L’ « acqua alta » à Venise: Une punition pour le Conseil Régional de Vénétie ? // « Acqua alta » in Venice: A punishment for the Veneto Regional Council ?

Les locaux du Conseil Régional de Vénétie situés à Venise ont été inondés pour la première fois de leur histoire par l' »acqua alta » qui a affecté la Cité des Doges. Il semblerait que la montée soudaine des eaux se soit produite juste après que le Conseil Régional ait rejeté les amendements proposés par l’opposition et qui visaient à lutter contre le changement climatique. Le bâtiment a été inondé deux minutes après que deux partis de droite – la Liga et les Fratelli d’Italia- et le parti de centre-droit Forza Italia aient rejeté les amendements proposés par leurs opposants. Ces amendements incluaient des demandes de financement en faveur de davantage de sources d’énergie renouvelables, le remplacement des bus roulant au diesel et des mesures visant à réduire l’impact du plastique. L’opposition imputait également l' »acqua alta » – qui est montée à plus de 1,80 mètre au-dessus du niveau habituel et a causé au moins un décès – à une combinaison de facteurs, notamment la hausse du niveau de la mer due à la fonte des glaciers. L’opposition a été accusée par la majorité de faire de la propagande. La majorité a fait remarquer que le Conseil Régional a dépensé 965 millions d’euros au cours des trois dernières années dans le cadre de la lutte contre la pollution de l’air. Le maire de Venise avait tweeté plus tôt dans la semaine que les inondations avaient mis Venise à genoux, qualifiant d ‘ »apocalyptiques les conditions vécues.

Source: Huffington Post et journaux italiens.

Le premier magistrat de Venise a raison d’être inquiet car l' »acqua alta » n’est pas terminée. On prévoit une hauteur d’eau d’au moins 1,60 mètre aujourd’hui 17 novembre 2019. La situation actuelle à Venise ne fait que préfigurer ce qui va se passer dans les grandes villes côtières de la planète dans les prochaines années.  Les médias n’évoquent que du bout des lèvres le réchauffement climatique et la fonte des glaces pour expliquer la situation catastrophique à Venise. C’est pourtant là que se trouve la cause du problème. Il faudrait que nos dirigeants cessent de pratiquer la politique de l’autruche et prennent les vraies mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

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The premises of the Veneto Regional Council in Venice were flooded for the first time in known history during the acqua alta that affected the city. It was apparently right after the members of the Regional Council rejected amendments to tackle climate change. The building was flooded two minutes after two Italian right-wing parties – the League and Brothers of Italy –  and the center-right Forza Italia party rejected their opponents’ amendments. The rejected amendments included requests for funding for more renewable energy sources, the replacement of diesel buses and measures to reduce the impact of plastic. They also blamed Venice’s high tide, which peaked at more than1.80 metres above the usual level and caused at least one death, on a combination of factors including rising sea levels due to glacial melt. The opposition was accused by the majority of spreading propaganda. The majority pretends the Regional Council spent € 965 million over the past three years in the fight against air pollution,  The mayor of Venice had tweeted earlier this week that flooding had brought Venice to its knees, describing the conditions as “apocalyptic.

Source: Huffington Post and Italian newspapers.

The mayor of Venice is right to be worried because the « acqua alta » is not over. A water level of at least 1.60 metres is expected today, November 17th, 2019. The current situation in Venice only foreshadows what will happen in the major coastal cities of the planet in the coming years. The media only give lip service to global warming and melting ice to explain the catastrophic situation in Venice. This is where the problem lies. Our leaders should stop burying themselves in the sand and take real action to reduce greenhouse gas emissions.

L’inondation du Conseil Régional de Vénétie (Crédit photo: Presse italienne)

L’ « acqua alta » à Venise, dans la logique du réchauffement climatique

Une marée haute d’une ampleur sans précédent a noyé Venise le 12 novembre 2019. L’« acqua alta » est un événement qui se produit régulièrement dans la Cité des Doges à cette époque de l’année, mais elle a atteint cette fois-ci des proportions extraordinaires, favorisée par un puissant sirocco qui a fait déferler les vagues sur la Place Saint-Marc, jusqu’à l’intérieur de la basilique.

Cette marée haute exceptionnelle a atteint une hauteur de 1,87 m, le plus haut niveau enregistré depuis 53 ans. C’est la deuxième plus haute marée à Venise depuis le début des relevés en 1923, derrière celle de 1,94 m le 4 novembre 1966. Ce qui est le plus préoccupant, c’est qu’une inondation comme celle du 12 novembre 2019 s’est seulement produite cinq fois dans l’histoire de la basilique San Marco érigée en 828 et reconstruite après un incendie en 1063. Sur les 5 épisodes précédents, trois ont eu lieu au cours des 20 dernières années, la dernière fois l’an dernier, en 2018. Les événements sont donc en train de s’accélérer, ce qui n’est guère une surprise au vu du contexte climatique actuel. A noter que dans le même temps, des pluies torrentielles accompagnées de très fortes rafales de vent se sont abattues sur tout le Veneto.

