Le réchauffement climatique à l’origine de la catastrophe glaciaire en Inde // Climate change caused the glacial disaster in India

Le bilan de la catastrophe qui vient de se produire dans l’état d’Uttarakhanda est terrible, avec 19 morts recensés à ce jour et plus de 200 disparus. La cause de ce désastre a été immédiatement montrée du doigt : le réchauffement climatique qui fait fondre et s’effondrer les glaciers dans la chaîne de l’Himalaya.

Dans une note publiée le  27 juin 2019, j’avais, une nouvelle fois, attiré l’attention sur l’inquiétante situation glaciaire dans cette région de l’Inde. A l’époque un rapport venait d’être publié dans la revue Science Advances. Il indiquait qu’en quarante ans, la chaîne de l’Himalaya avait perdu un quart de sa glace qui avait fondu deux fois plus vite que sur la période 1975-2000. Les auteurs du rapport adressaient une sérieuse mise en garde. Ils précisaient que ce phénomène alarmant lié au réchauffement climatique allait s’aggraver et avoir un impact direct et dangereux sur les populations vivant à proximité de la chaîne himalayenne.
En 40 ans, les températures dans l’Himalaya ont augmenté d’un degré Celsius par rapport à celles enregistrées entre 1975 et 2000. L’équipe de chercheurs qui a rédigé le rapport a analysé quarante années d’observations satellites de l’Inde, de la Chine et du Bouthan. Les scientifiques ont ensuite pu comparer les données de la première période avec les données plus récentes récoltées via les satellites de la NASA.
Cette fonte accélérée des glaciers himalayens n’est pas sans conséquences sur les populations locales, réparties de part et d’autre des 2000 kilomètres de la chaîne de montagnes. Quelque 800 millions de personnes dépendent directement des eaux de ruissellement pour l’irrigation, l’hydroélectricité ou l’eau potable. On se retrouve exactement dans la même situation qu’au Pérou où la population dépend directement de l’eau des glaciers.
Comme je le fais remarquer pendant ma conférence « Glaciers en péril », lorsque la glace fond, elle forme de grands lacs glaciaires retenus souvent par des moraines fragiles qui menacent de se rompre en provoquant d’énormes inondations.  C’est ce qui vient de se passer en Inde. Les journaux indiens expliquent l’effet domino – ou en cascade – suivi par les événements. 1) Un énorme volume de glace s’est détaché d’un glacier du massif de Nanda Devi et 2) a fini sa course dans un lac de fonte qui s’était formé à sa base, en raison du réchauffement climatique. 3) La moraine qui retenait ce lac s’est éventrée sous la pression de l’eau et 4) une déferlante s’est abattue dans le lit de la rivière Rishi Ganga.

Les spécialistes ont mis en garde à plusieurs reprises contre la construction de barrages, de tunnels et de routes mal planifiées dans le haut Himalaya. Un comité nommé par la Cour suprême indienne après la catastrophe de 2013 a recommandé qu’aucun barrage ne soit construit au-dessus d’une altitude de 2 000 mètres. En fondant et reculant, les glaciers laissent derrière eux un mélange instable de terre et de roches pouvant représenter un danger pour les barrages et les tunnels. Le comité a spécifiquement déconseillé la construction de six barrages sur la Rishi Ganga. Le deuxième et plus grand barrage noyé par la dernière crue glaciaire était en cours de construction malgré cette recommandation.

Source : Journaux indiens.

Affirmer, comme l’a fait un glaciologue grenoblois, que le réchauffement climatique ne serait pas la cause principale de cet effondrement glaciaire est assez surprenant et va à l’encontre des conclusions de ses collègues qui ont étudié cette région de l’Himalaya. D’une part, on sait que l’eau de fonte des glaciers joue un rôle de lubrifiant qui accélère leur glissement sur le substrat rocheux et favorise leur effondrement. D’autre part, la fonte du permafrost de roche favorise elle aussi les glissements de terrain. Il se peut que ce soit la conjugaison de ces deux phénomènes – résultat du réchauffement climatique – qui ait provoqué les événements en cascade mentionnés précédemment.

