Mayotte : Séisme tectonique ou volcano-tectonique ? // Tectonic or volcano-tectonic earthquake?

La sismicité quasi permanente qui avait déclenché des vagues d’angoisse parmi les habitants de Mayotte en 2018 a beaucoup diminué depuis que le volcan sous-marin à l’est de l’île déverse sa lave sur le plancher océanique On enregistre encore en moyenne un millier de secousses chaque mois, mais leur magnitude n’a rien à voir avec celle des événements ressentis en 2018 et peu de personnes les remarquent.

Cette relative quiétude vient d’être perturbée par un séisme d’une magnitude de l’ordre de M 5.8 le 21 mars 2020 à 09h42 (heure locale). A titre de comparaison, c’est une intensité semblable au plus fort événement ressenti en mai 2018.

S’agissant de la localisation de ce dernier séisme, elle est différente des précédents dont les épicentres se situaient en général à l’est de l’île, dans le secteur de l’éruption sous-marine. Cette fois, le séisme a été localisé entre les îles de Mayotte et Anjouan, donc au nord-nord-ouest de Mayotte, à 47 km de Mamoudzou. L’hypocentre a été estimé à une profondeur de 30 km.

Il faudra maintenant essayer de déterminer s’il s’agit d’un événement d’origine purement tectonique ou si l’on a affaire à un événement volcano-tectonique qui signalerait l’éveil d’une nouvelle zone volcanique sous-marine. Il faut attendre les résultats des analyses des signaux sismiques pour se faire une idée.

Source : Le Journal de Mayotte.

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The almost permanent seismicity which had triggered waves of anxiety among the inhabitants of Mayotte in 2018 has greatly decreased since the underwater volcano to the east of the island has been pouring its lava onto the ocean floor There is still an average of a thousand tremors each month, but their magnitude has nothing to do with that of the events felt in 2018 and few people notice them.
This relative quiescence has just been disturbed by an earthquake with a magnitude of the order of M 5.8 on March 21st, 2020 at 9:42 am (local time). For comparison, this intensity is similar to the strongest event felt in May 2018.
As for the location of this latest earthquake, it is different from the previous ones whose epicentres were generally located to the east of the island, in the area of ​​the underwater eruption. This time, the earthquake was located between the islands of Mayotte and Anjouan, north-northwest of Mayotte, 47 km from Mamoudzou. The hypocentre has been estimated at a depth of 30 km.
Scientists must now try to determine whether it was an event with a purely tectonic origin or whether we are dealing with a volcano-tectonic event which would signal the awakening of a new underwater volcanic area. One has to wait for the results of the analyses of the seismic signals to get an idea.
Source: Le Journal de Mayotte.

Localisation du dernier séisme (Source : REVOSIMA)

Nouvelles de Mayotte // News of Mayotte

Le réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte (REVOSIMA) vient de publier son dernier bulletin concernant l’activité à Mayotte pendant la deuxième quinzaine du mois de février 2020.

Entre le 16 et le 29 février, 592 séismes volcano-tectoniques, 288séismes Longue Période (LP) et 16 séismes Très Longue Période (VLP) ont été détectés par le REVOSIMA.

Les signaux LP ont déjà été observés depuis le début de la crise mais ils n’étaient jusqu’alors pas classifiés. Cette nouvelle catégorie a été mise en place suite à l’amélioration graphique de la représentation des signaux sismiques. La majorité des séismes LP a lieu en essaim de quelques dizaines de minutes, et sont souvent associés à des signaux VLP. Les signaux VLP sont habituellement associés à des résonances et des mouvements de fluides.

L’activité sismique principale est toujours concentrée à 5-15km de Petite-Terre, à des profondeurs de 20-45 km.

Une sismicité plus faible en nombre et en énergie (entre M 1 et 2,5), déjà visible sur les enregistrements fond de mer en février 2019, est également toujours enregistrée proche de Petite-Terre à environ 5 km à l’est (à des profondeurs de 25-40 km) voire sous Petite Terre.

A noter qu’avec le recrutement de nouveaux personnels (voir ma dernière note à propos de Mayotte), des ressources humaines supplémentaires sont désormais dédiées au dépouillement sismique, ce qui a permis d’abaisser la magnitude minimale des séismes identifiés. Il est désormais possible de mieux identifier les séismes de plus petites magnitudes (< M1,5), ce qui explique l’augmentation du nombre total de séismes identifiés par rapport aux mois précédents.

