des Chugach Mountains avant d’emprunter un étroit bras de mer qui le conduit vers le Prince William Sound, dans le sud-est de l’Alaska. Le Columbia l’un des glaciers qui avancent le plus vite dans le monde. C’est aussi un « tidewater glacier » qui vêle de nombreux icebergs quand il entre en contact avec la mer.
Lorsque les explorateurs britanniques l’ont parcouru pour la première fois en 1794, il s’étirait vers le sud jusqu’à la rive nord de Heather Island, près de l’embouchure de la Columbia Bay. Le glacier a conservé cette position jusqu’en 1980, date à laquelle le glacier a amorcé un recul rapide qui se poursuit aujourd’hui.
La vidéo en accéléré ci-dessous présente des couleurs artificielles permettant de mieux voir l’évolution du glacier au fil des ans. Les images ont été fournies par les satellites Landsat de la NASA. Elles montrent l’évolution du glacier et du paysage environnant depuis 1986. La neige et la glace apparaissent en couleur cyan, la végétation est verte, les nuages ​​sont blancs ou orange clair et la mer en bleu foncé. Le substrat rocheux est de couleur marron, tandis que les dépôts rocheux à la surface du glacier sont gris.
Depuis les années 1980, le front du Columbia a reculé de plus de 20 kilomètres vers le nord. Certaines années, il a reculé de plus d’un kilomètre, mais cette vitesse de recul est très variable. Par exemple, il a marqué une pause entre 2000 et 2006 parce que le Great Nunatak Peak et le Kadin Peak (juste à l’ouest) ont ralenti le mouvement du glacier et ont maintenu la glace en place.
Au fur et à mesure que le Columia a reculé, il s’est aussi aminci considérablement, comme le montrent les zones d’encaissement dépourvues de végétation dans les images Landsat. Ce phénomène a également été confirmé par les photos de James Balog. Depuis les années 1980, le glacier a perdu plus de la moitié de son épaisseur et de son volume.

https://earthobservatory.nasa.gov/world-of-change/ColumbiaGlacier

Source: NASA.

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The Columbia in Alaska is one of my favourite glaciers. Unfortunately, like for the other rivers of ice in the world, the news is not good.

The Columbia Glacier descends from an icefield 3,050 metres above sea level, down the flanks of the Chugach Mountains, and into a narrow inlet that leads into Prince William Sound in southeastern Alaska. It is one of the most rapidly changing glaciers in the world.

The Columbia is a large tidewater glacier, flowing directly into the sea. When British explorers first surveyed it in 1794, its terminus extended south to the northern edge of Heather Island, near the mouth of Columbia Bay. The glacier held that position until 1980, when it began a rapid retreat that continues today.

The time lapse video below has false colours allowing to better see the evolution of the glacier through the years. The images were captured by NASA’s Landsat satellites. They show how the glacier and the surrounding landscape has changed since 1986. Snow and ice appear bright cyan, vegetation is green, clouds are white or light orange, and open water is dark blue. Exposed bedrock is brown, while rocky debris on the glacier’s surface is gray.

Since the 1980s, the terminus has retreated more than 20 kilometres to the north. In some years, the terminus retreated more than a kilometre, though the pace has been uneven. The movement of the terminus stalled between 2000 and 2006, for example, because the Great Nunatak Peak and Kadin Peak (directly to the west) constricted the glacier’s movement and held the ice in place.

As the glacier terminus has retreated, the Columbia has thinned substantially, as shown by the expansion of brown bedrock areas in the Landsat images. This was also confirmed by James Balog’s photos. Since the 1980s, the glacier has lost more than half of its total thickness and volume.

https://earthobservatory.nasa.gov/world-of-change/ColumbiaGlacier

Source: NASA.

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Evolution du Columbia au cours de la dernière décennie :

Source: NASA

Photo: C. Grandpey

Source: NASA

Photo: C. Grandpey

Source: NASA

Le recul glaciaire en Islande // Glacial retreat in Iceland

Le site Internet « Iceland Review » a publié le dernier numéro de la newsletter Melting Glaciers qui dresse un bilan de la situation glaciaire en Islande. Ce bulletin est le fruit d’une collaboration entre l’Icelandic Met Office, l’Institut des Sciences de la Terre de l’Université d’Islande, la Iceland Glaciological Society, le Southeast Iceland Nature Center et le parc national du Vatnajökull. Il est publié avec le soutien du Ministère Islandais de l’Environnement et des Ressources Naturelles.

