Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

Dans un bulletin publié par l’Université des Antilles (University of the West Indies – UWI ) le 27 mars 2021, on peut lire que la séquence de séismes volcano-tectoniques (VT) qui a débuté le 23 mars 2021 à La Soufrière de St Vincent a pris fin le 26 mars. Depuis cette date, l’activité sismique se caractérise par de petits événements de basse fréquence associés à la croissance du dôme.

Le nouveau dôme continue de croître à la fois dans la partie du volcan sous le vent (leeward) et celle exposée au vent (windward). Les émissions de gaz les plus importantes se situent au sommet du dôme ainsi que dans les zones de contact entre le dôme de 1979 et le nouveau dôme.

Un survol du dôme à l’aide d’un drone le 19 mars 2021 a révélé qu’un volume d’environ 6 291 084 mètres cubes de nouveau matériau est venu s’ajouter au dôme depuis les dernières observations du 12 février.

Le niveau d’alerte reste à l’Orange. Aucun ordre d’évacuation n’a été émis à ce jour.

Evolution du dôme de La Soufriere (Source : UWI)

++++++++++

Le Merapi (Indonésie) reste bien actif. Aux premières heures de la matinée le 27 mars 2021, le volcan a émis des panaches de cendres de 200 mètres de hauteur et déclenché plusieurs coulées pyroclastiques qui ont atteint près de 2 km sur ses pentes. Aucune victime n’est à déplorer. Les villageois vivant sur les pentes du Merapi sont priés de rester à 5 kilomètres de son cratère.

La dernière éruption majeure de Merapi en 2010 a tué 347 personnes.

Source : Presse indonésienne.

Coulée pyroclastique sur le Merapi (Source : Presse internationale)

++++++++++

L’OVPF indique que la sismicité et l’inflation du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) continuent. La sismicité montre les fluctuations habituelles observées pendant la phase de réalimentation du réservoir magmatique superficiel. La source à l’origine de l’inflation est localisée à environ 2 km de profondeur sous le cratère Dolomieu. Au moment du regain d’activité volcanique, on a noté également une augmentation des émissions de CO2, notamment sur les flancs du volcan en champ lointain. Cette hausse des émissions de CO2 est le signe d’une remontée profonde de magma qui est à l’origine de la pressurisation du réservoir magmatique superficiel, de la sismicité et de l’inflation qui y sont associées.

L’OVPF rappelle que le processus de recharge du réservoir peut durer plusieurs jours à plusieurs semaines avant qu’apparaisse la possibilité d’une éruption.

Bonne nouvelle : Suite à la baisse de la sismicité sur le volcan, l’Enclos Fouqué a été partiellement rouvert au public.

Inacceptable : Deux stations équipées d’inclinomètres ont été détruites par des actes de malveillance. Les imbéciles comprendront-ils un jour que ce matériel sert à assurer la sécurité de la population?

Dernière minute : Le 31 mars 2021 à 00h09 (heure locale), un séisme de magnitude M 2,3 a été ressenti par des habitants de l’île de la Réunion, sutout dans le secteurde la Plaine des Cafres. L’hypocentre a été localisé à 24 km sous le niveau de la mer, à une distance d’1 km à l’est de la Plaine des Cafres. L’Observatoire explique que ce type d’événements, ressenti par la population, est enregistré plusieurs fois par an.

 Vue de l’inflation sur le Piton de la Fournaise (Source : OVPF)

++++++++++

En Islande, l’éruption dans la Geldingadalur continue. Le double spatter cone qui s’est édifié sur la fissure éruptive reste bien actif. Il s’est éventré et la lave s’écoule librement à raison de 5-7 mètres cubes par seconde en continuant d’agrandir et d’épaissir le champ de lave. Les autorités islandaises mettent en garde les visiteurs du site éruptif sur le danger que représentent les gaz volcaniques, mais aussi la météo très changeante. Ces mêmes autorités demandent aux visiteurs d’être prudents car plusieurs personnes mal préparées ont rencontré des difficultés et ont été transportées à, l’hôpital pour des blessures toutefois sans gravité. Il est aussi demandé aux personnes présentes de respecter la distanciation sociale à cause de la pandémie de Covid-19. A noter la mise en place de restrictions d’accès plus sévères à l’aéroport à compter du 1er avril 2021. La police contrôle maintenant les personnes sur le site éruptif afin de s’assurer qu’elles ne sont pas en infraction avec les mesures de quarantaine imposées à l’aéroport.

Capture d’écran de la nouvelle webcam le 31 mars 2021

++++++++++

Sur l’Etna (Sicile), la série de paroxysme qui avait repris le 16 février 2021 marque une pause. Pas de nouvelle crise éruptive depuis la n°16 du 23 mars. Heureusement, car les très mauvaises conditions météo sur le volcan ces derniers temps n’auraient pas permis d’assister au spectacle. Un 17ème événement peut bien sûr se déclencher à tout moment ! Le 30 mars 2021, l’INGV indiquait que l’activité strombolienne a repris dans le Cratère SE et qu’elle se poursuit dans les autres cratères.

Dernière minute (31 mars 2021) :  L’INGV confirme l’ouverture d’une bouche effusive à la base sud du cratère SE. Elle alimente un champ de lave composé de plusieurs coulées qui se dirigent vers le SSO, S et SSE. Les coulées orientées vers le  SSO et le S semblent mal alimentées et leurs fronts se trouvent entre 2800 à 2900 m d’altitude. La coulée avançant vers le SSE est bien alimentée et son front se trouve à environ 2750 m d’altitude. Il a presque atteint le rebord de la Valle del Bove.

