L’éruption du Kilauea (Hawaii) déclenchée par la pluie? La réponse du HVO ! // Kilauea eruption triggered by the rain ? HVO’s answer !

La note précédente faisait référence à un article de The Guardian expliquant que, selon une étude récente, l’éruption du Kilauea en 2018 (Hawaï) aurait été déclenchée par des précipitations extrêmes au cours des mois précédents.
En réponse à cette étude, l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) écrit: « Cette hypothèse sur les fortes précipitations est source de réflexion, mais les habitants de la Grande Ile d’Hawaii doivent-ils craindre pour autant que de fortes pluies provoquent la prochaine éruption? »
Au vu des données rassemblées par le HVO en 2018, ainsi que de nombreuses études sur les éruptions précédentes, la réponse du HVO est que non, les habitants de la Grande Ile n’ont pas à redouter une telle corrélation. L’augmentation de la pression dans le système magmatique – qui est bien plus forte que la variation de pression causée par l’infiltration des eaux de pluie – a été le principal moteur de déclenchement de l’éruption de 2018.
Pour le HVO, l’annonce de l’éruption se trouve dans les données de déformation du sol dans sur l’ensemble du Kilauea dans la période qui a précédé l’événement. C’est ce que j’ai expliqué dans ma note précédente en montrant la courbe du tiltmètre en 2013, époque où l’inflation de l’édifice volcanique était déjà enregistrée. Plus près de nous, les tiltmètres et les stations GPS ont enregistré un soulèvement rapide de la surface du sol au niveau du Pu’uO’o à partir de mars 2018, suite à l’augmentation de la pression dans le système d’alimentation. De plus, une inflation rapide a commencé au sommet du Kilauea quelques semaines plus tard, lorsque le réservoir sommital a commencé gonfler. Cette augmentation de pression magmatique s’est traduite par une hausse de niveau des lacs de lave dans le Pu’uO’o et au sommet du Kilauea, avec des débordements spectaculaires sur le plancher de l’Halema’uma’u.
Cette situation a conduit le HVO à publier un bulletin spécial le 17 avril 2018, dans lequel il était fait état de l’augmentation de la pression magmatique, avec le risque de voir une nouvelle bouche éruptive apparaître dans l’East Rift Zone.
En résumé, si l’on se réfère aux paramètres de surveillance du HVO, il est évident que c’est bien la hausse de pression du magma qui a été le moteur de déclenchement des événements de fin avril et début mai 2018. Aucun processus externe, comme les précipitations, n’est intervenu.
Source: USGS / HVO.

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The previous postreferred to an article published in The Guardian explaining that, according to a recent study, the 2018 Kilauea eruption (Hawaii) had been triggered by extreme rainfall in the preceding months.

As a response to the study, the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) writes: “This hypothesis about heavy rainfall is thought-provoking, but does it mean that Hawaii residents need to be concerned that heavy rain might cause the next eruption?”

Based on the observatory’s analysis of data collected in 2018, plus many studies of previous eruptions, HVO’s answer is that no, residents need not be concerned about a connection. Increasing pressure in the magmatic system, which far exceeds the change in pressure modelled as due to rainwater infiltration, was the primary driver in triggering the 2018 eruption.

For HVO, the smoking gun is found in the ground deformation record across a broad region of Kilauea Volcano leading up to the eruption. This was what I explained in my previous post showing the tiltmeter plot in 2013 when inflation of the volcanic edifice was already recorded. More specifically, tiltmeter and GPS stations recorded rapid uplift of the ground surface, best explained as the result of increasing pressure within the magmatic plumbing system at Pu’uO’o, starting in March 2018. Rapid uplift began at the summit of Kilauea a few weeks later as the summit reservoir began inflating. This pressurization was widespread and drove lava lakes at Pu’uO’o and the summit to unusually high levels, causing significant overflows in Halema’uma’u.