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The death toll of the disaster that has just occurred in the state of Uttarakhanda is terrible, with 19 dead to date and more than 200 missing. The cause of this disaster was immediately pointed out: global warming which is melting and collapsing glaciers in the Himalayan range.

In a post published on June 27th, 2019, I once again drew attention to the worrying ice situation in this region of India. At the time, a report had just been published in the journal Science Advances. It indicated that in forty years, the Himalayan range had lost a quarter of its ice which had melted twice as fast as in the period 1975-2000. The authors of the report sent a serious warning. They specified that this alarming phenomenon linked to global warming was going to worsen and have a direct and dangerous impact on the populations living near the Himalayan range.

In 40 years, temperatures in the Himalayas have risen by one degree Celsius from those recorded between 1975 and 2000. The team of researchers who wrote the report analyzed forty years of satellite observations of India, China and Bhutan. Scientists were then able to compare the data from the first period with the more recent data collected via NASA satellites.

This accelerated melting of the Himalayan glaciers is not without consequences for the local populations living along the 2,000 kilometres of the mountain range. Some 800 million people depend directly on runoff for irrigation, hydroelectricity or drinking water. It is exactly the same situation as in Peru where the population depends directly on the water from the glaciers. As I point out during my « Glaciers in Danger » lecture, when the ice melts it forms large glacial lakes often held back by fragile moraines that threaten to break open and cause massive flooding. This is what just happened in India. The Indian newspapers explain the domino – or cascade – effect of he events. 1) A massive chunk of ice and frozen mud broke away from a Nanda Devi glacier and 2) fell into a melt lake that had formed at its snout, due to climate change. 3) The moraine around the lake collapsed and 4) a flash flood came roaring down the Rishi Ganga river.

Experts have been repeatedly warning against building dams, tunnels and poorly-planned roads in the high Himalayas. A committee appointed by India’s Supreme Court after the 2013 disaster had recommended that no dam be built above an altitude of 2,000 metres. While retreating, the glaciers have left behind an unstable mix of earth and rocks unsuitable for dams and tunnels. The committee had specifically said that six dams proposed on the Rishi Ganga should not be built. The second and larger project inundated by the latest glacial flood was being built despite this recommendation.

Source : Indian newspapers.

Ces deux images satellites de la NASA montrent l’extension d’un lac de fonte glaciaire dans l’Himalaya entre 1990 et 2018

Un glacier s’effondre et provoque une catastrophe dans l’Himalaya // A glacier collapses and causes a disaster in the Himalayas

Le 7 février 2021, au moins 9 personnes ont été tuées et au moins 150 autres sont portées disparues après l’effondrement d’un glacier himalayen sur un barrage. Cet événement a provoqué une énorme inondation dans l’État de l’Uttarakhand, dans le nord de l’Inde. Les autorités ont également déclaré qu’au moins 16 autres personnes avaient été piégées é l’intérieur un tunnel. L’énorme déversement d’eau a endommagé deux barrages et plusieurs maisons. Des équipes de secours ont été envoyées sur place.

Il est à craindre que les ouvriers qui travaillaient sur un projet hydroélectrique voisin aient été emportés par l’énorme vague, ainsi que d’autres villageois qui se trouvaient près de la rivière au moment de la catastrophe. Les vidéos diffusées par les médias montrent que le barrage était dans l’incapacité de résister au poids de la déferlante :

https://actu.orange.fr/societe/videos/himalaya-la-rupture-d-un-glacier-provoque-de-fortes-crues-au-moins-trois-morts-et-150-disparus-CNT000001wYagt.html

Une vaste opération de secours est actuellement en cours dans la région pour tenter de retrouver des survivants. Des milliers d’habitants ont déjà été évacués, mais l’ampleur des dégâts ne pourra être évaluée qu’une fois que la crue aura pris fin.