L’activité strombolienne reste continée à l’intérieur du Cratère SE. L’activité éruptive des autres cratères sommitaux reste inchangée

. Le tremor volcanique reste sur des valeurs moyennes.

Source : INGV.

Capture écran webcam / 16ème paroxysme

++++++++++

Le Kilauea (Hawaï) est toujours en éruption dans le cratère de l’Halema’uma’u. La lave sort d’une bouche sur le côté nord-ouest du cratère. Le lac de lave a une profondeur d’environ 224 m et reste immobile sur sa moitié est. Il est toujours impossible de l’apercevoir depuis les postes d’observation ouverts au public. Les émissions de SO2 restent élevées avec 950 t / jour. Source: HVO.

Le HVO enregistre actuellement un nouvel essaim sismique sous le flanc nord-ouest du Mauna Loa avec une magnitude maximale de M 2,6. Cependant, l’Observatoire indique que cela ne signifie pas qu’une éruption est imminente. De tels essaims sont probablement provoqués par des fluctuations dans le réservoir magmatique et/ou par des réajustements à l’intérieur de l’édifice volcanique. Les autres données de surveillance ne montrent pas de changement significatif.

Le Parc National indique que le très populaire Thurston Lava Tube qui est resté fermé plus d’un an en raison de la pandémie de COVID-19 est de nouveau ouvert au public. Pour le moment, le parcours dans le tunnel est à sens unique pour permettre une distanciation sociale. Il est conseillé aux visiteurs de porter des masques lorsqu’ils entrent en contact avec d’autres personnes

Le tunnel est ouvert 24 heures sur 24, mais n’est éclairé que de 8 h à 20 h.

Image thermique du lac de lave (Source : USGS / HVO)

++++++++++

La sismicité reste élevée sur le Taal (Philippines) dont le niveau d’alerte reste à 2. Il est toujours conseillé aux pilotes d’éviter de voler à proximité du volcan. Le PHIVOLCS indique que des explosions phréatiques soudaines, des retombées de cendres, des séismes volcaniques et des gaz volcaniques peuvent menacer la région autour du volcan.

De faibles émissions de vapeur avec un peu de cendre sont observées au niveau du Main Crater (cratère principal). La température de l’eau du lac dans la Main Crater atteint 71,8°C. Une inflation très lente et régulière estobservée dans la région de Taal depuis l’éruption de janvier 2020.

Source: PHIVOLCS.

Source : presse philippine

+++++++++

L’éruption du Pacaya (Guatemala) se poursuit avec des panaches de cendres atteignant 3 km d’altitude et des retombées sur plusieurs localités au sud du volcan.

L’activité effusive continue d’alimenter la coulée de lave sur le flanc ouest ; elle présentait une longueur de 2 850 m le 30 mars 2021. Le 29 mars, la lave atteignait les plantations de café et avait enseveli une maison abandonnée près du village d’El Patrocinio.

L’INSIVUMEH indique que de nouvelles coulées de lave pourraient apparaître sur d’autres flancs du volcan. La lave se déplace à une vitesse de 50 à 60 m par jour. Le 30 mars, le village d’El Patrocinio se trouvait à seulement 1,5 km du front de lave actif.

Source: INSIVUMEH, CONRED.

°°°°°°°°°°

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :  :

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

—————————————-

Here is some news of volcanic activity around the world :

In a bulletin released by the University of the West Indies (UWI) on Mach 27th, 2021 one can read that the period of elevated volcano-tectonic (VT) earthquakes which began on March 23rd, 2021 at St Vincent’s La Soufriere stopped on March 26th. Since then, the only seismic activity is characterized by small low-frequency events associated with the growth of the dome.

The new dome continues to grow towards both the leeward and windward sides of the volcano with the most active gas emissions being at the top of the dome, as well as the contact areas between the pre-existing 1979 and the new dome.

A drone survey of the dome conducted on March 19th indicates that a volume of about 6,291,084 cubic metres of new material has been added to the dome since the last survey on February 12th.

The alert level remains at Orange. No evacuation order or notice has been issued.

++++++++++

Mt Merapi (Indonesia) is still quite active. In the early hours of March 27th, 2021, the volcano released 200-metre-high ash plumes and triggered several pyroclastic flows that reached nearly 2 km on its slopes. No casualties were reported.

Villagers living on Merapi’s slopes are asked to stay 5 kilometres from its crater.

Merapi’s last major eruption in 2010 killed 347 people.

Source : Indonesian newspapers.

++++++++++

OVPF indicates that the seismicity and inflation at Piton de la Fournaise (Reunion Island) continue. Seismicity shows the usual fluctuations observed during the recharge phase of the shallow magma reservoir. The source of the inflation is located about 2 km deep beneath the Dolomieu Crater. At the time of the resurgence of volcanic activity, an increase in CO2 emissions was also noted, especially on the flanks of the volcano in the far field. This increase in CO2 emissions is a sign of a deep magma ascent which is at the origin of the pressurization of the shallow magma reservoir, the seismicity and inflation associated with it.

OVPF explains that the recharging process of the reservoir can take several days to several weeks before an eruption occurs.

Good news: Following the decrease in seismicity on the volcano, the Enclos Fouqué has been partially reopened to the public.

Unacceptable: Two stations equipped with inclinometers were destroyed by malicious acts. Will these stupid persons understand one day that these instruments are used to ensure the safety of the population?

