Des images du volcan au large de Mayotte // Images of the volcano off Mayotte

On ne parle plus beaucoup de l’éruption du volcan sous-marin né au large de Mayotte il y a deux ans, mais les scientifiques continuent de l’observer et de l’étudier. C’est ainsi que la mission Geoflamme vient de s’achever et a fourni des images haute définition qui permettront de mieux comprendre la formation de l’édifice volcanique.

Situé à 3 400 mètres de profondeur, et à seulement 50 km à l’est des côtes mahoraises, il présente une hauteur de 820 mètres. Le volume de lave émis en quelques mois est estimé à plus de 6 km3­,

La mission Geoflamme, coordonnée par l’Ifremer et l’IPGP, a fait collaborer 70 scientifiques pendant un peu plus d’un mois. Les observations ont été effectuées à l’aide du submersible Victor 6000 qui était piloté depuis la surface. Très précis, il peut plonger jusqu’à 6000 mètres de profondeur et a pris des photos haute définition à seulement 2 mètres du fond.

Grâce à ces données, aux prélèvements et aux images, les scientifiques espèrent mieux comprendre les conditions de naissance du volcan mais aussi l’impact des éruptions et des séismes sur la vie sous-marine.

Les structures de lave observées sont particulièrement diverses, avec des tunnels, des laves en coussins et des tephra. La couleur ocre qui apparaît dans la vidéo est probablement due à des particules de fer oxydé. On observe aussi des zones où la lave est très noire, brillante, ce qui montre qu’elle a été émise récemment.

Au cours de leurs observations, les scientifiques n’ont pas assisté à des coulées de lave en direct. IL semble que le volcan soit entré dans une période d’accalmie, ce qui est confirmé par la baisse de la sismicité sur l’île et l’arrêt de son affaissement.

Une nouvelle campagne d’observation, baptisé Marmor, a commencé début 2021.

Voici une vidéo rapportée par la mission Geoflamme :

http://youtu.be/rc0P4aioa_k

Source : Mayotte la 1ère.

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We don’t hear much about the eruption of the submarine volcano that began off Mayotte two years ago, but scientists continue to observe and study it. The Geoflamme mission has just ended and has provided high definition images that will provide a better understanding of the formation of the volcanic edifice.

Located at a depth of 3,400 metres, and only 50 km east of the Mahorese coast, it is 820 metres high. The volume of lava emitted in a few months is estimated at more than 6 km3,

The Geoflamme mission, coordinated by Ifremer and IPGP, brought together 70 scientists for a little more than a month. The observations were made using the submersible Victor 6000 which was piloted from the surface. Highly accurate, it can dive down to a depth of 6,000 metres and has taken high-definition photos from just 2 metres from the bottom.

Thanks to these data, samples and images, scientists hope to better understand the formationof the volcano but also the impact of eruptions and earthquakes on submariner life.

The lava structures observed are particularly diverse, with tunnels, pillow lavas and tephra. The ocher colour that appears in the video is probably due to oxidized iron particles. There are also areas where the lava is very dark, shiny, indicating that it was recently emitted.

During their observations, the scientists did not see any active lava flows. It appears that the volcano has entered a period of lull, which is confirmed by the drop in seismicity on the island and the cessation of its subsidence. A new observation campaign, dubbed Marmor, began in early 2021. Here is a video shot during the Geoflamme mission:

http://youtu.be/rc0P4aioa_k

 Source: Mayotte la 1ère..

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

La Covid-19 occupant l’essentiel de l’actualité, on ne parle plus guère du volcan sous-marin en éruption au large de Mayotte. Il reste pourtant sous surveillance. En 2021, deux nouvelles campagnes Mayobs vont continuer l’étude de la situation au fond de l’océan. En avril, le Pourquoi-Pas? de Genavir va se rendre sur zone. Ensuite, à l’automne, ce sera au tour du Marion Dufresne à avoir des scientifiques à son bord. Toutefois, ces campagnes ne mettront pas en oeuvre, comme initialement prévu, le nouveau robot sous-marin Ulyx mis au point par l’Ifremer qui demande des perfectionnements. Ce robot est conçu pour plonger en toute autonomie jusqu’à 6000 mètres, scanner les fonds et inspecter visuellement des sites d’intérêt, tout en pouvant recueillir un certain nombre de données et d’échantillons dans la colonne d’eau. Ce sont donc le robot Victor 6000 et le drone sous-marin IdefX qui participeront aux missions scientifiques.   .
Source : Mer et Marine.

