La fonte du permafrost menace l’accès au Parc National du Denali (Alaska) // Permafrost thawing threatens access to Denali National Park

 À l’approche de la saison touristique estivale en Alaska, la route qui traverse le Parc National du Denali inquiète les autorités. La Denali Park Road (147 kilomètres) est le seul moyen de pénétrer dans le parc. Les voitures particulières ne sont pas autorisées au-delà de la borne indiquant le Mile 15, et chaque année des centaines de milliers de visiteurs montent à bord d’autobus privés pour visiter le parc. Par exemple, en 2017, le Parc National du Denali a enregistré plus de 600 000 visites et les touristes ont dépensé 632 millions de dollars.
Le National Park Service a l’intention d’ouvrir la route début juin. Le problème, c’est que des évolutions spectaculaires du relief l’exposent de plus en plus souvent aux glissements de terrain. Les services du parc ont fermé plusieurs fois la route l’été dernier pendant de fortes pluies, avec des chutes de pierres et des coulées de boue. Au mois d’août, quelque 300 personnes et 17 bus sont restés bloqués pendant plusieurs heures au beau milieu du parcours. En décembre, les autorités ont averti qu’une fermeture partielle de la route pourrait être décidée en 2020. Une fermeture de la route du Denali sur une longue période pendant la saison touristique doit absolument être évitée car cela aurait un effet désastreux sur les activités commerciales en l’Alaska.

L’un des principaux problèmes à résoudre concerne l’instabilité du flanc de la montagne le long de la route vers la moitié du trajet. Les derniers relevés effectués par le National Park Service ont révélé que depuis le mois de septembre 2019, le glissement de terrain s’est considérablement accéléré. La cause du phénomène est le dégel du permafrost en raison des températures de plus en plus élevées en Alaska. En conséquence, la route s’est affaissée de près de 5 centimètres chaque jour depuis le mois d’août de l’année dernière. Le sol riche en argile au-dessus du pergélisol peut glisser plus facilement en période de pluie.
Plusieurs solutions sont proposées pour réparer la route, notamment la déviation d’une portion ou la construction d’un pont au-dessus des zones instables. Il a été jugé inconcevable de creuser des tunnels sous la zone du glissement de terrain ou d’édifier des structures pour contrer le glissement de terrain.
J’ai voyagé à deux reprises sur la Denali Park Road et j’ai eu beaucoup de chance car le temps était beau. La route offre des vues spectaculaires sur le Denali, la plus haute montagne d’Amérique du Nord. Pendant le voyage, on peut généralement voir des moutons de Dall, des ours et d’autres animaux comme des élans ou des rennes.
Source: Anchorage Daily News, Service des parcs nationaux.

L’ouverture du Parc National du Denali reste bien sûr conditionnée à l’évolution du coronavirus aux Etats Unis.

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As the summer tourism season approaches in Alaska, there is anxiety around the fate of the road that runs through Denali National Park. The Denali Park Road is the only way to drive into the park. Private vehicles are restricted along the 147- kilometre road past Mile 15, but hundreds of thousands of visitors each year rely on buses run by commercial operators to take them into the park. In 2017, Denali saw more than 600,000 visits, and visitors spent $632 million.

The National Park Service says it intends to open the entire road by early June. The problem is that dramatic changes are making the road increasingly vulnerable to landslides. The park service closed parts of the road multiple times last summer amid heavy rains, rockfall and mudslides, including an incident in August that left around 300 people and 17 buses stranded for a few hours about halfway down the road. In December, the park service issued a warning about the possibility of a partial closure in 2020. A long-term road closure during the summer tourism season the Denali road must absolutely be avoided because it would have a disastrous cascade effect on businesses throughout Alaska.

A slowly advancing slide near the road’s halfway point is one of many areas along the road that is unstable. Recent National Park Service surveys found that since September 2019, the speed of the landslide has increased dramatically: The cause of the phenomenon is the thawing of permafrost because of higher and higher temperatures in Alaska. As a consequence, the road was slumping nearly 5 centimetres every day after August last year. The clay-rich soil that sits at an incline on top of thawing permafrost can slide when it gets wet.