These changes were so clear that HVO issued a Volcano Activity Notice on April 17th, 2018, noting ongoing pressurization, and forecasting that a new eruptive vent could form on the East Rift Zone.

In summary, HVOs consensus interpretation of the monitoring data is that magma pressurization was the driving force in triggering the events of late April and early May of 2018. No external process, such as rainfall, is needed to explain this.

Source: USGS / HVO.

Effondrement spectaculaire du Pu’uO’o au moment de l’éruption du Kilauea en 2018 (Source: USGS / HVO)

Le pluie a-t-elle déclenché l’éruption du Kilauea (Hawaii) en 2018 ? // Did rain trigger the 2018 Kilauea eruption (Hawaii) ?

On peut lire sur le site de The Guardian un article particulièrement surprenant. Selon une nouvelle étude, l’éruption du Kilauea en 2018 à Hawaii aurait été déclenchée par les très fortes pluies qui se sont abattues sur l’archipel au cours des mois précédents. L’influence des précipitations ou de la fonte de la neige a été observée ponctuellement sur certains volcans comme l’Etna. En percolant, l’eau peut atteindre le magma de sorte que les éruptions peuvent parfois devenir phréato-magmatiques, donc plus explosives, en raison de l’interaction entre l’eau et la roche en fusion. Quant à provoquer une longue éruption comme celle du Kilauea, c’est une autre affaire!
S’agissant du Kilauea, les auteurs de l’étude pensent que le dérèglement climatique, en provoquant des conditions météorologiques extrêmes, peut entraîner une augmentation des éruptions dans le monde.
On se souvient que la dernière éruption du Kilauea a été spectaculaire, avec l’ouverture de fractures, des explosions et des effondrements sommitaux, sans oublier un séisme de magnitude M 6,9 qui a provoqué d’importants dégâts. Cependant, jusqu’à présent, les volcanologues n’avaient pas déterminé la raison pour laquelle l’éruption avait été si intense.
Les auteurs de l’étude expliquent que plusieurs mois de précipitations anormalement fortes ont précédé l’éruption, avec un record pour une période de 24 heures à l’échelle des Etats-Unis. Les scientifiques pensent que toute cette eau s’est probablement infiltrée dans les fissures et les pores des roches du volcan, jusqu’à 2,9 km de profondeur. Ils ont calculé que ce phénomène avait poussé la pression interstitielle à l’intérieur des roches à un niveau jamais observé depuis près de 50 ans. Les roches ont donc été fragilisées, ce qui a facilité l’ascension du magma vers la surface..
Les scientifiques ont également étudié les éruptions du Kilauea depuis 1790 et ont constaté que ces événements étaient deux fois plus susceptibles de se produire pendant la saison des pluies. Selon eux, ce n’est pas la pression exercée de bas en haut par le magma qui a déclenché l’éruption, car la surface de l’édifice volcanique s’est à peine déformée. [NDLR : l’absence d’inflation ou de déformation significative de l’édifice volcanique est probablement due à la présence d’un grand lac de lave dans le cratère de l’Halemau’uma’u, au sommet du Kilauea. Ce lac de lave, avec des variations de niveau, a contribué à atténuer la pression exercée par le magma sur l’ensemble du volcan, de sorte qu’il y a eu peu de déformation]. Les chercheurs ont également éliminé l’attraction gravitationnelle du soleil et de la lune, qui sont, selon eux, également susceptibles de déclencher des éruptions – même si [NDLR] cette influence extérieure n’a jamais été clairement prouvée.
Avec le changement climatique, les périodes prolongées de précipitations extrêmes devraient être de plus en plus fréquentes dans de nombreuses régions du monde, de sorte que de plus en plus de phénomènes volcaniques pourraient être déclenchés par les précipitations. Cependant, cette hypothèse doit être confirmée par l’observation d’un plus grand nombre d’éruptions.
Source: The Guardian.

