Nouveau risque de crues glaciaires au Népal // New risk of glacial outburst floods in Nepal

Concentrations de CO2 : 429,62 ppm

Concentrations de CH4 : 1945,85 ppb

J’ai alerté à plusieurs reprises sur ce blog sur le danger que représentent les lacs glaciaires qui se forment au front des glaciers en train de fondre Dans l’Himalaya et les Andes, ces lacs sont souvent retenus par des moraines fragiles qui peuvent s’éventrer à tout moment et provoquer de dangereuses crues glaciaires.
En 2026, les scientifiques préviennent que les lacs glaciaires himalayens constituent une menace de plus en plus grande pour les communautés situées en aval, car « un manque de neige et des pluies de plus en plus fréquentes et abondantes » déstabilisent les sols de la région.
Par exemple, le Nepali Times explique que le lac glaciaire de Thulagi, au pied du glacier du même nom, près du mont Manaslu au Népal, s’est agrandi au cours des dernières décennies avec la fonte des glaces environnantes. Ce qui n’était qu’une petite pièce d’eau dans les années 1960 est devenu aujourd’hui un lac de plus d’un kilomètre carré qui contient un volume d’eau considérable.

Source : The Nepali Times

Des scientifiques ont classé le lac Thulagi parmi les lacs glaciaires les plus dangereux de l’Himalaya ; il figure sur la liste de surveillance de l’ICIMOD (Institut indien de normalisation des eaux et des maladies). On craint une rupture brutale du lac.
Une étude de 2018, portant sur l’évolution de trois lacs glaciaires, dont le lac Thulagi, a révélé qu’une rupture brutale du Thulagi menacerait les localités et quatre centrales hydroélectriques situées en aval.
Des modélisations ont montré qu’en cas de rupture du lac Thulagi, les déferlantes pourraient atteindre les localités en aval en quelques heures, avec une hauteur dépassant les 12 mètres par endroits. Des villages entiers pourraient être rasés, des routes et des ponts détruits, et le cours des rivières définitivement dévié.
Les habitants du district de Manang, au Népal, sont encore traumatisés par les inondations de 2021, lorsque de fortes pluies ont provoqué une crue importante de la rivière Marsyangdi. Ces phénomènes météorologiques extrêmes détruisent et perturbent les moyens de subsistance, le tourisme, l’agriculture et la production d’énergie des localités vulnérables. Les pluies extrêmes qui se sont abattues sur la région ont déjà dévasté des exploitations agricoles au Népal et fait doubler le prix des denrées alimentaires. Par le passé, les inondations glaciaires ont emporté des maisons et des dispensaires, et ont coûté des vies.
Au-delà des destructions immédiates, les inondations peuvent contaminer l’eau potable, propager des maladies et déstabiliser les écosystèmes dont les communautés dépendent pour la pêche et l’agriculture.
Ce n’est qu’après les inondations de 2021 que des systèmes d’alerte précoce ont été installés sur les rives du fleuve Marsyangdi et dans les villes voisines. Cependant, les mesures d’alerte restent insuffisantes et aucun système ne couvre le lac Thulagi. En 2025, le Fonds vert pour le climat a approuvé une subvention de 36,1 millions de dollars pour contribuer à réduire le risque d’inondations glaciaires en abaissant le niveau d’eau de quatre lacs glaciaires, dont le Thulagi, dans le cadre du Programme des Nations Unies pour le développement.

Source : The Cool Down (TCD).

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I have alerted several times on this blog to the danger caused by glacial lakes that form at the front of melting glaciers. In the Himalayas and in the Andes, such lakes are often dammed by fragile moraines that may break open at any time and cause dangerous glacial outburst floods (GLOFs).

In 2026, scientists are warning that Himalayan glacial lakes are becoming a growing threat to communities downstream as « too little snow and too much rain » destabilize the region’s terrain.

For instance, the Nepali Times explains that the Thulagi Glacial Lake, at the base of the retreating Thulagi Glacier near Mount Manaslu in Nepal, has expanded over the past few decades as surrounding ice melted. Once a small pool in the 1960s, the lake is now more than 1 square kilometer and holds a huge volume of water.

Scientists have classified Thulagi as one of the most dangerous glacial lakes in the Himalayas, among 47 others on an ICIMOD watchlist. They fear a glacial lake outburst flood.

A 2018 study followed the evolution of three glacial lakes, including Thulagi, finding that a GLOF from Thulagi posed a risk to communities and four hydropower projects downstream.

