Bilan éruptif de l’année 2020 – (4) août, septembre et octobre

Voici les événements éruptifs les plus marquants des mois d’août, septembre et octobre 2020

Août 2020

Les 2 et 3 août, le Langila (Papouasie-Nouvelle-Guinée) connaît un nouvel épisode d’activité. Il émet des panaches de cendres qui s’élèvent jusqu’à environ 2400 m au-dessus du niveau de la mer. L’éruption précédente a duré du 2 avril 2016 au 30 octobre 2018, avec un VEI 2.

Le volcan sur l’île Nishinoshima (Japon) reste très actif en août. Le panache de cendres s’élève jusqu’à 5000-6000 m au-dessus du niveau de la mer. Selon les garde-côtes japonais, les explosions sont fréquentes et de la lave coule toujours sur le flanc du volcan.

L’activité explosive se poursuit sur le Suwanosejima (Japon) au cours du mois d’août, avec des panaches de cendres s’élevant à plus de 2 km au-dessus du niveau de la mer. Des émissions importantes de SO2 sont enregistrées vers le sud du volcan au-dessus de l’Océan Pacifique.

Le Sinabung entre de nouveau en éruption à 18h58 (UTC) le 7 août, pour la première fois depuis juin 2019.  Le volcan vomit un panache de cendres jusqu’à 4,5 km au-dessus du niveau de la mer. Une autre éruption a lieu à 10h18 (UTC) avec un panache s’élevant jusqu’à 3,3 km d’altitude. Les habitants et les touristes sont invités à rester à l’extérieur d’un rayon de 3 km du cratère. Des retombées de cendres sont signalées dans plusieurs zones, occasionnant des dégâts aux plantations et aux récoltes. Les autorités déclarent qu’aucun habitant n’a été déplacé par l’éruption et qu’il n’y a pas eu de victimes. 1 500 masques sont distribués à la population et les autorités locales aident les habitants à évacuer la cendre. Le niveau d’alerte volcanique reste à 3 (Siaga).

Un nouvel épisode éruptif significatif est observé à 03h16 (UTC) le 10 août, avec un panache de cendres qui monte jusqu’à 10 km au-dessus du niveau de la mer, obligeant les autorités à évacuer les localités proches du volcan.

Le volcan entre de nouveau en éruption à plusieurs reprises le 13 août, avec une colonne de cendres de 2000 mètres au-dessus du sommet.

De nouveaux événements éruptifs les 14, 17 et 18 août produisent des panaches de cendres qui atteignent 2-4 km de hauteur. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4), avec une zone d’exclusion générale de 3 km et des extensions à 5 km sur le secteur SE et 4 km dans le secteur NE.

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Septembre 2020

 Au Chili au mois de septembre,  la lave continue de descendre sur le flanc NNE du Nevados de Chillán. On observe toujours des émissions de gaz et des explosions se font entendre de temps en temps. Le niveau d’alerte reste au Jaune, le deuxième sur une échelle de quatre couleurs, et il est rappelé à la population de ne pas s’approcher du cratère à moins de 3 km

Au Chili, l’activité du Villarrica au mois de septembre se caractérise par la présence d’un lac de lave actif, de petites explosions et des émissions de gaz. Les images de la webcam montrent des émissions de gaz ne dépassant pas 500 m la lèvre du cratère, avec parfois une incandescence nocturne du cratère et la projection de matériaux. Les images satellites montrent des dépôts de tephra autour du cratère jusqu’à 36 m sur les flancs E et SE. Le 25 septembre, le réseau sismique enregistre un séisme longue période associé à une explosion d’intensité moyenne. Le niveau d’alerte reste au Jaune.

L’Icelandic Met Office fait passer au Jaune la couleur de l’alerte aérienne du Grímsvötn le 30 septembre suite à une hausse de l’activité. La sismicité a augmenté au cours du mois précédent, les chaudrons présents à la surface du glacier se sont approfondis en plusieurs endroits de la caldeira, signe d’une hausse de l’activité géothermale. De plus, la déformation de surface dépasse le niveau d’avant l’éruption de 2011. Des gaz magmatiques étaient présents dans les émissions au cours de l’été. Pour terminer, le niveau de l’eau dans le lac sous-glaciaire est comparable aux niveaux qui ont précédé les inondations de 2004 et 2010.

