La fonte inquiétante des glaciers (suite) // The alarming melting of glaciers (continued)

Un documentaire récemment diffusé sur la chaîne du National Geographic nous apprend que les glaciers himalayens autour de l’Everest fondent rapidement eux aussi. C’est le résultat d’observations et analyses faites par une équipe scientifique qui a gravi la plus haute montagne du monde. Contrairement à ce que d’autres expéditions ont conclu ces dernières années, les glaciers himalayens fondent, même à très haute altitude, au-dessus des zones d’accumulation. Les membres de la dernière expédition comprenaient des glaciologues et des biologistes. Ils ont effectué des mesures sur les glaciers et  dans les lacs et tous sont d’accord pour dire que le réchauffement climatique affecte les montagnes, même à très haute altitude.
L’Himalaya n’est pas seulement la plus jeune chaîne de montagnes, mais aussi le Troisième Pôle. Une région très importante de la chaîne de montagnes est l’Hindu Kush Himalaya (HKH) qui s’étend sur 3 500 kilomètres carrés dans huit pays, dont l’Inde, le Népal et la Chine. On le considère comme le château d’eau de l’Asie en raison de sa réserve d’eau sous forme de glace.
On estime que le HKH a la plus grande réserve de neige après les pôles ; ses glaciers sont essentiels à la vie d’un tiers de la population à travers le monde. Cela signifie que sans cette eau potable et d’irrigation, la vie serait impossible dans la péninsule indienne.
La situation actuelle des glaciers de l’Hindu Kush Himalaya est particulièrement alarmante. Selon une étude internationale sur les glaciers du monde publiée dans la revue Nature Geoscience, ceux du HKH contiennent probablement 27% moins de glace que le prétendaient les études antérieures. De plus, la région devrait perdre la moitié de sa superficie glaciaire d’ici 2060, donc dix ans plus tôt que l’échéance précédemment prévue de 2070.
Certains scientifiques font remarquer que le nombre de glaciers dans la région himalayenne a augmenté, mais c’est une illusion. Cette augmentation du nombre de glaciers est principalement due à la fragmentation des glaciers, les plus grands se divisant en plus petits. Cela se produit en raison du réchauffement climatique et de la perte constante de zones occupées par les glaciers.

À une échelle beaucoup plus petite, les glaciers du Mont Blanc dans les Alpes françaises fondent eux aussi de plus en plus vite. Tout en perdant leur glace, ils livrent leurs secrets Une brassée de journaux a récemment émergé du glacier des Bossons près de Chamonix. On peut encore y lire les gros titres : ils informaient les lecteurs qu’Indira Gandhi était devenue la première, et jusqu’alors la seule, femme Premier ministre de l’Inde en 1966.
Les exemplaires des journaux indiens se trouvaient probablement à bord d’un Boeing 707 d’Air India qui s’est écrasé sur la montagne le 24 janvier 1966, faisant 177 morts.
Une fois que les journaux auront séché, ils rejoindront une collection de plus en plus importante d’articles trouvés suite à la catastrophe. La découverte la plus étonnante a eu lieu en 2013, avec un coffret de pierres précieuses – émeraudes, saphirs et rubis – d’une valeur comprise entre 130 000 et 246 000 euros, probablement en provenance du crash de 1966.
Des restes humains ont également été retrouvés dans la même zone du glacier en 2017. On pense qu’ils provenaient du crash d’un autre avion indien, le Malabar Princess, qui est entré en collision avec la montagne en 1950.
Voir la note que j’ai écrite le 15 septembre 2018 sur ces événements tragiques:
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2018/09/15/les-secrets-du-glacier-des-bossons-alpes-francaises/

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 A recent National Geographic documentary informs us that Himalayan glaciers around Mount Everest are melting rapidly. This is the result of the observations and analyses made by a scientific team that climbed the world’s highest mountain. Contrary to what other expeditions concluded in the past years, Himalayan glaciers are melting, even at very high altitudes, above the accumulation zones. The members of the last expedition included glaciologists and biologists. They took measurements on glaciers and lakes and all agreed to say that global warming was affecting the very high altitude universe.

The Himalayas are not only the youngest mountain range, but also the Third Pole. A very important area of the mountain range is the Hindu Kush Himalaya (HKH) region which spreads over 3,500 square kilometres across eight countries including India, Nepal and China. It is also known as the Water Tower of Asia due to its reserve of frozen water.
According to an estimate, HKH has the highest snow storage after the poles and its glaciers are the lifeline for one-third of the population across the globe. This means that without this water for drinking and irrigation, life would be impossible in the Indian peninsula.
The current situation of the glaciers in the Hindu Kush Himalaya is particularly alarming. According to an international study on the world’s glaciers published in journal Nature Geoscience, they probably contain 27 per cent less ice than previously suggested. What is more, the region is expected to lose half of its current glacier area by 2060, a decade earlier than the previously expected deadline of 2070.

Some scientists have noticed that the number of glaciers in the Himalayan area has increased but this is an illusion. This increase in the number of glaciers is primarily due to glacier fragmentation, big ones splitting into smaller ones. This is happening due to global warming and consistent loss in areas the glaciers occupy.

At a much smaller scale, the Mont Blanc glaciers in the French Alps are melting faster and faster too. While losing their ice, they are yielding more and more secrets A clutch of newspapers recently emerged from the Glacier des Bossons near Chamonix. One could still read the headlines from when Indira Gandhi became India’s first and so far only woman prime minister in 1966.

The copies of the Indian newspapers were probably aboard an Air India Boeing 707 that crashed on the mountain on January 24th, 1966, claiming 177 lives.

Once the papers have dried out, they will join a growing collection of found items from the crash. The most stunning find occurred in 2013, a box of precious stones – emeralds, sapphires and rubies – worth between 130,000 and 246,000 euros that is thought to have come from the 1966 crash.

