Eruption du Kilauea en 2020 : le déesse Pele a devancé le HVO! // Kilauea’s 2020 eruption : Madame Pele was faster than HVO !

L’Observatoire des Volcans d’Hawaii, le HVO, a eu du mal à prévoir l’éruption actuelle du Kilauea car les instruments n’ont pas fourni d’informations laissant supposer que la lave allait réapparaître si rapidement. Cependant, dans les mois précédant l’éruption, le Kilauea avait émis des signaux discrets montrant que quelque chose allait se produire. Dans un article fort intéressant, l’Observatoire passe en revue ces signes annonciateurs d’une éruption.

Le point de départ exact de l’activité qui a précédé le début de l’éruption du 20 décembre 2020 est difficile à identifier. Une première indication a été une augmentation de l’activité sismique le 22 octobre 2020. Un essaim sismique a été enregistré sous le camping Namakanipaio, à l’ouest du sommet du Kilauea. L’événement a duré environ 48 heures et a produit près de 300 événements ; le plus important avait une magnitude M3,5. Cependant, les essaims autour du camping Namakanipaio ne sont pas rares. Un essaim s’était déjà produit en mars 2019.

La sismicité autour du sommet du Kilauea et de l’Upper East Rift Zone a été globalement  calme au cours du mois de novembre avec quelques essaims mineurs. Une centaine d’événements ont été enregistrés pendant les deux journées le plus actives.

Un autre essaim sismique significatif s’est produit sous le sommet et dans l’Upper East Rift Zone le 2 décembre 2020, avec plus de 200 secousses dont un événement de M3.1 le 17 décembre 2020. Cet essaim montrait que l’activité volcanique ne se limitait pas à une simple sismicité, d’autant plus que la dernière partie de l’essaim s’est accompagnée d’une inflation rapide du sol. L’augmentation de l’inflation venant s’ajouter à l’activité sismique indiquait qu’une intrusion magmatique était en train de se produire à faible profondeur.

Les sismologues ont également remarqué une augmentation de la fréquence d’apparition des signaux sismiques de longue période après cet événement, ce qui laissait suposer que le magma se déplaçait sous la surface. Au vu de ces signaux, le HVO a songé à relever le niveau d’alerte du Kilauea, mais Madame Pele a été plus rapide que l’Observatoire et l’éruption a commencé le 20 décembre!

Avant le début de l’éruption, les sismologues ont observé un petit essaim de sismique dans l’Upper East Rift Zonet vers 19h30 (heure locale) dans la soirée du 20 décembre. Toutefois, cet essaim ne semblait pas différent des essaims récents dans cette zone.

L’activité sismique dans l’Upper East Rift Zone a cessé après environ une heure, mais a recommencé à augmenter par la suite dans la zone sommitale du Kilauea.

Cette activité au sommet a commencé par des secousses toutes les quelques minutes, à des profondeurs d’environ 1,5 km sous la surface. Le magma provoquait cesséismes au cours de son ascension vers la surface.

Cette activité sismique a continué d’augmenter rapidement. À 21h20, environ 10 minutes avant l’apparition de la lave au sommet, les séismes se répétaient si rapidement qu’il n était pas possible de dire quand un événement se terminait et un autre commençait.

La lave a percé la surface vers 21h30. (heure locale), mais la sismicité intense s’est poursuivie au cours des 40 minutes suivantes alors que de nouvelles bouches s’ouvraient au sommet et que la lave s’échappait librement à la surface.

Vers 22 h 10, les stations sismiques autour du sommet du Kilauea n’ont plus montré d’activité. Les sismomètres ont laissé apparaître un signal de tremor continu à basse fréquence généré par le magma qui s’écoulait par un conduit ouvert.

L’éruption continue actuellement dans le cratère de l’Halema’uma’u, avec le signal de tremor classique. La lave est émise par une bouche sur le côté nord-ouest du cratère et contribue à faire s’élever peu à peu le niveau du lac dont la profondeur est estimée à 220 m, mais sa surface n’est pas visible depuis la terrasse d’observation. Les émissions de SO2 ont été mesurées à 1 000 t / jour.

Source: USGS / HVO.

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The Hawaiian Volcano Observatory (HVO) found it difficult to predict Kilauea’s current eruption as there was no significant change that suggested lava would erupt again so rapidly. However, there were subtle signs of restless behaviour around Kilauea’s summit in the months prior to the eruption. The Observatory has detailed all these phenomena.

The exact onset of activity that preceded the start of the 20 December 2020 eruption is hard to pinpoint.

A first sign was an increase in seismic activity on October 22nd, 2020.  A seismic swarm was recorded under the Namakanipaio Campground, west of Kilauea’s summit. The event lasted about 48 hours and produced nearly 300 earthquakes, the largest with a magnitude M3.5. However, swarms around the Namakanipaio Campground are not uncommon. The previous swarm had happened in March 2019.

Seismicity around Kilauea summit and the upper East Rift Zone was mostly quiet during the month of November with a few minor swarms. The two most active days had about 100 detected events.

Another large seismic swarm occurred under the summit and upper East Rift Zone on December 2nd, 2020, producing over 200 detected earthquakes and punctuated by an M3.1 event on December 17, 2020. This swarm was the first instance of the sequence where restlessness was evident in more than just seismic data, with the latter part of the swarm being accompanied by a rapid increase in ground tilt trends. The increase in the tilt, along with the migrating seismic activity, indicated a shallow magmatic intrusion. Seismologists also noticed increased occurrences of long-period seismic signals after this event, suggesting magma was moving beneath the surface. These signals incited HVO to think about raising Kilauea’s alert level, but Madame Pele was quicker than the Observatory and the eruption started on December 20th!

Before the start of the eruption, seismologists observed a small earthquake swarm in the upper East Rift Zone around 7:30 in the evening of December 20th, which did not seem different from recent swarms in that area.

The seismic activity in the upper East Rift Zone ceased after about an hour, but then began to increase around the summit of Kilauea.

This summit activity began with earthquakes occurring every few minutes starting at depths of about 1.5 km below the surface. Magma was causing these quakes as it made its way to the surface.