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Octobre 2020

En Sicile au mois d’octobre, l’activité de l’Etna se caractérise par des séquences stromboliennes dans le cratère nord-est (NEC), au niveau du cône dans le nouveau Cratère Sud-Est (NSEC) et des émissions de gaz au niveau de  la Voragine (VOR) et de la Bocca Nuova (BN). La fréquence et l’intensité des explosions stromboliennes sont variables.

Dans le même temps, l’activité du Stromboli se caractérise par des explosions dans la zone cratèrique Nord (N) et la zone cratèrique centre-sud (CS). Les explosions de deux bouches dans le cratère N1 éjectent des lapilli et des bombes à 80 à 150 m de hauteur, avec aussi des émissions de cendres

En raison d’effondrements du dôme de lave sommital, le Sinabung (Indonésie) déclenche deux coulées pyroclastiques le 25 octobre 2020. Les avalanches de cendre à haute température atteignent des distances de 1,5 et 2,5 km,

La préfecture de Mayotte vient indique que, selon les données de la dernière campagne océanographique menée du 1er au 26 octobre, le volcan sous-marin découvert en mai 2019 au large de Mayotte est toujours actif. Cette dernière campagne a permis d’identifier au nord-ouest du volcan de nouvelles coulées de lave pouvant atteindre 60 m mètres d’épaisseur sur le fond marin. Elles confirment la persistance d’une activité éruptive, toujours en cours au moment de la campagne. Les relevés du fond marin ont permis de constater que la morphologie du volcan n’a pas évolué depuis août 2019. Selon les études déjà menées sur le volcan, ce dernier présente une hauteur de 800 mètres et il a provoqué des séismes qui ont fait s’affaisser Mayotte de 15 centimètres.

Coulée pyroclastique sur le Sinabung (Crédit photo : J.P. Vauzelle)

Bilan éruptif de l’année 2020 – (3) mai, juin et juillet

Voici les événements éruptifs les plus marquants des mois de mai, juin et juillet 2020 :

Mai 2020

Le 15 mai, l’INGV indique que l’activité s’est intensifiée au niveau du Nouveau Cratère SE de l’Etna au cours des derniers jours

En mai, la couleur du niveau d’alerte est Jaune sur 3 volcans surveillés par l’Alaska Volcano Observatory (AVO) : Shishaldin Semisopochnoi, Great Sitkin.

Le 16 mai, une puissante séquence éruptive a lieu sur le Semeru (Indonésie) avec un panache de cendre qui montre jusqu’à 14 km d’altitude.

Un bref épisode éruptif est observé ce même jour sur le Mont Ibu (île de Halmahera / Indonésie)..
La couleur de l’alerte aérienne passe au Rouge sur les deux volcans.

22 mai : Des explosions phréatiques sont toujours observées sur le Rincón de la Vieja (Costa Rica).

Un essaim sismique incluant une douzaine d’événements est enregistré dans la région de West Yellowstone, près du Parc National de Yellowstone le 29 mai. La secousse la plus forte a une magnitude de M 3,1. Les autres se situent entre M 1,6 et M 3,1, à une profondeur d’environ 5 km. On a déjà enregistré 34 séismes dans la région au cours du mois d’avril. Les essaims sismiques sont relativement fréquents dans la région et en général dus à l’activité hydrothermale.

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Juin 2020

Le 1er juin, un épisode éruptif est observé sur le Cleveland (Aléoutiennes / Alaska). Il détruit le dôme de lave qui s’était formé en janvier 2019 et avacue une grande quantité de matériaux du cratère sommital. Des coulées de débris parcourent environ 2,9 km le long du flanc E et plus de 2,7 km le long du flanc N. Aucune activité significative n’est observée les jours suivants.

Un séisme longue période est enregistré sous le Nevados de Chillán (Chili) le 6 juin. Le  panache de cendres qui a accompagné cet événement monte à plus de 760 m au-dessus de la bouche éruptive. Des coulées pyroclastiques dévalent les flancs NW, N, E et SE du volcan.