Les déplacements de surface mesurés depuis le début de la crise par les stations GPS de Mayotte indiquent: a) un déplacement d’ensemble des stations GPS de Mayotte vers l’est d’environ 20 à 22cm; b) un affaissement d’environ 9 à 17 cm selon leur localisation sur l’île. Un ralentissement des déplacements est observé depuis avril-mai 2019.

Le REVOSIMA indique que l’éruption se poursuit probablement au fond de ma mer à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Mayotte, avec sismicité et déformations associées. Toutefois, en l’absence de campagne en mer depuis le 20 août 2019, il est à l’heure actuelle impossible d’avoir une idée de l’évolution de l’activité éruptive.

Source : REVOSIMA.

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The volcanological and seismological monitoring network of Mayotte (REVOSIMA) has just released its latest bulletin concerning activity in Mayotte during the second half of February 2020.
Between February 16th and 29th, 592 volcano-tectonic earthquakes, 288 Long Period earthquakes (LP) and 16 Very Long Period earthquakes (VLP) have been recorded by REVOSIMA.
LP signals had already been observed since the start of the crisis, but they had not yet been classified. This new category was implemented following the graphic improvement of the representation of seismic signals. The majority of LP earthquakes occur in swarms of a few tens of minutes, and are often associated with VLP signals. VLP signals are usually associated with resonances and fluid movements.
The main seismic activity is still concentrated 5-15 km from Petite-Terre, at depths of 20-45 km.
A lower seismicity in number and in energy ( between M 1 and M 2.5), already visible on the sea bottom records in February 2019, is still recorded near Petite-Terre about 5 km to the east (at depths of 25-40 km) or even under Petite Terre.
Note that with the recruitment of new staff (see my last note about Mayotte), additional human resources are now dedicated to seismic analysis, which has made it possible to lower the minimum magnitude of the identified earthquakes. It is now possible to better identify earthquakes of smaller magnitudes (<M1.5), which explains the increase in the total number of earthquakes compared to previous months.
The surface displacements measured since the beginning of the crisis by the Mayotte GPS stations indicate: a) an overall displacement of the Mayotte GPS stations towards the east by about 20 to 22 cm; b) a subsidence of about 9 to 17 cm depending on their location on the island. A slowdown in the displacements has been observed since April-May 2019.
REVOSIMA indicates that the eruption probably continues at the bottom of my sea about fifty kilometers east of Mayotte, with seismicity and associated deformation. However, in the absence of a campaign at sea since August 20th, 2019, it is currently impossible to have an idea of ​​the evolution of the eruptive activity.
Source: REVOSIMA.

Mayotte : Sérieuses mesures de prévention // Mayotte: Serious prevention measures

Vous connaissez le proverbe française : Mieux vaut prévenir que guérir. Les autorités mahoraises semblent l’avoir bien compris et envisagent des mesures pour le cas où la situation sismique et volcanique évoluerait dans le mauvais sens. L’essaim sismique découvert à environ 5 à 15 km à l’est de Mayotte est pris très au sérieux par le gouvernement. D’importants moyens sont mis en oeuvre pour l’étudier alors que l’éruption sous-marine se poursuit à 50 km à l’est. Des études scientifiques et des actions de prévention à grande échelle vont ponctuer les prochains mois.

L’activité sismique a diminué ces derniers mois à Mayotte, à l’exception de deux séismes ressentis début janvier. Malgré tout, l’éruption sous-marine se poursuit et la sismicité également. On enregistre entre 25 à 40 séismes quotidiennement, avec des magnitudes généralement inférieures à M 3.5.

Les autorités sont toutefois préoccupées par l’essaim sismique découvert juste à côté des côtes mahoraises, à environ 5 km à l’est, entre 25 et 40 km de profondeur. Les scientifiques pensent que cette sismicité est d’origine volcanique, et l’hypothèse de conséquences pour Mayotte n’est pas écartée : intensification des secousses ? Seconde éruption plus proche des côtes, voire sur terre ? La volcanologie actuelle ne permet pas d’aller plus loin dans les prévisions.

Pour parfaire les connaissances scientifiques de ce phénomène encore bien mystérieux, l’Etat français a décidé de renforcer le réseau de surveillance. Comme je l’ai indiqué précédemment, des scientifiques compétents vont être recrutés pour surveiller la sismicité 24 heures sur 24 Des moyens maritimes sont aussi prévus. Le Marion-Dufresne sera de retour fin avril ou début mai. Un navire privé devrait être également affrété pour d’autres études. Les capteurs de fond de mer seront modernisés pour fournir des données en temps réel. A terre, on va contrôler plus étroitement les émissions de CO2.

