Les richesses de l’Antarctique // Antarctica’s wealth

On peut lire aujourd’hui de nombreux articles sur l’Antarctique, notamment sur l’impact du réchauffement climatique dans la région. Cependant, il est rarement fait allusion à l’histoire et à la richesse de ce continent.

Un article publié dans The Conversation nous explique qu’il y a 200 ans, le 17 novembre 1820, Nathaniel Palmer, capitaine d’un navire en provenance du Connecticut, est arrivé en vue du continent antarctique. Contrairement aux explorateurs Edward Bransfield et Fabian von Bellingshausen, Palmer était un chasseur de phoques et il a rapidement vu le profit qu’il pourrait tirer des riches terrains de chasse de la Péninsule antarctique.

Au cours des deux siècles qui ont suivi, l’Antarctique a connu une série de péripéties commerciales, scientifiques et diplomatiques. Certains pays ont tenté de revendiquer une partie du continent dans la première moitié du 20ème siècle. Aujourd’hui, la région est régie par le Traité sur l’Antarctique. Bien que le Traité prétende contrôler l’Antarctique dans l’intérêt de « toute l’humanité », certains pays y ont tiré davantage de profits que d’autres. Alors que l’exploitation minière est actuellement interdite en vertu du Traité sur l’Antarctique et que l’époque de la chasse au phoque et à la baleine est révolue, les ressources marines vivantes de l’Antarctique sont toujours exploitées à ce jour.

Nathaniel Palmer a été suivi par de très nombreuses autres expéditions de chasse au phoque, principalement en provenance des États-Unis et de Grande-Bretagne. Elles ont méthodiquement tué des otaries à fourrure le long des côtes de l’Antarctique, amenant rapidement les populations au bord de l’extinction. La fourrure de phoque était utilisée pour les vêtements aux 18ème et 19ème siècles dans de nombreuses régions du monde et constituait une partie importante du commerce américain et européen avec la Chine au 19ème siècle. Avant 1833, au moins 7 millions d’otaries à fourrure ont été tuées en Antarctique. Les éléphants de mer étaient également chassés pour leur graisse qui pouvait être transformée en huile.

La chasse au phoque a rapidement décliné dans les années 1960 suite à une évolution des mentalités et à l’arrivée d’autres matériaux tels que les plastiques qui pouvaient être utilisés dans la fabrication de vêtements synthétiques chauds et de lubrifiants à base de pétrole. Par-dessus tout, la diffusion d’images montrant le massacre des bébés phoques au Canada au début des années 1960 a scandalisé la population nord-américaine et européenne, et a provoqué un changement rapide de comportement envers le phoque. La Convention pour la Conservation des Phoques de l’Antarctique a été signée en 1972 ; elle réglementait l’abattage à grande échelle des phoques par toutes les nations présentes dans la région. Aujourd’hui, la population d’otaries à fourrure a rebondi, avec une colonie de plus de 5 millions d’animaux dans la seule Géorgie du Sud, bien que les effectifs soient en diminution depuis l’an 2000. La population d’éléphants de mer a elle aussi rebondi, avec une population stable estimée à 650 000 animaux depuis le milieu des années 1990.

Les baleines étaient si nombreuses au large de l’Antarctique qu’elles attiraient des flottes de baleiniers en provenance de nombreux pays. D’abord sont arrivés les navires norvégiens et britanniques, qui ont ensuite été rejoints par d’autres d’Allemagne, de Russie, des Pays-Bas et du Japon. La chasse à la baleine se déroulait déjà dans l’Océan Austral au 19ème siècle, mais ce n’est que dans la première moitié du 20ème siècle que les baleines ont été chassées jusqu’à leur extinction. Au 19ème siècle, l’huile de baleine était principalement utilisée comme combustible pour l’éclairage. Ensuite, après 1910, de nouvelles utilisations ont été trouvées pour l’huile, y compris dans la fabrication de lubrifiants industriels et de graisses à usage alimentaire. En 1946, il a été décidé, à l’échelle internationale, de protéger les cétacés. L’objectif de la Commission baleinière internationale créée cette année-là était «d’assurer la bonne conservation des stocks de baleines et de permettre ainsi le développement ordonné de l’industrie baleinière».

Dans les années 1960, comme pour les phoques auparavant, l’attitude du public envers les baleines a commencé à changer lorsque les écologistes ont révélé qu’il s’agissait de créatures très intelligentes et sociables qui chantaient dans les profondeurs de l’océan. La plupart des pays ont cessé la chasse à la baleine dans l’Antarctique à la fin des années 1960.