Un fort épisode éruptif est observé sur le Sangay (Equateur) le 9 juin, avec une colonne de cendres qui s’élève jusqu’à 7 km d’altitude. Des retombées de cendres sont observées dans plusieurs provinces et le trafic aérien est perturbé. Plusieurs routes sont fermées en raison de l’épaisse couche de cendre. Les habitants de la région, en particulier à Guayaquil,  sont invités à porter des masques pour éviter les problèmes respiratoires et continuer à se protéger contre le coronavirus. En mars et avril, l’épidémie a été particulièrement sévère; les services de santé ont été débordés et il a fallu récupérer les personnes décédées à l’intérieur des habitations. Par bonheur, la situation s’est bien améliorée. L’Instituto Geofisico indique que des coulées pyroclastiques ont dévalé le flanc sud-est du volcan. Le 9 juin au soir, le nuage de cendres s’étire sur 400 km

L’activité reste soutenue en juin sur l’île volcanique Nishinoshima (Japon), avec de grandes coulées de lave et des panaches de cendre émis par le cône central. Il est demandé aux pêcheurs de rester en dehors de la zone d’exclusion d’un rayon de 2,6 km autour de l’île.

Le 18 juin, le Met Office islandais (IMO) indique que le volcan Grímsvötn pourrait entrer en éruption à court terme, d’ici quelques semaines ou quelques mois. A ce jour, aucune éruption ne s’est produite !

Un essaim sismique d’une intensité encore jamais observée est enregistré en Islande sur la zone de fracture de Tjörnes (TFZ), avec des événements au-dessus de M 5,0. Un séisme fort et superficiel enregistré par l’USGS avec une magnitude de M 6.0 et de M 5.7 par l’IMO secoue la zone à 19h07 UTC le 21 juin L’épicentre est situé à 50 km au NNE de Siglufjörður (1190 habitants) et 101 km N d’Akureyri (17693 habitants). L’hypocentre est localisé à une profondeur de 10 km, comme la plupart des événements précédents. Plus de 2000 secousses ont été enregistrées depuis le 19 juin 2020.

Le volume du dôme de lave du Merapi (Indonésie) dépasse d’environ 600 m le sommet du volcan. Son volume était estimé à 200 000 mètres cubes le 13 juin. La morphologie du cratère sommital a légèrement changé après l’éruption du 21 juin. Quelque 19 000 mètres cubes ont disparu de la partie sud-ouest du sommet, probablement à proximité ou en bordure du cratère. Le niveau d’alerte reste à 2

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Juillet 2020

Le volcan de l’île Nishinoshima (Japon) est toujours très actif. La JMA indique qu’une colonne de cendres s’élève à 8 300 m au-dessus du niveau de la mer le 4 juillet. C’est la plus haute colonne de cendres observée depuis 2013.
Comme précédemment, l’activité volcanique se caractérise par de fréquentes explosions et coulées de lave. Les coulées de lave avancent sur le versant sud-ouest et entrent dans la mer.

Le SERNAGEOMIN indique que la lave a commencé à percer la lèvre du cratère Nicanor du Nevados de Chillán (Chili) le 27 juin avant de s’écouler sur une quarantaine de mètres le long du flanc N le 1er juillet. Une explosion le 6 juillet génère un panache de gaz et de cendres qui s’élève à 1,2 km au-dessus du cratère. Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune.

Une nouvelle éruption débute sur le Raung (Ile de Java / Indonésie) à 13h53 (heure locale) le 16 juillet. La dernière éruption avait eu lieu entre les mois de février et août 2015. Selon l’observatoire volcanologique du Raung, l’éruption initiale a duré 56 secondes, avec des panaches de cendre qui sont montés jusqu’à 6 km d’altitude. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne passe à l’Orange. Des vols en provenance et à destination de Bali et d’aéroports régionaux sont annulés à cause de la menace de la cendre.

Le 19 juillet, deux fortes explosions secouent le Stromboli vers 5 heures du matin et provoquent un mouvement d’angoisse parmi la population qui garde à l’esprit les événements explosifs des derniers moi, avec un mort le 3 Juillet 2019, un randonneur qui gravissait le volcan côté Ginostra. Selon l’INGV, les deux explosions ont été moins intenses que celle du 3 juillet 2019.