Dans l’introduction de la newsletter, on peut lire que « les glaciers islandais reculent rapidement depuis un quart de siècle. Ce phénomène est l’une des conséquences les plus visibles du réchauffement climatique dans le pays. »

Voici quelques extraits de la newsletter:

Evolution des glaciers :
Depuis l’an 2000, la superficie des glaciers islandais a diminué d’environ. 800 km2 et elle a perdu près de 2200 km2 depuis la fin du 19ème siècle, époque les glaciers ont atteint leur extension maximale depuis la colonisation du pays au 9ème siècle. La surface des glaciers a en moyenne diminué d’environ. 40 km2 par an ces dernières années et les glaciers ont reculé de plusieurs dizaines de mètres en 2019. Le Hagafellsjökull, qui appartient à la calotte glaciaire du Langjökull, ainsi que le Síðujökull et le Tungnárjökull qui font partie de la calotte glaciaire du Vatnajökull, détiennent le record de recul pour 2019 avec 150 mètres de retrait au cours de cette seule année. Le glacier Breiðamerkurjökull, issu de la calotte glaciaire du Vatnajökull recule encore plus rapidement au moment de son vêlage dans le Jökulsárlón. Le recul du front de vêlage a atteint entre 150 et 400 mètres en 2019.

Lagon glaciaire du Jökulsárlón :
Le lagon glaciaire du Jökulsárlón montre à quel point le vêlage dans l’océan ou dans un lac peut être important pour le bilan massique des glaciers. Le Jökulsárlón a commencé à se former au milieu des années 1930. Les lagons situés devant le front des glaciers Breiðamerkurjökull, Jökulsárlón et Breiðárlón, ainsi que quelques lagons plus petits, présentent actuellement une superficie totale de plus de 30 km2. En moyenne, la surface de ces lagons glaciaires a augmenté de 0,5 à 1 km2 par an au cours des dernières années. Le glacier Breiðamerkurjökull recule et s’amincit en raison d’un bilan massique de surface négatif dû au réchauffement climatique, mais également en raison du vêlage dans le lagon du Jökulsárlón. Le vêlage représente actuellement environ un tiers de la perte de masse du Breiðamerkurjökull.

Rebond isostatique :
La fonte rapide des glaciers entraîne un soulèvement de la croûte terrestre en bordure de la glace en raison de la faible viscosité du manteau sous l’Islande. A Höfn, dans le Hornafjörður au sud-est de l’Islande, le sol se soulève actuellement d’environ 10 à 15 mm par an et la vitesse de soulèvement a considérablement varié au cours des deux dernières décennies en raison des fluctuations de perte de masse du glacier. La vitesse de soulèvement la plus importante a été observée sur la bordure ouest du Vatnajökull où elle atteint environ 40 mm par an.

Le Hoffellsjökull :
Le glacier Hoffellsjökull a reculé et s’est considérablement aminci depuis la fin du 19ème siècle, période où le glacier a atteint son extension maximale. La zone située à l’avant du Hoffellsjökull permet d’observer les effets géomorphologiques du retrait des glaciers. Le recul du glacier a conduit à la formation, devant sa partie frontale, d’un lac qui s’est agrandi rapidement depuis le début du 21ème siècle. La superficie du Hoffellsjökull a diminué d’environ. 40 km2 depuis la fin du 19ème siècle et de plus de 0,5 km2 par an au cours des dernières années.

Bilan massique des glaciers :
Le bilan massique des plus grands glaciers islandais est négatif depuis 1995, à l’exception de l’année 2015 où il est devenu positif pour la première fois en 20 ans. Le bilan massique en 2016 a de nouveau été négatif, avec une ampleur semblable à celle des années précédentes. Le bilan massique du Langjökull et de l’Hofsjökull a de nouveau été nouveau négatif en 2017, alors que le Vatnajökull a été pratiquement en équilibre. Ces trois calottes glaciaires ont été presque à l’équilibre en 2018. L’été 2019 a été chaud et le bilan massique des trois glaciers a été négatif. Ils ont perdu environ. 250 km3 de glace depuis 1995, ce qui correspond à environ 7% de leur volume total.