La sécurité civile élabore de son côté avec les scientifiques une échelle d’alerte afin de prévenir le préfet, et à travers lui la population, de tout risque éventuel. Par exemple, le rectorat va élaborer un programme pour que les élèves acquièrent, dès le début de leur scolarité, les bons gestes en cas d’alerte sismique. A plus grande échelle, la préfecture a planifié des exercices d’évacuation dans plusieurs communes de Mayotte. L’objectif est de “permettre à la population de savoir ce qu’elle doit faire si un risque nous menace sur la côte est” et de “lui donner un certain nombre de repères.” L’île sera par ailleurs équipée en sirènes d’alerte dès octobre 2020 pour alerter sur le risque tsunami.
Source : Journal de Mayotte.

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You know the French proverb: Prevention is better than cure. The Mahoran authorities seem to have understood this well and are considering measures in the event of a dangerous evolution of the seismic and volcanic activity. The seismic swarm discovered about 5 to 15 km east of Mayotte is taken very seriously into account by the government. Significant means are used to study it while the underwater eruption continues 50 km to the east. Large-scale scientific studies and preventive actions will punctuate the coming months.
Seismic activity has decreased in recent months in Mayotte, with the exception of two earthquakes felt in early January. However, the underwater eruption continues and so does the seismicity. Between 25 and 40 earthquakes are recorded daily, with magnitudes generally less than M 3.5.
Authorities are concerned, however, about the seismic swarm discovered just off the coast of Mayotte, about 5 km east, between 25 and 40 km deep. Scientists believe that this seismicity has a volcanic origin, and the hypothesis of consequences for Mayotte is not ruled out: intensification of tremors? Second eruption closer to the coast, or even on land? Current volcanology does not allow us to go further in the prediction.
To improve scientific knowledge of this very mysterious phenomenon, the French State has decided to strengthen the surveillance network. As I mentioned earlier, competent scientists will be recruited to monitor seismicity 24 hours a day. Maritime means are also planned. The Marion-Dufresne will be back in late April or early May. A private ship should also be chartered for other studies. Sea bottom sensors will be modernized to provide real-time data. On land, scientists will monitor CO2 emissions more closely.
Civil security, for its part, is developing an alert scale with the scientists in order to warn the prefect, and through him the population, of any possible risk. For example, the rectorate will develop a program so that students may acquire, from the start of their schooling, the right gestures in the event of an earthquake alert. On a larger scale, the prefecture has planned evacuation exercises in several municipalities in Mayotte. The objective is to “allow the population to know what to do if a risk threatens us on the east coast” and “to give it a certain number of benchmarks.” The island will also be equipped with sirens from October 2020 to warn of the tsunami risk.
Source: Journal de Mayotte.

Plus d’informations sur l’éruption sous-marine à Mayotte // More information on the submarine eruption at Mayotte

Après une année d’attente, les scientifiques français ont fini par découvrir la cause de la sismicité qui angoissait les Mahorais : un nouveau volcan était en train de naître au fond de l’océan. Le CNRS vient de communiquer des informations sur les dernières recherches, notamment l’analyse des séismes qui a permis de retracer la formation du volcan.

Selon l’étude publiée le 6 janvier 2020 dans la revue Nature Geoscience, les scientifiques parviennent peu à peu à reconstruire les différentes étapes de la formation du volcan et la vidange d’un réservoir magmatique  très profond, localisé à une trentaine de kilomètres sous le niveau de la mer. C’est la plus grande éruption sous-marine enregistrée à ce jour avec un volume émis estimé à 3,4 km3.

Outre les séismes largement ressentis par la population de l’île, des centaines de signaux sismiques d’un type plus rare ont aussi été détectés bien avant la crise, dès janvier 2018, et la plupart à partir de juin 2018. Il s’agit d’ondes monochromatiques (autrement dit des ondes dont les oscillations sont toutes à une seule fréquence, ici 15.5 s), d’une durée de 20 à 30 minutes. Ce sont des signaux très longue période (VLP) généralement associés à la résonance de structures volcaniques. L’énergie générée par les principaux événements VLP est considérable car elle équivaut à l’énergie libérée par un séisme de magnitude M 5. Les ondes de surface ont été détectées partout sur Terre. C’est une observation inédite en sismologie. Ces éléments sont compatibles avec le déplacement de Mayotte vers l’est et son enfoncement dans le plancher océanique.

L’analyse des séismes a ainsi permis de retracer l’histoire de la naissance du volcan, parfaitement illustrée par la coupe ci-dessous, obtenue à l’issue des différentes missions MayObs.