Human remains were also found in the same area in 2017. They could have come from the crash of another Indian plane, the Malabar Princess, that collided with the mountain in 1950.

See the post I wrote on 15 September 2018 about these events:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2018/09/15/les-secrets-du-glacier-des-bossons-alpes-francaises/

Chaîne de l’Hindu Kush Himalaya(Source : Wikipedia)

Glacier des Bossons (Photo : C. Grandpey)

Virus : ce n’est qu’un début ! // Viruses : it’s just the beginning !

La pandémie actuelle de coronavirus désorganise totalement l’économie mondiale, avec un impact catastrophique pour de nombreux secteurs. Les conséquences humaines sont elles aussi dramatiques avec des dizaines de milliers de morts, une hausse du chômage et des relations humaines détériorées. Beaucoup prétendent que « rien ne sera plus comme avant.» Très logiquement, la seule solution pour sortir définitivement de cette crise sanitaire serait la découverte d’un vaccin. Je crains toutefois que les prochaines décennies se caractérisent par une course aux vaccins. On ne  sait pas trop d’où est sorti le COVID-19 (pangolin, laboratoire, autre ?) mais on sait que d’autres virus sont dissimulés à la surface de la Terre et qu’ils n’attendent que le moment favorable pour se manifester.

Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, la fonte des glaciers et du permafrost sous les coups de boutoir du réchauffement climatique nous réserve probablement de sales surprises. Au mois de janvier 2020, j’écrivais que des chercheurs américains et chinois ont mis à jour en 2015 dans les glaciers de l’Himalaya plusieurs virus jusqu’alors inconnus. L’analyse des carottes de glace ainsi collectées a révélé pas moins de 33 virus dont 28 jusque-là inconnus de la science. Ces virus ont été découverts dans une glace vieille de 15 000 ans, à une cinquantaine de mètres de profondeur. Suite à leur découverte, les chercheurs américains et chinois ont insisté sur le fait que, dans le pire des cas, « le réchauffement climatique – et la nouvelle exploitation minière de régions auparavant inaccessibles – pourrait être à l’origine d’une libération de nouveaux agents pathogènes dans notre environnement. »

Cette découverte dans l’Himalaya s’ajoute aux risques liés à la fonte du permafrost dans les hautes latitudes. En 2017, des chercheurs ont découvert en Sibérie un virus vieux de 30 000 ans. Ils sont parvenus, sous contrôle, à le réactiver pour infecter une amibe unicellulaire. C’est la preuve que les virus peuvent survivre, au moins 30 000 ans.

Cette survie des virus a été confirmée en 1997 par l’exhumation au Svalbard (Norvège) de cadavres de mineurs victimes de la Grippe Espagnole en 1918. Dans une note publiée le 16 avril 2020, j’expliquais que le virus était toujours actif car il avait été bien conservé par le froid.

Ces différents exemples montrent parfaitement le lien qui existe entre le réchauffement climatique et le développement des virus. Même si les émissions de gaz à effet de serre se sont réduites au cours du confinement, leur concentration dans l’atmosphère n’a pas varié.

Il est fort à parier que l’on va assister à une reprise accélérée de l’économie mondiale dans les prochaines semaines et les prochains mois. Cela aura inévitablement pour effet d’accélérer le réchauffement climatique…et le risque d’apparition de nouveaux virus. Il en sera malheureusement ainsi tant que les intérêts économiques et financiers domineront notre planète. La Nature nous rappellera régulièrement à l’ordre jusqu’au jour où elle vaincra définitivement car l’Homme aura signé son auto-destruction.

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S’agissant du Svalbard, j’aimerais rappeler (voir ma note du 5 mars 2018) qu’il héberge une Réserve mondiale de semences – Svalbard Global Seed Vault. C’est une chambre forte souterraine destinée à conserver dans un lieu sécurisé des graines de toutes les cultures vivrières de la planète et ainsi de préserver la diversité génétique. Abritant près d’un million de variétés, cette réserve offre un filet de sécurité face aux catastrophes naturelles, aux guerres, au changement climatique, ou encore aux maladies.

Ce site a été choisi parce que le climat et la géologie du Spitzberg représentent un environnement idéal pour un tel projet de conservation. Creusée près de la petite ville de Longyearbyen dans l’archipel arctique du Svalbard, à environ 1 120 km du Pôle Nord, cette chambre forte est gérée depuis 2008 par un accord tripartite entre le gouvernement norvégien, l’organisation internationale Global Crop Diversity Trust et la banque génétique nordique.

Le 27 mars 2017, un deuxième bunker a été construit sur l’île de Spitzberg afin de protéger des données telles que des textes, photos ou vidéos. Une campagne de rénovation a débuté pour consolider la Réserve mondiale de semences qui subit de plein fouet les effets du réchauffement climatique. Aujourd’hui, la Réserve a trop chaud. Conçue pour résister à une chute d’avion ou à un missile nucléaire, elle est en train de faire peau neuve après s’être retrouvée les pieds dans l’eau. En 2016, une poussée du mercure a fait fondre le pergélisol. Or ce sol, normalement gelé en permanence, est censé contribuer à maintenir à la température idéale de -18°C à l’intérieur de la chambre forte.

On espère que les travaux de consolidation en cours permettront de faire face au climat des décennies à venir. Le tunnel d’accès va être renforcé et un local sera érigé à proximité du site pour abriter le matériel technique et éloigner toute source de chaleur susceptible de contribuer à une nouvelle fonte du pergélisol.