Contrairement à la chasse à la baleine, la riche vie marine de l’Antarctique continue d’être exploitée aujourd’hui. En particulier, le krill  a commencé à être pêché dans les années 1970. Il s’agit d’un petit crustacé ressemblant à une crevette qui est utilisé dans les suppléments nutritionnels et les aliments pour animaux de compagnie. La Norvège, la Chine, la Corée du Sud et le Chili sont ses plus gros exploitants.

Les baleines, les phoques, les oiseaux et autres poissons dépendent du krill, ce qui en fait un élément essentiel de l’écosystème marin antarctique. Alors que le krill est actuellement abondant, on ne sait pas quelles seront les conséquences de la réduction de la glace de mer et l’évolution des schémas migratoires des prédateurs qui s’en nourrissent. Même si le krill reste abondant, le changement climatique a un impact rapide sur la stabilité écologique de l’Antarctique. Alors que les grandes campagnes environnementales tentent de sensibiliser à la fragilité de ce continent, la plupart des consommateurs ne connaissent probablement même pas la provenance de produits dans leurs assiettes. Les populations de baleines et de phoques continuent de se rétablir après la surexploitation du passé, mais les impacts futurs des pratiques de la pêche et du changement climatique accentuent la fragilité de ce continent.

Source: The Conversation.

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Many articles can be read today about Antarctica, expecially about the impact of global warming. However, little is said about the history and the wealth of this continent.

An article released in The Conversation explains that 200 years ago, on November 17th 1820, Connecticut ship captain Nathaniel Palmer spotted the Antarctic continent. Unlike explorers Edward Bransfield and Fabian von Bellingshausen, Palmer was a sealer who quickly saw economic opportunity in the rich sealing grounds on the Antarctic Peninsula.

In the two centuries that followed, Antarctica has seen a range of commercial, scientific and diplomatic developments. Some countries attempted to claim territory on the continent in the first half of the 20th century. Today the region is governed through the Antarctic Treaty.

Although the Treaty claims to govern Antarctica in the interests of all “mankind,” some countries have gained greater benefits from the region than others. While mining is currently banned under the Antarctic Treaty and the days of sealing and whaling are over, Antarctica’s marine living resources are still being exploited to this day.

Nathaniel Palmer was followed by a rush of other sealing ships, mostly from the United States and Britain that methodically killed fur seals along Antarctic beaches, rapidly bringing populations to the brink of extinction. Seal fur was used for clothing in the 18th and 19th centuries in many parts of the world and was an important part of U.S. and European trade with China in the 19th century. Before 1833, at least 7 million fur seals were killed in the Antarctic and sub-Antarctic. Elephant seals were also hunted, but for their blubber, which could be converted into oil.

Sealing rapidly declined in the 1960s, owing to a mix of evolving cultural sentiments and the availability of other materials, such as plastics, that could be made into warm synthetic clothing and petroleum-based lubricants. Above all, the broadcast of footage showing Canadian sealing in the early 1960s scandalized North American and European citizens and prompted a quick shift in attitudes toward sealing. The Convention for the Conservation of Antarctic Seals was signed in 1972, regulating the large-scale slaughter of seals for all nations in the region. Today, the population of fur seals has rebounded, with a colony of over 5 million on South Georgia alone, though numbers have declined since 2000. Elephant seals, too, have largely rebounded, with an estimated stable population of 650,000 since the mid-1990s.

The whaling grounds off Antarctica were so rich they drew fleets from many nations. First came Norwegian and British companies, later to be joined by others from Germany, Russia, the Netherlands and Japan. Whaling had occurred in the Southern Ocean in the 19th century, but it was not until the first half of the 20th century that whales were hunted to near extinction in the region. In the 19th century, whale oil was used primarily for lamp fuel. But after 1910, new uses were found for the oil, including as industrial lubricants and edible fats. In 1946, international efforts were made to protect whales. The goal of the International Whaling Commission created that year was “to provide for the proper conservation of whale stocks and thus make possible the orderly development of the whaling industry.” But, again in the 1960s, public attitudes toward whales, like seals, began to change when environmentalists revealed they were highly intelligent, sociable creatures that sang in the ocean depths. Most nations ceased whale hunting in the Antarctic by the end of the 1960s.

Contrary to whale hunting, Antarctica’s rich marine life continues to be exploited today. Krill began to be fished in the 1970s. Krill, a small shrimp-like crustacean, is used in nutritional supplements and pet foods. Norway, China, South Korea and Chile are its biggest harvesters.