La migration rapide et ascendante de la sismicité en mai-juin 2018 a révélé une propagation du magma depuis environ 30 km de profondeur jusqu’au plancher océanique où la campagne océanique MAYOBS 1 a permis de découvrir la création d’un nouvel édifice volcanique. Une fois le conduit formé, avec un passage permettant au magma d’atteindre la surface, l’éruption a commencé en juin 2018. On a alors observé une diminution de l’activité sismique et un affaissement du réservoir magmatique en profondeur, détecté à l’aide des stations GPS.

À partir de septembre 2018, une autre phase a commencé, avec un regain de sismicité en profondeur et plus proche de Mayotte. Celle-ci était due à la vidange et à l’effondrement du réservoir magmatique entre l’île et le volcan. Le nombre d’événements VLP a également augmenté. D’après l’équipe scientifique, ils constitueraient la manifestation du réservoir magmatique entrant en résonance lors de l’évacuation du magma. Tout au long de la crise, les propriétés de la résonance changent ; c’est probablement le signe d’une modification lente de la géométrie du réservoir qui s’amincit dans un premier temps, avant de se raccourcir sous l’effet de son effondrement, phénomène observé à partir de septembre 2018.

Selon lde CNRS, « l’étude démontre l’intérêt de l’analyse de signaux faibles enregistrés à partir de stations sismiques lointaines pour étudier des épisodes volcano-tectoniques de régions peu instrumentées. »

Source : CNRS, Journal de Mayotte.

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After a year of waiting, French scientists have finally discovered the cause of the seismicity which worried the population in Mayotte: a new volcano was born at the bottom of the ocean. CNRS has just released information on the latest research, in particular the analysis of earthquakes which made it possible to trace the formation of the volcano.
According to the study published on January 6th, 2020 in the journal Nature Geoscience, scientists are gradually  reconstructing the different stages of the formation of the volcano and the drainageof a very deep magmatic reservoir, located about thirty kilometers below the sea ​​level. It is the largest underwater eruption recorded to date with an estimated volume of 3.4 km3.

In addition to the earthquakes widely felt by the population of the island, hundreds of seismic signals of a rarer type were also detected well before the crisis, from January 2018, and mostly from June 2018. These are monochromatic waves (in other words waves whose oscillations are all at a single frequency, here 15.5 s), with a duration of 20 to 30 minutes. These are very long period signals (VLP) generally associated with the resonance of volcanic structures. The energy generated by the main VLP events is considerable because it is equivalent to the energy released by an earthquake with a magnitude M 5. Surface waves have been detected everywhere on Earth. This is an unprecedented observation in seismology.
These elements are compatible with Mayotte’s displacement to the east and its sinking into the ocean floor.
The analysis of the earthquakes thus made it possible to retrace the history of the birth of the volcano, perfectly illustrated by the cross-section below, obtained after the various MayObs missions.
The rapid and upward migration of seismicity in May-June 2018 revealed a spread of magma from about 30 km deep to the ocean floor where the MAYOBS 1 ocean campaign discovered the creation of a new volcanic structure. Once the conduit formed and a passage allowed magma to reach the surface, the eruption began in June 2018. Then, there was a decrease in seismic activity and a subsidence of the magmatic reservoir in depth, detected by GPS stations.

From September 2018, another phase began, with a new start of seismicity in depth and closer to Mayotte. This was due to the drainage and collapse of the magma reservoir between the island and the volcano. The number of VLP events also increased. According to the scientific team, they might be the indication of the magmatic reservoir entering into resonance during the evacuation of magma. Throughout the crisis, the properties of resonance change; it is probably a sign of a slow change in the geometry of the reservoir, which is thinner at first, before becoming shorter due to its collapse, a phenomenon observed from September 2018.

According to CNRS, “the study demonstrates the importance of analyzing weak signals recorded from distant seismic stations to study volcano-tectonic episodes from poorly instrumented regions.”

Source: CNRS, Journal de Mayotte.

 

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité éruptive dans le monde.

Le niveau d’alerte du Kirishima (Shinmoedake) est passé de 1 à 2 le 2 janvier 2020 suite à une augmentation de la sismicité (avec une vingtaine d’événements) détectée depuis la veille au soir. Les habitants et les touristes sont priés de ne pas s’approcher du cratère.
Une hausse de la sismicité avait déjà été enregistrée en novembre 2019, mais elle est revenue plus tard à un niveau normal et aucune éruption n’a été observée.
La dernière éruption de ce volcan a eu lieu du 1er mars au 27 juin 2018, avec un VEI 3.
Source: JMA.