Cette étude qui fait reposer le déclenchement de l’éruption du Kilauea en 2018 sur un excès de précipitations me laisse sur ma faim. Si l’on observe l’évolution du comportement du volcan au cours des dernières années, on se rend compte que la dernière éruption n’est pas forcément une surprise et qu’elle a très bien pu se déclencher sans l’aide de l’ouverture des vannes célestes. Si l’inflation n’a pas été significative dans les mois qui ont précédé l’éruption, elle était enregistrée par les tiltmètres depuis plusieurs années (voir la courbe ci-dessous) , avec une certaine accélération dans les semaines qui ont précédé la sortie de la lave dans l’East Rift Zone.. Les tracés montraient une croissance régulière qui trahissait clairement une accumulation progressive du magma sous l’édifice volcanique.

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Quite surprisingly, an article published in The Guardian explains that, according to a new study, the 2018 Kilauea eruption (Hawaii) was triggered by extreme rainfall in the preceding months. The influence of rainfall or snow melting has been occasionally observed on some volcanoes like Mount Etna. The percolating water may reach the magma so that the eruptions may at times become phreatomagmatic and more explosive because of the interaction between water and magma. But triggering a long eruption like Kilauea’s in 2018 needs to be proved.

As far as Kilauea is concerned, the authors of the study raise the possibility that climate breakdown, which is causing more extreme weather, could lead to an increase in eruptions around the world.

One can remember that the last eruption of Kilauea was dramatic with rifts opening, summit explosions and collapses, and an M 6.9 earthquake that caused heavy damage. However, up to now, volcanologists had not analysed what made the eruption so intense.

The researchers who published the study explain that several months of unusually high rainfall preceded the eruption, with one 24-hour period setting a record for the entire US. They think this flood of water probably percolated down into fissures and pores in the rocks of the volcano, as far as 2.9 km below the surface. The scientists calculated this pushed up the pore pressure inside the rocks to the highest level in almost 50 years, weakening them and allowing magma to push up from below.

The scientists also looked at eruptions of Kilauea since 1790 and found that these historical events were twice as likely to happen in the rainy season. They ruled out magma pressure from below triggering the eruption, because the surface had barely deformed. [Editors note: The lack of significant inflation and deformation of the volcanic edifice was probably due to the existence of a large lava lake in Halemau’uma’u Crater, at the summit of Kilauea. This pond of lava contributed to alleviating the pressure exerted by the magma on the whole volcano so that there was little deformation]. The researchers also eliminated the gravitational pull of the sun and moon, which are also said to trigger eruptions – even though this external influence has never been clearly proved (editor’s note). .

As climate continues to change, the occurrence of prolonged periods of extreme rainfall is predicted to increase in many parts of the world, increasing the potential for rainfall-triggered volcanic phenomena. However, this hypothesis needs to be confirmed by more observations of other eruptions.

Source: The Guardian.

This study, which bases the onset of the Kilauea eruption in 2018 on excess precipitation, is quite disconcerting. If we observe the evolution of the behaviour of the volcano in recent years, we realize that the last eruption is not necessarily a surprise and that it could very well have started without the help of the rain. Although inflation was not significant in the months before the eruption, it had been recorded by tiltmeters for several years, with an acceleration during the weeks that preceded the eruption in the East Rift Zone. The plots showed a regular increase which clearly betrayed a gradual accumulation of magma beneath the volcanic structure.

Image de l’éruption de 2018 (Crédit photo: USGS / HVO)

Exemple de l’inflation du Kilauea déjà présente en 2013 (Source: HVO)

De la pluie artificielle bientôt en France? // Artificial rain soon in France ?