Last minute : On March 31st, 2021 at 12:09 am (local time), an M 2.3 earthquake was felt by some residents of Reunion Island, mostly in the Plaine des Cafres area. The hypocentre was located 24 km below sea level, at a distance of 1 km east of the Plaine des Cafres. The Observatory explains that this type of event, felt by the population, is recorded several times a year.

++++++++++

In Iceland, the eruption in Geldingadalur continues. The double spatter cone that was built on the eruptive fissure remains very active. Its flanks broke open so that lava can now flow freely at a rate of 5 -7 cubic metres per second.. It enlarges and thickens the lava flield. Icelandic authorities are warning visitors of the danger posed by volcanic gases, but also the changeable weather conditions. These same authorities ask visitors to be cautious as several ill-prepared people encountered difficulties and were transported to hospital with minor injuries. Those present are also asked to respect social distancing because of the Covid-19 pandemic. Starting on April 1st, 2021, stricter measures of access will be enforced at Keflavik airport. The police is also controlling the visitors on the eruption site to make sure they are not breaking the quarantine regulations.

++++++++++

On Mt Etna (Sicily), the series of paroxysms that resumed on February 16th, 2021 is making a pause after the 16th event of the series on March 23rd. Poor weather conditions would not have allowed to watch another event. A 17th eruptive crisis could accur any time from now! On March 30th, 2021, INGV indicated that strombolian activity has started again in the SE Crater and is going on in the other craters.

Last minute (March 31st, 2021): INGV confirms the opening of an effusive vent at the south base of the SE Crater. It feeds a lava field made up of several flows that head SSW, S and SSE. The SSW and S-trending flows appear to be poorly fed and their fronts are between 2800 and 2900 m above sea level. The flow moving SSE is well fed and its front is at an altitude of about 2750 m. It has almost reached the edge of the Valle del Bove.

Strombolian activity remains continuous inside the SE Crater.

The eruptive activity of the other summit craters remains unchanged. The volcanic tremor remains on medium values.

Source: INGV.

++++++++++

Kilauea (Hawaii) is still erupting in Halema’uma’u Crater with lava emitted by a vent on the northwest side of the crater. The lava lake is about 224 m deep and remains stagnant over its eastern half. It still cannot be seen from the public observation posts. SO2 emission rates remain elevated at 950 t/day.

Source: HVO.

HVO is currently recording another seismic swarm beneath the NW flank of Mauna Loa with a maximum magnitude of M 2.6. However, the Observatory indicates this does not mean an eruption is imminent. Such swarms are probably caused by changes in the magma storage system and/or by normal re-adjustments within the volcanic edifice. Other monitoring data show no significant changes in activity.

Hawaii Volcanoes National Park indicates that it has reopened the popular Thurston lava tube which had been closed more than year due to the COVID-19 pandemic. For the moment, the trail through the tube is one-way only to allow social distancing. Visitors are advised to wear masks when coming into close contact with other persons

The tube is open 24 hours a day, but is only illuminated from 8 a.m. to 8 p.m.

+++++++++

Seismicity remains high at Taal Volcano (Philippines) whose alert level remains at 2. Pilots are still advised not to fly close to the volcano. PHIVOLCS indicates that sudden phreatic explosions, minor ashfall, volcanic earthquakes, and volcanic gases may threaten the region around the volcano. .

Weak emission of steam plumes are observed at the Main Crater. Water temperature of the Main Crater Lake reaches 71.8 °C.

Very slow and steady inflation and expansion has been observed in the Taal region since after the January 2020 eruption.

Source: PHIVOLCS.

++++++++++

The eruption of Pacaya (Guatemala) continues with ash columns reaching 3 km above sea level and ashfall on several communities to the south of the volcano.

Effusive activity continues to feed the lava flow on the west flank, with a length of 2 850 m on March 30th, 2021. On March 29th, the lava flow reached coffee plantations and swallowed up an abandoned house near the village of El Patrocinio. INSIVUMEH says more lava flows coulsd appear on other flanks. Lava travels at a speed of 50-60 m per day.

On March 30th, the village of El Patrocinio was located only  1.5 km from the active lava front.

Source : INSIVUMEH, CONRED.

 

°°°°°°°°°°

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Islande : Hécatombe de drones sur le site de l’éruption // Many losses of drones on the eruption site

En tant qu’aéromodéliste et propriétaire de plusieurs drones, mon attention a été attirée par un article publié sur le site web Iceland Review à propos de la perte de drones sur le site de l’éruption islandaise.

Depuis le début de l’éruption dans la Geldingadalur, de nombreux drones ont fini leur course sur le champ de lave qui a signé leur arrêt de mort. L’une des victimes d’une telle mésaventure pense que le responsable est avant tout le champ magnétique qui présente des irrégularités. Un ingénieur pense que la chaleur du champ de lave contribue elle aussi à la perte des drones.

En ce qui concerne le champ magnétique, on peut lire que la boussole du drone est perturbée, ce qui fait que le drone perd sa connexion GPS. Le drone passe alors en mode ATTI [abréviation de Attitude] ; le contrôleur de vol cesse de venir en aide au pilote et le drone commence à s’éloigner.

En outre, la chaleur de l’éruption est susceptible de faire fondre le capot en plastique qui recouvre le moteur et l’électronique du drone. Au final, ce dernier se retrouve dans les coulées de lave.

Pour éviter cette mésaventure, il est conseillé de faire voler les drones contre le vent, au cas où la connexion radio serait coupée. An procédant ainsi, le drone revient vers vous, au lieu de s’éloigner.

J’ajouterai personnellement qu’un autre problème avec les drones lors d’une éruption réside dans les turbulences causées par le mélange de gaz, de chaleur et de vent. Tous ces éléments donnent naissance à une sorte de microclimat qui rend difficile le contrôle d’un drone.