La presse indienne a expliqué qu’une partie du glacier de Nanda Devi s’était tétachée dimanche matin, deux jours après qu’une avalanche se soit déclenchée sur le même glacier. Lorsque le glacier s’est effondré, il a libéré de l’eau, de la boue et d’autres débris qui étaient retenus en amont. Cette masse de matériaux s’est à son tour écrasée dans d’autres plans d’eau, provoquant un effet d’accumulation et une crue gigantesque de la rivière.

En raison du changement climatique et du réchauffement de la planète l’État d’Uttarakhand dans la région de l’Himalaya est sujet à de fortes inondations. En juin 2013, des précipitations record ont provoqué des inondations dévastatrices qui ont fait près de 6 000 morts.

Source: Indian Express.

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At least 9 people have been killed and at least 150 are missing after a Himalayan glacier crashed into a dam o February 7th, 2021 and triggered a huge flood in the northern state of Uttarakhand. Authorities also said that more than 16 people were trapped inside a tunnel.

Several rescue teams were sent in after the sudden barrage of water damaged two dams and several homes.

It is feared that workers from a nearby hydropower project were swept away by the flood as well as other villagers who were near the river at the time.

The videos shared on news media showed how the dam was unable to hold back the sheer weight of water.

https://actu.orange.fr/societe/videos/himalaya-la-rupture-d-un-glacier-provoque-de-fortes-crues-au-moins-trois-morts-et-150-disparus-CNT000001wYagt.html

A huge operation is now underway in the region to try to find those missing. Thousands of residents have already been evacuated but experts say it will only be clear how extensive the damage is once the floodwaters recede.

The Indian press said that part of the Nanda Devi glacier broke off on Sunday morning, two days after an avalanche was triggered on the same glacier. When the glacier broke off, it released water, mud and other debris that had been trapped behind it. These in turn crashed into other bodies of water causing a knock-on effect further down the river.

Due to climate change and global warming, the Uttarakhand state in the mountainous Himalayas region is prone to heavy flooding. In June 2013, record-breaking rainfall led to devastating floods that left almost 6,000 people dead.

Source : The Indian Express.

Glaciers himalayens vus depuis l’espace (Source : NASA)

Réchauffement climatique : Vague de chaleur en Sibérie, criquets en Inde et en Iran // Global warming : Heat wave in Siberia, locusts in India and Iran

Khatanga, ville de Sibérie sur le cercle polaire arctique, est connue pour être l’une des régions les plus froides sur Terre, mais elle vient de connaître une vague de chaleur encore jamais vue, avec la crainte de voir de nouveaux incendies de forêt et fondre le permafrost. Des températures d’environ 27°C ont été enregistrées, bien au-dessus de la moyenne habituelle de 15 degrés Celsius. En fait, c’est toute la Sibérie occidentale qui doit faire face à cette vague de chaleur exceptionnelle. De janvier à avril, la Russie se situait déjà à plus de six degrés Celsius au-dessus de la moyenne
Les scientifiques tirent la sonnette d’alarme quant aux conséquences possibles des incendies de forêt dans la région cet été, en sachant que certains ont déjà éclaté ces derniers mois. Les incendies ont brûlé de vastes zones l’année dernière et, au plus fort de l’été, la fumée a envahi une superficie plus grande que l’Union Européenne.
L’accélération du réchauffement climatique en Russie est plus de deux fois plus rapide que la moyenne mondiale, et la situation dans l’Arctique est encore plus inquiétante car la région se réchauffe plus de trois fois plus vite que la moyenne mondiale.
Une grande partie du sol arctique est constituée de pergélisol qui fond sous les coups de boutoir des vagues de chaleur à répétition. Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, le permafrost stocke de grandes quantités de carbone qui se trouvent libérées pendant la fonte, ce qui accélère le réchauffement climatique.
Un autre problème est que si le sol est dégelé et sèche avec les fortes températures, il est susceptible de servir de combustible pour un incendie. De plus, ces incendies – qui émettent des gaz à effet de serre  – peuvent couver pendant des semaines ou des mois.
La vague de chaleur a également perturbé un certain nombre de cycles naturels. Elle a accéléré la débâcle des rivières, la floraison a été précoce et les insectes ont émergé plus tôt que la normale.
Source: The Siberian Times.