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The current coronavirus pandemic is completely disrupting the global economy, with a disastrous impact for many sectors. The human consequences are also dramatic with tens of thousands of deaths, rising unemployment and deteriorated human relations. Many claim that “nothing will be the same as before.” Very logically, the only solution to definitively get out of this health crisis would be the discovery of a vaccine. However, I fear that the coming decades will be characterized by a race for vaccines. We do not really know where COVID-19 came from (pangolin, laboratory, other?) But we do know that other viruses are hidden on the surface of the Earth and that they are only waiting for the right moment to appear.
As I have explained on several occasions, the melting glaciers and permafrost under the blows of global warming probably holds some nasty surprises for us. In January 2020, I wrote that American and Chinese researchers discovered in 2015 in the Himalayan glaciers several previously unknown viruses. Analysis of the ice cores thus collected revealed no less than 33 viruses, 28 of which were previously unknown to science. These viruses were discovered in 15,000-year-old ice, some 50 metres deep. Following their discovery, American and Chinese researchers insisted that, in the worst-case scenario, « global warming – and new mining in areas previously inaccessible – could be the source of new pathogens in our environment. »
This discovery in the Himalayas adds to the risks associated with the melting of permafrost in high latitudes. In 2017, researchers discovered a 30,000-year-old virus in Siberia. They managed, under control, to reactivate it to infect a single-celled amoeba. This is proof that viruses can survive, at least 30,000 years.
This survival of the viruses was confirmed in 1997 by the exhumation in Svalbard (Norway) of corpses of minors victims of the Spanish Flu in 1918. In a note published on April 16th, 2020, I explained that the virus was still active because it had been well preserved by the cold.
These different examples perfectly show the link between global warming and the development of viruses. Even though greenhouse gas emissions were reduced during the lockdown, their concentration in the atmosphere did not change.
It’s a safe bet that there will be an accelerated recovery in the world economy in the coming weeks and months. This will inevitably accelerate global warming … and the risk of the appearance of new viruses. Unfortunately, this will be the case as long as economic and financial interests dominate our planet. Nature will regularly remind us to order until the day when it will definitively overcome because Man will have signed his self-destruction.

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Regarding Svalbard, I would like to remind you (see my note of March 5th, 2018) that it hosts a World Seed Reserve – the Svalbard Global Seed Vault. It is an underground vault intended to preserve in a secure place seeds of all the food crops of the planet and thus to preserve genetic diversity. Home to almost a million varieties, this reserve offers a safety net in the face of natural disasters, wars, climate change and even diseases.
This site was chosen because the climate and geology of Spitsbergen represent an ideal environment for such a conservation project. Digged near the small town of Longyearbyen in the Arctic archipelago of Svalbard, about 1,120 km from the North Pole, this vault has been managed since 2008 by a tripartite agreement between the Norwegian government, the international organization Global Crop Diversity Trust and the bank Nordic Genetic Resource Center.
On March 27th, 2017, a second bunker was built on the island of Spitsbergen to protect data such as text, photos or videos. A renovation campaign has started to consolidate the Svalbard Global Seed Vault which is suffering from the impact of global warming. Today, the Reserve is too hot. Designed to withstand a plane crash or a nuclear missile, it is undergoing a facelift after finding itself in the water. In 2016, a rise of temperatures melted the permafrost. This soil, normally permanently frozen, is supposed to help maintain the ideal temperature of -18 ° C inside the Vault.
It is hoped that the ongoing consolidation work will help cope with the climate for decades to come. The access tunnel will be reinforced and a room will be erected near the site to house the technical equipment and remove any heat source likely to contribute to a new melting of the permafrost.

Entrée de la Réserve mondiale de semences (Crédit photo: Wikipedia)

La fonte de la glace et du permafrost risque de libérer de nouveaux virus // Melting ice and permafrost may release new viruses

Alors de la planète s’inquiète du nouveau coronavirus apparu il y a quelques jours en Chine, des chercheurs américains et chinois qui travaillent dans les glaces de l’Himalaya ont mis à jour plusieurs virus jusqu’alors inconnus. Ce n’est pas vraiment une surprise. J’ai évoqué à plusieurs reprises sur ce blog ce même risque lié à la fonte du permafrost dans les hautes latitudes. Ainsi, des éleveurs de rennes en Sibérie ont été victimes au cours de l’été 2016 d’une épidémie d’anthrax après avoir consommé une carcasse de renne décongelée. En 2017, des chercheurs ont découvert, dans le permafrost un virus géant vieux de 30.000 ans. Ils étaient parvenus, sous contrôle, à le réactiver pour infecter une amibe unicellulaire. C’est la preuve que les virus peuvent survivre, au moins 30.000 ans.

Les chercheurs américains et chinois se sont rendus au Tibet en 2015. La mission avait pour but de forer les glaciers de l’Himalaya et d’analyser ensuite les carottes pour y rechercher des bactéries et autres virus. Dans une pré-édition de leur étude, on apprend qu’ils ont ainsi mis au jour pas moins de 33 virus dont 28 jusque-là inconnus de la science.

Ces virus ont été découverts dans une glace vieille de 15 000 ans, à une cinquantaine de mètres de profondeur. Pour s’assurer que ces échantillons ne seront pas contaminés par leur exposition à l’air ambiant, les chercheurs ont suivi des protocoles d’échantillonnage très sévères : Travail dans une chambre froide portée à moins 5 °C ; utilisation d’une scie à ruban stérilisée ; lavage des carottes à l’éthanol puis à l’eau stérile.

Les chercheurs n’int pas été vraiment surpris de découvrir des virus jusqu’alors inconnus et qui étaient assez différents d’une carotte à l’autre ; l’une datait de 15.000 ans, l’autre de seulement 520 ans. Ces différences sont probablement révélatrices de conditions climatiques dissemblables au moment de leur dépôt, mais elles fournissent des informations importantes sur la manière dont les virus peuvent prospérer ou non en fonction des conditions environnementales.

Les chercheurs ont profité de cette étude pour attirer l’attention du public sur une problématique nouvelle à laquelle ils se heurtent aujourd’hui : la fonte des glaces, résultat du réchauffement climatique. Selon eux, dans le meilleur des cas, la fonte des glaces nous fera perdre des données microbiennes et virales précieuses qui pourraient nous renseigner sur les régimes climatiques passés de notre planète ainsi que sur l’évolution probable des populations de micro-organismes avec les variations climatiques à venir. Dans le pire des cas, le réchauffement climatique – et la nouvelle exploitation minière de régions auparavant inaccessibles – pourrait être à l’origine d’une libération de nouveaux agents pathogènes dans notre environnement.