There are multiple solutions proposed for fixing the road, including rerouting a segment or building a bridge across the unstable areas. Tunneling below the landslide or building up supports against landslides was deemed unfeasible.

I travelled twice along the Denali Park Road and was very lucky because the weather was fine. The park offered dramatic views of Denali, North America’s tallest mountain. During the trip, you can usually see Dall sheep, bears and other animals like moose or reindeer.

Source : Anchorage Daily News, National Park Service.

The opening of Denali National Park will necessarily depend on the evolution of COVID-19 in the United States.

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La route avance dans l’immensité du Parc, avec le Denali en toile de fond…

La toundra est omniprésente…

Au détour d’une courbe, le géant apparaît dans toute sa majesté…

La faune est abondante… Ici un renard…

Là des moutons de Daal…

…un élan…

…des rennes…

…ou un ours en train de se gaver de baies dans la toundra.

Photos: C. Grandpey

Glissements de terrain et éruptions // Landslides and eruptions

Une nouvelle étude publiée dans Nature Scientific Reports, montre qu’il existe un lien entre les éruptions volcaniques majeures et les glissements de terrain, mais laisse aussi entendre que les glissements de terrain peuvent déclencher des éruptions.
Le coeur de l’étude est le Pic du Teide (3718 meres), un volcan actif sur l’île de Tenerife aux Canaries. Sur une période de plusieurs centaines de milliers d’années, le Teide a connu un cycle d’éruptions, d’effondrements et de phases de reconstruction de l’édifice volcanique. Des recherches antérieures effectuées par des scientifiques du Centre National d’Océanographie (CNO) basé à Southampton (Angleterre) ont révélé que les éruptions du passé ont pu être liées à d’énormes glissements de terrain de plusieurs niveaux sous la surface de l’océan.
En approfondissant l’étude des dépôts laissés par ces glissements de terrain, les scientifiques du CNO ont remarqué que les matériaux provenant des éruptions volcaniques explosives ne se trouvaient que dans les couches supérieures de chaque dépôt de glissement de terrain. Cela prouve que les phases initiales de chaque glissement de terrain se sont produites sous l’eau et avant chaque éruption. Ces résultats laissent supposer que la phase initiale des glissements de terrain a pu être le déclencheur de chacune des éruptions.
Les scientifiques ont ensuite étudié les minces couches d’argile volcanique entre les dépôts de glissement et les dépôts éruptifs, et ils ont estimé à environ dix heures le délai minimum entre le glissement sous-marin initial et l’éruption qui a suivi. Ainsi, la nouvelle étude montre qu’après le glissement sous-marin initial, il pourrait s’écouler entre dix heures et plusieurs semaines jusqu’au déclenchement de l’éruption. Cette observation est très différente du déclenchement quasi-instantané du glissement de terrain qui a précédé l’éruption du Mt St Helens en 1980. Les conclusions de l’étude pourraient aider à définir des stratégies de gestion des risques pour des volcans semblables au Teide, comme le Mt St Helens ou Soufriere Hill sur l’île de Montserrat.
Ce délai jusqu’au déclenchement de l’éruption est peut-être dû au fait que la chambre magmatique peu profonde du Teide ne contient pas suffisamment d’éléments volatiles pour provoquer immédiatement des éruptions explosives. Cependant, l’évacuation de matériaux volcaniques par des glissements de terrain peut entraîner l’ascension du magma depuis la chambre magmatique plus profonde riche en éléments volatiles ; ce magma se mélange ensuite au magma peu profond et provoque des éruptions explosives susceptibles d’ouvrir une caldeira de plusieurs kilomètres de diamètre. Ces éruptions donnant naissance à une caldeira sont parmi les plus puissantes sur Terre et mettent en oeuvre d’énormes quantités d’énergie, tandis que les glissements de terrain qui les accompagnent comptent parmi les mouvements de masses les plus importants sur Terre et peuvent générer des tsunamis potentiellement dévastateurs.
Cette compréhension du lien entre les grandes îles volcaniques et les éruptions donnant naissance à des caldeiras permettra une meilleure évaluation des risques géologiques sur les îles volcaniques, et fait partie des recherches en cours du CNO sur les risques géologiques des fonds marins.
Source: Science Daily.