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Une activité strombolienne était encore observée dans le Nouveau Cratère Sud-Est et le Cratère Nord-Est de l’Etna pendant les derniers jours de 2019, mais elle avait considérablement diminué par rapport aux semaines précédentes. Les émissions de cendre sporadiques de la Voragine se sont rapidement dispersées dans l’atmosphère.
Source: INGV.

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Maintenant que l’on en connaît la cause – l’éruption d’un volcan sous-marin au large de l’île – on parle beaucoup moins de la sismicité à Mayotte. Pourtant, la terre continue de trembler. La première secousse de l’année 2020 a été enregistrée le 1er janvier à 16h18. Elle avait une magnitude de M 4,8  sur l’échelle de Richter et a été ressentie par la population, d’autant plus que l’île avait traversé une période plus calme. Le dernier séisme  ressenti, d’une magnitude de M 3,67 avait été enregistré le 15 décembre 2019 à 32 km de profondeur, à 15 km à l’est de Dzaoudzi.

Selon les données du Réseau National de Surveillance Sismique ( RéNass), au cours de la seule journée du 1er janvier 2020, pas moins 7 événements ont été enregistrés. L’activité sismo -volcanique est donc toujours en cours même si la population ne perçoit pas certains événements.
Depuis mai 2018, des centaines séismes ont été recensés à Mayotte, avec la plus forte secousse (M 5,8) jamais enregistrée dans la zone des Comores le 15 mai 2018..

Source : Réunion La 1ère.

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Une activité éruptive est observée en ce moment sur le Shishaldin (Aléoutiennes / Alaska). Le 3 janvier 2020, le volcan a émis un nuage de cendre qui s’est élevé à 6000 – 7000 mètres. L’activité sismique a augmenté pour atteindre un niveau modéré et des pilotes d’aéronefs ont signalé la présence de nuages de cendre. Ces derniers sont visibles dans les données satellitaires et ils s’étirent jusqu’à 20-30 km au sud-est du volcan. La lave continue probablement à s’écouler sur le flanc du volcan La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge.

Dernière minute: L’AVO vient de m’indiquer que les émissions de cendre sont en net déclin depuis le 7 janvier à 12 heures (heure locale). La sismicité se maintient à un niveau bas et les images satellites montrent une activité éruptive réduite. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne a été ramenée à Orange et le niveau d’alerte volcanique à Vigilance (Watch).
Source: AVO.

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Comme je l’ai écrit précédemment, le Piton de la Fournaise montre des signes de réveil depuis quelques jours. A partir du 23 décembre 2019, le volcan est entré dans une nouvelle phase d’inflation, mais la sismicité restait faible. La situation a évolué le 6 janvier 2020, et l’OVPF enregistre désormais entre 10 et 15 séismes volcano-tectoniques quotidiens, avec une accélération le 7 janvier (40 événements). Inflation et sismicité semblent montrer qu’une éruption se prépare à court ou moyen terme, d’autant plus que les concentrations de CO2 sont en hausse depuis la fin de l’éruption du 25-27 Octobre 2019.

Les connaissances en volcanologie ne permettent pas d’aller plus loin dans le domaine de la prévision éruptive, d’autant plus que le Piton de la Fournaise est un volcan capricieux capable de surprendre les scientifiques qui veillent sur lui. Patience est donc le maître mot…

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The alert level for Kirishima (Shinmoedake) volcano was raised from 1 to 2 on January 2nd, 2020 because of an increase in seismicity (20 earthquakes or so) detected since the evening of the past day. Residents and tourists are asked not to approach the crater.

The last time an increase in seismicity was recorded was in November 2019, but it returned later to low levels and no eruption was observed.

The last eruption of this volcano took place from March 1st to June 27th, 2018 with a VEI 3.

Source: JMA.

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Strombolian activity was still observed at Mt Etna’s New Southeast Crater and North East Crater in the last days of 2019, but it had significantly decreased compared to previous weeks. Sporadic ash emissions from Voragine rapidly dispersed into the atmosphere.

Source: INGV.

