Augmentation de l’activité volcanique au Vanuatu // Increase in activity at Vanuatu volcanoes

drapeau-francaisLes autorités en charge de la Protection Civile au Vanuatu contrôlent attentivement l’augmentation simultanée d’activité encore jamais observée sur trois volcans de la région.
Le Vanuatu Geohazards Department, responsable des aléas géologiques au Vanuatu, a établi le niveau d’alerte 2 sur le Yasur à Tanna et sur les volcans d’Ambrym, en particulier le Marum et le Benbow. Il est demandé aux populations locales et aux touristes de ne pas s’aventurer sur la lèvre de ces volcans. Le niveau 1 reste de mise pour le Lac Manaro Voui sur Ambae.
Les volcans du Vanuatu sont parmi les plus accessibles au monde et sont une attraction majeure pour l’industrie touristique.
Source : Presse néo-zélandaise & Geohazards.

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drapeau-anglaisDisaster authorities in Vanuatu are closely monitoring unprecedented simultaneous increases in activity at three of the country’s volcanoes.
The Vanuatu Geohazards Department has put out level 2 alerts for both the northern and southern volcanoes of Ambrym (Marum and Benbow) and Tanna (Yasur) with local communities and tourists banned from visiting the rim of these craters. There is a lesser level 1 alert for a volcano on Ambae (Manaro Voui crater lake). Vanuatu’s volcanoes are among the most accessible in the world and are a major attraction for the tourist industry.
Source: New Zealand media & Geohazards.

La COP 21 et le dilemme de l’Alaska // The Paris climate conference and Alaska’s dilemma

drapeau-francaisLe changement climatique anthropique ne se discute plus; c’est une réalité, avec des conséquences économiques, sociales et écologiques graves. Nous allons droit vers une augmentation moyenne de 5°C si nous ne faisons rien pour réduire émissions de gaz à effet de serre.
Comme les réunions de Buenos Aires, Kyoto et Copenhague, la COP 21 de Paris avait pour but de parvenir à un accord afin d’atténuer certains des effets du réchauffement climatique dans un avenir à court terme. S’il est ratifié, l’accord permettra de limiter l’augmentation de la température globale à 1,5°C. L’objectif est de parvenir à zéro émission de gaz à effet de serre d’origine anthropique dans la seconde moitié du 21ème siècle. Des normes plus strictes pourront même être adoptées, vu que l’accord sera réévalué tous les cinq ans.
Il est possible qu’une technologie soit développée pour extraire le carbone de l’air, mais un tel projet reste futuriste. Dans un proche avenir, les seuls moyens d’atteindre des résultats significatifs seront de laisser le charbon, le gaz et le pétrole dans le sol ou bien de mettre en place une taxe carbone qui réduira considérablement les profits et donc la production d’énergie à base de carbone.
L’accord de Paris sera adopté si suffisamment de pays le signent le 22 avril 2016, représentant ensemble 55% des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Ces nations comprennent la Chine et les Etats-Unis qui sont les deux plus grands émetteurs de gaz à effet de serre. Les États-Unis ont déjà signé l’accord car l’administration Obama a astucieusement considéré l’accord comme une extension de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques que le Sénat américain avait ratifiée en 1992. S’il s’était agi d’un nouveau traité, il aurait eu besoin d’être ratifié par le Sénat, une éventualité peu probable étant donné le nombre important de climato-sceptiques dans cette institution !
L’Alaska est maintenant confrontée à un dilemme moral. Faut-il que l’État continue à investir massivement dans un gazoduc et encourage ses partenaires Exxon Mobil et ConocoPhillips à construire un réseau de gaz naturel qui pourrait se trouver limité par une taxe carbone dissuasive, ou qui pourrait même être inutilisable lorsque sa construction sera terminée? Ou bien faut-il que l’Alaska suive l’exemple de l’Arabie Saoudite et essaye de gagner le plus d’argent possible pendant qu’il est encore temps ?
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisAnthropogenic climate change is no longer a matter of debate; it is a real phenomenon with severe economic, social and ecological consequences. We are headed for a 5°C average increase in global warming if we do nothing about greenhouse gas emissions.
Like the Buenos Aries, Kyoto and Copenhagen meetings, the Paris COP 21 was intended to reach an agreement to ameliorate some of the most severe climate-related effects of the foreseeable future. If ratified, the agreement will limit global average temperature increase to 1.5°C. The goal is to achieve zero net anthropogenic greenhouse gas emissions by the second half of the 21st century. Stricter standards indeed may be enacted, as the agreement will be reevaluated every five years.
It is possible that technology will be developed to extract carbon from air, although at this point it is futuristic. In the near future, the only ways to achieve meaningful climate change results is to either leave coal, gas and oil in the ground or enact a carbon tax that would severely reduce the profit and, hence, production of carbon-based energy.
The Paris agreement will be enacted if enough countries sign it to collectively represent 55% of current global greenhouse gas emissions by April 22nd 2016. That will include China and the U.S., the two largest emitters of greenhouse gases. The U.S. has already signed on because the Obama administration shrewdly framed the agreement as an extension of the United Nations Framework Convention on Climate Change, which the Senate ratified in 1992. As a new treaty, it would have needed to be ratified by the Senate, an unlikely event given the number of climate change deniers in that body.
Alaska now has a moral dilemma. Should we the State be spending massive dollars on a gas pipeline and encourage its corporate partners, Exxon Mobil and ConocoPhillips, to build a natural gas system that may well be restricted by a carbon tax or otherwise be inoperable by the time it is built? Should Alaska follow the example of Saudi Arabia and make money while it can?
Source : Alaska Dispatch News.