Modeling showed that if Thulagi were to burst, floodwaters could reach downstream towns within hours, with surges over 12 meters in some locations. Entire villages could be wiped out, roads and bridges destroyed, and rivers permanently rerouted.

Residents in Nepal’s Manang district still carry trauma from flooding in 2021, when heavy rainfall led to surging water in the Marsyangdi River. Extreme weather events like these destroy and disrupt livelihoods, tourism, agriculture, and energy production for vulnerable communities. Extreme rainfall in the region has already devastated farms in Nepal and doubled food prices for families, and past GLOFs have washed away homes and healthcare clinics and taken lives.

Beyond immediate destruction, flooding can contaminate drinking water, spread disease, and destabilize ecosystems that communities depend on for fishing and farming.

It was not until the 2021 floods that early warning systems were installed on the banks of the Marsyangdi River and nearby towns. However, there is currently little preparation beyond that, and no warning systems cover Thulagi. In 2025, the Green Climate Fund approved a $36.1 million grant to help reduce the risk of GLOFs by reducing water levels in four glacial lakes, including Thulagi, under the United Nations Development Program.

Source : The Cool Down (TCD).

Multiplication des crues glaciaires // More and more glacial outburst floods

Avec l’accélération actuelle du réchauffement climatique, les glaciers fondent de plus en plus vite, entraînant une multiplication des inondations ou coulées de boues glaciaires, parfois dévastatrices. Tout le monde se souvient de la lave torrentielle qui a détruit La Bérarde, dans les Alpes françaises, les 20 et 21 juin 2024.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/07/10/les-alpes-durement-touchees-par-les-consequences-du-rechauffement-climatique/

Dans un article publié le 9 août 2025, j’expliquais que les habitants et les autorités de Juneau, capitale de l’Alaska, se préparaient à l’éventualité d’une inondation glaciaire qui, ces dernières années, avait emporté des maisons, inondé plusieurs centaines de foyers et érodé la rivière alimentée par le célèbre glacier Mendenhall. De nombreux habitants de Juneau ont été invités à évacuer leur domicile, car l’inondation glaciaire estivale, provoquée par le réchauffement climatique, menaçait d’inonder la région.
L’alerte déclenchée par l’inondation glaciaire à Juneau a finalement été levée. Le 14 août 2025, les habitants ont été autorisés à regagner leurs domiciles. Les infrastructures construites le long de la rivière ont bien fonctionné et ont permis d’éviter une catastrophe naturelle.
Source : AVO.

L’Office météorologique islandais (IMO) a signalé une inondation glaciaire de l’Hafrafellslón, dans la partie ouest du glacier Langjökull, le 22 août 2025, avec une montée des eaux observée dans la rivière Hvítá en amont de Húsafell. Des images satellite prises le 20 août ont indiqué que l’Hafrafellslón avait commencé à se vider. Le 21 août, les habitants proches du glacier ont signalé un écoulement d’eau par-dessus la bordure frontale du glacier dans la rivière Svartá.
L’IMO indique que cette crue pourrait être plus importante que celle d’août 2020, lorsqu’un pont sur Hálsasveitarvegur a été inondé et que les prairies de Brúarás ont été inondées. Les autorités ont conseillé aux riverains de la rivière Hvítá d’envisager des conséquences possibles sur les biens et le bétail près des berges.
Source : Icelandic Met Office.

Le 22 août 2025, une crue due au débordement d’un lac glaciaire a détruit plus de 330 maisons et touché au moins six villages au Pakistan, dans la vallée de Gupis, dans le district de Ghizer, au Gilgit-Baltistan. La rupture du glacier a provoqué une importante coulée de débris et un important blocage de la rivière, entraînant la formation rapide d’un lac artificiel de plus de 7 km de long. Les équipes d’urgence et l’armée pakistanaise ont évacué plus de 200 habitants des zones touchées. Une quarantaine de personnes bloquées dans des zones isolées ont été secourues par hélicoptère.
Les premières évaluations indiquent que plusieurs villages, avec des dizaines de commerces et de structures communautaires, ont été endommagés ou emportés par la crue glaciaire. Environ 80 % du village de Raushan aurait été détruit.
Si certains rapports sur les réseaux sociaux font état de 10 morts, les autorités ne font état d’aucun décès.