Source : Futura Sciences.

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While the world is worried about the new coronavirus that appeared a few days ago in China, American and Chinese researchers working in the ice of the Himalayas have discovered several viruses hitherto unknown. It’s not really a surprise. I have mentioned several times on this blog the risk linked to the melting of permafrost in high latitudes. Reindeer herders in Siberia suffered from an anthrax epidemic in the summer of 2016 after consuming a thawed reindeer carcass. In 2017, researchers discovered a giant 30,000-year-old virus in permafrost. They had managed, under control, to reactivate it to infect a single-celled amoeba. This is proof that viruses can survive, at least 30,000 years.

The American and Chinese researchers visited Tibet in 2015. The mission aimed to drill the Himalayan glaciers and then analyze the ice cores for bacteria and other viruses. In a pre-edition of their study, we learn that they have detected no less than 33 viruses, including 28 previously unknown to science.
These viruses were discovered in 15,000-year-old ice, some 50 meters deep. To ensure that these samples will not be contaminated by their exposure to ambient air, the researchers followed very strict sampling protocols: Work in a cold room brought to minus 5°C; use of a sterilized band saw; washing the carrots with ethanol and then with sterile water.
The researchers were not really surprised to discover viruses hitherto unknown and which were quite different from one ice core to another; one was 15,000 years old, the other only 520 years old. These differences are probably indicative of dissimilar climatic conditions at the time of their deposition, but they do provide important information about how viruses may or may not thrive depending on environmental conditions.
The researchers took advantage of this study to draw public attention to a new problem they are facing today: the melting of the ice, the result of global warming. According to them, in the best of cases, the melting of the ice will cause us to lose precious microbial and viral data which could inform us about the past climatic regimes of our planet as well as about the probable evolution of the populations of microorganisms with the variations.of future climates. In the worst case, global warming – and new mining in areas previously inaccessible – could be the source of new pathogens in our environment.
Source: Futura Sciences.

Carte montrant les régions arctiques recouvertes par le permafrost (Source: NOAA)

Toundra en Alaska (Photo: C. Grandpey)

La fonte polluante des glaciers himalayens // The polluting melting of Himalayan glaciers

Dans une note publiée le 17 avril 2019, j’indiquais que suite à leur fonte et leur recul, les glaciers himalayens rendaient les cadavres d’alpinistes qu’ils avaient emprisonnés dans leurs crevasses au cours des dernières décennies. Aujourd’hui, cette fonte des glaciers himalayens prend une nouvelle tournure. De nouvelles mesures alertent sur les rejets de polluants précédemment accumulés et stockés dans la glace et qui, de ce fait, sont remis en circulation. Le problème, c’est qu’ils induisent une contamination de l’écosystème local sur lequel la population humaine est susceptible de s’alimenter. Les scientifiques expliquent qu’avec le réchauffement de la planète, cette tendance devrait s’accentuer dans les prochaines années et doit donc être prise au sérieux.

Au cours des dernières décennies, près de 80 % des glaciers du plateau tibétain ont fondu et reculé sous les coups de boutoir du réchauffement climatique. De plus, comme je l’ai indiqué précédemment, l’eau déstockée durant le processus de fonte a favorisé l’extension d’environ 50% des lacs présents sur le plateau. Ces derniers sont souvent retenus par de fragiles moraines qui menacent de se rompre, avec un risque d’inondation pour les villages situés en aval.

Outre les conséquences sur l’approvisionnement en eau pour la population et l’écosystème local, la fonte des glaciers libère une importante quantité de polluants. C’est ce que vient de démontrer une nouvelle étude parue au mois de juin 2019 dans le Journal of Geophysical Research: Atmospheres.

Les chercheurs ont analysé des échantillons de glace, d’eau et de neige prélevés dans le bassin Nam Co situé vers le centre du plateau tibétain. Cette zone comportait près de 300 glaciers en 2010. Entre 1999 et 2015, la région a perdu 20 % de son volume de glace. Pour évaluer l’importance des rejets de polluants, les scientifiques ont mesuré une classe de composés chimiques appelés acides perfluoroalkylés. Ces composés fluorés sont essentiellement utilisés dans l’industrie des pesticides et des engrais. Les résultats des analyses indiquent que l’eau de fonte des glaciers du bassin exporte chaque année 1,8 kg de ces substances vers le lac Nam Co. Les chercheurs font remarquer que les résultats sont comparables aux études précédentes faites sur les lacs des régions polaires.

Les glaciers de l’Himalaya contiennent des niveaux de polluants atmosphériques encore plus élevés que les glaciers d’autres régions du monde en raison de leur proximité avec les pays de l’Asie du Sud qui comptent parmi les régions les plus polluées du monde.

Par ailleurs, les polluants rejetés par les activités humaines – l’agriculture notamment – et stockés dans les glaces depuis les années 1940 sont brutalement remis en circulation par une fonte accélérée en ce début de 21ème siècle. Une fois libérés dans l’environnement, ces acides ont une très longue durée de vie.

Les conséquences de l’arrivée de ces polluants dans les rivières présentent un danger pour l’écosystème en aval. Il existe même un risque pour la santé humaine puisque les espèces vivant dans les lacs ou les cours d’eau à proximité sont contaminées par ces composés fluorés. Autrement dit, il n’est pas conseillé de manger du poisson capturé dans un lac alimenté par ces torrents car la toxicité peut être importante.