Enfin, les propriétaires de drones ne doivent pas trop se fier à la vitesse du vent à laquelle l’avion est censé résister. La vitesse de vent indiquée dans les notices d’utilisation est souvent exagérée.

—————————————-

As a model aircraft user and the owner of several drones, I was interested in an article released on the Iceland Review website about the loss of drones on the Icelandic eruption site.

Since the start of the eruption in Geldingadalur, many drones have been devoured by the lava flows. One of the victims says he suspects that the irregular magnetic field is to blame. An engineer thinks the heat of the lava field is also responsible for the loss of drones. :

As far as the magnetic field is concerned, one can read that the drone’s compass gets confused, causing the drone to lose its GPS connection. This makes the drone switch to a so-called ATTI [short for Attitude] Mode, meaning that the flight controller stops assisting the pilot and the drone starts drifting away.

Besides, the heat from the eruption causes the plastic enclosure, to which the drone’s motor and electronics are attached, to melt. As a result, drones end up in the lava stream. To avoid the disaster, it is advisable to fly the drones against the wind, in case the connection with them is cut. Then the drone will drift back to you, instead of away from you.

I will add that another problem with the drones during an eruption lies with the turbulences caused by the mixture of gases, heat and wind. All these elements give birth to a kind of microclimate that makes it difficult to control a drone.

At last, the owners of drones should not trust too much the official wind speed the aircraft is supposed to resist. The wind speed indicated in the instruction manual is often exaggerated.

Photo : C. Grandpey

Islande : La vallée des béliers castrés…. // Iceland : The valley of the wethers….

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une vidéo que je trouve très intéressante. Matthew Roby, doctorant à l’Université d’Islande à Reykjavik parle des volcans – ou plutôt de leur absence – dans les sagas islandaises.

https://youtu.be/kZxShsGf99I

Matthew raconte son histoire dans la Geldingadalur, là où se déroule l’éruption avec son spatter cone et ses coulées de lave. L’universitaire commence par expliquer l’origine de ce nom. De nombreux toponymes islandais se terminent par « dalur » qui signifie « vallée ». « Geldinga » désigne des béliers castrés. [A noter qu’en anglais «gelding» désigne également un hongre, autrement dit un cheval castré. En français, le mot mouton vient du terme celte multo qui désignait les béliers castrés, mais aujourd’hui le mot désigne indifféremment les ovins mâles et femelles]. Geldingadalur  est donc la vallée des béliers castrés. On trouve également dans la presse en ce moment le mot Geldongadalsgos qui signifie « Eruption dans la vallée des béliers castrés. »

La littérature médiévale islandaise ne fait pas vraiment référence aux splendides paysages, aux formations géologiques, ni même aux éruptions volcaniques. Aucune mention n’est faite des aurores boréales, ni des geysers comme celui de Geysir qui a donné son nom à ce phénomène géologique. De plus, les légendes et sagas ne font pas allusion à la longueur du jour ou de la nuit.

Les historiens expliquent cela par le fait que les paysages, les phénomènes géologiques et les éruptions faisaient partie de l’environnement quotidien des personnes qui vivaient à cette époque et ils n’éprouvaient pas le besoin d’en parler. Cela rejoint l’explication que m’a donnée un jour le généticien Axel Kahn qui se trouvait à côté de moi lors d’une séance de dédicaces d’ouvrages pendant un festival. Quand je lui ai demandé pourquoi les volcans n’apparaissaient jamais dans les grottes préhistoriques – pas plus que les paysages d’ailleurs –  il m’a expliqué que, selon lui, c’était parce que les volcans faisaient partie de la vie de tous les jours. Ce qui importait pour ces hommes et ses femmes, c’était la nourriture, d’où l’importance accordée aux animaux et la présence de nombreux bestiaires sur les parois des grottes.

Selon Matthew Roby, si les sagas et légendes médiévales ne mentionnent pas l’environnement, c’est aussi parce qu’elles se concentrent sur des histoires humaines, sur des relations et parfois des rivalités entre des personnes ou des communautés.

Malgré tout, deux sagas écrites aux 12ème et 13ème siècles parlent d’éruptions volcaniques ayant eu lieu sur la Péninsule de Reykjanes entre 1210 et 1240 car elles ont affecté la vie de la population. Ce sont ces légendes et leurs descriptions qui ont permis aux scientifiques de comprendre ce qui s’était passé sur la péninsule en ces temps lointains.

La première saga a pour cadre l’année 1226. On peut y lire que « le feu est entré en éruption au large de la côte de Reykjanes » avec des conséquences sur les pâturages. Une ferme a ainsi perdu une centaine de têtes de bétail.

L’autre saga se déroule en 1231 et sous-entend que les retombées de cendres volcaniques ont empêché l’herbe de pousser, ce qui a forcément eu des conséquences sur le bétail et, par voie de conséquence, sur l’alimentation de la population.

Certaines sagas écrites après la christianisation de l’Islande mentionnent elles aussi les volcans. Ce moment de l’histoire islandaise a été la cause de rivalités intenses entre Chrétiens et Païens dans la région de Thingvellir où avait été mis en place en 930 l’Althing, le premier parlement monocaméral islandais. Alors que cette situation conflictuelle était à son apogée, un messager venant du sud a déclaré qu’une éruption venait de se déclencher à une quarantaine de kilomètres de Thingvellir. Les Païens ont interprété cet événement comme la preuve de la colère des dieux à l’encontre des Chrétiens.

