Un cratère géant sous la calotte glaciaire du Groenland // A giant crater beneath Greenland’s ice sheet

Quand on parle de cratères, on pense tout d’abord aux volcans, mais il ne faudrait pas oublier les cratères d’impact laissés par les météorites. L’un des plus célèbres est Meteor Crater dans l’Arizona aux Etats Unis, mais il en existe de nombreux autres dans le monde, comme l’astroblème de Rochechouart-Chassenon dans la Haute Vienne, à une trentaine de kilomètres de mon domicile.

Selon un article publié le 14 novembre 2018 dans la revue Science Advances, des scientifiques ont découvert au Groenland, sous le glacier Hiawatha, un énorme cratère d’impact plus grand que la ville de Paris. C’est probablement l’une des 25 plus grandes structures d’impact sur Terre. Il s’agit d’une dépression circulaire dans le substrat rocheux. Elle mesure 31 km de diamètre, à un kilomètre sous la glace, et a probablement été causée par la chute d’un astéroïde ferreux d’environ un kilomètre de diamètre.
Il ne fait guère de doute que l’impact a eu des conséquences environnementales importantes dans l’hémisphère nord et peut-être même au-delà. Un tel événement a pu affecter le climat et faire fondre une grande partie de la glace. Cela a pu aussi provoquer un afflux soudain d’eau froide dans le détroit de Nares entre le Canada et le Groenland, avec un impact sur les courants océaniques dans la région.
Les chercheurs ne sont pas sûrs de l’âge exact du cratère, mais pensent qu’il est peu probable qu’il soit antérieur à la formation de la calotte glaciaire du Groenland au début du Pléistocène, il y a plus de deux millions d’années. En utilisant des techniques de datation, ils ont constaté que la jeune glace recouvrant le cratère était en bon état, mais que la glace plus profonde et plus ancienne présentait de nombreux débris et était très dégradée.
Ce cratère est le premier du genre à être découvert dans le nord-ouest du Groenland. Il ajoute une pièce importante au puzzle du paysage qui se cache sous la gigantesque calotte glaciaire. Bien que les sondages de la calotte glaciaire du Groenland par radar aéroporté aient commencé dans les années 1970, il n’a pas été possible de procéder à une étude détaillée de la calotte avant les deux dernières décennies.
Après avoir effectué leur découverte initiale, les chercheurs ont collecté trois échantillons de sédiments déposés par une rivière s’écoulant du glacier. Dans l’un des échantillons, des grains de quartz angulaires avec de petites inclusions fluides étaient présents et montraient des signes du choc subi au cours de l’impact. Plusieurs de ces grains sont constitués de matériaux carbonés et de verre, probablement dérivés de la fusion par impact de grains de minéraux dans le substrat rocheux. Des analyses supplémentaires ont révélé que le sédiment contenait des concentrations élevées de nickel, de cobalt, de chrome et d’or, ce qui est la preuve d’une météorite ferreuse relativement rare.
Source: Presse internationale.

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When we talk about craters, we first think of volcanoes, but we should not forget the impact craters left by meteorites. One of the most famous is Meteor Crater in Arizona in the United States, but there are many others in the world, like the “astroblème Rochechouart-Chassenon” in Haute Vienne (France), about thirty kilometers from my home.

According to an article published on November 14th, 2018 in the journal Science Advances, scientists have discovered a huge impact crater larger than the Paris area beneath Greenland’s Hiawatha Glacier. It could be one of the 25 largest impact structures on Earth. It is a 31-kilometre-wide circular bedrock depression up to a kilometre below the ice and was likely caused by a fractionated iron asteroid about a kilometre wide.

Its impact probably had substantial environmental consequences in the Northern Hemisphere and perhaps even more widely. It may have affected the climate and melted much of the ice. This may have caused a sudden influx of cold water in the Nares Strait between Canada and Greenland, which in turn may have affected the ocean currents in the area.

The researchers are unsure of its exact age, but suggest it is unlikely to predate the Pleistocene inception of the Greenland Ice Sheet, more than two million years ago. Using dating techniques, they inferred that the young ice covering the crater is in a good state but that deeper and older ice is debris-rich and heavily disturbed.

The crater is the first of its kind to be discovered in northwest Greenland, and adds another important piece to the jigsaw of the long-hidden landscape lying underneath its giant ice sheet. While airborne radar sounding of the Greenland Ice Sheet began in the 1970s, comprehensive surveying of the ice sheet has only become possible over the past two decades.