https://www.meretmarine.com/fr

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La série de paroxysmes continue sur l’Etna (Sicile). Le n°14 a eu lieu pendant la nuit du 16 au 17 mars 2021. Le déroulement reste le même : hausse du tremor, activité strombolienne évoluant en fontaines de lave dans le Cratère SE, débordements et coulées de lave dans le Valle del Bove et sur le versant SO du volcan. Les retombées de cendres sont fréquentes autour de l’Etna. Voir ma note du 15 mars 2021 à ce sujet.

 

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L’éruption du Kilauea (Hawaï) continue dans le cratère de l’Halema’uma’u. La lave est émise par une bouche dans la paroi nord-ouest du cratère et se jette dans le lac de lave. Le lac a une profondeur d’environ 221 mètres. Les émission de SO2 restent élevés à 800 t / jour.

Un séisme de M 4,1 a été enregistré sous le flanc sud du Kilauea le 14 mars 2021. L’épicentre a été localisé à environ 11 km au sud-est de Volcano, près du secteur de Hōlei Pali, à une profondeur de 6,4 km. La secousse n’a eu aucun effet apparent sur le Kilauea et le Mauna Loa.

Source: HVO.

 

Vue de l’éruption le 14 mars 2021

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L’activité sismique a diminué ces dernières heures sur la Péninsule de Reykjanes (Islande) avec certains événements ont atteint ou dépassé M 5.0 au cours de la semaine écoulée. Es fractures sont apparues sur la péninsule. Les volcanologues islandais pensent qu’un dyke se déplace sous la surface. Une éruption ne saurait être exclue. Des caméras sont pointées vers le site possible de sortie de la lave, mais pour le moment il ne se passe rien.

Dernières nouvelles (18 mars 2021) Selon des scientifiques de l’Université d’Islande, la zone de la Péninsule de Reykjanes où est susceptible de se produire une éruption est plus grande que celle définie auparavant. Elle comprend désormais Fagradalsfjall et ses environs, mais pas la zone au sud de la montagne.

À en juger par les dernières images satellites, il semble que le dyke ait rencontré un obstacle ou un passage plus étroit sous la région de Nátthagi, au sud de Fagradalsfjall. Une expansion régulière est enregistrée dans le secteur et le magma continue d’alimenter le dyke.

La comparaison des images satellites prises ces dernières semaines montre une divergence tectonique atteignant jusqu’à 10 cm de part et d’autre du dyke qui s’est formé entre les montagnes de Keilir et Fagradalsfjall.

Les scientifiques ont remarqué que depuis le 24 février 2021, du nouveau magma pénètre chaque jour dans le dyke, mais une partie du se solidifie et ne pourra pas donc pas alimenter une éruption. Les scientifiques disent également n’entrevoir aucun signe de diminution de l’activité sismique, ni aucun signe montrant que le dyke se rapproche de la surface.

Si je comprends bien, l’éruption est moins «imminente» qu’il y a quelques jours!

Source: Iceland Monitor.

Source : Icelandic Road and Coastal Administration

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Au Kamtchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange sur l’Ekoko, le Sheveluch et le Klyuchevskoy où les données satellitaires montrent une importante anomalie thermique correspondant à l’éruption sur le versant nord-ouest du volcan.

Source: KVERT.

(Crédit photo: Artem Gromov, Boris Smirnov, Alexey Kulayev)

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Le PHIVOLCS indique que la sismicité est toujours élevée sur le Taal (Philippines) avec de nombreux événements volcano-tectoniques et des épisodes de tremor. L’activité du Main Crater consiste en émissions modérées de vapeur qui s’élèvent à une dizaine de mètres de hauteur. Les émissions de SO2 atteignent en moyenne de 518 tonnes / jour. La température de l’eau du Main Crater Lake atteint un maximum de 71,8°C avec un pH de 1,59.