Une autre référence à la géologie apparaît lorsque l’un des missionnaires chrétiens parti convertir les Païens au christianisme tombe et périt dans une fracture qui s’ouvre sous les sabots de son cheval dans la région de Vik, au sud de l’Islande.

La dernière saga évoquée par l’universitaire se déroule au 14ème siècle. Deux hommes des West Fjords – un fermier et son domestique – se rendent un jour à l’église. En chemin, ils sont surpris par un orage et se réfugient dans une grotte. Bientôt, au fond de la grotte apparaissent deux yeux, comme ceux d’un monstre. Les hommes ne voient rien mais entendent une voix qui leur parle, sous la forme d’un poème, de ce qui semble correspondre à une éruption volcanique. Toutefois, toutes les traductions de ce poème ne sont pas d’accord quant à l’allusion à une éruption volcanique. Pourtant, la présence de feu, de braises et de cendres semble bien désigner la fureur d’un volcan.

Pendant ce temps, l’éruption continue dans la Geldingadalur. Etant du signe du Bélier, j’hésiterais avant de m’y engager…

Source: The Reykjavik Grapevine.

————————————

By clicking on the link below you will watch a video which I find very interesting. Matthew Roby, a doctoral student at the University of Iceland in Reykjavik, talks about volcanoes – or rather their absence – in the Icelandic sagas.

https://youtu.be/kZxShsGf99I

 Matthew tells his story in Geldingadalur, where the eruption is taking place with its spatter cone and lava flows. The scholar begins by explaining the origin of this name. Many Icelandic toponyms end with « dalur » which means « valley ». « Geldinga » designates castrated rams or wethers. (Note that in English « gelding » also means a castrated horse). Geldingadalur is therefore the valley of the wethers. One also finds in the press at the moment the word Geldongadalsgos which means “Eruption in the valley of the wethers.”

Medieval Icelandic literature doesn’t really refer to the splendid landscapes, geological formations, or even volcanic eruptions. No mention is made of the Northern Lights, nor of geysers like the one in Geysir which gave its name to this geological phenomenon. In addition, legends and sagas do not allude to the length of day or night.

Historians explain this by the fact that landscapes, geological features and eruptions were part of the everyday environment of the people who lived by that time and they did not feel the need to talk about them. This ties in with the explanation given to me one day by geneticist Axel Kahn who was sitting next to me during a book signing session during a festival. When I asked him why volcanoes never appeared in prehistoric caves – nor landscapes for that matter – he explained to me that it was because volcanoes were part of everyone’s life. What mattered to these men and women was food, hence the importance given to animals and the presence of numerous bestiaries on the walls of the caves.

According to Matthew Roby, if medieval sagas and legends do not mention the environment, it is also because they focused on human stories, on relationships and sometimes rivalries between people or communities. Nevertheless, two sagas written in the 12th and 13th centuries refer to volcanic eruptions that took place on the Reykjanes Peninsula between 1210 and 1240 because they affected the lives of the population. It was these legends and their descriptions that helped scientists understand what happened on the peninsula in those distant times.

The first saga is set in the year 1226. One can read that « the fire has erupted off the coast of Reykjanes » with consequences on the pastures. A farm thus lost a hundred head of cattle.

The other saga took place in 1231 and suggests that ashfall prevented the grass from growing, which inevitably had consequences on the livestock and, consequently, on the food for the population.

Some sagas written after the Christianization of Iceland also mention volcanoes. This moment in Icelandic history was the cause of intense rivalry between Christians and Pagans in the Thingvellir region, where the Althing, Iceland’s first unicameral parliament, was established in 930. As this conflicting situation was at its height, a messenger from the south said an eruption had just started about 40 kilometers from Thingvellir. The Pagans interpreted this event as proof of the anger of the gods against Christians.

Another reference to geology comes when one of the Christian missionaries who went to convert Pagans to Christianity fell and perished in a fracture that opened under his horse’s hooves in the Vik region of southern Iceland.

The last saga mentioned by the scholar took place in the 14th century. Two men from the West Fjords – a farmer and his servant – went to church one day. On the way, they were surprised by a thunderstorm and tok refuge in a cave. Soon, deep in the cave, two eyes appear, like those of a monster. The men could see nothing but heard a voice speaking to them, in the form of a poem, of what appeared to be a volcanic eruption. However, not all translations of this poem agree with the allusion to a volcanic eruption. Yet the presence of fire, embers and ash seems to indicate the fury of a volcano.

Meanwhile, the eruption continues in the Valley of the Wethers….

Source: The Reykjavik Grapevine.

Un nouveau Mauna Loa bientôt en Islande? // A new Mauna Loa soon in Iceland?

Voici une nouvelle prévision des volcanologues islandais ! Après avoir dit que la sismicité dans la Péninsule de Reykjanes pourrait – ou ne pourrait pas – déboucher sur une éruption; après avoir affirmé que l’éruption actuelle serait courte – puis qu’elle durerait longtemps – l’un d’eux prévoit maintenant que la lave très fluide qui s’écoule lentement dans la Geldingadalur pourrait finir par former un volcan bouclier semblable au Mauna Loa à Hawaii !