Bilan massique des glaciers islandais négatif en 2019 :
Les glaciers islandais ont reculé rapidement après le milieu des années 1990 en raison du réchauffement climatique. La perte de masse a été équivalente à environ 1 m d’eau par an en moyenne sur la période 1997-2010. Après 2010, certains étés ont été frais et humides, ce qui s’est reflété dans la perte de masse des glaciers. Pendant la période 2011-2018, elle se situait entre le tiers et la moitié de la moyenne des décennies précédentes. L’été 2019 a été chaud et ensoleillé. Par conséquent, l’ablation glaciaire a considérablement augmenté et la perte de masse a été équivalente à environ 1,5 m d’eau par an, ce qui est l’une des valeurs les plus élevées jamais enregistrées.

L’intégralité de la newsletter Melting Glaciers se trouve (en islandais et en anglais) à cette adresse:
https://www.vedur.is/media/loftslag/frettabref-joklar-newsletter-glaciers-iceland-2019-1-.pdf

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The “Iceland Review” website has released that latest issue of the newsletter Melting Glaciers which describes the situation of glaciers in Iceland. The newsletter is a collaborative effort between the Icelandic Met Office, the Institute of Earth Sciences at the University of Iceland, the Iceland Glaciological Society, the Southeast Iceland Nature Centre, and Vatnajökull National Park. It is published with support from the Icelandic Ministry for the Environment and Natural Resources.

In the introduction of the newsletter, one can read that “glaciers in Iceland have retreated rapidly for a quarter of a century, and glacier downwasting is one of the most obvious consequences of a warming climate in the country.”

Here are some excerpts from the newsletter :

Glacier changes.:

Since 2000, the area of Iceland’s glaciers has decreased by about. 800 km2 and by almost 2200 km2 since the end of the 19th century when the glaciers reached their maximum extent since the country’s settlement in the 9th century. The glacier area has on average shrunk by about. 40 km2 annually in recent years. Glaciers typically retreated by tens of metres in Hagafellsjökull in Langjökull ice cap and Síðujökull and Tungnárjökull in Vatnajökull ice cap hold the 2019 record, retreating by 150 m in this single year. The Breiða-merkurjökull outlet glacier of the Vatnajökull ice cap retreats even faster, where it calves into Jökulsárlón lagoon. The retreat of the calving front measured 150–400 m in 2019.

The Jökulsárlón glacier lagoon :

The Jökulsárlón glacier lagoon demonstrates how important calving into the ocean or terminal lakes can be for the mass balance of glaciers. Jökulsárlón lagoon started to form in the mid-1930s because of the retreat of the glacier. The lagoons by the terminus of Breiðamerkurjökull, Jökulsárlón and Breiðárlón, as well as some smaller lagoons, now have a combined area of over 30 km2. On average, the lagoons have grown by 0.5–1 km2 annually in recent years. The Breiðamerkurjökull glacier retreats and thins due to negative surface mass balance in a warming climate but also due to calving into Jökulsárlón lagoon. Calving currently causes about 1/3 of the mass loss of Breiðamerkurjökull.

Crustal movements :

Rapid melting of glaciers leads to crustal uplift near the ice margins because of the low viscosity of the mantle under Iceland. The land at Höfn in Hornafjörður in SE-Iceland currently rises by about 10–15 mm per year and the rate of uplift has varied substantially over the last two decades due to variations in the rate of mass loss of the glacier. The rate of uplift is even larger near the western margin of Vatnajökull where it has been measured at about 40 mm per year.

The Hoffellsjökull outlet glacier :

The Hoffellsjökull outlet glacier has retreated and thinned greatly since the end of the 19th century, when the glacier reached its maximum extent in recent times. The foreland of Hoffellsjökull provides unique opportunities to observe the geomorphological effects of glacier retreat. The retreat of the glacier has led to the formation of a terminus lake that has grown rapidly since the turn of the 21st century. The area of Hoffellsjökull has descreased by about 40 km2 since the end of the19th century and by more than 0.5 km2 annually in recent years.

Glacier mass balance :

The mass balance of the largest Icelandic glaciers has been negative since 1995, with the exception of the year 2015 when it became positive for the first time in 20 years. The mass balance in 2016 was again negative by a magnitude similar to that in previous years. The mass balance of Langjökull and Hofsjökull was again negative in 2017, whereas Vatnajökull was almost in balance. All three ice caps were near balance in 2018. The summer of 2019 was quite warm and the mass balance of all three ice caps was negative. The glaciers have lost about. 250 km3 of ice since 1995, which corresponds to about 7% of their total volume.