Il fait aussi incroyablement chaud en Inde où les criquets pèlerins ont envahi la région du Rajasthan, menaçant les récoltes d’été. Des millions de criquets envahissent la région depuis le mois avril et ils ont commencé à pénétrer dans les États voisins.
https://youtu.be/qwDsWOmIXag

On estime que 50 000 hectares ont été détruits par les criquets jusqu’à présent, une situation qui vient s’ajouter à l’impact économique du COVID-19 dans les régions agricoles. Des températures plus élevées que la normale ont permis aux criquets de se reproduire et de se propager à un rythme plus rapide que la normale. C’est la pire crise que le pays ait connue depuis 1993.
Les autorités locales répandent des pesticides à l’aide de pulvérisateurs montés sur des véhicules et des drones pour essayer de protéger les cultures.
Source: Yahoo News.

Tout comme l’Inde, l’Iran connaît sa pire invasion de criquets pèlerins depuis 50 ans et pour la deuxième année consécutive. Par rapport à l’année dernière, les essaims de criquets sont beaucoup plus importants et les dernières nuées sont du jamais vu. Pour contenir cette invasion, l’Iran pourrait déployer ses forces armées dans le sud du pays.
Comme en Inde, l’épidémie vient s’ajouter aux problèmes auxquels le pays est confronté dans sa lutte contre la pandémie de coronavirus, ainsi que les remous économiques qui ont suivi la fin des sanctions américaines.
Source: The Watchers

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Khatanga, a town in Siberia’s Arctic Circle, is known to be one of the coldest regions on Earth, but it has just been experiencing a record-breaking heat wave amid growing fears about devastating wildfires and melting permafrost. Temperatures of about 27°C have been registered, far above the 15 degrees Celsius historical average. Actually, the whole of western Siberia is facing an unseasonable warmth. From January to April, Russia was more than six degrees Celsius warmer than average

Experts sounded alarms about the possible implications for the region’s wildfire season this summer, with some blazes already breaking out in recent months. Fires burned huge areas in the region last year and, at its peak, smoke engulfed an area larger than the European Union.

The pace of global warming in Russia is over twice as fast as the global average, but the situation in the Arctic is even more stark with the region warming at over three times the global average.

Much of the Arctic region is covered by permafrost which is melting with the repetitive heat waves. As I put it many times before, permafrost stores vast amounts of carbon, which are released during the melting, accelerating climate change and global warming.

The second problem is that if the land is thawed out, and if it dries out with the high temperatures, that soil is actually available to burn as a fuel for a fire. These fires that emit greenhouse gases can smolder for weeks or months.

The unusual heat has also disrupted a number of natural cycles, with river ice breaking, blooms coming earlier and insects emerging earlier than normal.

Source : The Siberian Times.

It is also incredibly hot in India where desert locusts have invaded the Rajasthan region threatening summer crops. Millions of locusts have been descending on the region since April, and have begun entering neighbouring states.

https://youtu.be/qwDsWOmIXag

An estimated 50,000 hectares have been engulfed by the locusts so far, a devastating amount of destruction in conjunction with the economic impact of COVID-19 on farming regions. Higher than normal temperatures have helped the locusts breed and spread at a faster rate than normal. This year’s infestation is the worst the country has seen since 1993.

Local authorities have been using vehicle-mounted sprayers, pesticides and drones to combat the threat of the locusts on crops.

 Source : Yahoo News.

Just like India, Iran is under its worst desert locust outbreak in the past 50 years and for the second year in a row. Compared with last year, the swarms of desert locusts are much larger, and the recent attacks are unprecedented. With the worsening situation, Iran may deploy its military to help contain the invasion in the country’s southern region.