Crue du glacier Hubbard (Alaska) en août 2002 (Crédit photo : Wikipedia)

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With the current acceleration of global warming, glaciers are melting faster and faster with an increasing number of glacial outburst floods or mudslides that can be devastating. Everybody remembers the mudslide that destroyed La Bérarde in the French Alps on 20 and 21 June 2024.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/07/10/les-alpes-durement-touchees-par-les-consequences-du-rechauffement-climatique/

In a post released on 9 August 2025, I explained that residents and officials in Juneau, Alaska’s capital city, were preparing for the possibility of glacial flooding that in past years had swept away houses, swamped several hundred homes and eroded the river fed by the popular Mendenhall Glacier. Many Juneau residents were urged to evacuate as summer glacial flooding driven by global warming threatened to inundate the area.

The alert triggered by the glacial outburst flood in Juneau was later cancelled On August 14th, 2025, residents were allowed to return to their homes. The infrastructure built along the river worked well and allowed to avoid a natural disaster.

Source : AVO.

The Icelandic Meteorological Office reported a glacial outburst flood (GLOF) in Hafrafellslón, west of Langjökull glacier, on August 22, 2025, with rising water levels measured in Hvítá River above Húsafell. Satellite images taken on August 20 indicated that Hafrafellslón had begun to empty. On August 21, residents near the glacier reported visible water flow over the glacier margin into the Svartá River.

IMO indicates that this flood could exceed the outburst that occurred in August 2020, when a bridge on Hálsasveitarvegur was inundated and meadows at Brúarás were flooded. Authorities advised residents along Hvítá River to consider possible effects on property and livestock near the riverbanks.

Source : Icelandic Met Office.

A glacial lake outburst flood (GLOF) destroyed over 330 houses and impacted at least six villages in Pakistan’s Gupis Valley of Ghizer District in Gilgit-Baltistan on August 22 2025.The glacier burst triggered heavy debris flow and a major river blockage leading to the rapid formation of an artificial lake extending over 7 km in length. Emergency teams and the Pakistan Army evacuated over 200 residents from affected areas. Around 40 individuals stranded in isolated pockets were rescued by helicopter.

Initial assessments indicate that several villages including at least 330 houses, along with dozens of shops and community structures, were either damaged or swept away by the GLOF. Approximately 80 % of Raushan village was reported destroyed.

While some reports on social media mention a total of 10 fatalities, official statements report no confirmed deaths.

Source : Pakistani news media.

2025, Année des Glaciers : ne pas l’oublier ! // 2025, Year of the Glaciers : Don’t forget it!

L’être humain souffre d’un très grave défaut : il oublie. Aujourd’hui, chaque fois que survient une catastrophe, c’est toujours la même rengaine : « Du jamais vu ! » Les gens oublient que c’est la Nature qui commande et qu’elle fait payer très cher les erreurs du passé.

Les gens se souviennent-ils aujourd’hui que le 21 mars 2025 a été déclaré Journée Mondiale des Glaciers, et que 2025 a été nommée l’Année des Glaciers afin de rappeler que leur présence est essentielle à l’équilibre de la vie sur notre planète ? Malheureusement, on a vraiment l’impression que la majorité de la population se désintéresse du sujet et s’attarde sur des choses beaucoup plus frivoles.

 

Glacier d’Aletsch (Photo: C. Grandpey)

Les scientifiques nous avertissent pourtant sans cesse que les glaciers, dans de nombreuses régions du monde, ne survivront pas au 21ème siècle s’ils continuent de fondre au rythme actuel. Si une telle catastrophe se produisait, elle mettrait en péril des centaines de millions de personnes qui dépendent de l’eau de ces glaciers.
Avec les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique, les glaciers représentent environ 70 % des réserves d’eau douce sur la planète. Ils sont des indicateurs du réchauffement climatique. En effet, leur taille ne varie généralement pas dans un climat stable, mais ils fondent sous l’effet de la hausse des températures provoquée par le réchauffement climatique d’origine anthropique.

Source: OMM

En 2024, les glaciers de Scandinavie, de l’archipel norvégien du Svalbard et d’Asie du Nord ont connu la plus forte perte annuelle de masse jamais enregistrée. Le long de la chaîne de montagnes de l’Hindou Kouch, longue de 800 kilomètres dans l’ouest de l’Himalaya, les moyens de subsistance de plus de 120 millions d’agriculteurs sont menacés par la fonte des glaciers.