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Now that we know the cause – the eruption of an underwater volcano off the island – there is much less talk about seismicity in Mayotte. Yet the earth keeps trembling. The first quake of 2020 was recorded on January 1st at 4:18 p.m. It had a magnitude of M 4.8 on the Richter scale and was felt by the population, all the more as the island had gone through a quieter period. The last earthquake felt, with a magnitude of M 3.67, was recorded on December 15th, 2019 at a depth of 32 km, 15 km east of Dzaoudzi.
According to data from the National Seismic Surveillance Network (RéNass), 7 events were recorded during the single day of January 1st, 2020. The seismic-volcanic activity is therefore still in progress even if the population does not feel certain events.
Since May 2018, hundreds of earthquakes have been recorded in Mayotte, including the strongest earthquake (M 5.8) ever recorded in the Comoros area on May 15th, 2018.
Source: Réunion La 1ère.

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Eruptive activity is observed at Shishaldin (Aleutians / Alaska). On January 3rd, 2020, the volcano produced an ash cloud that rose up to 6,000 – 7,000 metres. Seismic activity has increased to moderate levels and several pilot observations of ash clouds have been reported. The ash cloud is visible in satellite data and extends as far as  20-30 km to the southeast. Lava is probably still flowing along the flanks of the volcano. The aviation colour code has been raised to Red.

Last minute: AVO has just informed me that ash emissions have declined significantly since about 12:00 pm (local time) on January 7th, 2020. Seismicity is currently low. Satellite data suggest continued low-level eruptive activity.  The aviation colour code has been lowered to ORANGE and the volcanic alert level to WATCH.

Source: AVO.

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As I put it earlier, Piton de la Fournaise has been showing signs of reawakening over the past days. As of December 23rd 2019, the volcano entered a new phase of inflation, but seismicity remained low. The situation changed on January 6th, 2020, and OVPF now records between 10 and 15 volcano-tectonic earthquakes daily, with an acceleration on January 7th (40 events). Inflation and seismicity seem to show that an eruption will occur the short or medium term, especially as CO2 concentrations have been increasing since the end of the eruption on October 25-27, 2019.
Our knowledge in volcanology does not allow to go further in the field of eruptive prediction, all the more as Piton de la Fournaise is a capricious volcano which may puzzle the scientists who watch over it. Patience is therefore the watchword…

Photo: C. Grandpey

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde.

C’est le calme plat en ce moment sur le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion). Dans son bulletin mensuel, l’OVPF indique que novembre 2019 a été marqué par une faible sismicité sous les cratères sommitaux et un arrêt de l’inflation de l’édifice à la mi-novembre.

Il va donc falloir attendre un certain temps pour assister à la prochaine éruption. Il est vrai que le Piton nous a gâtés en 2019 !

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D’après GNS Science, «une activité modérée continue à White Island (Nouvelle Zélande). Des émissions de gaz, de vapeur et des projections de boue ont été observées au niveau d’une bouche situé à l’arrière du lac de cratère». Le niveau d’alerte volcanique reste à 2 et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue au Jaune.
Cette activité est présente dans le cratère depuis la fin du mois de septembre 2019, mais se produit plus fréquemment à présent. Aucune émission de cendre n’a été observée. Le tremor volcanique reste modéré, avec quelques fluctuations correspondant à l’intensification des émissions de gaz et des projections d’eau et de boue.
La situation actuelle présente certaines similitudes avec celle observée en 2011-2016, époque où White Island avait connu une hausse de l’activité volcanique.
Source: GNS Science.

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Le volcan sous-marin au large de Mayotte (Comores) reste très actif et génère une sismicité continue. Entre le 16 et le 30 octobre 2019, 186 séismes ont été enregistrés avec une moyenne de 12 événements par jour, dont l’un avec une magnitude de M 3,8. La source de cette sismicité se situe au niveau du nouveau volcan sous-marin découvert en mai 2019. Sur une période de 11 mois, de juillet 2018 à juin 2019, le débit éruptif a été évalué à environ 150 à 200 mètres cubes par seconde. Depuis la découverte de l’édifice volcanique, trois nouveaux points de sortie de lave ont été découverts et ont donné les résultats suivants: 1) un volume d’environ 0,2 km3 de lave en 28 jours, de mai à juin 2018, pour un débit minimum moyen d’environ 83 m3 par seconde dans le sud; 2) un volume d’environ 0,3 km3 de lave en 44 jours entre juin et juillet 2019 pour un débit minimum moyen de 79 m3 par seconde à l’ouest; et 3) un volume d’environ 0,08 km3 de lave en 20 jours entre juillet et août 2019 pour un débit minimum moyen d’environ 44 m3 par seconde dans le nord.
Il est généralement admis que ce sont les débits les plus élevés observés sur un volcan effusif depuis l’explosion du Laki en 1783 en Islande, dont le débit éruptif moyen avait été évalué à environ 694 m3 par seconde pendant 245 jours d’éruption.
Source: BRGM et REVOSIMA (REseau de surveillance VOlcanologique et SIsmologique de Mayotte).