Après plus de six semaines sans pluie, l’Indonésie commencera bientôt à ensemencer les nuages ​​afin de déclencher des précipitations. On espère que cela permettra de mettre fin à la vague de sécheresse provoquée par El Niño qui a mis en danger plus de 200 kilomètres carrés de cultures et donc de récoltes. Les autorités indonésiennes ont déclaré que les cultures à risque sont estimées à 215 millions de dollars, une perte qui pourrait causer une importante instabilité alimentaire dans la région.
Les autorités indonésiennes ont indiqué qu’elles allaient injecter des cristaux de sel dans les nuages ​​à la fin du mois d’août. Le sel attire naturellement l’eau et lorsque les particules deviennent saturées et lourdes, elles tombent du ciel sous forme de gouttes de pluie. L’Indonésie a déjà utilisé l’ensemencement des nuages ​​pour lutter contre le brouillard ​​lié aux incendies de forêts en 2015 et pour faire face aux inondations à Jakarta en 2013. Les nuages ont alors déversé leur pluie sur l’océan avant d’atteindre la capitale.
La prochaine opération d’ensemencement des nuages se déroulera à Jakarta et à Kupang, capitale de la province de Nusa Tenggara Est, dans le but de générer des pluies sur Java, Bali, Nusa Tenggara Ouest et Nusa Tenggara Est. Selon le Jakarta Post, au moins 100 juridictions sont touchées par la sécheresse actuelle, y compris d’importantes zones de production de riz.
L’ensemencement  des nuages ​​a été testé pour la première fois dans les années 1940 et est devenu de plus en plus fréquent au cours des dernières décennies. Le Sri Lanka a eu recours à cette technique pour provoquer la pluie au début de cette année afin de lutter contre la sécheresse, mais l’entreprise ne fut pas couronnée de succès. Les Émirats Arabes Unis ont mené à bien près de 20 missions d’ensemencement de nuages ​​sur une période de deux semaines en février. Plus de 50 pays utilisent actuellement l’ensemencement des nuages ​​pour modifier les conditions météorologiques.
Bien que la technique soit utilisée depuis près de 80 ans, les scientifiques se posent toujours des questions sur l’efficacité de l’ensemencement des nuages ​​et sur ses effets à long terme. Un rapport publié en 2003 par la National Academy of Sciences a révélé qu’il existait peu de preuves de l’efficacité de l’ensemencement des nuages et sur l’aptitude de la technique à provoquer des précipitations. Cependant, une expérience récente réalisée par des scientifiques de l’Université du Colorado et consistant  envoyer des doses d’iodure d’argent dans des nuages a provoqué des chutes de neige dans les montagnes du sud-ouest de l’Idaho.
Il convient de noter qu’un épais brouillard a actuellement envahi Palembang en raison des nombreux incendies de forêt dans les régions voisines. Le brouillard a réduit la visibilité et perturbe les activités quotidiennes dans la capitale provinciale. Le problème est que les méthodes d’ensemencement des nuages pour créer des pluies artificielles ne sont pas efficaces dans ces conditions.
Source: The Jakarta Post.

Avec la sécheresse actuelle en France et les vagues de chaleur à répétition susceptibles de se produire à l’avenir, je ne serais pas surpris que le gouvernement français décide bientôt de recourir à l’ensemencement des nuages ​​pour faire pleuvoir sur les cultures. Mais il faudrait pour cela que des nuages apparaissent dans le ciel qui est souvent resté désespérément  bleu en France cet été…

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After more than six weeks without rain, Indonesia will soon start cloud seeding in an effort to kickstart precipitation and end an El Niño-driven drought that has put 50,000 acres of crops at risk of harvest failure.Indonesian officials said the at-risk crops are worth an estimated 215 million dollars, a loss that could cause significant food instability in the region.

Indonesian authorities said they will send salt flares into passing clouds as early as the end of August. Salt naturally attracts water, and as the particles become saturated and heavier, they fall from the sky as raindrops. Indonesia previously used cloud seeding to fight fire-related haze in 2015 and to reduce flooding in Jakarta in 2013, by forcing clouds to release their rain over the ocean before reaching the capital city.

