Le changement climatique fait s’effondrer la Route n°1 à Big Sur (Californie) // Climate change causes Highway 1 to collapse in California’s Big Sur

Les événements extrêmes provoqués par le changement climatique peuvent avoir des conséquences désastreuses pour l’environnement et perturber les activités humaines. C’est ce qui s’est passé en Californie le 31 janvier 2021 lorsqu’une partie de la célèbre et spectaculaire route littorale, la Highway 1, s’est effondrée dans l’océan. L’événement a été provoqué par un glissement de terrain qui va entraîner la fermeture de 37 kilomètres de cette route pendant des mois.

Au cours de la dernière semaine de janvier, une violente tempête hivernale a provoqué l’ouverture d’une brèche de 45 mètres dans la route qui serpente le long de Big Sur. Des torrents d’eau ont emporté du béton, des arbres et de la boue qui se sont déversés dans la mer en contrebas. [NDLR: Big Sur fait référence à une partie du littoral californien qui s’étend sur environ 140 km entre Carmel-in-the-Sea et San Simeon.]

Les glissements de terrain sont fréquents le long de la Highway 1. Avec le changement climatique, l’afflux de véhicules et le tourisme de masse qui fragilisent les infrastructures et les écosystèmes dans la région côtière, les problèmes ne feront que s’aggraver. En raison de problèmes récurrents, il se dit que la route n’a jamais été pleinement opérationnelle du nord au sud depuis sa mise en service. Entre les dégâts causés par la mer et les effondrements des flancs de falaises, l’entretien de la route est devenu une tâche sans fin. En 2017, un glissement de terrain au niveau de Mud Creek a recouvert 400 mètres de chaussée avant de se déverser dans la mer. La reconstruction a duré plus d’un an et a coûté environ 54 millions de dollars.

Le glissement de terrain du 31 janvier a probablement été causée par un ensemble de circonstances environnementales : une saison d’incendies encore jamais observée suivie de puissantes tempêtes hivernales. Les incendies ont duré plusieurs mois et détruit la végétation qui protégeait les falaises abruptes le long de la côte. Puis vint la pluie. Une «rivière atmosphérique» qui déverse  de fortes quantités de pluie ou de neige lorsqu’elle touchele sol, a inondé la région avec 40 centimètres de pluie, soit près du double de la quantité que la région connaît en moyenne en janvier. Le sol n’a pas pu absorber cette quantité d’eau qui a provoqué l’écoulement de la boue sur la falaise mise à nu par les incendies. Cette boue a ensuite obstrué un tuyau de drainage sous la route qui  a été submergée et s’est effondrée sous le poids des matériaux.

Une telle combinaison de conditions météorologiques extrêmes n’est plus exceptionnelle. Ils s’inscrivent dans la lignée des modèles de crise climatique marqués par des étés chauds et secs, des incendies plus importants et de longues périodes de sécheresse entrecoupées de pluies intenses qui provoquent des inondations et des glissements de terrain.

Cependant, ce ne sont pas seulement les incendies, la pluie et les glissements de terrain qui menacent la Highway 1. La mer est également à prendre en compte. Des digues et des enrochements ont été rompus par les vagues le long du rivage. La Californie a dépensé des millions de dollars pour effectuer des réparations d’urgence alors que le littoral continue de s’éroder à raison d’environ 35 centimètres en moyenne chaque année. D’autres catastrophes se produiront. Selon certaines projections scientifiques alarmistes, le niveau de la mer pourrait s’élever de plus de 2,50 mètres en Californie d’ici la fin de ce siècle.

Il est clair que la route s’effondre parce que l’océan ronge les falaises. Une solution pourrait être d’anticiper les problèmes, sans attendre qu’ils surviennent. Pendant ce temps, les personnes qui vivent le long de la Highway 1 dans la région de Big Sur doivent s’adapter. Elles doivent être prêtes à vivre isolées pendant tout un hiver. Beaucoup d’entre elles ont stocké des aliments lyophilisés et des boîtes de conserve, ainsi que beaucoup de bois de chauffage. Ces habitants ont également acheté des groupes électrogènes. Malgré les dangers, ils ne veulent pas partir. L’un d’eux a déclaré: « C’est l’un des plus beaux endroits de la planète. C’est très isolé et ce n’est pas pour tout le monde, mais je ne partirai jamais. »

Source: The Guardian.