À terme, les polluants sont présents dans toute la chaîne alimentaire et il faut considérer la situation dans sa globalité. Comme l’a fait remarquer une géochimiste, « cette eau du bassin Nam Co fournit directement l’Inde en ressources hydriques. La Terre est un système fermé. Tout ce qui a été libéré sur Terre reste quelque part sur Terre.»

Adapté d’un article paru dans Science Post.

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In a post published on April 17th, 2019, I indicated that due to their melting and retreat, the Himalayan glaciers aez releasing the corpses of mountaineers they had imprisoned in their crevasses in recent decades. Today, this melting of the Himalayan glaciers takes a new turn. New measures draw attention to the release of pollutants previously accumulated and stored in the ice and, as a result, are recirculated. The problem is that they induce contamination of the local ecosystem on which the human population is likely to feed. Scientists explain that with global warming, this trend is expected to increase in the coming years and should therefore be taken seriously into account.
In recent decades, nearly 80% of the glaciers on the Tibetan Plateau have melted and retreated under the assault of global warming. In addition, as I indicated previously, the water produced during the melting process has favoured the extension of about 50% of the lakes present on the plateau. These are often held by fragile moraines that threaten to rupture, with the risk of flooding downstream villages.
In addition to the effects on water supply for the population and the local ecosystem, the melting glaciers releases a large amount of pollutants. This is just demonstrated by a new study published in June 2019 in the Journal of Geophysical Research: Atmospheres.
The researchers analyzed samples of ice, water and snow collected in the Nam Co Basin located in the centre of the Tibetan Plateau. This area included nearly 300 glaciers in 2010. Between 1999 and 2015, the region lost 20% of its ice volume. To assess the importance of pollutant releases, scientists measured a class of chemical compounds called perfluoroalkylated acids. These fluorinated compounds are mainly used in the industry of pesticides and fertilizers. The results of the analyses indicate that the glacial meltwater from the basin annually exports 1.8 kg of these substances to Nam Co Lake. The researchers note that the results are comparable to previous studies done on polar lakes. .
Himalayan glaciers contain levels of air pollutants that are even higher than glaciers in other parts of the world because of their proximity to the Southeast Asian countries, which are among the most polluted regions of the world.
In addition, pollutants released by human activities – particularly agriculture – and stored in the ice since the 1940s have been brutally recirculated by an accelerated melting at the beginning of the 21st century. Once released into the environment, these acids have a very long life.
The consequences of the arrival of these pollutants in rivers represent a danger to the downstream ecosystem. There is even a risk to human health since species living in the lakes or nearby streams are contaminated with these fluorinated compounds. In other words, it is not advisable to eat fish caught in a lake fed by these torrents because toxicity can be high.
Eventually, pollutants are present throughout the food chain and the situation as a whole must be considered. As one geochemist remarked, « This water from the Nam Co Basin directly provides India with water resources. Earth is a closed system. All that has been released on Earth remains somewhere on Earth.  »
Adapted from an article in Science Post.

Glaciers de l’Himalaya vus depuis l’espace (Source: NASA)

Lac glaciaire Imja au Népal (Crédit photo: Wikipedia)

La fonte des glaciers de l’Himalaya // Glaciers are melting in the Himalayas

Ce n’est pas un scoop mais un nouveau rappel d’une situation inquiétante. Un rapport qui vient d’être publié fin juin 2019 dans la revue Science Advances indique qu’en quarante ans, la chaîne de l’Himalaya a perdu un quart de sa glace qui fond deux fois plus vite que sur la période 1975-2000. Selon les auteurs du rapport, ce phénomène alarmant lié au réchauffement climatique devrait s’aggraver.et aura un impact direct et dangereux sur les populations voisines de la chaîne montagneuse.
En 40 ans, les températures dans la région ont augmenté d’un degré Celsius par rapport à celles enregistrées entre 1975 et 2000t. Au milieu de la dernière période glaciaire, la température annuelle moyenne était de 3 degrés Celsius plus froide.
L’équipe de chercheurs qui a rédigé le rapport a analysé quarante années d’observations satellites de l’Inde, de la Chine et du Bouthan. Les images de satellites espions américains, de meilleure qualité, ont notamment été d’une aide précieuse. Les scientifiques ont ensuite pu comparer les données de la première période avec les données plus récentes récoltées via les satellites de la NASA.
Cette fonte accélérée des glaciers himalayens n’est pas sans conséquences sur les populations locales, réparties de part et d’autre des 2000 kilomètres de la chaîne montagneuse. Quelque 800 millions de personnes dépendent directement des eaux de ruissellement pour l’irrigation, l’hydroélectricité ou l’eau potable. On se retrouve exactement dans la même situation qu’au Pérou où la population dépend directement de l’eau des glaciers.
Comme je le fais remarquer pendant ma conférence « Glaciers en péril », lorsque la glace fond, elle forme de grands lacs glaciaires retenus souvent par des moraines fragiles qui menacent de se rompre en provoquant d’énormes inondations. Pour le moment, la fonte provoque ce type de dégâts, mais à terme les scientifiques prévoient une diminution progressive et constante de la masse des glaciers. Cela signifie qu’à long terme la région subira des périodes de sécheresses au fur et à mesure que le réservoir glaciaire s’épuisera.
Partout dans le monde, les scientifiques alertent sur la fonte des glaces. Une des régions les plus touchées est l’Arctique. Le 18 juin 2019, une fonte inhabituelle au Groenland a de nouveau été enregistrée : La calotte glaciaire a perdu 2 milliards de tonnes de glace en deux jours seulement.
Il est donc urgent d’agir. On parle beaucoup d’écologie et d’environnement en France en ce moment, mais je pense que l’on a trop souvent tendance a confondre environnement et réchauffement climatique, même si les deux choses sont parfois liées. Ce n’est pas en réduisant les pesticides, herbicides et autres matières toxiques que l’i=on fera face au réchauffement climatique. Les mesures à prendre concernent les émissions polluantes, celles qui contiennent, entre autres, du CO2. Bien sûr, cela suppose de s’attaquer à des pans entiers de l’économie: usines, transports routiers, etc Les lobbies pétroliers, industriels, de transporteurs, etc.veillent et aucun gouvernement n’a – et n’aura – le courage de les affronter. Les décisions efficaces ne sont pas pour demain. Les glaciers peuvent continuer à fondre…
Source: LCI.