L’eau montante a submergé les terrasses des cafés, emportant les tables et les chaises. Les passerelles des hôtels situés le long du Grand Canal ayant été emportées par les flots, les clients des vaporetti ont été contraints d’entrer dans les établissements par les fenêtres.

La hauteur de l’eau (1,87 mètre) indiquée précédemment ne signifie pas que toute la ville ait été recouverte de cette façon. Il faut retrancher de cette hauteur le niveau moyen de la ville, qui se trouve entre 1 mètre et 1,30 mètre.

Pour protéger la ville de cette « acqua alta » qui endommage le patrimoine artistique, il existe le projet Mose (acronyme de MOdulo Sperimentale Elettromeccanico). Il s’agit d’un ouvrage en cours de réalisation qui prévoit un système de protection formé de rangées de vannes mobiles escamotables permettant d’isoler la lagune de Venise de la Mer Adriatique durant les phénomènes de hautes marées dépassant un niveau établi (110 cm) et jusqu’à un niveau maximum de 3 mètres. Le système est en cours de construction depuis 2003, mais le surcoût et les malfaçons ont entraîné de nombreux retards. La livraison du MOSE est à l’heure actuelle prévue pour une inauguration en 2020

Ce qui se passe actuellement à Venise devrait nous faire réfléchir. C’est l’exemple même du phénomène qui menacera les côtes françaises à très court terme. Chez nous, les dernières grandes marées ont eu lieu par beau temps et sans vent. Si la houle s’était manifestée, les côtes auraient inévitablement subi les assauts des vagues. Les prévisions concernant l’élévation du niveau des océans pour les prochaines décennies sont particulièrement alarmistes mais, hormis des enrochements ici et là, aucune politique d’envergure n’a été mise en place dans notre pays. On connaît la suite : le jour où les événements vont se déchaîner, on commencera par pleurer devant le nombre de victimes et devant les dégâts subis par les habitations. Ensuite on cherchera les responsables, en se gardant bien d’accuser le réchauffement climatique qui, lui, ne saurait être mis en examen…

lmage d’archive montrant le Palazzo Ducale au cours de l' »acqua alta  » record du 4 novembre 1966

En attendant la prochaine éruption du Katla (Islande) // Waiting for Katla’s next eruption in Iceland

Après les inquiétudes concernant une possible éruption du super volcan de Yellowstone aux Etats Unis, voici que naît l’angoisse autour du volcan Katla en Islande. Plusieurs journaux américains viennent de publier un même article sur ce sujet.
L’auteur de l’article explique qu’après un été d’activité sismique intense sur le Katla, « les Islandais épient le moindre signe d’une éruption du volcan le plus surveillé de leur pays ». Le Katla est entré en éruption pour la dernière fois en 1918. Depuis le début de l’histoire connue du volcan au 12ème siècle, jamais 99 années se sont écoulées sans une éruption. Huit des 10 dernières éruptions du Katla se sont produites entre septembre et novembre, moment où la fonte de la calotte de glace qui le recouvre est censée – en libérant sa pression –  créer des conditions favorables à la sortie de la lave.

Vik, un hameau sur la côte sud, se prépare au pire. En cas d’éruption, un texto sera envoyé à chaque téléphone mobile connecté au réseau régional. Les 543 habitants savent ce qu’ils doivent faire: informer leurs voisins – et où aller: l’église, qui est abritée par la montagne. Selon la Protection Civile islandaise, les touristes seraient le plus grand problème en cas d’éruption. Ils pourraient être en grand nombre au coeur de la saison touristique, répartis dans le pays et moins susceptibles que les locaux d’être au courant des mesures à prendre en cas d’urgence.
Ce qui inquiète les volcanologues, c’est que Katla se trouve sous une calotte de glace de plusieurs centaines de mètres d’épaisseur, ce qui signifie qu’une éruption est susceptible de faire fondre cette glace et provoquer de graves inondations. On s’attend à ce que le volume d’eau atteigne 300 000 mètres cubes par seconde, plus important que le débit de l’Amazone. Il se pourrait que cette arrivée massive d’eau fasse monter le niveau de l’océan considérablement, de sorte que les autorités prévoient d’évacuer tous les habitants de la côte vers la pointe sud de l’île.
Au cours des 11 derniers mois, le Met Office islandais a fait passer à deux reprises le niveau d’alerte du Katla au Jaune. Pendant quatre jours cet été, les Islandais ont remarqué avec inquiétude que les séismes atteignaient la magnitude M 3 et la fonte de la glace a provoqué une crue de la rivière Mulakvisl près de Vik.
[Remarque personnelle: Il convient de noter que la dernière sismicité sur le Katla était très superficielle, à environ 100 mètres de profondeur. En conséquence, il y a peu de chances pour qu’elle ait été causée par une ascension du magma sous le volcan, d’autant plus qu’aucune déformation significative n’a été signalée. Les séismes étaient probablement causés par une activité hydrothermale intense, phénomène qui se produit souvent sous la couche de glace]
Les volcanologues ne savent pas ce qui se passera le jour où le Katla entrera en éruption. Contrairement à beaucoup d’autres volcans islandais, une longue période de repos ne détermine pas l’ampleur de la prochaine éruption. Même si le Katla a une chambre magmatique plus volumineuse que son voisin Eyjafjallajokull, cela ne signifie pas nécessairement qu’une éruption aura un impact plus important sur le trafic aérien. Un employé du Met Office indique que les compagnies aériennes sont mieux préparées à affronter la cendre dans un espace aérien donné qu’elles ne l’étaient il y a sept ans.
[Remarque personnelle: Je ne suis pas sûr que la panique dans l’espace aérien sera différente de 2010 en cas d’éruption du Katla. Les tests sur la détection de cendre ont été effectués sur d’autres volcans pendant des périodes d’activité volcanique calme et souvent avec de la cendre déversée artificiellement. Je ne suis pas certain que les compagnies aériennes soient prêtes à risquer la vie de leurs passagers si les avions sont confrontés à de VRAIS nuages ​​de cendre!]
En conclusion, l’article n’apporte pas vraiment une nouvelle lumière sur l’environnement d’une éruption du Katla. Les volcanologues ne savent pas trop quel genre d’éruption se produira et les autorités locales devront s’adapter à la situation, surtout si l’éruption a lieu pendant la haute saison touristique!
Source: Journaux américains.