Whales, seals, birds and other fish rely on krill, making them essential to the Antarctic marine ecosystem. While krill is currently plentiful in the Antarctic, it is unclear how much the reduction of sea ice and the changing migration patterns of predators who feed on it are affecting their populations. Even though sustainable harvesting is possible now, climate change is rapidly undermining Antarctic’s ecological stability. While major environmental campaigns try to raise awareness of Antarctica’s fragility, most consumers of its products likely do not even know their provenance. Whale and seal populations continue to recover from past overexploitation, but the future impacts of current fishing practices and climate change are uncertain.

Source : The Conversation.

Source : Wikipedia

L’Arctique et le réchauffement climatique (suite) // The Arctic and global warming (continued)

Un article publié dans le Juneau Empire, journal local de l’Alaska, résume parfaitement les bouleversements qui affecteront l’Arctique au cours des prochaines années en raison du réchauffement climatique. Selon la NOAA, la hausse des températures et la diminution de la couverture de neige et de glace dans l’Arctique mettent dès à présent en danger l’habitat, la pêche et les cultures locales. La disparition de la glace affecte les gens et leurs mode de vie.
La Mer de Béring,  entre l’Alaska et la Russie, est l’une des deux zones de pêche les plus productives au monde. Le problème, c’est que cette région se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète. Les deux dernier hivers ont vu la plus faible surface occupée par la glace de mer en Mer de Béring. En conséquence, les habitats des poissons dont dépendent la pêche industrielle et les groupes autochtones se sont déplacés vers le nord. L’industrie de la pêche repose sur l’hypothèse que le poisson se trouve à un certain endroit à un certain moment, mais cela ne sera plus vrai avec le changement rapide des conditions dans l’Arctique.
Les communautés autochtones sont  inquiètes elles aussi. Elles attendent avec impatience le retour de la glace de mer à chaque automne. C’est cette glace qui donne accès aux phoques, baleines, morses, poissons, crabes et autres espèces marines qui constituent leurs moyens de subsistance. Ces communautés observaient autrefois la glace dans le nord de la Mer de Béring pendant huit mois par an, mais maintenant elles ne la voient que pendant trois ou quatre mois.
La fonte de la calotte glaciaire du Groenland s’est accélérée. Elle est désormais sept fois plus rapide que dans les années 1990. Le manque de glace entraîne des perturbations alimentaires pour de nombreuses espèces de l’Arctique. Les ours polaires traquent leurs proies, y compris les phoques, sur la glace. Les goélands se nourrissent des restes des festins des ours, ainsi que de petits poissons et autres créatures. Avec le réchauffement climatique, les oiseaux migrent vers l’Arctique et ne trouvent plus la nourriture dont ils ont besoin. Ils errent l’estomac vide sur les plages. Les communautés autochtones expliquent avoir vu des oiseaux de mer morts sur les plages en nombre plus élevé que jamais auparavant.
La population reproductrice de goélands de l’Arctique canadien a diminué de 70% depuis les années 1980. Cela est probablement dû à réduction de la glace de mer et à la contamination de la chaîne alimentaire. Le goéland de l’Arctique est comme le canari de la mine de charbon*. Il est un excellent indicateur de son environnement. Comme l’a dit un scientifique: «C’est à nous et à personne d’autre de comprendre pourquoi ces changements se produisent et ce que nous pouvons faire pour remédier.»
Source: Juneau Empire.

* Allusion aux canaris en cage que les mineurs amenaient à fond de mine au 19ème siècle. Les gaz toxiques comme le monoxyde de carbone qui s’accumulent dans les mines tuaient les canaris avant les mineurs, leur donnant l’alerte et leur permettant d’évacuer.

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An article published in the local Alaskan newspaper Juneau Empire, sums up perfectly the deep changes that will affect the Arctic in the coming years because of the impact of global warming. According to NOAA, rising temperatures and shrinking snow and ice cover in the Arctic are endangering habitats, fisheries and local cultures. The loss of ice is affecting people right now and changing their lives.

The Bering Sea, which lies between Alaska and Russia, is one of the world’s two most productive fisheries. But the Arctic region is warming more than twice as fast as the rest of the planet. The past two years saw record low levels of sea ice – frozen sea water – floating on the Bering Sea during winter. As a consequence, the habitats of fish on which commercial fisheries and indigenous groups depend have shifted northward. Fishing industries are built around the assumption that fish will be in a certain place at a certain time, but this will ne longer be true in response to a rapidly changing Arctic.