Like in India, the outbreak is adding to problems the nation is facing amid its battle against the coronavirus pandemic, as well as the economic turmoil following ending U.S. sanctions.

Source :  The Watchers.

Localisation de Khatanga en Sibérie (Source : Google maps)

Les populations après l’éruption du Toba (Indonésie) // Populations after the Toba eruption (Indonesia)

Il y a 75 000 ans, une super éruption a secoué le Mont Toba à Sumatra (Indonésie), sur le site occupé par le Lac Toba d’aujourd’hui. Ce fut l’une des plus puissantes éruptions sur Terre. Les chercheurs expliquent que cet événement a provoqué un hiver volcanique de six à dix ans à l’échelle de la planète et un probable épisode de refroidissement de 1000 ans.
Dans les années 1990, plusieurs scientifiques ont suggéré que l’éruption avait pu être suffisamment importante pour anéantir la majorité des premiers humains vivant à l’époque, ralentissant ainsi l’extension de l’humanité. En 1993, la journaliste scientifique Ann Gibbons a expliqué qu’un « goulot d’étranglement de la population » s’était produit dans l’évolution de l’espèce humaine il y a environ 70 000 ans, et elle a avancé l’hypothèse selon laquelle cela était dû à l’éruption. Un géologue de l’Université de New York et un volcanologue de l’Université d’Hawaï sont allés dans le sens de cette hypothèse. En 1998, la théorie du « goulot d’étranglement » a été confirmée par un anthropologue de l’Université de l’Illinois.

Selon une nouvelle étude qui vient d’être publiée dans la revue Nature Communications, il existe des preuves que des Homo sapiens migraient avant, pendant et après l’éruption.
Comme écrit précédemment, l’éruption explosive, que l’on estime 5000 fois plus puissante que celle du Mont Saint-Helens en 1980, aurait créé un hiver volcanique avec un impact sur la propagation l’espèce humaine à cette époque. Si tel était le cas, l’événement aurait anéanti les humains présents, leurs ancêtres et les populations animales à travers l’Asie. La nouvelle étude montre que la situation n’a peut-être pas été aussi désastreuse.
Des chercheurs qui ont travaillé sur le site de Dhaba dans la vallée de la rivière Middle Son, dans le centre de l’Inde, ont découvert des preuves que les humains occupaient le site de manière permanente depuis 80 000 ans. Les outils en pierre trouvés sur le site sont par ailleurs semblables à ceux associés aux êtres humains du Middle Stone Age* en Afrique et même en Australie, ce qui laisse supposer qu’ils ont tous été forgés pendant la migration d’Homo sapiens. La découverte des outils montre également que les Homo sapiens vivaient en Asie plus tôt qu’on le pensait. Le fait que ces ensembles d’outils n’aient pas disparu au moment de la super éruption du Toba, ou aient changé de façon spectaculaire peu de temps après cet événement, démontre que les populations ont survécu à la soi-disant catastrophe et ont continué à créer des outils pour modifier leur environnement.
La découverte des outils met en évidence la résistance et la ténacité des communautés de chasseurs-cueilleurs qui ont su s’adapter malgré les bouleversements subis par leur environnement après l’un des plus grands événements volcaniques des deux derniers millions d’années.
Cependant, cette situation n’a pas eu des effets à long terme. Ainsi, les humains qui ont survécu à l’éruption ne se sont pas suffisamment développés pour pouvoir contribuer au pool génétique actuel. Ils ont probablement été confrontés à d’autres défis et à la période glaciaire qui a suivi l’éruption.
Les résultats de la dernière étude apportent une nouvelle lumière sur l’arrivée des humains en Inde ; en effet, jusqu’à présent, aucun reste humain de cette période n’a été retrouvé dans la région.
Des études récentes indiquent que les humains tels que nous les connaissons auraient migré d’Afrique il y a entre 52 000 et 70 000 ans. Les fossiles et les outils en pierre commencent à nous montrer où et quand  ils se sont retrouvés, avec en particulier une présence humaine en Chine avant 80000 ans, en Asie du Sud-Est entre 63000 et 73000 ans, ainsi qu’en Australie il y a 65000 ans. L’Australie marque la fin de «l’arc sud» de la dispersion de la migration, ce qui – selon l’étude – signifie que l’Homo sapiens se trouvait auparavant en Asie du Sud. «La localité de Dhaba constitue un point de liaison important entre des régions avec une archéologie similaire à l’est et à l’ouest.»
Source: Presse scientifique américaine.