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A new study published in Nature Scientific Reports, not only implies a link between catastrophic volcanic eruptions and landslides, but also suggests that landslides may trigger eruptions.

The heart of the study is Teide (3718 meres), an active volcano on the Canary island of Tenerife. Over a period of several hundred thousand years, Teide has undergone a repeated cycle of very large eruptions, collapse, and regrowth. Previous research by scientists at the National Oceanography Centre (NOC) based at Southampton (England) revealed that past eruptions may have been linked to huge multi-stage submarine landslides.

By studying these landslide deposits further, NOC scientists noticed that material from explosive volcanic eruptions was only found in the uppermost layers of each landslide deposit. This demonstrates that the initial stages of each landslide occurred underwater and before each eruption. These results suggest that the initial stages of the landslides may have triggered each of the eruptions.

The scientists then investigated the thin volcanic clay layers between landslide and eruption deposits, and based upon the time required for clay to settle out of the ocean, estimated the minimum time delay between the initial submarine landslide and a subsequent eruption as approximately ten hours. Thus, the new research shows that after the initial submarine landslide there could be between ten hours to several weeks until the eruption is finally triggered. This is very different from the near-instantaneous landslide triggering of the 1980 Mt St Helens eruption. This information could help inform hazard mitigation strategies for volcanoes similar to Teide, such as Mt St Helens or Montserrat.

This delay could be because the shallow magma chamber in Teide does not contain enough volatiles to immediately create explosive eruptions. However, removal of volcanic material by landslides may cause magma to rise from the lower volatile-rich magma chamber, which mixes with the shallow magma, causing explosive volcanic eruptions after a delay and leaving a large caldera that may be several kilometres across. These ‘caldera-forming’ eruptions are among the largest volcanic eruptions on Earth and involve huge energies, while the associated landslides are among the largest mass movements on Earth and can generate potentially damaging tsunamis.

This new understanding of the linkage between large volcanic islands and caldera-forming eruptions will help advise future geohazard assessments of volcanic islands, and forms part of the NOC’s on-going research into marine geohazards.

Source: Science Daily.

Tenerife et le Teide vus depuis l’espace (Crédit photo: NASA)

Photos: C. Grandpey

La Palma (Iles Canaries) et le risque de tsunami // La Palma (Canary Islands) and the tsunami hazard

Il y a quelques jours, j’ai publié une note faisant état d’une hausse de la sismicité sur le volcan Cumbre Vieja sur l’île de La Palma aux Canaries. Cet essaim sismique sera-t-il suivi d’une éruption ? Personne ne le sait. Toutefois, la seule mention de La Palma et de Cumbra Vieja a fait renaître la crainte d’un effondrement majeur de cette île des Canaries. En effet, le flanc ouest du volcan Cumbre Vieja est instable, avec le risque d’un gigantesque glissement de terrain. Un modèle suisse a montré que le phénomène générerait un méga tsunami dont l’amplitude initiale serait de 650 mètres et dont la vitesse serait de 720 km/h. La vague géante pourrait, malgré l’atténuation, créer des dégâts jusqu’à 20 km à l’intérieur des terres aux Etats Unis. Si un tel évènement devait avoir lieu, il n’y a pas que les côtes américaines qui seraient impactées ; toutes les îles environnantes – comme les Bahamas – seraient ravagées ainsi que des littoraux d’Afrique, voire d’Espagne ou même de France.