Les paramètres de déformation du sol issus de l’analyse des données GPS et InSAR indiquent une inflation très lente et régulière de la région de Taal depuis l’éruption de janvier 2020.

Le niveau d’alerte reste à 2.

Source: PHIVOLCS.

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L’activité éruptive reste intense sur le Pacaya (Guatemala) avec des panaches de cendres s’élevant jusqu’à 2 000 m de hauteur. L’activité effusive continue d’alimenter une coulée de lave d’environ 1500 à 1800 mètres de longueur sur le flanc sud du volcan. De faibles retombées de cendres ont été signalées dans le village d’El Patrocinio.

Source: INSIVUMEH.

Photo : C. Grandpey

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Le Popocateptl (Mexique) montre les habituelles emissions de vapeur et de cendre, avec parfois des retombées sur les villages sous le vent.

La couleur du niveau d’alerte reste au Jaune Phase 2.

Voici une image fournie par la caméra le 14 mars 2021.

Source: CENAPRED.

Vue webcam du Popocatepetl le 14 mars 2021

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :  :

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

With Covid-19 occupying most of the news, little is said about the submarine volcano erupting off Mayotte. However, it remains under surveillance. In 2021, two new Mayobs campaigns will continue to study the situation at the bottom of the ocean. In April,  Genavir’s Pourquoi-Pas? will visit the area. Then, in autumn, the Marion Dufresne will have scientists on board. However, these campaigns will not use, as initially planned, the new Ulyx submarine robot developed by Ifremer which requires improvements. This robot is designed to independently dive down to 6,000 metres, scan the seabed and visually inspect sites of interest, while being able to collect a number of data and samples in the water column. Therefore, the Victor 6000 robot and the IdefX underwater drone that will participate in the scientific missions.

Source: Mer et Marine.

https://www.meretmarine.com/fr

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The series of paroxysms continues on Mt Etna (Sicily). Crisis n°14 took place during the night of 16-17 March, 2021. The course of events remains the same: rise of the tremor, Strombolian activity evolving in lava fountains in the SE Crater, overflows and lava flows in the Valle del Bove and on the SW slope of the volcano. Ashfall is frequently observed around Mt Etna. See my post of March 15th on this topic.

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Kilauea (Hawaii) is erupting within Halema’uma’u Crater.Lava is emitted by a vent on the northwest side of the crater and flowing into the lava lake. The lake is about 221 metres deep. SO2 emission rates remain elevated at 800 t/day.

An M 4.1 earthquake was recorded beneath Kīlauea’s south flank on March 14th, 2021 It was centered about 11 km southeast of Volcano, near the Hōlei Pali area, at a depth of 6.4 km. The earthquake had no apparent effect on Kīlauea or Mauna Loa volcanoes.

Source: HVO.

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Seismic activity has declined in the past hours on the Reykjanes Peninsula (Iceland) but some events reached or exceeded M 5.0 during the past week Icelandic volcanologists believe a dyke is moving under the surface. Fissures have appeared in some places. An eruption cannot be ruled out. Cameras are pointed at the site where lava might come out, but nothing is happening at the moment.

Latest news (March 18th, 2021) According to University of Iceland scientists, the potential area of an eruption on the Reykjanes peninsula is larger than before. It now includes Fagradalsfjall and vicinity, not the area south of the mountain.

Judging fro the latest satellite pictures, the magma dyke may have reached a hindrance or constriction under the Nátthagi area, south of Fagradalsfjall. Constant expansion is being registered in the area, and magma continues to flow into the dyke.

The comparison of satellite pictures taken in the past weeks shows tectonic divergence on both sides of the magma dyke, which has formed between the mountains Keilir and Fagradalsfjall, amounting to up to 10 cm on each side.

The scientists have noticed that since February 24th, 2021, every day new magma enters the magma dyke, while simultaneously, part of the magma is solidifying and changing into a dyke, namely magma that will not be able to erupt. They also say that they see neither signs of the seismic activity abating, nor any sign of the magma dyke moving closer to the earth’s surface.

I understand the eruption is less”imminent” than predicted a few days ago!