Panache de cendre sur l’île Nishinoshima (Crédit photo: Japan Coast Guard)

Grímsvötn (Islande) : Une éruption à court terme? // An eruption in the short term?

Le Grímsvötn est un volcan sous-glaciaire islandais situé sous la partie nord-ouest de la calotte glaciaire du Vatnajökull. C’est un volcan basaltique avec une fréquence éruptive remarquable, la plus élevée de tous les volcans d’Islande. C’est la raison pour laquelle il est étroitement surveillé. Dans la mesure où la majeure partie du système volcanique se trouve sous le Vatnajökull, la plupart des éruptions sont sous-glaciaires. En conséquence, l’interaction du magma et de l’eau de fonte de la glace provoque une activité phréatomagmatique, donc explosive. Les éruptions provoquent régulièrement des crues glaciaires connues sous le nom islandais de jökulhlaup. Les éruptions font fondre suffisamment de glace pour remplir d’eau la caldeira du Grímsvötn. La pression exercée par cette eau peut être suffisante pour soulever brutalement la calotte glaciaire et permettre à d’énormes quantités de s’échapper rapidement.

Comme je l’ai écrit dans ma note du 2 octobre 2020 sur les «Volcans du monde», l’Icelandic Met Office (IMO) a fait passer la couleur de l’alerte aérienne du Grímsvötn du Vert au Jaune en raison d’une hausse d’activité révélée par plusieurs paramètres géophysiques et géochimiques qui se situent actuellement au-dessus de la normale.
Il est utile de rappeler au public que le code couleur de l’alerte aérienne fait partie d’un système international destiné à alerter les pilotes sur l’activité volcanique et le danger qu’elle peut créer, notamment en ce qui concerne les cendres en suspension dans l’air qui peuvent endommager les moteurs des aéronefs.. L’objectif est également de préparer les services aéronautiques à une éventuelle éruption. Bien que le code soit désormais Jaune, il n’est pas interdit aux avions de survoler le Grímsvötn.

Selon l’IMO, la hausse d’activité du Grímsvötn se manifeste de la façon suivante:
La sismicité au cours du mois dernier a été supérieure à la moyenne.
L’activité géothermale a augmenté au cours des derniers mois, avec des signes évidents d’approfondissement des chaudrons qui se sont creusés en plusieurs endroits de la caldeira.
La déformation de surface a dépassé son niveau d’avant l’éruption de 2011.
Des gaz magmatiques ont été détectés dans les émissions géothermales cet été.
Selon le Met Office, tous ces paramètres indiquent que le volcan a atteint un niveau d’activité comparable à celui observé avant les dernières éruptions. C’est pourquoi la couleur de l’alerte aérienne est passée au Jaune.

Cependant, cela ne signifie pas nécessairement qu’une éruption se produira et le volcan pourrait revenir à des conditions normales. En 2017, par exemple, la couleur de l’alerte aérienne était passée au  Jaune en raison d’une hausse d’activité observée sur le volcan Öræfajökull. Elle a ensuite été abaissée au Vert lorsque l’activité est redevenue normale.
Source: IMO
Nous sommes dans une situation similaire à celle du Piton de la Fournaise à La Réunion. Bien que le Grimsvötn soit bien surveillé et bien instrumenté, la prévision volcanique a atteint ses limites.

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Grímsvötn is a subglacial Icelandic volcano located under the northwestern side of the Vatnajökull ice cap. It is a basaltic volcano with the highest eruption frequency of all the volcanoes in Iceland. This is the reason why it is carefully monitored. Because most of the volcanic system lies underneath Vatnajökull, most eruptions have been subglacial and the interaction of magma and meltwater from the ice causes phreatomagmatic explosive activity. Eruptions regularly cause glacial outbursts known as jökulhlaup. Eruptions melt enough ice to fill the Grímsvötn caldera with water, and the pressure may be enough to suddenly lift the ice cap, allowing huge quantities of water to escape rapidly.

As I put it in my post of October 2nd, 2020 about “Volcanoes of the world” , the Icelandic Met Office (IMO) has raised the aviation colour code for Grímsvötn volcano from green to Yellow due to a gradually increasing activity revealed by several geophysical and geochemical parameters that are now above background level.