The country’s newest cloud-seeding operation will take place in Jakarta and Kupang, the provincial capital of East Nusa Tenggara, with the aim of generating rain over Java Island, Bali, West Nusa Tenggara, and East Nusa Tenggara. According to The Jakarta Post, at least 100 jurisdictions across the country are being affected by the current drought, including important rice-producing areas.

Cloud seeding was first tested in the 1940s and has become increasingly popular over the past few decades. Sri Lanka used the geoengineering technique to induce rain earlier this year to fight drought, though unsuccessfully. The United Arab Emirates completed nearly 20 cloud-seeding missions over a two-week period in February. More than 50 countries currently use cloud seeding to alter weather.

Despite nearly 80 years of use, however, there is still debate among scientists over cloud seeding’s effectiveness and long-term impacts. A 2003 report by the National Academy of Sciences found little evidence that cloud seeding has a statistically significant impact on rainfall. But a recent experiment, which involved dropping canisters of silver iodide into clouds, by scientists at the University of Colorado induced snowfall in the mountains of southwestern Idaho.

It should be noted that thick smog has currently engulfed Palembang as a result of increased wildfires in nearby regencies and cities. The smog has decreased visibility and started disrupting daily activities in the provincial capital over the weekend. The problem is that weather modification methods to make artificial rain are not effective in this condition.

Source: The Jakarta Post.

With the current drought in France and the repetitive heat waves likely to happen in the future, I would not be surprised if the French government soon decided to resort to cloud seeding to drop some water on the crops. But you need clouds to seed them and the sky has often been all blue in France this summer…

Principe de l’ensemencement des nuages par un projecteur de particules au sol ou en avion (Source: Wikipedia)

On va avoir soif cet été (suite)

Je ne cesse de le répéter (voir ma note du 2 avril 2019) : le déficit en eau est sévère en Haute-Vienne, le département où je réside. Le mois d’avril n’a pas arrangé les choses et les averses qui nous arrosent en ce début mai ne suffiront pas à combler le déficit pluviométrique. De toute façon, les pluies actuelles arrivent trop tardivement et elles ne contribuent pas à alimenter les nappes phréatiques car la végétation capte cette eau dès sa présence en surface. Il suffit de regarder les sources ; leur débit est extrêmement faible. C’est ce qui explique la poussée rapide de l’herbe, favorisée par la douceur des températures. Résultat : les tondeuses ronflent de plus en plus dans nos campagnes !

Cumulé, le déficit en eau au mois d’avril se monte à 26 % par rapport à la moyenne. 69,4 mm de pluie sont tombés au cours du mois, alors que la moyenne est de 95 mm, soit un déficit de 26 %. Sur la période dite de recharge en eau, c’est-à-dire en automne et en hiver, le déficit est de 28 %, selon les relevés de la station de Limoges-Bellegarde que je rappelle ici :

Octobre 2017 : 38,7 mm  / Octobre 2018 : 31,1 mm

Novembre 2017 : 89,7 mm  /  Novembre 2018 : 74,3 mm

Décembre 2017 : 141,1 mm  /  Décembre 2018 : 132,2 mm

Janvier 2018 : 195,7 mm  /  Janvier 2019 : 82,3 mm

Février 2018 : 66,8 mm  / Février 2019 : 38,8 mm

Mars 2018 : 137,8 mm  /  Mars 2019 : 68,3 mm

Avril 2018 : 112,5 mm / Avril 2019 : 69,4 mm

Mai 2018 : 107,1 mm / 1er-10 mai 2019 : 29,1 mm

Les première et deuxième décades d’avril ont notamment été très sèches, le gros des pluies tombant lors de la dernière décade. À Limoges-Bellegarde, on a recueilli 69,4 mm contre 91 mm en temps normal.

A cela s’ajoutent des températures plutôt douces, avec un pic de chaleur entre le 17 et le 22 avril.