Source: Iceland Monitor.

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In Kamchatka, the aviation colour code is kept at Orange on Ekoko, Sheveluch and Klyuchevskoy where satellite data show a large thermal anomaly over the flank eruption at the northwestern slope of the volcano.

Source: KVERT

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 PHIVOLCS indicates that seismicity is still elevated on Taal (Philippines)with numerous volcano-tectonic events and episodes of tremor.  Activity at the Main Crater consists of moderate emissions of steam that rise about 10 m high. SO2 emissions average 518 tonnes/day. At the Main Crater Lake, water temperature has been measured at a maximum of 71.8°C  with a  pH of 1.59.

Ground deformation parameters from GPS and InSAR data analysis have indicated very slow and steady inflation and expansion of the Taal region since after the January 2020 eruption.

The Alert Level remains at 2.

Source: PHIVOLCS.

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Sustained eruptive activity is still observed at Pacaya (Guatemala) with ash plumes rising up to 2 000 m. Effusive activity continues to feed a lava flow about 1500-1800 metres long on the southern flank of the volcano. Weak ashfall has been reported in the village of El Patrocinio.

Source: INSIVUMEH.

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 Popocateptl (Mexico) shows the usual emissions of steam and ash, sometimes with some ashfall on downwind villages. The colour of the alert level remains at Yellow Phase 2 . See above an image provided by the camera on March 14th, 2021.

Source: CENAPRED.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Le morcellement de Madagascar // The fragmentation of Madagascar

En mars 2018, j’indiquais sur ce blog qu’une impressionnante faille de 15 mètres de profondeur et 20 mètres de large avait tranché la route entre Mai Mahiu et Narok, dans le Sud du Kenya, à quelques kilomètres de la capitale Nairobi. Autour de cette route, les plaines fertiles et les terres arables avaient, elles aussi, vu apparaître soudainement des fissures dans le sol.

En septembre 2005, une fracture géante s’était déjà ouverte dans la croûte terrestre au nord de l’Afar. Cet événement s’est produit en même temps qu’une série de séismes et une éruption sur le flanc du volcan Dabbahu. Depuis cette époque, une dizaine d’autres fissures plus modestes se sont ouvertes au sud de la région. Selon les scientifiques, cet épisode géologique de l’automne 2005 marque sans doute l’instant zéro de l’ouverture d’un océan dans cette partie du monde.

Ce chamboulement tectonique a des répercussions jusque sur l’île de Madagascar qui, selon une étude publiée dans la revue Geology, se divisera également en îles plus petites. L’étude confirme que le continent africain se sépare lentement en plusieurs grands et petits blocs tectoniques le long du système du rift est-africain.

Cette évolution des plaques tectoniques africaines est au cœur d’un travail mené par un groupe de chercheurs du Département de Géoscience du Virginia Tech. Pour parvenir à leur conclusion, les géologues ont effectué des relevés GPS à la surface de Afrique de l’Est, à Madagascar et sur plusieurs autres îles de l’Océan Indien. Ils ont constaté que l’île de Madagascar était en train de se morceler. Le sud, porté par la plaque Lwandle, se détache du reste de l’île tandis que le centre, porté par la plaque Somalienne, se déplace dans une autre direction.

Le reste de Madagascar est également soumis à un processus complexe de morcellement et de division qui s’étend jusqu’aux Comores, et qui s’achèvera par la formation d’archipels. Ce n’est toutefois pas pour tout de suite. Comme pour l’ouverture du rift est-africain, la séparation se fait à un rythme très lent, à raison de quelques millimètres par an. Les grands bouleversements prévus n’auront donc pas lieu avant quelques millions d’années. L’écartement des terres donnera alors naissance à de nouveaux océans.

En attendant, ce travail permettra de mieux appréhender l’activité sismique et volcanique dans les Comores, avec la naissance d’un nouveau volcan sous-marin à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Mayotte.

Pour mémoire, rappelons que la dernière campagne océanographique menée du 1er au 26 octobre 2020 a permis d’identifier au nord-ouest du volcan de nouvelles coulées de lave sur le fond marin, signe que l’activité éruptive se poursuit.