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This is not a scoop but a new reminder of a worrying situation. A report published in late June 2019 in the journal Science Advances indicates that in forty years, the Himalayan chain has lost a quarter of its ice; it is melting twice as fast as over the period 1975-2000. According to the report’s authors, this alarming phenomenon linked to global warming is expected to worsen and will have a direct and dangerous impact on the neighbouring populations of the mountain range.
In 40 years, temperatures in the region have increased by one degree Celsius compared to those recorded between 1975 and 2000t. In the middle of the last ice age, the average annual temperature was 3 degrees Celsius colder.
The research team that drafted the report analyzed forty years of satellite observations from India, China and Bhutan. The images of American spy satellites, of better quality, have been particularly helpful. The scientists were then able to compare the data from the first period with the more recent data collected via NASA satellites.
This accelerated melting of the Himalayan glaciers is not without consequences on the local populations, distributed on both sides of the 2000 kilometres of the mountain range. Some 800 million people depend directly on runoff for irrigation, hydropower or drinking water. The situation is exactly the same as in Peru where the population depends directly on glacial water.
As I point out during my conference « Glaciers en peril » conference, when the ice melts, it forms large glacial lakes often held by fragile moraines that threaten to break up causing huge floods. For the moment, the melting causes this type of damage, but in the long term the scientists foresee a progressive and constant diminution of the mass of the glaciers. This means that in the long term the region will experience periods of drought as the ice reservoir runs out.
Scientists around the world are alerting about ice melting. One of the most affected areas is the Arctic. On June 18th, 2019, an unusual melting in Greenland was recorded again: The ice sheet lost 2 billion tonnes of ice in just two days.
It is therefore urgent to act. There is a lot of talk about ecology and the environment in France right now, but I think that we too often tend to confuse environment and global warming, even if the two things are sometimes linked. It is not by reducing pesticides, herbicides and other toxic materials that we will face global warming. The measures to be taken concern polluting emissions, those containing, among others, CO2. Of course, this means tackling whole areas of the economy: factories, road transport, etc. Oil, industrial, transport, and other lobbies are controlling the situation and no government has, and will have, the courage to confront them. Effective decisions are not for tomorrow. Glaciers can continue to melt …
Source: LCI.

Glaciers de l’Himalaya vus depuis l’espace (Source: NASA)

Fonte des glaciers: L’Everest livre ses morts // Glacier melting : Mount Everest delivers its dead

Depuis qu’il a été conquis pour la première fois par Sir Edmunund Hillary et son sherpa Tenzing Norgay en 1953, plus de 4 800 alpinistes ont escaladé l’Everest, le plus haut sommet du monde avec 8848 mètres au-dessus du niveau de la mer.* Ces dernières années, le nombre d’alpinistes a suscité des inquiétudes par leur trop grand nombre, ce qui a aggravé encore davantage les dangers sur la montagne. Quelque 563 alpinistes ont escaladé le sommet depuis le sud du Népal en 2018. 293 sont morts depuis la première tentative d’ascension et on pense que les deux tiers des corps sont encore ensevelis sous la neige et la glace. De 2000 à 2018, le nombre de décès a augmenté pour atteindre en moyenne 6 décès par an. Les corps sont récupérés au printemps du côté chinois, au nord, au début de la saison d’ascension de la montagne.
Plusieurs études montrent que les glaciers de l’Everest, ainsi que la plupart sur la chaîne himalayenne, fondent et s’amincissent rapidement. Une étude réalisée en 2015 a révélé que les petits lacs du glacier Khumbu – que les alpinistes doivent franchir pour escalader l’Everest – s’agrandissent et se rejoignent en raison de la fonte accélérée de la neige et de la glace. L’armée népalaise a vidangé le lac Imja, près de l’Everest, en 2016, car l’eau de fonte des glaciers avait atteint un niveau dangereu. Une autre équipe de chercheurs a effectué des forages dans le glacier Khumbu en 2018 et constaté que la glace était plus chaude que prévu. Le résultat de leurs recherches, publié dans la revue Scientific Reports en 2018, a révélé: «une température de glace minimale de seulement -3,3°C ; même la glace la plus froide était plus chaude de 2°C que la température moyenne annuelle de l’air. Le rapport du Centre for Integrated Mountain Development indique que si le réchauffement climatique se poursuit, les deux tiers des glaciers de l’Himalaya auront probablement fondu d’ici 2100. Cette fonte pourrait provoquer des inondations importantes et détruire des cultures.
Les responsables des expéditions sur l’Everest découvrent de plus en plus de cadavres d’alpinistes sur le plus haut sommet du monde car les températures de plus en plus élevées font fondre les glaciers et la neige. Plus de 200 alpinistes sont morts au sommet depuis 1922, année où les premiers décès ont été recensés sur l’Everest. On pense que la majorité des corps sont restés enfouis sous les glaciers ou sous la neige.
Le changement climatique affecte rapidement le Népal. Dans certaines régions, les glaciers perdent un mètre d’épaisseur chaque année. En conséquence, les cadavres sont de plus en plus exposés et découverts par les alpinistes. Par exemple, depuis 2008, une compagnie de sherpas a découvert à elle seule sept corps parmi lesquels certains remontent à une expédition britannique dans les années 1970.
L’Association nationale des guides de montagne du Népal est inquiète, car ce type de découverte est de plus en plus courant et perturbe leur travail. La plupart des cadavres sont descendus dans les villes. Les autres sont recouverts de roche ou de neige et sont l’objet de prières en signe de respect.
Les guides de montagne déplorent l’inaction des autorités face aux cadavres retrouvés sur la montagne. Récupérer et rapatrier les corps depuis les camps les plus élevés peut être à la fois dangereux et coûteux. Les autorités estiment qu’il en coûte entre 40 000 et 80 000 dollars pour redescendre des cadavres. Les tâches les plus dangereuses ont lieu à 8 700 mètres, près du sommet de l’Everest.