Oleoduc

Le pétrole et la pollution qu’il entraîne sont actuellement la clé de voûte de l’économie de l’Alaska.

(Photo: C. Grandpey)

L’acoustique en contexte éruptif // Eruption acoustics

drapeau-francaisLes scientifiques essayent en permanence d’améliorer la prévision des risques volcaniques. Certains d’entre eux se tournent aujourd’hui vers un phénomène rarement étudié: l’acoustique en contexte éruptif. Les sons émis par les volcans et les fusées (ou les avions) ont beaucoup de points communs parce qu’ils se propagent à peu près de la même façon: Le magma à l’intérieur d’une chambre monte en pression jusqu’au moment où il est expulsé à travers une ouverture à la surface de la Terre. De la même manière que les fusées sont conçues en calculant avec précision le carburant et le débit d’air, une évaluation minutieuse des sons émis pendant une éruption pourrait permettre de déterminer la quantité de matériaux émis. C’est ce qu’ont affirmé des chercheurs lors de la réunion annuelle de l’American Geophysical Union. En utilisant des micros capteurs d’infrasons, ils ont remarqué que les sons émis par une petite bouche éruptive sur le volcan Aso au Japon étaient analogues à ceux qui s’échappent de la tuyère d’une fusée.
Les scientifiques ont mesuré les signaux infrasonores basse fréquence (<20Hz) créés par ces émissions de gaz sous pression. Quand on les accélère jusqu’à leur perception par l’oreille humaine, ils ont une distribution de fréquence qui ressemble fortement à celle produite par un Boeing 747. L’acoustique est une science bien maîtrisée en aéronautique. En conséquence, si nous pouvions l’appliquer aux volcans, nous pourrions être en mesure de déduire les propriétés des colonnes éruptives et donc la quantité de matériaux émis.
Source : Revue Science.

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drapeau-anglaisResearchers are always looking for better ways to predict volcanic hazards. Now, some scientists are turning to a seldom-studied phenomenon: eruption acoustics. The noises made by volcanoes and rockets or jets have very similar sounds because they work in much the same way: Magma inside a chamber overpressurizes until it bursts through an opening. Because rockets are engineered so that fuel and air flow are precisely calculated, careful evaluation of eruption sounds should help determine the amount of material erupted, say researchers at the annual meeting of the American Geophysical Union. Using infrasound microphones, the team has already confirmed that the sounds produced just outside a small vent at Aso volcano in Japan are analogous to those that boom through a rocket’s nozzle.
Scientists have measured the low frequency (<20Hz) infrasonic signals created by these gas jets and when sped up to the range of human hearing, these signals sound remarkably like the frequency distribution of sound coming from a Boeing 747 jumbo jet. The science of jet noise is very well understood. If we can understand how this works for volcanoes, we may be able to infer properties of eruption columns.
Source : Science magazine.

Tuyère copie

Schéma de la tuyère de Laval montrant l’accélération du flux de gaz avec le passage du vert au rouge.

(Source: Wikipedia)

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Emission de gaz et de matériaux sous pression au sommet du Stromboli.

(Photo: C. Grandpey)

Emissions de cendre sur l’Etna // Ash emissions on Mount Etna

drapeau-francaisOn a pu voir aujourd’hui en milieu de journée des nuages de cendre s’échapper du Nouveau Cratère SE de l’Etna. J’attends des informations plus précises, mais je ne pense pas qu’il s’agisse d’un nouvel épisode éruptif. Des effondrements se sont probablement produits à l’intérieur de ce cratère, ce que semblent révéler les tracés sismiques. Le tremor éruptif, quant à lui, reste à un niveau relativement bas.

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drapeau-anglaisToday, we could see at midday or so ash clouds coming out of Mt Etna’s New SE Crater. I expect more precise information, but I do not think this was a new eruptive episode. It is likely that collapses occurred inside the crater, as can be seen on the seismograms. The eruptive tremor, meanwhile, remains at a relatively low level.

Etna 28 dec

L’Etna vu par l’une des webcams de l’INGV.