Au vu de ces différents paramètres, on peut craindre un été difficile en matière d’eau, avec des restrictions qui ne tarderont pas concernant le remplissage des piscines, le lavage  des voitures et l’arrosage des jardins.

Ce n’est pas gagné non plus pour la navigation sur le lac de Vassivière dont la dernière cote publiée était de 649,40 m au 21/03/2019, donc 60 cm de moins que la cote référence de 650 m NGF. La navigation est interdite lorsque la cote du lac est inférieure à 642 m NGF soit moins 8 mètres par rapport à la cote de référence. 
Source : Station météo de Limoges-Bellegarde, presse locale.

Une invasion de microplastiques (2) dans les hautes vallées pyrénéennes // An invasion of microplastics (2) in the high Pyrenean valleys

Les accumulations de microplastiques ne concernent pas que les glaciers de nos montagnes. Dans une étude parue le 15 avril 2019 dans Nature Geoscience, des chercheurs ont mis en évidence de grosses quantités de ces particules dans les Pyrénées ariégeoises, dans une zone Natura 2000, à 1 425 mètres d’altitude. Il s’agit de la haute vallée de Vicdessos, une zone préservée des activités humaines, à environ 120 km de Toulouse.

L’équipe internationale constituée de chercheurs du CNRS, des Universités de Toulouse et Orléans et de l’université de Strathclyde en Écosse, a mis en évidence des plastiques dans les pluies et neiges qui tombent sur les Pyrénées. Après avoir récolté des échantillons pendant cinq mois sur le site lors de l’hiver 2017-2018, leur étude a consisté à les analyser pour leur contenu en microplastiques.

L’article publié dans Nature Geoscience révèle que les pluies et les neiges contiennent un nombre significatif de microplastiques, invisibles à l’œil nu et d’une taille de moins de 5 mm. Au final, les chercheurs ont décompté un dépôt de plus de 365 particules de microplastiques par mètre carré et par jour, un nombre comparable à celui mesuré dans des grandes métropoles comme Paris !

L’étendue de la distance parcourue par les microplastiques n’est pas encore connue, mais l’analyse de la trajectoire aérienne montre que des fragments voyagent dans l’atmosphère sur au moins une centaine de kilomètres. On peut affirmer sans équivoque qu’ils sont transportés par le vent. Les facteurs de dégradation du plastique sont assez bien connus, mais les facteurs et les mécanismes de transport – en particulier le transport atmosphérique –  apparaissent complexes et constituent un nouveau domaine de recherche.

Les chercheurs soulignent que l’aspect le plus préoccupant de leur étude, c’est sans doute qu’elle a été réalisée dans une région considérée comme relativement préservée des activités humaines actuelles, en raison de son inaccessibilité et de son éloignement des grandes villes et des centres industriels.

Source : actu.fr.

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The accumulations of microplastics do not only concern the glaciers of our mountains. In a study published on April 15th, 2019 in Nature Geoscience, researchers have found large quantities of these particles in the Ariege region of the Pyrenees, in a Natura 2000 area, 1425 metres above sea level. They found them in the high valley of Vicdessos, a protected area of ​​human activities, about 120 km from Toulouse.
This international team made up of researchers from the CNRS, the Universities of Toulouse and Orleans and the University of Strathclyde in Scotland, has discovered plastics in the rain and snow that fall on the Pyrenees. After collecting samples for five months at the site during the winter of 2017-2018, their study consisted in analyzing them for their microplastic content.
The article published in Nature Geoscience reveals that rain and snow contain a significant number of microplastics, invisible to the naked eye and less than 5 mm in size. In the end, the researchers counted a deposit of more than 365 microplastic particles per square metre and per day, a number comparable to that measured in major cities like Paris!
The extent of the distance travelled by microplastics is not yet known, but analysis of the air trajectory shows that fragments travel in the atmosphere over at least a hundred kilometres. It can be said unequivocally that they are carried by the wind. Plastic degradation factors are fairly well known, but transport factors and mechanisms – particularly atmospheric transport – are complex and will represent a new area of ​​research.
The researchers point out that the most worrying aspect of their study is undoubtedly that it was carried out in a region considered relatively untouched by human activities, due to its inaccessibility and distance from major cities and industrial centers.
Source: actu.fr.