Mass balance of the Icelandic glaciers negative in 2019 :

Glaciers in Iceland retreated rapidly after the mid-1990s as a consequence of warming climate. The mass loss was about 1m water per year on average in the period 1997–2010. After 2010, some summers have been cool and wet and this is reflected in the glacier mass loss, which in the period 2011–2018 was on average only one-third to one-half of the average of the preceding one or two decades. The summer of 2019 was warm and sunny. Consequently, the glacier ablation increased substantially and the mass loss was measured as about 1.5 m water per year which is among the highest values on record.

The entire newsletter Melting Glaciers can be found (in Icelandic and in English) at this address :

https://www.vedur.is/media/loftslag/frettabref-joklar-newsletter-glaciers-iceland-2019-1-.pdf

Source : Wikipedia

Variations du  Breiðamerkurjökull au niveau du vêlage dans le lagon du Jökulsárlón

(Source : Glacier Melting)

Vêlage du Vatnajökull (Photo : C. Grandpey)

La fonte des glaciers en Alaska // Glacier melting in Alaska

 A l’attention de ceux qui auraient encore des doutes sur les effets dévastateurs du changement climatique d’origine anthropique, voici une vidéo qui montre en accéléré le recul des glaciers de l’Alaska. Le montage a été réalisé par un glaciologue de l’Université de Fairbanks à l’aide d’images envoyées par le programme satellitaire NASA-USGS Landsat au cours des 48 dernières années. La vidéo a été mise en ligne le 9 décembre 2019.

 https://youtu.be/E4Zc_KuXMkA

Comme je l’ai indiqué dans plusieurs notes, j’ai eu l’occasion d’observer les glaciers d’Alaska depuis les airs et de les approcher en bateau. L’un des reculs les plus spectaculaires est celui du glacier Columbia que l’on atteint depuis le petit port de Valdez, là où aboutit l’oléoduc trans-alaskien. Il avait belle allure jusqu’en 1972. C’est l’époque où les gaz à effet de serre ont commencé à modifier la donne et où la catastrophe a commencé, comme pour beaucoup d’autres glaciers de la planète, dans nos Alpes en particulier.

Dès les années 1980, on voit le Columbia reculer toujours plus rapidement. En 2019, au moment où la vidéo a été diffusée, il a reculé de plus de 20 kilomètres par rapport à 1972. Entre mes deux visites de 2009 et 2013, la morphologie de sa partie frontale avait totalement changé

En 2015, j’exposais des photos des glaciers d’Alaska au festival Nature de Montier-en-Der. James Balog*, photographe naturaliste américain, exposait lui aussi des images du Columbia dans un autre site du festival. La très intéressante conversation que nous avons eue a abouti aux mêmes conclusions pessimistes sur l’avenir des glaciers et des banquises dans le monde.

Dans le sud de l’Alaska, j’ai eu l’occasion de faire d’autres approches par la mer. Comme le Columbia, le glacier Sawyer fond de manière spectaculaire. Ainsi, il avait reculé de quelque 600 mètres entre juin et septembre 2016 quand je l’ai observé !

J’adore assister au vêlage d’un glacier. J’éprouve autant d’émotion que devant un volcan en éruption. De tels phénomènes permettent de relativiser et confirment que l’Homme n’est pas grand-chose par rapport aux forces de la Nature…

*James Balog et son équipe ont filmé au Groenland le plus important vêlage glaciaire jamais observé par l’Homme.

https://youtu.be/oXe7T4SQNts

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For those who still have doubts about the devastating effects of anthropogenic climate change, here is a video showing the accelerating retreat of the glaciers of Alaska. The editing was carried out by a glaciologist at the University of Fairbanks using images sent by the NASA-USGS Landsat satellite program over the past 48 years. The video was uploaded on December 9th, 2019.
https://youtu.be/E4Zc_KuXMkA

As I explained in several posts, I have had the opportunity to observe Alaskan glaciers from the air and approach them by boat. One of the most spectacular retreats is that of the Columbia Glacier. You can reach the glacier from the small port of Valdez which is also the end of the Trans-Alaskan oil pipeline. The glacier looked fine until 1972. It was the time when greenhouse gases began to change the game and when the disaster began, as for many other glaciers on the planet, in our Alps in particular.
As early as the 1980s, the Columbia retreated ever faster. In 2019, when the video was released, it fell more than 20 kilometers from 1972. Between my two visits in 2009 and 2013, the morphology of its front part had totally changed
In 2015, I was exhibiting photos of Alaskan glaciers at the Montier-en-Der Nature festival. James Balog *, an American naturalist photographer, also exhibited photos of the Columbia glacier at another site of the festival. The very interesting talk we had led to the same pessimistic conclusions about the future of glaciers and sea ice around the world.
In southern Alaska, I have had the opportunity to take other approaches by sea. Like the Columbia, the Sawyer Glacier is melting dramatically. Thus, it had shrunk by some 600 metres between June and September 2016 when I observed it!
I love watching the calving of a glacier. I feel as much emotion as in front of an erupting volcano. Such phenomena put into perspective and confirm that Man is not much compared to the forces of Nature …