Voici un document qui montre une série d’effondrements sur la Highway 1 à Big Sur. Elle est magnifique, mais il est fortement déconseillé de l’emprunter en cas de très mauvais temps.

https://youtu.be/aG3fqYKR97U

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Climate change has led to more and more extreme events that may have disastrous consequences for the environment and disrupt human activities. An example was given by California on January 31st, 2021 when a portion of the famed and dramatic coastal road, the Highway 1, collapsed into the ocean. Highway 1 has been ruptured by a landslide that is expected to keep 37 kilometres of the iconic road closed for months.

In the last week of January, a severe winter rain storm caused the opening of a 45-metre fissure along the picturesque thoroughfare tucked against Big Sur, with concrete, trees and mud falling into the sea below. [Personal note : Big Sur refers to a portion of the Californian coastline that stretches over about 140 km between Carmel-in-the-Sea and San Simeon.]

Landslides have been a longstanding feature of Highway 1. And with climate change and a deluge in tourism and traffic overwhelming both infrastructure and environmental ecosystems in the coastal region, the problems are only expected to get worse. Because of recurrent problems, it is rumoured the highway has never been fully operational from north to south for more than a year since its inauguration. Caught between rising tides and crumbling cliff sides, maintaining the highway has become somewhat of a sisyphean task. In 2017, the Mud Creek slide covered a 400-metre of the highway with a huge chunk of land falling into the sea. The rebuild took more than a year to complete, and cost roughly 54 million dollars.

The 31 January slide was probably caused by the disastrous environmental combination of a record-breaking fire season followed by big winter storms. The months-long fire destroyed the vegetation that no longer protected the steep cliff sides along the coast. Then came the rain. An “atmospheric river”, a flowing column of condensed water vapour that spills severe amounts of rain or snow when it makes landfall, flooded the region, dropping 40 centimetres of rainfall, nearly twice the amount the area has seen for the entire month on average. The soil was unable to absorb that amount of cascading water, causing mud and debris to flow, ultimately blocking and then overwhelming a drainage pipe under the highway.

Such severe weather combinations are no longer an anomaly. They fall in line with climate crisis trends and models marked by hot dry summers, bigger fires and long periods of drought peppered by intense rainstorms that cause floods and landslides.

However, it is not just fires, rain and landslides that threaten Highway 1. The sea is also an important threat. Smashed seawalls built to buy more time against the encroaching waves already line the shore. California sank millions into emergency restorations as the coastline continued to erode by roughly 35 centimetres on average each year. More dangers lie ahead. By some worst-case scientific projections, sea levels could rise more than 2.50 metres in California by the end of this century.

It is clear that the roadway is crumbling because the ocean is just eating away at the cliffs. One solution might be to anticipate the problems and not wait until they happen. Meanwhile, residents living along Highway 1 in the Big Sur area have been forced to adapt. They need to be prepared to be isolated for an entire winter. Many of them have stored dried and canned food, as well as lots of firewood. They also bought backup generators. Despite the dangers, they do not want to leave. One person said: “It is one of the most beautiful places on the planet. It is very isolated and it is not for everybody, but I am never going to leave.”

Source : The Guardian.

Here is a document showing collapses of Highway 1. The road is very beautiful but it is not advised to drive on it in very bad weather

https://youtu.be/aG3fqYKR97U

Exemple d’un effondrement de la Highway 1 à Big Sur (Source : CalTrans)

Bilan éruptif de l’année 2020 – (5) novembre et décembre

Voici les événements éruptifs les plus marquants des mois de novembre et décembre 2020 :