Vue de la vallée de Vicdessos et du Pic de Montcalm (Crédit photo: Laurent Vaquié / Wikipedia)

De la pluie artificielle sur Bangkok (Thailande) ? // Artificial rain on Bangkok (Thailand)?

J’ai expliqué dans plusieurs notes sur ce blog (le 24 novembre 2017 et le 23 décembre 2018, par exemple) comment des scientifiques envisagent de reproduire les effets d’une éruption volcanique majeure pour tenter de lutter contre le réchauffement climatique. Des projets de géo-ingénierie visant à manipuler technologiquement l’atmosphère pour bloquer la lumière du soleil ont été imaginés à travers le monde. J’ai fermement critiqué de telles initiatives qui risquent de rompre encore davantage l’équilibre climatique de notre planète.

A une échelle locale, une semblable initiative vient d’avoir lieu à Bangkok où des avions déclencheurs de pluies artificielles ont été déployés le 15 janvier 2019 pour tenter d’atténuer un sévère épisode de pollution atmosphérique qui frappe la capitale thaïlandaise depuis plusieurs jours.

La technique consiste à disperser des produits chimiques censés activer la formation de pluie. Défendue par le défunt roi de Thaïlande Rama IX comme une solution miracle, elle consiste à larguer de vastes quantités de produits chimiques dans les nuages, afin de provoquer la formation de cristaux de glace qui accélèrent l’éclatement d’averses.

Pour le moment, seule une fine pluie, naturelle selon les autorités, s’est abattue sur Bangkok le 15 janvier au matin. Le département en charge du contrôle de la pollution espère que, sous l’action des produits chimiques largués par les avions, d’autres pluies, artificielles cette fois, tomberont dans les prochains jours sur la capitale.

Les niveaux de particules fines dites PM2,5 (d’un diamètre inférieur ou égal à 2,5 micromètres) avaient atteint plus de 100 microgrammes par mètre cube par endroits ces derniers jours dans la capitale thaïlandaise. Ils sont ensuite redescendus à un niveau de 53 à 90 microgrammes selon les zones. Ces particules fines sont considérées comme les plus nocives pour la santé, car ce sont celles qui pénètrent le plus en profondeur dans les poumons.

D’après Greenpeace, l’épisode de pollution actuel est le pire depuis un an à Bangkok. Il est dû, en particulier, à l’absence de vent, l’humidité et la présence d’un couvercle d’air chaud au-dessus de la capitale qui empêche la dispersion des polluants. Les épisodes sévères de pollution sont de plus en plus fréquents à Bangkok, à cause notamment de l’augmentation rapide de véhicules dans la ville devenue l’une des plus embouteillées de la planète. Bangkok compte aujourd’hui quelque 9,8 millions de voitures, dont 2,5 millions roulent au diesel, pour une population d’environ 12 millions d’habitants.

Source : France Info.