Cela fait seulement neuf jours que l’éruption a commencé avec un débit estimé entre 5 et 7 mètres cubes par seconde. Un professeur de volcanologie à l’Université d’Islande compare l’éruption actuelle à celle du Pu’u’O’o à Hawaii, qui a commencé en 1983 et a duré 35 ans. [A noter que les éruptions du Kilauea à Hawaii présentent des débits éruptifs qui n’ont rien à voir avec le petit débit de l’éruption actuelle en Islande]. Selon le professeur, «l’éruption peut se terminer demain ou elle peut encore durer quelques décennies.» (On appréciera la finesse de la prévision !) Il ajoute : « Si l’éruption continue, le volcan pourrait finir par devenir un volcan bouclier. » Il est bon de rappeler que les volcans boucliers sont des volcans à pente douce, souvent de très grandes dimensions, qui se forment sur de très longues périodes. Dire que l’éruption actuelle pourrait devenir un volcan bouclier après seulement quelques jours d’activité ne rime à rien ! Comme me disait ma mère quand j’étais môme, «quand on n’a rien à dire, on se tait!»

Pour le moment, une seule prévision reste valable: l’éruption a déjà attiré de nombreux visiteurs (environ 10 000 en un week-end) et il en attirera des milliers d’autres si elle continue.

Source: Iceland Review.

A titre de comparaison, l’éruption du Mauna Loa en 1950 a duré 23 jours et a émis 376 millions de mètres cubes de lave.

On a estimé que le volume de lave émis pendant les 22 jours d’éruption du Mauna Loa en 1984 a atteint 220 millions de mètres cubes.

En 2018 le débit de lave au niveau de la seule Fissure 8 pendant l’éruption du Kilauea a été estimé entre 50 et 150 mètres cubes par seconde selon les jours. Rien à voir, donc, avec le débit de l’éruption actuelle en Islande.

—————————————–

Here is a new prediction by Icelandic volcanologists. After saying the seismicity in the Reykjanes Peninsula might – or might not – lead to an eruption; after affirming the current eruption would be a short one – and then a long one – they now predict that the slow-flowing, highly fluid lava emitted in Geldingadalur could potentially form a shield volcano, like Hawaii’s Mauna Loa.

The eruption has now been ongoing for nine days with a steady rate of flow between 5-7 cubic metres per second. A volcanology professor at the University of Iceland compared the current eruption to that of Pu’u ‘O’o in Hawaii, which began in 1983 and lasted 35 years. “It could end tomorrow or it could still be going in a few decades.” (This is a highly reliable prediction!) The professor added: “If the volcano continues to erupt it could end up being categorised as a shield volcano.”

We are reminded that shield volcanoes are gently-sloping, often large volcanoes, usually formed over long periods of time. Saying the current eruption might become a shield volcano after only a few days’ activity is sheer nonsense! Like my mother used to tell me when I was a baby, “if you have nothing to say, you shut your mouth!”

For the moment, one prediction is clear: the eruption is very popular; it has already attracted many visitors (about 10,000 in one week-end) and it will draw thousands more if it goes on.

Source: Iceland Review.

As a comparison, the Mauna Loa 1950 eruption lasted for 23 days and erupted 376 million cubic metres of lava,

The volume of lava emitted during the 22-day eruption of Mauna Loa in 1984 was estimated at 220 million cubic metres.

In 2018, the lava output at Fissure 8 alone during the Kilauea eruption was estimated between 50 and 150 cubic metres per second depending on the day. Th current Icelandic eruption cannot rival with these figures.

Geldingadalur : Une éruption à faible débit

Manque d’étude et de surveillance des glaciers de l’Himalaya // Lack of study and monitoring of Himalayan glaciers

La récente catastrophe de l’Uttarakhand (Inde) avec des centaines de victimes a mis en lumière le manque d’étude et de surveillance des glaciers de l’Himalaya.

L’Himalaya possède le plus grand nombre de glaciers sur Terre en dehors des pôles et ils ont perdu des milliards de tonnes de glace en raison de l’accélération de leur fonte sous les coups de boutoir du réchauffement climatique. Le problème est qu’il n’y a pas de véritable approche en terme de dangers. Les autorités réagissent lorsque des accidents comme celui de l’Uttarakhand se produisent, mais la plupart des glaciers présentant des risques ne sont pas surveillés.

Les glaciologues expliquent que lorsque les glaciers reculent ou s’amincissent, certains peuvent devenir dangereux. Par exemple, des pans de glace peuvent rester accrochés aux parois abruptes des montagnes et s’effondrer à tout moment.

Il est également possible que des glaciers en train de reculer ou de s’amincir déstabilisent le sol au-dessous et autour d’eux alors qu’auparavant ils le retenaient. Une telle situation peut générer des glissements de terrain, des chutes de blocs ou  de glace et même l’effondrement de pans entiers de montagnes.

Les scientifiques avertissent que de tels événements peuvent également bloquer les rivières en aval, avec des déferlements ultérieurs d’eau et de matériaux qui emportent tout sur leur passage. C’est ce qui semble s’être produit dans l’Uttarakhand.

La géographie complexe et difficile d’accès de l’Himalaya rend la surveillance des glaciers extrêmement difficile. Il y a plus de 50 000 glaciers dans l’Himalaya et dans la région de l’Hindu Kush et seuls 30 d’entre eux sont surveillés ou ont été l’objet d’études sur le terrain. Seules une quinzaine de ces études ont été publiées.

Les scientifiques expliquent que l’Himalaya est la plus jeune chaîne de montagnes du monde. Elle continue donc de croître et les séismes déstabilisent souvent les pentes des massifs. De plus, les modifications des chutes de neige et des précipitations à la suite du changement climatique rendent les montagnes plus vulnérables.

Les changements intervenus sur les glaciers à cause du réchauffement climatique aggravent la situation. Un glacier de la montagne Aru au Tibet s’est soudainement effondré en 2016 en provoquant une impressionnante avalanche de glace qui a tué neuf personnes et des centaines de têtes de bétail.