Source : International Centre for Integrated Mountain Development (ICIMOD)

Bien que les réserves d’eau douce que représentent les glaciers semblent immenses, il est peut-être déjà trop tard pour les préserver pour les générations futures. D’importantes masses de glace pérenne disparaissent rapidement. Cinq des six dernières années ont connu le recul le plus rapide jamais enregistré. La période 2022-2024 a également connu la plus forte perte jamais observée sur trois ans. On estime que les glaciers, sans compter les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique, ont perdu plus de 9 000 milliards de tonnes de masse depuis 1975. La planète a perdu 273 milliards de tonnes de glace en moyenne chaque année depuis 2000. À titre de comparaison, ces 273 milliards de tonnes de glace correspondent à peu près à la consommation d’eau de la population mondiale pendant 30 ans. Si la situation se poursuit au rythme actuel, les glaciers des Alpes ne survivront pas à ce siècle.

Glacier du Rhône (Photo: C. Grandpey)

Si les émissions de gaz à effet de serre ne ralentissent pas et que les températures augmentent au rythme actuel, d’ici fin 2100, nous perdrons 80 % des petits glaciers d’Europe, d’Afrique de l’Est, d’Indonésie et d’ailleurs.
La fonte des glaciers a des répercussions immédiates et à grande échelle sur l’économie, les écosystèmes et les zones habitées. Selon le Service mondial de surveillance des glaciers (WGMS), 25 à 30 % de l’élévation du niveau de la mer est due à la fonte des glaciers. La fonte des calottes de neige entraîne une élévation du niveau de la mer d’environ un millimètre par an, un chiffre qui peut paraître insignifiant, mais chaque millimètre inonde 200 000 à 300 000 personnes supplémentaires chaque année. Les inondations peuvent affecter les moyens de subsistance des populations et les contraindre à partir.

Photo: C. Grandpey

La Journée Mondiale des Glaciers, le 21 mars 2025, visait à sensibiliser le public au rôle crucial que jouent ces immenses fleuves de glace dans le système climatique. Le message a-t-il été reçu? Pas si sûr.
Source : Nations Unies.

NB: Certains visiteurs ont des difficultés à diffuser leurs commentaires sur ce blog. Voici ce que m’écrit en privé ce matin un Pyrénéen, fidèle lecteur de mes notes :

« Coïncidence, je copie actuellement mes souvenirs familiaux de VHS-C vers DVD puis encodage en fichier avi.
Il y a de cela 25 ans, films à l’appui (!) il était courant de trouver des névés résistants au dessus de 2000 mètres (brèche de Roland, massif du Néouvielle, et autres lieux).
Mes dernières balades depuis 2020 sont sans appel : la neige manque, les névés ont disparu, les glaciers ou ce qui en reste sont faméliques. Rappel : la cascade de Gavarnie à SEC il y a quelques mois…..
L’avenir s’annonce dur, le Ricard se boira sans eau. »

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Human beings suffer from a very serious flaw: they forget. Today, each time a disaster occurs, it’s always the same old refrain: « This has never been seen before! » People forget that Nature is leading the world and that it makes us pay dearly for the mistakes of the past.
Do people remember today that March 21, 2025, was declared World Glacier Day, and that 2025 was named the Year of the Glaciers to remind them that their presence is essential to the balance of life on our planet? Unfortunately, we really get the impression that the majority of the population is ot interested in the subject and focuses on much more frivolous matters.

Scientists repeatedly warn us that glaciers in many regions will not survive the 21st century if they keep melting at the current rate, potentially jeopardising hundreds of millions of people living downstream,

Together with ice sheets in Greenland and Antarctica, glaciers lock up about 70 per cent of the world’s freshwater reserves. They are striking indicators of global warming as they typically remain about the same size in a stable climate. But, with rising temperatures and global warming triggered by humanactivities, they are melting at unprecedented speed.

In 2024, glaciers in Scandinavia, the Norwegian archipelago of Svalbard and North Asia experienced the largest annual loss of overall mass on record. In the 800-kilometer Hindu Kush mountain range, located in the western Himalayas, the livelihoods of more than 120 million farmers are under threat from glacial loss.

Despite these vast freshwater reserves, it may already be too late to save them for future generations. Large masses of perennial ice are disappearing quickly, with five out of the past six years seeing the most rapid glacier retreat on record. The period from 2022 to 2024 also experienced the largest-ever three-year loss. It is estimated that glaciers, which do not include the Greenland and Antarctica ice sheets, have lost more than 9,000 billion tonnes of mass since 1975. The world has lost 273 billion tonnes of ice on average every year since 2000. To put that into context, 273 billion tonnes of ice lost every year corresponds about to the water intake of the entire world population for 30 years. In central Europe, almost 40 per cent of the remaining ice has melted. If this continues at the current rate, glaciers will not survive this century in the Alps.