After making their initial discovery, the researchers retrieved three sediment samples deposited by a river draining out of the glacier. In one sample, angular quartz grains with small fluid inclusions were present and showed signs of being shocked by an impact. Several of these grains consist of carbonaceous materials and glass that are likely derived from impact melting of mineral grains in the bedrock. Further testing of subsamples found the sediment contained elevated concentrations of nickel, cobalt, chromium and gold, indicative of a relatively rare iron meteorite.

Source: International news media.

Photos: C. Grandpey

La rétraction de la banquise antarctique s’accélère // The retraction of Antarctica’s ice sheet is accelerating

Selon une étude réalisée par des scientifiques de l’Université de Leeds et publiée en avril 2018 dans la revue Nature Geoscience, les contours de l’Antarctique sont en recul. L’eau chaude qui circule au fond de l’océan vient ronger l’assise glaciaire sous-marine du continent. Les dernières observations révèlent que l’Océan Austral a ainsi fait fondre une surface de 1463 kilomètres carrés de glace entre 2010 et 2016.
Les glaciers de l’Antarctique ont reculé à un rythme moyen de 24 mètres par an. Toutefois, la vitesse de recul du front de huit des 65 plus grands glaciers de la calotte glaciaire est cinq fois plus importante et atteint environ 120 mètres par an. Sans surprise, les vitesses de recul  les plus spectaculaires ont été mesurées le long de la côte ouest de l’Antarctique.
L’étude fournit des preuves évidentes que la rétraction de la calotte glaciaire antarctique est provoquée par l’action de l’océan qui la fait fondre globalement à sa base, et pas seulement dans les quelques endroits qui ont été cartographiés jusqu’à présent. Ce recul a un impact énorme sur les glaciers de l’intérieur car leur perte de contact avec les fonds marins élimine tout frottement, les fait accélérer et contribue in fine à l’élévation globale du niveau des océans.
Les scientifiques britanniques se sont appuyés sur les données fournies par le satellite CryoSat-2 de l’Agence Spatiale Européenne pour mener leur étude. Le satellite mesure les variations de niveau de la calotte glaciaire. En prenant en compte la géométrie des glaciers et des fonds marins, les scientifiques peuvent utiliser ces données pour estimer les variations horizontales des contours de la calotte glaciaire. Le satellite a été très utile pour effectuer ce travail en Antarctique car ces endroits sont inaccessibles et généralement invisibles au sol. C’est une illustration parfaite de l’importance des mesures satellitaires pour identifier et comprendre les changements environnementaux.
A côté de la vitesse de rétraction impressionnante des contours de l’Antarctique occidental, les scientifiques ont découvert que le Pine Island Glacier avait cessé de perdre sa glace. Jusqu’à récemment, le glacier était l’un de ceux qui avançaient le plus vite. Ce recul est préoccupant car si l’un de ces glaciers commence à accélérer son glissement dans l’océan, tous les autres glaciers de la péninsule antarctique occidentale feront probablement de même car ils sont interconnectés.

Source : Université de Leeds.

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According to a study by scientists at the University of Leeds published in April 2018 in the journal Nature Geoscience, the grounding lines of Antarctica are on the retreat. The ocean floor warm ocean water is shrinking Antarctica’s underwater footprint. According to the new data, the Southern Ocean melted 1463 square kilometres of underwater ice between 2010 and 2016.

Antarctica’s glaciers have been retreating at an average rate of 24 metres per year. But the rate retreat of the grounding lines of eight of the ice sheet’s 65 largest glaciers is five times greater, roughly 120 metres per year. The most dramatic rates of grounding line retreat were measured along the coast of West Antarctica.

The study provides clear evidence that retreat is happening across the ice sheet due to ocean melting at its base, and not just at the few spots that have been mapped before now. This retreat has had a huge impact on inland glaciers, because releasing them from the sea bed removes friction, causing them to speed up and contribute to global sea level rise.

The British scientists relied on data collected by the European Space Agency’s CryoSat-2 to conduct their study. The satellite measures changes in ice sheet elevation. With knowledge of glacier and sea floor geometry, scientists can use the data to estimate the horizontal motion of the ice sheet’s grounding line. The satellite was very useful to detect the motion of Antarctica’s grounding lines as they are impossible places to access from below, and usually invisible on the ground. It is a fantastic illustration of the value of satellite measurements for identifying and understanding environmental changes.

Despite the alarming rates of grounding line retreat in West Antarctica, scientists found evidence that Pine Island Glacier’s groundling line has halted its losses. Until recently, the Pine Island Glacier was one of the ice sheet’s fastest retreating glaciers. This retreat is preoccupying because if one of these glaciers starts sliding into the ocean, all the other glaciers of the West Antarctic Peninsula are likely to do so as they are interconnected.

Source: University of Leeds.