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L’activité éruptive se poursuit dans les cratères sommitaux de l’Etna (Sicile). Des explosions stromboliennes dans la Voragine se produisent à des intervalles de 5 à 10 minutes, avec des projections de matériaux incandescents au-dessus de la lèvre du cratère. Le cône qui avait commencé à se former à la mi-septembre continue de croître sur le plancher du cratère. Des émissions de cendre sporadiques ont commencé au niveau du Nouveau Cratère Sud-Est pendant la soirée du 30 novembre et une seule explosion strombolienne a été enregistrée le 1er décembre. De nuit, on aperçoit parfois de l’incandescence dans la Bocca Nuova.
Source: INGV.

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L’activité du Stromboli (Sicile) se caractérise actuellement par des explosions, principalement à partir de trois bouches dans la zone du cratère nord et au moins trois autres bouches dans la zone cratérique centre-sud. Les explosions, d’intensité faible à moyenne dans la zone du cratère nord, se produisent à raison de 7 à 11 événements par heure, avec des projections de 80 à 150 mètres de hauteur. Les matériaux retombent sur les flancs des cônes éruptifs et des blocs roulent sur quelques centaines de mètres le long de la Sciara del Fuoco. Les explosions d’intensité moyenne dans la zone centre-sud se produisent à une cadence de 4 à 8 événements par heure et éjectent les matériaux à moins de 150 mètres au-dessus des bouches actives.
Source: INGV.

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Le Nevados de Chillán (Chili) émet toujours des panaches de vapeur et de cendre ayu niveau du cratère Nicanor. La nuit, on observe des explosions qui envoient des matériaux incandescents sur le flanc du volcan. La dernière coulée de lave (L4) descend le flanc NNE, le long des trois coulées précédentes (L1, L2 et L3). Le point d’émission de L4 se trouve à environ 60 mètres au SSE du point d’émission des trois dernières coulées. Le niveau d’alerte volcanique reste à Orange (niveau 2 sur 4).
Source: SERNAGEOMIN.

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Here is some news of volcanic activity around the world.

The situation is currently very quiet on Piton de la Fournaise (Reunion Island). In its monthly bulletin, OVPF indicates that  November 2019 was marked by low seismicity under the summit craters and a stoppage of inflation of the edifice in mid-November.
It will take a while to see the next eruption. It is true that the Piton offered a great show in 2019!

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GNS Science indicates that “moderate volcanic unrest continues at White Island (New Zealand), with substantial gas, steam and mud bursts observed at the vent located at the back of the crater lake.” The volcanic alert level remains at 2, and the aviation colour code at Yellow.

This activity has been present since late September 2019, although it is occurring more frequently now. No volcanic ash has been observed. The volcanic tremor remains at moderate levels, with some periodic variations corresponding with episodes of increased gas-steam jetting and geysering.

The current situation bears some similarities with the one observed during the 2011-2016 period when White Island went through stronger volcanic activity.

Source : GNS Science.

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The submarine volcano off the island of Mayotte (Comoros) is still quite active and generates continuous seismicity. Between October 16th and 30th, 2019, 186 earthquakes have been recorded with an average of 12 tremors per day, one of which had a magnitude of M 3.8. The source is the new underwater volcano discovered in May 2019. Over a period of 11 months from July 2018 to June 2019, the eruptive lava output was around 150 to 200 cubic metres per second. Since the volcanic edifice was discovered, three new remote exit points have been discerned that have produced the following: 1) a volume of about 0.2 km3 of lava in 28 days from May to June 2018 for an average minimum output of about 83 m3 per second in the south; 2) a volume of about 0.3 km3 of lava in 44 days between June to July 2019 for an average minimum output of 79 m3 per second in the west; and 3) a volume of about 0.08 km3 of lava in 20 days between July and August 2019 for an average minimum output of about 44 m3 per second in the north.

It is generally admitted that they are the highest observed outputs on an effusive volcano since the 1783 Laki explosion in Iceland, whose average eruptive output had been calculated approximately 694 m3 per second over 245 days of the eruption.

Source : BRGM and REVOSIMA (REseau de surveillance VOlcanologique et SIsmologique de Mayotte).

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Eruptive activity continues at Mt Etna’s summit craters (Sicily). Strombolian explosions at Voragine occur at intervals of 5-10 minutes, and many incandescent materials are seen rising above the crater rim. A cone which had started forming in mid-September keeps growing on the crater floor. Sporadic ash emissions began at New Southeast Crater in the evening of November 30th, and a single Strombolian explosion was recorded on December 1st. Incandescence from Bocca Nuova was intermittently visible at night.