Source: Presse internationale; Glaciers en péril.

* J’ai apporté cette précision car il est bon de rappeler que l’Everest n’est pas la plus haute montagne sur terre. En effet, si on se réfère au centre de la Terre, le Chimborazo en Equateur dépasse l’Everest de 1 811 mètres. D’autre part, pris depuis sa base au fond de l’Océan Pacifique, le Mauna Kea à Hawaii est la plus haute montagne de la planète avec10 210 mètres de hauteur.

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Since it was first conquered by Sir Edmunund Hillary and his sherpa Tenzing Norgay in 1953, more than 4,800 climbers have scaled Mount Everest, the highest peak on Earth with 8,848 metres above sea level*. In recent years, the number of climbers has concern about overcrowding, further exacerbating the dangers on the mountain. Some 563 climbers scaled the peak from Nepal’s southern side in 2018. 293 mountaineers have died on the peak since the first ascent attempt and two-thirds of bodies are thought still to be buried in the snow and ice. From 2000 to 2018 deaths have increased to 6 annual deaths Bodies are being removed on the Chinese side of the mountain, to the north, as the spring climbing season starts.

Several studies show that glaciers in the Everest region, as in most parts of the Himalayas, are fast melting and thinning. A study in 2015 revealed that ponds on the Khumbu Glacier – that climbers need to cross to scale the mighty peak – were expanding and joining up because of the accelerated melting. Nepal’s army drained the Imja Lake near Mount Everest in 2016 after its water from rapid glacial-melt had reached dangerous levels. Another team of researchers drilled the Khumbu Glacier in 2018 and found the ice to be warmer than expected. The research, published in the journal Scientific Reports in 2018, revealed: “a minimum ice temperature of only −3.3 °C, with even the coldest ice being a full 2 °C warmer than the mean annual air temperature. The report from the International Centre for Integrated Mountain Development says that if global warming continues, two-thirds of Himalayan glaciers could melt by 2100 and that the melting ice could cause major floods and destroy crops.

Mount Everest expedition operators are finding increasing numbers of climbers’ dead bodies on the world’s highest peak as high temperatures melt glaciers and snow. More than 200 mountaineers have died on the peak since 1922, when the first climbers’ deaths on Everest were recorded. The majority of bodies are believed to have remained buried under glaciers or snow.

Climate change is affecting Nepal rapidly. In some areas, glaciers are melting by a metre every year. As a consequence, dead bodies are increasingly being exposed and discovered by climbers. For instance, since 2008 a single sherpa company has brought down seven dead bodies of some mountaineers, some dating back to a British expedition in the 1970s.

The Nepal National Mountain Guides Association is worried as this kind of discovery is increasingly common and affects their operations. Most of the dead bodies are brought to the towns. The others are covered with rock or snow and respected by prayers.

The mountain guides regret the authorities’ lack of action in dealing with dead bodies encountered on the mountain. Recovering and removing bodies from the higher camps can be both dangerous and expensive. Experts say it costs $40,000 to $80,000 to bring down dead bodies. One of the most dangerous recoveries is at 8,700 meters, near the summit of Mt Everest.

Source: International press; Glaciers en péril.

* I made this clarification because it is good to remember that Mt Everest is not the highest mountain on Earth. Indeed, if one refers to the centre of the Earth, Chimborazo (Ecuador) exceeds Everest by 1,811 meters. What is more, taken from its base at the bottom of the Pacific Ocean, Mauna Kea (Hawaii) is the highest mountain on the planet with 10,210 metres in height.

Face nord de l’Everest (côté Tibet) [Crédit photo: Wikipedia]

La fonte des glaciers himalayens et ses dangers // The melting of Himalayan glaciers and its dangers

Dans mon dernier livre «Glaciers en Péril, les effets du réchauffement climatique», j’attire l’attention sur le risque de la fonte des glaciers de l’Himalaya et les dangers pour les populations. J’aurai également l’occasion d’aborder ce sujet au cours de la conférence que je proposerai demain 8 février à 18h30 à la Médiathèque de Verneuil sur Vienne.