It is useful to remind the public that the Aviation Color Code belongs to an international system intended to alert pilots about the status of volcanic activity and the danger it can create, especially with regard to airborne ash hazards. The goal, too, is for aviation services to be prepared for a potential eruption. Although the code is now Yellow, aircraft are not prohibited from flying over Grímsvötn. Aviation services have just been made aware of the situation.

According to IMO, the increasing activity in Grímsvötn is manifested by the following:

Seismicity during the past month has been above average.

Geothermal activity has increased over the past months with clear signs of deepening cauldrons in several places around the caldera.

The surface deformation has exceeded the level it was at prior to the 2011 eruption.

Magmatic gases were measured in the geothermal emissions this summer.

According to the Met Office, all these parameters indicate the volcano has reached a level of unrest comparable to that noted prior to previous eruptions. This is the reason why the aviation colour code has been raised to Yellow. However, this does not necessarily mean an eruption will occur and the volcano could turn back to normal conditions. In 2017, for example, a Yellow aviation colour code was activated due to activity in Öræfajökull volcano. It was later lowered to Green when activity returned to normal.

Source: IMO.

We are in a situation similar to that of Piton de la Fournaise on Reunion Island. Although Grimsvötn is well monitored, volcanic prediction has reached its limits.

Source : IMO

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde, avec référence au Rapport Hebdomadaire de la Smithsonian Institution: :

L’Icelandic Met Office a fait passer au Jaune la couleur de l’alerte aérienne du Grímsvötn le 30 septembre suite à une hausse de l’activité. La sismicité a augmenté au cours du mois dernier, les chaudrons présents à la surface du glacier se sont approfondis en plusieurs endroits de la caldeira, signe d’une hausse de l’activité géothermale. De plus, la déformation de surface a dépassé le niveau d’avant l’éruption de 2011. Des gaz magmatiques étaient présents dans les émissions au cours de l’été. Pour terminer, le niveau de l’eau dans le lac sous-glaciaire est comparable aux niveaux qui ont précédé les inondations de 2004 et 2010. La dernière éruption de 2011 a été puissante, avec un VEI 4. Ne vous précipitez pas pour aller en Islande; le coronavirus y est actif, avec de sévères mesures de restriction concernant les visiteurs.
Source: OMI.

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Au Chili, l’activité du Villarrica se caractérise par la présence d’un lac de lave actif, de petites explosions et des émissions de gaz. Les images de la webcam montrent des émissions de gaz ne dépassant pas 500 m la lèvre du cratère, avec parfois une incandescence nocturne du cratère et la projection de matériaux. Les images satellites montrent des dépôts de téphra autour du cratère jusqu’à 36 m sur les flancs E et SE. Le 25 septembre, le réseau sismique a enregistré un séisme longue période associé à une explosion d’intensité moyenne. Le niveau d’alerte reste au Jaune.
L’activité se poursuit dans le cratère Nicanor du Nevados de Chillán. Les explosions au niveau du dôme de lave génèrent des panaches qui s’élèvent à moins de 1,5 km. La coulée de lave sur le flanc NNE mesure environ 500 m de long et avance à une vitesse de 1,70 mètre par heure. Le niveau d’alerte reste au Jaune et il est rappelé à la population de ne pas s’approcher du cratère à moins de 3 km.
L’activité se poursuit sur le Copahue (frontière Chili-Argentine). Les webcams montrent des panaches de gaz et de cendres s’élevant jusqu’à 1,1 km, parfois associés à l’incandescence nocturne du cratère. Deux anomalies thermiques ont été identifiées sur les images satellites. Le niveau d’alerte reste au Jaune.
Source: SERNAGEOMIN.