Les flèches indiquent les secteurs où la rétraction de la banquise antarctique est la plus marquée (Source: Université de Leeds)

La chaleur interne de la Terre accélère le glissement de la calotte glaciaire du Groenland // Heat from Earth’s interior accelerates the sliding of ice sheets in Greenland

Jusqu’à présent, l’amincissement de la calotte glaciaire du Groenland était attribué à la seule hausse des températures qui accompagne le réchauffement climatique actuel sur notre planète. De nouvelles recherches laissent supposer que la dissipation de la chaleur interne de la Terre est également responsable de l’accélération du glissement de la calotte glaciaire du Groenland vers la mer. La dernière étude, publiée dans la revue Scientific Reports, est la première à établir un lien entre cette perte de glace et la chaleur en provenance de l’intérieur de la Terre.
La recherche est le fruit d’un travail de dix ans sur le fjord Young Sund au Groenland. Pendant ces dix années, des scientifiques du Centre de Recherche Arctique, de l’Université d’Aarhus et de l’Institut des Ressources Naturelles du Groenland ont mesuré les températures et les niveaux de salinité dans le fjord. Leur étude a montré que l’eau du fjord, entre 200 et 330 mètres de profondeur, s’est graduellement réchauffée au cours de la dernière décennie.
Une analyse plus poussée a montré qu’une quantité importante de chaleur émanait de l’intérieur de la Terre et réchauffait lentement l’eau du fjord. Les scientifiques estiment à environ 100 milliwatts (mW) par mètre carré l’énergie transférée de l’intérieur de la Terre vers le fjord.
Les résultats montrent que des quantités similaires de chaleur ont atteint la base des glaciers de la région. Ce nouveau mécanisme de réchauffement crée une lubrification qui accélère la progression des glaciers vers la mer.
Selon les chercheurs, c’est l’action combinée de la température plus élevée de l’air et de la mer, les précipitations venues du ciel, la dynamique locale de la calotte glaciaire et la perte de chaleur de l’intérieur de la Terre qui entraîne la perte de masse de la calotte glaciaire du Groenland. Ils sont persuadés que la chaleur de l’intérieur de la Terre affecte le mouvement de la glace, et ils pensent qu’une infiltration de chaleur identique se produit en dessous d’une grande partie de la calotte glaciaire dans la partie nord-est du Groenland.
Il est difficile de mesurer le flux de chaleur sous les glaciers, mais les scientifiques espèrent que leurs dernières découvertes permettront une modélisation plus précise du mécanisme de réchauffement. Avec des mesures plus précises du flux de chaleur, les scientifiques pourront prédire avec plus de précision le devenir des calottes glaciaires du Groenland.
Vous trouverez plus de détails sur l’étude en cliquant sur ce lien:

https://www.nature.com/articles/s41598-018-19244-x

Source: Nature.com.

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Up to now, the thinning of Greenland’s icecap was attributed to rising temperatures that accompany the current global warming n Earth. New research suggests the dissipation of heat from Earth’s interior is also responsible for the acceleration of the seaward slide of Greenland’s ice sheets. The latest research, published in the journal Scientific Reports, is the first to link the ice loss with escaped heat from Earth’s interior.

The research was made possible by a decade-long survey of Greenland’s Young Sund fjord. For ten years, scientists with the Arctic Research Centre, Aarhus University and the Greenland Institute of Natural Resources measured temperatures and salinity levels in the fjord. Their survey showed deep-lying water in the fjord, between 200 and 330 metres deep, has gradually warmed over the last decade.

Further analysis showed a significant amount of heat is emanating from Earth’s interior, slowly warming the fjord’s water. Scientists estimated 100 milliwatts (mW) per square metre of energy was transferred from the Earth’s interior to the fjord.

The findings suggest similar amounts of heat were transferred to the bottoms of surrounding glaciers. This newly detailed warming mechanism creates lubrication, accelerating glacial descent.

According to the researchers, it is the combination of higher temperatures in the air and the sea, precipitation from above, local dynamics of the ice sheet and heat loss from the Earth’s interior that determines the mass loss from the Greenland ice sheet. They are persuaded that the heat from the Earth’s interior affects the movement of the ice, and they expect that a similar heat seepage takes place below a major part of the ice cap in the north-eastern corner of Greenland.

Measuring heat flux beneath glaciers is difficult, but scientists hope their latest findings will lead to more accurate modeling of the warming mechanism. With more accurate measurements of heat flux, scientists can more accurately predict the fate of Greenland’s ice sheets.

More details about the study can be found at this address: https://www.nature.com/articles/s41598-018-19244-x

Source : Nature.com.