The rate of activity continued to rapidly increase. At 9:20 pm, about 10 minutes before lava appeared at the summit, the earthquakes began occurring so rapidly that we could not tell when one event was ending and another started.

Lava broke the surface at about 9:30 p.m. (local time), but the rapidly-repeating earthquakes continued over the next 40 minutes as new summit vents opened and the pathway of magma became fully established.

At about 10:10 p.m, stations around Kilauea summit no longer showed any earthquake activity.  Seismometers showed only a continuous, low frequency tremor signal caused by magma flowing through an open conduit.

The eruption within Halema‘uma‘u crater continues, along with the associated tremor signal. Lava activity is erupting from a vent on the northwest side of the crater and flowing into a growing lava lake. The total depth of the lava lake is 220 m but its surface can’t be seen from the public observation terrace. SO2 emissions have been measured at 1000 t/day.

Source: USGS / HVO.

Crédit photo : HVO

Bilan éruptif de l’année 2020 – (4) août, septembre et octobre

Voici les événements éruptifs les plus marquants des mois d’août, septembre et octobre 2020

Août 2020

Les 2 et 3 août, le Langila (Papouasie-Nouvelle-Guinée) connaît un nouvel épisode d’activité. Il émet des panaches de cendres qui s’élèvent jusqu’à environ 2400 m au-dessus du niveau de la mer. L’éruption précédente a duré du 2 avril 2016 au 30 octobre 2018, avec un VEI 2.

Le volcan sur l’île Nishinoshima (Japon) reste très actif en août. Le panache de cendres s’élève jusqu’à 5000-6000 m au-dessus du niveau de la mer. Selon les garde-côtes japonais, les explosions sont fréquentes et de la lave coule toujours sur le flanc du volcan.

L’activité explosive se poursuit sur le Suwanosejima (Japon) au cours du mois d’août, avec des panaches de cendres s’élevant à plus de 2 km au-dessus du niveau de la mer. Des émissions importantes de SO2 sont enregistrées vers le sud du volcan au-dessus de l’Océan Pacifique.

Le Sinabung entre de nouveau en éruption à 18h58 (UTC) le 7 août, pour la première fois depuis juin 2019.  Le volcan vomit un panache de cendres jusqu’à 4,5 km au-dessus du niveau de la mer. Une autre éruption a lieu à 10h18 (UTC) avec un panache s’élevant jusqu’à 3,3 km d’altitude. Les habitants et les touristes sont invités à rester à l’extérieur d’un rayon de 3 km du cratère. Des retombées de cendres sont signalées dans plusieurs zones, occasionnant des dégâts aux plantations et aux récoltes. Les autorités déclarent qu’aucun habitant n’a été déplacé par l’éruption et qu’il n’y a pas eu de victimes. 1 500 masques sont distribués à la population et les autorités locales aident les habitants à évacuer la cendre. Le niveau d’alerte volcanique reste à 3 (Siaga).

Un nouvel épisode éruptif significatif est observé à 03h16 (UTC) le 10 août, avec un panache de cendres qui monte jusqu’à 10 km au-dessus du niveau de la mer, obligeant les autorités à évacuer les localités proches du volcan.

Le volcan entre de nouveau en éruption à plusieurs reprises le 13 août, avec une colonne de cendres de 2000 mètres au-dessus du sommet.

De nouveaux événements éruptifs les 14, 17 et 18 août produisent des panaches de cendres qui atteignent 2-4 km de hauteur. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4), avec une zone d’exclusion générale de 3 km et des extensions à 5 km sur le secteur SE et 4 km dans le secteur NE.

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Septembre 2020

 Au Chili au mois de septembre,  la lave continue de descendre sur le flanc NNE du Nevados de Chillán. On observe toujours des émissions de gaz et des explosions se font entendre de temps en temps. Le niveau d’alerte reste au Jaune, le deuxième sur une échelle de quatre couleurs, et il est rappelé à la population de ne pas s’approcher du cratère à moins de 3 km

Au Chili, l’activité du Villarrica au mois de septembre se caractérise par la présence d’un lac de lave actif, de petites explosions et des émissions de gaz. Les images de la webcam montrent des émissions de gaz ne dépassant pas 500 m la lèvre du cratère, avec parfois une incandescence nocturne du cratère et la projection de matériaux. Les images satellites montrent des dépôts de tephra autour du cratère jusqu’à 36 m sur les flancs E et SE. Le 25 septembre, le réseau sismique enregistre un séisme longue période associé à une explosion d’intensité moyenne. Le niveau d’alerte reste au Jaune.

L’Icelandic Met Office fait passer au Jaune la couleur de l’alerte aérienne du Grímsvötn le 30 septembre suite à une hausse de l’activité. La sismicité a augmenté au cours du mois précédent, les chaudrons présents à la surface du glacier se sont approfondis en plusieurs endroits de la caldeira, signe d’une hausse de l’activité géothermale. De plus, la déformation de surface dépasse le niveau d’avant l’éruption de 2011. Des gaz magmatiques étaient présents dans les émissions au cours de l’été. Pour terminer, le niveau de l’eau dans le lac sous-glaciaire est comparable aux niveaux qui ont précédé les inondations de 2004 et 2010.

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Octobre 2020

En Sicile au mois d’octobre, l’activité de l’Etna se caractérise par des séquences stromboliennes dans le cratère nord-est (NEC), au niveau du cône dans le nouveau Cratère Sud-Est (NSEC) et des émissions de gaz au niveau de  la Voragine (VOR) et de la Bocca Nuova (BN). La fréquence et l’intensité des explosions stromboliennes sont variables.