If emissions of greenhouse gases are not slowed and the temperatures are rising at the rate they are at the moment, by the end of 2100, we are going to lose 80 per cent of the small glaciers across Europe, East Africa, Indonesia and elsewhere.

Glacial melt has immediate, large-scale repercussions for the economy, ecosystems and communities. 25 to 30 per cent of sea level rise comes from glacier melt, according to the World Glacier Monitoring Service. Melting snowcaps are causing sea levels to rise about one millimetre higher every year, a figure that might seem insignificant, yet every millimetre will flood another 200,000 to 300,000 persons every year. Floods can affect people’s livelihoods and compel them to emigrate from one place to another.

The World Day for Glaciers on 21 March 2025 aimed to raise awareness about the critical role that these massive frozen rivers of snow and ice play in the climate system. Has the message been received? Not so sure.

Source : United Nations.

La fonte de l’Himalaya : une menace pour toute l’Asie // Melting Himalayas : a threat to all of Asia

Voici une nouvelle bien inquiétante : la neige vient d’atteindre son niveau le plus bas depuis 23 ans dans l’Himalaya. J’ai expliqué dans plusieurs notes sur ce blog que l’Himalaya est le château d’eau de l’Asie. Si les glaciers disparaissent, ce sera une catastrophe pour deux milliards de personnes.
La chaîne himalayenne s’étend sur 2 500 km, de l’Afghanistan à l’ouest à la Birmanie à l’est.

Source: NASA

Ses hauts sommets et ses vallées sont recouverts de glace et de neige, dont le cycle annuel de fonte alimente douze grands bassins fluviaux qui serpentent à travers l’Asie centrale et orientale. Ces bassins constituent les principales sources d’eau d’une douzaine de pays. Le problème est qu’une baisse constante des chutes de neige dans l’Himalaya a été observée ces dernières décennies. Au cours de l’hiver 2024-2025, elles ont atteint leur niveau le plus bas depuis 23 ans.

Source : International Centre for Integrated Mountain Development (ICIMOD)

Ce qui inquiète le plus les climatologues, c’est que de telles situations de déficit se succèdent continuellement. Le dernier rapport sur l’enneigement en 2025 révèle que les bassins versants du Mékong et de la Salwen, qui alimentent le Myanmar, la Thaïlande, le Laos, le Vietnam et le Cambodge, sont inférieurs de plus de 50 % à la moyenne. Le bassin versant du Yangtsé en Chine présente un manque de neige de 26 %. Le Gange, en Inde et au Bangladesh, a diminué de 24 %. La situation est identique pour l’Indus, qui alimente le Cachemire et le Pakistan.

La réduction des chutes de neige ne serait pas un problème s’il s’agissait d’un événement ponctuel, mais le Bureau des Nations Unies pour la réduction des catastrophes (UNDRR) indique que cela s’est produit pendant cinq des six dernières années. L’accélération de cette tendance a été observée au cours du dernier quart de siècle, et les conséquences sont énormes.
Moins de neige dans l’Himalaya signifie moins de fonte au printemps et moins d’isolation pour la glace et les glaciers qui se trouvent en dessous. De même, moins de fonte printanière signifie moins de débit d’eau et, par conséquent, moins d’alimentation souterraine des bassins. La neige n’est pas la seule source d’eau des principaux fleuves himalayens. Elle contribue en moyenne à environ un quart du volume annuel. Cependant, les chercheurs expliquent qu’il ne fait aucun doute que les déficits en neige à répétition contribuent à la modification des régimes d’écoulement et à la baisse des niveaux d’eau.
Le bassin du Fleuve Jaune en Chine en est un bon exemple. La couverture de neige (la durée pendant laquelle la neige reste au sol), qui était 98 % supérieure à la moyenne en 2008, a chuté à moins 54 % en 2023, et le bassin continue de faire face à des déficits qui pèsent sur l’agriculture, l’hydroélectricité et la disponibilité en eau.
Il en va de même pour le bassin du Yangtsé en Chine. Cette année, les chutes de neige ont diminué de 26 % plus vite que la moyenne. La diminution constante du manteau neigeux compromet l’efficacité hydroélectrique du barrage des Trois Gorges (Three Gorges Dam).
La situation est identique pour tous les projets hydroélectriques et les régions agricoles qui dépendent de l’Himalaya. L’UNDRR exhorte les pays asiatiques à prendre des mesures d’urgence telles que l’amélioration des systèmes de gestion de l’eau, une meilleure préparation aux sécheresses, de meilleurs systèmes d’alerte précoce et le renforcement de la coopération régionale.
Ces mesures sont d’autant plus urgentes que tous les scientifiques s’accordent à dire que le pire est à venir si rien n’est fait pour enrayer le réchauffement climatique.
Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), l’Asie est la région la plus touchée par le réchauffement climatique. Des sécheresses successives ont provoqué un nombre particulièrement élevé de vagues de chaleur dévastatrices. À celles-ci se sont ajoutées des tempêtes et des inondations destructrices, et la tendance ne semble pas près de s’arrêter.
La Banque asiatique de développement (Asian Development Bank) prévoit que les rendements rizicoles, de l’Indonésie au Vietnam, chuteront de 50 % d’ici 2100 sans mesures urgentes d’adaptation au réchauffement climatique. Les impacts physiques du réchauffement climatique sont déjà significatifs, mais les conséquences les plus préoccupantes à l’échelle mondiale proviendront de perturbations sociales, économiques et politiques, bien plus difficiles à prévoir ou à gérer que des catastrophes isolées. Dans un contexte mondial déjà instable et marqué par des tensions géopolitiques croissantes, les impacts climatiques ne feront qu’amplifier l’incertitude de la situation.