Young Sund Fjord (Source : Arctic Science Partnership)

En attendant la prochaine éruption du Katla (Islande) // Waiting for Katla’s next eruption in Iceland

Après les inquiétudes concernant une possible éruption du super volcan de Yellowstone aux Etats Unis, voici que naît l’angoisse autour du volcan Katla en Islande. Plusieurs journaux américains viennent de publier un même article sur ce sujet.
L’auteur de l’article explique qu’après un été d’activité sismique intense sur le Katla, « les Islandais épient le moindre signe d’une éruption du volcan le plus surveillé de leur pays ». Le Katla est entré en éruption pour la dernière fois en 1918. Depuis le début de l’histoire connue du volcan au 12ème siècle, jamais 99 années se sont écoulées sans une éruption. Huit des 10 dernières éruptions du Katla se sont produites entre septembre et novembre, moment où la fonte de la calotte de glace qui le recouvre est censée – en libérant sa pression –  créer des conditions favorables à la sortie de la lave.

Vik, un hameau sur la côte sud, se prépare au pire. En cas d’éruption, un texto sera envoyé à chaque téléphone mobile connecté au réseau régional. Les 543 habitants savent ce qu’ils doivent faire: informer leurs voisins – et où aller: l’église, qui est abritée par la montagne. Selon la Protection Civile islandaise, les touristes seraient le plus grand problème en cas d’éruption. Ils pourraient être en grand nombre au coeur de la saison touristique, répartis dans le pays et moins susceptibles que les locaux d’être au courant des mesures à prendre en cas d’urgence.
Ce qui inquiète les volcanologues, c’est que Katla se trouve sous une calotte de glace de plusieurs centaines de mètres d’épaisseur, ce qui signifie qu’une éruption est susceptible de faire fondre cette glace et provoquer de graves inondations. On s’attend à ce que le volume d’eau atteigne 300 000 mètres cubes par seconde, plus important que le débit de l’Amazone. Il se pourrait que cette arrivée massive d’eau fasse monter le niveau de l’océan considérablement, de sorte que les autorités prévoient d’évacuer tous les habitants de la côte vers la pointe sud de l’île.
Au cours des 11 derniers mois, le Met Office islandais a fait passer à deux reprises le niveau d’alerte du Katla au Jaune. Pendant quatre jours cet été, les Islandais ont remarqué avec inquiétude que les séismes atteignaient la magnitude M 3 et la fonte de la glace a provoqué une crue de la rivière Mulakvisl près de Vik.
[Remarque personnelle: Il convient de noter que la dernière sismicité sur le Katla était très superficielle, à environ 100 mètres de profondeur. En conséquence, il y a peu de chances pour qu’elle ait été causée par une ascension du magma sous le volcan, d’autant plus qu’aucune déformation significative n’a été signalée. Les séismes étaient probablement causés par une activité hydrothermale intense, phénomène qui se produit souvent sous la couche de glace]
Les volcanologues ne savent pas ce qui se passera le jour où le Katla entrera en éruption. Contrairement à beaucoup d’autres volcans islandais, une longue période de repos ne détermine pas l’ampleur de la prochaine éruption. Même si le Katla a une chambre magmatique plus volumineuse que son voisin Eyjafjallajokull, cela ne signifie pas nécessairement qu’une éruption aura un impact plus important sur le trafic aérien. Un employé du Met Office indique que les compagnies aériennes sont mieux préparées à affronter la cendre dans un espace aérien donné qu’elles ne l’étaient il y a sept ans.
[Remarque personnelle: Je ne suis pas sûr que la panique dans l’espace aérien sera différente de 2010 en cas d’éruption du Katla. Les tests sur la détection de cendre ont été effectués sur d’autres volcans pendant des périodes d’activité volcanique calme et souvent avec de la cendre déversée artificiellement. Je ne suis pas certain que les compagnies aériennes soient prêtes à risquer la vie de leurs passagers si les avions sont confrontés à de VRAIS nuages ​​de cendre!]
En conclusion, l’article n’apporte pas vraiment une nouvelle lumière sur l’environnement d’une éruption du Katla. Les volcanologues ne savent pas trop quel genre d’éruption se produira et les autorités locales devront s’adapter à la situation, surtout si l’éruption a lieu pendant la haute saison touristique!
Source: Journaux américains.

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After the worries about a possible eruption of Yellowstone supervolcano, here is the anxiety around Katla volcano in Iceland. Several U.S. newspapers have just released the same article about this topic.