* L’expression Middle Stone Age désigne un ensemble d’industries lithiques préhistoriques trouvées en Afrique australe et orientale, plus ou moins contemporaines des industries du Paléolithique moyen identifiées en Afrique du Nord, en Europe, et en Asie.

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75,000 years ago, a super eruption shook Mount Toba in Sumatra (Indonesia), at the site of today’s Lake Toba. It was one of the Earth’s largest known eruptions. Researchers explained that rhe event caused a global volcanic winter of six to ten years and possibly a 1,000-year-long cooling episode.

In the 1990s, several scientists suspected the eruption had beenlarge enough to wipe out a majority of early humans living at the time, slowing down the spread of humanity. In 1993, science journalist Ann Gibbons explained that a population bottleneck occurred in human evolution about 70,000 years ago, and she suggested that this was caused by the eruption. A geologist of New York University and a volcanologist of the University of Hawaii supported her suggestion. In 1998, the bottleneck theory was further developed by an anthropologist of the University of Illinois.

According to a new study just published in the journal Nature Communications, there is evidence that Homo sapiens were migrating before, during and after the eruption.

As I put it before, the explosive event, which was estimated to be 5,000 times more massive than the 1980 Mount St. Helens eruption, is thought to have created a volcanic winter that impacted the spread of ancient humans. If true, this would have devastated humans, human ancestors and animal populations across Asia. However, the new study shows that the situation may not have been that dire.

Researchers investigating a site called Dhaba in Central India’s Middle Son River Valley uncovered evidence revealing that humans have occupied the site continuously for the last 80,000 years. Stone tools found at the site are also similar to those associated with Middle Stone Age* humans in Africa and even Australia, suggesting that they were all forged by migrating Homo sapiens. The discovery of the tools also suggests that Homo sapiens were living in Asia earlier than expected. The fact that these toolkits did not disappear at the time of the Toba super-eruption, or change dramatically soon after, indicates that human populations survived the so-called catastrophe and continued to create tools to modify their environments.

The discovery of the tools showcases the tenacity of hunter-gatherer communities who adapted despite changes in their environment after one of the largest volcanic events to occur during the last two million years.

However, this was not a lasting legacy. For example, the humans who survived this event did not thrive enough to the point that they contributed to the current gene pool. They likely suffered due to other challenges and the glacial period that followed the eruption.

The findings have a larger implication for the arrival of humans in India because so far no human remains from this time period have been recovered in the area.

Recent studies suggest that modern humans migrated from Africa between 52,000 to 70,000 years ago. Fossil and stone tool evidence is beginning to show where they ended up and when, including a human presence in China before 80,000 years ago, Southeast Asia between 63,000 and 73,000 years ago, as well as Australia by 65,000 years ago. Australia marks the end of the “southern arc” of the migration dispersal, meaning that Homo sapiens were in South Asia beforehand, according to the study. “The Dhaba locality serves as an important bridge linking regions with similar archeology to the east and west.”

Source: U.S. scientific press.

The Middle Stone Age was a period of African prehistory between the Early Stone Age and the Later Stone Age.  It is generally considered to have begun around 280,000 years ago and ended around 50–25,000 years ago.

Site de l’éruption du Toba vu depuis l’espace (Source: NASA)