Source : Médias d’information internationaux.

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Here is an alarming piece of news : Snow has just hit a 23-year low in the Himalayas. I have repeated in several posts that the Himalayas are the water tower of Asia. If the glaciers disappear, it will sound as a disaster to two billion people. .

The Himalayan mountain range reaches 2500 km from Afghanistan in the west to Myanmar in the east. Its high peaks and valleys are covered in ice and snow whose annual cycle of melting feeds 12 major river basins that wind their way across the Central and East Asian landscape. These are the major water sources for a dozen nations The problem is that a steady decline in snow falling across the Himalayas has been observed in recent decades. During the winter 2024-2025, it tumbled to an overall 23-year low, which is definitely alarming. What worries most the climatologists is that they are observing such deficit situations occurring in continuous succession.

The latest snow report for 2025 reveals that the snow catchments for the Mekong and Salwen Rivers that feed into Myanmar, Thailand, Laos, Vietnam and Cambodia are worse than 50 per cent lower than average. China’s Yangtze catchment has 26 percent less snow. The Ganges River of India and Bangladesh is down 24 percent. The situation is identical for the Indus that feeds Kashmir and Pakistan.

The reduced snowfalls would not be a problem if it were a one-off event, but the United Nations Office for Disaster Risk Reduction (UNDRR) says this has happened in five out of the past six years. It is an acceleration of a trend observed over the past quarter century and the implications of this trend are enormous.

Less snow in the Himalayas means less spring melt and less insulation for any ice or glaciers beneath. In its turn, less spring melt means less water flow and that, in turn, means less soak to refill groundwater basins. Snow is not the only source of water for the major Himalayan rivers. While every river differs, snow, on average, contributes to about a quarter of all annual water runoff. However, researchers say there is no doubt that ongoing snow deficits are contributing to changing flow patterns and falling water levels.

China’s Yellow River Basin is a case in point. Its snow persistence (the time snow remains on the ground) fell from 98 percent above average in 2008 to -54 percent in 2023 and the basin continues facing deficits. Such sustained deficits strain agriculture, hydropower, and water availability.

It is a similar story for China’s Yangtze Basin. This year’s snowfall vanished 26 percent faster than average. The steadily declining snowpack jeopardizes hydropower efficiency of the Three Gorges dam.

It is a similar story for all Himalayan-fed hydropower projects and agricultural regions. The United Nations Office for Disaster Risk Reduction (UNDRR) is urging Asian nations to take immediate action. Improved water management systems, stronger drought preparedness, better early warning systems, and greater regional co-operation are among the most urgent ùeasures to be taken.

They are all the more urgent as all scientists agree that the worst is to come if nothing is done to curb global warming.

According to the World Meteorological Organization (WMO), Asia is suffering the most from global warming. Successive droughts have produced a particularly high number of damaging heatwaves. These have been topped off by destructive storms and flood and it is turning into a relentless trend.

The Asian Development Bank has predicted that rice yields from Indonesia to Vietnam will fall 50 percent by 2100 without urgent climate adaptation measures. While the physical impacts of global warming are already intensifying, the most concerning outcomes globally will arise from social, economic and political disruptions which are far more difficult to predict or manage than isolated disaster events. Given an already unstable global context of rising geopolitical tensions, climate impacts will only magnify this volatility.

Source : International news media.