* James Balog and his team filmed the biggest ice calving ever seen by humans in Greenland.
https://youtu.be/oXe7T4SQNts

Le glacier Columbia en 2009

Le glacier Columbia en 2019

Le Glacier Sawyer en 2016

Beaucoup de glaciers de montagne sont en phase d’effondrement en Alaska

(Photos: C. Grandpey)

Submersion et pollution en Islande // Submersion and pollution in Iceland

La tempête Dennis a frappé l’Europe du Nord à la mi-février. A Reykjavik, la capitale islandaise, une rafale de 112 km / h a été enregistrée le 14 février 2020, tandis que plus à l’ouest de la ville, un coup de vent de 142 km / h a été signalé dans la ville de Keflavik.
C’est pendant les tempêtes que l’on peut voir les effets de l’élévation du niveau de la mer provoquée par le réchauffement climatique. En Islande, les intempéries et le fort coefficient de marée ont provoqué un phénomène de submersion, de sorte que les maisons situées près de l’océan ont eu les pieds dans l’eau à Keflavík, sur la Péninsule de Reykjanes. À Garður, pas très loin de là, les digues de terre n’ont pas suffi à retenir les vagues, provoquant l’inondation des maisons.
Les secours ont été appelés plus de 60 fois en une seule journée à Reykjanes.
Les dégâts matériels sont importants sur la Péninsules de Reykjanes, principalement à Grindavík, Sandgerði, Vogar, Garður, Njarðvík et Keflavík, où de nombreuses toitures se sont envolées. La vidéo ci-dessous montre les inondations à Keflavík::
https://www.facebook.com/VikurfrettirEhf/videos/217133089460220/

Source: Iceland Monitor

Outre la tempête, on peut rappeler que la fonte des glaciers se poursuit en Islande, comme on peut le voir sur une vidéo que vient de m’envoyer un visiteur de mon blog:.
https://youtu.be/6VahrDHNGPY

Il était en Islande en 2018. A côté de la fonte des glaciers, il a pu observer la pollution domestique le long des côtes, jusque dans des endroits très rarement visités par les touristes. En voyant le plastique sur le littoral, on imagine facilement le niveau de pollution en pleine mer !

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Storm Dennis hit northern Europe in mid-February. In Iceland’s capital of Reykjavik, a 112-km per hour wind gust was reported on February 14th, 2020, while farther west of the city, an 142-km per hour gust was reported in the town of Keflavik.

It is during the storms that one can see the effects of increased sea level caused by global warming. In Iceland, the severe weather and high sea levels have caused the flooding of houses in Keflavík, on the Reykjanes Peninsula, wherethe houses are located near the ocean. In nearby Garður, levies have not sufficed to hold the waves back, causing houses to flood.

Rescue teams in Reykjanes have been called out more than 60 times in a single day.

Property damage is substantial in Reykjanes – in Grindavík, Sandgerði, Vogar, Garður, Njarðvík and Keflavík, mainly due to flying roofing sheets and debris. The video below shows the flooded area in Keflavík : :

https://www.facebook.com/VikurfrettirEhf/videos/217133089460220/

Source: Iceland Monitor

Beside the stormy weather, one can add that glacier melting is going on in Iceland, as can be seen on a video a visitor to my blog has just sent me.

https://youtu.be/6VahrDHNGPY

He was in Iceland in 2018. Apart from glacier melting he could observe the domestic pollution along the coasts, in places that are very rarely visited by tourists. Seeing the plastic on the shores, one can easily imagine the pollution level out at sea.

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Sur ces images extraites de la vidéo, on a l’exemple parfait d’un glacier – le Klofajökull- en pleine phase de recul, avec rupture de sa partie frontale. La deuxième image montre une vue de l’encaissant encre très récent du glacier. Sur la troisième photo, on peut voir les matériaux laissés par le Klofajökull pendant son recul, avec les habituels lacs de fonte. Ne pas s’aventurer sur cette zone où les pièges sont nombreux.