Novembre 2020

Le niveau d’alerte du Merapi (Indonésie) est élevé de 2 à 3 (sur une échelle de 1 à 4) le 5 novembre en raison d’une augmentation de la sismicité. La sismicité s’est intensifiée depuis le mois octobre. Bien qu’aucune nouvelle croissance du dôme de lave n’ait été observée depuis le 3 novembre, une extrusion rapide du magma ou une éruption explosive reste possible. C’est la raison pour laquelle les autorités ont décidé de porter le niveau d’alerte à 3. Les autorités indonésiennes ont commencé à évacuer les personnes vivant sur les pentes du Merapi. Quelque 500 personnes de deux villages, pour la plupart des personnes âgées, des femmes enceintes et des enfants, ont été conduites dans des centres d’hébergement d’urgence du district de Magelang, au centre de Java. Les personnes évacuées comprennent 153 habitants du village de Paten, 160 du village de Krinjing et 130 du village de Ngargomulyo, qui ont été transportées vers les villages de Banyurojo, Mertoyudan et Tamanagung. Les autorités s’assurent que l’ensemble du processus d’évacuation a suivi les protocoles de santé stricts du COVID-19.

La situation s’accélère le 8 novembre. Selon le Centre indonésien de gestion des risques géologiques (CVGHM), il se pourrait qu’une puissante éruption soit imminente sur le Merapi. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge. Quelque 500 personnes vivant dans quatre villages à proximité du volcan ont déjà été évacuées. D’autres mesures d’urgence pour l’évacuation des personnes vivant à moins de 6 km du cratère sont en préparation. Les autorités ont par ailleurs appelé à l’arrêt des activités minières dans les rivières situées dans les zones les plus exposées aux éruptions, ou dans des zones situées dans un rayon de 3 km du sommet du volcan. Elles ont aussi conseillé la suspension des activités touristiques autour du volcan. Au cas où une éruption se produirait, les stupas les plus exposés du site de Borobodur ont été recouverts d’une bâche.

Comme cela se produit de temps en temps, le Stromboli (Sicile) connaît un puissant épisode éruptif le 10 novembre à 20h04 (UTC) dans la zone centre sud de la terrasse cratèrique. L’événement dure environ 6 minutes et produit une colonne éruptive verticale qui dépasse la hauteur du Pizzo.. L’événement se  termine à 20h10 avec au moins trois explosions d’une intensité moindre. L’épisode éruptif est apparu sur toutes les stations sismiques du Stromboli. Aucune variation significative du tremor éruptif n’est signalée. La situation redevient normale par la suite.

L’INGV indique qu’un événement explosif majeur a été enregistré le 16 novembre à 9 h 17 dans la zone centre-sud du la terrasse cratèrique du Stromboli. Il a généré un volumineux nuage de cendres d’environ 1 km de hauteur au-dessus du sommet du volcan, ainsi qu’une coulée pyroclastique qui a dévalé la Sciara del Fuoco jusqu’au littoral, avant de se déplacer à la surface de la mer sur environ 200 m. On avait observé un phénomène semblable le 28 août 2019.

Après huit ans de repos sans pratiquement aucune activité, le volcan indonésien Lewotolo (Petites îles de la Sonde) est entré en éruption le 26 novembre avec un panache de cendres qui est monté jusqu’à 500 m au-dessus du sommet. Le PVMBG met en garde contre les dangers potentiels, notamment les projections de roches incandescentes et les fortes retombées de cendres dans un rayon de 2 km du sommet. La dernière éruption du Lewotolo a eu lieu en janvier 2012. Le volcan a alors produit d’épais panaches de gaz qui se sont élevés jusqu’à 250 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 2.

Une éruption beaucoup plus puissante du Lewotolo a lieu sur le volcan tard dans la soirée du 28 novembre 2020. Cette fois, la couleur de l’alerte aérienne est portée au Rouge et l’aéroport local de Wunopitu a été fermé. Quelque 2800 personnes vivant dans 28 villages sur les pentes du volcan sont évacuées. Selon le VAAC de Darwin, le nuage de cendres apparu sur l’imagerie satellitaire a atteint plus de 15 km au-dessus du niveau de la mer. L’activité sismique se caractérise par un tremor volcanique continu. Il n’y a ni victimes ni dégâts, mais le CVGHM recommande aux personnes vivant autour du volcan d’éviter de pratiquer des activités dans un rayon de 4 km du sommet.