Le 10 avril 2017, dans une note intitulée « La Bible et les volcans », j’avais rappelé différents écroulements ou glissements de terrain qui se sont produits sur des édifices volcaniques en générant de terribles raz-de-marée. Le Cumbre Vieja faisait partie des zones à risques…

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2017/04/10/la-bible-et-les-volcans-the-bible-and-the-volcanoes/

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A few days ago I posted a note about an increase in seismicity on the Cumbre Vieja volcano on the island of La Palma in the Canary Islands. Will this seismic swarm be followed by an eruption? Nobody knows. However, the only mention of La Palma and Cumbra Vieja has rekindled the fear of a major collapse of this island. Indeed, the western flank of Cumbre Vieja is unstable, with the risk of a gigantic landslide. A Swiss model has shown that the phenomenon would generate a mega tsunami with an initial amplitude of 650 metres and a speed of 720 km / h. The giant wave could, despite the mitigation, create damage up to 20 km inland in the United States. If such an event were to take place, not only the American coasts would be impacted; all the surrounding islands – like the Bahamas – would be ravaged, as well as the coastlines of Africa, and even Spain or France.
On April 10th, 2017, in a note entitled « The Bible and the Volcanoes », I recalled various collapses or landslides that occurred on volcanoes and generated terrible tidal waves. Cumbre Vieja was one of the zones at risk …

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2017/04/10/la-bible-et-les-volcans-the-bible-and-the-volcanoes/

Cumbre Vieja vu depuis l’espace (Source: NASA Visible Earth)

Glissements de terrain et le séisme de 1964 en Alaska // Landslides and the 1964 earthquake in Alaska

drapeau-francais52 ans après le très violent séisme de M 9,2 qui a frappé l’Alaska le 27 mars 1964, les scientifiques ont mis en évidence le glissement de terrain sous-marin qui a déclenché certaines des vagues les plus meurtrières. Grâce à des techniques modernes permettant de cartographier le plancher marin dans le Prince William Sound, les scientifiques de l’USGS ont découvert pourquoi un glissement de terrain avait provoqué les vagues de tsunami. Des localités comme Valdez ou Chenega ont été les plus durement touchées. Elles ont été pratiquement rayées de la carte et reconstruites plus tard sur des sites différents.
Peu de temps après le séisme, les scientifiques ont évoqué la possibilité de glissements sous-marins pour expliquer le tsunami qui a suivi les secousses. Un rapport technique de l’USGS publié en 1969 fait état de «vagues localisées d’origine inconnue» pour expliquer la plupart des destructions. Cependant, la technologie bathymétrique de l’époque ne permettait d’atteindre qu’une profondeur d’environ 180 mètres. Les études modernes conduites avec la technologie sonar multifaisceaux ont révélé un vaste complexe de glissements de terrain sous-marins qui ont eu lieu à des profondeurs beaucoup plus grandes. Les conclusions des travaux de l’USGS ont été publiées dans la revue Earth and Planetary Science Letters.
Selon le rapport, le caractère exceptionnel du glissement de terrain est dû à sa grande profondeur, entre 250 à 350 mètres. Les fonds marins dans cette partie du Prince William Sound sont complexes, avec la présence d’une imposante moraine laissée par un glacier qui se trouvait autrefois dans ce secteur. L’analyse des dernières données a révélé que le séisme a déstabilisé des sédiments glaciaires qui se sont déversés sur cette moraine en recouvrant une zone située à environ 465 mètres de profondeur avec une couche de matériaux d’une épaisseur de 11 mètres. Ce volume de matériaux, violemment projeté à une telle profondeur, ne pouvait que générer l’énorme vague qui a atteint le rivage quatre minutes après le déclenchement du séisme.
Les résultats de l’étude de l’USGS confirment les théories avancées dans les années 1960 sur la cause du tsunami. Ils fournissent également des indications utiles sur de futurs glissements sous-marins provoqués par des séismes. Au vu de la topographie de certains fonds marins, on se rend compte qu’un séisme n’a pas forcément besoin d’être très violent pour provoquer un tsunami dévastateur en certains points de la côte.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau anglais52 years after the M 9.2 earthquake hit Alaska on March 27th 1964, scientists have pinpointed the underwater slide that triggered some of the deadliest tsunami waves. Using modern technology to map the floor of Prince William Sound, USGS scientists have found the landslide behind the tsunamis. Communities like Valdez or Chenega were the hardest hit by the event. They were nearly leveled and later rebuilt at a different site.
In the days that followed the earthquake, scientists speculated that underwater landslides produced the tsunami. A USGS technical report published in 1969 cited “localized waves of unknown origin” as the source of the most destruction. However, the bathymetric technology of the time allowed for study of the seafloor only to the depth of about 180 metres. Modern surveys conducted with multibeam sonar technology revealed a big complex of underwater slides that had occurred at much lower depths. The findings of the USGS-led project were published online in the journal Earth and Planetary Science Letters.
What made this slide unusual was that much of the material that slid was at a water depth of 250 to 350 metres. The seafloor in that part of Prince William Sound was complex, with a big underwater moraine left as the remnant of a past glacier. Analysis of the new data showed the earthquake triggered glacial sediment to pour over that underwater moraine and blanket an area about 465 metres deep with a layer of debris that was, on average, 11 metres thick. That volume of debris dumped on such a deep area was able to send a huge wave to the shore four minutes after the shaking began.
The findings confirm scientists’ theories from the 1960s about the cause of the tsunamis. They also provide warnings about future quake-triggered underwater landslides. Given certain seafloor conditions and contours, an earthquake need not be high in magnitude to cause a devastating localized tsunami.
Source : Alaska Dispatch News.