L’incroyable recul du glacier Columbia en Alaska // The amazing retreat of the Columbia Glacier in Alaska

Voici une note qui confirme le recul très spectaculaire du glacier Columbia en Alaska. Il y était fait allusion dans un article paru dans Le Populaire du Centre le dimanche 15 septembre 2019.

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Si vous avez des doutes sur les effets du réchauffement climatique sur les glaciers, je vous invite à visionner une vidéo en accéléré mise en ligne par la NASA. Elle montre l’évolution du glacier Columbia en Alaska entre 1986 et 2019.
Le glacier Columbia prend sa source dans un champ de glace situé à 3 050 mètres d’altitude sur les flancs des Chugach Mountains. Il avance ensuite dans un chenal étroit qui le conduit vers la Baie du Prince William, dans le sud-est de l’Alaska.
Le Columbia est un glacier qui s’écoule directement dans la mer (‘tidewater glacier’ en anglais). Lorsque les explorateurs britanniques l’ont approché pour la première fois en 1794, son front s’étendait vers le sud jusqu’à la rive nord de Heather Island, près de l’ouverture de là où s’ouvre Columbia Bay. Le glacier a maintenu cette position jusqu’en 1980, date à laquelle il a entamé un recul rapide qui se poursuit aujourd’hui.
Les images en fausses couleurs sur la vidéo en accéléré ont été capturées par les satellites Landsat. Elles montrent l’évolution du glacier et du paysage environnant depuis 1986. La neige et la glace apparaissent en couleur cyan vif, la végétation est verte, les nuages ​​ont une couleur blanche ou orange pâle et les eaux de l’océan présentent une teinte bleu foncé. Le substrat rocheux à découvert est marron, tandis que les débris rocheux à la surface du glacier sont gris.
Depuis les années 1980, le front du glacier a reculé de plus de 20 kilomètres. Certaines années, il a reculé de plus d’un kilomètre, bien que la vitesse de recul soit irrégulière. Le front a ralenti son recul entre 2000 et 2006, car les Great Nunatak Peak et Kadin Peak (directement à l’ouest) ont ralenti la progression du glacier.
En même temps qu’il reculait, le Columbia s’est considérablement réduit en épaisseur, comme le montre l’étendue des zones de substrat rocheux de couleur marron de la vidéo. Depuis les années 1980, le glacier a perdu plus de la moitié de son épaisseur et de son volume.
Immédiatement au sud du front du glacier, on peut voir une couche de glace en train de flotter et parsemée d’icebergs qui se sont détachés de son front. La superficie et l’épaisseur de cette couche varient en fonction de l’importance des derniers vêlages et des conditions océaniques.
Le recul du glacier a également eu une influence sur sa morphologie. Dans les années 1980, il présentait trois bras principaux. En 1986, il y avait un bras à l’ouest de la moraine médiane (bras ouest), un bras à l’est de cette dernière (bras principal) et un bras plus petit qui se dirigeait vers l’est du Great Nunatak Peak.
Lorsque le Columbia a perdu de la masse et s’est aminci, la progression du bras le plus petit a stagné, s’est inversée et a finalement commencé à avancer à l’ouest du Great Nunatak Peak. En 2011, le recul du front du glacier a fait se diviser le Columbia en deux glaciers distincts, de sorte que le vêlage avait désormais lieu sur deux fronts séparés. En 2011, on pensait que le bras le plus à l’ouest s’était stabilisé, mais il a surpris les scientifiques avec un recul inattendu parfaitement visible sur la séquence vidéo de 2013. En 2019, les scientifiques pensaient à nouveau que ce bras allait cesser de reculer ; il faudra attendre la nouvelle visite au glacier en pour s’en assurer avec certitude.
En 2014, des chercheurs ont constaté que le bras principal s’était tellement aminci qu’il n’était plus retenu par le substrat rocheux. En conséquence, l’effet des marées océaniques pouvait se faire sentir sur le glacier jusqu’à 12 kilomètres en amont, provoquant ainsi une nouvelle instabilité du bras principal. Ce bras a repris son recul et en 2019, elle a produit de nombreux icebergs pendant l’été anormalement chaud.
Le recul du glacier Columbia contribue à l’élévation du niveau de la mer à l’échelle de la planète, principalement par l’intermédiaire du vêlage d’icebergs. Lorsque le front du Columbia atteindra la terre ferme, son recul va probablement ralentir. La surface plus stable provoquera une réduction du vêlage, ce qui permettra au glacier de commencer à reconstruire une moraine et de progresser une nouvelle fois.
Vous pourrez voir la vidéo en cliquant sur ce lien:
https://earthobservatory.nasa.gov/world-of-change/ColumbiaGlacier

 Source: NASA.