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After the worries about a possible eruption of Yellowstone supervolcano, here is the anxiety around Katla volcano in Iceland. Several U.S. newspapers have just released the same article about this topic.

The author of the article explains that after a summer of increased seismic activity at Katla, “Icelanders are obsessing over the smallest sign of an eruption at the country’s most closely watched volcano”. Katla last erupted in 1918. Never before in recorded history, dating back to the 12th century, have 99 years passed without an eruption from this volcano. Eight out of the last 10 eruptions at Katla have occurred between September and November, when glacial melting is believed to create – by alleviating its pressure – conditions for the magma to burst forth.

Vik, a hamlet on the south coast is prepared for the worst. In the event of an eruption, a text message will be sent to every mobile phone connected to the regional network. All 543 residents will know what to do – inform their neighbours – and where to go: the church, which is sheltered by the mountain. According to the Icelandic Civil Protection, tourists would be the greatest challenge in the event of an eruption. They could be in large numbers during the tourist season, spread out and less likely than locals to be aware of emergency actions.

What worries volcanologists is that Katla lies under glacial ice hundreds of yards thick, meaning that any eruption is likely to melt the ice and cause widespread flooding. The volume of water that could stream toward the coast is predicted to reach 300,000 cubic metres per second, greater than the Amazon River discharge. Ocean levels may rise sharply if flooding reaches the coast, so authorities plan to evacuate the entire coast on the island’s southern tip.

Over the past 11 months, the Icelandic Met Office has twice raised its Katla alert level to yellow, signalling “elevated unrest.” For four days this summer, Icelanders watched with concern as a series of earthquakes peak at magnitude M 3. Natural reservoirs of glacial melt under the ice cap burst and flooded the Mulakvisl River near Vik.

[Personal remark: It should be noted that the last seismicity at Katla volcano was very shallow, about 100 metres deep. As a consequence, there is little chance it was caused by any magma ascent beneath the volcano which did not show any significant deformation. The earthquakes were rather caused by some hydrothermal activity, a phenomenon which frequently occurs beneath the ice sheet]

Volcanologists do not know what will happen when Katla finally erupts. Unlike many other volcanoes in Iceland, a long rest does not contribute to the size of the next eruption. While Katla has a larger magma chamber than neighbouring Eyjafjallajokull, that does not necessarily mean it will have a greater impact on aviation. An employee at the Icelandic Met Office notes that airlines now are better prepared to measure ash within a given airspace than they were seven years ago.

[Personal remark: I am not sure that the panic in the airspace will be different from 2010 in case of an eruption of Katla. The tests about ash detection were performed on other volcanoes during periods of quiet volcanic activity and often with artificial ash. I am not sure air companies are ready to risk the lives of their passengers if the planes fly into REAL ash clouds!]

In conclusion, the newspaper article does not really shed a new light on the environment of a Katla eruption. Volcanologists do not know what kind of eruption it will be and local authorities will have to adapt to the situation, especially if the eruption takes place during the high tourist season!

Source: U.S. newspapers.

Le Katla se cache sous le glacier Myrdalsjökull (Crédit photo: NASA)

L’éruption du Katla en 1918 (Source: Wikipedia)

 

Islande : Vers la fin de la crue glaciaire // Iceland : Toward the end of the glacial outburst

Dans ma dernière mise à jour sur l’Islande, j’indiquais que la crue glaciaire de la rivière Múlakvísl diminuait lentement. La conductivité de l’eau était tombée à 330 μS / cm. Aucun événement significatif n’est survenu depuis. Le niveau de la rivière retourne lentement à la normale et aucun autre séisme n’a été enregistré.

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In my latest note about Iceland, I indicated that the glacial flood of the Múlakvísl River was slowly declining. Water conductivity had dropped to 330µS/cm. No significant event has occurred since that time. The level of the Múlakvísl River is slowly going back to normal and no other earthquakes have been recorded.