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drapeau-francaisVoici des photos montrant l’ancien emplacement de Valdez. Le village portuaire a été reconstruit à quelques kilomètres di site de la catastrophe. De nombreux panneaux indiquent la voie à suivre en cas d’évacuation mais, comme en 1964, il faudra faire vite, très vite pour échapper à un nouveau tsunami !

drapeau anglaisHere are some photos showing the site of Old Valdez. The port was rebuilt a few miles away. Today, numerous panels show people the way to follow in case of an evacuation. However, like in 1964, they will have to run fast, very fast, to escape another tsunami!

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Emplacement de Valdez au moment de la catastrophe de 1964

(Photos: C. Grandpey)

Les frissons de l’Irazu (Costa Rica) // The tremors of Irazu (Costa Rica)

drapeau francaisUne série de petits séismes inquiète depuis le mois de décembre les habitants de plusieurs localités situées à proximité de l’Irazú. Les événements ont des magnitudes comprises entre 1,5 M et M 3,9, avec un pic d’activité le 13 janvier, jour où plus de 50 microséismes ont été enregistrés en une seule journée. Cependant, cette activité sismique n’a pas entraîné une modification significative de l’activité volcanique de l’Irazu.
Les scientifiques du Réseau Sismologique National (RSN) veulent savoir s’il y a une relation entre les microséismes de l’Irazú et l’augmentation d’activité du Turrialba au cours des trois dernières années. Les deux volcans sont situés dans la province de Cartago, à environ 10 kilomètres l’un de l’autre.
L’inquiétude des habitants a grandi la semaine dernière lorsque les géologues ont confirmé qu’une fracture de 222 mètres de longueur était apparue près de l’Irazu. Cette fracture a provoqué des glissements de terrain dans une zone de 15 hectares à proximité de 84 tours de télécommunications utilisées par les organismes gouvernementaux et les centres de secours, ainsi que les stations de radio et de télévision. La fracture, qui mesure environ 1,40 mètre de large en certains endroits et jusqu’à 90 centimètres de profondeur, met en péril l’ancrage des tours en raison des mouvements du sol.
Les ingénieurs font remarquer qu’il sera difficile de trouver un nouvel emplacement avec des caractéristiques semblables à celles de l’Irazú, qui, à plus de 3400 mètres d’altitude, offre une couverture de plus de 60 pour cent du territoire national.
Source: Le Tico Times.

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drapeau anglaisA series of minor tremors occurring since December is worrying residents of several communities near Irazú Volcano. The magnitude of the events ranged from M 1.5 to M 3.9 with a peak of activity on January 13th, when more than 50 microseisms were recorded in one single day. However, this seismic activity has not led to a substantial change in volcanic activity at Irazú.

National Seismological Network (RSN) experts want to know whether there is a relationship between microseisms at Irazú and the increase in Turrialba’s activity in the past three years. Both volcanoes are located in Cartago, about 10 kilometres apart.