Dans le même temps, l’activité du Stromboli se caractérise par des explosions dans la zone cratèrique Nord (N) et la zone cratèrique centre-sud (CS). Les explosions de deux bouches dans le cratère N1 éjectent des lapilli et des bombes à 80 à 150 m de hauteur, avec aussi des émissions de cendres

En raison d’effondrements du dôme de lave sommital, le Sinabung (Indonésie) déclenche deux coulées pyroclastiques le 25 octobre 2020. Les avalanches de cendre à haute température atteignent des distances de 1,5 et 2,5 km,

La préfecture de Mayotte vient indique que, selon les données de la dernière campagne océanographique menée du 1er au 26 octobre, le volcan sous-marin découvert en mai 2019 au large de Mayotte est toujours actif. Cette dernière campagne a permis d’identifier au nord-ouest du volcan de nouvelles coulées de lave pouvant atteindre 60 m mètres d’épaisseur sur le fond marin. Elles confirment la persistance d’une activité éruptive, toujours en cours au moment de la campagne. Les relevés du fond marin ont permis de constater que la morphologie du volcan n’a pas évolué depuis août 2019. Selon les études déjà menées sur le volcan, ce dernier présente une hauteur de 800 mètres et il a provoqué des séismes qui ont fait s’affaisser Mayotte de 15 centimètres.

Coulée pyroclastique sur le Sinabung (Crédit photo : J.P. Vauzelle)

Bilan éruptif de l’année 2020 – (3) mai, juin et juillet

Voici les événements éruptifs les plus marquants des mois de mai, juin et juillet 2020 :

Mai 2020

Le 15 mai, l’INGV indique que l’activité s’est intensifiée au niveau du Nouveau Cratère SE de l’Etna au cours des derniers jours

En mai, la couleur du niveau d’alerte est Jaune sur 3 volcans surveillés par l’Alaska Volcano Observatory (AVO) : Shishaldin Semisopochnoi, Great Sitkin.

Le 16 mai, une puissante séquence éruptive a lieu sur le Semeru (Indonésie) avec un panache de cendre qui montre jusqu’à 14 km d’altitude.

Un bref épisode éruptif est observé ce même jour sur le Mont Ibu (île de Halmahera / Indonésie)..
La couleur de l’alerte aérienne passe au Rouge sur les deux volcans.

22 mai : Des explosions phréatiques sont toujours observées sur le Rincón de la Vieja (Costa Rica).

Un essaim sismique incluant une douzaine d’événements est enregistré dans la région de West Yellowstone, près du Parc National de Yellowstone le 29 mai. La secousse la plus forte a une magnitude de M 3,1. Les autres se situent entre M 1,6 et M 3,1, à une profondeur d’environ 5 km. On a déjà enregistré 34 séismes dans la région au cours du mois d’avril. Les essaims sismiques sont relativement fréquents dans la région et en général dus à l’activité hydrothermale.

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Juin 2020

Le 1er juin, un épisode éruptif est observé sur le Cleveland (Aléoutiennes / Alaska). Il détruit le dôme de lave qui s’était formé en janvier 2019 et avacue une grande quantité de matériaux du cratère sommital. Des coulées de débris parcourent environ 2,9 km le long du flanc E et plus de 2,7 km le long du flanc N. Aucune activité significative n’est observée les jours suivants.

Un séisme longue période est enregistré sous le Nevados de Chillán (Chili) le 6 juin. Le  panache de cendres qui a accompagné cet événement monte à plus de 760 m au-dessus de la bouche éruptive. Des coulées pyroclastiques dévalent les flancs NW, N, E et SE du volcan.

Un fort épisode éruptif est observé sur le Sangay (Equateur) le 9 juin, avec une colonne de cendres qui s’élève jusqu’à 7 km d’altitude. Des retombées de cendres sont observées dans plusieurs provinces et le trafic aérien est perturbé. Plusieurs routes sont fermées en raison de l’épaisse couche de cendre. Les habitants de la région, en particulier à Guayaquil,  sont invités à porter des masques pour éviter les problèmes respiratoires et continuer à se protéger contre le coronavirus. En mars et avril, l’épidémie a été particulièrement sévère; les services de santé ont été débordés et il a fallu récupérer les personnes décédées à l’intérieur des habitations. Par bonheur, la situation s’est bien améliorée. L’Instituto Geofisico indique que des coulées pyroclastiques ont dévalé le flanc sud-est du volcan. Le 9 juin au soir, le nuage de cendres s’étire sur 400 km

L’activité reste soutenue en juin sur l’île volcanique Nishinoshima (Japon), avec de grandes coulées de lave et des panaches de cendre émis par le cône central. Il est demandé aux pêcheurs de rester en dehors de la zone d’exclusion d’un rayon de 2,6 km autour de l’île.

Le 18 juin, le Met Office islandais (IMO) indique que le volcan Grímsvötn pourrait entrer en éruption à court terme, d’ici quelques semaines ou quelques mois. A ce jour, aucune éruption ne s’est produite !

Un essaim sismique d’une intensité encore jamais observée est enregistré en Islande sur la zone de fracture de Tjörnes (TFZ), avec des événements au-dessus de M 5,0. Un séisme fort et superficiel enregistré par l’USGS avec une magnitude de M 6.0 et de M 5.7 par l’IMO secoue la zone à 19h07 UTC le 21 juin L’épicentre est situé à 50 km au NNE de Siglufjörður (1190 habitants) et 101 km N d’Akureyri (17693 habitants). L’hypocentre est localisé à une profondeur de 10 km, comme la plupart des événements précédents. Plus de 2000 secousses ont été enregistrées depuis le 19 juin 2020.

Le volume du dôme de lave du Merapi (Indonésie) dépasse d’environ 600 m le sommet du volcan. Son volume était estimé à 200 000 mètres cubes le 13 juin. La morphologie du cratère sommital a légèrement changé après l’éruption du 21 juin. Quelque 19 000 mètres cubes ont disparu de la partie sud-ouest du sommet, probablement à proximité ou en bordure du cratère. Le niveau d’alerte reste à 2

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Juillet 2020

Le volcan de l’île Nishinoshima (Japon) est toujours très actif. La JMA indique qu’une colonne de cendres s’élève à 8 300 m au-dessus du niveau de la mer le 4 juillet. C’est la plus haute colonne de cendres observée depuis 2013.
Comme précédemment, l’activité volcanique se caractérise par de fréquentes explosions et coulées de lave. Les coulées de lave avancent sur le versant sud-ouest et entrent dans la mer.