Source: INGV.

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Activity at Stromboli (Sicily)is currently characterized by explosive activity, mainly from three vents in the north crater area and at least three vents in the south central crater area. Low-to-medium-intensity explosions in the north crater area occur at a rate of 7-11 events per hour, with ejections 80-150 metres high. Ejected tephra fall onto the flanks and some blocks roll a few hundred metres along the Sciara del Fuoco. Medium-intensity explosions in the south central area occur at a rate of 4-8 events per hour and eject material less than150 metres above the vents.

Source: INGV.

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Nevados de Chillán (Chile) is still emitting steam and ash plumes at the Nicanor Crater. Occasional explosions ejecting incandescent material onto the flank of the volcano can be observed at night. The newest lava flow (L4) is travelling down the NNE flank, close to three previous flows (L1, L2, and L3). The point of emission of L4 is about 60 metres SSE of the emission point for the previous three lava flows. The volcano alert level remains at Orange.

Source: SERNAGEOMIN.

Explosion sur le Stromboli vue par la webcam Skyline

Nouvelles de Mayotte (Archipel des Comores) // News of Mayotte (Comoro Islands)

L’éruption du volcan sous-marin à l’est de Mayotte se poursuit. Les scientifiques craignent qu’elle contamine le lac Dziani sur Petite Terre.
Bien que moins intense qu’au cours des derniers mois, l’activité sismique continue et se concentre entre 5 et 15 km de Petite Terre, à des profondeurs de 25 à 47 km. Cependant, cette sismicité reste stable avec un nombre élevé d’événements. On enregistre en moyenne 38 secousses par jour. Depuis le début de la crise, les stations GPS ont enregistré un déplacement de l’île de Mayotte vers l’est de 190 à 210 mm, ainsi qu’un affaissement de 80 à 160 mm, principalement vers l’est.
Le volcan est situé à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Petite-Terre, à une profondeur de 3 500 mètres. Le diamètre actuel de son sommet est d’environ 800 mètres, avec une base de 4 à 5 km de diamètre.
Selon les scientifiques du BRGM, le nouveau volcan pourrait affecter le lac Dziani, un maar volcanique sur Petite Terre. En effet, l’impact dû au processus d’affaissement est susceptible de provoquer des fissures et une infiltration d’eau. Le lac est connu pour sa belle couleur verte due à la présence de la spiruline, une biomasse de cyanobactéries.
Il faut garder à l’esprit que l’éruption du volcan sous-marin a commencé en mai 2018, alors que la sismicité était intense à Mayotte et inquiétait fortement la population. Ce n’est quà la fin du mois de février 2019 que les autorités françaises ont décidé de mettre sur pied plusieurs missions d’observation (voir mes précédents articles sur le volcan), avec des résultats attendus d’ici 6 mois. Le volcan sous-marin a finalement été découvert en mai 2019, soit un an après le début de la crise sismique.
Source: BRGM, The Watchers.

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The eruption of the submarine volcano east of Mayotte continues. Scientists fear it might contaminate Petite Terre’s Lake Dziani.

Although less intense than during the past months, seismic activity continues and is centered at 5 to 15 km from Petite Terre at depths of 25 to 47 km. However, it remains stationary with a high number of events. The average seismic activity is 38 per day. Since the start of the crisis, GPS stations have recorded a displacement towards the east part of the island by 190 to 210 mm, together with a subsidence of 80 to 160 mm, mainly to the east.

The volcano is located 50 km (31 miles) east of the Petite-Terre island at a depth of 3 500 m (11 482 feet). Its current diameter is about 800 metres, with a base of 4 to 5 km in diameter.

According to the French BRGM scientists, the new volcano might affect the maar Lake Dziani on Petite Terre. Indeed, the impact due to subsidence may cause cracks and infiltration of waters. The lake is known for its green because of Spirulina, a biomass of cyanobacteria.

One should keep in mind the the eruption of the submarine volcano started in May 2018 when seismicity was intense in Mayotte and deeply worried the population. However, it was not before late February 2019 that French authorities launched several observation missions (see my previous posts about the volcano), with results expected within 6 months. The submarine volcano was finally discovered in May 2019, one year after the beginning of the seismic crisis.

Source : BRGM, The Watchers.

Vue de Petite Terre et de l’emplacement du volcan sous-marin. (Source : Mission MAYOBS)