Residents’concerns got higher last week when geologists confirmed that a 222-metre fissure has emerged near Irazú. It has caused landslides in a 15-hectare area near 84 telecommunications towers used by the government and emergency agencies, as well as radio and TV stations. The fissure, which is about 1.4 metres wide in some areas and up to 90 centimetres deep, places the towers’ anchors at risk because of displacement of the earth.

Experts warn that it would be difficult to find a new location with characteristics similar to Irazú, which at over 3,400 metres provides the stations coverage of more than 60 percent of the national territory.

Source: The Tico Times.

Irazu-blog

Le cratère de l’Irazu (Crédit photo:  Wikipedia)

Askja (Islande) : Un glissement de terrain a-t-il causé la mort de deux géologues allemands en 1907 ? //Did a landslide cause the deaths of two German geologists in 1907?

drapeau francaisLe 10 juillet 1907, deux scientifiques allemands ont mystérieusement disparu alors qu’ils étudiaient l’Öskjuvatn, le lac qui occupe la caldeira de l’Askja. Un groupe de trois hommes – un étudiant en géologie, un géologue professionnel et un peintre – se trouvaient dans la région de l’Askja à l’époque. Selon le journal Morgunbladid publié le jour du 100ème anniversaire de la tragédie, l’étudiant en géologie travaillait quelque part sur les montagnes au nord du lac tandis que le géologue et le peintre naviguaient dans une petite embarcation sur l’Öskjuvatn.
Lorsque l’étudiant de géologie revint au camp, ses partenaires d’expédition et leur bateau avaient disparu. On a alors supposé qu’ils s’étaient noyés dans le lac, mais leurs corps n’ont jamais été retrouvés.
D’autres théories ont prétendu que l’étudiant en géologie avait assassiné ses partenaires, ou bien qu’un glissement de terrain ou un tremblement de terre avait causé leur mort. Certains ont raconté les avoir vus en vie deux semaines après leur disparition, tandis que d’autres ont affirmé que leurs fantômes hantaient la région de l’Askja.
Les recherches organisées l’année suivante ont été infructueuses. La seule trace des deux hommes d’aujourd’hui est un monument au nord-ouest du cratère Víti.
La tragédie est évoquée aujourd’hui car elle pourrait bien avoir un lien avec ce qui s’est passé il y a quelques semaines. Comme je l’ai expliqué dans une note précédente, le 21 juillet, un pan de montagne d’environ un kilomètre de large s’est effondré pendant la nuit et a terminé sa course dans l’Öskjuvatn, soulevant plusieurs vagues de 30 mètres de hauteur qui sont venues s’écraser sur les rochers autour du lac, jusque dans le Víti, après avoir franchi la haute crête qui le sépare de Öskjuvatn. Selon les estimations, 50 millions de mètres cubes de terre se sont séparés de la montagne. Le Met Office islandais fait remarquer que c’est le plus grand glissement de terrain de l’histoire de l’Islande.
Des études indiquent que le sol avait commencé à se déstabiliser bien avant le glissement de terrain, mais le temps chaud qui prévalait dans la région dans les jours précédant l’événement a fait fondre rapidement la glace autour du lac et probablement accéléré le processus. Les couches de roches sur les pentes autour de l’Öskjuvatn sont plus jeunes que les autres parties de la caldeira, ce qui les rend moins stables. Il y a des signes de glissements de terrain antérieurs et d’autres éboulements sont susceptibles de se produire dans les prochaines années, les prochaines décennies ou les prochains siècles.
Les restrictions d’accès aux sentiers autour de l’Öskjuvatn ont été levées, mais la fréquentation du bord du lac implique un certain risque et les gens qui s’y trouvent doivent être conscients que, dans le cas d’un glissement de terrain jusque dans le lac, il suffit d’une ou deux minutes à un raz-de-marée pour le traverser, tandis qu’il faut dix secondes au bruit pour effectuer la même distance.
La mystérieuse disparition en 1907 doit être mis en relation avec les événements récents. En effet, un glissement de terrain provoquant un raz de marée dans l’Öskjuvatn aurait pu facilement renverser la petite embarcation dans laquelle se trouvaient les scientifiques allemands, les noyant dans le même temps.
C’est une théorie probable, mais le mystère de leur disparition ne sera probablement jamais résolu.