Le SERNAGEOMIN indique que la lave a commencé à percer la lèvre du cratère Nicanor du Nevados de Chillán (Chili) le 27 juin avant de s’écouler sur une quarantaine de mètres le long du flanc N le 1er juillet. Une explosion le 6 juillet génère un panache de gaz et de cendres qui s’élève à 1,2 km au-dessus du cratère. Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune.

Une nouvelle éruption débute sur le Raung (Ile de Java / Indonésie) à 13h53 (heure locale) le 16 juillet. La dernière éruption avait eu lieu entre les mois de février et août 2015. Selon l’observatoire volcanologique du Raung, l’éruption initiale a duré 56 secondes, avec des panaches de cendre qui sont montés jusqu’à 6 km d’altitude. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne passe à l’Orange. Des vols en provenance et à destination de Bali et d’aéroports régionaux sont annulés à cause de la menace de la cendre.

Le 19 juillet, deux fortes explosions secouent le Stromboli vers 5 heures du matin et provoquent un mouvement d’angoisse parmi la population qui garde à l’esprit les événements explosifs des derniers moi, avec un mort le 3 Juillet 2019, un randonneur qui gravissait le volcan côté Ginostra. Selon l’INGV, les deux explosions ont été moins intenses que celle du 3 juillet 2019.

Panache de cendre sur l’île Nishinoshima (Crédit photo: Japan Coast Guard)

Bilan éruptif de l’année 2020 – (2) février, mars et avril

Février 2020 a débuté avec un débordement de lave sur la partie nord de la terrasse cratèrique du Stromboli (Sicile) Cependant, le débordement s’est limité à la zone sommitale.

Le 10 février, la première éruption de l’année 2020 débute en fin de matinée (heure locale) sur le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion), avec des coulées sur le flanc Est du volcan, un peu en dessous du cratère Jean..

L’éruption s’essouffle rapidement. Le 15 fevrier le tremor chute rapidement à partir de 14 heures. Seul subsiste un tremor résiduel qui annonce la fin des hostilités. L’éruption est officiellement déclarée terminée le 16 février 2020 à 14h12

Le 14 février, le PHIVOLCS indique qu’il a abaissé le niveau d’alerte du Taal (Philippines) de 3 à 2 suite au déclin de l’activité éruptive.

Le 21 février, ce n’est pas l’activité éruptive du Tungurahua qui inquiète les autorités équatoriennes, mais le risque d’effondrement d’un flanc du volcan. En fait, aucun événement majeur de ce type ne sera observé par la suite.

Le VSI indique fin février que le volume du dôme de lave au sommet du Merapi (Indonésie) a diminué à la suite d’un épisode explosif survenu le 13 février. L’événement a produit un panache de cendre de 2 km de hauteur. Le volume du dôme la veille de l’événement était estimé à 407 000 mètres cubes, puis (le 19 février) à 291 000 mètres cubes. Le niveau d’alerte reste à 2.

Une brève augmentation de la sismicité est observée sur le Ruapehu (Nouvelle-Zélande). les 22 et 23 février.

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Mars 2020

Le Merapi (Indonésie) connaît un nouvel épisode éruptif le 3 mars avec une colonne de cendre qui monte à 6 000 – 10 000 mètres de hauteur L’éruption déclenche également des coulées pyroclastiques qui parcourent jusqu’à 2 kilomètres sur les pentes du volcan. Des retombées de cendre sont observées dans plusieurs localités.

La 11 mars  le PHIVOLCS fait passer le niveau d’alerte du Kanlaon (Philippines) de 0 à 1.

S’agissant de l’Etna (Sicile), l’INGV signale en mars une activité éruptive continue dans la Voragine (VOR), le nouveau cratère Sud-Est (NSEC) et le cratère Nord-Est (NEC)

En mars, l’activité éruptive se poursuit au niveau du cratère central sur l’île de Nishinoshima (Japon), avec un panache de cendres qui s’élève jusqu’à 1 km de hauteur. Les matériaux éjectés par le cratère retombent jusqu’à la base du cône. La lave entre également dans la mer. La zone d’exclusion marine présente un rayon d’environ 2,6 km autour de l’île.

Au cours du mois de mars, ltempérature du lac du cratère du Ruapehu (Nouvelle-Zélande) passe de 24°C à 40°C suite à une hausse de la sismicité sous le volcan. Le niveau d’alerte volcanique reste à 1 mais les autorités recommandent de ne pas s’approcher à moins de 400 m du lac.

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Avril 2020

Après une brève crise sismique superficielle le matin du 2 avril 2020, entre 8h15 et 8h51 (heure locale), le tremor volcanique annonce, à partir de 12h20, une nouvelle éruption du Piton de la Fournaise. La source du tremor est localisée sur le flanc Est, à l’intérieur de l’Enclos. Un survol confirme l’ouverture d’une fissure sur ce flanc, à environ 1,7 km du centre du cratère Dolomieu aux alentours de 1900 m d’altitude. Cette fissure se situe en léger contrebas de l’éruption du 10-16 février 2020. Lors du survol, les fontaines de lave ne dépassent pas 30 mètres de hauteur. .

Le 6 avril  L’OVPF indique qu’une forte chute de l’intensité du tremor est observée vers 13h30 (heure locale), annonçant la fin de l’éruption du Piton de la Fournaise. De fortes quantités de cheveux de Pelé sont observées dans les secteurs situés au nord du volcan, notamment dans le secteur de La Plaine des Cafres

Le 11 avril, plusieurs témoins indiquent que l’Anak Krakatau a connu un épisode éruptif dans la soirée du 10 avril, avec un volumineux panache de cendres et de matériaux incandescents qui a atteint  500 mètres de hauteur.

Le matin du 15 avril, un glissement de terrain est observé sur la Sciara del Fuoco du Stromboli (Sicile). L’événement et a duré une vingtaine de minutes

Le 19 avril en tout début de matinée sur l’Etna, une fontaine de lave est visible sur la webcam thermique de la Montagnola et un panache de cendre sort du sommet du volcan. Dans le même temps, le tremor montre une hausse soudaine. La couleur de l’alerte aérienne passe au Rouge avant d’être ramenée à l’Orange vers midi. L’événement avait pour siège le secteur du Cratère Sud-Est, et plus précisément la « selle » entre l’ancien et le nouveau cratère SE. Le panache de cendre s’est élevé à environ 5 km au-dessus du niveau de la mer avant de dériver vers l’est. De petites retombées sont signalées à Zafferana Etnea. La situation redevient normale les heures suivantes.