Indigeneous communities are worried too. They look for the return of the sea ice every fall season. The ice provides access to seals, whales, walrus, fish, crabs and other marine life for our subsistence harvests. These communities once saw the ice in the northern Bering Sea during eight months of the year, but now they only see it for three or four months.

The melting of Greenland’s ice sheet has accelerated. It is now seven times faster than in the 1990s. Less ice means feeding disruptions for many Arctic species. Polar bears stalk their prey, including seals, on ice. Ivory gulls scavenge on ice for scraps of those hunts, as well as for small fish and other creatures. With global warming, birds are migrating to the Arctic and not finding the food they need. They are showing up with empty stomachs on the beaches. The indigenous communities are reporting seeing seabirds dead on beaches in numbers they haven’t seen before.

Arctic Canada’s breeding population of ivory gulls has declined 70% since the 1980s. This is likely due to loss of sea ice as well contamination in the food chain. The ivory gull in the Arctic is like the canary in the coal mine. As one scientist said: “It is really incumbent on us to understand why these changes are happening, and what can be done.”

Source: Juneau Empire.

Glace de mer dans l’Arctique (Photo: C. Grandpey)

Mauvaises nouvelles de l’Arctique // Bad news of the Arctic

Une nouvelle étude effectuée par 96 scientifiques spécialistes des régions polaires et appartenant à 50 organisations internationales vient d’être publiée dans la revue Nature. On apprend que si la glace du Groenland continue de fondre au rythme actuel, les côtes pourraient être submergées régulièrement d’ici la fin de ce siècle, mettant en détresse 400 millions de personnes. C’est 40 millions de plus que les chiffres publiés en 2018 par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). La nouvelle étude a révélé qu’avec la fonte des glaces du Groenland, le niveau de la mer pourrait augmenter de 67 centimètres d’ici 2100.
Un auteur de l’étude a déclaré: «En règle générale, pour chaque centimètre d’élévation du niveau de la mer, six millions de personnes supplémentaires sont exposées aux inondations côtières autour de la planète. Selon les tendances actuelles, avec la fonte des glaces du Groenland, 100 millions de personnes seront victimes d’inondations chaque année d’ici la fin du siècle, soit 400 millions au total en raison de la montée du niveau de la mer. Ce ne sont pas des événements improbables ou de petits impacts; ils se produiront à coup sûr et seront dévastateurs pour les communautés côtières. »
En 2013, le GIEC a fait plusieurs prévisions sur le niveau de la mer à l’échelle de la planète sur la base de différents scénarios ; les prévisions à moyen terme pointaient vers une augmentation de 60 centimètres d’ici la fin du siècle. Les chercheurs expliquent que les pertes de glace du Groenland suivent plutôt le pire scénario de réchauffement climatique prévu par le GIEC, avec une augmentation supplémentaire de sept centimètres du niveau de la mer en plus des estimations du GIEC.

Le réchauffement climatique provoque aussi un chamboulement dans la mer de Béring qui abrite l’une des plus grandes zones de pêche d’Amérique. Cela montre parfaitement comment l’augmentation des températures peut rapidement changer des écosystèmes vitaux pour l’économie.
Dans son rapport sur l’Arctique en 2019, la NOAA a écrit que la hausse des températures dans l’Arctique a entraîné une diminution de la glace de mer, une hausse record de la température au fond de la mer de Béring et la migration vers le nord d’espèces de poissons comme la morue du Pacifique. Bien que les changements affectent l’ensemble de l’Arctique, l’effet sur la faune est particulièrement visible sur la plateforme orientale de la mer de Béring, qui produit plus de 40% des prises annuelles de poissons et de crustacés aux États-Unis.
Le rapport indique également que la fonte de la calotte glaciaire du Groenland en 2019 a approché le record de 2012. Il a également attiré l’attention sur la fonte du permafrost de l’Arctique qui est passé d’un puits de carbone à une source d’émissions de gaz à effet de serre.
Les vastes changements subis par l’écosystème affectent également les 70 communautés autochtones de la mer de Béring. Les chasseurs de phoques, morses, baleines et poissons doivent aller beaucoup plus au large au fur et à mesure que la glace fond.
Source: NOAA et médias américains.

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 A new study by 96 polar scientists from 50 international organisations, published in Nature, informs us that coasts could be swamped by regular floods by the end of this century, leaving up to 400 million people homeless, if Greenland ice continues to melt. The figure is 40 million more than the numbers predicted in 2018 by the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC). The new study has found that with Greenland’s melting ice,sea levels could rise 67 centimetres by 2100.