Une étude récente à propos de certaines hautes montagnes d’Asie a lié l’augmentation du nombre et de la fréquence des glissements de terrain majeurs entre 1999 et 2018 au recul des glaciers. Les auteurs de l’étude ont identifié 127 glissements de terrain de ce type entre 2009 et 2018. Les résultats de l’étude montrent une tendance à la hausse des glissements de terrain majeurs au cours de la dernière décennie. Une diminution de la superficie des glaciers correspond à l’augmentation de la superficie des glissements de terrain.

Auparavant, les roches sur les pentes des montagnes étaient maintenues en place par des glaciers. Aujourd’hui, comme il n’y a plus de glaciers, ces roches sont suspendues et représentent un danger potentiel. On peut lire dans un rapport spécial du GIEC en 2018 : « Le recul des glaciers et le dégel du pergélisol ont diminué la stabilité des pentes des montagnes et l’intégrité des infrastructures. »

La plupart des quelques études réalisées à ce jour sur les glaciers himalayens se concentrent sur l’accélération de leur fonte et sur la question de savoir si l’eau de fonte remplira les lacs glaciaires, avec des risques de crues meurtrières. Certaines des études se sont également attardées sur l’avenir des rivières alimentées par les glaciers dans la région si le recul glaciaire s’accélérait avec la hausse de la température. On reproche à ces études de s’être trop attardées sur les lacs glaciaires alors que d’autres dangers tels que les avalanches et les chutes de séracs liées à la fonte rapide des glaciers ont été laissés pour compte. Cependant, les statistiques montrent que ce sont les inondations liées à la rupture des lacs glaciaires qui ont historiquement causé plus de problèmes dans la région. Ces inondations sont une menace pour la population des vallées car elles se déclenchent sans prévenir.

Certains scientifiques affirment que les tensions entre l’Inde et ses voisins comme la Chine et le Pakistan, qui ont des frontières communes sur l’Himalaya, sont également un obstacle majeur à l’étude des glaciers de la région.

Source: La BBC.

—————————————

The recent Uttarakhand disaster in India with hundreds of victims has shed light on the lack of study and monitoring of glaciers in the Himalayas.

The Himalayas have the largest number of glaciers on Earth outside the poles and they have lost billions of tonnes of ice due to accelerated melting caused by global warming. The problem is that there is no comprehensive understanding of what actually is happening in terms of hazards. The authorities are reactive when incidents like the one in Uttarakhand happen, but most glaciers with such hazard are not monitored.

Experts say when glaciers retreat or thin out, some of them can become dangerous. For instance, in some cases, remaining ice of retreated glaciers can hang perilously on steep walls of mountains and can collapse at any time.

It is also possible that thinned or retreated glaciers can destabilise the ground below and around them which they would have otherwise buttressed. This can make the area prone to landslides, rockfall or icefall and even potentially lead to the collapse of entire mountain slopes.

Scientists say such events can also block rivers below that eventually burst, sweeping away everything in their path. This is what seems to have happened in Uttarakhand.

The difficult geography of the Himalayas makes glacier monitoring extremely challenging. There are more than 50,000 glaciers in the Himalayas and the Hindu Kush region and only 30 of them are being closely observed, including field studies. Only around 15 of those studies have been published.

Scientists say that because the Himalayas are the youngest mountain ranges in the world, they are still growing and earthquakes often destabilise their slopes.

Changing snowfall and rainfall patterns in the wake of climate change make the mountains more vulnerable. The warming-related changes in the glaciers make things worse. A glacier in Tibet’s Aru mountain suddenly collapsed in 2016 causing massive ice avalanche that killed nine people and hundreds of livestock.

A recent study of some high mountains of Asia linked the number of larger landslides and their increased frequency between 1999 and 2018 to the retreat of glaciers. The authors of the study identified 127 such landslides between 2009 and 2018. The results of the study show an increasing trend of large landslides over the last decade.

A decline in glacier area is associated with the increase in landslide area. Before, the rocks on the mountain slopes were glued by glaciers. Now, if there are no glaciers, those rocks are hanging and that is a potential danger. A special report by the IPCC in 2018 said: « Glacier retreat and permafrost thaw have decreased the stability of mountain slopes and integrity of infrastructure. »

Of the limited studies on Himalayan glaciers to date, most are focused on their accelerated melting and whether that will dangerously fill up glacial lakes, causing them to burst. Some of the studies have also looked into what could happen to glacier-fed rivers in the region if glacial retreat accelerated with rising temperature.

Critics say glacial lakes have received all the attention while other hazards like avalanches and icefalls associated with fast-melting glaciers have been ignored. However, statistics show that glacial-lake related floods have historically caused more problems in the region. As these floods can affect people without warning far from the glacier themselves, it makes this particular hazard very dangerous.

Some experts say tension between India and its neighbours like China and Pakistan, that share borders in the Himalayas, has also been a major obstacle to studying glaciers in the region..

Source : The BBC.

Glaciers de l’Himalaya vus depuis l’espace (Source : NASA)

Hawaii : l’océan et le volcan // The ocean and the volcano

Des phénomènes de houle sont observés en permanence sur tous les océans du globe. En effectuant des ondulations accompagnées de mouvements ascendants et descendants, les houles agissent sur le plancher océanique et délivrent un signal constant. Ces microséismes océaniques traversent la terre et apparaissent en surface sur les sismomètres. Le HVO a mis en place un certain nombre de sismomètres sur le Kilauea pour contrôler les processus volcaniques et les mouvements de failles actives. Lorsque le magma ne se déplace pas à l’intérieur du Kilauea et lorsque le volcan n’est pas en éruption, les microséismes océaniques apparaissent sur les sismomètres où ils laissent un signal répétitif constant.