Le 20 avril, le KVERT indique qu’une éruption explosive est en cours sur le Klyuchevskoy (Kamchatka). Le 18 avril 2020, une coulée de lave a été observée sur le flanc sud-est du volcan.

De puissantes éruptions sont observées au niveau du cratère Minamidake du Sakurajima (Japon). L’une d’elles, le 27 avril, génère un panache de cendres qui s’élève à plus de 3000 mètres au-dessus du cratère et projette des blocs jusqu’à 600 – 900 mètres de hauteur.

Fin avril, dDes explosions phréatiques sont toujours observées sur le Rincón de la Vieja (Costa Rica). Elles produisent généralement des panaches de vapeur et de gaz qui s’élèvent à 300-500 m au-dessus du cratère.

Piton de la Fournaise (Crédit photo : Christian Holveck)

Bilan éruptif de l’année 2020 – (1) janvier

En ce début d’année 2021, voici un bilan de l’activité éruptive en 2020. Elle a été relativement riche, avec en particulier le réveil du Kilauea à Hawaii et de La Soufrière de Saint-Vincent-et-les-Grenadines.

Au cours de l’année 2020, certains volcans ont montré une activité relativement stable. Je ne les mentionnerai donc pas, sauf regain d’activité significatif ponctuel.

Au Guatemala, le Pacaya conserve une activité strombolienne assez régulière au niveau du cratère Mackenney tandis que des coulées de lave avancent sur ses flancs. Le Fuego montre une activité explosive avec projections incandescentes, avalanches de blocs – voire pyroclastiques – qui atteignent souvent la végétation. Le Santiaguito montre son activité explosive habituelle au sommet du complexe de dômes où le Caliente est souvent le plus actif.

Au Mexique, le Popocateptl émet des panaches de vapeur auxquels se mêle parfois de la cendre. La pression des gaz détruit périodiquement le dôme en formation dans le cratère. Un tel événement s’est produit le 22 juillet et s’est accompagné de puissantes explosions avec projections de matériaux incandescents sur les flancs du volcan.

Au Pérou, le Sabancaya est régulièrement secoué par des explosions qui génèrent des panaches de cendre. Ces nuages s’élèvent en général jusqu’à 2 – 3 km au-dessus du sommet.

En Equateur, le Reventador émet régulièrement des panaches de gaz, de vapeur et de cendres jusqu’à 1 km au-dessus du sommet. Des blocs incandescents roulent parfois sur plusieurs centaines de mètres sur les flancs du volcan. L’incandescence est souvent visible de nuit au niveau du cratère.

Au Kamchatka, la couleur de l’alerte aérienne est souvent restée Orange pour l’Ebeko, le Karymsky, le Klyuchevskoy et le Sheveluch en raison du risque d’éruptions explosives et de nuages ​​de cendres qui peuvent perturber le trafic aérien dans la région. Le Klyuchevskoy s’est montré souvent très actif, avec en particulier une coulée de lave observée à partir du 20 avril.

En Indonésie, le Semeru est resté bien actif tout au long de l’année avec des panaches de cendres s’élevant généralement de 200 à 400 m au-dessus du sommet.. A noter une intensification de l’activité éruptive début décembre, avec présence de coulées pyroclastiques probablement provoquées par des effondrements du dôme sommital .Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4).

Toujours en Indonésie, le Karangetang est resté souvent actif en 2020, avec des coulées de lave issues du cratère principal qui se sont engagées dans plusieurs ravines sur les flancs du volcan.

Le Sakurajima (Japon) reste bien actif. On observe régulièrement des explosions dans le cratère Minamidake, avec des panaches de cendres qui s’élèvent jusqu’à 5 km au-dessus du cratère. Des retombées de cendres sont également enregistrées.

Des événements sismiques sont régulièrement enregistrés dans le Parc National de Yellowstone. Ils sont souvent causés par l’activité hydrothermale intense. La caldeira reste soumise à une légère déflation. Rien n’indique un risque d’éruption de ce volcan.

Des fluctuations d’activité sont observées à White Island (Nouvelle Zélande), mais sans événement cataclysmal comme celui qui a tué 22 touristes le 9 décembre 2019. L’affaire est maintenant entre les mains de la justice, avec des procès et autres sordides demandes de compensation financière.

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Voici les événements éruptifs les plus marquants du mois de janvier 2020 :

Le mois de janvier 2020 a été particulièrement riche en phénomènes éruptifs.

Au Japon, le niveau d’alerte du Kirishima (Shinmoedake) passe de 1 à 2 le 2 janvier suite à une augmentation de la sismicité. Les habitants et les touristes sont priés de ne pas s’approcher du cratère.

La sismicité reste présente en janvier à Mayotte, même si la population ne perçoit pas certains événements.

Une activité éruptive est observée sur le Shishaldin (Aléoutiennes / Alaska). Le 3 janvier, le volcan émet un nuage de cendre qui monte à 6000 – 7000 mètres. L’activité décline par la suite

En janvier, le Piton de la Fournaise montre des signes de réveil avec, en parallèle, une inflation de l’édifice volcanique.

L’Agence météorologique japonaise (JMA) indique qu’une éruption s’est produite le 11 janvier 2020 à 15 h 05 sur le Mont Shindake sur l’île Kuchinoerabu dans la préfecture de Kagoshima.. L’éruption a projeté des matériaux à 300 mètres au-dessus du cratère. Aucune coulée pyroclastique n’a été observée et aucun ordre d’évacuation n’a été émis. C’est la première éruption du volcan depuis le 2 février 2019.