The author of the article explains that after a summer of increased seismic activity at Katla, “Icelanders are obsessing over the smallest sign of an eruption at the country’s most closely watched volcano”. Katla last erupted in 1918. Never before in recorded history, dating back to the 12th century, have 99 years passed without an eruption from this volcano. Eight out of the last 10 eruptions at Katla have occurred between September and November, when glacial melting is believed to create – by alleviating its pressure – conditions for the magma to burst forth.

Vik, a hamlet on the south coast is prepared for the worst. In the event of an eruption, a text message will be sent to every mobile phone connected to the regional network. All 543 residents will know what to do – inform their neighbours – and where to go: the church, which is sheltered by the mountain. According to the Icelandic Civil Protection, tourists would be the greatest challenge in the event of an eruption. They could be in large numbers during the tourist season, spread out and less likely than locals to be aware of emergency actions.

What worries volcanologists is that Katla lies under glacial ice hundreds of yards thick, meaning that any eruption is likely to melt the ice and cause widespread flooding. The volume of water that could stream toward the coast is predicted to reach 300,000 cubic metres per second, greater than the Amazon River discharge. Ocean levels may rise sharply if flooding reaches the coast, so authorities plan to evacuate the entire coast on the island’s southern tip.

Over the past 11 months, the Icelandic Met Office has twice raised its Katla alert level to yellow, signalling “elevated unrest.” For four days this summer, Icelanders watched with concern as a series of earthquakes peak at magnitude M 3. Natural reservoirs of glacial melt under the ice cap burst and flooded the Mulakvisl River near Vik.

[Personal remark: It should be noted that the last seismicity at Katla volcano was very shallow, about 100 metres deep. As a consequence, there is little chance it was caused by any magma ascent beneath the volcano which did not show any significant deformation. The earthquakes were rather caused by some hydrothermal activity, a phenomenon which frequently occurs beneath the ice sheet]

Volcanologists do not know what will happen when Katla finally erupts. Unlike many other volcanoes in Iceland, a long rest does not contribute to the size of the next eruption. While Katla has a larger magma chamber than neighbouring Eyjafjallajokull, that does not necessarily mean it will have a greater impact on aviation. An employee at the Icelandic Met Office notes that airlines now are better prepared to measure ash within a given airspace than they were seven years ago.

[Personal remark: I am not sure that the panic in the airspace will be different from 2010 in case of an eruption of Katla. The tests about ash detection were performed on other volcanoes during periods of quiet volcanic activity and often with artificial ash. I am not sure air companies are ready to risk the lives of their passengers if the planes fly into REAL ash clouds!]

In conclusion, the newspaper article does not really shed a new light on the environment of a Katla eruption. Volcanologists do not know what kind of eruption it will be and local authorities will have to adapt to the situation, especially if the eruption takes place during the high tourist season!

Source: U.S. newspapers.

Le Katla se cache sous le glacier Myrdalsjökull (Crédit photo: NASA)

L’éruption du Katla en 1918 (Source: Wikipedia)

 

Températures : La tendance à la hausse se confirme en 2017 // Temperatures are still rising in 2017

Avec une température planétaire de 0,83°C au dessus de la moyenne calculée sur la période 1951/1980, juillet 2017 s’affiche aussi chaud que juillet 2016 qui tenait le record depuis le début des relevés thermométriques.

Au total, sur les sept premiers mois de l’année, 2017 demeure à 0,94°C au dessus de la moyenne climatologique alors que le Pacifique ne montre plus aucune trace du phénomène El Niño, tenu en partie pour responsable du record de 2016.

En Arctique, malgré des températures de l’air moins chaudes que la moyenne climatique sur de larges zones de l’océan, la banquise connaît une rétractation plutôt forte, même si elle n’égale pas les records de 2011 et 2012. La carte de la banquise début août 2017 confirme la nouvelle géographie de l’Océan Arctique, de plus en plus souvent ouvert à la navigation de long des côtes de Sibérie. En Antarctique également, les observations satellitaires montrent que la cryosphère se rétracte, tant durant le dernier été que durant l’hiver actuel.

Pour rendre moins abstraites les alertes des climatologues sur les conséquences de cette évolution, plusieurs services météo ont mis en ligne leurs modèles nationaux, centrés sur leurs pays et donc beaucoup plus précis pour cette seule région que les modèles utilisés pour les simulations numériques du climat planétaire. Ainsi, des chercheurs de Météo-France ont publié cet été une étude montrant que les vagues de chaleur à la fin du siècle pourraient dépasser les 50°C dans de nombreuses régions du pays. Les conséquences sanitaires, agricoles et économiques en seraient majeures et exigeraient de nombreuses actions d’adaptation. La météo vietnamienne a réalisé le même type d’exercice qui débouche sur des canicules atteignant les 58°C à Hanoï !