Said one author of the study: “As a rule of thumb, for every centimetre rise in global sea level another six million people are exposed to coastal flooding around the planet. On current trends, Greenland ice melting will cause 100 million people to be flooded each year by the end of the century, so 400 million in total due to all sea level rise. These are not unlikely events or small impacts; they are happening and will be devastating for coastal communities. »

In 2013, the IPCC made several predictions about global sea levels based on different scenarios, with mid-range forecast pointing to a 60-centimetre rise by the end of the century.

But the researchers say Greenland’s ice losses are instead tracking the IPCC’s worse-case climate warming scenario, predicting an additional seven-centimetre rise in the sea levels on top of the IPCC’s estimates.

Climate change is also causing chaos in the Bering Sea, home to one of America’s largest fisheries, an example of how rising temperatures can rapidly change ecosystems important to the economy.

In its 2019 Arctic Report Card, NOAA wrote that rising temperatures in the Arctic have led to decreases in sea ice, record warm temperatures at the bottom of the Bering Sea and the northward migration of fish species such as Pacific cod. While the changes are widespread in the Arctic, the effect on wildlife is acute in the eastern shelf of the Bering Sea, which yields more than 40% of the annual U.S. fish and shellfish catch.

The report also said the melt of the ice sheet over Greenland in 2019 rivaled that of 2012, the previous year of record ice loss. It also detailed a shift of Arctic permafrost regions from being a sink for carbon dioxide emissions to a source of them.

The wide ecosystem changes also affect the 70 communities of indigenous people in the Bering Sea, with hunters seeking seals, walrus, whales and fish having to travel much farther offshore as the ice melts.

Source : NOAA and US news media.

   Plateforme continentale de la Mer de Béring (Source: NOAA)

Effets désastreux du réchauffement climatique sur la pêche dans l’Arctique // Disastrous effects of global warming on fishing in the Arctic

Le réchauffement climatique a des effets désastreux sur la pêche dans l’Arctique. Les autorités de l’Ile Kodiak, au sud de l’Alaska, vont demander au Gouverneur de l’Etat que soit décrété un état de catastrophe naturelle en raison de l’effondrement des stocks de morues dans tout le Golfe d’Alaska. La pénurie affectera beaucoup de communautés côtières de l’Alaska.
Les captures de morues dans le Golfe en 2018 vont chuter de 80%, avec un peu moins de 13 000 tonnes dans les eaux fédérales, contre près de 65 000 tonnes en 2017. L’effondrement devrait se poursuivre en 2020 et 2021. Les captures de morues dans la Mer de Béring diminueront également de 15% pour atteindre seulement 188 000 tonnes. Il faut savoir que l’Alaska produit 12% de la morue dans le monde.
La mauvaise nouvelle a été annoncée par le Conseil de Gestion de la Pêche dans le Pacifique Nord qui fixe les quotas de pêche pour plus de 25 espèces dans les eaux situées entre 5 km et 320 km du littoral dans le Golfe d’Alaska et la Mer de Béring.
Le déclin de la morue est dû au fait que les jeunes poissons n’ont pas survécu à la hausse de la température de la mer, phénomène qui a commencé en 2014. L’eau trop chaude a également nui à la survie des œufs de morue et anéanti plusieurs catégories de jeunes poissons.
Les prises dans les eaux de l’État d’Alaska (à moins de 5 km des côtes) vont également chuter, ce qui va nuire fortement aux pêcheurs qui utilisent de petits bateaux. Les captures de morues l’année prochaine dans le Golfe d’Alaska atteidront moins de 4 600 tonnes, contre plus de 21 800 tonnes en 2017.
D’autres exemples montrent à quel point certaines communautés du Golfe seront affectées. À Cook Inlet l’an prochain, les captures de morues atteindront moins de 317 tonnes, contre plus de 3000 tonnes en 2017. Dans le Prince William Sound, les captures seront de moins de 500 tonnes, contre 1800 tonnes habituellement. À Kodiak, la capture de morues dans les eaux de l’État sera de 950 tonnes en 2018, contre plus de 5500 tonnes en 2017.
C’est la raison pour laquelle la ville de Kodiak va présenter une demande de catastrophe naturelle au Gouverneur de l’État d’Alaska d’ici la fin de l’année.
Source: Anchorage Daily News.

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Global warming is having disastrous effets on fishing in the Arctic. Kodiak officials have sent the Governor of the State a disaster declaration due to the crash of cod stocks throughout the Gulf of Alaska. The shortage will hurt many other coastal communities as well.