L’événement principal du mois de janvier 2020 reste l’éruption qui débute le 12 janvier 2020 sur le Taal (Philippines) dont le niveau d’alerte passe de 3 (activité magmatique) à 4 (dangereuse éruption imminente). À 17 h 30 (heure locale) le 12 janvier, l’activité éruptive du cratère principal (Main Crater) s’est intensifiée et a généré un panache de vapeur et de cendre de 10 à 15 kilomètres de hauteur, traversé de fréquents éclairs. Le PHIVOLCS conseille fortement l’évacuation totale de Volcano Island (6000 habitants), ainsi que l’évacuation des zones exposées aux coulées pyroclastiques et au risque de tsunami dans un rayon de 14 kilomètres du Main Crater du Taal

Ce même 12 janvier 2020, une éruption débute sur le volcan La Cumbre, sur l’île inhabitée de Fernandina aux Galapagos (Equateur). Comme d’habitude dans cette partie du globe, l’éruption consiste en émissions de lave basaltique fluide. Cette lave est émise par une fissure le long du flanc sud-est du volcan et une coulée descend vers la côte.

Le 14 janvier, 40 752 personnes sont affectées par l’éruption du Taal; 38 203 d’entre elles vivent dans des abris temporaires dans 198 centres d’hébergement.

Le 17 janvier, plusieurs localités à proximité du Taal sont totalement bloquées par la police. Le nombre de personnes évacuées a rapidement augmenté depuis le début de l’éruption. Sur la base des dernières données, 27 312 familles, soit 125 107 personnes, sont logées dans 373 centres d’hébergement provisoires.

Le 18 janvier, 22 472 familles, soit 96 061 personnes, ont été affectées par l’éruption du Taal à Batangas. Sur ce nombre, 16 174 familles – 70 413 personnes – vivent dans 300 centres d’évacuation.

Au cours des deux premières semaines de janvier, de volumineux panaches de gaz et de vapeur sont montés à 50 – 200 mètres au-dessus du fond du cratère de l’Anak Krakatau (Indonésie). Un épisode éruptif le 7 janvier a généré un panache de cendre qui est monté à 200 mètres de hauteur. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4)

L’AVO a indiqué le 18 janvier que l’activité éruptive avait repris sur le Shishaldin (Aléoutiennes / Alaska) avec des coulées de lave visibles sur le flanc NE du volcan.

À partir de la soirée du 18 janvier, l’activité explosive dans le secteur NE du Stromboli (Sicile) provoque un petit débordement de lave et le roulement de matériaux le long de la Sciara del Fuoco.

Le 26 janvier, la baisse d’activité du Taal entraîne la réduction du niveau d’alerte de 4 à 3.

Autre événement intéressant à la fin du mois de janvier 2020, une hausse de la sismicité et de l’inflation du sol a été observée en Islande sur la Pénisnule de Reykjanes. Aucune activité éruptive n’aura lieu, mais les autorités ont mis en place le principe de précaution

Fin janvier 2020, l’activité éruptive se poursuit sur lEtna (Sicile) au niveau de la Voragine, du Nouveau Cratère Sud-Est (NCSE) et du Cratère Nord-Est (CNE).

L’activité éruptive est également soutenue en janvier sur l’île Nishinoshima (Japon). Le cône central continue de vomir des coulées de lave qui atteignent l’océan.

Eruption du Taal : Volcano Island sous la cendre (Source : Associated Press)

2020 : une année encore trop chaude ! // 2020 : a year still too hot !

L’année 2021 vient de commencer en France avec une période de froid – mais pas aussi glacial que l’affirment certains médias – et il se pourrait que la température chute à nouveau vers la fin du mois si le vortex polaire de déplace vers le sud (voir ma note du 8 janvier 2021). Ces périodes plus froides sont des accidents climatiques qui se produisent de temps à autre, mais qui ne changent et ne changeront pas grand-chose à la tendance au réchauffement que nous connaissons depuis plusieurs décennies.

Alors que l’année vient de commencer, il est temps pour les agences climatiques de dresser un bilan des températures en 2020 et on ne peut que constater que la situation est extrêmement inquiétante..

Selon l’agence européenne Copernicus, 2021 arrive à égalité avec 2016 comme l’année la plus chaude jamais enregistrée. Elle clôture aussi la décennie la plus chaude de tous les temps et confirme que l’impact du changement climatique s’intensifie.

Après un hiver et un automne exceptionnellement chauds en Europe, le continent a connu avec 2020 l’année la plus chaude jamais enregistrée. L’Arctique a subi une chaleur extrême et les concentrations de CO2 ont continué d’augmenter.

L’agence Copernicus nous apprend qu’en 2020 la température moyenne de la planète a dépassé de 1,25 degré Celsius celle de l’époque préindustrielle. Les six dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées dans le monde.

Une première estimation révèle que 13 des catastrophes de l’année dernière ont causé au moins 188 décès et un coût de 46,6 milliards de dollars.

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De leur côté, les données préliminaires issues de la réanalyse ERA5 de dernière génération concluent que l’année 2020 serait la deuxième plus chaude des archives remontant à 1979.

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Les données de réanalyse NCEP / NCAR, quant à elles, placent 2020 à la quatrième place.

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Selon les données satellitaires issues de l’Université d’Alabama à Huntsville (UAH), 2020 arrive en deuxième position.

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Comme je l’indiquais plus haut, le bilan proposé par la NASA et la NOAA prend en compte de manière globale les températures terrestres et leurs homologues océaniques.

Selon la NASA, la température moyenne de la surface de la Terre en 2020 est à égalité avec 2016 et devient donc l‘année la plus chaude jamais enregistrée. Poursuivant la tendance au réchauffement sur le long terme, la température moyenne pour 2020 à l’échelle de la planète  a été de 1,02 ° C supérieure à la moyenne de référence pour 1951-1980. 2020 a devancé 2016 d’un cheveu, mais la marge d’erreur possible oblige à mettre les deux années à égalité.