Source : Le Monde.

Autre preuve de la hausse des températures, il devient de plus en plus difficile de pratiquer le ski d’été dans les Alpes françaises. Ainsi, le glacier de la Grande Motte à Tignes a perdu en moyenne 25 mètres d’épaisseur en 40 ans. En mai 2017, l’épaisseur était de trois mètres, chose que l’on a normalement en août. La saison estivale a été raccourcie d’une semaine car la pratique du ski devenait trop dangereuse. Pas très loin, le glacier du Pissaillas souffre lui aussi. Aux Deux-Alpes, la station va installer des canons à neige pour essayer de sauver son glacier qui disparaît lentement. Le glacier a perdu en épaisseur et un lac s’est formé à son pied. L’objectif est de récupérer cette eau liquide pour la retransformer en solide en faisant de la neige pour préserver au mieux la glace. La perte de glace est due à une absence d’accumulation de neige l’hiver. Il n’est plus possible de conserver d’un été à l’hiver suivant la neige qui protège le glacier de la fonte. L’objectif est de pouvoir, grâce à la neige de culture et sa résistance mécanique due à sa très forte densité, accumuler suffisamment de neige sur le glacier et contrer l’effet de fonte l’été.  Il reste aujourd’hui entre 60 et 80 mètres de glace, mais au rythme où vont les choses, d’ici 30 ans le glacier aura disparu.

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With a global temperature of 0.83°C above the average calculated over the period 1951/1980, July 2017 is as hot as July 2016, which held the record since the start of thermometer readings.
Overall, during the first seven months of the year, 2017 remains at 0.94°C above the average, while the Pacific shows no trace of the El Niño phenomenon, partly responsible for the 2016 record .
In the Arctic, although the air temperatures are not as warm as the average over large areas of the ocean, the ice sheet is experiencing a rather strong retraction, although it does not match the 2011 and 2012 records. The sea ice in early August 2017 confirms the new geography of the Arctic Ocean, which is increasingly open to navigation along the coast of Siberia. In Antarctica as well, satellite observations show that the cryosphere is shrinking both during the last summer and during the current winter.
In order to make less abstract the climatologists’ alerts on the consequences of this evolution, several weather services have released their national models, centered on their own countries and therefore much more accurate than the models used for the digital simulations of the global climate. For example, researchers at Météo-France have released this summer a study showing that heat waves at the turn of the century could exceed 50°C in many parts of the country. The health, agricultural and economic consequences would be major and would require many adaptation actions. The Vietnamese weather service has carried out the same type of exercise that leads to heat waves reaching 58°C in Hanoi!
Source: Le Monde.

Another proof of the rising temperatures is that it becomes more and more difficult to practice summer skiing in the French Alps. Thus, the Grande Motte glacier in Tignes has lost an average of 25 metres in thickness in 40 years. In May 2017, the thickness was three metres, which is normally the case in August. The summer season was shortened by a week because the practice of skiing had become too dangerous. Not very far from Tignes, the glacier of Pissaillas is suffering too. In Les Deux-Alpes, the resort will install snow cannons to try to save its slowly disappearing glacier. The glacier lost in thickness and a lake formed at its foot. The goal is to use this liquid water and turn it back into solid by making snow to preserve the ice as well as possible. The loss of ice is due to a lack of snow accumulation in the winter. It is no longer possible to keep from one summer to the next winter the snow that prevents the glacier from melting. The goal is to be able to accumulate enough snow on the glacier and to counter the effect of summer melting thanks to the artificial snow and its mechanical strength due to its very high density. Today, there are still between 60 and 80 metres of ice, but at the current pace, the glacier will have disappeared within 30 years.

Températures en hausse constante; banquise en réduction permanente: Voici résumée la situation actuelle sur notre belle planète.

 

Le Groenland fond plus vite qu’on le pensait // Greenland melts faster than previously thought