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Les retombées de cendres produites par l’éruption explosive du Sangay (Équateur) le 20 septembre 2020 continuent d’affecter plusieurs régions du pays, notamment la province andine du Chimborazo. Au total, 11 198 hectares de cultures ont été détruits, soit au moins 24 557 agriculteurs. Le Ministère de l’Agriculture a livré du fourrage pour le bétail.
Les volcanologues de l’Instituto Geofisico ont déclaré que les explosions et les émissions de cendres du 20 septembre étaient beaucoup plus puissantes que celles observées au cours des deux derniers mois.
Le 24 septembre, les autorités ont signalé que 55 000 ha de bananiers avaient été touchés par la cendre, en particulier dans les provinces de Guayas et Los Rios. La production de cette région représente 25 à 30% des fruits exportés dans le monde
Source: Presse équatorienne.

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Here is some news of volcanic activity around the world as reported by the Smithsonian Institution’s Weekly Report:

The Icelandic Meteorological Office raised the aviation colour code for Grímsvötn to Yellow on September 30th because   activity had been increasing above background levels. Seismicity increased over the past month, cauldrons deepened in several places around the caldera around the caldera, signifying increased geothermal activity.  Moreover, surface deformation surpassed the level prior to the 2011 eruption, and magmatic gases were present in emissions over the summer. Additionally, water levels in the subglacial lake were comparable to levels prior to floods in 2004 and 2010. The last eruption in 2011 was large and powerful, with a VEI 4. Don’t hurry to go to Iceland; the coronavirus is quite active, with severe restrictions to visitors.

Source: IMO.

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In Chile, activity at Villarrica is characterized by an active lava lake, minor explosions, and gas emissions. Webcam images show gas emissions rising no higher than 500 m above the crater, with occasional nighttime crater incandescence and ejected material. Satellite images show tephra deposits around the crater extending up to 36 m on the E and SE flanks. On 25 September the seismic network recorded a long-period earthquake associated with a moderate explosion. The alert level remains at Yellow.

Activity continues at Nevados de Chillán’s Nicanor Crater. Explosions at the lava dome in the crater produce plumes that rise less than 1.5 km. The lava flow on the NNE flank is about 500 m long and advancing at a rate of 1.7 metres per hour. The alert level remains at Yellow, and residents are reminded not to approach the crater within 3 km.

Activity continues at Copahue (Central Chile-Argentina border). Webcams record gas-and-ash plumes rising as high as 1.1 km, sometimes associated with nighttime crater incandescence. Two thermal anomalies have been identified in satellite images. The alert level remains at Yellow.

Source : SERNAGEOMIN.

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Ashfall produced by the large explosive event at Sangay (Ecuador) on September 20th, 2020 continues to be registered in several areas of the country, especially in the Andean province of Chimborazo. A total of 11 198 hectares of crops have been destroyed, affecting at least 24 557 farmers. The Ministry of Agriculture has delivered forage for the cattle.

IG volcanologists said that explosions and ash emissions on September 20th were much more energetic than any of those observed in the past couple of months.

On September 24th, authorities reported 55 000 ha of banana crops were affected by ashfall, especially in the provinces of Guayas and Los Rios. This area’s production accounts for 25 to 30% of the fruit that is exported to the world

Source: Ecuadorian newspapers.

Image satellite de l’éruption du Sangay

Grímsvötn (Islande) : pas de crue glaciaire pour le moment // Grímsvötn (Iceland) : no glacial flood yet

Les dernières mesures GPS effectuées sur le Grímsvötn montrent que la terre recommence à se soulever. Les scientifiques expliquent que cela signifie qu’il n’y aura pas de crue glaciaire à court terme, comme ils le pensaient il y a quelques jours.
Les scientifiques et la Protection Civile ont contrôlé la zone autour de Grímsvötn pendant tout le week-end. Les dernières données indiquent qu’une crue glaciaire n’est pas imminente pour le moment, mais le niveau du lac sous-glaciaire du Grímsvötn est très élevé. Une crue est très probable cette année.
Bien que ce ne soit pas toujours le cas, une crue glaciaire du Grímsvötn peut déclencher une éruption volcanique. Bien que ces éruptions puissent être puissantes, leur principal inconvénient est qu’elles occasionnent généralement des perturbations du trafic aérien. Comme je l’ai déjà écrit, la prochaine éruption du Grímsvötn ne devrait pas être aussi puissante que celle de 2011.
Source: Iceland Review. .

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The latest GPS measurements taken at Grímsvötn volcano show that the land there is starting to rise again. Scientists say this means that there will not be a glacial flood in the immediate future, as was thought a possibility a few days ago.