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Décembre 2020

Depuis quelques mois les scientifiques de l’Observatoire Volcanologique et Sismologique de Martinique (OVSM) observent une reprise de certaines formes d’activité sur la Montagne Pelée. Trois nouveaux types d’activité ont été enregistrés ou captés sur le volcan. Par exemple, les 8 et 9 novembre 2020, on a observé des remontées de gaz. C’est pourquoi le nouveau directeur de l’Observatoire a préconisé le 4 décembre le passage en vigilance Jaune pour la Montagne Pelée. C’est le troisième niveau sur une échelle qui en compte 5.
En septembre 2020, 51 secousses de type volcano-tectonique avaient déjà été enregistrées sur la Pelée. Leur nombre est en augmentation constante depuis novembre 2019.

Après de nombreuses hésitations, la lave a enfin décidé de percer la surface du Piton de la Fournaise ! A partir de 2h28 (heure locale), l’OVPF a enregistré une nouvelle crise sismique accompagnée de déformation rapide, signe que le magma était en train de quitter le réservoir magmatique et se propageait vers la surface. Une éruption était donc probable à brève échéance dans les prochaines minutes ou heures. C’est ce qui s’était passé le 5 décembre, mais sans sortie de lave.

Trois fissures se sont finalement ouvertes dans le nuit du 6 au 7 décembre sur le flanc ouest-sud-ouest du volcan, à une altitude comprise entre 2300 et 2190 m  et sur une distance totale d’environ 700 m. Elles émettent des fontaines de lave d’une quinzaine de mètre hauteur. Le front de coulée se propage très lentement et se situait à environ 2120 mètres d’altitude à 7h30 (heure locale).

Il fallait se dépêcher pour voir l’éruption qui a débuté dans la nuit du 6 au 7 décembre. En effet, elle n’aura pas duré longtemps car elle s’est terminée le matin du 8 décembre aux alentours de 7h15 (heure locale)

En Indonésie, l’éruption du Lewotolo continue en décembre. On peut voir des panaches de cendres s’élever jusqu’à 1,5 km au-dessus du volcan. L’incandescence au sommet est visible tous les soirs et des matériaux sont parfois éjectés jusqu’à 20 m de hauteur. Suite à l’activité éruptive des dernières semaines, 9 028 personnes ont été évacuées vers 11 centres d’hébergement. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est invité à rester à 4 km du cratère.

Depuis la soirée du 13 décembre vers 22 heures, on observe une intensification de l’activité éruptive de l’Etna avec l’ouverture de deux fissures sur le flanc sud du Cratère Sud-Est. Les fissures alimentent deux coulées de lave qui se dirigent vers le sud-ouest et le sud. Les fronts de coulées se sont stabilisés à une altitude d’environ 2850m. Le tremor a montré une hausse significative, en particulier au moment de l’émission de fontaines de lave, avant de diminuer par la suite.  On n’observe pas de déformation significative de l’édifice volcanique.

Juste après environ 21h30 (heure locale) le 20 décembre 2020, un essaim sismique a été enregistré sur le Kilauea, accompagné d’une déformation de la zone sommitale du volcan. Le HVO a ensuite détecté une lueur dans le cratère de l’Halema’uma’u au sommet du Kilauea. Cela signifie qu’une éruption a commencé dans la caldeira sommitale. Le niveau d’alerte volcanique est élevé à WARNING (Danger) et la couleur de l’alerte aérienne est passée au ROUGE.

La Protection Civile met en garde sur le risque de retombées de cendres et de nuages de gaz volcaniques dans les secteurs sous le vent. Il est conseillé aux habitants de ces secteurs de rester à l’intérieur des maisons.

L’éruption a débuté au fond du gouffre creusé par l’éruption de 2018, là même où était apparue une pièce d’eau après la dernière éruption. Trois fissures se sont ouvertes dans la partie inférieure de cratère, pas très loin au-dessus du lac. La fissure la plus à l’est laisse échapper des fontaines de lave d’une cinquantaine de mètres de hauteur. La lave a maintenant pris la place de l’eau et s’accumule au fond du cratère.