drapeau-francaisUne étude récemment publiée dans la revue Science Avances nous apprend que les recherches effectuées jusqu’à présent ont peut-être sous-estimé d’environ 20 milliards de tonnes par an la perte de masse de la calotte glaciaire du Groenland.
En général, les scientifiques calculent la perte de glace au Groenland (et ailleurs dans le monde) en utilisant les données satellitaires. La nouvelle étude indique que ces données ont probablement inclus des éléments incorrects et donc mésestimé la disparition de glace chaque année.
La nouvelle étude s’appuie sur un concept connu sous le nom d’«ajustement isostatique glaciaire», ou la tendance de la terre à « rebondir » après qu’une importante masse de glace s’est retirée. [NDLR : J’ai déjà eu l’occasion de parler de ce phénomène à propos de l’Islande.] Cet effet est en grande partie géré par le comportement du manteau terrestre. En effet, quand un poids important, comme une immense calotte glaciaire, se forme à la surface de la Terre, la forte pression qu’elle exerce déforme le manteau qui se trouve en dessous. Lorsque le poids disparaît, le manteau se remet progressivement en place.
Dans la mesure où les études satellitaires tirent uniquement leurs conclusions sur la perte de glace en fonction des changements observés à la surface de la Terre, les scientifiques doivent effectuer des corrections pour tenir compte de cet effet dû au comportement du manteau terrestre. L’étude fait en particulier référence aux mesures effectuées par les satellites jumeaux  GRACE qui estiment la perte de glace en fonction des modification de gravité au cours de leurs orbites autour de la terre. Ces satellites mesurent la variation de masse, mais ils ne peuvent pas vraiment faire la différence entre la masse de la glace et la masse rocheuse.
La nouvelle étude a tiré ses conclusions en utilisant les données fournies par un réseau de capteurs GPS installés autour du Groenland ; ils ont permis de détecter la vitesse de « rebondissement » de la Terre. Les chercheurs ont pu utiliser ces mesures pour estimer la vitesse à laquelle s’est déplacé le sol du Groenland depuis le dernier âge glaciaire dont l’apogée se situe il y a plus de 25 000 ans.
Quand les scientifiques ont comparé leurs estimations à certains modèles utilisés précédemment pour reconstruire l’histoire glaciaire du Groenland, ils ont constaté que les résultats ne correspondaient pas. Ils en ont conclu que les hypothèses des anciens modèles sur les déplacements de la roche sous le Groenland étaient incorrectes. Ces modèles se basent généralement sur des hypothèses standard sur les mouvements du manteau terrestre dans la plupart des régions du monde. Cependant, les chercheurs pensent qu’il y a des millions d’années, un point chaud a changé la consistance du manteau sous le Groenland, l’amenant à se déplacer de différentes manières. Ce point chaud existe toujours, mais il a migré depuis cette époque lointaine et se trouve actuellement sous l’Islande, où il est responsable de l’activité volcanique dans ce pays.
C’est parce qu’ils n’ont pas tenu compte de l’influence de ce point chaud que les modèles précédents décrivant comportement du Groenland étaient incorrects. Les chercheurs ont donc créé un nouveau modèle en prenant en compte leurs hypothèses sur le manteau, de sorte que les résultats se sont retrouvés en phase avec les mesures GPS. Ensuite, ils ont utilisé le modèle modifié pour reconstruire l’histoire glaciaire du Groenland. Les derniers résultats montrent que les mesures satellitaires ont sous-estimé la perte de masse actuelle du Groenland d’environ 20 milliards de tonnes par an.
L’évolution du Groenland au vu des nouvelles données révèle non seulement la quantité de glace perdue au cours des derniers millénaires, mais les endroits où les pertes se sont produites. Au cours des deux dernières décennies, les scientifiques ont découvert qu’en fait un nombre limité de glaciers était responsable de plus de 70 pour cent du total des pertes de la calotte glaciaire. La nouvelle étude conclut que ces mêmes régions ont effectivement contribué à une partie importante – environ 40 pour cent – des pertes de glace du Groenland depuis des milliers d’années. Les chercheurs font remarquer qu’une autre étude récente a révélé des résultats similaires.
Indirectement, cette dernière étude ne concerne pas que le Groenland. Les chercheurs ont fait remarquer que des erreurs similaires pourraient concerner les estimations actuelles de perte de glace en Antarctique. Le problème est que l’Antarctique est beaucoup plus vaste que le Groenland. Bien qu’un réseau GPS existe sur ce continent, les capteurs sont très éloignés les uns des autres, ce qui signifie qu’il est beaucoup plus difficile de recueillir suffisamment de données pour effectuer le même type d’étude.
Source: The Washington Post.

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drapeau-anglaisA study recently published in the journal Science Advances finds that previous studies may have underestimated the current rate of mass loss on the Greenland ice sheet by about 20 billion tons per year.

Generally, scientists estimate ice loss in Greenland (and elsewhere around the world) using data from satellites. But the new study suggests these satellite studies may have included some incorrect assumptions, causing them to miscalculate the amount of mass actually disappearing from the ice sheet each year.

The assertion revolves around a concept known as « glacial isostatic adjustment, » or the tendency of land to bounce back after a large weight of ice has been removed from it. An important part of this effect is driven by the flowing of the Earth’s mantle. When a heavy weight, such as a huge ice sheet, forms on the Earth’s surface, the resulting high pressure causes the mantle to begin flowing out from underneath it. When the weight is removed, the mantle gradually begins to flow back into place.