Gulf cod catches for 2018 will drop by 80 percent to just under 29 million pounds in federally managed waters, compared to a harvest this year of nearly 142 million pounds. The crash is expected to continue into 2020 or 2021. Cod catches in the Bering Sea also will decline by 15 percent to 414 million pounds. In all, Alaska produces 12 percent of global cod fish.

The bad news was announced by the North Pacific Fishery Management Council, which sets the catches for more than 25 species in waters from 5 km to 320 km from shore in the Gulf and the Bering Sea.

The cod decline is blamed on younger fish not surviving warm ocean temperatures that began in 2014. The warm water also hurt cod egg survival and wiped out several year classes of juvenile fish.

The harvest numbers for state waters (inside 5 km) also will plummet. That will really hurt small-boat fishermen. State water cod catches next year in the Gulf will total less than 10 million pounds compared to more than 48 million pounds in 2017.

Further examples show how badly some Gulf communities will be affected. At Cook Inlet the cod take next year will drop to under 700,000 pounds compared to more than 6.2 million pounds in 2017. At Prince William Sound, the cod catch will be less than 1 million pounds, down from 4.3 million pounds. At Kodiak, the state waters cod catch in 2018 will be 2.2 million pounds, down from more than 12 million pounds in 2017.

This is the reason why the City of Kodiak will send a disaster declaration request to the Governor of the State of Alaska by the end of this year.

Source: Anchorage Daily News.

Vue des mers autour de l’Alaska (Source: Google Maps)

Des mesures pour protéger l’Océan Arctique ? // Measures to protect the Arctic Ocean ?

Avec le changement et le réchauffement climatiques et la fonte de la glace de mer, de plus en plus d’eaux s’ouvrent à la navigation dans l’Arctique, d’où la nécessité de protéger l’environnement dans cette partie du monde.
Deux idées ont été émises pour protéger l’Océan Arctique : l’interdiction du fioul lourd et un moratoire sur la pêche commerciale dans les eaux internationales. Elles ont été adoptées par les gouvernements, les autochtones et les écologistes, mais leur mise en oeuvre est lente et bien en retard par rapport aux paroles officielles.
L’interdiction de l’utilisation du fioul lourd dans l’Arctique est préconisée par les écologistes qui veulent l’ajouter au nouveau Code Polaire, un ensemble de règles environnementales et de sécurité contraignantes mises en vigueur au début de l’année par l’Organisation Maritime Internationale (OMI ), organisme qui définit les règles de navigation internationales pour 172 états membres, dont les États-Unis, la Russie, le Canada et les États scandinaves. Bien que le Code Polaire interdise l’utilisation du fioul lourd dans les eaux antarctiques, l’interdiction ne s’appliquait pas encore à l’Arctique, situation que les groupes environnementaux et autochtones essaie de changer.
Le fioul lourd, bien qu’il soit moins coûteux à fabriquer et à l’achat que d’autres combustibles, est considéré comme particulièrement dangereux dans l’Arctique car il est extrêmement visqueux et particulièrement lent à se dégrader dans un environnement froid. Lors de sa combustion, le fioul lourd produit également plus de polluants que d’autres combustibles. Le carbone noir est particulièrement préoccupant car il assombrit les surfaces de glace et de neige, ce qui entraîne une fonte et un réchauffement plus rapides.
La Russie, le pays avec le littoral arctique le plus étendu et la majorité des navires dans les eaux de l’Arctique, traîne les pieds à l’idée d’une interdiction. Les navires russes utilisent le fioul lourd à la fois comme carburant et comme cargaison. Un document du gouvernement russe envoyé à l’OMI l’automne dernier a contesté l’affirmation selon laquelle le fuel lourd produirait suffisamment de carbone noir pour accélérer la fonte des glaces et le changement climatique de l’Arctique. Selon le document russe, les émissions noires de carbone ne représentent qu’un faible pourcentage des émissions des navires dans l’Arctique. Les États-Unis et six autres pays – le Canada, la Finlande, la Norvège, l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Islande – ont soumis une demande conjointe à l’OMI pour trouver les moyens de mieux contrôler le fioul lourd et ses effets dans l’Arctique, mais on est encore loin d’une proposition spécifique qui viserait à interdire ce carburant.