Selon le directeur du Goddard Institute for Space Studies de la NASA, le fait qu’une année ait battu ou non un record n’est pas le plus important. Ce qui importe, c’est la tendance sur le long terme. Au vu de la tendance actuelle et de l’impact humain sur le climat, nous devons nous attendre à de nouveaux records à l’avenir. »

Selon la NOAA, avec une fin d’année légèrement plus froide, 2020 est la deuxième plus chaude des 141 dernières années, avec une température à la surface des terres et des océans de 0,98 ° C au-dessus de la moyenne. Cette valeur n’est que de 0,02°C en dessous de la valeur record de 1,00°C établie en 2016 et de seulement 0,03°C au-dessus de 2019 qui a été la troisième année la plus chaude jamais enregistrée. Les sept années les plus chaudes de la période 1880-2020 ont toutes eu lieu depuis 2014, tandis que les 10 années les plus chaudes ont été enregistrées depuis 2005.

Dans la conclusion de son rapport, la NOAA indique que 2020 est la 44ème année consécutive (depuis 1977) avec une température globale des terres et des océans supérieure à la moyenne du 20ème siècle.

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Dans le même temps, l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) indiquait de son côté que l’année 2020 a été l’une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées et rivalise avec 2016 pour la première place. Il faut noter à ce sujet que 2016 se trouvait dans un contexte de fort réchauffement El Niño dans le Pacifique tropical, alors que 2020 s’est déroulée avec un El Niño neutre et même des conditions de refroidissement provoquées par La Niña en fin d’année.

La température mondiale moyenne l’année dernière a été d’environ 14,9°C, soit 1,2 degrés au-dessus du niveau préindustriel (1850-1900)

L’OMM précise que la décennie 2011-2020 a été la plus chaude de tous les temps, avec les trois années les plus chaudes : 2016, 2019 et 2020.

L’OMM avertit que « nous nous dirigeons vers une augmentation catastrophique de la température de trois à cinq degrés Celsius ce siècle. » Depuis les années 1980, chaque décennie a été plus chaude que la précédente.

A une échelle plus réduite, l’Europe, le France et le Limousin où j’habite ont connu avec 2020 l’année la plus chaude depuis le début des relevés météorologiques.

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Record de chaleur océanique en 2020

D’après une étude menée par une équipe internationale de chercheurs et publiée le 13 janvier 2021 dans la revue Advances in Atmospheric Sciences, les cinq années les plus chaudes pour les océans se sont succédé depuis 2015 et les océans ont battu des records de chaleur en 2020.

Les auteurs de l’étude expliquent que la hausse de la température moyenne enregistrée actuellement provoque une hausse du niveau de la mer causée par la fonte des glaces, mais c’est aussi un facteur aggravant dans la formation des catastrophes climatiques. 29 tempêtes ont été enregistrées dans l’Atlantique en 2020, ce qui est un record.

Les données compilées par les scientifiques concernent une profondeur de 2 000 mètres. Depuis 1986, le taux de réchauffement de ce segment des océans a été huit fois supérieur à celui de la période 1960-1985. La hausse du niveau de la mer pourrait atteindre un mètre d’ici à la fin du siècle, avec une menace directe pour 150 millions de personnes installées sur les littoraux à travers le monde.

Une eau plus chaude est moins propice à absorber du dioxyde de carbone et donc à limiter les effets du réchauffement climatique. 30% du CO2 est aujourd’hui capté par les océans.

Une fois engagé le processus de réchauffement des océans, il est très difficile de l’infléchir. L’étude se conclut en ces termes : « L’excès de chaleur déjà présent dans l’océan et la chaleur susceptible d’y pénétrer au cours des prochaines années continueront à affecter les évolutions climatiques, le niveau de la mer et la biodiversité océanique pendant un certain temps, même si les émissions de carbone devenaient nulles. »

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The year 2021 has just started in France with a period of cold – but not as freezing as some media claim – and the temperature could drop again towards the end of the month if the polar vortex moves south. (see my note of January 8, 2021). These colder periods are climatic accidents that occur from time to time, but which do not and will not change much to the warming trend that we have seen for several decades.

As the year has just started, it is time for the climate agencies to take stock of the temperatures in 2020, and the situation is extremely worrisome..

According to the European agency Copernicus, last year tied with 2016 as the world’s warmest year on record, rounding off the hottest decade globally as the impacts of climate change intensified.

After an exceptionally warm winter and autumn in Europe, the continent experienced its hottest year on record in 2020, while the Arctic suffered extreme heat and CO2 concentrations continued to rise.

Copernicus explains that in 2020, temperatures globally were an average of 1.25 degrees Celsius higher than in pre-industrial times. The last six years were the world’s hottest on record.

A preliminary tally found that 13 of last year’s disasters led to at least 188 deaths and costs of $46.6 billion.

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For their part, preliminary data from the latest generation ERA5 reanalysis concludes that 2020 will be the second warmest year in records dating back to 1979.

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NCEP / NCAR reanalysis data, meanwhile, places 2020 in fourth place.

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According to satellite data from the University of Alabama at Huntsville (UAH), 2020 comes in second.

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As I indicated above, the balance proposed by NASA and NOAA takes into account in a global way the temperatures on Earth and their ocean counterparts.

According to NASA, Earth’s global average surface temperature in 2020 tied with 2016 as the warmest year on record. Continuing the planet’s long-term warming trend, the year’s globally averaged temperature was1.02°C warmer than the baseline 1951-1980 mean. 2020 edged out 2016 by a very small amount, within the margin of error of the analysis, making the years effectively tied for the warmest year on record.

According to the director of NASA’s Goddard Institute for Space Studies, whether one year is a record or not is not really that important; the important things are long-term trends. With these trends, and as the human impact on the climate increases, we have to expect that records will continue to be broken.”

According to NOAA, with a slightly cooler end to the year, 2020 secured the rank of second warmest year in the 141-year record, with a global land and ocean surface temperature 0.98°C above average. This value is only 0.02°C shy of tying the record high value of 1.00°C set in 2016 and only 0.03°C above 2019 which was the third warmest year on record. The seven warmest years in the 1880–2020 record have all occurred since 2014, while the 10 warmest years have occurred since 2005.

NOAA concludes its report indicating that 2020 marks the 44th consecutive year (since 1977) with global land and ocean temperatures above the 20th century average.

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At the same time, the World Meteorological Organization (WMO) reported that 2020 was one of the three hottest years on record and rivals 2016 for first place. It should be noted that 2016 was in a context of strong El Niño warming in the tropical Pacific, while 2020 took place with a neutral El Niño and even cooling conditions caused by La Niña at the end of the year.