Les signaux microsismiques présentent de grandes variations au cours des périodes où le Kilauea  traverse des épisodes d’inflation et déflation en raison du déplacement du magma sous la surface. Des variations similaires se produisent lorsque le volcan est en éruption, comme c’est le cas actuellement. Les scientifiques mesurent les différences entre les microséismes observés pendant les périodes d’activité volcanique et ceux enregistrés pendant les périodes de calme. Le but est d’identifier quand, où et pendant combien de temps le magma a migré et est resté stocké sous le Kilauea.

Les scientifiques du HVO ont récemment utilisé cette technique pour essayer de comprendre les événements qui ont conduit à l’effondrement du sommet du volcan et à l’éruption dans la Lower East Rift Zone en 2018. Les données microsismiques associées à des schémas sismiques et de déformation plus traditionnels donnent des indications sur l’augmentation de la pression dans la partie superficielle du réservoir magmatique au sommet du Kilauea. Le sommet et l’East Rift Zone ont immédiatement commencé réagir et à montrer une inflation, signe que le magma se déplaçait dans ces parties du volcan.

Les variations microsismiques ont également révélé qu’un séisme d’une magnitude de M 5,3 un an auparavant avait considérablement affaibli la croûte à la surface du volcan sous le  Pu’uO’o. Les scientifiques du HVO ont émis l’hypothèse que la hausse de pression au sommet du Kilauea s’ajoutant à l’affaiblissement de la croûte peu profonde sous le Pu’uO’o avait créé des conditions favorables au déplacement du magma le long de la zone de rift et le déclenchement de l’éruption en 2018.

Les scientifiques du HVO ont récemment installé huit sismomètres temporaires supplémentaires autour du cratère de l’Halema’uma’u au sommet du Kilauea, pour suivre les mouvements du magma sous le nouveau lac de lave. Ces sismomètres temporaires, en même temps que le réseau sismique permanent, permettent un échantillonnage spatial plus large des microséismes océaniques qui traversent le réservoir magmatique du Kilauea. Cela permet une étude plus précise de l’endroit où des changements physiques se produisent sous le cratère.

Le fait que l’éruption actuelle soit confinée à l’intérieur du cratère de l’Halema’uma’u au sommet du Kilauea est idéal pour étudier les mécanismes physiques associés à cette éruption. En analysant ces données, les scientifiques du HVO espèrent répondre à plusieurs questions: 1) Où se situent la source magmatique et les conduits empruntés par ce même magma pendant cette éruption ? 2) Cette technique peut-elle aider à comprendre les petites variations de l’activité volcanique observées à certains moments au cours de cette éruption ? 3) Cette technique peut-elle fournir des indices sur la fin de l’éruption ? 4) Dans quelle mesure peut-on appliquer les leçons de cette étude à la compréhension et à la prévision des futures éruptions du Kilauea?

Source: USGS / HVO

—————————————————

Ocean swells occur continuously around the world. As these swells rise and fall, they couple with the ocean floor below them creating a constant signal. These oceanic microseisms, travel through the solid earth and are observed at the surface using  seismometers.

HVO has a number of seismometers in place across Kilauea Volcano for monitoring volcanic processes and active fault movements. When magma is not moving within or erupting from Kilauea, the oceanic microseisms appear on seismometers as a repeating and unchanged signal.

The microseismic signals display large variations during periods when Kilauea is inflating or deflating due to magma moving beneath its surface. Similar variations occur when the volcano is actively erupting, such as now. Scientists measure differences in these observed microseisms during periods of volcanic activity relative to times of quiet, in an effort to identify when, where, and for how long magma is migrating and being stored within Kilauea.

HVO scientists recently applied this technique to better understand the events leading up to the 2018 Lower East Rift Zone eruption and summit collapse. Microseism data combined with more traditional seismic and deformation patterns document the increase of pressure within the shallow region of the magma storage reservoir at Kilauea’s summit. Both the summit and the East Rift Zone immediately began expanding rapidly, suggesting that magma was moving into these regions.

Variations in microseisms also revealed that an M 5.3 earthquake a year earlier had significantly weakened the volcanic crust directly beneath Pu’uO’o. HVO scientists hypothesized that the combination of increased pressure at Kilauea’s summit and the weakening of the shallow crust beneath Pu’uO’o, created conditions favourable for magma to move downrift and erupt in 2018.

HVO scientists recently deployed eight additional temporary seismometers around Halema’uma’u Crater, at the summit of Kilauea, to track magma movements beneath the new lava lake. These temporary seismometers, along with HVO’s permanent seismic network, allow for a larger spatial sampling of the oceanic microseisms travelling through Kilauea’s magma reservoir. This, in turn, means a denser sampling of where physical changes are occurring beneath the crater.

Confinement of the ongoing eruption within Halema’uma’u Crater at Kilauea’s summit is ideal for surveying the physical mechanisms associated with this eruption. With analysis of these data, scientists at HVO hope to answer several questions: 1) where is the magma source and pathways for this eruption?; 2) can this technique help us understand small increases and decreases in volcanic activity observed at times during this eruption?; 3) can this technique provide clues for when the eruption will end?; and 4) how can we apply what we have learned in this study to assist in better understanding and forecasting volcanic activity associated with future eruptions at Kīlauea?

Source : USGS / HVO

Crédit photo : USGS / HVO