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If you have doubts about the effects of climate change and global warming on glaciers, I invite you to have a look at a NASA time lapse video showing the evolution of the Columbia Glacier in Alaska between 1986 and 2019.

The Columbia Glacier descends from an icefield 3,050 metres above sea level, down the flanks of the Chugach Mountains, and into a narrow inlet that leads into Prince William Sound in southeastern Alaska.

The Columbia is a tidewater glacier, flowing directly into the sea. When British explorers first surveyed it in 1794, its front extended south to the northern edge of Heather Island, near the mouth of Columbia Bay. The glacier held that position until 1980, when it began a rapid retreat that continues today.

The false-colour images, captured by Landsat satellites, show how the glacier and the surrounding landscape have changed since 1986. The snow and ice appear bright cyan, vegetation is green, clouds are white or light orange, and open water is dark blue. Exposed bedrock is brown, while rocky debris on the glacier’s surface is gray.

Since the 1980s, the terminus has retreated more than 20 kilometres to the north. In some years, the front retreated more than a kilometre, though the pace has been uneven. The movement of the glacier’s front stalled between 2000 and 2006 because the Great Nunatak Peak and Kadin Peak (directly to the west) constricted the glacier’s movement and held the ice in place.

As the glacier terminus has retreated, the Columbia has thinned substantially, as shown by the expansion of brown bedrock areas in the Landsat images. Since the 1980s, the glacier has lost more than half of its total thickness and volume.

Just south of the terminus, a layer of floating ice is dimpled with chunks of icebergs that have calved from the glacier and rafted together. The area and thickness of this layer varies depending on recent calving rates and ocean conditions.

The retreat has changed the way the glacier flows. In the 1980s, there were three main branches. In 1986, there was a branch to the west of the medial moraine (West Branch), a large branch that flowed to the east of it (Main Branch), and a smaller branch that flowed around the eastern side of Great Nunatak Peak.

As the Columbia lost mass and thinned, the flow in the smallest branch stalled, reversed, and eventually began flowing to the west of Great Nunatak Peak. By 2011, the retreating front split the Columbia into two separate glaciers, with calving now occurring on two distinct fronts. The West Branch was thought to have stabilized by 2011, but it surprised scientists with an unexpected retreat that shows up in the 2013 image. By 2019, scientists again thought the branch could be at the limit of its retreat. But until the glacier can be visited in person, they cannot say for sure.

In 2014, researchers found that the Main Branch had thinned so much that it no longer had traction against the bed. With less traction, the glacier can be affected by tidal motion as far as 12 kilometres upstream, leaving the Main Branch unstable again. The branch resumed retreat, and in 2019 shed ample icebergs during an anomalously warm summer.

The retreat of the Columbia Glacier contributes to global sea-level rise, mostly through iceberg calving. When the Columbia reaches the shoreline, its retreat will likely slow down. The more stable surface will cause the rate of calving to decline, making it possible for the glacier to start rebuilding a moraine and advancing once again.

You will see the video by clicking on this link:

https://earthobservatory.nasa.gov/world-of-change/ColumbiaGlacier

 Source : NASA.

Je me suis rendu en bateau au chevet du glacier Columbia en 2009 et 2013. J’ai réalisé à quelle vitesse le glacier avait reculé. J’ai remarqué le même phénomène lorsque je suis allé observer le glacier Sawyer au sud de Juneau en 2017.

Le Columbia en 2009

Le Columbia en 2013

Le Sawyer en 2017

(Photos: C. Grandpey)

La fonte des glaciers de la Chaîne des Cascades (Etats-Unis) // The melting of the Cascade Range glaciers (United States)

Plusieurs volcans de la Chaîne des Cascades – le long de la côte ouest des Etats-Unis – comme le Mt Baker, le Mt Rainier, le Mt Hood ou le Mt Shasta ont des glaciers à leurs sommets et sur leurs pentes. Avec le changement climatique, ces glaciers sont en train de fondre mais ils pourraient toujours constituer une menace pour les localités situées à des altitudes plus basses.