Selon une étude menée par l’International Centre for Integrated Moutain Development – Centre international pour le développement intégré des montagnes (ICIMOD) – et publiée début février, les deux tiers des glaciers de l’Himalaya, le «troisième pôle glaciaire» du monde, pourraient fondre d’ici 2100 si les émissions mondiales ne sont pas réduites. L’étude est le résultat de cinq années de travail par 350 chercheurs et experts. Les scientifiques y expliquent que même si l’objectif le plus ambitieux de l’Accord de Paris consistant à limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C est atteint, un tiers des glaciers disparaîtront.
La région montagneuse de Hindou-Kouch-Himalaya (HKH), qui s’étire sur plus de 3 500 kilomètres de l’Afghanistan à la Birmanie, comprend des glaciers qui constituent une source d’approvisionnement en eau essentielle pour quelque 250 millions de personnes dans les montagnes ainsi que pour 1,65 milliard d’autres dans les vallées fluviales en aval. .
Les glaciers alimentent 10 des réseaux hydrographiques les plus importants du monde, notamment le Gange, l’Indus, le Fleuve Jaune, le Mékong et l’Irrawaddy, et approvisionnent directement ou indirectement des milliards de personnes en nourriture, en énergie et en revenus.
Les effets de la fonte des glaciers sur les populations vont de l’aggravation de la pollution de l’air aux phénomènes météorologiques extrêmes, tandis que la baisse des débits des rivières d’avant la mousson déstabilise les systèmes d’approvisionnement en eau urbains ainsi que la production alimentaire et énergétique. Selon l’ICIMOD, «le réchauffement climatique est en passe de transformer en un peu moins d’un siècle les sommets recouverts de glace de huit pays en rochers nus».
L’objectif central de l’Accord de Paris de 2015 était de maintenir au cours de ce siècle la hausse globale de température bien au-dessous de deux degrés Celsius par rapport aux niveaux préindustriels, et de poursuivre les efforts visant à limiter l’augmentation de la température à 1,5 degrés Celsius.
En décembre, les participants à la COP24 en Pologne se sont mis d’accord sur la mise en œuvre de l’accord, avec engagement à limiter la hausse de la température mondiale bien en dessous de deux degrés Celsius. Toutefois, les principaux pollueurs, notamment les États-Unis et l’Arabie saoudite, ont contesté un rapport scientifique publié en octobre dans lequel il était demandé aux pays de réduire de moitié l’utilisation de combustibles fossiles en un peu plus d’une décennie.
La nouvelle étude de l’ICIMOD indique que même si l’objectif de 1,5°C est atteint, cela signifiera une augmentation de 2,1°C dans la région de l’Himalaya. Si les émissions ne sont pas réduites, la hausse sera de cinq degrés. Les glaciers de l’Himalaya, formés il y a environ 70 millions d’années, sont extrêmement sensibles aux variations de température. Depuis les années 1970, ils ont perdu de l’épaisseur et ont reculé, et les zones recouvertes de neige ont diminué. Comme je l’explique dans mon livre, la zone d’accumulation des glaciers des Alpes et de l’Himalaya est à peu près identique, autour de 3000 mètres d’altitude, mais les glaciers des Alpes disparaîtront plus tôt car les sommets les plus hauts ne dépassent guère 4 000 mètres, alors qu’ils dépassent souvent plus de 7 000 mètres dans l’Himalaya.
En même temps que les glaciers reculent, des centaines de lacs glaciaires risquent de rompre les fragiles moraines qui les retiennent et déclencher des inondations. Les données satellitaires montrent que le nombre de lacs de ce type dans la région est passé de 3 350 en 1990 à 4 260 en 10 ans.
La pollution atmosphérique provenant des plaines de l’Indus et du Gange – l’une des régions les plus polluées au monde – dépose également du carbone noir et de la poussière sur les glaciers, ce qui accélère leur fonte et modifie la circulation de la mousson.
Selon les estimations du rapport, la région aura besoin de 4,6 milliards de dollars par an d’ici 2030 pour s’adapter au changement climatique, et cette somme pourrait atteindre 7,8 milliards de dollars par an d’ici 2050.
Source: ICIMOD.

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In my new book “Glaciers en Péril, les effets du réchauffement climatique”, I draw attention to the risk of glacier melting in the Himalayas and the dangers to the populations.

According to a study led by the International Centre for Integrated Moutain Development (ICIMOD) and published in early February, two-thirds of Himalayan glaciers, the world’s ‘Third Pole’, could melt by 2100 if global emissions are not reduced. The study is the result of five years of work by 350 researchers and experts. The scientists explain that even if the most ambitious Paris Agreement goal of limiting global warming to 1.5 degrees Celsius is achieved, one-third of the glaciers will go.

Stretching over 3 500 kilometres from Afghanistan to Burma, the mountainous region of Hindu-Kush-Himalaya (HKH) includes glaciers that are a critical water source for some 250 million people in the mountains as well as to 1.65 billion others in the river valleys below.

The glaciers feed 10 of the world’s most important river systems, including the Ganges, Indus, Yellow, Mekong and Irrawaddy, and directly or indirectly supply billions of people with food, energy, clean air and income.

Impacts on people from their melting will range from worsened air pollution to more extreme weather, while lower pre-monsoon river flows will throw urban water systems and food and energy production off-kilter. According to ICIMOD, “global warming is on track to turn the frigid, glacier-covered mountain peaks across eight countries into bare rocks in a little less than a century.”

The 2015 Paris Agreement’s central aim was to keep a global temperature rise this century well below two degrees Celsius above pre-industrial levels and to pursue efforts to limit the temperature increase even further to 1.5 degrees Celsius.

In December, world leaders COP24 in Poland agreed on a common rule book to implement the accord, in which countries committed to limiting global temperature rises to well below two degrees Celsius. However, major polluters, including the United States and Saudi Arabia, disputed a landmark scientific report released in October that suggested nations must slash fossil fuel use by nearly half in a little over a decade.

The new ICIMOD study says that even if the 1.5-degrees target is achieved, it would mean a rise of 2.1 degrees in the Himalayas region. If emissions are not reduced, the rise would be five degrees. The Himalayan glaciers, formed some 70 million years ago, are highly sensitive to changing temperatures. Since the 1970s, they have thinned and retreated, and areas covered by snow and snowfall have decreased. As I explain in my book, the accumulation zone for glaciers in the Alps and the Himalayas is roughly the same, about 3000 metres a.s.l., but glaciers in the Alps will disappear sooner because the highest peaks are only about 4,000 metres high whereas in the Himalayas they are often more than 7,000 metres high

As the glaciers shrink, hundreds of dangerous glacial lakes maintained by fragile moraines can burst and unleash floods. Satellite data shows that numbers of such lakes in the region grew to 4,260 in a decade from 3,350 in 1990.

Air pollution from the Indo-Gangetic Plains – one of the world’s most polluted regions – also deposits black carbon and dust on the glaciers, hastening melting and changing monsoon circulation.

The region would require up to $4.6 billion per year by 2030 to adapt to climate change, rising to as much as $7.8 billion per year by 2050, according to an estimate in the report.

Source : International Centre for Integrated Moutain Development (ICIMOD).

Carte reconstituée montrant l’Hindou Kouch – au premier plan – et le Pamir (Source : NASA)