Source : Yahoo News, Science & Avenir.

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In March 2018, I indicated on this blog that an impressive 15-metre-deep and 20-metre-wide fissure had slashed the road between Mai Mahiu and Narok, in southern Kenya, a few kilometres from the capital Nairobi. Around this road, the fertile plains and the arable land had suddenly seen cracks appear in the ground.

In September 2005, a giant fissure had already opened in the earth’s crust north of Afar. This event occurred together with a series of earthquakes and an eruption on the side of the Dabbahu volcano. Since that time, a dozen other smaller cracks have opened in the south of the region. According to scientists, this geological episode in the autumn of 2005 probably marks the zero moment of the opening of an ocean in this part of the world.

This tectonic upheaval has repercussions as far as the island of Madagascar, which, according to a study published in the journal Geology, will also be divided into smaller islands. The study confirms that the African continent is slowly separating into several large and small tectonic blocks along the East African Rift System.

This evolution of the African tectonic plates is at the heart of a work carried out by a group of researchers from the Department of Geoscience at Virginia Tech. To reach their conclusion, geologists carried out GPS surveys on the surface of East Africa, Madagascar and several other islands in the Indian Ocean. They found that the island of Madagascar was in the process of being fragmented. The south, carried by the Lwandle plate, is detached from the rest of the island while the center, carried by the Somali plate, moves in another direction.

The rest of Madagascar is also subject to a complex process of fragmentation and division which extends to the Comoros, and which will end with the formation of archipelagos. However, this is not for now. As with the opening of the East African Rift, the separation is happening at a very slow pace, at the rate of a few millimetres per year. The major upheavals will therefore not take place before a few million years. The separation of the land will then give birth to new oceans.

In the meantime, this work will make it possible to better understand seismic and volcanic activity in the Comoros, with the birth of a new submarine volcano about fifty kilometres east of Mayotte.

As a reminder, the last oceanographic campaign conducted from October 1st to 26th, 2020 identified new lava flows on the seabed to the northwest of the volcano, a sign that eruptive activity is continuing.

Source: Yahoo News, Science & Avenir.

Cadre sismotectonique des Comores (Source : CCGM et UNESCO, 2002)

 

Bilan éruptif de l’année 2020 – (4) août, septembre et octobre

Voici les événements éruptifs les plus marquants des mois d’août, septembre et octobre 2020

Août 2020

Les 2 et 3 août, le Langila (Papouasie-Nouvelle-Guinée) connaît un nouvel épisode d’activité. Il émet des panaches de cendres qui s’élèvent jusqu’à environ 2400 m au-dessus du niveau de la mer. L’éruption précédente a duré du 2 avril 2016 au 30 octobre 2018, avec un VEI 2.

Le volcan sur l’île Nishinoshima (Japon) reste très actif en août. Le panache de cendres s’élève jusqu’à 5000-6000 m au-dessus du niveau de la mer. Selon les garde-côtes japonais, les explosions sont fréquentes et de la lave coule toujours sur le flanc du volcan.

L’activité explosive se poursuit sur le Suwanosejima (Japon) au cours du mois d’août, avec des panaches de cendres s’élevant à plus de 2 km au-dessus du niveau de la mer. Des émissions importantes de SO2 sont enregistrées vers le sud du volcan au-dessus de l’Océan Pacifique.

Le Sinabung entre de nouveau en éruption à 18h58 (UTC) le 7 août, pour la première fois depuis juin 2019.  Le volcan vomit un panache de cendres jusqu’à 4,5 km au-dessus du niveau de la mer. Une autre éruption a lieu à 10h18 (UTC) avec un panache s’élevant jusqu’à 3,3 km d’altitude. Les habitants et les touristes sont invités à rester à l’extérieur d’un rayon de 3 km du cratère. Des retombées de cendres sont signalées dans plusieurs zones, occasionnant des dégâts aux plantations et aux récoltes. Les autorités déclarent qu’aucun habitant n’a été déplacé par l’éruption et qu’il n’y a pas eu de victimes. 1 500 masques sont distribués à la population et les autorités locales aident les habitants à évacuer la cendre. Le niveau d’alerte volcanique reste à 3 (Siaga).