Dans le même temps, un projet émanant de 10 gouvernements et visant à interdire la pêche commerciale dans les eaux internationales de l’Océan Arctique n’a pas encore abouti à un accord contraignant. La dernière négociation a eu lieu le mois dernier à Reykjavik. C’était la cinquième réunion de négociations visant à mettre en place un plan contraignant pour interdire la pêche commerciale dans la zone de 1,1 million de kilomètres carrés d’eaux internationales connue sous le nom de Doughnut Hole – « Trou de Beigne » – de l’Arctique. Participaient à cette réunion les « Arctic Five », autrement dit les pays dont le territoire borde les eaux internationales de l’Océan Arctique central : les États-Unis, le Canada, la Norvège, la Russie et le Danemark avec le Groenland. L’Islande, le Japon, la Corée, la Chine et l’Union européenne, qui ont également des intérêts dans l’Arctique, participent également aux négociations. Toutes les délégations ont réaffirmé leur désir d’interdire la pêche non réglementée en haute mer dans l’Océan Arctique central, ainsi qu’un engagement à promouvoir la conservation et l’utilisation durable des ressources marines vivantes et à protéger les écosystèmes marins. Il existe malgré tout des désaccords sur la définition des eaux internationales dans cette région où plusieurs nations font de nouvelles revendications territoriales.
La pêche commerciale n’a pas encore débuté dans la grande zone internationale de l’Océan Arctique central. La région était jusqu’à présent couverte de glace toute l’année. La crainte est que, avec la migration des poissons vers le nord dans les eaux maintenant dépourvues de glace, les flottes de pêche suivent cette migration et viennent installer leurs filets avant même que les responsables aient pu contrôler l’écosystème de la région.
Source: Alaska Dispatch News.

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With climate change, global warming and the melting of sea ice, more and more open waters will be open to shipping in the Arctic, hence the need to protect the environment in that part of the world.

Two ideas for protecting the rapidly changing Arctic Ocean – a ban on heavy fuel oil and a moratorium on commercial fishing in international waters – have been embraced by governments, indigenous groups and environmentalists. But international action on those initiatives is slow, lagging far behind official words of support.

The proposed ban on heavy fuel oil use in the Arctic is being advocated by environmentalists who want it added to the new Polar Code, a set of binding environmental and safety rules put into effect at the start of the year by the International Maritime Organization (IMO), a body that sets international shipping rules for 172 member states, including the United States, Russia, Canada and the Scandinavian states. Though the Polar Code bans the use of heavy fuel oil in Antarctic waters, it includes no such ban for the Arctic, a situation that a coalition of environmental and indigenous groups is trying to change.

Heavy fuel oil, while cheaper to manufacture and buy than other fuels, is considered especially pernicious in Arctic conditions because it is extremely viscous and especially slow to degrade in a cold environment compared to other fuels. Heavy fuel oil, when burned, also produces more pollutants than do other fuels. Of particular concern is black carbon because it darkens ice and snow surfaces, leading to faster melt and warming.

Russia, the country with the world’s most Arctic coastline and the most ships sailing Arctic waters, is resisting the idea of a ban. Russian ships use the oil as fuel and deliver it as cargo. A Russian government document sent to the IMO last fall disputed the claim that heavy fuel oil produces enough black carbon to accelerate ice melting and Arctic climate change. Black carbon emissions made up on only a tiny percentage of vessel emissions in the Arctic, the Russian document said. The United States and six other nations have submitted a joint request to the IMO to investigate ways to better control heavy fuel oil and its effects in the Arctic, though the request falls far short of a specific proposal to ban the fuel. The six nations joining the United States are Canada, Finland, Norway, Germany, the Netherlands and Iceland.

Meanwhile, a 10-government plan to prevent commercial fishing in international waters of the Arctic Ocean has yet to produce a binding agreement. The most recent negotiation was held last month in Reykjavik, Iceland. It was the fifth in a session of negotiating meetings aimed at a binding plan to prevent commercial fishing in the 1.1 million-square-mile area of international waters known as the Arctic « doughnut hole. » Participating in the sessions are the so-called « Arctic Five, » nations that have territory bordering international waters of the central Arctic Ocean : the United States, Canada, Norway, Russia and Denmark, which includes Greenland. Iceland, Japan, Korea, China and the European Union, who also have interests in the Arctic, are taking part in the negotiations as well. All delegations reaffirmed their commitment to prevent unregulated high seas fishing in the central Arctic Ocean as well as a commitment to promote the conservation and sustainable use of living marine resources and to safeguard healthy marine ecosystems in the central Arctic Ocean. Still, there are sticking points. They include disagreements over the definition of international waters in a region where several nations are making new territorial claims.

In the larger international zone of the Central Arctic Ocean, commercial fishing has yet to take place. The area has been dependably covered by year-round ice — until recently. The concern is that as fish migrate north into newly open waters, fishing fleets will follow, and harvests may start before fishery managers know enough about the region’s ecosystem to provide responsible oversight.