Les glaciers des North Cascades sont surveillés depuis 1983. En 2019, pour la 16ème fois consécutive, des glaciologues américains ont visité ces rivières de glace dans le cadre du North Cascade Glacier Climate Project. Le but de la mission était d’étudier l’impact du réchauffement climatique. La principale conclusion a concerné « la perte choquante de volume des glaciers ». Un glaciologue a déclaré: «J’ai été choqué par la perte d’épaisseur de chaque glacier au cours des deux dernières décennies et demie. »

Au cours des 16 journées passées sur le terrain, les chercheurs ont étudié scrupuleusement 10 glaciers. Les mesures qui ont été effectuées viennent s’ajouter à la base de données actuelle qui couvre 36 années et indique une perte en volume de 30% de ces glaciers au cours de cette période.

En regardant les premiers résultats de la mission, on peut constater que chaque glacier subira une perte de bilan massique de 1,5 à 2,25 mètres, ce qui se traduira par un recul continu. Les glaciers Columbia et Rainbow servent de référence au World Glacier Monitoring Service. L’Easton Glacier s’ajoutera à la liste dans les prochains mois.

De nombreuses photos ont été prises pendant la mission. Vous découvrirez quelques unes d’entre elles à cette adresse:

Annual Assessment of North Cascades Glaciers Finds ‘Shocking Loss’ of Volume

Les données définitives de bilan de masse et de recul des glaciers seront publiées après le 1er octobre 2019.

Source : The Oregonian.

À l’exception de ceux du Mont Shasta, qui semblent relativement stables grâce aux masses d’air humide en provenance du Pacifique, la plupart des glaciers de la Chaîne des Cascades marquent un net recul. Dans une note publiée le 7 mars 2016, j’ai décrit la situation sur le Mont Rainier où le principal danger redouté par les autorités concerne les lahars, autrement dit des coulées de boue qui pourraient être déclenchées par la fonte des glaciers sur les flancs du volcan. Cependant, avec le réchauffement climatique, les glaciers ont reculé au cours des dernières décennies, de sorte que leur volume est moins impressionnant que par le passé. Si une éruption se produisait, les coulées de boue seraient probablement moins destructives, même si elles causeraient de graves dégâts dans les localités sur leur chemin. Des villes comme Orting sur les berges de la Puyallup River seraient certainement touchées. Des itinéraires d’évacuation ont été mis en place pour permettre à la population de se réfugier dans des lieux sûrs.

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Several volcanoes of the Cascade Range like Mt Baker, Mt Rainier Mt Hood or Mt Shasta have glaciers at their summits and on their slopes. With climate change, these glaciers are melting but might still be a threat to communities at lower altitudes.

The North Cascades glaciers have been monitored since 1983. In 2019, for the 16th consecutive time, US glaciologists visited these rivers of ice as part of the North Cascade Glacier Climate Project. The aim of the mission was to see the impact of global warming. The main conclusion of the mission concerned the shocking loss of glacier volume. Said one glaciologist: “I was shocked by the amount of thinning each glacier has endured through the last two and a half decades.”

Over the span of 16 days in the field, 10 glaciers were examined in detail. The measurements that were completed add to the now 36-year-long database that indicate a 30 percent volume loss of these glaciers during that period.

Looking at the preliminary results, one can observe that each glacier will have a mass balance loss of  1.5 – 2.25 metres, which drives continued retreat. Columbia and Rainbow Glacier are reference glaciers for the World Glacier Monitoring Service, with Easton Glacier joining the ranks later this year.

Many photos have been taken during the mission. A few of them can be seen at this address:

https://glacierhub.org/2019/09/10/annual-assessment-of-north-cascades-glaciers-finds-shocking-loss-of-volume/?fbclid=IwAR0mWp8JeeMH-IbdEZ9ncH_SXoA4LxoHwcLB4vNO_XvULC4xll-vNso6_SA

Specific mass balance and retreat data will be published after October 1st, 2019.

Source: The Oregonian.

Except those on Mt Shasta which seem to be stable thanks to the wet air masses from the Pacific, most glaciers along the Cascade Range are retreating. In a note released on March 7th, 2016, I described the situation on Mt Rainier where the main danger feared by the authorities lies with the lahars, namely mudflows that could be triggered by the melting of the glaciers on the flanks of the volcano. However, with global warming, glaciers have been retreating in the past decades so that their volume is less impressive than in the past. Should an eruption occur, mudflows would likely be less destructive, even though they would cause severe damage to the communities on their way. Cities like Orting on the shores of the Puyallup River would certainly be affected. Evacuation routes have been set up to allow the population to flee to safe places.

Vue aérienne du Mont Baker

Glaciers du Mont Rainier

Voies d’évacuation à Orting, sur les flancs du Mt Rainier

Vue du Mont Shasta

(Photos: C. Grandpey)