Scientists and Civil Defense authorities have been closely monitoring the area around Grímsvötn all weekend. The latest data indicate that a glacial flood is not imminent right now, but the water level in Grímsvötn is very high, so a flood is expected this year.

Although this is not always the case, a glacial flood at Grímsvötn can trigger a volcanic eruption. Although these eruptions can be strong, the primary side effect has usually been disruptions to air traffic. As I put it before, Grímsvötn’s next eruption is unlikely to be as big as the one in 2011.

Source : Iceland Review.

L’éruption de 2011 vue depuis l’espace (Source : NASA)

Crue glaciaire du Grimsvötn (Islande) ? // A glacial flood on Grimsvötn (Iceland) ?

Un article diffusé le 14 août 2020 sur le site Iceland Review indique qu’une crue glaciaire – jökulhlaup en islandais – a peut-être commencé sur le Grímsvötn, volcan qui se cache sous la calotte glaciaire du Vatnajökull. La police du sud de l’Islande a été avertie qu’un jökulhlaup est peut-être en cours. Cependant, actuellement, les seules données susceptibles de confirmer cet événement sont celles fournies par les GPS qui enregistrent les déformations du sol autour du volcan.
Le processus de déclenchement d’un jökulhlaup est facile à comprendre. L’eau de fonte s’accumule dans un lac sous-glaciaire au cœur du Grímsvötn. Le niveau du lac monte lentement jusqu’à ce qu’il déborde et déclenche une crue glaciaire.

Attention ! Un débordement du lac sous-glaciaire n’est pas forcément le signe d’un réveil du volcan.

Les mesures montrent que le niveau de l’eau sous le volcan est monté de plusieurs centimètres le 13 août 2020, mais qu’il est resté stable depuis cette date. En juin, le niveau du lac sous-glaciaire montait de trois centimètres par jour, avec le risque d’une inondation possible dans les semaines ou les mois à venir. Les eaux de crue glaciaire du Grímsvötn ont tendance à s’écouler dans la rivière Gígjukvísl et atteignent généralement leur débit maximum en deux à cinq jours.
Le Met Office islandais a convoqué une réunion pour aborder cette possibilité de jökulhlaup et la Protection Civile reste en contact avec les autorités locales. La police de la région a été informée, mais aucune mesure préliminaire n’a encore été prise.
Le Grímsvötn est entré en éruption pour la dernière fois en 2011. Ce fut la plus grande éruption du volcan depuis 140 ans. S’il y a une éruption du Grímsvötn dans les jours ou semaines à venir, les scientifiques pensent qu’il est peu probable qu’elle soit aussi puissante que celle de 2011.
Source: Iceland Review.

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An article released on August 14th, 2020 on the website Iceland Review indicates that a glacial flood may have begun at Grímsvötun volcano under the Vatnajökull ice cap. The South Iceland police have been warned that a jökulhlaup may be underway. However, currently, the only reliable data to confirm this is that GPS devices are registering changes in land elevation surrounding the volcano.

The process  of a jökulhlaup is easy to understand. Glacial meltwater collects in a subglacial lake in Grímsvötn’s core. The water level of the lake rises slowly but surely, until finally, it overflows in a glacial flood.

However, a jökulhlaup does not always mean that the volcano is erupting!

Measurements showed the water levels under the volcano shifting by several centimetres on August 13th, 2020 but they have been stable ever since. In June, the water level of the subglacial lake was rising three centimetres a day, indicating that a flood could be imminent in coming weeks or months. Glacial floodwaters from Grímsvötn tend to run into the Gígjukvísl river and usually reach their climax within two to five days.

The Icelandic Met Office has convened a meeting regarding the possible event and Civil Protection has also been in touch with local authorities. Police stations in the district have been informed, but no preparations have been undertaken yet.

Grímsvötn last erupted in 2011, the volcano’s largest eruption in 140 years. If there is an eruption of Grímsvötn in coming days or weeks, scientists say it is unlikely to be as big as the one in 2011.

Source: Iceland Review.

Panache éruptif du Grimsvötn le 22 mai 2011 (Source: NASA)