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I explained in several posts on this blog (November 24th, 2017 and December 23rd, 2018, for example) how scientists plan to reproduce the effects of a major volcanic eruption to try to fight against global warming. Geo-engineering projects aimed at technologically manipulating the atmosphere to block sunlight have been imagined around the world. I have strongly criticized such initiatives that may further disrupt our planet’s climate balance.
At a local scale, a similar initiative has just taken place in Bangkok where artificial rain triggering aircraft were deployed on January 15th, 2019 to try to mitigate a severe episode of air pollution that hit the Thai capital for several days.
The technique involves dispersing chemicals that are supposed to activate the formation of rain. Defended by the late King of Thailand Rama IX as a miracle solution, it consists in dropping vast quantities of chemicals in the clouds, to cause the formation of ice crystals that accelerate the outbreak of showers.
For the moment, only a fine rain, natural according to the authorities, fell on Bangkok on January 15th in the morning. The department in charge of pollution control hopes that, under the action of chemicals dropped by aircraft, other rains, artificial this time, will fall in the coming days on the capital.
PM2.5 fine particle levels (2.5 micrometres or less in diameter) had reached more than 100 micrograms per cubic metre in places in recent days in the Thai capital. They later decreased to a level of 53 to 90 micrograms depending on the zones. These fine particles are considered the most harmful to health because they are the ones that penetrate deepest into the lungs.
According to Greenpeace, the current pollution episode is the worst in a year in Bangkok. It is due, in particular, to the absence of wind, humidity and the presence of hot air over the capital that prevents the dispersion of pollutants. Severe episodes of pollution are becoming increasingly common in Bangkok, due in part to the rapid rise of vehicles in the city, which has become one of the most congested cities on the planet. Bangkok currently has some 9.8 million cars, of which 2.5 million are diesel, for a population of about 12 million.
Source: France Info.

Niveaux de pollution de l’air à Bangkok le 16 janvier 2019

Il fait beau et chaud. Oui mais…

Vous connaissez la chanson : « Il fait beau, il fait bon, la vie coule comme une chanson…. » Le temps estival que nous connaissons depuis plusieurs semaines ravit la plupart des gens. Les barbecues et les piscines s’éternisent, ainsi que les week-ends à la plage. Malheureusement, ce tableau idyllique a aussi son revers car la sécheresse en France atteint des niveaux inégalés. Les records des années 1959, 1985, 1989 et 2003 sont en passe d’être battus. Selon Météo France, à l’échelle nationale, la période de juin à août a été la deuxième plus chaude après 2003. Le trimestre estival, de juillet à septembre, est en passe d’être le plus chaud jamais observé. Le mois de septembre est le troisième plus sec de l’histoire de la météorologie.

Le déficit pluvial est évident quand on observe les relevés. Il est tombé seulement 2 mm de pluie à Montpellier depuis le début du mois de septembre et à peine plus de 10 mm à Paris. Les niveaux record de sécheresse concernent principalement le Massif central, le Nord-Est et le nord des Alpes. Les arrêtés de restriction de l’usage d’eau potable sont nombreux et touchent 62 départements en France métropolitaine.

Dans beaucoup de régions, comme le Limousin où j’habite, les éleveurs ont déjà entamé le fourrage hivernal pour nourrir leur bétail privé d’herbage.

Dans le court terme, le manque d’eau en montagne va poser des problèmes aux stations de sports d’hiver. A cause de la hausse des températures, il faut avoir recours aux enneigeurs de plus en plus fréquemment. Ces dispositifs ont besoin de réserves d’eau pour fonctionner. Il n’est, bien sûr, pas question d’utiliser pour les loisirs d’une minorité l’eau destinée à la consommation de l’ensemble de la population. Or, à cause de la sécheresse persistante, les réserves risquent fort de s’épuiser rapidement. De plus, les canons à neige ne fonctionnent pas au-delà d’une certaine température. Avec la hausse du mercure, ils risquent fort de rester au point mort.

A côté de cela, les viticulteurs se frottent les mains car le millésime 2018 s’annonce exceptionnel grâce à l’action combinée de l’absence de pluies et des fortes chaleurs estivales qui ont gorgé de sucre les raisins.

Selon les prévisionnistes de Météo France, il ne faut pas s’attendre à retrouver un temps humide dans les prochains jours. Il faudrait au moins 50 % de précipitations en plus que la moyenne durant les trois prochains mois pour entrevoir un retour à la normale.

Source : Météo France, presse régionale.

Cumul des précipitations en France pendant le mois de septembre 2018 (Source : Météo France)