The average global temperature last year was around 14.9 ° C, or 1.2 degrees above the pre-industrial level (1850-1900).

WMO states that the decade 2011-2020 was the hottest ever, with the three hottest years: 2016, 2019 and 2020.

WMO warns that « we are heading for a catastrophic temperature rise of three to five degrees Celsius this century. » Since the 1980s, each decade has been warmer than the rprevious one.

At a smaller scale, for Europe, France and the Limousin where I live, 2020 was the hottest year ever recorded.

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Ocean heat record in 2020

According to a study conducted by an international team of researchers and published on January 13th, 2021 in the journal Advances in Atmospheric Sciences, the five hottest years for the oceans have followed one another since 2015 and the oceans have broken heat records in 2020.

The study’s authors explain that the current increase in average temperature causes sea level rise caused by melting ice, but it is also an aggravating factor in the formation of climate disasters. 29 storms were recorded in the Atlantic in 2020, which is a record.

The data compiled by the scientists relate to a depth of 2000 metres. Since 1986, the rate of warming of this segment of the oceans has been eight times that of the period 1960-1985. Sea level rise could reach one metre by the end of the century, with a direct threat to 150 million people living on coastlines around the world.

Warmer water is less likely to absorb carbon dioxide and therefore limit the effects of global warming. 30% of CO2 is captured by the oceans today. Once the process of ocean warming has started, it is very difficult to reverse it. The study concludes with these words: « The excess heat already present in the ocean and the heat likely to penetrate there over the next few years will continue to affect climate change, sea level and ocean biodiversity. for a while, even if carbon emissions are brought down to zero. « 

Source : NASA

Réchauffement climatique et fonte de la glace // Global warming and ice melting

J’attends le verdict de la NASA et de la NOAA qui font le synthèse des températures globales sur les terres et sur les mers, mais je peux d’ores et déjà affirmer que 2020 sera très probablement l’une des 3 années les plus chaudes jamais enregistrées, rejoignant ainsi 2016 et 2019.

De janvier à octobre 2020, la température moyenne à la surface du globe a été supérieure d’environ 1,2°C à l’époque préindustrielle de 1850 à 1900. Pour la première fois depuis le début des mesures en 1900, la température maximale moyenne a dépassé 30°C pendant 4 jours de suite au mois de septembre 2020. Avec une température moyenne proche de 14°C au cours de l’année, 2020 dépasse la normale de près de 1,5°C.

En Sibérie arctique, les températures ont dépassé de plus de 5°C les moyennes habituelles, avec le record de 38°C le 20 juin 2020 dans la ville russe de Verkhoyansk.

La situation est semblable au Pôle Sud où la température moyenne sur l’année dans le nord de l’Antarctique a été supérieure à 0°C en 2020. Début février 2020, des scientifiques brésiliens ont relevé 20,75°C à l’extrémité de la péninsule Ouest antarctique.

L’article paru sur le site web de France Info à propos de l’Amérique du Sud fait échos à mes propos au cours de ma conférence « Glaciers en Péril ». Alors que je m’appuie sur le Pérou, France Info décrit le situation en Bolivie.où la Cordillère des Andes subit les assauts du réchauffement climatique. Le glacier Tuni disparaît plus rapidement que prévu ; sa fonte s’accélère depuis 30 ans. Cette fonte est une menace pour l’irrigation et l’alimentation en eau dans toute la région. Dans les grandes métropoles comme La Paz ou El Alto, les besoins en eau se font de plus en plus importants à cause de l’augmentation de la population et la croissance des grandes zones urbaines. La ville d’El Alto, par exemple, a une croissance d’environ 5% par an. Cette augmentation de la population urbaine est en partie due à une désertification des campagnes où le manque d’eau est de plus en plus sévère, en particulier pour l’irrigation des cultures. .

S’agissant de la fonte des glaciers dans le monde, la NASA a publié une série de photographies témoignant leur recul. Les images sont impressionnantes et parlent d’elles-mêmes que soit sur le Glacier Muir en Alaska ou sur le Glacier Qori Kalis au . Pérou. Baptisée «Images of Change», cette banque d’images se compose de vues entrecoupées de plusieurs décennies.

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I’m waiting for the verdict of NASA and NOAA which synthesize global temperatures on land and sea, but I can already say that 2020 will most likely be one of the 3 warmest years. ever recorded, together with 2016 and 2019.

From January to October 2020, the average temperature on Earth’s surface was about 1.2°C higher than during the pre-industrial era from 1850 to 1900. For the first time since measurements began in 1900, the maximum temperature average exceeded 30°C for 4 days in a row in September 2020. With an average temperature close to 14°C during the year, 2020 is above normal by almost 1.5°C.

In Arctic Siberia, temperatures were more than 5°C above average, with the record high of 38°C on June 20th, 2020 in the Russian city of Verkhoyansk.

The situation is similar at the South Pole where the average temperature over the year in the north of Antarctica was above 0°C in 2020. In early February 2020, Brazilian scientists noted 20.75°C at the end of the West Antarctic Peninsula.

The article on the France Info website about South America echoes my words during my « Glaciers at Risk » conference. While I rely on Peru, France Info describes the situation in Bolivia, where the Andes is under the assault of global warming. The Tuni Glacier is disappearing faster than expected; its melting has accelerated for 30 years. This melting is a threat to irrigation and water supply throughout the region. In larger cities like La Paz or El Alto, water needs are increasing due to the increase in population and the growth of large urban areas. The city of El Alto, for example, is growing by about 5% per year. This increase in the urban population is partly due to the desertification of the countryside where the lack of water is increasingly severe, in particular for the irrigation of crops. .

Regarding the melting of glaciers around the world, NASA has published a series of photographs showing their retreat. The pictures are impressive and speak for themselves whether on the Muir Glacier in Alaska or the Qori Kalis Glacier in. Peru. Called « Images of Change », this image bank consists of views interspersed with decades.

Le glacier Muir a reculé de plus de 7 kilomètres entre 1941 et 2004 et s’est aminci de plus de 875 mètres (Source : USGS).