Les scientifiques du HVO ont craint que se produise une interaction violente entre cette eau et une ascension de magma. De toute évidence, l’éruption se produit dans le calme, sans les explosions phréatiques ou phréatomagmatiques redoutées.

GNS Science observe une intensification de l’activité volcanique sur le Mont Ruapehu (Nouvelle-Zélande). Le niveau d’alerte volcanique a été élevé à 2 et la couleur de l’alerte aérienne est passée au Jaune le 21 décembre 2020. La température du lac de cratère atteint 43°C. Les émissions de CO2, SO2 et H2S sont les plus importantes mesurées au cours des deux dernières décennies. Le flux continu de gaz et de fluides hydrothermaux à travers le lac montre que les bouches d’émission situées sous le lac fonctionnent bien. Le tremor volcanique présente des hausses de courte durée qui sont à mettre en relation avec les hausses de dégazage à travers le lac de cratère et dans son système d’alimentation.

Le 22 décembre, l’Etna (Sicile) semble reparti pour une série de « paroxysmes » dont il a le secret. Après celui qui a secoué le Cratère SE (CSE) dans la matinée du 21 décembre, une nouvelle séquence éruptive a débuté le 22 décembre vers 2h50 GMT, avec une forte augmentation de l’activité strombolienne dans au moins deux bouches. Cette activité a soudain évolué en une fontaine de lave qui a alimenté deux coulées. L’une s’est dirigée vers le sud-ouest en se ramifiant pour former deux branches. L’autre s’est dirigée vers l’est, à l’intérieur de la Valle del Bove. Du point de vue sismique, au moment de l’événement, le tremor a montré un pic identique à celui qui était apparu la veille.  Il a ensuite chuté à des valeurs normales.

L’année 2020 se termine avec la mise en place de l’alerte Orange sur l’île de Saint-Vincent et les Grenadines à cause d’une reprise d’activité du volcan de La Soufrière. Les scientifiques indiquent de du magma a atteint le cratère et craignent une éruption explosive.

Depuis le 29 décembre 2020, le lac à l’intérieur du cratère a disparu ; comme à Hawaii quelques jours auparavant, l’eau s’est évaporée avec la chaleur de l’activité volcanique. Les scientifiques craignent une éventuelle éruption explosive. L’accès au volcan est interdit. La population à proximité est en alerte. Si la situation devait empirer, des évacuations auraient lieu. Une augmentation de l’activité sismique autour de la Soufrière est enregistrée depuis le 1er novembre 2020. La dernière éruption de la Soufrière remonte à 1979.

Activité sommitale sur le Kilauea (Crédit photo : HVO)

Dôme de lave dans La Soufrière de St Vincent (Crédit photo : UWI)

 

Bilan éruptif de l’année 2020 – (4) août, septembre et octobre

Voici les événements éruptifs les plus marquants des mois d’août, septembre et octobre 2020

Août 2020

Les 2 et 3 août, le Langila (Papouasie-Nouvelle-Guinée) connaît un nouvel épisode d’activité. Il émet des panaches de cendres qui s’élèvent jusqu’à environ 2400 m au-dessus du niveau de la mer. L’éruption précédente a duré du 2 avril 2016 au 30 octobre 2018, avec un VEI 2.

Le volcan sur l’île Nishinoshima (Japon) reste très actif en août. Le panache de cendres s’élève jusqu’à 5000-6000 m au-dessus du niveau de la mer. Selon les garde-côtes japonais, les explosions sont fréquentes et de la lave coule toujours sur le flanc du volcan.

L’activité explosive se poursuit sur le Suwanosejima (Japon) au cours du mois d’août, avec des panaches de cendres s’élevant à plus de 2 km au-dessus du niveau de la mer. Des émissions importantes de SO2 sont enregistrées vers le sud du volcan au-dessus de l’Océan Pacifique.