Because satellite studies generally draw their conclusions about ice loss based on changes in the Earth’s surface, scientists must make corrections to account for this effect. The study points specifically to the measurements yielded by the GRACE satellites, a set of twin crafts that estimate ice loss based on changes in the pull of gravity as they orbit around the earth. What these satellites measure is mass change, but they can’t really tell the difference between ice mass and rock mass.

The study draws its conclusions using data from a network of GPS sensors placed around Greenland, which have helped detect how fast the earth there is springing back up. The researchers were able to use these recent measurements to estimate the rate at which land in Greenland has been moving back into place since the last ice age, which reached its peak more than 25,000 years ago.

When they compared these estimates to some of the models that have previously been used in reconstructions of Greenland’s glacial history, they found that the findings didn’t match up, leading them to conclude that the models’ assumptions about the flow of rock beneath Greenland were incorrect. These models have typically relied on standard assumptions about the way the Earth’s mantle flows in most parts of the world. However, the researchers suggest that millions of years ago, a hotspot changed the consistency of the mantle beneath Greenland, causing it to move in different ways. This hotspot still exists, but it has since migrated and currently resides beneath Iceland, where it’s historically been responsible for the high levels of volcanic activity in that country.

Without taking the influence of this hotspot into effect, the researchers suggest, previous models of Greenland’s behaviour were incorrect. So they created a modified model, tweaking its assumptions about the mantle so that the results were consistent with their GPS estimates. Then, they used the modified model to create a reconstruction of Greenland’s glacial history. First, the results suggest that satellite studies have been underestimating the current mass loss in Greenland by about 20 billion tons per year.

The reconstructed history was able to identify not only how much ice has been lost over the last few thousand years, but also where the losses have been coming from. Over the past two decades, scientists have found that a relatively small set of glaciers in Greenland are responsible for more than 70 percent of the ice sheet’s total losses. The new study finds that these same regions have actually been contributing to a hefty portion — about 40 percent — of Greenland’s ice losses for many thousands of years. And the researchers pointed out that another recent study found similar results over the last century.

The study doesn’t just raise questions about Greenland. The researchers have pointed out that some of the same problems could exist with the current estimates of ice loss in Antarctica. The problem is that Antarctica is so much bigger than Greenland. Although a GPS network exists there as well, the sensors are spaced much farther apart, meaning it may be much more difficult to gather enough data to conduct the same type of study.

Source: The Washington Post.

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Photos: C. Grandpey

Leçon de piano arctique // Arctic piano lesson

drapeau-francaisAlors que je suis en train de voyager à travers l’Alaska, avec les glaciers qui viennent vêler dans l’océan, voici une vidéo très originale montrant Ludovico Einaudi, compositeur italien de renom, en train de jouer du piano début juin sur une petite plate-forme flottante dans l’océan Arctique, au large des côtes Norvège, au milieu des icebergs vomis par un glacier.
https://youtu.be/dHpHxA-9CVM

Einaudi interprète une composition originale intitulée « Élégie pour l’Arctique, » qu’il a écrite pour l’occasion. Sa prestation a été organisée par Greenpeace dans le cadre d’une campagne visant à persuader nos dirigeants de protéger l’Arctique. Les scientifiques préviennent que la glace de l’Arctique fond beaucoup plus vite que prévu, ce qui peut avoir des conséquences graves pour le climat de la planète, la faune et les économies locales. Greenpeace alerte depuis longtemps sur la diminution de la banquise à cause de l’augmentation des températures. Cette région unique, en perdant sa protection de glace, s’expose à une exploitation sans limites, à la surpêche et aux forages pétroliers.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisWhile I am travelling across Alaska, with glaciers calving into the ocean, here is a very original video showing Ludovico Einaudi, the renowned Italian composer, playing the piano early in June, while floating on a small platform in the Arctic Ocean off the coast of Norway, among pieces of a sprawling nearby glacier.

https://youtu.be/dHpHxA-9CVM

Einaudi performed an original composition, « Elegy for the Arctic, » that he had written for the occasion. The performance was sponsored by Greenpeace as part of a campaign to persuade world leaders to safeguard the Arctic. Scientists have warned that the Arctic has been thawing much faster than expected. Those changes have potentially serious implications for the world’s climate, for wildlife and for local economies. Greenpeace has long insisted that as the ice cover decreases with rising temperatures, this unique area is losing its frozen shield, leaving it exposed to reckless exploitation, destructive overfishing and oil drilling.

Source: Alaska Dispatch News.

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Photo: C. Grandpey