Un nouvel épisode éruptif significatif est observé à 03h16 (UTC) le 10 août, avec un panache de cendres qui monte jusqu’à 10 km au-dessus du niveau de la mer, obligeant les autorités à évacuer les localités proches du volcan.

Le volcan entre de nouveau en éruption à plusieurs reprises le 13 août, avec une colonne de cendres de 2000 mètres au-dessus du sommet.

De nouveaux événements éruptifs les 14, 17 et 18 août produisent des panaches de cendres qui atteignent 2-4 km de hauteur. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4), avec une zone d’exclusion générale de 3 km et des extensions à 5 km sur le secteur SE et 4 km dans le secteur NE.

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Septembre 2020

 Au Chili au mois de septembre,  la lave continue de descendre sur le flanc NNE du Nevados de Chillán. On observe toujours des émissions de gaz et des explosions se font entendre de temps en temps. Le niveau d’alerte reste au Jaune, le deuxième sur une échelle de quatre couleurs, et il est rappelé à la population de ne pas s’approcher du cratère à moins de 3 km

Au Chili, l’activité du Villarrica au mois de septembre se caractérise par la présence d’un lac de lave actif, de petites explosions et des émissions de gaz. Les images de la webcam montrent des émissions de gaz ne dépassant pas 500 m la lèvre du cratère, avec parfois une incandescence nocturne du cratère et la projection de matériaux. Les images satellites montrent des dépôts de tephra autour du cratère jusqu’à 36 m sur les flancs E et SE. Le 25 septembre, le réseau sismique enregistre un séisme longue période associé à une explosion d’intensité moyenne. Le niveau d’alerte reste au Jaune.

L’Icelandic Met Office fait passer au Jaune la couleur de l’alerte aérienne du Grímsvötn le 30 septembre suite à une hausse de l’activité. La sismicité a augmenté au cours du mois précédent, les chaudrons présents à la surface du glacier se sont approfondis en plusieurs endroits de la caldeira, signe d’une hausse de l’activité géothermale. De plus, la déformation de surface dépasse le niveau d’avant l’éruption de 2011. Des gaz magmatiques étaient présents dans les émissions au cours de l’été. Pour terminer, le niveau de l’eau dans le lac sous-glaciaire est comparable aux niveaux qui ont précédé les inondations de 2004 et 2010.

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Octobre 2020

En Sicile au mois d’octobre, l’activité de l’Etna se caractérise par des séquences stromboliennes dans le cratère nord-est (NEC), au niveau du cône dans le nouveau Cratère Sud-Est (NSEC) et des émissions de gaz au niveau de  la Voragine (VOR) et de la Bocca Nuova (BN). La fréquence et l’intensité des explosions stromboliennes sont variables.

Dans le même temps, l’activité du Stromboli se caractérise par des explosions dans la zone cratèrique Nord (N) et la zone cratèrique centre-sud (CS). Les explosions de deux bouches dans le cratère N1 éjectent des lapilli et des bombes à 80 à 150 m de hauteur, avec aussi des émissions de cendres

En raison d’effondrements du dôme de lave sommital, le Sinabung (Indonésie) déclenche deux coulées pyroclastiques le 25 octobre 2020. Les avalanches de cendre à haute température atteignent des distances de 1,5 et 2,5 km,

La préfecture de Mayotte vient indique que, selon les données de la dernière campagne océanographique menée du 1er au 26 octobre, le volcan sous-marin découvert en mai 2019 au large de Mayotte est toujours actif. Cette dernière campagne a permis d’identifier au nord-ouest du volcan de nouvelles coulées de lave pouvant atteindre 60 m mètres d’épaisseur sur le fond marin. Elles confirment la persistance d’une activité éruptive, toujours en cours au moment de la campagne. Les relevés du fond marin ont permis de constater que la morphologie du volcan n’a pas évolué depuis août 2019. Selon les études déjà menées sur le volcan, ce dernier présente une hauteur de 800 mètres et il a provoqué des séismes qui ont fait s’affaisser Mayotte de 15 centimètres.

Coulée pyroclastique sur le Sinabung (Crédit photo : J.P. Vauzelle)