Le Sinabung entre de nouveau en éruption à 18h58 (UTC) le 7 août, pour la première fois depuis juin 2019.  Le volcan vomit un panache de cendres jusqu’à 4,5 km au-dessus du niveau de la mer. Une autre éruption a lieu à 10h18 (UTC) avec un panache s’élevant jusqu’à 3,3 km d’altitude. Les habitants et les touristes sont invités à rester à l’extérieur d’un rayon de 3 km du cratère. Des retombées de cendres sont signalées dans plusieurs zones, occasionnant des dégâts aux plantations et aux récoltes. Les autorités déclarent qu’aucun habitant n’a été déplacé par l’éruption et qu’il n’y a pas eu de victimes. 1 500 masques sont distribués à la population et les autorités locales aident les habitants à évacuer la cendre. Le niveau d’alerte volcanique reste à 3 (Siaga).

Un nouvel épisode éruptif significatif est observé à 03h16 (UTC) le 10 août, avec un panache de cendres qui monte jusqu’à 10 km au-dessus du niveau de la mer, obligeant les autorités à évacuer les localités proches du volcan.

Le volcan entre de nouveau en éruption à plusieurs reprises le 13 août, avec une colonne de cendres de 2000 mètres au-dessus du sommet.

De nouveaux événements éruptifs les 14, 17 et 18 août produisent des panaches de cendres qui atteignent 2-4 km de hauteur. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4), avec une zone d’exclusion générale de 3 km et des extensions à 5 km sur le secteur SE et 4 km dans le secteur NE.

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Septembre 2020

 Au Chili au mois de septembre,  la lave continue de descendre sur le flanc NNE du Nevados de Chillán. On observe toujours des émissions de gaz et des explosions se font entendre de temps en temps. Le niveau d’alerte reste au Jaune, le deuxième sur une échelle de quatre couleurs, et il est rappelé à la population de ne pas s’approcher du cratère à moins de 3 km

Au Chili, l’activité du Villarrica au mois de septembre se caractérise par la présence d’un lac de lave actif, de petites explosions et des émissions de gaz. Les images de la webcam montrent des émissions de gaz ne dépassant pas 500 m la lèvre du cratère, avec parfois une incandescence nocturne du cratère et la projection de matériaux. Les images satellites montrent des dépôts de tephra autour du cratère jusqu’à 36 m sur les flancs E et SE. Le 25 septembre, le réseau sismique enregistre un séisme longue période associé à une explosion d’intensité moyenne. Le niveau d’alerte reste au Jaune.

L’Icelandic Met Office fait passer au Jaune la couleur de l’alerte aérienne du Grímsvötn le 30 septembre suite à une hausse de l’activité. La sismicité a augmenté au cours du mois précédent, les chaudrons présents à la surface du glacier se sont approfondis en plusieurs endroits de la caldeira, signe d’une hausse de l’activité géothermale. De plus, la déformation de surface dépasse le niveau d’avant l’éruption de 2011. Des gaz magmatiques étaient présents dans les émissions au cours de l’été. Pour terminer, le niveau de l’eau dans le lac sous-glaciaire est comparable aux niveaux qui ont précédé les inondations de 2004 et 2010.

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Octobre 2020

En Sicile au mois d’octobre, l’activité de l’Etna se caractérise par des séquences stromboliennes dans le cratère nord-est (NEC), au niveau du cône dans le nouveau Cratère Sud-Est (NSEC) et des émissions de gaz au niveau de  la Voragine (VOR) et de la Bocca Nuova (BN). La fréquence et l’intensité des explosions stromboliennes sont variables.

Dans le même temps, l’activité du Stromboli se caractérise par des explosions dans la zone cratèrique Nord (N) et la zone cratèrique centre-sud (CS). Les explosions de deux bouches dans le cratère N1 éjectent des lapilli et des bombes à 80 à 150 m de hauteur, avec aussi des émissions de cendres

En raison d’effondrements du dôme de lave sommital, le Sinabung (Indonésie) déclenche deux coulées pyroclastiques le 25 octobre 2020. Les avalanches de cendre à haute température atteignent des distances de 1,5 et 2,5 km,

La préfecture de Mayotte vient indique que, selon les données de la dernière campagne océanographique menée du 1er au 26 octobre, le volcan sous-marin découvert en mai 2019 au large de Mayotte est toujours actif. Cette dernière campagne a permis d’identifier au nord-ouest du volcan de nouvelles coulées de lave pouvant atteindre 60 m mètres d’épaisseur sur le fond marin. Elles confirment la persistance d’une activité éruptive, toujours en cours au moment de la campagne. Les relevés du fond marin ont permis de constater que la morphologie du volcan n’a pas évolué depuis août 2019. Selon les études déjà menées sur le volcan, ce dernier présente une hauteur de 800 mètres et il a provoqué des séismes qui ont fait s’affaisser Mayotte de 15 centimètres.