Source : Alaska Dispatch News.

Photo: C. Grandpey

 

 

Les volcans et les saumons // Volcanoes and salmon

drapeau francaisComme je l’ai écrit à plusieurs reprises, la pêche au saumon joue un rôle non négligeable dans l’économie de l’Alaska et elle est sévèrement contrôlée par les autorités de l’Etat. Alors que je m’adonnais moi-même aux joies de la pêche au saumon en septembre, j’ai rencontré un autre pêcheur qui m’a raconté une histoire assez surprenante, sur un ton qui montrait que, s’agissant de la pêche, il n’y a pas vraiment d’histoire d’amour entre l’Alaska et la Colombie-Britannique. A mon retour, je me suis plongé dans la presse alaskienne et canadienne et j’ai eu confirmation de ses propos.

Le 7 Août 2008, le volcan Kasatochi, à l’extrémité ouest des îles Aléoutiennes, vomissait des millions de tonnes de cendre volcanique riche en fer dans le Golfe d’Alaska et déclenchait une apparition massive d’algues. Deux ans plus tard, en Colombie Britannique, la rivière Fraser connaissait une arrivée incroyable de 34 millions de saumons rouges (les sockeye), la plus grande remontée jamais observée depuis 1913. Plus étonnant encore, l’année précédente, on n’avait recensé que 1,7 millions de poissons, l’une des remontées les plus faibles jamais enregistrées.
Selon les scientifiques, les deux événements étaient probablement liés, mais les saumons sont des créatures extrêmement complexes et il existe un trop grand nombre d’autres facteurs pour pouvoir établir un lien direct entre l’arrivée massive de saumons rouges et le fer apporté par la cendre volcanique.
Quoi qu’il en soit, en espérant imiter le volcan, une société de Colombie-Britannique – Haida Salmon Restoration Corporation (HSRC) – a piloté l’une des initiatives les moins orthodoxes de l’histoire canadienne de la pêche : déverser des tonnes de poudre de fer dans l’océan, déclencher une prolifération de plancton et attendre une arrivée record de poissons, avec à la clé une pêche et des profits exceptionnels !
Pendant que la compagnie HSRC s’efforce de convaincre la population de Colombie-Britannique, très friande de saumons, de la légitimité de cette initiative, un très impressionnant groupe d’opposants l’accuse de vouloir jouer aux apprentis sorciers. Comme l’a déclaré un analyste : «Nous aimerions tous croire qu’en jetant un tas de fer dans la mer on peut synthétise la chair de saumon, mais ce n’est pas aussi simple que ça ».
Comme me disait mon compagnon de pêche, nous avons déjà assez de problèmes environnementaux à résoudre – en particulier le réchauffement climatique qui affecte la migration des saumons – sans toucher à la Nature juste pour un profit commercial !

 

drapeau anglaisAs I put it before, salmon fishing plays a non-negligible part in Alaska’s economy and is severely controlled by the state’s authorities. While I was myself fishing in September, another fisherman told me a story with a tone that led me to think that there is not really a love affair about fishing between Alaska and neighbouring British Columbia in Canada!

On August 7th, 2008, Kasatochi volcano, on the western edge of the Aleutian Islands, spewed millions of tonnes of iron-rich volcanic ash into the Gulf of Alaska and kicked off a massive algae bloom. Two years later, the Fraser River surged with an unbelievable 34 million sockeye salmon, the largest run of the fish since 1913.  More amazing still, the year before, the run had yielded only 1.7 million fish, one of the weakest on record.

According to scientists, the two events were probably related but salmon are extremely complex creatures and there are too many other factors to responsibly make any link between sockeye returns and the iron-dumping.

Anyway, copying the natural event, a British Columbia company – Haida Salmon Restoration Corporation (HSRC) – has been leading one of the most unorthodox schemes in Canadian fisheries history: Dump tonnes of powdered iron in the ocean, spark a plankton bloom and then expect a record run (and catch!) of fish!

But as the company is making efforts to convince the salmon-hungry population of British Columbia of the legitimacy of this initiative, a solid chorus of opponents is warning that HSRC may be recklessly playing God. Said a fisheries analyst: “We’d all like to believe that you can throw a bunch of iron in the sea and it synthesizes salmon flesh, but it is not that easy.”

As the other fisherman told me, we already have enough environmental problems to solve – especially global warming which affects salmon migration – without tampering with Nature just for the money!

Sockeye-blog

Belle prise dans la rivière Kenai!  Le saumon « sockeye » est facilement reconnaissable à sa couleur.

(Photo:  C. Grandpey)