Source : Iceland Review.

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drapeau anglaisOn July 10th, 1907, two German scientists mysteriously disappeared while studying Öskjuvatn, the lake in Askja caldera. A party of three men including a geology student, a professional geologist and a painter, were in the Askja region at the time. According to the Morgunbladid newspaper issued on the day of the 100th anniversary of the tragedy, the geology student was studying the mountains to the northeast of the lake while the geologist and the painter were sailing in a small boat on Öskjuvatn.

When the geology student returned to the camp, his expedition partners and their boat were gone. It was assumed that they had drowned in the lake but their bodies have never been found.

Further theories suggested that the geology student had murdered his partners, or that a landslide or an earthquake had caused their death. Some reported to have seen them alive two weeks after the disappearance, while others claimed their ghosts have since haunted Askja.

The research that was organised the following year was fruitless. The only trace of the two men today is a memorial which stands just northwest of the crater Víti.

The tragedy is all the more remembered today as it might be connected to what happened a few weeks ago. As I explained it in a previous note, on July 21st this year, a roughly one-kilometre wide piece of land fell into Öskjuvatn during the night, causing several up to 30-metre tidal waves to crash on the rocks around the lake, spilling into Víti, across the high ridge that separates it from Öskjuvatn. According to estimates, up to 50 million cubic metres of land fell down the mountain, which is the largest rockslide in historical times in Iceland, according to the Icelandic Met Office.

Studies indicate that the ground had started to destabilize long before the rockslide occurred but warm weather in the area in the days preceding the event, caused ice around the lake to melt quickly and likely sped up the process.

The layers of rock in the slopes around Öskjuvatn are younger than other parts of the caldera, which makes them less stable. There are signs of previous rockslides and further rockslides are likely to occur in future years, decades or centuries.

The restrictions on walking paths around Öskjuvatn have now been lifted but being down by the lake involves a certain risk and people who go there should be aware that in the case of a rockslide falling into the lake, it only takes a tidal wave one or two minutes to cross it, while the sound of a rockslide takes ten seconds to be carried the same distance.

The mysterious disappearance in 1907 must be put into context with the recent events. Indeed, a landslide causing a tidal wave in Öskjuvatn could easily have toppled the German scientists’ small sailboat, drowning them in the process.

It is a likely theory, although the old mystery will probably never be solved.

Iceland Review.

Askja-blog

(Photo:  C.  Grandpey)

Askja (Islande): Accès toujours fortement déconseillé // Askja (Iceland): Access is still too dangerous

drapeau francaisComme il y a toujours un risque de nouveaux éboulements susceptibles de déclencher des raz de marée dans l’Öskjuvatn, les sentiers de randonnée autour du lac restent fermés. Les autorités disent qu’il n’y a aucun signe d’un nouveau glissement de terrain de l’ampleur de celui qui a généré des vagues de 50 mètres de haut au début de cette semaine. Cependant, la zone est considérée comme instable et de petits éboulements sont possibles. La zone continuera d’être surveillée tous les jours et une évaluation de la situation sera effectuée dans une semaine. D’ici là, les randonneurs sont invités à se tenir à l’écart de la partie sud-est de Askja où s’est produit le glissement de terrain.

Source: Iceland Review.

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drapeau anglaisAs there is still a risk of further rockfalls causing tidal waves in Öskjuvatn, walking paths around the lake remain closed. Authorities say there are no indications of a new rockfall of a similar magnitude as the one that caused 50-metre high tidal waves earlier this week. However, the area is considered unstable and smaller rockfalls are possible. The area will continue to be monitored daily and the situation estimated after one week. Travelers are advised to keep away from the southeastern part of Askja where the rockfall occurred.

Source: Iceland Review.

Askja-Viti

Lac Viti, tout près de l’Oskjuvatn  (Photo:  C.  Grandpey)