Coulée pyroclastique sur le Sinabung (Crédit photo : J.P. Vauzelle)

Un glacier s’effondre et provoque une catastrophe dans l’Himalaya // A glacier collapses and causes a disaster in the Himalayas

Le 7 février 2021, au moins 9 personnes ont été tuées et au moins 150 autres sont portées disparues après l’effondrement d’un glacier himalayen sur un barrage. Cet événement a provoqué une énorme inondation dans l’État de l’Uttarakhand, dans le nord de l’Inde. Les autorités ont également déclaré qu’au moins 16 autres personnes avaient été piégées é l’intérieur un tunnel. L’énorme déversement d’eau a endommagé deux barrages et plusieurs maisons. Des équipes de secours ont été envoyées sur place.

Il est à craindre que les ouvriers qui travaillaient sur un projet hydroélectrique voisin aient été emportés par l’énorme vague, ainsi que d’autres villageois qui se trouvaient près de la rivière au moment de la catastrophe. Les vidéos diffusées par les médias montrent que le barrage était dans l’incapacité de résister au poids de la déferlante :

https://actu.orange.fr/societe/videos/himalaya-la-rupture-d-un-glacier-provoque-de-fortes-crues-au-moins-trois-morts-et-150-disparus-CNT000001wYagt.html

Une vaste opération de secours est actuellement en cours dans la région pour tenter de retrouver des survivants. Des milliers d’habitants ont déjà été évacués, mais l’ampleur des dégâts ne pourra être évaluée qu’une fois que la crue aura pris fin.

La presse indienne a expliqué qu’une partie du glacier de Nanda Devi s’était tétachée dimanche matin, deux jours après qu’une avalanche se soit déclenchée sur le même glacier. Lorsque le glacier s’est effondré, il a libéré de l’eau, de la boue et d’autres débris qui étaient retenus en amont. Cette masse de matériaux s’est à son tour écrasée dans d’autres plans d’eau, provoquant un effet d’accumulation et une crue gigantesque de la rivière.

En raison du changement climatique et du réchauffement de la planète l’État d’Uttarakhand dans la région de l’Himalaya est sujet à de fortes inondations. En juin 2013, des précipitations record ont provoqué des inondations dévastatrices qui ont fait près de 6 000 morts.

Source: Indian Express.

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At least 9 people have been killed and at least 150 are missing after a Himalayan glacier crashed into a dam o February 7th, 2021 and triggered a huge flood in the northern state of Uttarakhand. Authorities also said that more than 16 people were trapped inside a tunnel.

Several rescue teams were sent in after the sudden barrage of water damaged two dams and several homes.

It is feared that workers from a nearby hydropower project were swept away by the flood as well as other villagers who were near the river at the time.

The videos shared on news media showed how the dam was unable to hold back the sheer weight of water.

https://actu.orange.fr/societe/videos/himalaya-la-rupture-d-un-glacier-provoque-de-fortes-crues-au-moins-trois-morts-et-150-disparus-CNT000001wYagt.html

A huge operation is now underway in the region to try to find those missing. Thousands of residents have already been evacuated but experts say it will only be clear how extensive the damage is once the floodwaters recede.

The Indian press said that part of the Nanda Devi glacier broke off on Sunday morning, two days after an avalanche was triggered on the same glacier. When the glacier broke off, it released water, mud and other debris that had been trapped behind it. These in turn crashed into other bodies of water causing a knock-on effect further down the river.

Due to climate change and global warming, the Uttarakhand state in the mountainous Himalayas region is prone to heavy flooding. In June 2013, record-breaking rainfall led to devastating floods that left almost 6,000 people dead.

Source : The Indian Express.

Glaciers himalayens vus depuis l’espace (Source : NASA)